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Full text of "Panorama pittoresque de la France ... les principales villes, les ports de mer, les établissements d'eaux minérales et les chateaux pittoresques, les édifices, monuments, sites remarquables, etc. .."

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I . 


-■î! 


PASrOBABfA 

PITTORESQUE 

LA  FRANCE. 

IV'     •    •    '  '•>   •  '•  '    • 


•     *•*•    • 


Sommaire  W  tome  «lualrime. 


AOUT£  DE  TOULOUSE. 

Pour  la  description  de»  départcmenl»  qai  précMcnl  celui  du  Cher,  Jojet  T.  I, 

ROUTB   DB  NaVTSS. 

CHER. 

INDRE. 

CREUSE. 

GORRBZE. 

HAUTE-VIBNNE. 

LOT. 

TARW-ET-GARONNE. 

HAUTE- GARONNE. 

^  ARIÈGE. 


ROUTE  D'AU|L 

Po«rUde.eriplioode.  déparlement.  qui  pr&èdenl  celui  doPuy.d<.M.ne.  ^«je. 

PUY-DE-DOftHï.* 

-.•  !>.:  A^^toRo*. 

IIAUTE*L01RE. 


ROUTE  DE  BAftHiaUBS  DE  BIOORRE. 

1    -1  .«««lîoo  des  dépertemenls  qui  pTecèdent  celui  de  U  Bordogue,  voyci  T.  I, 

DORDOGNE. 
LOT-ET-GARONNE. 

GERS. 
HAUTES-PYRÉNÉES. 


TVPOGKAPHIB    DR    FIRMIN    DIOOT    FIlitRKS, 


PANORAMA 

PITTORESQUE 


DE  LA  FRANCE, 

Orné  de  86  Cartes  routière,  de  70  portraite 

680   MAGNIFIQUES  VIGNETTES  GRAVÉES  SUR   ACIER, 


US  FOBT8  DE  MBE , 

LES  ÉTABLISSEMBIITS  B*BADX  MINÉRALES  ET  LES  CHATEAUX  PITTOBESQCESf 

LES  ÉMFICBS9  EOIVUEENTS  ,  SITES  EEKABQUABLES ,  ETC.  , 

ÎT  D'UNE  GRANDE  CARTE  ROUTIÈRE  DE  LA  FRANGE  ; 

PAR    UlfE 
SOCIÉTÉ  DE  GENS  Ilk^biyrTItCS*  »È  G£CyGg(At]IS&  K-rVARTISTES. 

'    •  '  •*  •      "  -   - 


TOME  QUATRIÈME. 


PARIS, 

AUX  BUREAUX  DE  LA  C'^  BIBLIOPÉENNE , 

RUE  RICHELIEU,    79   ET  8l. 
M  DCCC  XXXIX. 


"  »  ♦     «  •      î 

*. .    •••  rf      « 


FASrOBAMA 

PKrXQRESQUS 

DE  LA  FRANCE. 

ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRAVERSANT  ttS  DÉ1*ARTCM£NTS 

«  SBIJVB-BToQISS,  »U  tOlRKT,  BV  CBCtl,  tHÛ  L^DRA,  DR  LÀ  CRStmC, 
DE  LA  HAUTË-TIBIflfS,  DS  LA  CORBÉZE,  DU  LOT>  DE  TARN*BT-C ABONNE» 
SB  LA  HAUTE  •fiAAOlINE)  BV  iSOVMDlIlCATION  AVEO  LE  DÉPAUrBHÉNT 
DE  l'aEIRgB. 

•    ■■OBUWl 

DÉPARTEMENT  DU  CHER. 


itiniraxu  ïtt  ffam  h  'inlùtxee^ 


Cka Bi*- 

Arccflt la.* 

La  Chapctte  d'AnfiUoo 

GmffCDCIITC  ••••••••••*••••, 

Boorices BI*...X)r 

Saint-Florent Bl' .  •  *Xy  < 

Charwt 

isMwliia ...B....^ 

HcavyPMlloox XJf, 

CUteaaroox XIT 

Lsltier v ^ÛT 

Arfcntoa X^ 

LeF»y W 

Kodra 

U  VillMia-Brai XJf 


La  Maiioo'Roiige. , 


Ilfloes.  . 

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5 

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3 

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S 
6 

4 
4 


iittio(^ 


Mftgnac xar. 

Masaeré ^., 

TTzereb« XJf. , 

Ssin^Faraoïu .  •..«.••  .•«>.••  .^û^.  < 
Donzenae X^.. 

BrîTM xar. . 

CrtBsenmc » xy.. 

Soaillac Xy. . 

Payrac >Qr. , 

Pont-de-Rodet xy. 

Pélapoy Xar. . 

Gabon XIT. 

La  Madeleine V. < 

CMatad*. xy.  c 

MoDtaobaa 8*  •  •  '^OT. . 

Grisolles Xar. . 

Sttnt^orf ^Qf.. 

To«iow« k . .' xy  >  ' 


Communicftibii  be  Contouec  i  ibii^  19 1.  1/3. 


DeT< 


h  VWiar»*. 


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Uaoas. 
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3 
3 
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rois. 


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S4*  Uwaison.  (Caïa.) 


54 


4  I^AKIXMEKT  DU  GH«R. 

YILLB8,  B0Vft«8,  TILLAGBS,   CIIATBArX  ET  MOlfUMSlfTS  KBHAftQITABLBS; 
COBUMIT^  NATDBBLUU  BT  BiVMS  MTTOBBSQIJBB. 


ARRONDISSEMENT  DE  BOURGES. 


AIX  D*ANGILLOir  (lei).  Bourg  situé 
nvt  leruÎMetu  de  LongU,  à  4 1- 1/^  de  Bout» 
^«t.  Pop.  i,38o  hab.  Cétait  autrefois  iioe 
ville  importanie ,  entourée  de  fossés  ei  de 
niiirailies ,  r]ui  paraît  devoir  son  origine  à 
tio  château  appartenant,  au  XII*  siècle,  k 
Un  seigneur  de  Sully  nommé  GiUon.  Celte 
I  ville ,  saccagée  dans  les  guerres  civiles  du 
XIV  ei  du  XV*  siècle,  n'a  pu  se  relever  de 
ses  mines  ;  on  voit  encore  quelques  vestiges 
de  SCS. anciennes  fortifications. 

BAU6T.  Bourg  situé  dans  une  contrée 
fertile  en  blé  et  alwidante  en  pâturages ,  k 
6  I.  3/4  de  Bourges.  Pop.  S87  bab. 

Bougy  était  autrefois  une  ville  assez  con- 
sidérable ,  défendue  par  un  cbéteau  fort 
entouré  d'un  double  fiMsé.  Ce  château,  doot 
on  voit  encore  quelques  mines ,  fut  assiégé 
et  pris  plusieurs  fois,  notamment  par  Char- 
les VI,  en  14 ta.  Non  loin  de  là,  on  re- 
marque, vers  Peat,  les  retranchements  d'un 
Ancien  camp. 

BOURGES.  Grande  et  très  -  ancienne 
ville.  Chef-4ictt  diidépaiiement.  Conr  royale, 
d*oci  ressortisseul  les  départements  du  Cher, 
de  rindre  et  de  la  Nièvre.  lYibunal  de  pre- 
niière  instance  et  de  commerce.  Académie 
universitaire.  Collège  royal.  Société  d'agri- 
cnltnre,  scienees  et  arts.  CheMieu  de  la 
ai*  division  miliUnre.  Direction  d'artillerie. 
ArchevAché.  Séminaire  diocésain.  IS  K^ 
Pop.  19,730  hab. 

L'origine  de  Bourges  remonte  à  Tanti- 
quité  la  plus  reculée.  Cent  trente-neuf  ans 
après  la  fondation  de  Rome ,  et  six  cent 
quinie  ans  avant  Tère  chrétienne,  elle  était 
la  capitale  de  la  Gaule  celtique,  et  jouissait 
dn  privilège  de  lui  fournir  des  souverains, 
▲cette époque  régnait  Ambigat,  qui  fut  con- 


temporain de  Tarquin  l'Ancien,  cinquième 
roi  de  Rome;  ou  sait  que  les  neveux  d'Ain* 
bigat,  Sigovèie  et  Bellovèse,  envahirent,  k  la 
tète  d'une  foule  innombrable  de  Celtes,  b 
Geraianie  et  l'Italie.  Depuis  ce  souverain  j«s- 
qu'i  l'invasion  des  Gaules  par  les  RomaiiM, 
les  plus  épaisses  ténèbres  enveloppent  rhis- 
toire  de  cette  ville. 

Bourges  est  Panden  jéçarieum,  si  oétâwa 
dans  rhistoire  par  le  siège  qu'elle  tontint 
contre  César.  Ce  conquérant  nous  apprend 
que  Vercingètorix ,  après  avoir  easuyé  de 
grands  revers  à  Vellodunum,  k  Genabum  et  à 
NoTÎodunum,  prit  le  parti  de  bniler  toates 
les  places  que  leur  position  ou  la  faibles» 
des  fortiliratioQS  ne  pouvaient  préserver  da 
tout  péril,  de  peur  qu'elles  ne  serviaseot  de 
refuge  aux  traîtres,  ou  que  les  Romaim 
n'en  tirassent  des  vivres;  plus  de  vingt  vfl- 
les  des  Bitiiriges  furent  livrées  le  même 
jour  aux  flammes.  Après  avoir  mis  à  dé- 
culion  cette  résolution  désespérée ,  on  déli- 
bérait s'il  convenait  de  brôler  Avariciim  00 
de  la  défendre,  lorsque  les  Biturtges  de- 
mandèrent avec  instance  qu'on  ne  les  forçât 
pas  à  brûler  de  leurs  mains  une  des  plus 
belles  villes  de  la  Ganle ,  Pomement  et  fe 
son  lien  de  tout  le  pays,  qui,  par  sa  postiioo 
au  milieu  des  marais ,  et  entourée  presque 
de  toutes  part*  par  une  rivière,  était  facile  i 
défendre.  Vercingètorix,  cédant  aux  priêreil 
des  habitants,  épargna  cette  ville,  et  en  coih; 
fia  la  défense  i  des  hommes  d'élite.  La  plaça 
fut  envahie  par  César ,  qui  plaça  son  canif 
vers  cette  partie  de  la  ville  où  la  riTlère  «I 
les  marais  laissatcnt  une  étroite  avei4ue ,  fil 
élever  une  terrasse,  dresser  des  mantelets^ 
et  élever  deux  tours.  Les  Gaulois  opposé* 
reni  la  plus  vigoureuse  résistance;  ils  ruinè> 
rent  les  ter|;as8es  par  des  mines  souierraiMi| 
nuit  et  jour ,  ils  faisaient  des  sorties  qui  fo> 


™>mi!!gB^,!!!^Ei!S 


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ARRONDISSEMENT  DE  BOURGES. 


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les  Romains.  Le  siège ,  retardé  par 
rétait  encore  par  le  froid  et 
f»  ha  pluies  cominaellcs  doni  les  soldats 
mieBt  à  sottlfrir  ;  cependant  les  Romains 
tnMnlèrent  toutes  ces  difficultés  par  un 
iiavaii  opiniàire  ,  et  élevèrent  en  vingt<^nq 
joors  une  terrasse  de  trois  cent  trente  pieds 
de  large  sur  quatre-vingts  de  haut ,  à  la- 
qudle  les  Msi^és  mirent  le  feu  par  une 
BÛiie.  Le  lendemain ,  comme  César  faisait 
araorer  une  tour  et  réparer  les  travaux ,  il 
surfini  une  pluie  abondante  :  cette  circons- 
tance lui  parut  favorable.  S*élant  aperçu  que 
le  rempart  éittt  gardé  avec  négligence,  il 
ordonne  aux  siens  de  se  ralentir  et  leur  foit 
eoouùtre  ses  intentions,  il  exhorte  ses  lé- 
gions ,  à  courert  derrière  la  tranchée,  à  re- 
eadllir  enfin  le  fruit  de  tant  de  fatigues  ;  il 
promet  des  prix  à  ceux  qui ,  les  premiers  , 
escaladeraient  la  muraille,  et  donne  le  signal; 
les  Romains  s'élancent  aussitôt  de  tons  les 
points, et  remplissent  bienlât  le  rempart.  Les 
aeiêgrs,  étonnés  de  cette  attaque,  chassés  de 
leurs  remparts  et  de  leurs  tours,  se  rangèrent 
en  bataillons  carrés  sur  la  place  publique  et 
dans  les  lieux  les  plus  ouverts,  afin  de  faire 
bce,  de  quelque  côté  que  vînt  lattaque. 
Quand  ils  Tirent  que  les  Romains,  au  lieu 
le  descendre  dans  la  place ,  se  répandaient 
le  ton»  côlès  le  long  des  murs ,  la  crainte 
le  se  voir  fermer  toute  retraite  leur  fît  jeter 
leurs  armes;  ils  fuieni  et  se  précipitent  vers 
rantre  «Lirémité  de  la  ville  :  là ,  les  portes 
étant  trop  étroites,  les  uns  furent  ma<^sacrés 
par  les  soldats  ;  les  autres ,  déjà  en  dehors, 
tombèrent  sons  les  coups  de  la  cavalerie. 
Irrites  par  les  fatigues  du  siège  et  par  le 
louvenir  des  leurs  qui  avaient  été  égorgés 
î  Genabtim ,  les  Romains  n*épargnèn'nt  ni 
la  vieillesse ,  ni  le  sexe ,  ni  Teufance.  D^en- 
viron  quarante  mille,  à  peine  huit  cents 
combattants  purent-ils  s'échapper. 

Bi>un;es  resta  sous  la  domination  ro- 
■laine  jusqu'en  47$,  époque  où  cette  ville 
tooiba  sous  celle  desVisigoths;  mais  après 
b  bataille  que  Clovis  remporta  sur  Alaric 
dans  les  plaines  de  Touillé ,  elle  se  soumit 
vobntairement  au  vainqueur.  Après  la  mort 
de  CloTb ,  die  fit  partie  du  royaume  d'Or- 
léans, qvi  échoi  en  partage  à  Clodomir,  et, 
en  6x4  ,  cile  fat  rénaîe  à  la  couronne  de 


France  par  Clotaîre  II.  Bourges ,  métropole 
de  l'Aquitaine,  avait  été  la  résidence  d'un 
préfet  ;  devenus  maîtres  de  Boui-ges ,  les 
Goths  rempiacèreut  le  préfet  par  un  duc , 
auquel  Clovis  substitua  un  comte.  Ces  com- 
tes, qui  n'étaient  que  des  ofGciers  du  roi,  ré- 
vocables à  sa  volonté,  profitèrent  de  la  fai- 
blesse des  successeurs  de  Charlemagne  pour 
se  faire  souverains  héréditaires  des  provinces 
dont  ils  n'étaient  que  gouverneurs  tempo- 
raires. Bour{;es  eut  alors  ses  comtes  parti- 
culiers; un  d'eux,  Hcrpin,  voulaut,  vers 
Tan  1 1 00 ,  faire  partie  de  la  prenùère  croi- 
sade, vendit  à  Philippe  T'  son  comté,  moyen- 
nant 60,000  sous  d'or.  Boiwges  demeura 
réuni  à  la  couronne  jusqu'en  i36o,  que  le 
loi  Jean  î'érigfîa  en  duché-pairie,  en  fin  eu  r 
de  Jean  de  France ,  son  fils,  et  k  charge  de 
réversion  à  la  couronne,  à  défaut  d'enfants 
mâles.  Cette  ville  soutint  divers  sièges  et 
fut  prise  et  reprise  plusieurs  fois  :  en  5H5, 
les  Poitevins,  les  Tourangeaux,  les  Ange- 
vins s'en  emparèrent  et  fa  détruisirent  en 
partie;  en  76a,  Pépin  le  Bref  la  prit  après 
un  long  siège;  en  878,  elle  fut  prise  et  pil- 
lée par  les  Normands;  en  141  a,  elle  fut 
inutilement  assiégée  par  le  duc  de  lk)ur- 
gogne.  Charles  Vfl  y  trouva  un  refuge 
au  commcncemeut  de  son  règne,. et  les  ha- 
bitants lui  donnèrent  une  preuve  de  fidéliic 
en  chassant  de  la  ville  quelques  scii^ncurs 
li*ançais  qin  y  étaient  entrés  sous  la  conduite 
du  duc  de  BoussHC,  et  qui  voulaient  la  livrer 
aux  Anglais  ;  ce  fut  à  cette  occasion  que  la 
noblesse  fut  accordée  au  maire  et  aux  éche- 
vins  de  Bourges.  En  iSCa,  les  proteslauis, 
commandés  par  le  duc  de  Mootgommery , 
s'emparèrent  de  Bourges  par  suj^prise,  et 
s  y  livrèrent  à  tous  les  désordres  possibles  : 
les  catholiques  furent  désarmés  et  leurs  mai- 
sons pillées;  les  églises  furent  dévastées,  les 
images  des  saints  brOlées  ;  les  autels  furent 
profanés ,  la  paix  du  tombeau  fut  violée,  et 
le  corps  de  la  vertueuse  épouse  de  Louis  XII 
fut  arraché  du  modeste  monument  que  loi 
avait  élevé  la  reconnaissance  publique,  et 
brûlé  devant  relise  de  Montermoyen.  Les 
fnotestants  restèrent  maîtres  de  la  ville  jus- 
qu'au I*'  septembre,  époque  où  elle  fut  re- 
prise par  les  troupes  royales,  après  un  siège 
de  quinze  joiuv.  Quelques  jours  après  la 


DKPART£M£^^  i>U  CU£&. 


Saint-Barthélémy,  a*ejiécrable  mémoire,  lot 
çalholiquw  ûrenl  main  basse  $ur  les  prote»- 
taab,  qu'ils  emprisonnèrent  dans  différcnla 
endroits,  et  dont  ils  pillèrent  les  maisons  ; 
le  lo  septembre,  ils  réunirent  toutes  les  vic- 
times dans  les  prisons  de  l'archevêché,  et 
le  lendemain  à  onie  heures,  une  bande  d'as- 
sassins, conduite-par  un  échevin  et  par  son 
frère,  se  rendit  à  Tarchevèché,  où  elle  mas- 
sacra tous  tes  prisonniers,  dont  les  corps 
furent  jetés  d&ns  les  fossés  de  la  ville  du 
côté  de  Bœirbonnoux.  En  i594,  le  seigneur 
de  la  Châtre  reconnut  l'autorité  de  Henri 
IV,  et  lui  rendit  la  ville  et  U  grosse  tour. 
Bourges,  pris  par  les  protestants  en  i6 1 5,  fut 
repris  en  lôitt  par  le  maréchal  de  Monû- 
gny.  En  i65i,  le  prince  de  Condé  cherchant 
à  exciter  une  guerre  civile,  s'y  était  relire, 
et  voulait  y  soutenir  un  siéçe;  mais  les  ha- 
bitants s'opposèrent  à  sa  resolution ,  et  la 
même  année  le  roi  fit  son  entrée  solennelle 
dans  la  %ille.  C'est  alors  que,  sur  la  demande 
des  habiteuls  de  Bourges,  la  forteresse  dite 
la  Grosse-Tour  fut  détruite. 

Bourges  a  élc  de  tout  temps  la  capitale 
du  Berri.  Ses  sièges  ne  sont  pas  les  seuls 
désastres  qu'elle  ail  éprouvés  :  elle  fut  rava- 
gée par  divers  incendies;  en  i353 ,  elle  fut 
à  moitié  brûlée,  l'église  cathédrale  et  le  pa- 
lais archiépiscopal  échapi)èrcnt  au  désastre; 
en  14B7,  un  nouvel  Incendie  détruisit  plus 
de  3,000  malsons.  Cet  incendie  porto  au 
commerce  de  Bourges,  alors  florissant,  un 
coup  dont  il  ù'a  jamais  pu  se  relever  ;  les 
fabricants  de  draps ,  dont  le  nombre  était 
considérable,  quittèrent  ta  ville  et  portèrent 
en  d'autn's  contrées  leur  llidustrie;  Lyon, 
où  Ton  transféra  deux  foirfes  qui  se  tenaient 
à  Bourges,  fut  une  des  villes  qui  tira  le  plus 
d'avantages  de  ce  désastre.  La  population 
de  Bourges  a  été  déciiliée  par  la  peste.  II 
périt  5,000  personnes  datis  celte  dé  x5a3. 

n  s'est  te«a  à  Bourges  wpt  condtes,  et  ce 
fut  en  cette  Tille  que  M  tint  l'assemblée  du 
clergé  convoquée  par  Charics  Vil,  ist  que 
fut  foite  la  pragmatique  saoctioa  de  14  38. 
\  «vttit  une  unlrenité  dont  l'origine 


où  elle  éiait  fréquentée  pgr  d«|  étnvictn  fk 

toiUes  les  nations. 


ÔMte  t^Ile  mt  ôMag  1 
Me ,  sut  le  pMfâMMt  d'us  ènetu 
d'une  vaste  ptnhé,  sur  teë  tH\èmâ*MmHm, 
d'Tèvre  et  d*Tétreff€«  Bllt  e«t  êmlrmàmétêt 
fortcf  murvinet  et  d4  (^«tr«-vtegts  lonn, 
kaotes,  épÉisses  et  asfei  bien  conaerféei; 
son  enceinte ,  qui  à  dtfféfeniae  époques  a 
reçti  difers  «ceroissemcali,  peut  être  d'«»- 
viron  une  lieiiè;  mais  la  papiilatfOB  «t  loio 
de  répondre  à  son  étendue.  Lèa  niea  y  tout 
en  général  assez  larges  et  bien  pereétt,  maii 
tristes  et  désertes^  ce  qui  éak  an  pmt  de 
population  et  au  genre  de  eonstruetieB  dft 
maisons ,  dont  plusieurs  n«t  situèeu  «aire 
comr  et  jardin.  LVncdnte  de  la  ville  renfierme 
des  espaces  considérables  où  on  ne  trouva 
aueune  construction  ;  tels  sont  le  pré  Flebaa, 
la  partie  qui  longe  le  rempart  des  Psavms, 
celfes  qui  bordent  les  remparts  YiHnneie 
et  de  Saint-François,  où  l'on  ne  ▼oit  égale- 
ment que  de  vastes  jardins 

Bourges  possède  plusieurs  promenades 
agréables,  et,  sous  cf  rapport,  peu  de  viBes 
sont  aussi  bien  partagées  ;  il  n  est  i>as  jine 
seule  petite  place  daus  son.  inlcrieur  qni 
n'ait  été  utilisée  par  des  plantations.  Les 
plus  remarquables  sont  :  la  place  Séraucourt, 
qui  a  pris  le  nom  de  l'intendant  auquel  on 
doit  sa  création  ;  le  jardin  de  l'arcbcvèchê, 
ouvert  au  public  tous  les  jours ,  et  entre- 
tenu aux  frais  de  la  ville,  dont  il  est  la  pro- 
priété; la  place  Sainl-Pierrè ,  plantée  de 
beaux  aibres,  sous  lesquels  slï  tient  le  mar- 
ché aux  fleurs  dans  la  belle  saison  ;  le  prc 
Firhau ,  planté  de  très-beaux  peupliers  ;  b 
place  Villeneuve,  plantée  en  lÔiei,  sous 
l'administra tîoii  du  préfet  de  ce  nom ,  au- 
quel oti  doit  là  jolie  promenade  du  rempar; 
Saint  Paul  ;  les  remparts  d'Auroii ,  Saint- 
Louis  et  des  Pauvres ,  J)lantés  ou  embellis 
sous  l'administration  de  M.  de  ^iissy. 

Parmi  les  édifices  et  ctabtisiemeiitd  publies 
de  Bourges,  en  remarque  particulièrement  : 

La  Cs.TaKoaAta,  dédiée  à  saint  Misenne, 


Jusqu'à  saint  Louis ,  et  qui     un  des  pins  beaux  bionumearis  d*hrcl«itei<Bie 
;  Alciat,  Rebase  «  le  grand     gotlnque  qui  existent  m  Franee.  Cette  ia» 


remonte,  dit^n,  J 

a  éli  tort  célèbre; , „  ^       .      .  ,^     , 

Cnju  y  prafesièrettt  :  aussi  fut-il  un  temps     lique  a  été  bitie  sur  l^nplaoeracnt  ou  ae- 


ÂRÏlÛNDIfiSPWIT  CiE  )U>U|IGES. 


taieot  soco^vfmçpt  élevées  deux  égliseï; 
h  plus  andenne,  établie  dans  le  palaU  mèioe 
de  Lcocade ,  proconsul  de$  Gaules ,  datait 
de  Tan  25 1,  et  nVaii  eu  qu'un  siècle  âe 
dorée.  Une  nouTelle  église  avait  été  édifiée 
wr  ses  mines ,  vcr&  Tan  38o  ,  nar  saiift 
Palais,  9*évèquede  Bourges.  Védiuce  actuel 
fsl  une  construction  commencée  vers  845 , 
ei  qni  0'a  éié  terminée  que  plusieurs  siècles 
après.— La  cathédrale  de  Bourges  est  située 
lur  le  terrain  le  plus  haut  de  la  ville,  et 
domine  la  vaste  plame  qui  Teuvironne.  Le 
plan  de  ri'difice  est  un  parallélogramme 
qui,  comme  les  anciennes  ba^dliques  ,  se 
tcrmiue  à  l'onent  par  un  bémicydei  et  qui 
est  déroré  à  roocident  d*uo  grand  portail 
SDimonté  de  deux  belles  tours  d'inégale  baii- 
leor  :  ce  portail  est  à  trois  étages  ornés  de 
plusieurs  galerie»  à  balustrades  gothiques  et 
d'une  magnifique  rosace;  sa  largeur  est  de 
169  pieds;  il  est  posé  sur  un  perron  de 
douze  roarchei ,  ai^^lessus  desquelles  s*oa- 
vmt  cinq  portiques  qui  domiejit  entrée 
dans  l'église.  Le  portique  principal  et  cen- 
tral est  décoré  d*un  bas-relief  représentant 
lejogemeot  deniier;  les  autres  sont  orné» 
de  diverses  sculptures  dout  les  sujets  sont 
pris  dans  TAncien  et  le  Nouveau-Testament  : 
de  nombreuses  statues  d'apotres  et  de  saints 
étûent  autrefois  placées  dans  les  niches  qui 
esistent  an  portail  ;  ces  statues  ont  été  dé* 
Imites  par  les  protestants,  itendaut  les  guer- 
res du  XTI'  siècle  ;  il  en  reste  à  peine  dans 
réalise  quelques-unes  qui  aient  échappé  à  la 
Dufilatioo.  La  plus  haute  des  tours,  surmon* 
Iced'um-  grosse  horloge  à  timbre,  fut  com- 
warce  en  s  507,  sur  remiUacement  de  celle 
ipi  Vêtait  écroulée  en  i5o6,  et  achevée  en 
ii3S,  par  Guillaume  Pellevoisin,  le  pins  fa- 
■eux  architecte  de  son  temps.  En  mémoire 
de  la  chute  de  Pancîenne  tour,  on  fil  graver 
«V  b  nouvelle  cette  inscription  : 

Cr  fut  Ta»  mil  cinq  ctnt  tt  m , 
Ht  brfrmbrr  le  brniirr  jniir  » 
Clac  par  un  fondement  mal  pris , 
le  BûM-€îttnnt  rl|àt  in  ttur. 

Celle  tour  a  199  pieds  de  hauteur  >us- 
fi*»  la  plate-forme  «  et  221  pieds  jusqu*au 
péiicaB  qui  domine  l'horloge;  elle  se  nomme 


la  Tour^Neuve  on  la  Tour  d^  Beurre,  parce 

Su'elle  a  été  b^tie  en  partie  avec  le  produit 
es  sommes  payées  par  les  fidèles  pour  ob- 
leuir  la  permission  d*user  de  bçiure  cl  de 
lait  eu  carême.  On  y  voyait  autrefois  douie 
cloches;  il  n'y  en  reste  plus  qu'une  seule  de 
6  pieds  de  diamètre  >  et  qui  pèse  onze  mil- 
liers. La  plus  i)etite  des  tours,  dite  la  Tour- 
Sourde  ou  la  Tieille-Tour ,  n'a  que  iSa  p. 
de  haut;  pour  la  soutenir,  en  a  bâti  un  pi- 
lier d'une  grosseur  énorme  et  une  arcade 
voûtée  qu'on  regarde  comme  un  cbef-4'cei|r 
vre  d'architecture, 

L'intériepr  de  Tégllat»  dml  Vaspeet  est 
OQ  ne  peut  fins  majeslneoi ,  présenta 
einq  rangs  de  neffi  formées  par  tes  banfes 
<H>loinies  cpri ,  au  nombre  de  soixanie,  son" 
lietnMnt  te  voâte  de  Téglne  :  te  losgoeur 
totale  de  fédifioe  est  de  34t  pteds,  et  ta 
largeur  de  ifkS.  La  nef  principate  a  ifi 
pieds  de  hauteur  sous  elef ,  et  38  pieds  de 
largeur ,  d'une  colonne  à  l'autre  ;  te  baiN 
tetir  moyenne  des  colonnes ,  jusqu'aux  cba* 
pileaux,  est  d'environ  5a  pieds  4  pouces.  La 
voâte  de  l'église  est  composée  d'une  suite 
d'arceaux  à  ogives.  L'église  est  éclairée  par 
5g  grandes  croisées  ornées  de  vitraux  ma« 
gnifiques  qui  remontent  au  XII*  siècle  :  te 
grande  rosace ,  dont  le  plus  grand  diaméirs 
est  de  27  pieds ,  est  d*une  rieheaae  de  cou- 
leur admirable.  Outre  la  sacristie  ,  magni- 
fique chapelle  gothique,  construite  aux  frais 
de  Jacques  Cœur ,  Téglise  possède  dix>huit 
autres  chapelles  remarquables ,  décorées 
pour  la  plupart  de  scul|)lures  et  de  vitraux. 
Le  rbflnir  est  orné  de  stalles  en  bois  sculpté, 
d'un  l)eau  travail  ;  le  mattre-autel  est  en 
marbre,  et  d'une  grande  magnificence.  LV- 
glise  possède  aussi  un  très-beau  jeu  d'orgtics. 
Sous  le  chœur  et  le  chevet  de  la  cathé- 
drale ,  se  trouvent  les  catacombes  et  l'église 
souterraine  ,  où  Ton  voit  le  tombeau  de 
Jean  I'',  duc  de  Berri ,  ainsi  que  qm^lques 
statues  dépendantes  des  anciennes  tombes 
qui  décoraient  l'église,  et  qui  ont  été  dé- 
truites a  la  révolution  :  nue  de  ces  statues 
est  celle  du  maréchal  de  Montjgny.  Parmi 
les  ouvrages  d'art  que  nufcrmc  cette  crypte , 
on  remarque  un  vaste  morceau  de  sculpture, 
ouvrage  du  Xiy*  sièelc ,  représeutaut  un 
saint  sépulcre.  On  vok  aussi ,  sous  une  dc4 


DÉPAATEMENT  DU  CHER. 


arcades  des  bas-côtés  de  la  cathédrale,  au- 
près de  la  Vieille-Tour,  un  chef-d'œuvre 
d^orlogerie  gothique  qui  porte  la  date  de 
I4a3  ,  et  qui  marque  le  cours  du  soleil  et 
de  la  lune.  Cette  horloge ,  dont  le  mouve- 
ment, réparé  à  diverses  époques,  est  en  assez 
bon  état,  sert  à  régler  les  heures  des  offices. 
Avant  la  révolution ,  le  trésor  renfermait , 
vultc  autres  richesses,  un  superbe  diptyque 
d'ivoire  du  V*  siècle,  que  Martenne  et 
Montfaucon  considéraient  comme  un  monu- 
ment précieux.  Louis  VII,  roi  d'Aquitaine, 
a  été  sacré  dans  la  cathédrale  de  Bourges  ; 
Louis  XI  y  a  été  Inptisé,  ainsi  que  le  grand 
Coudé.  Quatre  des  archevêques  de  Bourges 
jKmt  devenus  papes  ,  Luee  IQ»  Urbain  III, 
Grégoire  XI  et  Clémenl  VII  ;  trente  autres 
sont  honorés  comme  ««iuts.  Cette  église  a 
été  long-temps  considérée  comme  la  métro» 
pok  du  midi  de  la  France  :  elle  était  placée 
au  même  raag  que  les  églises  de  Lyon  et 
de  Rebns. 

L'Église  Not&b-Daim^  bâtie  en  xiS?  , 
détruite  pas  un  incendie  en  1487  t  et  re- 
construite en  i5ao. 

L'Égusb  SAixT-BoziiriT ,  bàtîe  en  i25o, 
détruite  ainsi  que  la  précédente  par  Tincen- 
die  de  1487,  et  dont  la  construction  a  été 
commencée  en  i5 10.  On  y  remarque  plu- 
sieurs chapelles  décorées  de  vitraux  magni- 
fiques ,  dus  au  piuceau  de  Lécuyer.  On  voit 
dans  cette  église  plusieurs  tableaux  de  Bou- 
cher, qui  y  a  été  enterré,  ainsi  que  sa  mère, 
dans  un  caveau  qui  a  été  respecté  pendant 
la  révolution.  Son  épitaphe ,  quVm  ue  re* 
trouve  |>lus,  a  été  conservée  dans  la  descrip- 
tion de  réglise  Saint>Étienne  par  Tabbé 
ïlomelot.  Ellie  était  ainsi  conçue  ; 

('i-git  éjui ,  s'oetajmtU da  tmtmt  de  iiatfmndf*, 
.4  pu  queifuê  renom  dtmi  le  moÊule  acquérir  ; 
1/  aima  Us  bemux-^rls  et  ne  sut  Jamais  peindre  , 
Et  mieux  encore  il  apprit  à  mourir, 

L'AacHBvicBK,  remarquable  par  un  beau 
pavillon  contenant  le  grand  escalier,  la  cba- 
pelle  et  les  appartements  d'honneur.  On  ad- 
mire dans  le  jardin,  dessiné  par  Jje  Nôtre, 
une  magnifique  allée  couverte  et  un  monu- 
ment élevé  à  la  mémoire  du  duc  deBéthune- 


Charost,  qui  contribua  si  puissamment  à 
l'amélioration  des  bètes  à  hdne  dans  le  dé- 
partement du  Cher. 

L*HÔTBx.  DK  LA  pRKPBCTumx,  autrefoîs 
l'Intendance,  occupe  remplacement  de  Tan- 
cien  palais  des  ducs  de  Berri.  Il  n'a  rien 
de  remarquable  que  la  belle  vue  qu'il  doit 
à  sa  position ,  et  l'agrément  de  ses  jardins, 
qui  communiquent  à  la  promenade  par  une 
porte  gothique ,  transportée  en  ce  lieu  par 
les  soins  de  M.  de  Barrai,  ancien  préfet  du 
département.  C'est  un  portail  de  l'ancienne 
église  Saint-Ursin ,  sur  lequel  on  voit  un 
calendrier  antérieur  à  celui  réformé  par 
le  pape  Grégoire;  l'année  commence  en 
février. 

L*HdTBL-DE-ViLLz  cst  Faocien  hôtel  que 
Jacques  Cœur ,  célèbre  et  infortuné  argen- 
tier de  Charles  Vn ,  l'un  des  plus  illustres 
citoyens  dont  s'honore  la  ville  de  Bombes , 
fit  coustruire  en  144  3.  C'est  un  édifice  go- 
thique, d'excellent  goût ,  dont  les  murailles 
intérieures  et  extérieures  sont  décorées  de 
sculptures  gothiques  d'un  beau  fini  ;  il  est 
ftcbeuk  que ,  dans  les  dernières  construc- 
tions qui  ont  été  faites,  on  n'ait  pas  observé 
à  l'extérieur  les  formes  gothiques.  On  re- 
marque au-dessus  de  toutes  les  portos  des 
bas-reliefe  analogues  k'  la  destination  des  piè- 
ces dans  lesquelles  elles  communiquaient  :  il 
y  en  a  trois  au  pied  du  gi-aud  escalier  qui 
conduisait  à  la  chapelle;  dans  le  premier,  se 
trouve  un  personnage  qui  sonne  la  messe  ; 
dans  le  second,  qn  prépare  l'autel,  et  dans 
le  troisième,  on  voit  les  fidèles  qui  arrivent 
à  l'office.  Partout  se  trouvent  les  armes  par- 
lantes de  Jacciues  Cœur ,  qui  se  composent 
de  coquilles  de  pèlerin  de  Saint-Jacques  et 
ide  coeurs.  On  lit  encore  sur  une  balustrade 
en  pierres  découpées  a  jour,  et  qui  com- 
munique à  la  campanille  de  l'hoHoge ,  ces 
mots  écrits  en  caractères  gothiques,  précédés 
de  cœurs  et  de  coquilles  : 

^  tttut  vatUant  tien  b'tmpMst^U. 

La  chapelle,  qui  se  trouvait  au-dessus  du 
portail,  était  remarquable  par  sa  disposition. 
On  voyait  de  chaque  côté  de  Fautel  deux 


I 


i? 


M 


^ ov/ /'//// A  Y^ 


ARlLOin)ISSEMENT  DE  BOURGES. 


Ctbincts  oo  réduits  ayant  cliacun  une  che- 
minée et  ane  petile  fenêtre;  c'était  là  que 
Jacques  Cœur  et  sa  femme  se  plaçaient  pour 
entendre  la  messe.  Ces  deux  fenêtres  pré- 
sentent, à  Pext*' rieur»  deux  portes  enlr'ou- 
Tertes,  et  un  officier  à  chacune,  regardant 
d^on  côié  opposé ,  par  quel  chemin  arrive 
le  maître  de  la  maison.  La  voûte  de  cette 
chapelle  est  peinte,  entre  les  arceaux,  de  fi- 
gures qui  semblent  chanter  Toffice  écrit  sur 
des  rouleaux  ;  on  y  voit  encore  des  sculptu- 
res gothiques  du  fini  le  plus  précieux.  Dans 
llnlêrieur  de  lliôtel,  on  remarque  une  tour 
irès-ékTée,  au  haut  de  laquelle  sont  des  fe- 
nêtres qui  permetteut  d'ol^erver  dans  toutes 
les  directions  et  à  une  grande  distance.  En- 
fin, on  voit  sur  des  vitraux  de  couleur  en 
partie  brisés,  qui  sont  à  Tune  des  fenêtres 
des  greniers,  deux  figurvs  peintes,  dont  Tune 
a  on  doigt  sur  la  bouche  et  Tautre  de  lon- 
goes  oreîUe»  :  elfes  sont  entourées  de  bonde- 
Toks  diversement  roulées  ,  sur  lesquelles  on 
Ht  ces  roots  :  Bouche  close»  Neutre,  Enten- 
dre. Dire,  Faire,  Taire;  mots  qui  sont  ré- 
pétés tout  autour  des  panneaux ,  ainsi  que 
la  devise  favorite  du  maître  :  ^  cœur  vai/- 
lani  rien  tt imposable,  qui  est  aussi  écrite 
mr  des  banderoles  autour  de  ses  armes. 

On  conserve  à  la  mairie,  dans  ane  gale^ 
rie ,  les  portraits  d'une  grande  partie  des 
hommes  qui  ont  illustré  Bourges  :  on  y  voit 
figurer  Ciijas ,  Bourdaloue ,  Jacques  Cœur 
hit-méme,  et  une  foule  d'autres  personnages; 
'  usage  d^un  bon  exemple,  et  qui  mérite  d^ètre 


Outre  la  mairie,  I*hôle1  de  Jacques  Cœur 
renferme  les  salles  de  la  cour  royale,  des  tri- 
bunaux de  première  instance  et  de  commerce^ 
et  la  justice  de  paix.  La  salle  destinée  aux 
audiences  civiles  est  très-belle ,  et  précédée 
d'une  salle  des  pas-perdus  presque  aussi 
grande. 

L%  Casesbe.  Ce  bel  édifice  est  l'ancien 
grand  séminaire  «  construit  en  1682  ,  par 
Phelippeaiix  de  la  Vrillère ,  archevêque  de 
Bourges.  C'est  dans  une  partie  des  jardins 
qni  sont  du  côté  des  remparts  que  se  trou- 
vât la  grosse  tour  de  Bourges. 

L'HépfTAi.  GÉjffcSAL,  situé  hors  de  la 


ville,  entre  les  portes  de  Sûnt-BeiiMt  <t  de 
Saint- Ambroise.  Il  fut  établi  en  1657,  et  les 
fonds  nécessaves  furent  en  presque  totalité 
fournis  par  les  habitants.  Panni  ses  bîenfai- 
.  teuTs ,  on  cite  particulièrement  M.  Anne' de 
Yentadour ,  archevêque  de  Rotirges ,  et 
M.  Barjon  de  Vouzay,  qui  firent  construire 
à  leurs  dépens  une  grande  partie  des  bAli* 
menis.  Des  cours  spacieuses  et  bien  aérées , 
de  vastes  jardins,  sont  joints  à  cet  hôpital , 
où  sont  admis  3oo  vieillards  infirmes  et  in- 
digents ,  et  les  enfants  abandonnés. 

On  remarque  encore  à  Boiu*ges  la  biblio- 
thèque publique ,  renfermant  20,000  volu- 
mes ,  parmi  lesquels  se  trouvent  des  ouvra- 
ges rares ,  notamment  un  Salluste  sur  par- 
chemin du  rx.*  ou  du  X'  siècle,  un  manuscrit 
sur  vélin  du  Bigestum  Vêtus ,  un  Spéculum 
hiâtorialc  de  Vincent  de  Beauvais  ,  etc.  ;  le 
collège  ;  le  grand  séminaire;  la  maison  qu'oc- 
cupait Cujas ,  dans  la  rue  des  Arènes  ;  la 
salle  de  spectacle  ;  les  prisons  ;  le  dépôt,  au- 
treroîs  dépôt  de  mendicité,  puis  maison  cen- 
trale de  détention,  et  maintenant  maison 
de  refuge  où  on  reçoit  les  aliénés,  les  incu- 
rables, et  les  filles  publiques  que  l'état  de 
leur  santé  met  dans  la  nécessité  de  séques- 
trer et  de  traiter;  la  fontaine  de  Fer,  source 
d'eau  minérale  ferrugineuse,  entî^urée  de 
plantations;  la  salpétrière,  remarquable  par 
la  beauté  et  l'étendue  de  ses  caves  voûtées, 
et  par  le  grand  nombre  de  chaudières  qu'el- 
les contiennent ,  etc.,  etc. 

Bourges  est  la  patrie  de  Louis  XI ,  de 
Jacques  Cœur ,  de  Bourdaloue ,  un  de  nos 
pins  grands  orateurs  chrétiens,  du  peintre 
Boucher,  de  Jean  l'Écuyer,  célèbre  peintre 
sur  verre ,  du  jésuite  l^ibbe ,  du  P.  d'Or- 
léans ,  de  Sigaud-Lafond ,  de  l'académicien 
La  Chapelle,  auteur  de  plusieurs  ouvrages, 
parmi  lesquels  on  remarque  les  Amours  de 
Tibulle  et  de  Catulle ,  roman  qui  lui  atti- 
ra oette  épigramme  de  ChauUeu  si  connue  : 


Celai  qnl  ù  r 

Fit  parler  Gatalle  et  L^bi* 
M'est  point  cet  aimable  gésUe 
Qal  fit  le  voyage  charmant. 
Mais  qnelqa'ttD  de  l'Académie. 

Fabriques  de  draps,  couvertures  de  laine, 
coutellerie,  salpêtre.  Brasseries  et  tanneries. 
-^Commerce  de  grains,  chanvre,  laine,  ooii« 


10 

v«mrfi  dt  Imw»  peanx,  l)ois  et  arbres 

fruitier». 

A  U  1.  de  Cliiteaiiroux  »  54  1.  d«ï  Paris. 
-^SbiieU  du  Bœuf  coui-onaé,  de  France,  de 
k  Boule  d'or,  du  Cheval  blanc 

CHAHOST.  Petite  ville  située  à  5  1.  de 
Bourges.  Pop.  x.aSg  hab, 

C«lte  ville  est  située  au  milieu  d'un  riche 
vignoble,  sur  la  rive  gauche  do  l'ArDon,  que 
Ton  y  passe  sur  un  pont  en  pierre.  Elle  est 
assez  mal  biitie  et  était  anciennement  entou- 
rée de  murailles  garnies  de  tours.  Près  de 
réglise,  on  voit  les  ruines  d*un  ancien  châ- 
teau ,  que  de  larges  et  profonds  fossés ,  de 
hautes  murailles  flanquées  de  bastions,  ren- 
daient jadis  assez  fort  :  les  forlifirations  du 
château  et  de  la  ville  ont  été  détruites  pen- 
dant les  guerres  de  la  Ligue.  Les  environs 
offrent  des  sites  agiéables  et  des  promenades 
délicieuses* 

CHlêcY.  Yillage  situé  à  4  1.  de  Bourges. 
— Papeterie. 

FOéCT.  Tîllage  situé  *  5 1.  3/4  de  Bour- 
ges. Pop.  771  hab.  —  Mannfaciure  impor- 
tante de  porcelaine ,  qui  emploie  environ 
x5o  ouvriers.  Les objiMs qu'on;  confectionne 
consisieut  en  vases  antiques,  étrusques  et 
modernes,  de  toute  espèce,  en  cafetières, 
théières,  sucriers  et  tasses  de  différentes 
formes,  bols,  services  de  table  de  tout 
genre,  etc. 

6EORGES-SCR-LA-P*B(SAlIÏT.).vn-  ' 

lage  situé  à  n  I.  1/4  de  Bourges.  Pop.  83o 
hab.— Exploitation  d'ocre. 

CBAÇAT.  Petite  ville  ancienne,  située  à 
11  \.  i/?.  de  Bourges.  Pop.  2,787  hab.  Ella 
est  généralement  mal  bâtie,  et  était  autre- 
fois entourée  de  murailles  flanquées  de  tours, 
dont  il  reste  enrore  quelques  vestiges.  Aut 
environs,  sur  la  route  de  Paris  à  Toulouse, 
on  remarque  un  amas  de  pierres  énormes , 
connues  dans  le  pa)s  sous  le  nom  de  pierres 
folles,  qui  paraissent  être  des  ruines  d'un 
immense  monument  celtique.  Deux  princi- 
pales pierres  plaies,  posées  de  champ  à  la 
aaite  Tune  de  l'autre ,  et  parallèles  à  une 
troisième,  posée  de  même  à  quelques  pieds 


DÉPABTEMEIXT  PU  GH^R. 


de  distance,  en  foqtiennent  une  quatricne, 
beaueoup  plus  grande,  posée  dessus,  en  plan 
incliné  vers  le  nord.  LVspèce  de  cabane  qoe 
forment  entre  elles  ces  pierres  est  fermée 
à  Tun  des  deux  bouts,  celui  de  Test,  par  une 
dalle  posée  égalemeut  de  champ  ;  le  bout 
opposé  est  ouvert ,  et  fait  face  à  une  aoii« 
cabane  construite  à  peu  près  de  la  même 
manière.  Tout  autour,  excepté  du  côté  da 
sud,  sont  placés  confusément  divers  blocs 
de  toute  forme  et  de  toute  grandeur,  qoi 
complètent  le  groupe  et  le  nombre  total  de 
vingt-une  pierres. 

LETCT.  Yillage  situé  â  4  L  x/a  de  Bour- 
ges. V>^  Pop.  7 Go  hab. 

LtTRT.  Petite  ville  située  près  de  la  rive 
droite  de  TAruon ,  k  'j  \,  x/4  de  Bourges. 
Pop.  56o  hab. 

iif  ÂRT»r-D*Artt6inr  («  awt  ).  Bootç 

situé  À  4 1.  1/3  de  Bourges.  Pop.  a,  161  hab. 
—  Commerce  considérable  de  fruits, 

MASSAT.  Bourg  situé  à  14  1.  3/4  de 
Bourges.  V>^  Pop.  950  hab. 

BIEHtfff-SClt-TèVRE.  Pelifc  ville  si- 
tuée daus  on  pava  fertile,  sur  la  rive  droite 
de  TTèvre.  (S  vjr  Pop.  S,3io  haK 

Cette  petite  ville  est  lrès-«cieime  :  elle  • 
eu  des  seigneurs  particuliers  jusqu'à  la  fin 
du  XIII*  sièele;  alors  elle  passa  par  lUariage 
à  Robert  de  (lourlenay,  petit-fiU  de  Loui»» 
le-Gros,  et  frère  cadet  de  l'empereur  de 
Coosiautinople.  Amicie  de  Counenay  épou- 
sa, en  1 262,  Robert,  comte  d'Artois,  neveu 
de  saint  Louis.  Mehun  fut  confisqué  en  i33a 
sur  Robert  III  d'Artois ,  et  réuni  au  do- 
maine de  l'État.  Charles  VII  aimait  le  séjour 
de  Mehun.  Il  y  avait  fondé  une  cha|)elle 
dé|)endaiiie  de  l'église  dédiée  â  Notre-Dame, 
et  une  maladrerie;  il  a  voulu  que  ses  en- 
trailles y  fnsseut  enterrées.  On  voit  encore 
près  de  Mebnn  les  ruines  d'un  vieux  châ- 
teau qui  avait  été  témoin  des  amours  de  ce 
prince  avec  Agnès  Sorel,  et  où  plus  Urd, 
craignant  d'être  empoisonné  par  son  fils 
Louis  X.I,  il  se  laissa  mourir  de  faim  :  après 
avoir  passô  huit  jours  sans  manger,  il  s'était 


AViK<masssuEfn!  de  boxtkges. 


11 


déunniiié  à  prendre  quelque  noummre, 
mais  il  n'clait  plus  temps.  Les  débris  d'une 
chapelle  9  ceux  d'un  escalier  ^tbique,  une 
tour  et  quelques  muiwllrt  dégradées,. soûl 
les  seuk  restes  de  ce  magnifique  édifice, 
donl  le  feu  du  ciel  a  hâlé  la  destruction.-- 
FaM^aes  de  droguels.  Manufacture  de  toi- 
les communes  pour  remballage  des  laines. 

KOAftlfT.  Tilage  situé  à  3  1.  i/a  de 
Bmii^M.  Pop.  »So  hab.  On  remarque  aui 
enriroas,  cntn  Nobant  et  Maubrancbe, 
IVmf^lBceinenl  d'un  ramp  romain,  qu'on  dit 
a«<pfa*  été  «rtrt  de  Vcrdogaorix;  on  y  distin- 
gœ  âKNM  des  restes  de  retraiicheipeiit». 

TIEHZOSf-VILLE.  Ville  ancienne,  si- 
tuée à  3  f.  3/4  de  Bourges.  El  V>^  Pop. 
4,7^6  bab. 

Vieixon  est  une  ville  dont  iTorigine  re- 
monte à  une  baute  antiquité.  Ire  roman  de 
la  Table  ronde  en  fait  mention.  La  tradition 
prétend  même  qu'elle  fut  construite  sur  les 
raines  d'une  ville  que  les  Romains  brûlèrent 
pour  arrêter  la'  marche  de  César.  Au  IX" 
siècle,  cette  Ttlle  dépendait  de  Thibaut, 
comte  de  Blois ,  qui  la  donna  en  fief  à  an 
ooBrte  partiralier,  n«inmé  Humbaut-le-Tor- 
tn;  elle  était  alors  entourée  de  murailles, 
et  possédait  un  château  fort  considérable, 
dont  on  vo}ait  encore  des  ruines  dans  le 
siecfe  dernier.  En  iigfi,  Richard  d'Angle- 
terre ,  qui  se  regardait  comme  seigneur  su- 
jvrain  de  Tierzon,  irrité  de  ce.  que  le  comte 
Guillaume  ^^  refusant  de  le  reconnaître  en 
cette  qualité,  avait  rendu  hommage  au  roi 
de  FraDoe,  détruisit  la  ville  après  l'avoir  li- 
vrée au  pillage;  c'est  à  cette  époque  que  le 
château  fui  détruit.  Yieraon  fut  encore  prise 
ci  pillée,  en  i356,  par  Tannée  du  prince 
Noir;  elle  resta  au  pouvoir  des  Anglais  jus- 
qu'en i37o,  qu'elle  fut  reprise  par  le  conné- 
table Dngueaolin.  La  seigneurie  de  Yicrzon 
fut  confisquée  sur  Guillaume  de  Juliers,  qui 
prit  parti  pourRnberi,  comte  d'Artoin,  dans 
sa  rébellion  contre  Philippe  de  Valois.  Vier- 
aan  resta  quelque  teiaps  téiimê  au  douaiBe 


de  la  couronne ,  et  fut  ensuite  donnée  par 
le  roi  Jean  à  son  fils,  le  duc  de  Berri.  Une' 
princesse  de  cette  maison  porta ,  par  son 
mariage,  dans  le  XIV «  siècle,  la  seigneurie 
de  Yierzon  à  un  duc  de  Bourbon;  plus 
tard,  cette  seigneurie  fut  confisquée  par 
f  rançois  I''  comme  appartenant  au  fameux 
connétable. 

flituée  an  conflueift  du  Cher  et  de  l' Yèvr»,. 
enfiDurée  de  ritni»  cpleaux  et  de  vastes  prai* 
ries,  cette  viUe  offn»  un  des  sites  les  plus 
agréables  du  déparlenaenl.  Elle  est  aussi 
bien  bâtie  que  biea  pereée ,  et  la  plupart 
de  ses  maisons  sont  couvertes  en  ardoises^ 
ce  qui  contribue  à  lui  donner  un  aspect- 
gracieua.  U  rue  droite  et  large  qui  sert  de 
puisage  à  la  rdute^  serait  une  des  belles  rue» 
de  France,  si  elle  avait  des  Iroiloii*  Le  Cher, 
qui  baigne  les  murs  de  celle  ville,  y  est  jw^ 
vigable;  la  roul^  de  Par^  â  foiflouae,  â 
laquelle  vient  se  réunir  celle  de  Bourges , 
lui  donne  un  air  animé  et  y  fait  régner  une 
activité  commereiale  peu  o^nue  dani  le 
reste  du  département.   ' 

FuBrûfueâ  de  draps ,  serges ,  bonneterie. 
Mmiafacturea  de  porcelaine  et  de  faïence. 
Tanneries.  Parchemineries.— Anx  environs, 
hauts  fourneaux,  forges  importantes,  fende- 
rie,  martinets  et  moulerie;  on  y  fabrique 
des  fers  de  première  qualité  du  Ben-i,  de 
l'acier,  de  la  tôle,  et  de  la  poterie  de  foule 
Xrès-tslmée.—JJo'^els  des  Messageries  roya- 
les, de  la  Croix  blandie. 

VORLY.  Yillsge  situé  à  4  L  i/a  de  Bour- 
ges. Pop.  320  babi  O*!  remarque  dans  uu 
bois  environnant  les  ruines  assez  bien  con- 
servées d'uu  château  qui  a  été  habité  par 
Agnès  Sorel.  Il  se  nomniail  primitivement 
Bois-Trousseau;  la  génie  Agnès  j  reçut  sou- 
vent Charles  YII,  cl  lui  avait  donné  le  nom 
de  Sire- Aimé,  dont  on  a  fait  ensuite,  par 
corruption,  Sir- Ame,  cl  ensuite  Iîoii.iramc. 

VIIXEQL'IERS.  Bourg  situé  à  8  L  de 
Bouiiges.  ^  Pop.  900  hab. 


12 


DÉPARTEMENT  DU  CHER. 


ARRONDISSEMENT  DE  SAINT-AMAND. 


AUCHAMP.  Tillage  si|ué  stir  la  rivé 
droite  du  Cher,  à  a  I.  de  Sainl-Amand. 
Pop.  I90  hab.  On  y  a  découvert  une  grande 
fnantité  de  tombeaux,  d'inscriptions ,  de 
débris  d'armes ,  de  vises  et  de  médattles , 
qui  proQvent  d'une  manière  incontestable 
qu'il  eûstait  ancienMneal-  en  ce  lieii  urne 
ville  importante.  On  j;,  a  trouvé  notamment 
une  colonne  milliaire  qoi  indiquait  la  dis- 
tance du  lieu  où  elle  était  placée  aveo  les 
principales  villes  des  Aquitaines  :  jévari- 
cum,  Mediolaaum,  Nerit,  i«*inscriptSon  de 
«tte  colonne,  plaeée  maintenisnt  sur  U 
grande  route  à  l'entrée  da  village  de  la 
Celle,  est  ainsi  conçue  : 

AVA« .  î. .  XIV.  Ma»x .  wi .  irsmi .  xxv. 

AMAND  (SAIKT-).  Fort  jolie  vUÎe. 
Chef-lieu  de  sous-préfecture.  Tribunal  de 
première  instance.  Socicté  d'igricoll4ire. 
Collège  communal.  (S  yy  Pop.  6,936  bab. 

Saint-Amand  a  été  bâti  dans  le  XV*  siè- 
cle sur  remplacement  où  se  tenaient  les  foi- 
res d'Orval,  ville  qui  fut  bn>lée,  en  1410, 
par  les  Anglais  lorsqu'ils  assiégeaient  le  chA- 
t<'au  de  Montrond.  I^e  coniiéiable  d  Albret 
fit  oonslniire  sur  oe  champ  de  foire  des 
bara(|ues  où  se  retirèrent  les  habitants 
i'Orval  ;  bienlét  ces  barBqoes  se  converti- 
rent en  maisons,  la  population  augmenta,- 
et,  en  x434y  Saint-Amand  fut  dos  de  mu- 
railles. 

Cette  ville  est  régulièrement  bAtie,  au 
conflueut  de  la  Marmaiide  et  du  Cher,  sur 
un  embranchement  du  canal  de  ce  nom. 
Elle  est  dominée  par  les  ruines  imposantes 
du  château  de  Montrond,  fortifié  primitive- 
ment par  le  duc  de  Sully.  Ce  châteati  passait 
autrefois  pour  une  des  plus  fortes  places  du 
royaume;  pendant  les  troubles  de  tp5o^ 
265x  et  i652,  il  était  occupé  par  les  parti- 
sans des  princes  armés  contre  l'autorité 
royale;  il  se  rendit  en  x65a  au  comte  de 
Palluau ,  après  un  siéçe  d'un  an,  et  fut  dé- 


moli. On  peut  juger  encore  par  ce  qn'fl  en 
reste,  de  l'importance  de  cette  forteresse. 

FabrUfMs  de  sabots.  Blandiisaerics  de 
laines.  Tanneries.  ChamoiaorÎM. — Aux  en- 
virons ,  forges ,  fonderies.  Manufacture  de 
porcelaine.  —  Commerce  de  bois  nwrraîn, 
fiers,  laines,  bestiaux  gras,  cfaanivre,  peaox 
de  chèvres.  Entrepôt  des  chAlaignea  qui  se 
récoltent  aux  environs. 

A  xz  1.  de  Bourges,  651.  de  Paris. 

BANN EGON.  Rourg  situé  à  4 1.  de  Saint- 
Amand.  Pop.  85o  hab. 

BIGNY-SUR-CHER.  Village  situé  à  4  L 
de  Saint-Amand.  Hauts  fourneaux.  Forges, 
feiiderie  et  iréfilerie. 

BLET.  Bourg  situé  à  5 1.  de  Saint-Amand. 
Pop.  900  bab. 

CEUE-BRUiBE  (1h).  Village  situé  à 
a  1.  de  Saint-Amand.  —  Exploitation  de 
OBirièiôs  de  belles  pierres  de  taille. 

GIIARElf*roiT.  Bourg  situé  sur  le  canal 
du  Cher,  à  a  I.  1/4  de  Saint-Amand.  Pop. 
i,3o5  hab. — Grandes  et  petites  forges  don- 
nant un  fer  très-doux  et  de  première  qualité. 

CRARLT.  Village  situé  à  5  I.  1/4  de 
Saint-Amand.  Pop.  660  hab.  —  Exploita* 
tion  de  carrières  de  pierres  dures,  d*nn 
grain  serré  et  fin ,  susceptibles  de  recevoir 
un  beau  poli,  et  qui  peuvent  être  employées 
avec  avantage  dans  l'arcbiteeture  :  toutes 
les  statues  qui  décorent  la  cathédrale  de 
Bourges  ont  été  exécutées  en  pierres  de 
Charly. 

GHATEAUMEILLANT.  Petite  ville  tm- 
ancienne,  située  sur  le  flanc  d'un  coteau, 
dans  un  pays  qui  offre  les  aspects  les  plut 
variés,  sur  le  ruiss«*au  de  Sinoise,  À  7  1.  do 
Saint-Amand.  SI  Pop.  a,453  hab. 


t 

5 


Z'jf^iâi.iui'iPifcj,^,  v^iajas^-^  ,,jw;.v,i-:-™œw-iÀll  '^ 


ABKONDISSEMENX 
Cette  ^lUe,  dont  on  attribue  la  fondation 
UMJL  Ibnnaùis,  est  reman|iiable  par  un  an- 
cien chAtenu ,  que  l'on  fait  remonter  au  Y* 
siècle  ;  il  est  entouré  d'eau  et  offre  un  sin- 
golier  mélange  d'archiiecture  de  plusieurs 
aèdes  et  de  genres  opposés.  De  grosses 
tours  carrées,  avec  des  meurtrières  et  des 
macàKOulis,  s'y  trouvent  accolées  k  des 
tours  et  à  des  tourelles  octogones  décorées 
de  précieuses  sculptures  et  d'arabesques  fan- 
'  tasdqiies.  —  Commerce  de  cbàtaignes. 

CHATEAUNEUF-SCm-CHBm.  Petite 
ville  située  dans  une  ile  formée  par  le  Cher, 
à- 5  I.  1/9  de  Saint-Amand.  Pop.  2,019  bab. 
'  E31e  était  autrefois  défendue  par  un  ckâteau 
fiort  dont  il  reste  à  peine  quelques  vesliges. 
—  Commteree  de  vins ,  chevaux  et  bestiaux. 

CHATBLBT  (le>  Joli  bourg  situé  à  4 1- 
de  Saint-Amand.  Pop.  i,368  bab.  —  Com- 
merce de  grains. 

GHEaUkL-BENOIT.  Village  situé  à  7  L 
de  Sainl-Amand.  Pop.  4^0  bab.  On  remar- 
que les  beaux  et  vastes  bâtiments  d'une  an- 
cienne abbaye  de  bénédiciins  dont  Téglise 
est  une  des  plus  beUes  et  des  plus  vasies  du 
dépaitement. 

CmtSTOPHE-LE-GHAUDET  (Sn). 
TiDage  situé  à  4  1.  de  Saint-Amand.  Pop. 
319  bab.  —  Exploitation  de  manganèse. 

CULAE  ou  CCLLAlf .  Petite  ville  située 
sur  la  rive  gauche  de  TAmon,  i  5  1.  de 
Saint-Amand.  Pop.  1,169  bab.' Elle  est  bâ- 
tie dans  une  position  agréable,  sur  le  som- 
met et  le  penchant  d'une  montagne  que 
couronnent  les  ruines  du  château  de  Ooï , 
ancienne  forteresse  féodale  que  flanquent 
encore  trois  grosses  tours  rondes  à  macbi- 
coalis  et  à  meurtrières.  —  Exploitation  de 
manganèse.  Récolte  de  cbâiaigues. 

BEETBirr.  Petit  bourg  situé  sur  le  ca- 
nal du  CSier ,  à  3/4  de  I.  de  Saint-Amand. 
Pop.  260  bah. 

Drevent  est  un  des  lieux  du  département 
oè  l'on  remarque  le  plus  de  débria  d'anti- 
^Malf^  la.  dégradation  que 


DE  SAINT^-AMAND.  13 

œs  ruines  ont  ^urouvée,  on  y  reconnaît 
parfaitement  les  restes  d'un  ancien  théâtre, 
qtii  pouvait  avoir  environ  z8o  pieds  de  dia- 
mètre :  les  gradins  y  destinés  à  recevoir  de 
nombreux  spectateurs ,  étaient  en  amphi- 
théâtre, construits  en  briques  et  pierres,  et 
supportés  par  des  voûtes  appuyées  sur  des 
piliers  épais  qui  formaient,  sous  le  cir- 
que, quatre  rangs  de  portiques.  A  l'ouest 
de  cet  amphithéâtre,  on  reconnaît  l'empla- 
cement d'une  ancienne  ville,  où  l'on  a  dé- 
couvert, à  différentes  époques,  des  tronçons 
de  colonnes,  des  débris  de  statues,  des  pier- 
res sculptées ,  des  tombeaux ,  des  salles  de 
bains  pavées  ou  revêtues  de  marbre,  et 
d'autres  constructions  qui  anuonceut  l'exis- 
tence d'une  cité  florissante.  —  Presque  en 
face  de  Drevent,  de  l'autre  côté  du  Cher, 
on  distingue  remplacement  bi^p  distinct 
d'un  camp  romain,  situé  sur  une  espèce  de 
cap  qui  s'avance  dans  le  Clier,  dont  les 
bords  escarpés  le  garantissaient  de  toute  in* 
suite;  il  était  fortifié  du  seul  côté  de  l'est, 
par  un  mur  a'environ  600  pieds  de  lon- 
gueur. Dans  l'intérieur  de  ce  camp,  on  voit 
un  puits  qui  était  destiné  A  lusage  des 
troupes. 

DUN-LE-EOI.  Petite  ville  située  sur  la 
rive  droite  de  l'Auron,  à  4 1.  3/4  de^Saint- 
Amand.  Pop.  3,874  bab. 

Cette  ville,  aujourd'hui  peu  considérable, 
est  citée  par  Robert  Gaguin  an  nombre  des 
cités  les  plus  importantes  de  ^Aquitaine. 
Dans  le  XII*  siècle ,  elle  était  entourée  de 
murs  et  défendue  par  un  château  fort^  Kn 
i52i,  elle  fut  prise  par  les  Anglais,  qui  la 
pillèrent  et  en  brûlèrent  les  faubourgs.  — 
Exploitation  de  carrières  d'excellentes  piciv 
res  lithographiques  (à  Guxoiioiid}. 

GEOSSOVVRE.  Village  situé  à  8  1.  de 
Saint-Amand. — Forges  et  hauts  founicaux. 

GVERCHB  (la).  Bourg  situé  snr  l'Au- 
bois,  i  fol.  de  Saint-Amand.  Pop.  1,754 
bab.  —  Hauts  fourneaux  qui  donnent  des 
fontes  de  première  qualité  de  Berri,  â  la 
houille  el  au  charbon  de  bois. 

U6N1ÈRES.  Petite  ville  située  dans  un 


DÉPARTEMENT  DU  CHER. 


14 

riant  ei  fertHe  Talion,  sur  TAmon,  près  du 
TAste  étang  de  TilUers,  à  6  1.  i/i  de  Saiut- 
Amand.  ^  V)r  Pop.  t  ,987  hab. 

Liguièr^  était  autrefois  une  viHe  forte 
environnée  de  fossés,  ceinte  de  murailles 
flanquées  de  tours,  et  défendue  par  un  châ- 
tvau  fort  qui  servit  souvent  de  refuge  à 
Charles  TI  ei  à  Charles  VIT,  pendant  la  do- 
mination des  Anglais  sur  une  partie  de  la 
France.  Au  XV*  siècle ,  le  château  de  Li- 
gnières  passa  de  la  maison  d*Amboise  dans 
celle  de  loiRochcfoucaull.  Au  11 YI*  siècle, 
il  a  été  acquis  par  Jérôme  de  Nouveau,  surw 
Intendant  général  des  postes,  qui  fit  recon- 
struire le  château  tel  qu'il  est  aujourd'hui. 
Depuis ,  Anne  de  Conzague  de  Qèves  et 
Colbert  Tout  successivfment  possédé  :  od 
y  voii  encore  le  buste  de  ce  ^rand  ministre. 

L'ancien  manoir  de  Li^nières  fut  long- 
temps k  séjour  de  l'infortunée  Jeanne  de 
France;  une  ancienne  chroni(|ue  rapporte 
ainsi  le  fait  :  «  Jeanne  de  Talois ,  éj)ouse 
de  Louis  XII,  duchesse  d'Oi')é.ins,  hn.  éle- 
vée à  Lignières,  et  tnéme  après  qu'elle  eut 
été  répudiée,  elle  habita  de  nouveau  ce 
château  de  Lignières.  Cn  i47^t  Louis  \t 
avait  affranchi  de  tailles,  aides  et  subsides, 
les  habitauts  de  la  basstM:our,  en  con^idénH 
tion  de  ce  que  madame  Jeanne  avait  été- 
nourrie  dans  ledit  château.  » 

Lignières  fut  le  berceau  du  cahinbme 


dans  le  Berd;  Calvin,  lorsquMI  faisait  son 
droit  à  Rourgei,  venait  s'y  exercer  â  prêcher, 
et  y  était  favoraMemeni  accueifil  par  le  sei- 
gneur ei  par  tes  habitants.  Eu  1^69,  pen- 
dant les  troubl^  occasionnés  par  les  guer- 
res de  religion ,  la  ville  et  le  château  de 
Liguièrrs  fuient  pris  cl  dévastés  par  les 
protestants. 

MEILLA5T.  Petite  %«e  située  è  1 1  3/4 
de  Saint-Amand.  Pop.  i,36o  hab.— Exploi 
tatioa  de  carrières  de  pierres  meulières. 
Hauts  Cburueaux  qui  alimentent  les  forces 
de  Charentun. 

NIÊRORDKS.  Rourg  situé  â  9 1.  de  Salnt- 
Amand.  Pop.  1,680  hab. 

KOI ELA€.  Village  situé  à  1 1.  de  Sainl- 
Amand. — Manufacture  de  pcfeelaine.  MSne 
de  fer. 

SANCOINS.  Petite  ville  assez  mal  bâtie, 
située  agi.  x/4  de  Saini-Amand ,  sur  la 
route  du  î^lanc  au  Port^Bfomaj  c«  sur  le 
canai  du  Centre.  [2]  Pop.  a, 021  hab.  — 
Commerce  de  grains,  bois,  bestiatTX,  fHkttt 
de  première  qualité,  etc. 

SArLZAIS-LE-POTIER.  Village  situé 
à  31.  de  Saint-Amand.  Pop.  ^Qx'ïtab. 


ARRONDISSEMENT  DE  BkBCKKBB. 


Aftomr.  Petite  viHe  située  sur  la  ri^e 
gaudie  de  la  Steuldre  et  traversée  par  ta 
grande  route  de  Bourges  è  Paris,  è  10 1.  de 
Sancerre.  XiT  Pop.  i  ,a6i  hab.  On  y  remar- 
que un  beau  château  moderne,  bâti  au  bord 
du  vaHon  qiiMI  domine  par  se«  'terrasses. 

AUBIGNT.  Petite  ville  située  i  9  1.  de 
Smcerre.  S)  P<op.  ftt<69  ^^ 

Cette  ville  existait  au  XI*  siècle,  et  andt 
alors  des  seigneurs  particuliers,  qui  en  firent 
don  au  chapitre  de  Péglise  de  Saint-Maftin 
de  Tours  ;  elle  était  alors  défendue  par  un 
château  fort  considérable  et  par  de  hautes 
murailles  en^-lronnces  de  profonds  fossés; 


on  y  xyu^iait  quatre  portes  et  j^utaU  de 
iî^ubofir^.  Aubign^v  fut  donnée  eu  apana^ 
par  PlùUpife-le-Bel  à  Louis  de  france ,  et 
revint  à  la.  couroone  à  rexiinclion  du  la  fa- 
qtillc  de  œ  piinre.  Pendant  la  cAplivité  du 
rai  Jean,  ocUe  ville  fut  pri>e  et  biû)êt>  par 
les  Anglaûi;  proinpt«<Pcat  rétablie j  die  fut 
entièrement  dctruilc  en  i5ia,  par  un  in- 
cendie ^i  tt'Çpai^gna  qu'|ific^^HAe««ai«l»n. 
A  r^poque  dès  guerres  de  la  Ugim,  |^  duc 
de  la  (Châtre  assiégea  Aubiga^'i  mais  ^ 
habitants ,  encouragés  par  Teierople  de  Ca- 
flierine^Bafacac,  preuve  4 Vma«t«HRt,  4nc 
de  Lenox ,  firent  une  teHe  tésisi—cf ,  quHi 
keoMnngQimiM  à  lever l»«a9>.QM«6f«MMi 


s 

3 

H 
A 


▲Jl&OKDISSEMENT  X>E  SANCERRC. 


,  dé»  qii*dle  fut  inttniîte  du  dan- 
pr  qui  nenaçut  Aobigny,  se  jeta  dans  la 
phce,  prit  le  eommandement  des  troopes 
qui  la  défendaient,  et ,  par  ses  sages  dispo- 
ôlioos,  par  sa  conduite  héroïque,  se  montra 
la  dipie  ônule  des  plus  grands  capitaines. 

Ualgré  aei  fréquents  désastres  et  ses  re- 
eoutnictioDS  successives ,  Aubigny  'est  une 
^îDe  petite,  laide  et  mal  bâlie,  traversée  par 
la  I^èie  et  par  la  grande  route  de  Paris  à 
BooTges,  qui  n*a  de  remarquable  que  son 
anciea  cUleau.  Elle  faisait  autrefou  un  as- 
sei  grand  commerce  de  draperie,  qui  a  beau- 
eoop  diminué  de  son  importance. 

FmhnfuéM  de  draps  communs ,  drognets , 
aofn.  Grand  commerce  de  laine  blanche 
dile  de  Sologne.  Tannerie  importante.  Tein- 
—  HdieU  du  Lion  d'or,  dn  Boeuf 


Village  situé  à  3  1.  i/i  de 
Pop.  795  habw— Yerrerie  à  bou- 


BOUIXKBBT..  TiOage  situé  i  3  1.  x/i 
de  Sanecnc.  Fop.  i,5oo  hab.  On  y  remar- 
que un  joK  diAtean  nommé  le  Pezeau. 

CBAPBlXB-B*ANiaLLOH  (la).  Pe- 
tîle  ville  située  à  8  1.  de  Sancerre.  \y  Pop. 
706  hOi. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  la  petite  Sauldre 
et  ti avalée  par  la  grande  route  de  Paris  i 
Bourses.  On  j  remarque  les  restes  d'un  ché- 
teaa  gothique  qui  a  appartenu  à  Sully. 

CHATIGJIOIJB.  TiUage  situé  près  de 
Sancerre ,  dans  un  territoire  fertile  en  vins 
ranges  trè»-rcnommés. 


■ERBIcnBHORT.  Jolie  petite  ville, 
à  6  L  1/4  de  Sancerre.  SI  Popola- 
lian ,  a,973  hab. 

Henrichemont  était  autrefois  le  chef-lieu 
^nne  principauté  appartenant  à  la  maison 
d'Albrei,  qui  dans  k  XV«  siècle  se  nommait 
Boisbelle.  Les  sires  d*Albret  avaient  Thabi- 
mde  de  dire  qu'ils  ne  tenaient  leur  souve- 
niaelé  de  Boisbelle  que  de  Dieu  et  de  leur 
épée;  ib  avaient  tous  les  droîU  royaux  et 
"  *  battre  monnaie  en  leur  nom  et  à 
Egie  :  privilèges  qui  avaient  été  con* 
par  Henri  IT,  par  Louis  XIII»  et 


lé 
par  Louis  XIY.  Cette  principauté 
passa  par  mariage  de  la  maison  de  Sully 
dans  celle  d'AIbret  ;  Maximilien  deBéthune, 
duc  de  Sully  y  la  racheta  en  1597,  et  elle 
resta  dans  sa  maison  jusqu'à  sa  réunion  dé- 
finitive à  la  couronne  de  France,  en  1769. 
Ce  fut  Sully  qui  fit  bétir  la  Irille  dUenriche- 
mont  et  lui  donna  ce  nom  en  llionoeiiT  de 
Henri  IV.  Le  territoire  de  la  principauté 
dUenrichemont  avait  environ  11  lieues  de 
circonférence. 

Henrichemont  est  une  petite  ville  jolie  « 
régulière  et  bien  bâtie.  Au  milieu  est  une 
vaste  place  entourée  de  bâtiments  uniformes^ 
où  aboutissent  les  quatre  principales  rues 
de  la  riDe.  Presque  toutes  les  maisons  sont 
en  briques  et  d'un  aspect  agréable. 

FahrUjues  de  draps  communs.  Tannerie. 
—  Commerce  considérable  de  laine. 

DÉRÉ.  Joli  bonrg  situé  près  de  la  rive 
gauche  de  la  Loire,  à  4  L  1/9  de  Sancerre. 
Pop.  1,373  halK 

PRÉinr.  Tilbige  situé  i  7  L  1/4  de  San- 
cerre. Pop.  554  b.  —  Forges  et  hauts  fbur- 


'  SAM CBB6ITB.  Bourg  situé  sur  la  route 
de  Bourges  à  la  Charité,  à  5  L  i/a  de  San- 
cerre. Pop.  8a  I  hab. 

SAHCSR&B.  Petite  ville  très-ancienne; 
Chef-lieu  de  sons-prèfectnre.  Tribunal  de 
piremière  instance.  Société  d'agriculture. 
Collège  communal.  Si  Pop.  3,o3a  hab. 

Suivant  quelques  auteurs,  Saneerre  aurait 
été  bétie  par  César ,  et  Tuné  de  «es  portes  a 
même  reçu  le  nom  de  ce  conquérant  :  h 
tradition  rapporte  que  César ,  pendant  le 
siège  de  Bourges  et  la  guerre  des  Komains 
contt«  Tereingétorix ,  se  serait  i  différenles 
fois  r^iré  sur  k  montagne  où  existe  main- 
tenant Sancerre,  et  y  aurait  fait  élever  un 
temple  dédié  à  Cérès.  Cette  origine  est  cer- 
tainement fort  glorieuse,  mais  elle  nous  pa- 
rait loin  d'être  certaine;  il  parait  plus  croya- 
ble que  h  fondation  de  Sancerre  n'est  pas 
antérieure  à  Chariemagne,  qui  bi  peupU  de 
Saxons.  Cette  rille  eut,  dès  le  Xm*  siède, 
le  titre  de  comté;  elle  passa  de  la  maison  de 
Champagne  dans  celle  de  Gennont*  en  i4o5, 
par  le  mariage  de  Marguerite,  saule  héri- 


16 

tière  de  Jean,  comte  de  Sancerre.  £u  x436, 
une  auire  Marguerite  rapporta  danê  la  maî- 
fon  de  Beuil  ;  enfin,  en  i6i4«  elle  devint  la 
propriété  de  Henri  de  Bourbon,  prince  de 
Xondé,  et  elle  est  restée  la  propriété  de  cette 
maison  jusqu'en  1789.  Sancerre  a  été  long- 
temps une  des  forteresses  principales  des 
calvinistes.  Elle  soutint  plusieurs  sièges  :  le 
plus  mémorable  est  celui  de  1578.  Les  as- 
siégés firent  une  si  grande  résistance  que  l'on 
dut  convertir  le  siège  en  blocus  et  chercher 
à  les  affamer  ;  la  famine  y  devint  telle ,  en 
effet  f  qu'après  avoir  épuisé  les  provisions , 
les  plus  immondes,  les  habitants  en  vinrent 
à  se  nourrir  de  cbair  humaine.  En  i5ai , 
Sancerre  fut  pris  par  le  prince  de  Condé  ; 
ses  fortifications  furent  alors  détruites  et  ses 
murailles  rasées.  Toutes  les  paroisses  voisi- 
nes et  toutes  les  viDes  du  Berri  envoyèrent 
des  Mniefs  pour  t^av•iUal*  a  m  dènolition; 
Bourges  seule  ett  fournit  treize  ceata.  £a 
1796,  Sancerre  fut  le  thèàlra  d'une  ÎMur- 
rection  royaliste ,  à  la  tète  de  laquelle  se 
trouvait  ^helippeaux ,  qui  depuis  défendit , 
malheureusement  avtx:  tant  de  sticrès.  Saint- 
Jean-d'Acre  contre  le  général  Bonaparte. 
Cette  iasHrreoCioii  fut    mnmuftemntmt  ré- 


DÉPARTEMENT  DU  CHER. 


Cette  ville  est  dans  une  situation  pitto- 
vesqae,  sur  une  moatagni  dont  les  flancs 
aottt  ooovëru  et  vignes  qni  daÉnent  «TasMz 
bons  vins.  Elle  est  généraleoient  mal  bètie, 
formée  de  mes  mal  peroéea,  très-rapides  tt 
pour  la  plnpirt  impntieablet  aua  voitures. 
Toatefeis,  la  vittt  s*est  beanooup  embeUîe 
depuis  qudques  années;  une  bette  prome- 
nade, qu'on  nomme  des  Remparts,  a  rem- 
plaoè  ses  anciennes  Ibrtiûcatiooa;  elle  ren- 
fiinne  trois  places  princ^es,  une  foninioc, 
un  oottéga«  im  hôpital  et  plusienra  ^lises 
de  «onUrudion  gothique. 


De  différente  endroits  de  cett 
tamment  de  Fesplanade  et  de 
César ,  on  jouit  d'une  vue  maa 
suit  avec  plaisir,  au  milieu  d'm 
fertile  vallée,  et  dans  un  espace  3 
L'eues,  le  cours  sinueux  de  ^  L^ 
un  instant  sur  les  nombreu 
ornent  ses  l)ords ,  et  après  av 
l'horizon  immense  qui  se  dév 
lui,  vient  se  reposer  avec 
diarmants  coteaux  de  vignes  et  i 
vallons  du  Sancerroîs. 

Patrie  du  connétable  Louis  da'. 
du  maréchal  Macdonald,  duc  de^ 

FMrit/ties  de  bonnetHiA.  TMl 
CôtiÊtiteteê  de  grains ,  vins  itragei ^ 
noix,  bestiaux,  laines,  marbre  éd 
«ftviromantes. 

A  zi  1.  de  Bourges,  49  1.  del 

ttATim  (SAIHT*).  Bourf  sitnêi 
territoire  fertile  en  vins,  sm*  la  riva 
de  la  Loire,  i  x  1.  i/s  dn  Saneag 
1,700  hab.  —  Tannerie. 

De  cette  commune,  autrefois  aiéf 
riche  et  antique  abbaye,  dépend  le  | 
Saint-Thibault»  oà  l'on  etifcmyid 
Loire  tous  les  vins  qu^on  exporte  É 
oerrois;  ce  port  sert  aussi  d'entNfl 
objets  d'edipofftatioa  d»  tant  Vmrûk 


VAILLY.  Bourg  situé  à  5  1.  3^  dlf 
ccrrâ.  Pop.  600  hab. 

TTOT-tC-PR^.  Bourg  situé  près  « 
rive  droite  de  la  petite  Sauldre,  à  7 1 
.  de  Sancerre.  Pop.  a,666  hab.  — Haut  I 
neau.  Forges.  Fonderie  da  première  4 
deuxième  fusion  de  pièces  pom*  macbâM 
vapeur,  laminoirs,  mouliaa  à  Met  F^ 
bydmtiliques  ele. 


ttn  t»tT  iirp.\aT»Mii«T  or  t.ttt^. 


UfpniJtBna '»B  viwmim  du>ov  aaAaWi 

ftVB   JACOB»    ■*    M* 


1 
à. 


^AJiQKNMf 


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3 

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S 
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4  i/». 


3  i/a. 
4.V 


16 

tière  de 
une  auti 
son  de  ] 
proprié) 
^Gondé, 
maispn, 
temps    I 

plus  nné 
sièges  it 
dutcoilj 
i  les  a€ 
effet,  ^ 
les  pluA 
à  se  ao« 
Sancerr 
ses  fort 
murai  il 
aes  et  I 
dessti^ 
Bourg* 

rection 
trouvai 
mulheii 
Jean-dP 
Celte  i 
primée 

Getti 


êottt  ce 
Idods^ 
formée 
pour  li 
l^oleQ 
depuis' 
mMie, 

pl«9è4 

fÊmei 
ancoU 
de  «ou 


PAWOBAMA 

PTTTOiiSSQUS 

DE  LA  FRANCE. 

ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TBATEBSANT  LES  DÉPA&TEMENTS 

S  OBliS-BT-OUB  ,    OU   LOIBST,    DU   Cmm ,  DB   l'iNORB,    DB    LA   CBBtSB 
•B  MJk  ■AUTB-VIBim^  DB  LA    GOBBEZB,   DU  LOT,  DB  TABN-BT-GABOUrNB, 
m    LA   HAUTB-OABOFIlfB ,    BT    COMMUlflGATIOFI  «A¥BC    LB  DÉPA&TBHBNT 
DE  L^ABIÉGB. 

^ 

DÉPARTEMENT  DE  L  INDRE, 


2tinixa\xt  it  parie  à  "ionlon^e^ 

PAB   MOBTrAftOU,   BOUBOIS ,   UMOOtS ,   TULLB    ST  MOSTAUBAV ,    183  LICUia. 


DrfMHà  Hogent'Mir-Vcniiai 

àtCkmmàtirj) B 

QStm BI 

Aifart 

U  Oapdle-^'AagiUoD. . . . 


SMot-PlorMC. 
CWoM 


HcvTy-Pafllonx. 
Cldteaaroax. . . . 


..EJ....V. 
^Qf. 

.^or. 

xy. 


ArscBioa. 


i«  Ville-aa-Bnin. 
Mttrtcrol 


•xy. 
.xy. 

•KT. 


8S 
6 

t'^ 

8 

4  ./. 
8  i/a 

3 
3 

3  t/i 

S 

3 
6 

4 
4 


Pierre-BafB«rr«. X3f . . 

Mafnac xy. . 

Masseré X^- . 

Uaercke Xy., 

Saint-Pardoux. .  : xy. , 


BriTM. . 


Sooillaç 

Pajrac 

Pont-de-Radat.. 

P4U007 

Gabon 

La  MaddeiM. . . 
Gamaade 


..xy.. 
..xy.. 
..xy.. 


Grisolle! . . . 
SaioVJory. 


.xy.. 

•vr.. 


^ommuiitcattiDtt  ht  %cn{oMt  h  Éùlt,  19  1.  1/2. 


OeTaalM 


I»  Viûen..... 


6  i/a 


Painiai 
Fois.. 


3 
3 
3 

a./a 

♦./. 

8 
8 
6 

4 
6 
•  6  Va 

6  i/a 

4 

6  i/a 
6 

a 

4  II». 


V..     4  i/i^ 


â&*  Uçrmison,  (I11AR4.) 


&^. 


DÉPARTEMENT  DE  LWDRE. 


la^BjCT  DU  PATS  QUE  ]»ARGOITi(T  LE,  VOTACEirm 

DE    CBABOn    A   AODmf. 

Oh  travene  rAnion  à  Charost  sur  an  pont  de  pierre,  et  Ton  passe,  au-dessous  de  eelle 
▼ille^  du  département  de  llndre  dans  celui  du  Cher.  On  entre  ensuite  dans  nne  grande 
plaine,  que  l'oo  traverse  en  ligne  droite  jusqu'à  Issoudon,  vîHo  agrsabkaent  ailnée  aa 
bord  du  Théols,  que  Ton  y  passe  sur  trois  ponts.  Au  sortir  de  celte  Tille,  la  route  eoo- 
tinuë  i  se  diriger  en  ligne  directe,  i  travers  une  plaine  plate  et  monotone  qui  se  prôlongs 
jasqu*à  Châteaurour,  un  peu  au-dessus  duquel  on  rejoint  la  route  de  Paris  à  Toukwsé 
par  Orléans, 

En  sortant  de  ChAteauroux,  se  présente  une  plaitae  plantée  de  vignes,  qui  olfre, 
pendant  Tespaoe  d'une  derai-lîeue,  iin  aspect  agréable.  On  rencontre  ensnte  quelques 
bouquets  de  bois,  auxquels  succèdent  environ  deux  lieues  de  landes.  La  sauvage  wagao- 
tonie  de  cette  contrée  vient  expirer  au  petit  vallon  de  la  Bouzanne,  où  Ton  traverse  la 
rivière  d(e  ce  nom  sur  un  beau  pont  en  pierres  de  taille;  des  coHines  calcaires  et  des  igno- 
bles bordent  le  refle  de  la  route  jusqu'à  Argenton,  petite  ville  formée  de  mes  étroiies  et 
tortueuses ,  où  Ton  remarque  une  jolie  promenade.  On  traverse  la  Creuse  d^ns  le  &oboorg 
de  cette  ville,  puis  on  se  dirige  sur  Celon,  village  situé  dans  une  belle  vallée  ou  Yen 
remarque  un  vieux  château.  On  franchit  ensuite  une  longue  colline,  et  Ton  parcourt  me 
contrée  boisée ,  agréable  et  variée ,  en  passant  par  les  hameaux  du  Fay,  de  Clidier ,  de 
TAumone  et  de  Rodes,  où  Ton  voit  un  château  précédé  de  belles  avenues.  Après  ce  der- 
nier hameau ,  la  route  parcourt  pendant  une  lieue  TextréDiké  nord-ouest  do  départeoiail 
de  la  Creuse,  e^  entre  à  Boismandé  dans  le  département  de  la  Haute-Tienne.  " 


DÉPARTEMENT  DE  L'INDRE. 


A»BRÇV   STATISTIQUE. 

La  département  de  Tlndre  est  formé  du  d-devant  Bas-Berri  et  tire  son  nom  de  k 
rivière  d'Indre  qui  le  traverse  do  sud-est  an  nord-ouest ,  et  le  divise  en  deux  parties  s 
peu  près  égales.  —  Ses  limites  sonl  :  au  nord,  le  département  de  Loir-et-Cbcr;  k  I^est, 
celui  du  Cher;  au  sud,  ceux  de  la  Creuse  et  de  la  Haute-Tienne;  à  Touest,  ceux  de  Is 
Tienne  et  dTndre-et-Loire. 

La  surface  de  ce  département  est  généralement  très-u|iie  et  n'offre  aucune  montagne 
proprement  dite.  Cependant,  à  partir  de  Saint-Benoit-du^Saut  cominenee  une  diaine  de 
montagnes  primitives  schisteuses  et  granitiques,  qui  se  prolonge  dans  la  partie  méri- 
dionale du  département  de  la  Haute-Tienne  ;  les  coteaux  qui  bordent  la  Creuse  et  ITndrr 
présentent  aussi  quelque  élévation;  et  Tarrondissement  do  Blanc  offre  par  intervalles 
quelques  monticules,  d-où  Taeil  se  repose  avec  plaisir  snr  quelques  sites  haiireox,  sur 
quelques  points  pittoresques.  ïje  territoire  oflre  trois  divisions  principales  et  distinctes  : 
U  première,  connue  sous  le  nom  de  Bois-Chaud,  est  entrecoupée  par  des  balea,  des 
fossés  et  des  bois  :  cette  partie,  divisée  en  petites  exploitations,  forme  environ  les  sept 
dixièmes  de  la  superficie  du  département,  et  comprend  le  tiers  de  Farrondisaeraent 
4*lssoud«n,  une  grande  partie  de  celui  de  Cbftteauroox,  et  les  acrondissen^ents  de  Is 


CM*  «t  4»  Mw^  )(|L«fie9P4e  partie,  défôg^  «ous  le  nom  de  ChmmSf^  «*t  wi  paiy^ 
plat,  saoà  bois 9  sans  baies,  sans  fossés  :  cette  partie,  qui  fonpe  ]&  daux  di;uèines  du 
département,  est  divisée  en  g^randes  exploitations;  elle  comprend  les  deux  tiers  de  Varron- 
dissement  dlsscnidun  et  une  petite  partie  de  cdui  de  Cbàteauroui  :  le  Bma-Chand  et  la 
rbampiigiff  aaiot  deii^  pnjs  où  tout  e^t  différent,  température,  mœurs,  agriculture  et 
productioBs.  La  troisième  partie,  connue  sous  le  nom  de  Brenne,  et  qui  comprend  une 
fûble  portion  de  rarrondiûeinent  de  Cbâteauroux  et  partie  de  celui  du  Blanc,  est  cou- 
Tcne  d'étangs  fga^  occupent  une  surface  de  x 0,000  arpents,  sans  compter  plus  de  x,ooo  ar- 
pents de  marais.  La  Brenne  est  une  espèce  de  plateau  presque  sans  inclinaison ,  dont  le 
fond  y  ionné  4*argile ,  de  marne  ou  de  tuf  glaiseux ,  est  presque  imperméable  ;  les  eaux  y 
séjoamepl  tant  c|ae  Tactioa  paissante  du  soleil  n'a  pas  déterminé  leur  entière  évapora- 
lioa.  .Qes  étangs ,  ayant  une  surface  considérable  et  très-peu  de  profondeur ,  couvrent  et 
abandonaBot  alleniatiTement  les  rives  plates  de  leurs  bassins  ;  les  dépôts  qu^y  laissent  les 
eaux  en  «e  retirant  produisent,  par  leur  fermentation,  des  exbalaisons  pestilentielles, 
qui  produisent  les  plus  funestes  effets  sur  tous  les  êtres  animés  de  cette  contrée  ;  chaque 
jour,  au  couder  ou  au  lever  du  soleil,  l'atmosphère  est  chargée  de  brouillards  épais  qui 
f^paadfrtt  une  odeur  ptttilentieHe.  —  Le  soi ,  en  ipénéral  sablonneux  «t  gmvflkuz ,  est 
CipendaBt  très-propice  à  la  culture  des  céréales ,  et  le  département  produit  plus  de  gnJos 
qn^il  ne  hii  en  faut  pour  sa  consommation;  les  coteaux  fournissent  des  pins  plus  ou 
moins  agréables  ;  les  prairies  ne  sont  pas  a^sez  considérables  pour  faire  des  pAturages , 
mais  le  foin  qu'elles  donnent  est  de  bonne  qualité  et  suffit  pour  la  nourriture  des  bestiaux 
de  toute  espèce  que  l'on  entretient  Thiver  à  Tétable.  Les  bétes  à  laine  sont  d'un  grand 
rapport  et  une  source  principale  de  richesse  pour  le  cultivateur,  qui  se  livre  encore  à 
rédocation  de  la  volaille,  principalement  des  dindons  et  des  oies. 

Le  dimat  de  Tlndre  est  en  généhil  assez  doux  et  tempéré  ;  rarement  le  froid  y  est-il 
âpre  et  la  chaleur  bHUante.  Toutefois  la  température  varie  d\ine  manière  extrêmement 
sensible  dans  les  divers  arrondissements  ;  le  maximum  de  chaleur  varie  de  aa  à  26**  R. , 
et  cdni  dn  froid  de  8  à  10^.  L'époque  de  la  végétation  commence  en  mars  ;  celle  de  la 
floraison  à  la  fin  d'avril  ;  celle  de  la  maturité  des  premiers  fruits  en  juin.  Cependant  une 
partie  de  rarrondissement  dn  Blanc ,  et  surtout  les  environs  de  cette  ville ,  sont  plus  pré- 
coces que  le  reste  du  déparlement;  la  végétation ,  la  floraison,  la  maturité  et  les  récolles 
y  devancent  prescpie  toujours  celles  des  autres  arrondissements.  En  général ,  on  fauche 
le  foin  vers  la  mi-juin  ;  on  commence  la  récolte  du  blé  en  juillet,  et  celle  des  menus  grains 
en  aodt  ;  on  fidt  les  vendanges  dans  le  commencement  d'oetobre.  —  Les  Tents  les  plus 
dominants  sont  ceux  du  nord-ouest ,  du  sud-ouest  et  du  nord-est  ;  ils  soufflent  les  trois 
quarts  de  Vannée  et  dans  toutes  les  saisons;  mais  celui  du  nord-ouest  est  le  plus  constant 
et  règne  le  plus  long-temps.  Ce  vent,  connu  dans  le  pays  sous  le  nom  de  gaUme,  est 
très^funeste  à  l'agriculture  ;  les  froids  aigus  qu'il  apporte  dépouâlent  subitement  les  c|un- 
pagnes  et  enlèvent  aux  cultivateurs  l'espoir  de  leurs  récoltes.  ^^ 

I«  déymUwwnl  de  l'Iadi»  a  pour  cbef-lien  Chftteauroux.  H  est  divisé  en  4  arrondisse- 
■nu  et  en  a3  camons,  rfnfrwnant  a5o  ccmmunes.  —  Supeiiicie,  35fi  licnas  cairéeft.  — 
KipuUKkMi ,  «45,94(9  habitants. 

UinRAjupai^.  Nombreyies  mines  de  fer  en  giains  et  en  roches,  qui  produisent  de  la 
Ibote  douce  d'exceMenle  qualité.  Carrières  de  marbre  taché  de  rouge  et  de  veiney  blanches^ 
très-dur  et  susceptible  d'un  poli  vif  et  brillant,  à  Giroux;  de  grès  au  Levroux;  de  piemes 
9^e«lières  à  ^eceA,  ^ni-Martin,  PouligAy,  Lignac;  de  pierres  calcaires  dans  un  grand 
ttuabre  de  communes;  de  mica,  employé  en  poussière  pour  sécher  le  papier,  «Cusiiony  è 
Oampiene,  au  Pin;  de  ^ilex,  dont  on  £»it  des  pierres  à  fusil,  à  Poulaine,  à  Ati^ouin  et  à 
lj^;.4e  iMeir^  berl?ori«ées  qui  présentent  des  dessins  curieux  et  variés  d'u9e  %UBtatà 
^i^^^iPf  .«eyiraP*/^  Ol^àteauroux;  de  pierre  liAbagrupbiqite  tiîèsiMtimfe,  à  CMlmn 


»  vifjoiTWMun  DE  vmsmL 

l6l  et  fMUi  kmttmasi^  eélèbre  par  se»  ri-  catioiu  au 
chcMCi  et  par  le  goût  de  an  religieux  pour 
ka  dboaes  mondaines.  Après  k  fondation 
de  Gbâteauroux  par  Raoul  ou  Radulpbe  le 
Uvge*  k  cUteau  de  Déols  fut  abaudonné 
aux  moines  de  Tabbaye,  qui  le  eonservèrent 
jusqu'en  i^aS,  époque  où  Henri  de  Bour- 
bon ,  prinee  de  Coudé  »  obtint  du  pape  Gré- 
goire XY  la  suppression  entière  du  couvent 
et  de  Tabbaye  de  Déols  /  dont  les  droit»  et 
les  biens  lurent  rénms  par  Louis  xm  au 
duefaé  de  Châteauroux.  Pv  suite  de  cette 
suppression,  le  monastère,  que  Ton  nommait 
Monasteriwn  Dohiue,  Bourg-Déols,  et  plus 
communément  Bouif-Dieu ,  fut  anéanti. 

L'église  de  Déols,  qui  dépendait  de  Tan- 
cienne  abbaye,  renfemie  le  tombeau  d'Sude, 
fils  de  Léocalde,  qui  vivait,  dit-on,  au  III* 
siècle.  Ce'  tombeau,  placé  dans  une  espèce 
de  caveau  et  en  grande  vénération  dans  le 
pays ,  est  de  marbre  blanc  et  divisé  en  deux 
parties;  l'une ,  posée  sur  deui  pierres  gro»- 
sièremcnt  taillées,  forme  la  bière,  Tautre 
est  le  converde.  Les  deux  c^tés  de  la  bière 
ayant  été  dégradés,  on  aperçoit  facilement 
dans  rintérieur.quelques  ossements  et  des  sa- 
cbeis  que  les  crédules  habitants  du  pays  y 
lettent  pour  obtenir  la  giiérison  de  la  fièvre; 
la  fiuse  antérieure  est  décorée  d*un  bas>re> 
lief  représentant  une  chasse  au  tigre  et  des 
personnages  têtus  de  timiques,  sujet  qui 
n^a  ancim  rapport  avec  le  personnage  qu'on 
dit  enseveli  dans  cette  tombe.  Sur  le  cou- 
vercle figurent  des  anges,  parmi  lesquels 
on  en  distingue  quatre  portant  une  (ablette 
destinée  à  recevoir  une  inscription. 

^    BUZAlf  ÇAIS.  FeKte  vilte  située  é  5 1. 3/4 
de  ChAtéaiiroux.  ^KiT.  Pop.  4*4 16  bab. 

Buzançais  était  autrefob  défendu  pao*  un 
château:  fart  trèa-coteidérablef  dont  il  ne 
reete  pins  que  queiqaes  vestiges.  Pendant  la 
guerre  qui  avait  lieu  entre  l'Angleterre  et 
la  France,  cette  place  ayant  été  rendue  à 
Henri  H ,  roi  d'Angleterre ,  Philippe-Auguste 
s'en  empara  en  1x73  au  nom  de  Louis  TII 
son  père<  Les  Anglais ,  appelés  en  France 
par  des  princes  aases  «veuglés  par  l'e^uit 
de  parti  pour  invoquer  les  secours  de  l'é- 
tranger, lorsque  le  royaume  était  divisé  par 
les  Armagnacs  et  les  Bourguignons,  bràlè- 
et  dénraUrem  ses  fortifi- 


du  XT*sièek« 
Cette  ville  est  fort  agréablement  située  s« 
un  coteau  qui  s'élève  sur  la  rive  droite  de 
rindre,  que  l'on  y  passe  sur  cinq  ponts.  Les 
mes  en  sont  étroites,  sombres  el  mal  per- 
cées; les  maisons,  en  général ,  fort  oial 
bâties;  mais  les  alentours  sont  délicieux. 

Fabriques  de  grosse  draperie.  Filature  de 
laine.  1*1  ombreux  et  beaux  moulins  à  farines, 
dont  un,  entre  autres,  mérite  particulièrement 
de  fixer  l'attention.  —  Aux  environs  (à  Bon- 
neau),  forges  et  fenderie.  —  Commerce  de 
sangsues.  —  Jlotel  de  la  Tête  noire. 

CHAMBOlf .  Tillage  situé  i  3  ].  3/4  de 
Châleauroux.  Pop.  358  hab.  On  remarqae 
sur  son  territoire  les  traces  d'un  camp  ro- 
main. 

CHATBAmoUX.  "Ville  ancienne.  Chef • 
lieu  du  départettem.  Tribanaux  de  ptcmifete 
instance  et  de  conUnerce.  Chambre  con«l- 
tative  des  manu/nCtures.  Société  d'agrical- 
tore ,  sciences  et  arts.  Collège  comnuuiaL 
(SVy.  Pop.  11,5^7  hab* 

Châteauroux  doit  son  nom  el  son  otigiiiK 
à  un  château  qu'y  fit  bfttir  en  gSo  Raoul  )t 
Large ,  descendant  du  fondatecn*  èe  k  vîUa 
de  DiM)!^.  Des  maisons  se  grotipéreat  au- 
tour de  ce  château ,  et  fermèrêiit  dau  le 
cours  du  XI*  siècle  une  vHle  qui  prit  le  mm 
de  Castrtan  Kodolphi ,  ckâtean  de  Raoul , 
d'où  est  venn  le  nom  moderne  de  Château 
roux.  Philippe-Auguste  conquit  cette  viHe 
ainsi  qu'Issoudun,  et  les  réunit  «u  Berri 
Toutefois  elle  fut  long-tei|q>s  peu  oonsidén^ 
ble ,  et  ne  prit  quelque  aocroiaaeneot  qnV 
près  avoir  été  érigée  par  Loms  XIII  eo 
duché-pairie,  en  faveur  dea  deaœadaAts  de 
Henri  II  de  Bourbon ,  prince  de  Goodé. 
Charles  de  Bourbon^  comte  de  deraiont, 
vendit  ce  duché  à  Louis  XY ,  qui  en  fit  don 
à  une  de  ses  maîtresses ,  à  la  mort  de  la- 
quelle il  rentra  dans  le  doawine  de  b  cou- 


Getle  ville  est  située  sur  une  colline  et 
sur  un  terrain  légèrement  ooduleux ,  au  mi 
lieu  d'une  belle  et  vaste  phiine ,  près  de  b 
rive  gauche  de  l'Indre,  qui  y  arrose  d'im- 
menses prairies.  Elle  est  entourée  de  pro- 
menades agréables  et  bien  plantées,  génér»* 


. 


i 


î 


f 

s 


nal  bAtie,  mal  percée ,  et  surtout 
Irès-mal  pa^ée;  la  plupart  de  ses  maisons 
soDl  anôeniH»^ ,  petites ,  irrégulières  et  som- 
hnsi  les  pUoes  publiques  sont  petites  et  sans 
symétrie.  Cependant  on  remarque  extérieu- 
rement plusieurs  belles  constructions  qui 
teodent  encore  à  se  multiplier ,  en  raison 
^  Textension  journalière  du  commerce  et 
des  manufactures. 

Le  ^■**a>*««  cfui  a  donné  naissance  à  la 
«aie  r*^****  encore  dans  on  bon  état  de  cou- 
servaden.  Il  est  életé  sur  une  colline  au 
bord  de  Tludre  et  flanqué  de  tourelles  d'une 
hauteur  coivldérable ,  mais  d'un  effet  plus 
attrtsiaiil  <iue  pittoresque.  Cet  ancien  édifice, 
d*où  Fou  jouit  d'une  fort  belle  vue  sur  la 
«allée  de  llndie  yjsert  aujourd'hui  dlidtel- 
de*Y9e. 

On  remarque  encore  à  ChÉteauraux  Thé- 
tel  de  la  préfecture ,  vaste  et  beau  bAtiment 
.  construit  en  i8ii5  à  peu  de  distance  dii 
cbiteau  ;  la  nouvelle  sAû  de  spectacle ,  qui 
est  aussi  une  tonsfroctioû  moderne;  féglise 
gptbîque  de  Saint-LandrjT ,  où  l'on  voit  les 
tombeaux  des  chevaliers  de  lâTour-tandry  ; 
révise  Saint-Martio ,  qui  renferme  la  toml>e 
d'une  princesse  de  Conâé  ;  là  bibliothèque 
publique  ;  le  palais  de  jUsiice  ;  le  jardin  pu- 
blic ;  les  promenades  qui  entourent  ta  ville 
et  oeOes  qui  bordent  le  cours  de  l'Indre  » 
etc.,  etc.,  etc. 

Ckiteauroux    est  la  patrie  de  l'évèque 

Otbon,  qui  accompagna  saint  Louis  dans  ses 

croisades.  Cest  aussi  le  lieu  de  naissance  du 

génénl  Bertrand ,  oonnu  du  monde  entier 

par  sou  détouemeni  et  son  noble  caractère. 

Dès  sa  teodresse  jeunesse,  au  sortir  de  ses 

fnadffl ,  il  ftullit  étie  tué  en  se  jetant  vo- 

lûotairemeut  dans  un  bataillon  qui  volait 

au  Mttuùis  de  Louis  XVI  daaa  la  fameuse 

îawttée  du  xo  ao6t  Entré  dans  l'armée ,  i| 

y  aerfit  dans  divers  grades,  et  fut  plus  tard 

de  l'etpédilion  d^pte»  où  il  fut  remarqué 

dn  géaéfsi  cn  chef  qm,  babUe  appréciatev 

dnmèritej  sût  k  distinguer  d'uM  manière 

pmlkullèie, De  retour  de eette expédition» 

et  employé  dans  les  aimées  actives,  le  gé< 

nfci^  Bertrand  sa  couvrit  de  gloire  dans 

]a«ie«n  bUaBles»  et  déviait  aide-de-camp 

ée  l'cmpeceVf  qui  ^  à  fe  asort  de  Doroci 

lu  amaia  frtild-flrittéfiM  de  md  palais^ 


DB  CBÀTUlVKOXTL.  7 

choix  qui  fut  universellement  appirouvék 
Dans  cette  éminenie  place ,  le  général  Ber- 
irand  contimia  d'exercer  sa  noble  profession» 
et  cueillit  de  nouveaux  lauriers.  Après  avoir 
partagé  les  faits  d'armes  et  la  fortune  de 
Napoléon ,  il  ne  voulut  pas  le  quitter  dans 
sa  disgrâce,  et  l'accompagna  à  l'ile  d'Elbe, 
d'où  il  reparut  avec  lui  en  France  et  par- 
tagea ses  derniers  désastres.  Toujours  plus 
dévoué  et  plus  fidèle  à  mesure  que  la  for- 
tune lui  était  plus  contraire ,  il  ne  l'aban- 
donna point  dans  la  plus  triste  période  de 
sa  vie.  Il  quitta  sa  patrie ,  les  liens  les  plus 
chers,  ses  parents,  une  mère  désolée,  et 
s'exila  volontairement  :  il  suivit  dans  le  mal- 
heur celui  auquel  il  s'était  attaché  lorsque 
la  fortune  le  comblait  de  ses  faveurs;  et  il 
ne  quitta  le  roc  brûlant  de  Sainte -Hélène 
que  lorsqu'il  eut  rendu  a  la  terre  la  dépouille 
mortelle  de  celai  qui  fit  trembler  le  monde 
et  mourut  prisonnier.  Kendu  k  la  liberté, 
à  la  France,  il  retourna  dans  sa  patrie,  et 
fiit  reçu  par  ses  compatriotes  avec  l'intérêt 
et  avec  les  acclamations  qu'inspirent  son 
noble  caractère  et  son,  dévouement  hono- 
rable. 

Fabriques  de  draps  de  diverses  qualités  ^ 
de  bonneterie  en  coton.  Filatures  de  Uine; 
teintureries;  tuileries;  papeteries;  parche- 
mineries;  tanneries  et  corroieries. — Parc^de 
construction  et  d'équipages.  —  Commerce 
considérable  de  grains,  fors^  laines^  volail- 
les, bestiaux,  moutons,  etc. 

A  14  1.  de  Boulhges,  6f>  1.  de  Paris.  — 
Mdteis  du  Dauphin,  de  la  Promenade,  de 
Sainte-Catherine. 

CHATILLON-SUBrlNDRE.  Petite  ville 
ancienne ,  située  près  de  la  rive  gauche  de 
l'Indre,  à  ix  1.  de  Ch&teauroux.  ^^or. 
Pop.  3,339  hab. 

ChatiUoa  était  jadis  une  place  forte  située 
sur  les  frontières  duBerri,ce  qui  en  rendait 
la  possession  importante.  Cette  ville  est  dans 
une  situation  agréable,  sur  une  éminence 
que  couronnent  les  ruines  d'un  ancien  chAc 
teau  fort ,  près  de  la  rive  gauche  de  l'Indra 
Elle  est  entourée  d'une  promenade  diar- 
mante,  traversée  par  une  longue  rue  qui 
donne  passage  à  la  grande  route  de  Tour» 


8  DÉPARTEMEÎSrr 

à  Cbâteauroiix ,  et  possède  une  assez  jolie 
place  publique  ,  d'où  Ton  aperçoit  *  une 
belle  échappée  de  vue.  Les  ruines  du  châ- 
teau sont  vastes ,  pittoresques  et  fort  curieu- 
ses; au  milieu  de  leurs  énormes  pans  de 
murailles  délabrées,  s'élève  sur  un  mame- 
lon de  roc  une  tour  de  forme  ronde,  de  80 
pieds  de  diamètre  et  d'environ  3o  pieds 
de  haut ,  qui  supporte  une  autre  tour  d'un 
iliamètre  moitié  moindre,  mais  de  60  pieds 
de  haut.  Les  murs  ont  de  dix  à  douze  pieds 
d'épaisseur.  Ces  deux  espèces  de  cylindres 
sont  entourés  et  à  demi  encombrés  de  dé- 
bris informes.  La  singulière  construction  de 
ces  tours ,  leur  bizarre  agglomération ,  leur 
grande  masse,  les  vertes  draperies  de  lierre 
qui  couvrent  leurs  ruines,  offrent  l'aspect  le . 
plus  pittoresque.  De  leur  sommet  on  jouit 
d'une  fort  belle  vue  sur  les  bords  de  l'Indixî 
et  sur  le  bourg  de  Palluau  que  couronnent 
les  restes  d'un  manoir  gothique.  —  Fabri- 
ques d'étoffes  communes. 

CLAVIÈRES.  Tillage  situé  sur  la  roule 
de  Tours  à  Clermont.  —  Forges  importantes, 
martinets,  fenderies,  alimentés  par  trois 
hauts  fourneaux. 

^CUEILLIE.  Bourg  situé  à  7  1.  i/a  de 
Cliâteauroux.  Pop.  1,1 5i  liab.  —  Commerce 
de  grains ,  laines ,  fers  et  bestiaux. 

LBVROITX.  Petite  et  très-ancienne  ville 
située  dans  une  plaine,  sur  le  Nahon,  à  5  1. 
de  Cbàteauroux.  ^  Pop.  3,o5S  hab. 

Celte  ville ,  dont  le  nom  primitif  est  Ga- 
batttm^  existait  sous  les  Romains,  qui  l'or- 
nèrent d'un  amphithéâtre,  d'un  hippodrome, 
de  bains,  et  d'autres  édifices  dont  ils  ne 
décoraient  que  les  villes  de  premier  ordre. 
£llc  fut  entièrement  ruinée  à  une  époque 
qu'il  est  impossible  de  préciser;  et  on  chei^ 
cherait  vainement  aujourd'hui  quelques  res^ 
tes  des  monuments  qui  l'embellissaient  ;  mais 
des  fouilles  entreprises  à  diverses  époques 
ont  procuré  la  découverte  d'un  grand  nom- 
bre de  médailles  et  de  fragments  d'archi(eo> 
ture  et  de  sculpture  dont  le  beau  style  a  pu 
faire  juger  de  ki  magnificence  de  ses  anciens 
édifices.  Après  les  incursions  des  barbares, 
Gabatum  sortit  de  ses  mines  et  acquit  une 
nouvelle  importance  ;  on  Tentottra  de  mu- 


DE  L'INDRE, 
railles  flanquées  de  tours  et  on  y  construisit 
un  fort  château  au  milieu  duquel  s'élevait 
une  tour  colossale.  Un  de  ses  premiers  sei- 
gneurs ayant  été  guéri  de  la  lèpre  d'une  ma- 
nière qui  parut,  dit-on,  suruaturelle,  vou- 
lut que  la  ville  rap{)elàtce  prétendu  miracle, 
et  la  nomma  Leprosum,  d'où  s'est  formé  le 
nom  moderne.  Dans  le  moyen  âge,  celte 
ville  a  été  souvent  exposée  aux  désastres  de 
la  guerre.  Philippe- Auguste  l'assiégea  et  la 
prit  après  une  assez  longue  résLstance.  On 
voit  encore  d'assez  beaux  restes  de  raneieo 
château  et  de  ses  fortifications.  —  Fabrique* 
de  draps.  Tanneries  et  corroieries.  —  Cam 
merce  de  grains ,  vins ,  laines  et  bestiaux.  — 
Hôtel  du  Lion  d'or. 

LUÇAT-LE-MALE.  Booif  situé  agi. 
3/4  de  Cliâteauroux.  Pop.  1,686  hab.  - 
Haut  fourneau ,  forges  et  fonderies. 

MAECEL  (SAINT-).  Bourg  situé  près 
de  la  rive  droite  de  hi  Creuse,  à  6  1.  3/4  de 
Châteauroux.  Pop.  1,973  hab.  —  Papeterie. 
—  Commerce  de  vins. 

PALLUÂU.  Bourg  situé  près  de  la  rive 
droite  de  llndre,  à  8  1.  de  Châteauroux. 
Pop.  9,000  haU.  Il  est  bâti  sur  une  colline 
dont  le  sommet  est  couronné  par  les  ruines 
importantes  d'un  vaste  manoir  gothique. 

PELLETOISIN.  Yillage  situé  à  7  I.  de 
Châteauroux.  Pop.  900  hab.  On  voit  sur  le 
territoire  de  cette  commune  un  tumulos 
d'environ  4  5  pieds  de  hauleur  ;  sur  son  êùOk- 
met,  où  l'on  monte  par  des  gradins,  est  une 
plate-forme  surmontée  d'un  chêne  qni  n'a 
pas  moins  d'un  siècle  et  demi  d'czisienee. 

VALENÇAY.  Petite  viUe  agréablement 
située ,  sur  la  rivière  de  Nahon ,  a  9  L  de 
Châteauroux.  ^  Pop.  3,09s  hab.  —  Fa- 
briifue*  de  bonneterie,  draps,  coutellerie 
Filature  de  laine  cardée  et  caebemire. 

Cette  ville  est  remarquable  par  an  ma- 
gnifique château  bâti  par  la  famille  d'Élampei 
sous  le  règne  de  François  I^,  sur  les  des* 
sins  de  Philibert  de  Lorme.  Quoique  k 
plan  primitif  ail  subi  des  changemeiys,  sui* 
vant  les  caprices  des  différents  propriétairel 
qui  s'y  sont  succédé,  le  château  a  cnoors 


%èifê 


I 


▲UOEVDISaEMSIlT  DU  BLANC. 


d*im  piltti.  Vokk  la  d«Mrip(ioa 
qu'en  fiûsut  verf  ta  fin  do  tiède  dernier  un 
éai^in  qui  ravut  visilé  avant  les  différents 
dangements  qu'on  y  a  6uts  depuis.  «  On  y 
arme  par  trois  avenues  qui  conduisent  i 
quatre  différentes  cours  oTsles ,  aux  côtés 
desqncQcs  sont  les  pressoirs  et  les  ménage- 
ries. De  ees  cours  on  entre  dans  je  château, 
entouré  de  grands  fossés.  L'entrée  est  déco- 
rée d'un  fort  grand  pavillon ,  aux  deux  ce- 
tes  duquel  sont  deux  grosses  tours  ;  l'une 
d'eues  communique  à  un  grand  corps-de- 
logîs  double.  Les  tours  et  le  pavillon  sont 
bordés  de  madiieoulis  sculptés  de  beaux  or- 
Bcments,  de  même  que  le  corps-de-logis. 
La  cour  est  carrée ,  el  vis-à-vis  du  pavillon 
d*entFée  il  y  a  une  muraille  à  jour  qui  a  vue 
sur  un  graml  vallon  creusé  en  amphithéâtre. 
Le  eôté  qui  ferme  la  cour  vers  le  nord  est 
an  bAtiuMDt  qui  a  ses  usages  particuliers. 
La  £ace  da  grand  pavillon  et  celle  du  grand 
corps-de-logis  ont,  du  côlé  de  la  cour»  trois 
gdcries,  les  unes  sur  les  autres,  qui  com- 
muniquent i  tous  les  appartements,  et  dont 
les  arcades  sont  ornées  de  fort  beaux  tro- 
phées d'armes,  sculptés  en  bas-relief.  Sous 
ces  galeries,  il  y  en  a  une  souterraine  qm 
conduit  aux  offices  situés  sous  le  grand 
eorps-de-logis.  Le  dedans  du  château  a  un 
bel  escalier  qui  conduit  à  une  grande  salle, 
ornée  d'ouvrages  de  peinture  et  de  sculpture. 
Quelques-uns  de  eeux4à  sont  de  Pierre  de 


Cortonne,  <t  les  antres  de  Jean  Mosnier; 
mais  l'on  y  estime  surtout  une  vierge  oi^ 
née  d'un  fort  beau  cadre,  donnée  par  le 
pape  Imioeent  X  à  messire  Henri  d'Étam- 
pes,  commandeur  de  l'ordre  de  Saint-Jean* 
de- Jérusalem  et'  grand-prieur  de  France, 
né  en  ce  château.  On  va  du  corps-de-logis^ 
par  un  pont  de  pierre  qui  traverse  le  fossé  « 
sur  une  grande  terrasse  ornée  de  beaux 
ouvrages  de  sculpture,  laquelle  présente  â  la 
▼ue,  du  côlé  gauche,  une  perspective  de 
prairies,  coteaux  et  forêts,  qui  la  bornent 
agréablement;  à  la  droite  sont  un  grand  ver- 
ger et  un  clos  de  vignes,  séparés  de  la  ter- 
rasse par  une  longue  allée  d'ormes,  au  bout 
de  laquelle  est  une  sortie  qui  mène  dans  une 
riante  campagne.  » 

Le  château  de  Valençay  est  aujourd'hui 
possédé  par  M.  de  Montmorency;  duc  de 
Yalençay ,  par  suite  de  son  alliance  avec  la 
maison  Talleyrand ,  le  prince  de  ce  nom 
Tayaut  donné  en  dot  à  sa  nièce ,  fille  de 
M.  le  duc  de  Oino.  C'est  dans  ce  château, 
admirable  par  sa  masse,  ja  noble  architec- 
ture, son  parc,  ses  jardins,  ses  belles  eaux, 
que  furent  retenus  prisonniers  Ferdinand  TU 
et  les  infiuits  d'Espagne,  depuis  1808  jus- 
qu'en 18 14. 

YILLEDIKU.  Bourg  situé  près  de  la  Ter- 
gouze,  à  3  1.  de  Châteauroux.  Pop.  a,a39 
hab.  —  Manufacture  importante  de  porce- 
laine. 


ARRONDISSEMENT  DU  BLANC. 


AZAT-LK-F^EOS.  Bourg  situé  à  7  1.  du 
Pop.  a,ooo  hab.  On  y  trouve  une 
d*eao  thennale  sulfureuse  dite  de  la 
qui  passe  pour  avoir  quelque 
avec  les  eaux  de  Barèges  et  de 


V^LABBE.  Petite  vâle  située  sur  la  rive 
dMte  de  l'Anglain ,  à  3  I.  du  Blanc  Pop. 
2,000  hab.  On  y  remarque  un.  beau  château 
de  construction  moderne ,  dont  dépendent 
cm  beau  parc  et  une  magnifique  orangerie. 
— ^Anx  environs ,  forges  et  4'enderie. 

lOlT-mr-AADT  (fiAIHT-)'  Mite 


ville,  située  sur  les  confins  des  départements 
de  h  Vienne ,  de  la  Haute-Yienne  et  de  la 
Creuse,  à  xo  1.  du  Blanc.  (S  Pop.  i,a43  h. 
Cette  ville  doit  son  origine  à  un  monas- 
tère de  bénédictins ,  fondé  sous  les  règnes 
deLoois  le  Débonnaire  et  de  Louis  le  Jeune  : 
les  protestants  la  saccagèrent  en  i563.  Elle 
est  assez  bien  bâtie ,  dans  une  situation  re* 
marqoable  par  ses  beautés  pittoresques  :  on 
admire  surtout  aux  environs  les  rochers  et 
la  cascade  de  Montgemo ,  qui  forme  la  jolie 
rivière  da  Portefeuille,  un  des  afiQuents  de 
l'Anglain.— Haut  Coomeau,  forges,  fende- 
rie,  aidiflfs  de  fonte  moulée  (à  Abloux). 


10 

BLàMC  (k).  Mite  TiUe.  Chef^ieu  d« 
MHis-préfecture.  Uribonal  Ab  piemière  iB<r 
ftance.  SI  Pop.  4^304  hab. 

Le  Blanc  était  autrefois  une  liUe  trèa-fertc^ 
entourée  de  muraiitot  flanquées  de  tours,  et 
défendue  par  trois  chkeauz.  Elle  cat  dans 
une  situation  pittoresque,  au  milieu  d'une 
pontrée  peu  fertile,  remplie  de  bois  el  d'é^ 
langa  ,  sur  la  Creuse  qui  la  divise  on  haute 
et  basse  ville  :  la  première  est  généralement 
mal  bAtie,  et  offre  une  place  asses  vaste; 
la  seconde  n^oCTre  que  de^  rues  étix>itea,  toiv« 
tueuses ,  et  très-escarpées.  On  aperçoit  en- 
core quelques  vestiges  de  ses  fortificationsi. 

Fahriqms  de  grosses  draperies ,  vinaigre, 
poterie  de  terre.  Filatures  de  laine.  Brasse- 
rie renommée. — Aux  environs,  nombreuses 
forges  et  bauts  fourneaux. — Commerce  de 
vins  de  son  (enriloire ,  poisson ,  iv ,  bois , 
marrain,  etc. 


A  14  1.  de  ChAlewMiiiL*  f<  L  é»  Bipif. 
^SéteU  I^elai^B ,  Tbiiilier. 

«AULTimt  (ftAIHT-)-  Petite  ville  située 
sur  la  Creuse,  à  7  1.  3/4  du  Blanc  PopoL 
z,6aa  bab. 

MAUTIS-PB-TOCIUroV  (SAIHT-). 
Tillage  situé  à  peu  de  distance  de  la  riw 
droite  de  la  Creuiie,  à  4  i  du  Blanc  Pop. 
i,3oo  bab. 

MARTIZAT.  Bouif  yitué  eur  la  rire 
droite  de  la  Qam^  à  5  L  du  Blanc  Pop. 
m&5o  bab. 

MéziÈftB&EV-JiaKnîR  Betile  viDe 
9iUiée  sur  la  CJaise,  à  7  1.  du  Blanc  Pop. 
f  ,5Sa  bab. — ^HautfoumeMi  et  trois  forges 
(à  CoBMJiçoir}. 


ABRONDISSEMENT  DE  Là  CHATRE. 


AJGURAiniE.  Petite  ville,  située  parUe 
fUr  une  bauteur,  et  partie  dans  la  plaine, 
près  de  la  source  de  la  Boulzanne,  et  sur 
les  confins  du  département  de  la  Creuse ,  à 
5  1.  de  la  Chaire.  ^  Pop.  x.HSg  bab.  On 
y  voyiiit  autrefois,  sur  la  place  publique , 
•  un  édifice  antique  en  pierres  de  taille ,  de 
forme  octogone ,  élevé  sur  un  stylobate  de 
buit  marches ,  couvert  d*ua  dôme  et  éclairé 
par  de  très-petites  fenêtres.  —  Commerce 
considérable  de  bestiaux. 

^  CHATRE  (la).  Ancienne  et  jolie  ville. 
Chef-lieu  de  sous?préfecturQ.  Tribunal  de 
première  in0lanoe.  CoUége  communal.  ^ 
Pop.  4,343  bab. 

La  Châtre  est  une  ville  fort  anoienne,  qui, 
selon  quelques  auteurs ,  a  été  élevée  sur 
remplacement  d'un  camp  romain.  RUe  est 
bâtie  dans  une  situation  pittoresque,  sur 
une  colline  qui  borde  la  rive  droite  de  l'In- 
dre ,  et  domine  une  étroite  et  profonde  val- 
lée qu'embellissent  des  jardins  et  des  ver- 
Les  rues  sont ,  en  général,  bordées  de 
irrégulièrement  construites ,  mais 
l'ensemUe  en  est  agréable;  Téglise  parois- 
âale  est  propre  cl  fort  jolie;  las  promenades 


qui  entourent  la  ville  offrent  de  charmants 
points  de  vue  sur  la  vallée  et  sur  le  cpun 
de  rindce.  Il  ne  reste  plus  de  rancien  châ- 
teau fort  qui  lui  servait  autrefois  de  défense 
qu^une  tour  énorme,  convertie  aujourd'hui 
en  maison  d^arrèt. — Le  territoire  de  la  Châ- 
tre eiit  à  la  fois  un  des  plus  fertiles  et  des 
plus  pittoresques  du  Berri ,  et ,  pour  qu1I 
ne  manque  rien  aux  agréments  de  cette  villf, 
la  beauté  du  sexe  semble  y  être  en  harmo- 
nie avec  ceHe  du  pays. 

Fabriques  de  draps.  Tanneries  et  corroie- 
lies  importantes.  —  Comm^oe  coniidéndilc 
de  laine,  de  draps,  cioe,  peaux  de  chèvres, 
plumes ,  bestiaux,  et  «urtaut  de  «plaignes, 
dont  les  récoltes  ^at  abondaqtas  Anus  ks 


A  14  1.  de  Bourges,  8  L  i/a  de  flbâtean- 
roux,  a4 1.  de  ^aris — Méti^ls  Biqiier,  pom- 
banaire. 

CLUIS  ou  CLUIS-DESSfCS.  Petite  viQe 

située  au  milieu  de  belles  prairies ,  dans  np 
territoire  fertile  en  vins  blancs  estimés,  sut 
la  rive  gauche  de  la  Boulzanne.  Pop.  1,919 
bab.  -^  Éducation  des  abdHei.  Fonaa  <« 


ARHONDlSSEBIElfr  DE  CHATRE. 


ff 


kMrtB  fcmaemix.  — ^Càmmeree  de  grains , 
ws  et  bcstianx. 

CftOZOV.  Til%e  situé  sur  le  ruisseau 
de  Yanirre,  à  3  1.  1/3  de  la  Chitre«  Popul. 
1,000  hab. — Haut  fourneau,  forgef,  marti- 
nets dtCenderie. 

ifiUZOlf .  Village  situé  à  peu  de  distance 
de  k  rife  gauche  de  la  Greuse ,  à  6  L  5/4 
de  h  Châtre.  Pop.  i,4o3  hab.     • 

MEMES,  Bourg  sitné  près  de  la  rive  gan- 
rke  de  rindre,  à  a  1.  3/4  de  Ui  ChAtre.  Pop. 
fia  hab. — Faèfiques  de  pointes  de  Paris. 
VartiaeUet  Ircfilerie. 

MOTTB-FBUILLT  (la).  Village  situé 
sv  k  route  de  h  Chaire  à  Ctermont,  &  i  L 
de  la  première  de  ces  rilles.  Pop.  ^S  hab. 
L*égiise  paroissiale  de  ce  village  renferme 
Boe  chapelle  où  Ton  voit  les  restes  d'un  mau- 
Mlée  aujourd'hui  mutilé,  qui  avait  été  élevée 
dit-on,  à  la  mémoire  de  Chariotte  d'Albret, 
i  de  César  Borgia,  fils  du  ^pe  Alexan- 


dre VI  :  on  voyait  autrefois  dam  eetle  cha- 
pelle un  grand  nombre  de  figures  en  mar- 
bre blanc,  placées  dans  des  nidbes  en  marbre 
noir,  et  on  Usait  sur  le  tombeau  une  insarip- 
tioD  en  caractères  gothiques  qu'il  est  im- 
possible de  déchiffrer. 

HâjVT-«AINT  -  séPULCBE.  Petite 
ville  fort  ancienne ,  située  à  3  1.  i/a  de  la 
Châtre.  Pop.  2,040  hab.  On  prétend  qu'elle 
a  été  bâtie  sur  l'emplacement  de  l'antique 
Noviodttmtm,  qui  se  soumit  à  César  lorsque 
œ  conquérant  revint  de  Gtnabum  à  Avarh^ 
corn.  —  Commerct  de  vins  blancs ,  grains , 
laines  et  bestiaux. 

SÉVÈRE  (SAINTE-).  Petite  ville  située 
près  de  la  rive  droite  de  llndre,  à  3  I.  de 
la  ChAtre.  Pop.  891  hab.  —  Commerce  de 
laines. 

VERNEUIL.  Bourg  situé  sur  un  affluent 
de  l'Indre,  è  a  I.  1/4  de  la  ChAtre.  Popul. 
55o  hab. 


ARRONDISSEMENT  D'ISSOUOUN. 


CHRlSTOPHE-Elf-BAZBLLE(8l-)  P»- 

lit  bourg,  situé  à  8  1.  i/a  dlssoudun.  Pop. 
5a3hab. 

rBBTÉ-RKUILLT  (b).  Voy.  Rsvxllt. 

ISSOUDUM.  Ancienne  et  fort  jolie  Tille. 
Cbef-lieu  de  sous-préfecture.  Tribunaux  de 
ivemière  instance  et  de  commerce.  Chambre 
cansoltatif  e  des  manufactures.  Collège  com- 
■uuai.  S  K^  Pop.  I  i,6d4  hab. 

Vnrigine  de  ceRe  vitSe  est  peu  connue  ; 
M  prétend  qu  elk  fut  une  des  vingt  cités 
réduites  en  cendres  dans  un  seul  jour  par  les 
mcieDS  Gaulois ,  afin  d'affamer  l'année  de 
Géstr,  et  que  quand  ce  conquérant  fut  de- 
feoo  nudtre  dcâ  Gaules,  il  H  releva  de  ses 
niinek  Quoi  qu'A  en  soit,  cette  ville  ne 
cnuinience  à  figurer  dans  l'histoire  que  sous 
le  règne  de  Louis  d'Outremer.  A  cette  épo- 
que ,  c'était  une  place  très-forte ,  ceinte  de 
amnilieB  flanquées  de  tours,  environnée  de 
fanés  et  défendue  par  une  forteresse  consi- 
dérable. Issoudun  fût  gouvernée  par  des  sei- 


gneurs particuliers  jusqu'en  r  187 ,  où  cette* 
ville  fut  cédée  à  la  France  par  le  traité  de 
paix  signé  en  1177,  entre  Louis  VII,  roi  de 
-  France,  et  Henri  II ,  roi  d'Angleterre,  tous 
les  deux  successivement  époux  de  b  trop 
célèbre  Éiéonore  de  Guyenne;  Philippe- An 
guste  la  réunit  à  la  couronne  en  laao.  Un 
incendie  considérable  détruisit  le  chAteau  et 
toute  la  ville  haute  en  x  1 85  ;  un  autre  in- 
cendie consuma  deux  cents  maisons  en  i5o4; 
mais  un  désastre  de  ce  genre  beaucoup  plus 
terrible  eut  lieu  en  1 65 1,  et  fut  accompagné 
de  circonstances  particulières.  La  ville  était 
alors  assiégée  par  l'armée  des  ffrondeins  et 
soutenait  un  assaut  furieux  ;  les  habitants, 
occupés  A  combattre  sur  les  remparts,  lais- 
sèrent à  l'incendie  le  temps  de  faire  des 
progrès  insurmontables  ;  douze  cents  mai- 
sons furent  dévorées  par  la  flamme,  et  plus 
de  six  cents  femmes  et  enfants  périrent  sons 
les  décombres  de  leurs  habitations.  Pendant 
ce  temps,  les  bourgeois  repoussaient  les  u- 
siégeants  et  les  mettaient  en  pleine  déroute. 


<2 

Lotib  Xiy  ▼im  pea  àé  joan  après  à  Isioii- 
dun,  el  vit  les  débris  encore  faments;  il 
accorda  plinieinri  pri?i)é^  aox  habitants, 
et  entre  autres  droits  celui  d'élire  leurs 
pagîstrals  mutticipauz,  et  de  conférer  k 
noblesse  héréditaire  à  leur  maire  par  âeo> 
tien. — Déjà,  en  1589,  la  TÎIIe  avait  donné 
une  preuve  édaiante  de  son  dévouement, 
en  soutenant  un  siège  contre  Tarmée  des 
ligueurs  ,'  commandée  par  La  Châtre,  et 
en  chassant  de  ses  murs  ceux  qui  étaient 
parvenus  à  s*y  inti^oirepar  trahison.  L'an- 
niversaire de  cette  journée  fiit  long-temps 
célébré  par  une  réjouissaiioe  pubKqoe«  — 
La  révocation  de  Tédit  de  Nantes  porta  un 
coup  fatal  à  Issoudun,  et  priva  cette  ville  de 
ses  principaux  fabricants. 

Cette  ville  est  située  en  partie  sur  le  pen- 
chant d*une  colline,  an  pied  de  laquelle  s'é- 
tend une  plaine  charmante  anosée  par  le 
Théols,  qu'on  franchit  sur  trois  ponts  dans^ 
le  faubourg  Saint-Paterne.  Les  désastreux 
incendies  qu'elle  a  éprouvés  lui  ont  été  pro- 
fitables en  ce  qu'elle  a  été  reconstruite  avec 
plus  de  régularité  qu'aucune  autre  ville  du 
centre  de  la  France.  Elle  est  généralement 
bien  bâtie  et  bien  percée  ;  la  plupart  des 
maisons  sont  agréables  et  accompagnées  de 
jardins;  les  rues  sont  larges,  bien  alignées, 
et  toutes  fort  propres  ;  les  édifices  publics 
sont  spacieui ,  de  belle  apparence  et  bien 
dbtribués.  On  j  remarque  particulièrement 
l'hôtel-dc'Ville,  de  construction  moderne; 
les  restes  de  Tanden  château,  où  Ton  voit 
une  tour  colossale,  construite ,  dit-on ,  par 
les  Anglais ,  sur  les  restes  d'un  temple  an- 
tique ,  qui  sert  de  maison  d'arrêt  ;  les  bâti- 
ments de  l'ancien  couvent  des  urselînes, 
convertis  en  une  easeme  ;  la  salle  de  spec» 
tacle  ;  les  promenades,  etc.,  etc. 

Fabriques  de  draps  communs,  étoffes  de 


DÉPA&TEBOm'  DB  LIHIllUL 


laine,  toiles  de  coton,  bonneterie.  ïilnlura 
de  laine.  Blanchisseries.  Brasseries.  Nom- 
breuses pardiemineries.  Tanneries  et  oor> 
roieries. — Commerce  de  grains,  vins,  dra- 
perie, laines,  bestiaux,  bois,  fer  d'une 
qualité  supérieure,  etc.  Foires  importanles 
pour  la  vente  des  laines  et  des  moutons. 

A  6  1.  i/a  de  Châteauroux,  8  L  deBoor 
ges,  6a  1.  de  Paris.— ^To'te/lf  du  lioa  d'or, 
«le  l'ECU ,  du  Lion  d'argent,  des  Troift-lUr 


UZAIGNE(aAUfTE-).  ViHagesitiié 
la  rive  gauche  du  Théols,  à  c  L  3/4  d'j 
dun.  Pop.  1016  hab. — ^Fapeterie. 

HOTER  (le).  Tillage  situé  à  3  L  dlasov. 
dun.  Haut  fourneau  dont  les  produits  don- 
nent des  fontes  de  première  qualité. 

BEUILLT.  Petite  ville,  située  à  peu  de 
distance  de  la  rive  gauche  du  Théols,  à 
3 1.  3/4  d'Issoudun.  Pop.  1,900  hab. — Com- 
merce de  vins  et  de  bestiaux.  Papeterie 
(à  iè  Ferté-ReuiUy). 

YATAll.  Petite  ville  fort  ancienne,  située 
à  4  1.  x/a  d'Issoudun.  SI  K^  Pop.  2,754  h. 

L'origine  de  Tatan  remonte  au  Y*  sîède. 
C'était  jadis  une  place  forte,  qui  soutint  un 
siège  en  xfiia  :  on  y  voit  encore  quelques 
restes  de  murailles,  et  une  tour  dont  on  bût 
remonter  la  construction  au  YI*  siède.  Gatte 
ville  est  bâtie  au  milieu  d'une  vaste  pfamie, 
dans  une  espèce  d'enfoncement  où  Tenn  se 
trouve  presque  partout  à  quelques  ponees 
de  profondeur,  ce  qui  rend  les  maisons  ex- 
trêmement humides  ;  dans  plusieurs,  la  Um- 
taine  est  à  eété  du  foyer,  et  dans  presque 
aucune  il  n'est  possible  d'établir  de  cives.— 
Commerce  considérable  de  bnnes. 


9tn  DC  nàpAanmaT  na  l'iitoeb. 


iiif]»aui«Ria  Dx  Fiaiffji  didot  minn. 


s  DE  LA  FRANCE. 


Kardt  tt  Bat^  S^vIpX 


PAÏVO&ÂBIA 


PITTTORESQUE 


DE  LA  FRANCE. 


<•■•>••■>•■•■• 


ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRAVERSAIT  LES  BÉpAâilCriENTS 


Wm  SBIia«BT''OI8B,  on  UMSKT,  DV  CHBR ,  1>«  *l*t1fBBB,  VÈ  LA  CltBtTSB , 
BB  LA  HAVTB'bTlSimE,  PE  LA  CORRJBZfij  SU  LOt,  DB  TARN-Bt-'GARONNE» 
DB  LA  HAUTE -GAROHnS^  ST  COlflfUIilGATiOIf  AV^C  LB  P^PARTEUBIfl, 
BB  L'aBII^GB. 


P0é^ 


DEPARTEMENT  DE  LA  CREUSE. 


^iinkmt  U  paxi»  h  tmdMu^ 


MA   MOBTARGIS»   BOURGES,   I.lMOaXS,   TUUJÊ.   ST  ^OI^ACBAV  »    li|3  >ItOM. 

Limoféi. ..«..% ■ ^^..     « 

Pi«rr«-Baffierre. xjr.,     3 

Magnàc ^Of..     3 


D«  Vtais  à  HogMiMur'VcraisM»  (root» . 

dtChaaaMrr). IS ^Gf..  32 

mm B....XÏP..  5 

AsfMfc. • xir<.  4  lA 

La  GlMpiai^Aiicinoa XIF..  & 

tr..  9 

,.....{S....xy..  4  th 
Qa....xr..  3  ij% 

2 

a....^..  «♦ 

.1 ...XF..  3  lA 

LirttMr ...V..  «       *. 

AayiMw» ••••••■«•••••••■■•  ••Xy<«  3  i/i> 

LfFay XT..  4 

.'..'jj.'.'.ï.ïir;!  « 

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XF..  4 

UM«SM»««ase I.XT..  < 


V..  S  i/a 

Haeicbc ,. .., Xjf..  4  i/a 

Saint-Pardôox .« Xy..  4 

DèneMBue «.%....< xy..  3 

.Bri««ft.«...... ^QP..  S 

Cre«MOMC Xy..  6 

SooSlIac xir. .  4 

Pont-de>Ao^e«,.. «Xir'*.,  5  ^ 


Pélacot. 
CaoMa^e...'. . 


Omèm4,.<... 
SalnWorj...'. 
TodIMu**  .  ; . . 


..a. 


4 

6 

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4i/t 


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€MMiii»ir«tÎ0li  te  %anitn»t  h  M»f  i$l.  i/t. 


Dfr^flVSlNlM  w  Tif  iCf  !•  • 


Paulnrt. 
.  Fo&K.,. . 


lf«IM. 

,.XJr..     3  i/a 
.IV.  <    4  th 


M*  Uptaison.  (Ctmvst.) 


56 


^  ».^ËPAB.X£aifiMX  a)E  L^  QLEUSE* 

rt'TTT "" — ^"- — ^>^-^.^>^>--— «-.p — -n i-f  11  TiniBmaiMtaiBn 

I 


APBftÇU  STATISTIQUB. 

Li  députenent  de  la  Greuie  est  formé  de  la  pre«|iie  totaUté  de  la  d-devaut  |irtffincB 
de  la  Haute-Biarelie,  de  pnaqoe  tovt  le  |»yf  de  GembimiUeSi'cl  de  quelques  ocmuniiiiet 
qui  dépendaient  des  ci-<leTant  provinces  du  Limousin  et  du  fierri.  H  tire  son  nom  de  k 
rivièM  de  Creuse»  qui  prend  sa  source  dans  sa  partie  «étidionale,  le  travme  daoM  lo«il 
son  étendue  du  swtest  au. nord-ouest,  et  le  divise  en  deux  parties  presque  égales,  — *fies 
bornes  sont  :  an  nord,  les' départements  de  llndrê  et  du  Cher;  au  nord-est ^  cèlnide 
l'iàlUer;  à  Test,  edui  dn  Puy-de«D6tte;  au  sud,  cdoi  de  la  Corràte;  à  Touest,  odui  de 
la  Haute-Tienne. 


Le  département  de  la  Greuseesl  îtvnnA  par  phisiqirs  dudnes  de  montagnec  qtd  ae 
ratlaciienl  aux  montages  d'Auvergne  ;  la  plus  considérable  de  ces  chaînes  est  oelle  de  la 
Garuupe,  qui,  se  divisant  en  nlu^urs  ramifications,  pénétra  dans  li  départettent  ée  h 
Haute-Tienne.  Au  cenuna  du  département  se  trouve  une  autre  chaîne  de  montagiicB  pri- 
mitives, schisteuses  et  granitiques,  qui  esmmiince  sur  les  confins  dn  départencBl  ^ 
l'Indre,  traverse  celui  de  U  Creuse  du  nord-ouest  au  sud-est, ,et  se  termine  dan^cdm  dn 
Puy-de-Dôme.  Une  «nire  dttllie  part  eiitfore  de  ^  deriler  département,  et,  a^étendant 
dans  la  direetion  de  l*ouest  an  nord-ouest»  sépare  les  trois  départements  du  Puy-de-Btee» 
de  la  Creuse  et  de  b  Gorrèce.  Cette  dMlne  n(m  interrompue  forme  un  plateau  d*ane  élé- 
vation de  plus  de  600  pieds,  et  conserve  une  atmosphère  constamment  froide,  eoavent 
même  f^Marir  :  fénéralement  ces  dh«nes  chaînes  de  montagnes  rettenit  cachées  aoos  ka 
neiges  quelques  mois  de  l'année,  et  le  froid  j  est  trés^.  ^  La  surface  4o  d^iartaMent 
offre  peu  de  plaines  de  quelque  étendue,  étant  presque  partout  hérissée  de  raontagiMfet  et 
d'un  grand  nombre  de  collines ,  dont  les  groupes,  plus  élevée  et  plus  nombreux  vcn  la 
partie  du  siid  et  de  Totiest,  s'abaissent  et  diminuant  è  mesure  qu*ils  s'avancent  ven  rcet 
et  le  nord.  Quelques-uns  de  ees  groupes  sont  frappés  de  sférilité;  les  autres  sont  couveils 
de  bois  ou  ombragés  dé  distaim  en  distance  par  des  masses  dé  châuùgniers.  Les  vaUaee  et 
les  vallons  que  fonnent  entre  elles  les  montagnes  sont  arrosés  et  raMéhîs  par  des 
rivières  et  des  niisseaux  qui  coulent  presque  toujouit  sur  un  lit  de  gravier,  Bn  gé- 
néral, malgré  que.  le  département  ait  une  teinie  sombra  et  qudquefob  un  «nèct 
sauvage  y  les  aspérités  qu'on  j  remarque  n'ont  rien  qui  affecte*  Vail  d'une*  manière  4^- 
gréablei  piiisqu'éirea.présentent  au  contraire,  en  diveip  endroits,  de  trhhwaw  aileeet^des 
positions  pittoresques.  H  est  peu  de  départements  qui  offrent  aux  paysagistes  dés'msnme 
phis  bd&es  et  plus  variées  de  perq)ective  et  de  fraîche^.— Xe  soi  est.généraleipsent  pauvseï 
léger,  peu  profond  et  peu  fertile,  surtout  dans  la  partie  méridionale,  où  il  se  trouve  nne 
asses  grande  étendue  de  landes,  pea  suseepltbles  de  euHure;.hi  pmtie  isptenirionale'  qui 
avoisine  le  département  de  l'Indre,  et  la  partie  occidentale  qui  confine  au  département 
de  k  Haute-Tienne,  offrent  des  terres  de  meilleure  qualité  et  plus  prodiiettves  ;  k  partie 
du  nord-est*. juitamment  k  canton  de  Chambon,  renferme  des  terres  d-un»  grande  f^ 
tilité.  Les  hauteurs  sont  presque  toujours  incultes  ;  leurs  revers  sont  pkntéi^en  taillis  ou 
en  ch&taigniers;  kurs  penchants  inférieurs  fonnent  des  prairies;  k  plupart  des  terres* 
sont  entourées  de  haies  vives,  k  long  desquelles  sont  pkntés  des  arbres  de  différenies 
espèces.  Enfin,  on  trouve  sur  plusieurs  points  du  département  des  kniks  i 
vertes  de  bruyères,  d'ajoncs,  de  fougères  et  de  genêts. 


HÊPÀATfLMEMT  DE  LA  CREUSE.  3 

;  l4  lnnurfiiHaïKi»»  déparfrinent  asi  exu>«mein90t  variable  ;  fUe  est  m  fMral  ^i<ie 
91  lnunidp,  00  qui  iirovioal  (k  la  direictioa  d^  cluûnei  de  montagnes  et  dfi  U  «olUplicité 
dn  niisM«Mx  «t  de»  fonrces,  y«ir  j  eit  vif  et  (rès^piur;  ovid»  le«  chançements  aubiu  quV 
ocamionfifM  kt  orage»  et  les  pluies  soot  ceuse  que  les  étran^n  ont  quel(|ue  peine  à 
»'accouiwne?  «u  ciiiMi.  lie  ciel  j  «et  spuveot  iiébu]eui  nt  chargé  de  brouilleids  ;  les  rosées 
f  sont  num  très^a^odantesi  inèmedans  les  plus  gfiendes  oheleurs.  ï/i$  pluies  y  jipnt  assez 
frê%Meoles,  «insi  que  \m  orages.  En  géoénil,  k  priatemps  CQmmenee  t«^,  Tété  est  fort 
coiqt,  r«oto«Q(e  «S9e9  beap,  rbim  long  et  assex  rigouremu  —Les  vents  domixiaots  sont 
acox  du  pid  et  du  noid;  le  prenuo'  soufQe  avec  impétuosité,  surtoiit  ¥en  le  solstice 
djfai«(r«  ^  quelles  jeun  avant  ou  aprèa  les  équiiK»es;  le  veot  do  nord  s*éléve  ,a$«ez 
liabitodleiMQt  pendant  ja  pleine  lune  de  mars;  les  vents  d*ouest  et  de  nord-ouest  se  font 
«rdinaircvient  aentîr  pendant  Tbiver  et  au  comm^nceineat  du  prioteiopsi  le  veut  d*cst  ne 
iaul9«  que  di»s  Tété  et  leud  toujours  le  eiel  serein. 

Le  département  de  la  Creuse  a  pour  cbef-lieu  Guéret.  Il  eet  divise  m  A  «nr«uii«enieBts 
et  en  a5  cantons ,  renfermant  a83  communes. — Superficie,  a88  lieues  cerrées. — Popula- 
tion, a65,384  habitants. 

MnriBAioors.  ladices  de  minée  de  fet  dans  plusîeon  endroits.  Mines  d'antimoioe  dotit 
fciploiutlôo  est  suspendoe;  indioes  de  plomb  argentîtlère,  de  cuivre  et  de  manfanêse  ; 
exploitation  de  booille  dans  plusieurs  endroits.  Carrières  de  gnmt,  de  pierre  de  taille 
ioie;  ten«  à  poterie. 

SoDBcn  TBxnvAUBS  k  évauX|  et  sources  sunérales  ferrugineuses  froides  non  exploitées 
dans  plusieurs  localités. 

PnODucnosis.  Peu  de  céréales,  seigle ^  sarrasin ,  avoine,  pommes  de  terre  en  quantité, 
fruits,  châtaignes,  chanvre,  raves  pour  ïes  bestiaux.  Gras  pAturages.  —  Le  département 
n'a  pas  de  vignobles  :  on  ne  rencontre  la  vigne  que  dans  les  jardinS  ou  contre  les  murailles 
des  maisons;  encore  les  fruits  qu*on  en  obtient  parvienneni-ils  rarement  à  leur  maturité. 
— 3S,448  beeiares  de  forêts  (arbres  feuiflus  et  arbres  verts).  »-  Grand  et  petit  gibier. — 
Excellent  poisson  (carpes,  truites). — Chevaux,  mulets,  ânes,  bêles  a  cornes  trè^soignées, 
beeocofip  de  bètes  i  laine,  chèvres,  porcs.  —  Éducation  des  abeilles. — Engraissement  de 
béiaiL 

lavDSTani,  lilanufactures  de  tapisseries  renommées  et  de  tapis  de  pied.  Fabriques  de 
damofMa.  PilatMres  de  laine  et  de  cotent  papeteries;  teintureries  ;  tanneries.*— Émlgra- 
tîoQ  annuelte  d'environ  a,ooo  duvriers,  poiu*  la  plupart  ma^ns,  tuiliers,  seîears  de  Ion|, 
peîgneun  de  ehanvre  et  de  laine,  qui  se  répandent  chaque  aunée  dans  toute  la  Praaee , 
ei  rapportent  e»  bivfy  le  fruit  do  le«rs  épargnes,  qui  est  ordinairement  employé  i  des 
acqnisilioaa  de  terres.  Sur  un  nombre  de  aa,498  ouvriers,  dont  réaûgnitioa  anuiielle  a 
été  réccDMDcmt  «pnatatéef  pu  comptait  ;  i3,4a5  maçaus  ou  manoeuvres;  {,gSa  tailleurs 
i»  srieura  d«  pierre  i  1,94»  oharpentiers  ;  iMl  leieurs  de  long;  944  couvreun;  So3 
pôgneuia  de  chanvre  oq  de  la^te;  80a  tuiliers;  54^  paveurs;  go  maréchaux  ;  63  pUtriers , 
et  45  mineun.  Tous  les  arrondissements  envoient  au  dehors  des  ma^ns  et  des  nianœu- 
qea,  des  teillews  et  des  scieurs  de  pierre:  celui  d'Aubussou  fournit,  pe^que  à  lui  seul, 
ks  sdeors  de  long,  les  tuiliers,  les  peigneurs  de  olvanvre  ou  de  laine;  les  charpenliei-s 
Cl  les  coDvreun  partent  des  arrondissements  de  Boussac  et  de  Guéret  ;  fioussac  a  plus  de 
oouTToirs,  Guéret  plus  de  eharitenliers  ;  Aubusson  a  a  qu'une  commune  qui  envoie  des 
charpentiers.  i.*arroodisiement  de  Guéret  fournit  seul  les  paveurs,  les  maréchaux  et  les 
aûiteurs,  heg  plitriers  viennent  des  arrondissements  de  Boussar  et  d'Aubussoiu  —  Les 
oufriers  de  rarroadissement  d'Aubussoa  se  dirigent  plus  spécialement  vers  U;s  dèpai  tv- 
■Mots  de  la  Seiiiei  du  fUiôoei  de  la  Loire,  du  Cher,  de  la  Nièvre,  de  1*Tooj^,  dt-  la 
Céle^'Ofi  ik  laT^adée,  du  puy^de^Dôme,  Ut^  h  Charenle-Iulerieure ,  de  Sawii;-a- 

6e. 


4  DÉPARTEMENT  DE  LA  CREUSE. 

Loire,  de  TABier,  de  k  Charente  et  du  Jura.  Ceux  de  rairondissemeiit  de  BonrgaiMii, 
vers  les  départements  de  b  Seine ,  du  Rhône ,  de  Seine-et-Marne  et  de  la  Manie.  Ceai 
de  l'arrondisseanent  de  Bousaac,  vers  les  défiartements  de  la  Seine,  du  CJier,  de  b  Nièn^ 
de  TAllier,  du  Loiret,  de  la  Saône  et  de  ITndre.  Enfin  ceux  de  rarrondiasement  de  Gfll 
ret,  vert  les  départements  de  la  Seine ,  du  Loiret,  de  Scine-et-Mamé,  de  l*Yoniie,  et 
Cher,  de  la  CÔte-d*Or,  du  Rhône,  de  h  Vendée,  de  la  Nièvre,  de  Plndre,  de  1*  Allier  Ci 
de  Loir-et-Cher. — Il  résulte  du  travail  de  M.  Partouneaiix  (ancien  secrétaire  génénl  éi 
la  Creuse),  dont  nous  avtfns  extrait  ces  détails,  que  le  nombre  des  maitres  dans  le  d6> 
parlement  est  à  celui  des  ouvriers,  comme  i  à  a3  ;  que  le  bénéfice  moyen  de  la  caoïpagM 
d'un  maître  est  de  38o  fr. ,  et  celui  d^un  ouvrier  de  164  ;  enfin ,  que  S76  mafira  dt 
3 1,61  a  ouvrière  ont  rapporté  dans  le  département,  pour  bénéfice  de  la  rampagne  d*Ht 
année,  h  somme  de  3,873,194  fr.,  qui  balance,  à  une  différence  près,  d'environ  i4o,ooofet, 
la  totalité  des  impôts  du  départeatient  de  la  Creuae.  Tontes  les  années  ne  sont  malhenrai» 
sèment  pas  aussi  productives. 

GoHMiacB  de  cuira,  de  papiers,  de  tapisseries  et  d'objets  de  consommation  locale.  Hft* 
trepôt  des  sels  que  l'on  expédie  pour  les  villes  voisines. — Commerce  de  chevetu,  qne  kn 
jeunes  filles  échangent  à  des  marchands  des  envirotu  de  Tallières,  contre  des  fichus,  d» 
morceaux  d'éloffes,  de  mousselines ,  et  d'autres  objets  manufacturés.  C'est  principalencÉli 
dans  les  grandes  foires  que  le  commerce  de  cheveux  a  le  plus  d'activité  :  on  voîl  aloiÉ 
pendre  k  U  porte  des  perruquien  de  grands  morceaux  d'étoffes  de  différentes  coulent, 
des  fichus  de  soie,  des  châles  imprimés,  qui  sont  autant  d'enseignes  annonçant  aux  jea-: 
nés  filles  du  pays  qu'elles  peuvent  échanger  un  de  leun  plus  beaux  ornements  nalorâi 
contre  «ne  parure  ftictioe. 


Y1LLB8,    BOUBGS,   VILLA6B8,    CHATEAUX    KT    MONUlfBNTS    RKBIARQUABLIS  ; 

CURIOSITÉS  RATURBIXB6  BT  61TB8  PITTORB8QUB8. 

ARRONDISSEMENT  DE  GUÉRET. 

AHim.  Petite  ville  fort  ancienne,  sitoée  à  ville»  Elle  avait  autrefois  un  gouvemeor  pa^  j 

4  I.  de  Guéret  ISI-  Pop.  9,axa  bah.  ticulier,  et  était  défendue  par  un  cfaâtMi! 

L'origine  de  cette  ville  remonte  k  une  fo>^*  qu'on  appelait  le  château  du  RodMT. 

époque  fort  reculée  ;  il  en  est  fiiit  mention  La  ville  d'Ahon  est  bâtie  dans  une  poà* 

dans  la  Table  théodôsienne ,   sous  le  nom  tion  cliarmanle ,  sur  une  montagne  au  pied 

é^Jcttodunum  ;  une  voie  romaine  h  traver-  de  laquelle  coulé  la  Creuse  ;  l'air  y  est  par, 

ss  ir  en    se    dirigeant    à^  jéugustonemeatm  les  points  de  vue  sont  étendus  et  agréables.' 

(Clermont)    sur  Âugiutoritum  (Limoges).  On  remarque  au  bas  de  la  montagne,  dansj 

Les  monuments  antiques  qu'on  y  a  décou-  un  site   pittoresque  entouré    de  roehersj 

verts  attestent   qu'elle  existait  avant  l'ère  escarpés,  baignés  par  la  Creuse,  les  resteal 

chrétienne,  puisque  ces  monuments  sont  d'une  célèbre  abbaye  de  Tordre  de  Ouqt, 

des  traces  du  druidisme,  ainsi  que  l'a  sa-  fondée  par  Boson  en  997  ;  les  bâliroenb, 

vamment  expliqué  M.  Jouilleton  dans  son  les  jardins  et  les  dépendances  qui  existent 

intéressante  histoire  de  hi  Marche  et  du  encore,  font  assez  connaître  l'importanot 

pays  de  Combrailles.  Sous  les   rois  de  la  de  cet  ancien  monastère:    on  voit  dans  le 

première  race ,  Ahun  possédait  un  atelier  chœur  et  le  sanctuaire  de  Téglise,  qui  heu- 

monétaire:  on  voit  dans  les  cabinets  des  reusement  a  été  conservée,  de  très-beaux 

pièces  d'or  qui  ont  été  frappées  dans  cette  ouvrages  de  sculpture  et  de  menniscriet. 


ARKOm)LSSEM£l!9T  DE  GUÉRET. 


ct|  iw  le  mnr  septentrional ,  on  bas-retief 
RfRsentant  un  jeune  homme  ayant  les 
cfaefeox  ooopés,  reTétu  d'une  robe  qui 
àtaoBod  jusqu'aux  cheriUes;  au  k>as  de  la 
pierre  on  lit.O.M.  M.  E.  ALPIN.  Le  16 
sodt,  leiedeSaini-Roch,  cette  église  est 
robjet  d'oB  pèlerinage  fameux,  qui  attire 
an  graad  concours  de  peuple,  et  sur- 
loal  de  jraœs  villageoises,  qui  viennent  y 
cckngcr  leurs  chevelures  amtre  un  fichu 
OD  faelqaes  morceaux  d*étofies. 

Féeriques  de  toiles.  Exploitation  de 
knifle.  — Commerce  considérable  de  bes- 
linii  KDommcs  :  le  canton  d*Ahun  est  de 
toaie  la  Creuse  celui  où  le  beurre ,  le  lait, 
k  fromage  et  les  veaux  de  lait  sont  les 


INziHE.  Yillage  situé  à  a  L  1/2  de 
Goeret.  Pop.  x,45o  hab.  Il  est  bâti  sur  la 
mre  gauche  de  la  Creuse,  que  Ton  passe  sur 
m  pont  remarquable  par  la  hardiesse  de 
n  construction,  qu'on  dit  avoir  été  bâti 
fu  le  diable.  Ce  pont  a  éié  d'autant  plus 
UGcile  à  exécuter,  qu^on  a  été  obligé,  non 
Kolcmeot  de  tailler  le  roc  sur  lequel  il  est 
mis  et  qui  en  fait  partie,  mais  encore  de 
percer  uo  chemin  dans  une  masse  de  ro- 
cben  très-escarpés,  dont  les  aspérités  et 
les  teinics  rembrunies  ajoutent  à  l'horreur 
de  ce  site  romantique.  Le  peuple,  lou- 
joors  avide  de  merveilleux,  raconte  à  ce 
iajH  que  le  dmble,  qui  s'était  chargé  de 
bâtir  ce  pont  <lans  une  seule  nuit ,  avait 
inposé  l'obligalion  de  lui  livrer  le  premier 
Ifre  vivant  qui  le  traverserait,  et  qu'il  fut 
Km  attrapé  en  voyant  que  ce  premier 
pKint  était  un  chat. 

MHHAT.  Joli  bourg  situé  à  4  1.  3/4 
le  Gocret.  Pop.  2,702  hab.  On  7  a  trouvé 
^Niis  peu  des  traces  du  séjour  que  firent 
Ib Romains  dans  ce  lieu,  entre  autres  un 
bs-rriief  représentant  un  sabre  et  un  hou- 
disrsntiques,  et  une  pierre  portant  cette 
■icripikm: 

n.  M,     . 

KT.   MBMORIAK. 

XVL.   ATTfOLI.   ET. 

XVI..  AVrTAl. 

coaivoxs. 

SIVS. 

B.  ni  w,  «. 


A  très-peu  de  distance  de  Bonnat,  ouïe- 
marque  Tancien  Cbatsav  na  BaAVVAst, 
agréablement  situé  sur  une  énUnenoe  au 
pied  de  laquelle  coule  la  petite  Crense, 
qui  y  fait  mouvoir  deux  beaux  moulîni. 
Il  existe  dans  ce  chAteau  deux  morceaux  de 
sculpture  qui  méritent  de  fixer  rattentioa 
des  archéologues:  ik  représentent  deos 
énormes  lions  dans  l'attitude  du  repos; 
leurs  formes  un  peu  grossières  et  qui  an- 
noncent l'enfance  de  Tart,  le  grain  du  gr*- 
nit,  leur  pose,  leur  parfaite  ressemblance 
avec  ceux  découverts  à  Toulx  et  à  Cham- 
bon  (voyez  ci-après  ces  mots),  semblent 
prouver  le  séjour  des  Romains,  ou  peut- 
être  d'un  peuple  plus  moderne,  dans  cette 
partie  du  département  de  la  Creuse. 

On  voit  aussi,  sur  le  ieiritoirede  Bonnat 
et  à  quelques  pas  de  la  route  qui  conduit 
à  Guéret,  un  autel  ancien,  de  forme  car- 
rée :  son  élévation,  qui  n'excède  pas  deux 
pieds  et  demi  au-dessus  du  sol;  U  ciselure 
en  creux  que  présentent  le  devant  tourné 
vers  l'ouest  et  les  deux  côtés  latéraux;  la 
nature  du  granit ,  pareil  à  celui  des  lions 
de  Beauvais,  attestent  qu'il  est  de  la  paérne 
époque.  Cet  autel  est  surmonté  d'une  colonne 
en  pierre  surmontée  d'une  croix,  qui  parait 
une  construction  plus  récente. 

CELLE-DUNOISE  (la).  Bourg  situé  à 
4  1.  i/a  de  Guéret.  Pop.  x,85ohab. 

CHAMBORANT.  Tillage  situé  près  de 
la  rive  droite  de  la  Gartempe,  a  5  1.  3/4  de 
Ouérel.  Pop.  700  hab.  On  y  voit  les  restes 
imposants  d'un  vaste  et  fort  chAteau.  Ber- 
ceau de  l'illustre  maison  de  Chamborant. 


CHAPELLE-TAILLEFER  (la).  Bourg 
agréablement  situé  sur  la  Gartempe,  à 
a  I.  i/a  de  Guéret.  Pop.  700  hab.  Il  y 
avait  autrefois  un  château  fort,  où  na- 
quit le  cardinal  Pierre  de  la  Chapelle,  dont 
on  voyait  naguère  le  tombeau  dans  Té- 
glise  paroissiale  du  bourg. 

CHENIERS.  Joli  bourg  situé  sor  la 
petite  Creiue,  à  5  1.  x/4  de  Guéret.  Pop. 
x,5io  hab. 


CROZANT.  "^^llage  situé  an 


«  DÉPARtKMENT 

iblaSéd»He«t  de  liQMaâe.è^i.S/ideGué- 
rBt*  Pofkt  ISO  Inb. 

Oè  ^lUigè  possède  les  restes  imposaats 
d'us  âneiMÉ  diAteaii  ftirt,  oA  Vùh  iperçôit 
en  tncm  d'architeeture  roitoaine  et  pi- 
cUifve.  flous  les  rolsd'AqiuiUùtie,  le  ebAleeu 
de  (M»Bht  était  un  ttanoir  n^àl,  (i)ui  dé- 
Mok  eMttli»  tt  propriété  de»  eomtes  de  h 
Afartbe^  lesquels  y  faiêekot  èduTétit  leur 
«éiidtnce,  II  ait  bAtl  sur  le  bomihét  d'uile 
«ontagnairès^escorpéei  faériiiée  derocèérs 
•gpaaiiiqucs,  et  él<té«  de  près  de  ^oo  pieds 
«HieisuB  du  niveau  dés  eaux  des  deui  H^ 
tièria*  Plusteon  parties  des  murs  ont  vingt 
pieds  d^épaissettr.  L^ent^ée  était  défendue 
par  ua  peut' levfs,  qui  aboutissait  à  oiie 
vaste  cour  fermée,  d'bù  l'on  pa&saît  dans 
une  seconde  cour  oi*i  Ton  trouve  un  puits 
profond,  de  forme  conique,  fait  avec  beau- 
coup d*art.  Près  de  ce  puits,  est  une  lour 
carrée,  haute  d*environ  70  pieds  et  bâtie 
sur  le  roc  ;  plus  loin,  sont  cinq  autres  gran- 
des tours,  deui  carrées  et  trois  rondes, 
entré  lesquelles  existaient  des  édifices  qui 
ne  présentent  plus  que  des  mines.  L'une 
des  tours  est  fort  belle,  et  flanquée  vers  te 
iiDrd-«st  d*une  autre  tour  carrée  de  même 
hauteur,  mais  bien  moins  large  et  moins 
épaisse,  dans  laquelle  est  pratiqué  un  es- 
calier fort  élégant,  par  le  moyen  duquel 
on  pouvait  puiser  dans  la  Creuse  toute 
Peau  nécessaire  à  la  consommation  des 
habitants  de  cette  forteresse,  qui  pouvait 
contenir  une  garnison  de  10,000  hommes  ; 
plus  de  6,000  pouvaient  manœuvrer  aisé- 
ment dans  Tune  des  places  d'armes.  Le  châ- 
teau de  Crozant  passait  pour  imprenable 
avant  Tinvention  de  la  poudre;  il  fut  dé- 
moli en  grande  partie  sous  le  ministère  du 
cardinal  de  Biehelteu.  —  Aux  environs , 
mine  de  cuivre  non  exploitée. 

DUN-LE-PALLETEAU.  Bomrg  très- 
ancien,  situé  i  5  1.  de  Guéret.  Pop.  x386 
liab.  C'était  une  forteresse  importante  dès 
i*an  5o6,  époque  où  une  armée  romaine 
assiégea  et  détruisit  son  château,  où  elle 
Ut  plua  de  S,ooo  prisonniers. 

GERMAlif-BEAtTPRÉ  (SAIXT  •)  Bourg 
silnc  a  7  1.  x/4  de  Guéret.  Pop.  400  hab. 
on  raviarqun  à  Sainl-Oermein  un  beau 


DE  LA  CREUSE, 
château  flanqué  de  tottft,  bâti  auboHdMB 
étartg ,  entre  une  beHe  forêt  et  d'inunenstt 
prairies  :  it  est  entouré  dt  fbaaés  dont  la 
murs  très-épais  aont  aussi  flanqués  depli» 
sieurs  mars.  ld^<*  de  Mofttpensier  Ait  exiie 
tfaitt  oé  cbàtéau>  qtii  a  ^é  èmaû  habile 
par  Hiinri  IT  :  on  monthe  enoôré  Tappir- 
tétoieilt  qil'biicupa  M  n>iMhaH)n«,  èl  dans  le- 
quel se  tfoti^  sOn  portrait.  D'antres  fot- 
traib  représentent  lei  enlauU  de  ee  roi  « 
les  seianeurs  qiil  i*aocDmpagttaîeAL  Ott  mil 
dans  difftuttts  apparttrmenta  nn  bcnn  por- 
trait en  pied  de  Lonis  XIY,  peint  à  IIAge  de 
aouante  atis  ;  les  portraits  de  madaue  et 
Montéspan,  de  madame  de  Mainteoon,  de 
mesdames  de  Mailly,  de  b  Tontneile,  de 
Châteauroux  ;  enfin,  ceux  d'un  grand  nom- 
bre de  seigneurs  et  de  dames  de  la  maison 
de  Foucaud  de  Saint-Germain ,  éteinte 
aujourd'hui.  Une  belle  orangerie,  de  vastes 
Jardins,  un  étang  considérable  et  une 
grande  forèl,  font  de  cette  propriété  une 
des  plus  belles  habitations  de  la  province. 

GRAHB-BOCRG-SALAGlfAC.  Boarg 
situé  dans  une  riche  et  fertile  tootrée,  près 
de  la  rive  gauche  de  la  Gartempe,  à  4  L  i^ 
de  Guéret.  Pop.  2,646  bah.-— /'o^nytnrda 
toiles. — Commerce  de  chanvre  et  de  lU. 

«ciBBT.  Jolie  ville.  Chef^licn  dn  dé- 
partement* Tribunal  de  première  inaUaau 
Société  d'agriculture.  Collège  ro}aL  (S  ty 
Pop.  3,931  hab. 

Guéret  doit  son  origioeà  un  couvent  fondé 
en  ce  lieu  vers  Tan  7^01  par  saint  Pardoux, 
autour  duquel  se  forma  une  petite  ville  dont 
le  nombre  des  maisons  s'atigmenta  considé- 
rablement par  le  séjour  qu'y  firent  les  com- 
tea  de  la  Marche.  On  y  vnit  eoeom  uœ 
partie  du  château  où  aéjourna  Charks  VII, 
lorsqu'il  poursuivait  le  dauphin,  son  fila»  tn 
guerre  ouverte  contre  lui.  Guéret  était  a«- 
Irefois  une  place  bien  fortifiée,  eoiôurée  dn 
aurai  Iles  flanquées  de  tours,  qui  exiilCBl 
encore  en  partie.  Cette  ville  est  agréabi»» 
ment  située  sur  le  penchant  d*une  colline, 
entre  deux  montagnes,  non  loin  de  la  source 
de  la  Gartempe  ;  les  rues,  sans  être  bien  per- 
cées,  sont  cependant  assez  I)elles,  propres,  ci 
décorées  de  plusieurs  fontaines  dont  les  eaux 
sont  abondantes  et  de  bonne  qiuJité  ;  lea 


^J 


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ARJlONDlSSKMKiST  D^^UltUSSOX. 


flteat  publiqoeB  Mot  fort  joUes  et  ]t$  pro- 
■coades  wf^imhkm.  On  y  lonarque  rbdtd 
dt  h  préfecture  ;  la  bibliothèque ,  renfer- 
muA  4»5oo  «olumei  ;  le  ooUégé  ;  la  pé|ii- 
nière  dèpertemeniik  \  la  priton  ;  rhôpiial^ 
d  tme  oMusoii  de  luité  pour  lei  alîéoéi* 

Patrie  â^A.trtoiiie  Yarillas,  historien;  de 
Pardou  Doprat ,  jurisconsulte. 

r  de  bestiaux  et  d^objets  de  con- 
^A  99U  de  LinM^ges, 
19  J.  deChàieniirolu,  86  L  de  Puu.^ffd- 
teis  àa  Lion  d'or,  de  Saint-François,  de  la 


HOUnCK-I^AHCH.  Bonrg  situé  à  4 1. 
^4  de  Cuéret.  Pop.  5oo  bab.  Il  est  bâU 
dans  une  situation  pittoresque,  tu  milieu  de 
ncfacn  escarpés ,  sur  la  Creuse,  que  Ton 
Haverse  sur  un  beau  pont. 

PtOKSf  AT.  Bourg  situé  à  ^  L  de  Onéret 
Pop.  a.Soo  hab. 

Véglise  paroisstale  de  ce  bourg  renfermait 
antreCois  le  tombeau  en  marbre  blanc  de 
Vmxrd  d^ Armagnac,  dont  les  ancêtres  pos- 
sédaient à  Ternes  un  château  fort  détruit 
depuis  de  bogues  années. 


SOUTERRAINE  (la).  Petite  ville  bâtie 
dans  une  jolie  situation,  sur  la  Sedelle,  à 
7  L  3/4  de  Guéret.  CSI  Pop.  2,931  hab. 

Cette  TÎlle,  nommée  en  latin  Subttrranoi 
et  Sattertanêm  »  existait  du  temps  des  Eo- 
mains.  Gérard  de  Croyant  la  donna,  en  ioç5 
ou  ioi6,  au  aonasière  de  Saint- Martial  de 
limigeib  ht  emnte  de  la  Maiciie  l'assicgea, 
la  prit,  et  en  démolit  les  murs,  en  xao?» 
On  voyait  jadis  à  peu  de  disîanœ  le  château 
des  TÎcomies  de  Bridiers,  assez  célèbre  dans 
l'histoire  militaire;  non  loin  de  là  était  la 
TÎiie  de  Breide,  détruite  par  Pépin,  Tille 
par  où  passait  le  chemin  de  Prœlorium  à 
Argenton. 

On  doit  visiter  aux  enyirops  de  la  Sou- 
lerraioe  une  excai-ation  profonde  où  se 
trouve  un  cours  d'eau  souterrain  sur  le- 
quel a  été  construit  un  moulin. 

A&rf^tfM  de  toiles»— ONiuMref  de  fil  et 
de  chanvre. 

TAULRT  (SAINT-).  Petite  ville,  située 
à  a  1.  1/3  de  Guéret.  Pop.  a,3o6  hab.  Celte 
ville  doit  son  origine  à  saint  Taulry  ,  qui 
se  retira  dans  ce  lieu  et  y  vécut  dans  la  so- 
litude, au  commencement  du  VII*  siècle. 


ARRONDISSEMENT  D*AUBUSSON. 


AUBCrSSGH.  Tille  ancienne.  Chef-lieu 
de  soiia-préfecture.  Tribunal  de  première 
instance.  IS  K^  Pop.  4*847  hab. 

Une  opifiioii  nsez  répandat  et  aises  vrai- 
smbbMe  rapporte  au  commencement  du 
TOP  siècle  rorigine  de  la  ville  d'Aubusson. 
Il  n'y  a^ait  sJofi  dans  le  lieu  qu*elle  occupe 
qn'uo  chétean  fort,  dont  la  tradition  fait 
lemovCer  laeonitruetion  an  temps  de  César, 
et  qui  Alt  blll,  suivant  toute  apparence,  par 
deux  léifiona  que  plaça  le  conquérant  sur  la 
frontièfe  des  Lemovices,  non  loin  des  Aver- 
niens.  Il  était  naturel  en  effet  que  ces  lé- 
sions se  fortifiMsent  contre  les  attaques  dont 
eOes  pouvaient  devenir  t  objet  ;  et  le  rocher 
nirleqfièl  Ait  élevé  ce  fort,  étant  à  peu  près 
an  miBeu  de  la  ligne  qu*ellea  formaient , 
pouvait  on  ne  peut  mieux  convenir  à  ce 
deiaéifi.  Aprèa  b  défaite  d'Abdérame  par 


Charles-Martel,  le  hasard  voDlut  qn^]D  ^arti 
de  Sarrasins  échappé  au  carnage  arrivât  aux 
environs  de  cette  forteresse;  il  y  avait  parmi 
eux  des  tanneurs,  des  tapissiers  et  des  tein- 
turiers qui,  trouvant  la  position  favorable  a 
Texercice  des  arts  dans  lesquels  ils  avaient 
été  élevés ,  et  les  eaux  excellentes  pour  la 
teiuture des  laines  et  la  pré|>aration  des  cuirs, 
se  fixèrent  auprès  du  château ,  avec  Tagré- 
ment  du  seigneur,  qui  crut  devoir  protéger 
cette  industrie  naissBote«  à  laqueUe  la  ville 
d'Aubusson  doit  aon  origine  et  sa  prospé- 
rité. 

Le  châtean  d^Aubnsson,  Tua  des  plus  con- 
sidérables et  des  plus  forts  de  b  province , 
était  environné  de  mnrailks  flanquées  de 
tours  et  baignées  par  les  eaux  de  ia  Creuse  ; 
il  renfermasl  dans  son  enceinte  extérieure 
de  vastes  bâtiments ,  un  .monastère  et  plu- 


8  DÉPARTEMENl' 

sieurs  églises  (w>jr,  kt  gravure).  On  voit  en- 
core de  belles  ruines  de  ce  château ,  où  Ton 
aperçoit  des  traoes  de  construction  romaine; 
il  appartenait  à  TiUustre  maison  d'Auboason, 
et  fut  démoli  ea  x636,  par  ordre  du  oaidi- 
nal  de  Richelieu.  On  y  a  trouvé  une  grande 
quantité  de  médailles  romaines,  et  diferses 
pièces  de  monnaie  des  prvmicrs  âges  de  la^ 
monarchie  française. 

La  YiUe  d'Aubusson  est  située  au  snlien 
d'une  contrée  aride  et  inculte,  dans  une 
gorge  entourée  de  montagnes  et  de  rochers 
qui  en  rendent  Taspect  très-pittoresque.  SUe 
est  traversée  par  la  Creuse,  et  n*offre  qu*ttne 
seule  rue  assez  bien  bâtie.  Depuis  quelques 
années,  on  y  a  construit  plusieurs  nouveaux 
édifices  et  de  fort  belles  maisons  ;  amélio- 
rations que  cette  ville  doit  à  l'industrie  ma- 
nufacturière et  commerciale  de  ses  habitants, 
et  principalement  à  ses  importantes  manu- 
factures de  tapis,  dont  les  produits  sont 
recherchés  avec  empressement  pour  la  ri- 
chesse des  couleurs  et  la  correction  des  des- 
sins. 

On  assure  que  la  population  d'Aubusson 
était  sous  le  ministère  de  Colbert  de  x  a,ooo  h. 
La  révocation  de  Tédit  de  Nantes  porta  le 
plus  grand  coup  â  sa  prospérité  ;  un  grand 
nombre  de  négociants ,  de  fabricants  et  de 
diefs  d^alelier,  se  réfugia  a  Genève  et  en 
Allemagne ,  où  quelques-uns  se  sont  distin- 
gués comme  ministres  de  Tévangile  ,  ou 
comme  auteurs  de  sermons  et  d'écrits  polé- 
miques sur  la  religion  :  on  die  entre  autres 
Fajon  et  Barrabaud.  En  1793  ou  1794,  le 
premier  bataillon  de  la  Creuse  trouva,  dans 
le  cercle  du  Bas-Biiin ,  uii  village  dont  les 
habitants  pariaient  encore  le  patois  de  la 
Marche. 

Aubosson  possède  une  salle  de  spectacle; 
un  cercle  littéraire  et  des  bains  publics. 

Fahriquet  de  draps  communs,  bouracans, 
siamoises,  tapis  de  table  et  de  pied.  Fila- 
tures hydrauliques  de  laine  et  de  coton;  tein- 
tureries ;  tanneries.  —  Manufacture  royale 
de  tapisseries  de  haute  lisse  et  de  tapis  façon  ' 
de  Turquie. — Commercé  et  entrepôt  de  sel, 
que  l'on  expédie  pour  les  villes  environ- 
nantes. 

A  9  I.  de  Guéret,  9  I.  de  Bourganeuf, 


I>E  LA  CREUSE. 
17  1.  de  Clermont,  95  I.  de  Paris. — BéÊA 
du  Lion  d'or ,  du  Grand  i 


▲ITZANCE.  Petite  ville  située  sur  ua 
coteau  environné  d*étangs,  près  de  la  nie 
gauche  et  non  loin  de  la  source  do  Cher, 
à  fi  1.  3/4  d'Aubusson.  Pop.  i,a5i  liab.  — 
Commerce  de  toiles,  fil,  chanvre,  laines, 
plumes ,  cuirs ,  etc. 


BBLLEOARDB.  Petite  ville  1 
une  contrée  agreste,  à  a  L  i/a  < 
Pop.  868  hab. 

Bellegarde  était  autrefob  1 
de  murs ,  qui  n'ont  été  détruits  que  ' 
fin  du  nècle  dernier;  il  y  a  même  k  [ 
trente  ans  que  Ton  a  démoli  les  deux  pria- 
cipales  portes. 

C^tte  ville  est  bâtie  dans  une  aitnatifla 
agréable ,  sur  le  penchant  d'un  ooteaa ,  et 
défendue  des' vents  du  nord  par  la  BAonla- 
gne  dite  du  Château ,  où  s'élevait  jadis  uns 
forteresse  détruite,  dit-on,  par  les  Sarrasins; 
une  autre  montagne,  couverte  d'un  bois  tail- 
lis ,  l'abrite  des  ouragans  du  sud-ouest ,  en 
sorte  qu'elle  n'a  que  l'exposition  du  sud  et 
de  l'est  :  l'air  qu'on  y  respire  est  par  et 
très-salutaire  ;  les  eaux  sont  d'une  esoeHenls 
qualité ,  et  il  n'est  pas  rare  que  la  vie  sNf 
prolonge  au-delà  d'un  siècle.  On  y  remarque 
une  tour  très-ancienne ,  qui  atteste  par  sa 
construction  que  Bellegarde  était  très-icrti» 
fiée  et  capable  de  soutenir  un  siège. — Com- 
merce de  grains,  cuirs  et  bestiaux. — Mai^ 
chés  meusuels  très-fréquentés. 

GH1ÉNI&RAILLBS.  Très-andeane  vîBe , 
située  à  4  I-  d'Aubusson.  Pop.  r,oa8  habu 

L'origine  de  cette  ville  remonte  au  temps 
des  Romains,  ainsi  que  le  prouvent  plïh 
sieurs  urnes  pleines  de  cendres,  de  BMdail- 
les  des  empereurs  Maxinûen,  Gallien,  Gor- 
dius,  Licinius  et  autres,  qu'on  y  a  trouvées,  i 
C'était  autrefois  une  ville  forte,  au  milieo  | 
de  laquelle  il  y  avait  une  roche  élevée,  dont  \ 
le  sommet  était  couronné  par  un  château  . 
détruit  depuis  long-temps,  et  dont  rempla- 
cement est  occupé  par  l'église  paroissiale. 
Cette  ville  souffrit  beaucoup  de  la  guerre 
des  Anglais,  an  commencement  du  XV*  sie 
de,  et  fut  même  presque  entièrement  dé 
truite;  mais  Bernard  et  Jacques  d'Ani^aiC> 


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AR&ONDISSBMENT  D'AUBUSSON. 
MlM  et  h  VhtIw  ,  b  firent  reconilniire 
I  Tn  Uio  à  1440.  Le  premier  de  cet 
iBics  confimia  plusieurs  privilèges  qui 
■ieat  élê  ■ooonlés  à  Chénérailles  ea  xa65, 
Ir  Hipies  Xn  de  Losiguui ,  dans  une 
ble  écrite  en  rieox  langage.  En  xSga , 
ne  tîlk  soutint  on  siège  pour  la  ligue  ; 
le  oppon  inx  rojalisles  une  rigoureuse 
iMiaoee,  ne  se  rendit  qu'après  un  blocus 
l  hiA  fflob,  et  lorsque  la  garnison  et  les 
èilants  eurent  épuisé  tous  leurs  moyens 
{ aiUsIaoce. — Commerce  considérable  de 


CLA11UTAUX.  Village  situé  à  5 1.  d'Au- 
poa.  Pop.  750  hab.  C'était  autrefois  une 
te  usa  considénble ,  à  laquelle  Imbert 
;  Ifenjeo  accorda  diverses  franchises  en 
p.  On  ptésume  que  celte  riUe,  qui  n*est 
ftÊouA  qu^un  triste  village ,  a  été  dé- 
lite Ion  dé  rinvasion  des  Anglais ,  vers 
■iliea  du  XV«  siéde. 

COUITINK  (l>)'  Jo^i  houT%  ,  situé  à 
L  3/4  d'Aubiisson.  Pop.  84a  hab.— Cbm- 
ne  de  bestiaux. 

CEOCQ.  Pelite  rille  très-ancienne,  si- 
ée ta  sommet  d^une  montagne  élevée,  sur 
Tarde,  à4L  3/4  d*Aubusson.  Pop.  757 
ibitants. 

Cette  ville  a'a  jamais  été  considérable  par 
^popnblioB  ni  par  ses  établissements  ;  ce- 
Âànt,  M  posiiion,  et  un  château  assez 
■I fortifié,  qui  la  défendait,  ont  dû  la 
■s  regarder  dans  les  temps  anciens  comme 
Itpbcc  de  guerre  importante.  La  tradi- 
N  rapporte  qu'elle  doit  son  origine  à  des 
^  de  Pexpédîtion  de  Crocus ,  roi  des 
l^nands.  On  ne  sait  rien  de  ce  qu'dle 
I  «MB  les  Romains;  sa  position  porte  k 
^  qu'elle  était  une  des  places  frontières 
■Ire  Ws  Lraiovioes  et  les  Arvemes  ;  on 
^o^  aux  eovirons  des  vestiges  de  monu- 
KMs  dW  haute  antiquité,  et  non  loin  de 
ii  <hns  un  bois  appelé  le  bois  d'Urbe ,  un 
Bhia  as«i  bien  conservé. 
I^^He  proprement  dite  fut  entourée  de 
Vailles  au  commencement  du  XV*  siècle; 
|k  ^étcadait  vers  le  midi ,  sur  le  penchant 
^ ^.moBUigne ,  an  sommet  de  laquelle  s'é- 
i**le  chAtean;  réduite  à  cette  enceinte, 


ce  n  eiait ,  a  proprement  parler ,  qu'on 
fort  correspondant  à  celui  de  Saint-Geor^ 
ges  Nigremont  ,  aujourd'hui  détruit,  et 
à  celui  de  Sermur  ,  dont  U  tour  s'est 
parfaitement  conservée.  L'accès  des  mu- 
railles était  défendu  par  un  fossé  large  et 
profond  qu'on  voit  encore,  quoiqu'il  soit 
à  demi  comblé.  On  y  entrait  par  quatre 
portes. 

Dès  l'année  x4a3,  les  habitanude  Grocq 
avaient  obtenu  Uk  permission  de  clore  leur 
ville  de  murailles,  tours  et  fossés;  et  des 
lettres  de  Charles  YII,  de  Tannée  1426, 
portent  affranchissement  de  tous  subsides 
{jour  huit  ans ,  à  l'effet  de  leur  donner  les 
moyens  de  parachever  les  fortifications,  rui- 
nées par  le  passage  des  troupes. 

En  iSga ,  au  commencement  du  règne  de 
Henri  IV ,  la  ville  de  Crocq  fut  le  berceau 
d'une  insurrection  qui  s'étendit  bientôt  dans 
les  provinces  voisines,  et  qu'on  ne  pot  ré- 
primer qu'avec  des  forces  considérables, 
dirigées  par  d'habiles  généraux.  Les  insurgés 
envoyaient  dans  les  paroisses  des  espèces  de 
manifestes  ainsi  conçus  : 

«  Communes  assemblées. 

«  Messieurs,  nous  vous  mettons  au  rang  des 
«  gens  de  bien;  voilà  pourquoi  nousvous  tarions 
«  de  vous  armer  incontinent ,  comme  nous , 
«  pour  la  juste  et  sainte  occasion  que  nous  en 
«avons,et  nousempécheronset  ériierons  mille 
«  voleries  et  assassinats,  exactions,  pilleries  et 
«  pétardement  qu'ont  accoutumé  de  (aire  par 
«  cy-devant  un  las  de  voleurs  et  de  brideva- 
«  ches,  et  nos  bergers  garderont  nos  vaches, 
«  et  nous  mangerons  notre  pain  sans  être 
«  plus  gênés  et  tyrannisés  ,  comme  nous 
«  avons  été  par  cy-devant,  et  ce  faisant,  nous 
«  ne  pourrons  faillir  que  ne  teuions  la  pro- 
«  vince  en  paix  sous  l'obéissance  de  Dieu  et 
«  du  roi  ;  vous  protestant,  où  vous  n'obéirei 
«  pas  au  contenu  ci-dessus ,  que  vous  nous 
«  aurez  ordinairement  sur  les  bras ,  et  vous 
«  prendrons  tous  vos  biens.  » 

Les  Croquants  furent  défaits  en  1596, 
par  Chambert  ou  Chambaut,  gouverneur  du 
Limousin,  aidé  du  sieur  Albain,  gouvenieur 
de  la  Marche,  et  du  maréchal  de  Matignon. 

En  1771,  le  clianœlier  Maupeou  fit  exiler 
k  Crooq  M.  Clément  FeuiUelte,  l'un  dea  m«« 


12  DÉPARTEMEOT 

plectiqnes,  toutes  les  maladies  cutanées,  les 
chloroses,  les  gastrites,  entérites  chroniques, 
sont  les  maladies  qui,  soumises  à  Taction  de 
ces  eaux,  sont  la  plupart  du  temps  guéries. 

Mode  D'ADiitiriSTRATioii.  On  administre 
les  eaux  d'Évaux  en  boisson  à  la  dose  d'un 
▼erre  jusqu*à  six,  pris  de  demi-heure  en 
demi-heure  et  le  plus  chaud  possible,  lou- 
jours  après  le  lever  du  soleil  ;  des  bains  de 
a8  à  3o  **  où  l'on  reste  depuis  une  demi- 
heure  jusqu*à  trois  quarts  d'heure,  des  dou- 
ches plus  ou  moins  répétées ,  suivant  l'état 
du  malade ,  forment  tout  le  mode  d*admi- 
nistration  de  ces  eaux. 

FELLETIN.  Petite  ville ,  située  à  a  1. 
d'Aubu$son.  Collège  communal.  El  Pop. 
3,aa8  hab. 

Felletin  est  une  fort  ancienne  ville,  bâtie 
dans  une  situation  agréable  et  riante,  sur 
le  penchant  d'un  coteau  aà  pied  duquel 
coule  la  Creuse.  Elle  est  désignée  dans  la 
•mble  dePeulingcr  et  dans  l'Ilinéraire  d'An- 
tonin  sous  le  nom  â^Jristodunum;  Vénus 
y  éUit  jadis  adorée  sous  le  surnom  de  Félix, 
comme  principe  de  la  fécondation  univer- 
selle, dans  un  édiûce  cuneiîx,  qui  aurait 
mérité  d'être  conservé,  et  dont  M.  de  Mio- 
mandre,  créateur  d'une  belle  manufacture 
de  papier,  établie  en  1808  dans  cette  ville, 
a  donné  la  description.  Cet  édifice,  dont  on 
avait  fait  une  caserne  pour  des  prisonniers 
autrichiens,  a  été  d'abord  incendié;  depuis 
il  a  été  démoli  de  fond  en  comble.  Il  avait 
servi  loug-teinps  d'église  paroissiale,  et  n'é- 
tait ni  de  forme -ni  d'architecture  gothiques; 
c'était  un  bâtiment  à  doubles  nets  égales , 
séparées  par  des  piliers  irès-inassifs ,  qui 
supportaient  la  voûte  et  la  partageaient;  il 
s'élevait  sur  une  hauteur  où  existe  aujour- 
d'hui le  faubourg  de  Felletin,  et  par  consé- 
quent était  assez  éloigné  de  la  ville.  On  y 
remarquait  autrefois  une  espèce  de  clocher 
qui  n'était  point  sur  l'église,  mais  à  coté,  ce 
qui  semblerait  prouver  qu'il  n'avait  été 
adapté  à  l^ificc  qu'après  sa  consécration 
au  culte  catholique.  Les  piliers  qui  soute- 
naient la  voûte  avaient  la  forme  ronde  des 
colonnes,  mais  sans  proportions  qui  les  rat- 
tachassent à  aucun  ordre.  En  avant  de  la 


DE  LA  CREUSE, 
porte  se  trouvait  une  tourelle  qui  < 
avoir  servi  de  Canal. 

Cette  ville  est  dominée  par  me  imm 
montagne,  sur  le  sommet  de  laquelle  rnÊ^ 
autrefois  un  château  désigné  acMia  le  nom^ 
la  Tour,  où  résidait  quelquefois  Oiengai^ 
comtesse  de  la  Marche,  qui  affiranrlkit  | 
habiUnU  de  Felletin  de  plusieun  îmfèk 
notamment  de  celui  que  les  seigneurs  i 
Felletin  levaient  sur  les  femmes  acooucfaéfl 
impôt  singulièrement  odieux,  dont  la  M 
avait  donné  lieu  à  plusieurs  violenoes  de  1 
part  des  officiers  chargés  de  le  pciuieâi 
Orengarde  en  &t  la  remise  à  toutes  kafoi 
mes,  sous  la  condition  de  porter,  cd  téà 
vant  de  couche,  une  offrande  d'huile  poi 
l'entretien  de  la  lampe  de  l'autel. 

En  I  ia8,  la  ville  de  Felletin  fut  FRsqg 
entièrement  consumée  j>ar  un  incendie.  ^ 
même  malheur  la  ruina  de  nouveau  en  194I 
toutefois  elle  se  releva  promptement  par  «| 
active  industrie,  et  avait  déjà,  dés  le  JLli 
siècle,  des  manufactures  de  draps  assez  îa 
portantes. 

Felletin  est  la  patrie  de  Quinanlt,  poèl 
lyrique,  mort  à  Paris  en  1680. 

Fabriques  de  draps ,  siamoises.  Bfaooite 
tures  considérables  de  tapis  ras  et  velouléi 
moquettes,  tapis  jaspés  à  rouleaux,  qui  ri 
valiseni  avec  les  manufactures  d'Aubusson 
Filatures  de  laines.  Tanneries.  Tcintureriei 
Belle  papeterie. — Commerce  de  sel,  bcstiauxi 
Entrepôt  de  Lyon  et  Bordeaux. — HôieU  di 
Saint-Pierre,  de  Notre-Dame,  du  Dauphîa 

GKNTIOVX.  Village  situé  à  6  L  d*Aa 
busson.  Pop.  a,o33  hab. 

MARTIAL-LE-MONT  (SAIHT-).  Vil 
lage  situé  sur  la  rive  gauche  de  la  Creuse, 
3  1.  d'Aubusson.  Pop.  75o  hab.  —  Expld 
talion  de  houille. 

lŒOIJX.  Village  situé  à  a  1.  d^Anbussol 
Pop.  1,1  «o  hab.  C'était  autrefois  une  asai 
jolie  ville  avec  un  château  qui  renfenndl 
plusieurs  tombenux  d'une  haute  antiquité 
où  l'on  a  trouvé  des  médailles  roroaineft 
des  urnes  lacrymatoires  et  plusieurs  anivé 
objets. 

ROCHE- ATMON  (la).  Village  siloéi 


s^ 


ARRONDISSEMENT  DE  BOURGANEUF. 


13 


I  qnrt  de  lieue  d*Évaux.  On  y  remarque 
\  rates  d'tto  ancien  cbAleau  célèbre  par 
iiDtiiiuité,  par  lesaveulures  romanesques 
jM  il  a  été  le  sujet ,  et  par  Taucienne  fa- 
ie  t  Iiqnelle  il  a  donné  son  nom. 

SUIUB.  Bourg  situé  à  5L  d^Aubusson. 
9f.  loohab.  Il  étail  autrefois  défendu  par 
icfailcaflfort  dont  il  reste  encore  uue 
i  sur  le  point  le  plus  élevé  du 
.  Les  Anglai*  se  rendirent  maî- 


tres de  ce  château  en  x 357,  où  ils  mirent 
tout  à  feu  et  à  sang. 

SCLPICE- LES -CHAMPS  (SAINT-). 

▼illage  situé  à  3  1.  x/4  d'Aubusson.  Pop. 
1,143  hab. 

YALLIÉRE.  JoU  bourg  situé  à  3 1.  d*Au- 
busson.  Pop.  2,448  hab. —  Commerce  con- 
sidérable de  bestiaux  que  Ton  élève  dans 
les  environs. 


ARRONDISSEMENT  DE  BOURGANEUF. 


wtsivWBST.  Petite  TÎHe  située  à  51.  i/a 
iBoorgsoeiif.  Pop.  c,42*  hab.  Elle  por- 
It  jadis  le  nom  de  Seî;unzelas,  et  doit  le 
m  qu'efle  porte  aujourd'hui  à  une  abbaye 
rite  en  1080,  où  Ton  appoHa  de  Béoé- 
k,ta  Italie,  les  reliques  de  saint  fiar- 
Uaaif.  ->  Fahriquts  de  toiles,  chandelles 
iÎKCs,  briques,  cordages.— Commerce  de 
■X  bniles,  chiffons ,  bestiaux ,  «tfir 

lOUlCAHEVr.  Petite  ville  fort  an- 
■ne.  QieMien  de  so«fr-préfecture.  Tri- 
pDil  de  première  instance.  IS  ^O^  Pop. 
149  W». 

Crtte  fille  est  bàlie  dans  one  position 
pèsbie,  sur  ane  éminence,  près  de  la  rive 
iKbe  dfl  Tanrion.  Elle  est  célèbre  par  le 
jiv  qu'y  fit  le  prince  Ziaûni,  fils  de  Ma- 
IM  II,  qui  fut  vaincu  par  Bajaset  H»  son 
ht  paioé,  auquel  il  disputa,  la  couroi^ 
ifempire  ottoman.  Le  grand-roaitre.de 
lidre  de  Saiot-Jean  de  Jérusalem,  Pierre 
Miissoo,  lui  avait  d^abord  douné  un 
pidans  nie  de  Rhodes;  ensuite,  pour  le 
|Htie  à  Talvi  dei  embûches  de  ftajazet,  il 
iit  pisser  en  France,  et  l'envoya  au  chA- 
K  de  Rochechiiiard ,  en  Daupliiué,  d'où 
bt  transféré  au  grand-prieuré  de  Bourg»* 
«{,  dont  Pierre  d'Aubus&on  était  comman- 
Mr.  Ziiini,  arrivé  dans  ce  lieu,  y  fut  gardé 
^'«1  momeni  où  il  fut  remis,  en  1489, 
Vr  les  maios  des  ageuis  du  pape  Inno- 
MVin.  A  la  iQori  de. ce  pape,  Tiufame 
NandreVI,  son  successeur,  au  lieu  de 
nv  Zizim  au  roi  de  France ,  aiusi  qu'il 
y  ctûi  obligé,  l'empoisonna  pour  3oo,ooo 


ducats  qu'il  feçnt  de  R^jazet.  C'est  a  ce 
prince  otiomaii  qu'on  attribue  la  construc- 
tion d'une  )a*osse  tour  fort  élevée  qu'on  re- 
marque à-Bourganeuf  et  qui  porle  son  nom. 
Cette  tour,  toute  revêtue  de  pierres  taillées 
en  bossage ,  est  reniaïqualile  par  sa  forme 
et  sa  soKdité;  on  a  pratiqué  dans  l'épais- 
aeur  des  murailles  un  fort  bel  escalier  tour- 
nant, en  eoqiiille  de  limaçon,  par  lequel  on 
■IMinte  jusqu'au. sommet,  qui  est  couronné 
par  une  plate-forme,  que  surmonte  aujour- 
d'hui une  toiture  conique.  L'iniérieur  est 
divisé  en  six  étages  ;  au  res  -  de  -  chaussée 
éiaieni  des  bains  que  le  prince  Zizim  avait 
fait  construire  à  la  manière  des  Orientaux. 

FaAriqufis  de  papiers  gris  et  d'impression. 
Manufacture  de  poivelaine. 

A  7  1«  t/%  de  Guéret,  xa  1.  de  Limoges, 
93  1.  i/a  de  Paris.  —  ffâtels  du  Soleil-d'or, 
de  la  Poste,  du  Lion  d'or. 

3ANAfI.LAC.  Village  situé  à  4  1.  de 
Boiirganeuf.  Pop.  i,a5o  hab.  C'est  la  patrie 
de  Tristan  l'Ermite ,  auteur  dramatique  da 
eommencement  du  XY II*  siècle;  on  a  de 
lui  un  roman  intitulé  ie  Page  disgracié,  où 
il  a  retracé  les  divers  événements  dont  sa 
rie  fut  agitée.  C'est  à  lui  qu'on  applique  ces 
▼ers  de  la  première  satire  de  Boîleau  : 

Mata  qai  n'étant  vêtu  que  de  timplr  borvan 
PaJM  l'été  MO»  ling*  et  l'hiver  »aiu  oiMiteaa. 

MAUSAT.  Village  situé  à  z  I.  de  Bour- 
ganeuf.  Pop.  440  hab.  On  remarque  aux 
environs  de  ce  village  les  vestij;es  d'un  édi- 
fice romain  où  l'on  a  trouvé  plusieurs  t 


14 


Dm^AaiKAiENX  W  tA  C&£(JSE. 


rwipliei  4e  caidrea  |  et  les  débris  d'une 
mosaïque  grossiènaneat  exécutée. 

FONTAEIOK.  Joli  bourg  «itué  tw  le 
Tftiirioa  fiai.  i/«  de  Bourgaueuf.  Pop. 
3o4  bab.  On  y  remarque  des  «outerraioi 
spacieux,  dont  les  voûtes  sont  soutenues  par 


des  piliers  d'une  grosseur  exti?onl'uM|j| 
les  ruines  d'un  pont  que  Ton  croit  4b 
struction  romaine. 

ROTArB.  Bourg  situé  à  5  L  vj 
Bourganeuf.  Pop.  a,5o6  bab.  — 
de  bestiaux. 


ARRONDISSEMENT  DE  BOUSSAC 


BOR1>4Anrr-eEOR61».  ViDa^Bsitaé 
à  3  1.  de  Boussi^c.  Pop.  900  bab. 

Cette  commune  possède  plusieurs  restes 
d'antiquités.  Au  bas  d'une  éminence,  nom- 
mée  la  Eocbe-de-Beaume ,  pressa  sommet 
de  la  montagne  de  Toulx ,  on  a  trouvé  les 
restes  d'un  bâtiment,  recouvert  de  quelques 
pouces  de  terre  végétale,  qui  annoncent  un 
édifice  carré  dont  chaque  face  avait  près  de 
60  pieds  de  longueur.  Après  Ul  porte  d'en- 
trée était  un  vestibule  demi-circulaire  de 
a4  pieds  de  diamètrt*,  au  fond  duquel  régnait 
un  corridor  de  4  pieds  de  large ,  communi- 
quant à  un  autre  par  où  on  faisait  inté- 
rieurement le  tour  de  Tédifice.  On  voit  aussi 
près  de  ce  village  de  longs  boyaux  de  60  k 
80  pieds  de  profondeur,  creusés  dans  le  tuf 
et  taillés  en  vodte  :  les  plus  grands  ont  à 
peine  3  pieds  de  largeur  sur  environ  5  pieds 
de  hauteur  ;  ils  ont  des  branches  latérales  ; 
presque  tous  ont  une  sorte  de  puits  à  leur 
extrémiié  inférieure,  oà  l'on  tronve  assez 
ordinairement  de  l'eau  en  toute  saison.  Ces 
cachettes  sont  très-souvent  sous  une  masse 
de  terre  de  la  pieds  d'épaisseur,  et  par 
conséquent  difficiles  à  rencontrer  :  elles  ser- 
vaient non-seulement  à  caclier  les  peuples, 
poursiiK-is  par  l'ennemi  lorsqu'ils  n'éiaieni 
pas  les  plus  forts,  mais  encore  dVmbuscade 
pow*  surprendre  ces  mêmes  ennemis. 

BOUSSAC  Petite  ville  fort  ancienne. 
Cbef-4ieu  de  sous  préfecture  dont  le  tribu- 
nal de  première  instance  est  à  Chambon. 
El  Pop.  879  bab. 

Cetio  ville  est  dans  une  situation  des  plus 
pittoresques ,  au  milieu  d'une  gorge  entou- 
rée de  montagnes,  de  rochers  ft  de  prcci- 
pîces,  au  confluent  du  Teron  et  de  In  petite 
Creuse*  Elle  est  bitie  sur  un  rocher  i:-(>^- 


esctrpé,  entourée  de  moraîDes 
tours ,  et  dominée  par  un  andeii 
qui  exiftait,  k  ee  que  Ton  assure,  avant 
cade,  sénateur  romain,  prince  de  Uét 
premier  seigneur  de  Boussac.  Jean  de 
ses,  maréchal  de  F^anoe,  ajouta  de  m 
les  constructions  à  ce  chfttean  en  1400. 
édifiée,  situé  sur  le  sommet  d^nn  raelMr 
trémement  élevé  au-deaou  de  la  pi 
Creuse,  offre  un  des  sites  les  plus  wit^ 
quables  du  déparlement;  sa  position , 
remparts ,  ses  tours  en  faisaient  non 
plus  fortes  places  du  XT"  siède  ;  les  apgl 
tements  en  sont  très-vastes;  les  aiws«  m 
struits  en  pierres  de  taille,  ont  partout  J 
pieds  d'épaisseur;   au  rez-de-chaussJe  « 
une  très-grande  salle  des  gardo§;  àdr4l 
et  à  gauche  sont  deux  su}>erbea  eataWlJ 
qui  communiquent  à  des  galènes  doolj 
n*existe  plus  que  quelques  parties  ;  n 
lieu  se  trouve  un  troisième  escalier  qui 
tJt  à  la  salle  de  réception,  où  l*on 
ciennes  tapisseries  turques,  qui  ■ 
les  appartements  de  Kinfortuné  Zixim 
CHi*iI  habitait  la  tour  de  Bourganeuf. 

Ce  qui  fnrme  aujounThni  Teneointe  i 
Boussac  était  la  place  dVmes  du  ehâlei 
Les  rues  de  cette  ville  sont  étroites,  tii 
escarpées,  et  bordées  de  maisons  génénl 
ment  mal  bâties  ;  on  n*y  parvient  en  voiU| 
que  par  un  seul  chemin  fort  étroit. 

Commerce  de  chevaux  et  de  bestianx.' 
neries  et  mégisseries.  —  A  9  I.  de  Gi 
83  1.  de  Paris. 

CH  AMBON.Peiite  ville  très-agréabl 
située,  dans  un  bassin  fertile,  sur  la  T 
un  peu  au-dessus  de  son  oon&nent  w 
Tarde,  à  6 1.  de  Boussae.  Tribunal  de 
niière  instance  de  Tarrondissement  aPo( 
r,r^6  hab. 


ARRONDISSEMENT  DE  BOGfôAa 


ts 


8nf«tlI.Biiraa]eD,  auteur  de  Bficlier- 

Rir  le  départemeikt  de  la 

élait  la  opitale  desGam- 

,  peuple  îndiqQé  àKoâ  la  Tàbltf 

Cot  Pendroit  de  Combitdlleë 

lephn  de  traces  do  peuple  tlûnt 

k  làe^Sea  :  <m  y  Toit  ^n  temple 

,  solidemeiit^eQitniit  en'^iiem  tail* 

midi,  et  qiâ'dans  Voriginé 

8BfBrt  parle  haut  ;  les  Romains  7  ajdtt' 

UDSToàte,  ainsi  que  Itattestent  1^ 

R^  fi%  y  emidoyèrent  :  <m  uèècoù-i^ 

rténs  Pipiisiem-  des  murailles  \m  esoa* 

réMé,  qui  deralt  servir  à  plos  d'an 

Rie.  Ce  temple,  qui  n'offre  intérieurement 

■  3a  pieds  de  long  sur  az  de  large,  lait 

fBvdliDi  paitie  de  l'église  de  Sainte-Ta- 

Bs,  H  forme  ladiapelle  de  cette  patrooe. 

iTPflède,  (âiambon  jouissail  d'une  si 

nierépatation  comme  Tille  forte,  qu'on 

taMporti  de  Limoges  les  rdiques  de 

JMeTakrie,  afin  de  les  soustraire  à  la 

psaté  de  Ghilpéric,  qui  ravageait  le  Li- 

MÛ.  Dsas  les  fouilles  fiûtes  en  i8o5,  on 

k«né  les  fiuidationa  de  l'enceinte  d'un 

Iktti  fort,  qui  occupait  le  terrain  que 

■«rent  sajoordlioi  la  maison  commune  et 

IfproneDsde  publique. 

Ias  de  la  guerre  ^e  la  Praguerie,  Char- 

piTn  fit  iwéger  Chambon  par  Xaintrailles 

I  ffaMors  astres  seigneurs ,  qui  avaient 

!%ooo  boaunes  sous  leurs  ordres.  La  Tilla 

Éprise  de  vire  force;  tous  les  habitanu 

!■  l'édi^pèrenl  se  réfugièrent  dans  la  tour 

ib  de  l'Horioge  f  et  payèrent  cent  marcs 

r«fmi  poor  leur  rançon.  —  Commerce  de 

et  "   * 


à  S  I.  de  Boussflc.  Bl  V  fbp.  i,3oo  faak 


'  CiATKLUS.  Joli  bomg,  situé  A  4  1«  de 

tPop.  1,094  bab.  Il  était  autrefois 
par  un  diitean  jqui  fut  pris  su^  les  li- 
*n  ptr  le  gouremeur  de  la  Marche  d*A- 
é^,  en  1591. 

lAlIAÇBS.  Jolie  petite  Tille,  bâtie  dans 
bt  igréable  situation ,  à  5  1.  de  Boussac. 
^  S45  bab.'  Elle  éuit  autrefois  fortifiée, 
i  fa  prise  en  iSqx,  pendant  les  guerres  de 
i%Qe. — Commerce  de  bestiaux,  beurre  et 


LéPAOBL'Joli  bomg,  eituésisr  w 
tour,  Ai^  L  de  BousaD.'BÉpc/4i»o  bab*  On 
3ir  vdt  oi  andén  chàtaait  bÊà  tn  briqnesi 
eè  lut  «aflée  en  tt^  U^.  de  Montpeiàîer 
aprèS'SNoir  laitthnar  le^ainaBi  ^»la  flaàliUe 
sur  leslsoiipes;dsl|;<eaui&  '- 


fiOCZOlV.  Peiite.yll]e  située  sur  laToiiise, 


.  SOftHUI  (&A4NT-).  TiUl«e  simé  à  $  h 
}fa  de  ^ôussac»  £op.  oSo  Itab»  On  jr .  voit 
1^  ruines  d'4ipoforta9rane  b4tie  par  U»  Af- 
mains^et  ré^blie  an  1 1  aoinaBQujbmme  ff  » 
duc  d'AïquilMue;  ea  qW';luv  fit  damier  le 
nom  de  GkâteaM-GiMUivDpîie. 

SOUMANS.  TlUage  situé  à  3  L  de  Bous- 
sac.  Pop.  i^ooo  bab.  On  voit  aux  environs 
les  restes  d'un  vaste  camp  romain,  qu'il  n'est 
pas  permis  de  confondre  avec  d'aub«s  que 
l'on  attribue  si  gratuitement  k  cette  nation. 
Dans  une  plaine  entre  Soumans  et  la  Belle 
Faje,  se  trouvent  un  dolmin  et  un  menbir, 
situés  i  dix  ou  douse  pieds  l'un  de  l'autre. 

TOULX-SAIim-CBOnK  ou  TOULL. 

Village  situé  à  a  1.  x/â  de  Boussac.  Popul. 
'i,aoo  bab. 

Ce  village  est  célèbre  par  l'antique  cité 
de  Toulx  dont  on  voit  encore  les  ruines  sur 
le  sommet  de  la  montagne,  et  par  des  monu- 
ments précieux  d'antiquités  celtiques  et  ro- 
maines. La  ville  avait  six  portes,  dont  qua- 
tre répondaient  à  autant  de  cbemins  bien 
pavés,  de  quatre  mètres  de  large ,  qui  con- 
duisaient à  des  villes  fort  anciennes  :  Abun, 
Argenton ,  CbAteau-Meillant  et  Cbambom 
Les  maisons  n'étaient  bâties  que  de  terre 
végétale,  de  tuf  ou  d'argile  non  gâchée;  les 
édifices  n'étaient  éclairés  que  par  l'ouverture 
de  la  porte,  dont  on  voit  encore  le  seuil , 
les  montants,  le  linteau,  sans  traces  de  gonds 
ni  de  crapaudines.  Ces  cases  étaient  entas- 
sées sans  ordre  et  très-serrées;  les  rues, 
dont  il  reste  k  peine  quelques  traces,  avaient 
au  plus  dix  à  douze  pieds  de  large.  Dans 
l'intérieur  de  la  ville,  on  remarque  un  puits 
antique,  dont  la  margelle  est  en  partie  usée, 
et  qui  est  presque  comblé  ;  les  restes  d'une 
forteresse  de  forme  ronde,  et  ceux  d'un  tem- 
ple formé  par  une  double  enceinte  carrée. 

Cette  ville  de  Toulx  a  dû  être  très-cou- 


te  DÉPARTEMENT 

fidérable ,  ù  l'on  «n  }u^  pur  rimme^se 
quantité  de  dépombrat  qui  couvrent  le  sol, 
pv  CHU  qni  lobt  eneore  enlrais ,  «I  {mt 
oeuL  que  »  depoit  tant  d'années,  on  enlève 
ponr  dei  eetrActkini  partioulièni.  Non* 
leiilMntfnt  le  haut  de  la  montagne  oflk»  daa 

contre  encore  benatoi^  au  emrana,  par- 
Uculièremant  fur  le  inont  Cbabnit  et  sur  le 
territoire  de  Roosaièret.  Beaucoup  de  sou- 
terrains eiistent  dails  la  montagne  de  Took 
et  paraissent  conmmniqaer  entre  eui.  Le 
cimetière  oflre  dincrents  genres  do  tom* 
beaux,  parmi  lesqilèls  plusieurs  ont  les  ce* 
ractères  romains  ;  d'antres  sont  ^ndemment 
du  moyen  âge  ou  des  premien  temps  du 
christianisme. 


DE  lA  CREUSE. 

Aux  entrons  de  Toulx  a^l 
très  anliquicés  :  ce  sont 
Néll  :  U  plus  grosse,  con 
de  Rocher  de  la  Grange,  a  i 
gueur  sur  i5  de  hautcor  et  i 
elle  domine  toutes  les  «utres| 
on  Tok  un  dolmen  imp 
lieue  de  k,  sur  le  mont  1 
'  pierres  Jomathr,  en  tout  i 
dlEp-NêH.Leplslleau< 
est  dominé  par  une  énomiii  \ 
do  forme  pyramidale  ^.  ^p^n  ) 
espèce  de  boule;  c*estnnei 
dont  la  boule,  où  ron  i 
et  des  yeux^  a  dû  iigurer  b  i 


WIM   PU    DiPAIITBMClIT   DK  Uk.  CaBP|(|. 


L 
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1 


ixpxiscxnn  on  pismik  dtdot  FBial 


E. 


.  CMBUSI, 
GARONNI, 
ATKMBNT 


E. 


DIS. 


licÛM. 

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ticulièr«iiM4 

et  pttusMl 
eimetière  4 
beaux,  p«vl 
ractèreiro^ 
du  moyen, 
duistianisii 


pirroRisonB 


DE  LA  FRANCE. 

ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRAYERSANT  LES  DÉPARTEMEIfTS 
n  nmix-BT-om ,  au  loibet,  du  chkr,  di  l'indre,  de  la  cmsusEt 

M  UL  HAUTE- VUmrB,  DE  LA  CORRBZE,  DU  LOT,  DE  TARlf-ET-G ABONNE, 
BB  LA  HAUTE -G  ABONNE,  ET  GOHMUNICATION  AVEC  LE  DÉPABTEMENT 
BB  l'aBIAGE. 

DÉPARTEMENT  DE  LA  CORRÈZE. 


3tinkaivt  it  parid  à  Zonlomt^ 

PâR  MOHTABOU,   BOTTHaiS ,   UMOOIS,  TUIXl   IT  MOHTAIIBÂV ,    182  LUVIS. 


Oc  Pkfisi  Hefeat«ur'Venimoo  (route 
daChuBbérj) BI-...>Qr.. 


Argart....v 

U  Chapcile-d'Aiif  iUoo. 


•Mirt-naff«at. 
CkariMt 


0 


Hcavj-PaiUaax. 
CkMcasravz. . . , 


.Bl. 


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U  Tille- aa-Bn». 


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J.A 

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limofet 

Picrr^DiifiiciTe^  • 

MagiMc ( 

MasMsré 

Uierche 

SaintpPardoox... 


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Tvy.. 
•vy.. 
.>or.. 

,.>or.. 
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.vy. 


vy.. 


BriTet 

Crcuensae 

Sooillae • 

Payrac 

Pont-dc-Rodea. 

Pélacoy , 

Cahon i...xy« 

U  Madeleine. ^QT. 

Ceoaaade ^QT. 

Monuaban (S. . .  .xy. 

Grisollea yy. 

SûntrJorj 

ToolooM. .  • El 


Communtrottoii  U  d^uUiiee  h  Mott,  19  1.  1/2. 


DeTodmne  à  Yivttn.. . . 


6  i/ft 


PamiOTt. 
Foix.... 


3 
8 
8 

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8 
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&8*  Uvrtûson,  (Coftuèu.) 


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vi^ÀMmmsm  db  la  oorrêck 

ASPECT  DU  PATS  QUE  PAEGOURT  LE  TOTAGEUR,  \ 

DB   MASSERB    A    CRESSEUSAC.  1 

La  route  suit  le  aoramet  de  la  montagne  oh  est  bâti  le  village  de  Maawré,  et  denew 
ensuite  rapidement  daps  un  vallon  pour  remonter  une  cdte  assez  longue  qui  opndiiil  m] 
liameail  de  Saii'it-Georges.  Après  ce  village,  on  franchit  la  montagne  de  la  Terrasse,  craej 
Ton  descend  par  une  pente  roide,  d'où  l'on  jouît  d'un  coup  d*œil  pittoresque  sur  la  viflor 
d'Uzercbe,  ou  Ton  entre  par  le  faubourg  Sainte-Eulalie,  à  rextrémité  duquel  on  paise  M 
Yczère.  En  sortant  de  cette,  ville,  de  cootinuelles  montées  et  descentes  cooduiaent  à  Saint-i 
Pardoux,  à  travers  un  pavs  entrecoupé  de  champs  diversifiés  de  culture^  de  prés,  «la; 
châtaigneraies  et  de  vignoliles.  On  passe  ensuite  à  Donzenac,  petite  ville- bâtie  dans  vam 
situation  pittoresque,  au  sommet  d*un  coteau  planté  de  vignes  et  entouré  de  prsiries.  La! 
longue  descente  par  laquelle  on  quitte  cette  ville,  conduit,  en  tournant  la  montagne,  à  ifllj 
pont  de  pierre  sur  lequel  on  traverse  le  Moment,  dont  le  vallon  frais,  verdoyant,  et  boitiè'i 
de  eharmants  coteaux,  offre  le  plus  riant  paysage.  On  laisse,  à  gauche,  la  route  de  Briwt  | 
à  Tulle,  et  Ton  passe  la  Corrèze  sur  deux  ponts  avant  d'enlrei  à  Brives,  vîUe  située  de' 
la  manière  la  plus  gracieuse,  dans  un  joli  vallon  tapisse  de  prairies,  et  entourée  de  coUinet  ' 
boisées  et  de  coteaux  couverts  de  vignes.  Au  sortir  de  Brives,  la  route  offre  plisienrs 
sinuosités  qui  conduisent  i  la  partie  supérieure  d^une  montagne  aussi  agréable  que  piilo» 
resque,  oà  Ton  remarque  plusieurs  habitations  creusées  dans  le  roc  Au  somoiet  de  la 
côte,  se  présente  le  bourg  de  Noailles,  dont  le  diâteau  grtihique  domine  la  route,  qui, 
après  plusieurs  montées  el  descentes,  entre  dans  une  plaine  pi^|*seniée  de  garennes,  et  as 
prolonge  jusqu'à  Cressensac  Un  peu  avant  ce  village ,  on  passe  du  département  de  la 
Corrèze  du»  celui  du  Lot. 


DltPARTEMENT  DE  LA   CORRÈZE. 


APERÇO  STATISTIQUE. 

La  déjiartement  de  la  Corrèze  est  formé  du  ci-devant  Bas-Limousin,  c'est-i-dîre  de 
tout  le  ci-devant  diocèse  de  Tiilie  et  d'une 'partie  considérable  de  celui  de  Limoges.  Il  tire 
son  nom  de  la  rivière  de  Corrèze,  qui  y  coule  ea  partie  du  nord  au  sud,  en  tirant  oa 
peu  à  Touest.  —  Ses  bornes  sont  :  au  nord ,  les  départements  de  la  Haute-Tienne  et  de 
la  Creuse;  à  Test,  ceux  du  Puy-de-Dôme  et  du  Cantal  ;  au  sud,  celui  du  Lot;  et  à  Touest, 
celui  de  la  Dordogne. 

Le  département  de  la  Corrèze  gît  sur  le  versant  occidental  des  montagnes  qui,  groupées 
au  centre  de  la  France,  forment  un  point  moyen  entre  la  Médiierranée  et  TOcéan.  1  errala 
de  trau&ilion  entre  les  plaines  de  l'ouest  et  du  sud  de  ce  royaume  vers  lesquelles  il  sU- 
longe,  et  les  montagnes  de  TAuvergiie  dont  il  se  détache,  ce  pays  tend  à  s'identifier  de 
configuration  avec  ces  deux  localités  géographiques.  Profondement  déchiré  du  nord-eat 
au  sud-ouest,  et  mamelonné  sur  une  grande  partie  de  sa  surface,  il  offre  des  plans  saillants 
et  d^une  grande  élévati3n,  par  opposition  i  des  plans  inférieurs  et  profonds  :  par  les  pre- 
mien,  il  reproduit  TAuvei^gne;  par  les  seconds,  il  rappelle  les  plaines  de  Touest  et  da 
sud.  Trois  nvières  principales,  produit  d'afQuenis  nombreux  dérivés  de  ces  plans  inclinés, 

Sarcourent  trou  vallées  dHine  médiocre  onvcrture.  Ces  rivières  se  dirigent  dans  le  aens 
es  déchûrures,  du  nord-est  au  sud-ouest  Un  groupe  de  montagnes  détaché  domine,  au 
nord,  le  département.  Le  pajs  est  nu  sur  ses  points  les  plus  culminants,  boisé  ou  cultivé 
à  mi-côte  :  dans  les  vallées,  il  est  riche  en  prairies;  mais  cette  similitude  du  département 
de  la  Corrèze  avec  les' régions  limitrophes,  désignées  plus  haut,  ne  se  borne  pas  seule- 
ment k  la  configuration  du  sol,  elle  s*ctend  aussi  i  beaucoup  d'autres  conditions  physiques. 
— ^Les  montagnes,  encore  mal  explorées,  renferment  des  grottes  curieuses,  parmi  lesquelles 
nous  citerons  celle  de  Nouars ,  vaste  caverne  ornée  de  stakctiies  brillantes  et  de  tout  le 
luxe  des  cristallisations  naturelles.  Cette  grotte,  qui  a  été  découverte  en  x83i  dans  la 


DÉPARTEMENT  DE  LA  CORHÈZB*  t 

MeTsltfe  da  Puj-d'AniM:,  s*éiend  à  |>lus  d'une  dtsmi-Ueue  sont  t€rr»i  |wiir  b  ptrtM 
seuJenienl  recounue  :  ou  7  entre  par  une  ouverture  situce  «u  uiilimi  de«  viguet. 

Ob  dunne  le^oom  de  Monaîdiêreâ  à  un  groupe  de  maïueJoM  supérieurs  qui  jiirgivQnt 
bnisaiiemeal  dans  le  nord  du  département.  Ce  système  de  montJigues  est  formi  p«r  une 
nmification  détachée  du  Mont-Dore,  qui  arri\'e  sur  la  région  par  une  ligue  presque  cens- 
tamuent  droiie,  s'arrête  dans  le  nord  pour  y  fomier  une  agglomérat iou  mODUmentalef 
dsat  toutes  les  parties  se  rallient  et  se  ratteclient  au  $ua*om«  \  puis  s^abaissint  tout  à  caup 
astourde  ces  diTers  mamelons,  eiie  va,  par  des  brandies  nombreuses^  enlacer  le  pays 
dooi  die  peut  être  coiuidérée  comm«»  Tossature.  Lor*qu*après  avoir  traversé  les  vallées  et 
les  phieaux  moyens  qui  eonduiseoi  i  ces  montagnes  «  où  Ton  a  lour  à  tour  rencoiltré  des 
arbres  de  grandes  proport ioiu  et  la  végétation  herbacée  la  plus  fraîche  et  li  plUs  vari6e  ^ 
l'oo  viire  au  pied  du  Succome.  On  est  surpris  par  les  nouvelles  nuances  <tui  se  présénteîit 
<Uos  la  physionomie  des  végétaux.  Là,  une  autre  végétation  conuneuee^  c*est  la  vé|$étatioîl 
alpestre;  Du  pied  du  Succome  jusqu'au  dernier  tiers  de  la  pentit  rapide  uar  laquelle  on  y 
arrÎTe,  on  ne  trouve  plus  que  le  terne  et  uniforme  gazon  de  la  barl>e  de  boue,  l^e  dernier 
tien  de  ce  plan  ascendant  et  tout  le  sommet  du  Succome  présentent  une  épaisse  fbt^t 
dVtpèoes  ligneuses  humbles,  telles  que  le  petit  ebéne,  le  boux,  le  petit  bétre,  le  coignas- 
si^r.  Les  changemenu  qu'offre  la  température  sont  encore  bien  autremeni  remantlialiies* 
Si  Ton  fait  son  ascension  par  une  journée  chaude  d'été,  accablé  de  chaleur,  accebié  de 
laisitude  par  la  marche.  Ton  e>t  agréablement  surpris,  en  arrivant  sur  le  Succome,  d'y 
reucootrer  un  temps  doux  et  des  vents  frai^  dont  la  bénigne  impression  rappelle  la  tem- 
pérature du  printemps.  Mais  si  c'est  en  biver,  à  moins  d'un  jour  sec  et  Serein  «  on  est 
plon^  dans  les  nuages  :  c'est  là  leur  patrie;  ils  y  arrivent  dans  toulrs  les  direciioNS*  s'y 
Toiicnl  dans  tous  les  sens;  on  en  esi  environné,  saisi,  enlacé;  bien  heureux  si  l'air  n'est 
pas  agité,  car  aloi^,  condensés  et  |)ous5Cs  violemment  par  lèvent,  ils  abordent  impé- 
tiiriueffleut  le  Succome,  imitant  un  véritable  con.ant  de  mer,  renversent  tout  par  leur 
btte,  cooiristent  tout  par  l'intensité  de  leur  froideur.  Le  malheureux  i0)ageur  a  dans  ce 
■MMneiit  beaucoup  de  {leine  à  résister  et  à  la  fougue  de  leur  course  qui  enlève,  et  i  ta 
pénétration  de  leur  humidité  froide  qui  congèle,  coupe  la  respiration,  désarme  et  laisse 
tua  défense  routre  cette  tempête  lerrestre.Mab  lorsqi:  'un  est  doucement  échauffé  par  la  ti*m« 
péralure  d  automne,  éclairé  par  celte  lumière  la  plus  propice  aux  émotions,  on  contemple 
saos  péril  et  à  l'aise  la  magnifique  pers|)eclive  qui  circonscrit  de  toutes  parts.  On  voit  k 
forient,  sur  la  dernière  ligne  de  l'horizon,  s'élever  majestueusement  les  IHonts-Dore  et 
Itt  Monts  du  Cantal ,  en  ce  moment  couverts  de  neige.  Ils  tranchent  vi\em<'nt  et  par  leur 
isoniie  saillie  et  l'éclat  de  Ipur  blancheur  sur  les  surfaces  environnantes.  A  la  hardiesse 
de  leun  plans,  k  leurs  pointes  ccnit|ue8,  à  leurs  créuelures,  à  hi  ligne  frangée  qui  les 
l»He,  aux  jeux  variés  et  magiques  que  produisent  sur  ces  maves  de  neige  les  jets  d'une 
Insiièiv  étincelante,  aux  traces  de  feu  qu  elle  laisse  au  milieu  de  leurs  ombres  légères,  on 
ks  prendrait  pour  des  palais  aériens,  habités  par  des  fées*  Au  sud,  surgit  le  Roc-de-Tic, 
■ttie  tronquée*  enluminée  d'une  couleur  noire  unjf^orme ,  d'un  aspect  sévère  et  triste , 
^  semble  dire  par  sa  seule  physionomie,  sans  qu'il  soit  besoin  d'aucune  tradition,  tout 
;  tt  qu'elle  vit  et  tout  ce  qu'elle  fut.  A  Touest ,  le  sol  se  déchire  pour  laisser  couler  tieui 
I  mioTS  principales  et  les  nombreux  affluents  qui  vont  \vé  grossir.  On  aperçoit  les  sinuo- 
iitéi  de  lOirs  ccun,  surmontées  de  redaus  de  figures  varices,  mais  tous  d'un  aspect  sau- 
^  On  aime  à  compter  les  plans  infinis  qui  séparent  de  l'horizon.  Une  gradation  ad  mi* 
asie  de  lumière  nui  les  obscurcit  près  du  spectateur,  pour  les  éclairer  à  mesure  qu'ils  le 
faâo^  et  les  rendre  presque  transparents  lorsqu'ils  approchent  de  la  li|;iie  du  ciel ,  met 
àièeuttvnt  leurs  masses,  leiin  contours,  fait  sentir  toutes  leurs  relations,  et  ressortir 
^iiittaux  légères  nuani'es  qui  les  dilTérencienl.  Sur  une  vaste  srèiie,  une  mimense  lumière 
fnrfnsese  modifie  de  mille  manières,  se  combine  en  tout  sens  pour  offrir  le  magnifique 
<1  napque  tabksiu  de  toutes  ses  illusions.  Au  nord  s'avance,  comme  un  ennemi  mena^nt, 
biîpic  majestueuse  des  Monaidières;  elles  se  forment  aussitôt  en  mameions  saillauls  qui, 
àlla&tar  Je  oombreii«es  forlei-esses ,  semblent  être  posés  sur  le  sol  pour  l'occuper  et  en 
wkIiv  la  possessioii. 

Ûkos  toute  sa  partie  nord,  à  l'est,  et  dans  une  partie  de  l'ouest,  le  sot  est  formé  dé 
i^ttdies  primitives;  les  variétés  princi]iales  de  ce  gisement  sont  le  gitinit  blanc,  le  gris,  le 
"(■^cÂi  et  le  quartz.  A  l'ouest  et  au  sud  se  trouvent  des  carbonates  de  chaux  de  plusieurs 
^VKiés.  Les  terres  se  présentent  sous  trois  grandes  divisions  :  x**  Ic;^  terres  rouges  de  na- 

58. 


4  DÉPARTEMENT  DE  LÀ  CORAÈZE. 

tare  argileuse,  onctueuses,  tenares,  rftenanl  fortement  Duiinidîté  et  les  eaux,  d^un 
pénible  et  long,  mais  dNme  gi*ande  fertilité;  2**  les  terres  gris-hlauc  de  composition  é 
ceust',  légères,  faciles  à  soule\'er  ef'à  apprêter,  filtrant  abémeiii  les  eaux,  TI*une  mévfir^ 
production;  3"  les  terres  noires,  d'une  nature  à  peu  près  semblable  aux  pnrédi 
ayant  les  mêmes  propriétés ,  les^moins  propres  de  toutes  à  la  végétation.  A  Ti^,  il 
et  on  exploite  un  dépôt  de  fossile  vé^^tal.  On  trouve  dans  certaines  localités  à  gii 
de  quai'iz,  de  beaux  cristaux  de  ce  minéral.  U  y  en  a  deux  variétés  :  le  quartz  blanc  «t! 
auartz  rosacé.  Certains  endroits  présentent  des  blocs  énonnes  de  granit  blanc-noir  macal^p 
affectant  prescfue  tous  la  forme  sphéroïdale  ;  on  a  peine  k  deviner  comment  ces  nin—j^ 
qui  évidemment  n'ont  pu  être  formées  en  ces  lieux  dont  elles  sont'comnléicïment  détachéci^ 
et  dont  elles  diffèrent  toujours  {tar  la  composition ,  ont  pu  être  séparées  des  grandes  anÊti 
tîGcations  granitiques  du  sol,  et  transportées,  lorsque  rien  au  voisinage  ni  &u  loin  n^ 
dique  la  trace  des  volcans;  ce  phénomène,  dont  les  vestiges  sont  si  fréquents  en  Ai|« 
Tcrgne,  n'«i  a  laissé  aucun  ici.  Le  pays  ne  paraît  avoir  été  submergé  par  la  mer  que 
un  seul  point,  au  sud,  dann  la  commune  de  Turenne,  où  Ton  trouve,  à  fleur  de  U 
des  fossiles  animaux ,  coquillages  bivalves  et  uni  valves,  de  toutes  les  proportions; 
ques-uns  ne  sont  presque  pas  encroûtés,  et  reproduisent  assez  nettement  leurs 
originelles. 

Le  dé|)artement  de  la  Corrèze,  quoique  placé  au  midi  de  la  France,  a  pourtant 
température  fraîche ,  occasionnée  par  les  plans  élevés  de  son  sol  et  It^  nombreux  < 
d*eau  qui  le  parcourent  dans  tous  les  sens.  Cette  vaste  surface  li(|uide  sature  incessami 
Tatmosphère  de  vapeur  d'eau,  ce  qui  fait  que  ce  pays  est  éminemment  sujet  aux  gelée* 
blanches,  et  a  en  toute  saison  des  nuits  d'une  fraîcheur  excessive.  Cette  condensaiioo  d« 
vapeur  est  surtout  oppréciahle  le  long  des  cours  d'eau,  où,  dessinant,  la  nuit,  sur  «â 
plan  aérien,  et  leurs  sinuosités  et  leurs  volumes,  elle  pi  ésente  à  l'observateur  surpris  uae 
image  tout  à  fait  pittorestiue.  Au  nord,  à  l'est,  et  dans  une  partie  de  Touest,  là  où  giaatf 
les  grandes  strati&catiuns  granitiques,  les  eaux  sont  fraîches  et  vives,  d'une  limpidité 
extrême,  presque  l'éduites  à  l'état  de  pureté  de  IVau  distillée;  ce  n'est  qu*à  l'ouest  et  aa 
midi  quVIies  commencent  à  se  charger  de  substances  salines.  L«  thermomètre  s*est  rare» 
ment  abaissé  au^elà  de  —  io<*  R.  ;  sou  terme  moyen  en  hiver  est  4-  i**  IL,  au-dessoos  de 
zéro.  En  été,  la  plus  grande  ascension  a  été  de4-3i*  R.  Son  terme  moyen,  dans  cette  sai» 
son,  est  de  18*  à  +  au»  R.  ;  mais  à  cet  égard,  dam  une  région  où  les  lucaiilés  oui  des  diffié- 
rences  si  sensibles  et  dans  les  élévations  et  dans  les  expositions,  ce  que  je  dis  n'e^t  qw 
Texpression  d'un  terme  très-général  et  très-abstrait,  et  s'applique  plus  spécialement  à  11 
météorologie  de  la  ville  de  Tulle,  ("ette  restriction  porte  aussi  sur  l'oliservation  baromé* 
trique  qui,  dans  la  localité  de  Tulle,  a  présenté  des  variations  peu  remait]uables  entim 
les  limites  127  et  29. — L'état  élecU-it|ue  tend  sans  cesse  à  l'équilibre;  et  cette  distribulioD 
météorologique  est  à  la  fois  due  a  la  constitution  humide  de  l'atmosphère  et  à  la  confign» 
ration  aiguë  d'une  infinité  de  points  du  sot. — Ia>s  vents  dominants  sont  ceux  du  nord  et  dtt 
sud;  le  vent  nord  y  amène  les  temps  sereins,  et  le  vent  sud  les  jours  nuageux,  les  pinîea 
et  les  orages.  Les  é(|uinoxes  y  sont  vivement  sentis  ;  ils  sont  froids ,  pluvieux ,  venteux ,  «i 
font  de  ces  deux  saisons  répm|ue  dominante  des  maladies. 

Il  est  peu  de  localités  en  France  qui  offrent  une  botanique  aussi  variée  et  aussi  riche 
que  celle  du  dé|)artement  de  la  Coirèxe,  et  ce  luxe  de  végétation  il  lé  doit  à  rabondanes 
de  ses  eaux,  à  l'élévation  de  son  sol  et  à  la  diversité  de  ses  exjiosilions;  deux  grandes 
familles  paraissent  cependant  y  être  on  majorité  et  dominer  toutes  h's  autres  :  ce  sont  les 
gramiuées  et  les  labiées.  Les  graminées,  dont  les  espèces  sont  très-multipliées,  forment  le 
fond  des  pâturages  qui  tapissent  les  vallées.  Les  labiées  se  rencontrent  à  mi-côte  et  dans  les 
expositions  sèches.  Après  ces  deux  familles,  celle  des  liliscées  prédomine  par  le  nombre, 
on  les  rencontre  dans  les  fonds  humides  et  sur  quelques  points  culminants;  l'asphodèle. 

font  r« 


et  les  espères  les  plus  élégantes  des  orcliis  s'y  font  remarquer.  Les  onibelliféres  et  les 
renonculacées  fournissent  des-cspèces  dangereuses,  t(>lles  que  la  ciguë  vulgaire,  la  renon-- 
cule  des  prés,  la  renoncule  à  feuille  d'aconit,  la  renoncule  des  marais,  et  la  renoncule 
flottante  :  mais  ces  plantes,  à  raison  de  la  grande  quantité  d'eau  dont  elles  s'imprègnent 
sur  ce  sol  humide,  se  trouvent  tellement  altérées  dans  leur  principe  vénéneux,  que  leurs 
tiges  peuvent  être  broutées  impunément  par  beaucoup  de  quadrupèdes.  La  botanique 
compte  encore  des  espèces  très-variées  :  les  mousses,  les  lichens,  les  fougères  et  les  chan 
pignons,  dont  les  espèces  vénéneuses  sont  sans  aucun  danger ,  par  la  connaissance  hai- 


DÉPARTEMENT  DE  LA  COKRÈZE.  5 

Sère  qii*cn  ont  tous  les  habitanis.  Ou  y  cultive  grand  nombre  de  céréales  :  le  seigle ,  le 
froment,  raToine«  l'orge,  etc.,  eic.  Le  seigle,  susceptible,  comme  toutes  les  antres  ce- 
ntlcs  sos-désignées,  d'une  carie  noire  qui  lui  dooue  une  sapeur  amère,  est  exempt  de 
«tfte  altération  dangereuse  et  morbUique,  éprouvée  dans  d'auircs  j^ys  et  counue  sous  le 
MB  d'ergot.  Dans  les  grands  vcgétau^L,  Ton  y  rencontre  trois  arbres  de  baute  futaie  :  le 
cfataignirr,  qui  donne  un  fruit  nourricier  el  qui  occupe  une  vaste  étendue  de  pays,  cou- 
ine sous  le  non  de  cbâtaigneraie  ;  le  no^er,  qui  se  trouve  dans  les  fouds  buniides,  et  le 
ckène,  qui  croit  dans  les  lieux  secs.  Un  phénomène  assez  remarquable,  et  qui  n'esi  pas 
nredans  la  végétation  du  pa)S,  c'est,  la  carbonisation  spontanée  du  cbâtaignier.  La  vigne 
est  cnittvée  dans  le  sud  et  une  partie  de  Touest  du  département,  et  donne  un  assez  l>on 
nisoi  qu'on  convertit  eu  un  vin  de  médiocre  valeur. 

Dans  ses  parties  basses  e4  humides,  ce  pays  est  susceptible  de  nourrir  tous  les  grands 
herfaitores  du  climat  de  la  France  ;  les  parties  sèches  et  élevées  ne  sont  propres  qu'à  la 
teane  du  mouton  et  de  la  chèvre.  La  classe  des  bêles  fauves  n'y  renferme  que  le  sanglier, 
Je  loup  et  le  renard.  L*humidilé  du  sol  favorisant  beaucoup  la  (traduction  des  n'pliles , 
CM  ordre  y  est  très-nombn*u.\'^  on  y  rencontre  une  variété  considérable  de  couleuvres; 
h  vipère  y  est  très-rare.  L'ornithologie  esi  belle  et  varice.  Indé|)endankment  des  espèces 
mdigenes,  de  nombreuses  esfièces  étrangères  y  viennent,  l'hiver,  chercher  un  dimat 
plas  doux;  d'autres,  en  été,  une  région  plus  fraîche. 

Le  sol  de  la  Correze  est  en  géuéral  mrdiocre  sous  le  rapport  des  productions.  Ou 
trouve,  dans  U  partie  vignoble,  quelques  valions,  tels  que  ceux  de  Brives,  de  Saint-An- 
loioe  etd'Objat,  où  le  ten-aiu  est  riaut,  riche  et  productif;  mais  ces  ('•uposiiions  ne  sont 

ri  irèi-ii(Miibreu<ies.  On  doit,  au  reste,  pour  se  faire  luie  idée  juste  de  la  fertilité  ou  de 
stérilité  du  territoire,  diviser  le  département  en  deux  ^tarties,  celle  qu'où  appelle  la 
MoDtague  ei  celle  qu'on  appelle  le  Pays  bas.  La  première  division  comprend  tout  Tarron- 
diaiement  d'Ussel  et  la  majeure  jiailie  de  celui  de  Tulle;  la  seconde  se  compose  du  sur- 
plus de  rarrondisseiueut  de  Tuile  el  de  celui  de  hrives. 

Dans  la  première  division,  la  Montagne,  on  ne  rencontre  que  monts,  vallées,  torrents 
ma  rivières;  le  sol,  que  rerouvre  fort  piMi  de  terre  végétale,  est  repeudant  assez  productif 
en  seigle,  avoine,  sarrasin,  chan\re  et  lin;  on  y  sème  aussi  du  blé  de  mars  qui  donne  un 
pain  léger  et  nourrissant.  1^  vipie,  qui  réussit  assez  bi«'n  dans  tout  l'arrondissement  de 
Bnves.  ne  végète  là  qn  avec  peine  ;  si  elle  parvient  à  produire  un  petit  nombre  de  grap- 
pes, elle  ne  peut  que  bien  rarement  leur  donner  la  niaiurité  propre  à  en  faire  du  viu. 
Les  fraits,  d'ailleurs  peu  abondants,  y  sont  de  médiorre  qualité;  on  trouve  quelques 
Qojers  dans  les  meilleurs  terrains  et  les  positions  les  plus  favorables ,  mais  leur  forme 
rabougrie,  leur  air  languissant,  prouvent  assez  qu'ils  ne  sont  ])as  dans  une  bonne  teiTe. 
le  châtaignier  réussit  cependant  assez  aux  environs  du  bourg  de  Neuvic  el  dans  les 
aspects  du  midi;  niais  l'on  u  en  trouve  point  dans  le  reste  de  rarrondissenient  d'U&sel  ;  et 
msqu'on  y  eu  plante  par  curiosité,  ils  ne  donnent  pas  de  friiit.Kn  général,  on  |)eut  esti- 
acrque  la  moitié  du  territoire  qui  compose  la  première  division,  appelée  la  Montagne, 
est  couverte  de  bruyères  stériles;  mais  si  leur  asj>e<-t  otTie  un  coup  d'œil  fâcheux,  eu  ré- 
cooipeiise  on  rencontre  des  teires  bien  culti%ées  et  de  l>onnes  prairies  à  l'approche  des 
vilk»  et  des  villages.  Les  terrains  incultes  et  élevés  fournissent  une  excellente  |<àtiire  pour 
les  bêles  à  laine;  au&si  sont-elles  plus  multipliées  et  plus  belles  dans  Tarrondissement 
^*ssel  que  dans  toute  autre  partie  du  département.  Les  cantons  les  plus  estimés  pour 
celle  espèce  de  l)estiaux,  sont  ceux  de  Me)  mac,  de  Soriuic,  de  Biigeat. 

La  deuxième  division  du  territoii*e,  que  Ton  ap|)elle  le  Pa)s  l)as,  située  au  midi  et  à 
roBe<4,  dans  un  climat  beaucoup  plus  tempéré  el  même  assez  chaud,  est  aussi  la  portion 
h  plus  belle ,  la  plus  riche  et  la  plus  populeuse.  Elle  contient  des  vignobles  consiclérables 
dont  la  qualité  varie  suivant  les  locantés.  A  ces  |)rin('i[>aux  avantages,  do'it  la  nature  a 
<iolé  celte  partie  du  dé{)arieu»ent ,  il  faut  joindre  ses  autres  productions  céréales,  telles 
<pie  froment,  i«igle,  orge,  avoine,  maïs,  sarrasin,  indépendamment  des  fruits  de  toute 
eapéce  et  d'une  excellente  qualité. 

La  culture  àea  prairii'S  artifirtelles  est  peu  connue  et  point  en  usage  dans  le  départe- 
nwnt  de  la  CoiTèze,  mais  les  prairies  naturelles  }  sont  niultipli(-es  ;  elles  sont  plus  sub- 
stantielles, nourrissent  mieux  Ks  bestiaux  daus  l'arrundissenient  de  IWives  et  partie  de 
«lui  de  Tulle  où  l'on  en  éieve  de  fort  belle  race  dont  on  se  sert  pour  labourei-  la  terre-, 
et  qa'on  engraisse  pour  Paris.  Elles  sout  plus  étendues,  mais  moins  bonnes  daus  Tarrou- 


«  DEPARTEMENT  DE  LÀ  GOKKÈZB. 

dissement  d*Ussp)  oà  les  g;Fos  bestiaux  sont,  en  général,  maigres  et  faibles.  Les  avÎBMK 
de  l)elle  race  qiroii  y  transporte  de  la  partie  méridionale,  dînèrent  et  fininent  pvi^  ' 
dégrader.  Il  en  est  tout  autrement  des.  t)étes  à  laine  :  elles  y  prospèrent  mieipi  que  parlât  ! 
aillfurs,  |)arce  qne  sans  duure  elles  y  trouvent,  nhr  tes  montagnes  ei  sur  les  roUincs,  OK  ' 
pânire  plus  analogue  à  leur  espèce.  Les  cantons  les  pins  estimés  pour  ce  genre  de  plu»  | 
rages,  et  où  les  moutons  sont  d'une  plus  belle  nature  que  dans  le  reste  du  départeMli  ' 
sont  ceux  de  Meymac,  Somae  et  Rugeat  :  on  y  trouve  de  Irès-ljeaux  iiî^ividos  deeddi 
espèce  de  bcsfiatix ,  et  l'on  a  lieu  de  croire  que  les  mérinos  s*y  acdimateraient  très-bMi, 
fi  on  les  V  iutrodtii<ait.  . 

Les  liahitants  de  Tarrondissement  d*Ussel  ont  réussi  à  suppléer  à  la  maigreur  de  loiil 
prairies  par  la  culture  de  la  rave,  qui  sert  à  en^niiswr  les  bestiaux t  cette  proi|ueiiMI 
nourricière  supplée  aux  régions,  qui  manquent  eutièremeni  dans  un  climat  o()  les  pralHei 
ne  donnent,  clhique  année,  qu'une  tardive  et  faible  récolte  qni  ne  sufîGt  |NIS  à  U  prôvidM  i 
de  rhiver.  Mais  si  Ion  rencontre,  dans  Tarrondissement  d'Iîssel,  beaucoup  de  slêfite  ; 
bruyères  qui  en  couvrent  plus  de  la  moitié,  nous  avons  dît  qu*on  trouvait,  surtout  prié 
des  villes ,  de  bonnes  prairies  qui  nourrissent  des  bestiaux  d'une  belle  espèce,  mais  d 
trop  petite  quantité. 

MfKORs  ET  USAGES.  Lc  pcuple  de  la  Corrère  est  doux,  bon,  patient,  pacifique.  Il  élal  , 
cité,  dans  le»  états  de  ju<ilic«*  ae  i8i5,  comme  le  déparlemcut  français  qui  a\ail  le  maiil 
commis  de  crimes,  proportion  gardée  avec  sa  poputaliou.  Lent  au  travail,  et  ménager  le 
ses  rorr<>s,  il  en  al>use  rarement;  il  est  sobtt>,  et  propre  à  supporter  lieaucoup  de  |)nva» 
lions.  Timide,  circonspi'Cl  et  détlanl,  il  i*cnnit  n«>aumoins  n  beaucoup  de  précision  éuê 
IVsprit  lM*aucnup  de  finesse.  Froid  et  peu  susceptible  d'entbousiasme,  il  vise  plus  à  II 
justesse  qu'à  la  chaleur  et  à  rentraînenicnt  de  Texpression.  Aussi,  lorsque  toutes  les  Isn* 
gués  élcnienlaires ,  comme  la  sieitne,  prcsentcnt  de  nombreuses  traces  et  des  fmgmeoH 
entiers  de  celte  poésie  vulgaire  qui  n'a  besoin  que  de  Timagination  pour  se  produire, 
on  n'en  trouve  aucun  essai  dans  la  sienne,  et  Ton  reconnaît  aisément,  aux  adagt^,  t"! 
proverbes  et  aux  sentences  dont  il  l'a  parsemée,  IVsprit  fin  et  réflêctii  du  {MHipleqvi 
s'en  sert.  Il  est  sincèrement  religieux  et  tolérant,  quoique  «upersiitteux.  La  retigionest 
un  besoin  pressant  pour  lui  :  il  l'implore  à  tout  instant,  comme  espérance  et  comme  coo* 
«olation.  Par  son  aide,  il  se  soumet  à  tous  les  nuiux;  et  celte  résignation  profond 
quVlle  lui  inspire,  explique  naturellement  celte  iucurie  et  cette  insensibilité  assez  gène- 
rales  qu'il  témoigne  pour  ses  propres  cnlamités. 

Tributaire,  comme  tout  ce  qui  a  vie^,  des  lieux  qui  l'ont  vu  naître,  I*homme  ée  k 
Gcrrèze  présente  dans  son  organisation,  comme  dans  la  géoçmpbie  de  son  sol,  deux 
grandes  divisions.  Sur  les  montagne^,  il  est  fort,  élevé  en  taille,  bien  musclé  et  apte  aux 
travaux  pénibles.  Dans  les  vallées,  il  diminue  de  vobime;  il  est  mieux  pris,  mieux  loiinié, 
plus  propre  aux  travaux  qui  demandent  de  l'adresse  qu'à  ceux  qui  exigent  de  la  force  tl 
de  la  peine. 

Le  pays,  peu  peuplé  sur  les  montagnes  par  le  double  effet  de  la  stérilité  du  sol  «pu 
bit  languir  la  reproduction ,  et  ae  Témigration  annuelle  de  la  portion  adulte  de  ses  babl> 
tants,  ofTre  nue  population  assez  com|iacte  dans  les  vallées,  où  une  plus  grande  feriilfti 
favorise  la  génération  et  attache  l'homme  au  pays.  Prise  en  masse,  cette  population  «t 
petite  comparativement  à  celle  des  autres  dépaÎMenients  français,  et  susceptible  d'une  wsle 
augmentation  d'bonmies ,  qui  peut  aisément  se  déployer  sur  les  snrfaces  stériles  dn  payf. 

Les  aliments  du  campagnard  sont  le  seigle,  le  sarrasin,  l'avoine,  la  pomme  de  terre, 
la  châtaigne,  le  laitage,  etc.,  etc.,  et  une  infiniment  petite  qtiantité  de  viandes  salées.  , 
Sous  l'inniience  de  rxiUe  nourriture  féculente,  l'homme  se  présente  îiaîn,  frais,  biefl  ' 
rouàclé,  mpîs  dépourvu  généralement  de  ces  constitutions  sèches  que  donne  Pusage  con- 
stant de  la  chair.  Lhabitant  des  montagnes  a  pour  boisson  unique  l'eau,  qui  2st  d'une  fraî- 
cheur et  d'une  saveur  exquises.  Celui  des  vallées  méridionales  ajoute  à  ses  eaux  salines, 
saumàtres,  chaudes  et  stagnantes,  le  vin,  dont  l'usage  y  est  général.  La  stimulation  gastrique 
est  peut-être  trop  faible  dans  les  montagnes,  on  l'homme  ne  mange  presque  pas  de  viande, 
et  trop  forte  dans  les  vallées ,  où  le  vm  se  consomme  par  abus. 

Sous  le  rapport  des  vêtements,  le  département  de  la  Con-èzc  n'a  rien  à  envier  aux 
autres  localités  de  la  France;  le  paysan  y  possède  de  bons  vêtements  de  laine,  d'aoïanl 
plus  sains  et  hygiéniques,  qu'ils  sont  plus  grossièrement  tissus  :  ils  sont  aussi  remarquables 
par  leur  forme  qui  est  excellente.  Quoique  Icgen  et  dessinant  assez  bien  le  corps,  ils  sont 


DÉPARXEMEINrr  DE  tA  GORKÈZE.  7 

krga  et  se  prêtent  au  mouvement  de  toutes  les  articulations.  La  coiffure  se  compose , 
pour  Ifs  bommes,  d^un  large  chapeau  de  feutre,  sous  lequel  leur  tète  est  bien  aéréi'  et 
préservée  des  intempéries  du  chaud  et  du  froid.  Les  femmes  sont  {tarées  d%me  coiffure  de 
paille,  élégante  dans  sa  fonse,  mais  peu  propre,  par  son  éiroiiesae,  i  les  défendre  contie 
k  temps.  La  chaussure  presque  exclusive  à  la  campagne,  est  le  sabot,  qui,  à  côté  du  grand 
avaota(;e  de  tem'r  le  pied  sec  et  chaud ,  produit ,  par  son  défaut  d'élasticité,  ce  genre  de 
défigiiralioo  qu'on  apjielle  ^/W-/7//7/ .*  innrinilé  Irrs-conimune  dans  ce  pays,  et  qu'on  voit 
paraître  à  tout  instant  dans  les  conseils  de  reforme  militaire. 

Dans  son  liahilatiou,  le  campagnard  de  la  Corrèze  est  misérable,  et  souverainement  à 
ffaiwire  ;  sa  maison  présente  la  trioh  image  de  l'insalubrité,  de  la  salelc  et  de  la  misère. 
La  plupart,  adossée:»  à  des  terrains' humides,  situées  sur  des  plans  inférieurs  à  celui  du 
mI environnant,  reçoivent  Thumidilé  qui  ruisselle  des  murs  et  de  terre.  Exposées  sans 
art,  percées  sans  concordance,  elles  attirent  les  souffles  froids  et  himiides  de  l'hiver,  eu 
cmcrntiant  les  chaleurs  dévorantes  de  I  été.  La  fumée  de  leurs  foyers  ne  trouvant  pas 
d^'iisiw  |iar  des  cheminées  vicieusement  disposées,  se  condense  dans  l'appartement  :  elle 
sedepi^,  suib  fonne  de  suie  ou  d*un  vernis  noir,  sur  les  nuirs,  et  la  teinte  noire  uni- 
furme  qui  en  résulte,  oliscunit  le  jour  et  attriste  l'habitation.  1,'air,  saturé  de  cette  va- 
peur irritante,  vn  affecter  péniblement  VœW  :  des  opiilhalniies  chroniques  rebelles  s'en- 
siÎTenl,  et  la  c<'xriié  souvent.  I.es  pailies  apparentes  de  la  |ieau,  tilles  (pie  le  visage,  le  cou 
ei  les  mains,  se  noircissent;  et  une  couche  de  substance  terreuse  noire,  en  enlaidissant 
c»  parties,  s'oppose  à  la  transpiration  nécessaire  de  leur  tissu.  Le  poumon  lui-même, 
organe  de  premier  onire,  dans  rimpressiun  souvent  répétée  de  ce  gaz  délétère,  es!  exposé 
à  $'irri:-er  et  à  contracter  des  maladies  graves.  Ajoutez  à  ce  ré(  it  pénible  le  voisinage 
très-immédiat  et  souvent  la  cohabitation  d'un  animal  fJile  et  dégntilaut,  le  cochon,  et  on 
aura  une  image  assez  exacte  du  malheur  de  l'habitaiil  dvs  camjiagues  retiré  sous  son  toit, 
dpsliné  |iartout  à  être  l'asile  du  repos  et  du  contentement. 

Le  dé|jarleiDent  de  la  C<*rrèze  a  pour  cheMieu  Tulle.  I'  est  divisé  en  3  arrondissements 
et  en  ^g  cantons,  renfennant  agS  couuuunes.  —  Superficie,  296  lieues  carrées.  —  Popu- 
lation, 394,834  habitants. 

MiaiRAi^OGie.  Mines  de  plomb  à  Chabrignat,  Argentat,  Tssandon;  d'an'jmoine  entre 
Se^  et  Saint- Yrieix  ;  indices  ds  mines  d'argent  et  de  plomb  aux  environs  d'Ay en.  — 
Mines  de  fer  alxmdanics  à  Nespouls,  près  de  Tiirenne,  et  d^  la  greiierie,  près  de 
Meiilan  :  cette  dernière  fournit  au  département  entier  le  fer  de  toutes  qualités  et  pour 
loiB  les  usages. — Nombreuses  mines  de  houille  à  Argentat,  Saint-Bonnet-la -Forêt,  Bort, 
la  Paiiierie,  Saint-Chamont,  Saiiite-Saureliere,  Oimel,  la  Chapelle,  la  Orange,  Lanteuil, 
t4verine,Malemort,  Lepru,  IMaudon,  Mausac,  Meymac,  Lanléau  (très-riche),  Saint- 
^loîaléon,  Perpezac,  Saint-Soinin,  Varetz,  Voiitenac  et  Chevene.— Carrières  de  granit  de 
différentes  qualités,  à  Tulle  et  a  Ûssel;  d'albâtre  g^pseux,  à  Saint-l«'crréol;  de  porphyre, 
de  granit  et  de  Utau  marbre  blanc,  dans  le  lit  des  rivières  de  la  Curi-èze  et  de  laSoulane;  de 
très-beau  granit  noir  et  blanc,  à  Saint-Angel ,  Pesn-levade,  Chavagnac  et  Meymac; 
d^ardoiies,  à  Doiizcnac  et  à  Saillant  ;  de  gi-ès,  à  Hrives  et  à  Meissac  ;  de  pierre  de  taille,  à 
Graramodt;  d'argile,  a  Lapléau  et  dans  quelques  autres  localités. 

Source  d'eau  minérale  à  Saint-Exupcrj. 

pRODtcTioirs.  Peu  de  froment,  beaucoup  de  seigle  et  de  sarrasin  ;  orge,  mais,  raves  en 
Srande(]uantité;  très-bons  Iruils;  melons;  beaucoup  de  noix;  grande  variété  de  plantes; 
quantité  de  champignons  (oronges,  morilles,  agaric).  Quelques  truffes.  —  13,893  oeclares 
«ngnes,  produisant,  année  moyenne,  aôn,ooo  hectolitres  de  >in,  dont  i5o,ooo  sont 
coimmmés  sur  les  heux,  et  le  re:»le  livré  à  rex|)ortation  ;  les  principaux  crûs  sont  ceux 
d'Allasiâc,  du  Saillant  et  de  Syneix. —  1 3,760  hectares  de  forêts  (arbres  verts  et  feuillus). 
—Belle  race  de  chevaux  limousins,  distinguée  par  sa  In^auté  et  sa  vigueur;  belles  espèces 
^le  bêles  à  laine;  beaucoup  de  chèvres,  àues,  porcs,  abeilles. — Poisson  d'eau 'douce  (sau- 
•*»«,  aloses,  brochets,  truites  excellentes,  écrevisses), 

hronsTRiK,  Manufacture  royale  d'armes.  Fabri(|ues  d'étoffes  de  laine  et  de  coton  ;  dea< 
teib,  papier,  huile  de  noix,  cuirs,  bougies.  Blanchisserie  de  cire;  forges  et  martinets; 
i>3uu  fourneaux.  Exploitation  de  houille. 

CoxMtftCE  de  vins,  bois,  huile  de  uoix,  chevaux  et  mulets,  bestiaux  gras,  cuirs,  papier, 
<iaUeUes,  fer,  cuivre,  et  aiticies  de  ses  manufactures. 


DEPAATEBIENT  DE  LA  GOBRÈZE. 


TILLES,  BOUEOS,  TILLA«BSy   CHATEAUX  ET  HOSUMENTS   EBMAEQUABLU; 
GUEIOSITAs  HATUEBLLBS  et  sites  PiTTOEESQCES. 


ARRONDISSEMENT  DE  TULLE. 


ABGENTAT.  Petite  ville  située  à  6 1. 3/4 
de  Tulle.  B)  ^or  Pop.  X,i^i  bab. 

Cette  ville  dépendait  autrefois  de  la  vi- 
comte de  Tureaiie.  Au  XIIP  siècle ,  il  y 
existait  un  monastère  dont  Tabbé,  Bernard 
de  Tentadour ,  obtint  le  privilège  pour  la 
ville  de  tenir  des  marchés  publics ,  ce  qui 
contribua  puissamment  à  sou  accroissement. 
Fendant  les  guerres  de  la  ligue ,  les  habi- 
tants avaient  bâti ,  pour  leur  défense ,  qua- 
tre forts  qu'ils  furent  ensuite  oontraiuts  de 
démolir. 

Argentat  est  une  ville  assez  commer^nte, 
bâtie  dans  une  riante  vallée,  sur  la  rive 
droite  de  la  Dordogne,  qu'on  jr  traverse  sur 
un  beau  pont  en  fil  de  fer,  qui  a  été  livré  à 
la  circulation  en  iSag.  Ce  pont,  d*une  lon- 
gueur de  trois  cents  pieds,  ouvre  une  com- 
munication nouvelle  entre  Paris  et  Mont- 
pellier, par  Bourges,  Tulle,  Aurillac  et  Ro- 
dez; il  est  remarctuable  par  la  beauté  comme 
par  la  hardiesse  de  sa  construction.  Le  plan- 
cher est  ieté  à  quarante-cinq  pieds  au-des- 
sus du  mveau  de  la  rivière  ;  ses  piles  sont 
élevées  a  la  hauteur  totale  de  soixante-treize 
pieds  au-dessus  de  la  Dordogne.  Plusieurs 
améliorations  dans  le  système  des  ponts  sus- 
pendus, signalent  celui  d*Argentat,  élevé 
aux  frais  d'un  estimable  philanthrope,  M.  le 
comte  Alexis  de  Noaîlles ,  et  constniit  ]Mr 
les  soins  de  M.  Ticat  :  la  maçonnerie  a  été 
faite  avec  des  mortiers  hydrauliques;  les 
Toutes  comme  tes  murs  pleins  ont  été  bâtis 
à  la  manière  des  Romains ,  et  sans  aucune 
taille  de  pierre ,  en  employant  un  granit 
schisteux.  Les  piles  sont  à  jour,  et  portées 
chacune  sur  quatre  voûtes  élégantes. 

Commerce  considérable  de  boiymerrain, 
de  blé ,  de  charbon  de  bois,  et  \ie  houille 
exploitée  dans  les  environs.  Tous  ces  pro- 
duits s'expédient  pour  Bordeaux  par  la  Dor- 
dogne ,  sur  laquelle  remontent  de  petites 
barques  jusqu'à  Argentat. 

GHAMANT  (  SAINT- ).  Village  situé  à 
6  1.  de  Tulle.  Pop.  i,a37  hab.  — ExploiU- 
tion  de  houille. 

CHAMBERET.  Bourg  situé  dans  un  pavs 
boÎ2>é,  i  lo  1.  3/4  de  Tulle.  Pop.  2,800  h. 
Le  territoire  de  cette  commune  est  enti-e- 


coupé  de  vallées ,  parmi  lesquelles  on  dis- 
tingue celle  d'Enval ,  dont  le  site  heureoi 
réunit  tous  les  agréments  d'une  paisible  re- 
traite ;  non  loin  de  là,  dans  un  lieu  solilairt, 
s'élèvent  Jes  ruines  pittoresques  de  Tantique 
château  de  La&ge. 

Chamberet  est  dominé  par  une  montagne 
c|ui  forme,  pour  ainsi  dire,  le  gradin  le  |^ui 
élevé  d'un  immense  amphithéÂtre ,  qui  s'é- 
tend jusque  dans  les  plaines  de  Saini-Viaoce: 
Cette  montagne  porte  le  nom  de  Mons-Cez; 
on  croit  y  recounaiire  les  ruiups  d'une  an- 
cienne ville,  ei  on  y  a  trouvé  plusieurs  mé- 
dailles romaines. 

€ORrI:ZE.  Bourg  situé  sur  la  Corrèze, 
où  il  a  un  |K>ri  bien  commerçant,  à  4  L  i/i 
de  Tulle.  Pop.  1,684  hab.  —  Commerce  de 
grains. 

EGLETONS.  Petite  ville  située  sur  une 
hauteur ,  à  7  I.  1/4  de  Tulle.  EJ  \>r  Pop. 
i,a53  hab.  —  Commerce  considérable  de 
grains. 

GIMEL.  Tillage  situé  à  a  l.  de  Tulle. 
Pop.  85o  hab. 

Gimel  était,  dans  le  XVI*  siècle,  la  rési- 
dence des  sires  de  ce  nom ,  barons  fameux 
dans  le  Limousin»  On  y  remarque  les  restes 
d'nn  ancien  château  ;  une  jolie  croix  déco- 
rée de  sculptures  gothiques,  et  une  rustique 
église  |)aroissiale. 

Ce  village  est  situé  sur  la  Montane ,  ri- 
vière dont  les  eaux  forment  en  ce  lieu  nue 
cascade  qui  s<*rait  une  des  plus  célèbres  de 
France ,  si  le  volume  de  ses  eaux  répondait 
à  la  hauteur  des  rochers  d'où  elle  se  préci- 
pite. Ce  n'est  pas  uue  seule  chute ,  mais 
bien  une  suite  ne  cascades  dont  la  hautenr 
totale  est  de  400  pieds;  on  en  connpie  cinq 
prind|iales ,  et  au  moins  autant  de  secon- 
daires, n  est  impossible  de  voir  toutes  ces 
chutes  d'un  seul  coup  d'œil,  et  on  ne  peut 
en  approcher  que  successivement  à  çpuse 
des  circuits  du  canal  que  les  eaux  se  toot 
creusé  entre  les  montagnes.  La  chute  su- 
périeure, divisée  en  trois  parties  par  des 
roches  aiguës,  a  environ  i3o  pieds  de  hau- 
teur, et,  quand  les  eaux  sont  abondantes , 
une  largeur  de  i5  pieds;  lorsque  la  rivière 
est  grossie  par  les  pluies,  les  trois 


ARRONDTSSEaiENT  DE  TULLE. 


se  confondent  en  une  seule ,  qui  offre  alors 
hd  conp  d'oeil  imposant.  Au-d(?ssous  de  celte 
prrinièfe  chute,  on  en  trouve  une  seconde 
où  Peau  suit  un  plan  incliné,  fonrié  par  un 
rocher  d*une  seule  pièce  d*environ  Ko  pieds 
de  haut,  et  tombe  dans  un  gouffre  dont  on 
n'apu  jusqu*à  présent  sonder  la  profondeur; 
0  7  a  encore  deux  on  trois  autres  cascades 
Hwlessoiis  de  celle-là. 

LAPLÉAU.  Village  situé  a  9  1.  x/4  de 
I^Ue.  Pop.  S53  hab.  —  Belle  exploitation 
tk  houille. 

UYALBTTE.  Village  situé  871.  3/4 
de  Tttlle.  Pop.  . . .  hab.  —  Verrerie  pour 
verre  blanc  et  de  couleur. 
^  LURZAC.  Bourg  situé  à  6 1.  3/4  de  Tulle. 
FDp.  a,ooo  hab.  Il  '  est  bâti  sur  un  plateau 
qui  doiniDe  d^excellentes  prairies  et  de  bel- 
les châtaigneraies.  Au  milieu  de  ses  maisons 
fmqut  toutes  semblables,  s'élève  la  pyra- 
■ide  dii  docber,  qui ,  comme  la  tour  de 
Vise,  penche  sensiblement  sans  en  être 
■oins  solide.  On  esi  frappé  de  Tuniformité 

L' règne  eo  tout  dans  celte  commune,  tant 
>  Wt  logements,  les  coutumes,  que  dans 
ks  habitudes  domestiques;  uniformité  qui 
contribue  à  Tesprit  d'ordre  et  d'union  qui 
distingue  toutes  les  femiUes. 

■ASSERET.  Bourg  situé  à  10  1.  3/4  de 
•Mie.  Pop.  700  hab. 

Ce  bourg  fut  assiégé  et  pris  sur  les  H- 
gneors  par  le  comte  de  Veniadour,  en  tSgS, 
A  OD  quart  de  lieue  de  Masseret ,  dans  la 
dirKtioD  de  l'ouest,  on  aperçoit  un  fort  re- 
dioRé  en  forme  de  cône  tronqué ,  de  72 
fieds  d'élévation ,  qui  a  a5o  pieds  de  cir- 
onfémice  à  fai  base ,  et  5  c  à  son  sommet  ; 
il  est  entouré  de  deux  fossés  concentriques, 
inps chacun  de  ai  pieds.  On  y  voit  encore 
deux  renparts,  l'un  de  x5  pieds  de  haut, 
■Memédiaire  aux  deux  fossés,  et  l'autre 
cticrinir,  d'une  hauteur  de  xo  pieds,  avec 
deia  nisenaents  qu'on  peut  présumer  avoir 
.ctédrnx  portes  du  fort  Cet  ouvrage  est 
prhileaaeni  conservé.  La  culture  s'est  ar- 
ibfeaa  pied  du  rempart  extérieur,  et  un 
Mki  de  hêtres,  venu  accidentellement  sur 
tai  les  rembbis,  se  constituant  le  défenseur 
Mord  du  fort ,  a  protégé  la  pureté  origi- 
■lie  de  ses  lignes. 

A  an  quart  de  lieue  de  là,  dans  la  di* 
■rtioB  do  nord-ouest,  entre  un  marais  et 
k  liiicre  des  forêts  de  la  Vergue,  on  voit 
*■  caaip  retrandié  qui  préseiite  une  en- 
Mole  ovalaire  dont  le  grand  diamèlre,  qui 
l'ctead  de  l'est  à  l'ouest,  a  80  pieds  de  lon- 
peor,  et  le  petit  4S.  Il  est  évase  aux  deux 
ttrnûlés  du  grand  axe.  Le  retrancbemeat 


qui  regarde  le  nord  est  presque  intact  ;  il 
a ,  sur  sa  hauteur ,  5o  pieds ,  et  à  sa  base, 
ao  pieds  de  largeur.  Le  retranchement  op- 
pose, celui  du  midi,  a  subi  des  altérations 
qui  ont  formé  comme  trois  buttes  ;  moins 
considérable  (|ue  l'autre,  il  n'a  que  3o  pieds 
de  hauteur  sur  i5  de  largeur.  A  l'extrémité 
de  Test  et  dans  la  direction  du  sud,  existent 
trois  excavations  de  la  piofondeur  de  10  à 
la  pieds,  qui  paraissent  avuir  fourni  les 
matériaux  des  remblais. 

JMERCŒrR.  Village  situé  kgl  3/4  de 
Tulle.  Pop.  i,o35  hab. 

REILUAC-TREIGNAG.  Village  situé  à 
n  1.  i/a  de  Tulle.  Pop.  1,290  hab.  On  re- 
marque aux  environs ,  sur  le  bord  de  la 
Vezère,  les  ruines  d'un  vieux  château,  an- 
cienne retraite  des  religionnaires,  et  une 
éçlise  isolée  au  milieu  d'une  prairie  et  d'un 
difficile  accès.  Non  loin  de  là,  entre  Cham- 
béret  ei  la  Vinadière,  s'élève  un  ancien 
camp  gaulois  formé  de  monticules  alignés. 

RO€HE-€ANILHAC.  Village  situé  à  5 1. 
3/4  de  Tulle.  Pop.  45o  hab. 

SALONS.  Bourg  situé  à  10  1.  x/4  de 
Tulle.  Pop.  a,ooo  hab.— Manufacture  d'ar- 
mes à  feu.  Forges  et  haut  fourneau. 

SEILUAC.  Boiiiig  situé  à  3  1.  x/a  de 
Tulle.  V>f  Pop.  x,6io  hab. 

SERVIERES.  Bourg  situé  kgl  de  Tulle. 
Pop.  x,i56  hall. 

TREIGNAC.  Petite  ville  située  à  xo  I. 
x/4  de  Tulle.  Collège  communal.  ^  Pop. 
a,7o4  hab. 

Treignac  est  une  ville  ancienne  dont  l'as- 
pect n%  rien  qui  flatte  la  vue;  les  habita- 
tions ,  couvertes  pour  la  plupart  en  bois, 
{>résentent  une  masse  grisâtre  qui  n'est  re- 
evée  par  aucun  édifice;  mais  l'intérieur 
offre  quelques  maisons  modernes  ayant  une 
assez  belle  façade,  et  d'autres  d'architecture 
gothicjue;  les  places  sont  peu  étendues, 
mais  bien  ombragées;  l'église,  d'arehi lec- 
ture gothique ,  mérite  d  être  visitée  ;  le  col- 
lège, la  halle,  plusieurs  fontaines  publiques, 
et  une  promenade  assez  belle ,  quoique  pe- 
tite ,  ajoutent  encore  à  ses  agréments. 

Cette  ville  est  située  sur  la  rive  gauche 
de  la  Vezère,  que  l'on  y  passe  sur  un  poni 
d'une  seule  arche,  d'une  liardiesse  et  d'une 
beauté  remarquables.  Elle  est  dominée  par 
les  ruines  imposâmes  d'un  antique  château 
bâti  sur  un  roc  escarpé  entouré  de  trois 
côtés  par  un  circuit  de  la  Vezère.  Bien 
n'est  plus  varié  que  ses  alentours;  les  pro- 
priétés y  sont  frès-divisées  et  diversement 
cultivées  ;  à  la  récoite  des  céréales  succède 
celle  de  toute  espèce  de  légumes ,  notam- 


10 


DÉPARTEMEICT 


ineot  4fs  fameux  pois  verts  n'cberchcs 
par  («s  ga&troQomes  de  la  capilale.  —  Sur 
une  des  plus  liauie»  el  des  plus  âpres  uioq- 
tagiies  euvironnaales,  nonmiée  la  (a-oix-de- 
Lescaut ,  s'élève  une  chapelle  dédiée  k  ta 
Yierge  el  destinée  à  servir  d'asile  au  voya- 
geur surpris  par  la  tempête.  -~  En  remon- 
tant la  ^  ezere,  à  une  lieue  est  de  Treigoas, 
se  trouve  une  cascade  célèbre  dans  le  paya, 
et  di}(ae  d'éti'e  visitée  |iar  1  amateur  des 
beaux  accidents  de  la  nature.  Les  eBUx  de 
lit  Vezèrc  ont  long-icmps  -coulé  daus  un 
étroit  défilé  <pie  barre,  à  son  issue,  une 
bauie  nmraiïle  de-rocbers;  là,  œ  défilé  de- 
vient tout  à  coup  larj^e  et  profond,  et  forme 
un  vaste  entonuoir  où  les  eau.\  se  préripi- 
lenl  avec  fracaa  de  prca  de  cent  pieds  d'é- 
lévation. Lès  bords  de  cet  entonuoir,  hé* 
risses  de  ruches  abruptes  et  saillantes,  sont 
ta|iissés  d  aH)USiet  et  d*arbH&«r.'aux,  contme 
pour  diminuer  la  nudilé  de  ce  site  sauvage; 
et  0('S  broussailles,  entretenues  dans  un  état 
constant  d'bunitdiié  |Uir  la  poussière  aipuMise 
des  eaux  de  la  cascade ,  offrent ,  pi'udani 
l'hiver,  un  s|i«ctacla  magoiii(pre.  Dans  la 
belle  maison,  lorsqu'on  se  hasarde  a  descen- 
dre au  fond  de  l'abîme ,  on  est  surpris  de 
voir  errant  ^  et  là ,  entre  les  précipices , 
des  chèvres  et  des  brebis  qui  vienneni  y 
chercher  leur  nature  jusque  sur  les  bords 
les  plus  escarpes ,  où  des  bergers  montent 
la  garde  potn*  écarter  les  lou|is  (|ut  fréquen- 
tent assez  souvent  ce  site  sauvage. 

Fabriques  de  chapeaux,  bas  à  l'aigiiille. 
Filature  de  laine.  —  Commerce  de  laine , 
cire,  moutons,  etc. 

TITLLB  ou  TULLES.  Tille  ancienne. 
Chef-lieu  du  département.  Tribunaux  de 
première  instance  et  de  coMMnerce.  Soeiéié 
d'agrrrnlinre.  Collège  communal.  S  VSf 
Pop.  8,68(|  hab. 

Tulle ,  jadis  capitale  dn  Bas-Limousin', 
était  un  château  ou  ville  d'origine  gauloise, 
snrcessivenienl  désignée  par  les  noms  de 
Castrum  Tttttum,  Castrum  Tttteiiense,  Tulla^ 
Ttitrtln^  Tutela,  Taeie,  Tule,  Tulfe,  TuIIls. 
Saint  Martial,  apôtre  d'Aquitaine,  y  fit, 
selon  quelqnes  auteurs ,  sa  premièi*e  i)rédi- 
cation  vers  l'an  46  de  l'ère  vulgaire.  La  tra- 
dition locale  porte  qu*il  y 'fut  fouetté  dans 
la  nulle  dite  encore  tiel  Tour  del  Sente ,  à 
IVndroit  où  l'on  voyait  naguère  une  image 
expiatoire  qui  rappelait  ce  fait.  Auguste,  de- 
venu maître  de  l'empire,  chercha  à  facililer 
les  communications  de  ses  vastes  états  par 
de  grands  chemins  ;  il  fut  bien  secondé  dans 
ses  vues  par  Agrippa.  Sous  son  administra- 
tion, il  y  en  eut  aeux  de  diriges  vers  Lyou: 


DE  LÀ  CORKEZE. 

l'un  traversa  la  Tarentaue^  et  Tautre  X^ 
pvnnin  ;  ce  fut  de  cette  ville  qu'il  eu  d 
d'autres  dans  toutes  les  pariiez  des  Oai 

rrmi  les(|uels  ou  en  i-euiaïque  quatre 
longueur  et  la  difficulté  des  lieux , 
nombre  des^piels  était  celui  qui,  à  Ira 
les  montasnt  s  d'Auvergne,  pénefntit  jusqu'i 
fond  de  l'Aquitaine.  Ce  chemin  iravrrsa 
le  déjiarienient  dans  la  direction  d  Ë\ga^ 
mnde,  Ussel,  I^ipléau,  Koiilniariiu  el  liri%eij 
passait  prot^be  les  murs  de  Tulle,  la  Cor^ 
rèze  entre  deux,  el  y  communiquait  \a\  U 
|Mn)t  Chaiij^iuet  ou  du  Péage,  aiiM  qu'à  la 
ville  de  Tiittignac,  et  de-là  à  celle  d  LJ2rrrli& 
pa»-  un  embranchemeul  qui  y  abouii^aail  ci 
longeant  le  faubourg  de  la  RivitTe.  (icil» 
route  donna  iiaisi»auce  aux  faubourgs  d'AJk 
vert;es  ou  des  Auberges,  et  du  Liou  d'or,  «m 
se  bàiirtuil  sur  ses  bords,  |tar  exieusiou  « 
celui  du  Canton  qui  s'était  (uvcedeiuiBeatl 
formé  à  la  lèie  du  pont  ;  car  l«:s  .mois  kk 
canton,  liarri  ou  quartier  sigiiiriaienl  h 
même  chose ,  une  réunion  dt*  iuai*oits  Imb 
l'enceinte  d'une  ville  et  en  dé|>eiidant. 

Le  célelire  nmnastèn^  de  SaîiM-Martio  èe 
la  même  ville  fut  établi  vers  36o  sons  l'ia- 
vocation  de  saint  Michel ,  |)ar  saîiil  Martin 
lui-même ,  sur  le  lerraiu  (>xis;aDl  entre  lei 
anciens  murs  du  château  et  la  Gorrèze,  et 
qui  fut  dans  la  suite  encloadanssoo  enceinte^ 
formée,  à  {uirtir  de  la  tour  Carrée;  qui  por- 
tait autnfois  le  nom  de  Tour  de  b  Sioie, 
par  un  fossé  large  et  profond  ,  qui  se  diiv 
geait  d'un  côté  vers  cette  rivière,  et  de  faih 
tre  vers  celle  de  Soulane»  et,  dans  1  iumié- 
diaire ,  par  le  lit  de  toutes  les  deux  réunis 
an  pont  de  TEscurol,  remplacé  depuis  iSot 
par  celui  de  Milel-Mureau. 

L'enceinte  de  Tulle  était  percée  par  qua- 
tre portes  principales;  savoir:  celle  de  li 
Rivière  ou  des  Moulins,  ceHe  du  pont  Oiaa* 
zinet  ou  de  rÉvèché ,  celle  des  Mazaux  oa 
de  la  Rarrière,  enfin  eelle  de  la  porte  (^ha- 
nac  ou  de  la  Barussie  ;  leur  entrée  éiaii  dé- 
fendue par  des  tours ,  et  le  tout  c^Hiroané , 
pour  la  défense  de  la  place,  d'une  galène 
de  ciitMilaiion,  à  laquelle,  pour  la  iaciUié| 
des  rondes,  on  communiquait  de  distaMCf 
en  distance  par  des  escaliers  à  ce  destiofS.| 
Il  y  avait,  en  outre,  deux  petites  portes  oa 
guichets  pour  l'usage  journalier  «  lorsque  U 
ville  était  en  défense:  l'une  au  nord,  aa 
bout  de  la  rue  qui  en  conserve  le  nom,  et 
l'autre  vers  le  midi,  proche  du  clocher,  à 
l'endroit  qu'on  appelait  dans  les  demicfs 
temps,  iou  pount  dos  Seignours,  parce  quH 
était  destiné  à  conimunitpier  de  rcxlérieur 
avec  Penclos  ou  quartier  du  monastère,  quv 


1 


ARRONDISSEMENT  DE  TTJLIE. 


Il 


p^oe  renfermé  dans  Tenceinte  générale, 
»t  eocore  séparé  de  ceJIe  de  la  ville, 
nme  auparavant ,  par  des  portes  qui  en 
Baieut  la  communication.  Tune  desqucl- 

était  au  bas  de  la  rue  dite  du  fort  Saint- 
Tre,  à  côté  el  au  pied  de  la  tour  Maige, 

Bianiere  que  ,  lors  des  incureious  des 
rbarrs ,  le  monastère  pouvait  être  envahi, 

■  q«»e  TaDCienne  ville  fût  prise. 

paus  Ir»  dernières  années  du  quatrième 
rley  sous  Tempire  dHooorius,  les  Van- 
tes, ravageant  l' Aquitaine,  détruisirent 
»luibleineiit  la  ville  q'j'aprcs  la  conquête 

Rondins  avaient  bàiie  au  Heu  dit  des 
ipaes  de  Tinùgnae^  on  Ton  voit  encore 
.  relies  d*un  amphithéâtre  et  des  débris 
Érit  ux  d*antiqiiitês  qui  ne  laissent  aucun 
Me  sur  son  exiâleuce,  quoique  le  nom  ne 
n  soit  pas  conservé.  Cette  dévastcition 
irna  à  l'avantage  de  Tulle,  rendit  à  cHte 
le,  avec  une  partie  dr  sa  population  échap- 
r  an   carnage  «  son  ancienne  iin])ort»ince, 

donna  octasion  i  Tagraudissenient  des 
Hc*  fisiiibourgs  qui  renioureiit. 
Tulle  p'ts.sa,  aln^îi  que  li;  monastère,  sons 
domination  des  Goths  en  471,  des  Francs 
i  507  ,  el  éprouva  les  désordres  quVntra!- 
!iit  &  leur  suite  ces  sortes  de  changements, 
que .  dans  les  temp.-;  intermédiaires ,  les 
corsions  d'autres  barbares  ne  faisaient  que 
nltip'ter. 

Pendant  la  guerre  des  Anglais ,  Tulle , 
nstaDiment  fidèle  aux  rois  de  France,  fut 
Kfgéc  deux  fois  par  Henri  de  Lancastre 
■i,  après  avoir  eniouvé  une  vigoureuse 
isstaore,  s'en  rendit  maître  le  l'^novcni- 
R  1346,  et  V  laissa  une  garnison  de  400 
Dinmcs  dont  elle  fut  Incntôi  délivrée- par  le 
nate  d'Armapiar  qui  vint  à  sfm  secours  le 
4  du  mênne  mois. 

la  famine  el  la  peste  disaient  â  celte 
poqoe  de  grands  ravages  :  Tulle  en  était  par- 
cnliémnent  affligée.  Le  vœu  du  tour  de 
jBaade,  qui  se  célèbre  encore  avec  grande 
Iholion  A  concours,  la  veille  de  la  fêle  de 
■ni  Jrao,  et  |>endant  POcfave,  fut  fait  par 
es  habitants  pour  obtenir  du  ciel  la  cessa- 
ioB  de  ces  fléaux,  et  conserver  la  mémoiro 
t  ce  que  leurs  prières  avaient ,  dit-on,  été 
saoctes. 

Cette  ville  tomba  de  nouveau  au  pouvoir 
les  Anglais  en  1.369;  mais  cette  fois  ses  ha- 
titanfs,  dénués  de  tout  secours ,  firent  des 
•ItifTs  inonû  pour  les  en  cliasser,  et  y  par- 
iorent.  (iiarles  V,  voulant  leur  témoigner 

■  aiisfactîon  el  les  récompeiuer  de  leur 
lèle  pour  son  service ,  leur  accorda  les  mè- 
Ms  privilèges  dont  ii  avait  peu  auparavant 


gratifié  les  villes  de  Cahors,  de  Montauban 
et  de  Figeac ,  par  ses  lettres  patentes  don- 
nées au  mois  ae  mai  de  l'anuée  suivante , 
par  lesquelles  il  les  affranchissait  pour  lave- 
nir  de  tous  impôt*;.  Il  ennoblit  en  même 
temps  six  des  fanûlies  qui  avaient  le  plus 
Goniribué  à  l'expulsion  des  ennemis;  savoir: 
Durand  de  Lespicier,  Jean  et  Guillaume  de 
Bossac,  Jean  et  Raymond  de  Saint -Salva- 
donr,  et  Guillaume  de  tabe)lie. 

Henri,  vicomte  de  Turenne ,  s'empara  de 
Tulle  en  i3.S5,  pour  le  roi  de  Navarre»  et 
y  établit  Lamaiirie.  son  lioutenani,  en  qua- 
lité de  gouvrrneur.  Celui-ci  y  passa  Phiver 
et  y  commit  toutes  sortes  d^  déprédations. 

Sur  le  plaleati  (pii  si'pare  les  viillées  de  la 
Corrèze  el  de  la  Vezere ,  à  une  lieue  cti 
avant  de  Tulle ,  dans  la  Uirectiou  du  nord , 
se  trouve  une  esplanade  dite  vulgairement 
les  Huines  de  Tinlignac.  Du  côté  de  l'est , 
elle  est  cernée  par  wn  village  du  même  nom 
de  Tintignar;  de  ce  côté,  elle  e,st  éc'airée 
par  la  niaguiriqiie  perspective  d<»s  Monai- 
dières.  A  l'ouest,  la  plaine  s^adosse  à  un 
second  village  du  nom  de  Bach.  Au  sud , 
elle  e.<il  limitée  par  un  troisième  village 
nommé  Césarin.  Au  nord ,  l'esplanade  86 
prolonge  indéfiniment.  Eti  examinant  atten- 
tivement ce  lieu  daiis  le  point  précis  qu'on 
appelle  les  Arènes  de  Tinlignec,  on  décou- 
vre à  fleiïT  de  terre  cinq  carrés  évidés  de 
maçonnerie  à  ciment ,  de  la  giandeur  cha- 
cun d'une  chambre  ordinaire,  attenants  les 
uns  aux  autres.  Autour,  les  plis  et  les  a<ip6- 
rités  du  terrain  en  font  supposer  lieaucoup 
d'autres.  Tout  près  est  un  espace  ovalaire 
ayant  deux  cents  pieds  sur  son  grand  dia- 
mèlrr,  cent  cinquante  sur  le  petit ,  indiqué 
par  une  courbe  eu  maçonnerie  à  ciment  lé- 
gèrement saillante;  sur  quelques  points,  la 
oourhe  plus  élancée  laisse  a|)err<'voir  des 
débris  de  gradins  également  ciivulaiiTS,  el 
une  fouille  même  superficielle  confirme  celte 
découverte  sur  tout  le  i)ourtour  de  la  coinhe. 
Il  est  impossible  de  méconnaître  cette  ruine: 
c'est  celle  d'une  arène  romaine ,  comme  le 
dit  le  langage  dii  pays  qui  se  trouve  là  comme 
un  témoignage  surabondant.  Auprès  de  ces 
débris,  Ton  rencontre,  jonchés  sur  la  surface 
dn  sol,  des  frai^ments  nombreux  de  tuiles 
ix>maines  :  la  charrue  en  soulève  jounielie* 
ment  une  quantité  prodigieuse,  comme  d'une 
mine  inépuisable,  et  sur  un  espace  environ 
de  A 00  pieds  en  carré.  Ou  y  trouve  aussi  des 
morceaux  de  marbre  blanc,  par  (ilaques,  avec 
des  ciselures,  ainsi  que  des  fragments  de 
granit  travaillés,  de  différentes  variétés,  sur* 
tout  de  ceux  de  la  belle  espèoe  dite  vipérineu 


1» 


DÉPÀ1lT£MfiNT 


MO*  le  pmiit  et  pnelamé  roi  d'AqiiltHÎrte 
en  585.  Klle  dépeiidait  autrefois  du  Péri- 
(|ord ,  et  en  Au  détachée  sous  Charles  Y 
pour  être  réunie  au  Limoutîn ,  aur  la  de^ 
mande  du  ppé  Grégaire  XI.  Elle  a  eu 
loiig-ieinfis  la  préteaiion  d*éire  la  eipiialè 
du  Bas*-tifiiijtisin  ^  et  sel  diaciiKiotia  avec 
Tulle  et  Uaerche  pour  obtenir  ie  siég^  de 
la  sénéchaiissée  de  la  proviueei  ont  duré 
plNsietirf  Siècles. 

CL't<e  ville  est  aituéè  de  la  tnanîère  la 
]ilu9  ghicieuse^  dans  le  joli  vallon  de  la  Cor- 
rèze^  ail  niilieil  d'un  baxsin  de  prairies  et 
de  Verfjen,  entre  des  coteaux  de  vi^iita  d'un 
coléf  et  des  collines  boisées  de  l'autre.  Elle 
0.1  euluurée  d'une  allée  de  beaux  ormes , 
eu  manière  de  boulevards,  et  de  jolies  niai- 
stiHs  ou  pierres  de  taille.  Ces  allôcs  offrent , 
du  bote  de  la  rivière^  une  promenade  aussi 
fraiolie  que  pittoresquet  Mais  los  voyageurs, 
pour  emporter  de  celte  ville  l'idée  aranta* 
gousc  que  semble  indiqtier  son  aspect  exté* 
rieur,  iW  doivent  pas  pénétrer  dans  son  en- 
ceinte {  ils  n'y  trouveraient  ni  belles  places, 
ni  belles  rues,  quoique  les  unes  ei  les  autres 
soient  bordées  de  maisons  conslruiles  en 
pierres  bien  taillées;  une  seule  rue,  celle 
des  NobleSf  offre  un  peu  de  largeur  et  quel- 
ques consiructions  de  bon  goût. 

Le  collège  est  un  assec  beau  bâtiment, 
dont  ou  remarque  suitout  le  portail  orné 
de  colonnes;  non  loin  de  là,  s'élève  une 
tour  en  belvéder  qui  domine  toute  la  ville, 
et  n'est  doniinée  elle-même  que  par  le  clo- 
cher de  Saint -Martin.  L'hôpital  est  aussi  nn 
fort  bel  édifice.  Ou  remar(]ue  encore  à  Bri- 
ves  :  la  bibliothèque  publique ,  renfermant 
a,ooo  volumes ,  et  la  maison  gothique  de 
M.  de  Verlhac,  bAlie,  dit-on,  du  temps  des 
Anglais.  Cette  maison  est  surtout  curieuse 
par  les  scnlpuires  qui  la  décorent  iniérieu- 
reinenl  tx  extérieurement  :  parmi  les  pre- 
mières, on  ciie  un  cerf  sur  une  cheminée,  et 
parmi  les  secondes,  une  femme  à  la  fenêtre. 

Non  loin  de  Brives,  sur  la  roule  de  Tulle, 
se  trouvent  les  ruines  de  l'ancien  château 
de  Beauforl,  qui,  dans  le  XV*  siècle,  servait 
de  retraite  k  une  de  ces  iroupes  d'  entu- 
riers,  appelés  Brabançons,  iulroduiis  en 
France  à  la  suite  de  nos  guerres  avec  les 
Anglaif^,  et  qui  ravageaient  le  pays.  Los  sei- 
gneurs limousins  prirent  les  armes;  les  «nven- 
tnriers  fuirent  attaqués  dans  leur  re|»aire  et 
dôfaits  le  11  avril  1477  •  0°  en  tua  deux 
mille,  et  dopuis  le  nom  de  Beaufort  fut 
changé  en  coini  de  Malemort.  Il  existe  à 
Malemort  une  magiiiû(|ue  filature  de  coton. 

Brives  est  la  patrie  du  cardinal  Dubois  ; 


DS  LÀ  OOUKttÉ. 

du  maréchal  Brune  ;  du  génMI  Tr«8tolj 
ancien  membre  du  Directoire. 

FaérhueJ  de  bougies,  huilé  de  noit.  t|i 
latmnes  de  coton.  Blauchlsterfe  de  cire,  tw 
tillnrtes  d'eau-de-'vie.  -^  Conùnercé  dé  bel 
de  cotistHiction,  Vin»,  Marrons,  cUlaigneÉ 
moutarde  violette,  truffes,  dindes  tniM 
renommées,  lahies,  bestiaux,  porcs,  ete. 

A  6  1.  de  Tulle,  18  L  de  Pért^tietix,  ii5£ 
dePariS.— Af/e/^rdeToulmise,  de  Botileaati 

GHABRIGN AC.  Village  situé  ft  7  L  dl 
Brives.  Pop.  700  bab.  —  ExploiUtîoB  d| 
mines  de  plomb  argentifère. 

CUBLAC.  Bourg  situé  sut*  tn  H^  drtM 
de  la  l^exère,  â  5\.  tft  de  BHvet.  ftif 
1,084  hab.— Exploitation  de  houille. 

CUREMONTB.  Bourg  aitllé  à  7  L  i|l| 
de  Brives.  Pop,  800  bab. 

DONZENAC.  Petite  ville  située  à  s  L  i/l 
de  Brives.  ^  \y  Pop.  3,9  rg  hab. 

Cette  ville  est  bâtie  dans  Une  rhaHnaniC 
situation,  au  sommet  d'une  collitie  tapisril 
de  beaucoup  de  vignes  et  de  quelques  prai> 
ries,  qu'ombragent  des  noyers,  des  |)eupKèf4 
et  des  châtaigniers.  Les  mes  en*  sont  esrir^ 
pées,  tortueuses ,  étroites ,  et  aaasî  mal  pl^ 
vées  que  malpropres.^  Commerce  de  tin* 
—Aux  environs,  liellet  carrières  ë'urtioisli 
exploitées. 

OLANDTBBS.  Yillëge  sttné  à  6  L  dl 
Brives. — Forges  et  haut  foomean. 

JUILLAC  Bourg  situé  à  7  L  de  Brti«k 
Pop.  3)519  hab. 

LARCHE.  Petite  ville  située  sur  la  Un 
gauche  de  la  Tcsère  <  à  s  L  i/«  de  Brivca. 
Pop.  806  hab. 

LISSAV.  Tillagc  situé  à  a  L  j/a  de  Bri- 
ves. l'op.  787  hab.  —  Fabrique  de  drapi 
communs,  de  croisé*  pour  pOiVes  de  pape- 
teries, couvertures  de  laine,  pépiera,  vmai- 
gre,  bleu  de  Prusse.  Filature  hyar.  de  bina. 

LUBERSAC.  Petite  ville  aituée  à  3  L 
de  Brives.  Pop.  3,5o9  hab. 

MALEmORT.  Village  situé  Sur  11  rive 
droite  de  la  Corrèse,  à  i  L  i/a  de  Brivet. 
Pop.  x,o68  hab. — Filature  de  coton. 

MEYSSAC.  Bourg  situé  à  4  L  S/4  <fc 
Brives.  Pt)p.  2,447  hab. — Culture  en  gned 
du  no)er  et  commerce  d'huile  de  noix. 

KOAILLES.  Bourg  situé  iur  une  haa- 
teur,  à  i  1.  3/4  de  Brives.  Pop.  700  liah. 

Ce  bourg  était  autrefois  le  chef-lieu  d'os 
duché-pairie,  érigé  en  i(t63  en  faveur  d'An* 
dré  de  Noailles,  premier  capitaine  desgar^ 
des  de  Louis  XIV.  On  y  voit  on  beau  tW 
teau  semi  -  gothique ,  propriété  de  M.  M 
comte  de  Noailles,  ancien  ministre  d*ëttf 
et  député,  dont  le  nom  est  justement  véMvi 


1 


§ 

l 

i 

5 

O 

i 


ARRONDISSEMENT  BtJSSEL. 


15 


èms  toute  la  contrée  :  écoles  publiques,  ate- 
liers d'instruction ,  fabriques  où  le  pauvre 
trooTe  du  tratail ,  bopitaui  où  le  malade 
reçoit  des  soins,  ^ise  où  le  malheureux  ira 
chercher  des  consolations ,  il  a  tout  fondé  à 
les  frais  pour  l'usage  de  ses  coDcitoyens. 

Un  peu  plus  loin  que  le  château  de 
Kooilles,  est  celui  de  la  Faye,  maison  de 
phisance  du  cardinal  de  Noailles,  parvenu 
Sk  la  pourpre  romaine  par  ses  talents  et  ses 
lertus,  comme  son  compatriote  et  coniem- 
poraio  Dubois  par  ses  intrigues  et  ses  bas- 
seues.  Le  premier ,  issu  d  une  maison  U- 
lustre,  et  illustre  lui-même,  aussi  désintéressé 
que  charitable ,  ne  laissa  aucune  fortune  à 
ses  héritiers  ;  Tautre,  d*une  naissance  obscure, 
aiais  ambitieux  et  cupide,  abandonna  aux 
siens,  en  mourant,  une  fortune  de  deux  mil- 
lions de  renie,  qui  en  vaudrait  plus  de  qua- 
tre aujourd'hui. 

OBGMAC  Village  situé  à  6  I.  1/3  de 
Briic&  POp.  1,354  bab. — Forges. 

VOaPADOUR.  Hameau  dépendant  de 
h  coauiuiie  d'Amac,  situé  à  x  I.  x/4  de 
Brives. 

^  Pompadoor  est  remarquable  par  un  an- 
tique cnâtean,  que  Ton  croit  avoir  été  bâti 
m  eommencement  du  XII*  siècle,  par  Guy 
éi  lastoors ,  pour  se  mettre  à  couvert  des 
■eonâons  des  seigneurs  de  Ségur.  Ce  châ- 
teau, brûlé  en  laoo,  pendant  les  guerres 
qn  suivirent  la  mort  de  Richard  Cœor-de- 
lioB,  avait  été  rebâti  vers  le  oommeuce- 
■cot  du  XT*  siêde,  avec  un  luxe  de  sail- 
iliBe  qu^on  trouve  raretnent ,  même  dan» 
les  châteaux  royaux  de  la  même  é|K>que, 
par  un  cardinal  de  Poronadour,  évêque  du 
P9j.  Les  Pompadour  nirent  long -temps 
liealeoants  du  roi  et  goii%*emeurs  du  Liniou- 
■a.  Celle  paissante  famille  méritait,  en 
s'cieignant,  de  laisser  une  réputation  hono- 
aUe;  asalheureusemeni  le  nom  de  Pompa- 
éow  Dons  est  arrivé  souillé  par  le  souvenir 
^  la  célèbre  maîtresse  à  qui,  en  1745, 
LsubXT  donna,  avec  le  château  et  ses 
^êpendanoes ,  le  titre  de  duchesse  de  Pom- 
HoQT.  Après  la  mort  de  celte  courtisane, 


la  terre  de  Pompadour  retourna  à  la  cou- 
ronne. Lofiis  XV  en  gratifia  M.  de  Cboi- 
seiil,  qui  en  fit  un  baras  royal,  en  1765, 
et  reçut  en  édiange  la  terre  de  Chanteloup, 
où  il  se  retira  après  sa  disgrâce.  Le  baras 
a  subsisté  à  travers  la  résolution.  Presque 
tous  les  biens  dépendants  du  châleau  ayant 
été  vendus  à  celte  époque,  ont  été  rachetés 
en  i8û5,  par  M.  de  Champagny,  alors  mi- 
nistre de  I  intérieur,  et  ses  revenus  sont  eo- 
oore  de  35«ooo  fr.  ;  iU  oomisleiit  pnncipa- 
lement  en  bois  et  en  prairies. 

Le  haras  de  Pompadour  n'ei|t  plus  au- 
jourd'hui qu'un  dépét  d'étalons.  Les  bâti- 
ments du  château,  qu'un  incendie  avait 
fortement  endommagés  dans  la  nuit  du  ag 
au  3o  janvier  i834,  ont  été  restaurés  récem- 
meot.  L'édifice ,  remarquable  par  sa  masse 
et  par  jies  tonre  gothiques,  s'élc^e  au  milieu 
d'une  haute  et  belle  plate-forme,  dont  on  a 
circula irement  entouré  la  roche,  sans  doute 
escaq^ée,  sur  laquelle  il  était  primitivement 
assis;  cette  terrasse j  de  deux  cents  toises 
de  circonférence ,  bordée  d'une  bal usirade 
en  pierre  et  flanquée  de  tours  de  distance 
en  distance,  est  d'un  fort  bel  aspect. 

TURENNE.  Petite  ville  fort  ancienne , 
située  près  de  la  source  de  la  .rivièi^e  de 
Tourmente,  à  3  L  3/4  de  Brives.  POpuhition 
1,988  hab. 

Celte  %ille  est  bâtie  sur  un  rocber escarpé, 
couronné  par  les  ruines  d'un  antique  châ- 
teau, dont  la  grande  tour,  dite  Tour  de  Ce* 
sar,  domine  un  vaste  horizon  et  un  teni- 
toire  agréable  et  fertile.  Pépin  et  Louis  le 
Débonnaire  assiégèrent  et  prirent  cette  foi^ 
teresse ,  le  premier  en  767  ^  le  second  en 
839.  Le  châiemi  de  Turenne  fut  le  T)erceau 
de  la  famille  qui  a  donné  à  la  France  un 
de  ses  plus  illustres  capiiàines. 

Commerce  d'huile  de  noix,  crains,  chaux 
hydrauliques,  etc.  —  Aux  environs,  mines  ^ 
de  fer ,  de  cuivre  et  de  plomb. 

VI6KOIS.  Bourg  situé  sur  la  Vezère,  à 
7  1.  t/2*  de  Brives.  Pop.  2,5o4  hab.  —  Pa- 
peterie. 


ARRONDISSEMENT  D'USSEL. 


AXGEL  (SAINT-).  Bourg  situé  sur  la 
IhniiODne,  à  a  b  dllssel.  Pop.  t,45o  h. 

Ce  bourg  possède  uue  église  remarqua- 
Ue,  qui  s'élève  majestueusement  sur  une 
«linrnce  et  domine  au  loin  la  contrée. 

■MT.  Petite  viUe  située  dans  un  joli 
nilsn,  mr  la  rive  droite  de  la  Dordogne, 
À  5  L  dllMeL  IS  Pop;  2,^91  bab. 


Cette  ville  était  entourée  de  murailles 
dont  on  voit  encoré  quelques  restes  dans  le 

auai'tier  de  Bess«ic.  Loi's  des  guerres  de  la 
gue,  les  habitants  prirent  parti  ^ur 
Hem  i  IV,  qui  leur  en  témoigna  sa  recon- 
naissance par  une  lettre  écrite  de  sa  main. 
Le  principal  faubourg,  que  traverse  la  grande 
route  d'Aurillac  i  Clermont ,  est  séparé  de 


Ift 


là  yi]]e  par  là  Dordogne,  que  Ton  passe  sur 
uu  ancien  pont.  On  remarque  à  Bort  l'église 
paroissiale,  surmontée  d'un  clocher  en  flèche, 
qu'on  apeiiçoit  de  fort  loin. 

On  voit  de  cette  ville  une  montagne  ba- 
saltique, appelée  les  Orgues  d<^  Bort ,  com- 
posée dans  sa  partie  supérieure,  de  prismes 
irréguliers,  mais  énormes;  de  phonoUle 
compacte ,  quelquefois  poreux ,  souvent  ma- 
culé, et  se  dilatant  '  rarement  en  feuilles 
minces.  Cette  roclie,  qui  forme  près  du  tiers 
de  la  hauteur  de  la  montagne ,  repose  sur 
une  couche  de  cailloux  roulés  et  sur  le 

Snetss  ;  le  plateau,  dont  l'étendue  est  consi- 
érable,  est  généralement  couvert  de  bruyè- 
res, dont  quelques  parties  sont  successive- 
ment mises  en  culture.  —  Du  haut  des  Or- 
5ues,  dont  la  partie  ouest. est  surmontée 
'une  pyramide  construite  pour  la  triangu- 
lation de  la  France,  on  a  devant  soi  un  ho- 
rizon immense,  un  véritable  et  magnifique 
panorama  :  la  vue  embrasse  à  la  fois  une 
quantité  innombrable  de  villages ,  de  châ- 
teaux anciens  et  modernes,  d'autres  qui  sont 
en  ruine,  de  vallons  couverts  de  la  plus 
riche  verdure,  ainsi  que  des  rivières  et  des 
ruisseaux  qui  les  fécondent;,  sur  le  dernier 
plan,  s^élèvent  les  chaînes  de  montagnes  du 
Moni-Dore,  du  Gezalier,  du  Cautal,  etc. 

Ou  doit  visiter,  à  une  lieue  est  de  Bort, 
la  belle  cascade  du  saot  de  la  Saule ,  dont 
nous  donnons  la  description  dans  la  livrai- 
son du  Cantal.        * 

Bort  est  la  patrie  de  Marmontel. 

Fabriques  a«^  toiles  recherchées  dans  tout 
le  midi.  Blàncl^sserie  de  cire.  Tanneries. — 
Brasseries. — Commerce  de  grains,  fromages, 
cire,  porcs  gras,  chevaux,  bœufs ,  fourrures 
esiimees,  peaux,  merrain,  planches,  toiles. 
Entn'pôt  du  Cantal  et  de  la  Corréze.  — 
Hôtels  du  Cheval  blanc,  des  Trois  pigeons. 

BUGEAT.  Bourg  siiué  sur  la  Yezere ,  à 
6  1.  1/4  d'Ussel.  Pop.  Sa5  bab. 

EXUPIÊRY  (SAIKT-).  Bourg  situé  à 
z  1.  i/^  d'Ussel.  Pop.  x,45o  bab.  On  y 
trouve  une  source  d'eaux  thermales. 

ETGURANDE.  Bourg  situé  à  5  I.  1/4 
d'Ussel.  Pop.  gai  bab. 

MAUSSAC.  Bourg  situé  à  3 1.  x/a  d'Us- 
sel. Pop.  44  X  bab.  C'est  sur  le  territoire  de 
cette  commune  que  se  trouve  la  mine  de 


DÉPARTEBiENT  DE  LA  COHRÈZE. 

houille  de  LAVLiAV,  la  plus  considérable  i 
toutes  celles  qui  existent  dans  le  départi 
ment. 

nETMAC.  Petite  ville  située  dans  m 
vallée  agréable,  i  a  1.  x/a  d'Ussel.  Po| 
3,x3o  hab. 

Cette  ville  î>ossédaît  autrefois  on  moiial 
tère  de  l'ordre  de  Saint-Benoit ,  auquel  ta 
seigneurs  de  Yeutadour  firent  des  dons  coa 
sidérables  en  1080.  On  y  remarque  un  bd 
pice  fort  bien  tenu ,  ainsi  qu'une  ancienii 
église  décorée  de  sculptures  et  ornée  de  t4 
bleaux.  —  Fabrique  dVmes  à  feu  dépe« 
dante  de  la  manufacture  d'armes  de  Toile 

HONESTIER-MERLIHES.  Yillage  s« 
tué  à  5  1.  x/4  d'Ussel.  Pop.  384  hab.  -^ 
Forges  et  hauts  fourneaux. 

NEUYIC.  Bourg  situé  à  4  1.  d'UsacL 
Pop.  a,6i9  hab. 

SOIINAG.  Bourg  situé  à  3  I.  i/a  d'UaseL 
Pop.  408  hab. 

USSEL.Yille  ancienne.  Chef-lieu  de  sous- 
préfecture.  Tribunal  de  première  instance. 

Soriété   d'agriculture.   Collège   ooou ' 

S  ^Of  Pop.  3,963  hab. 

Cetle  ville,  située  au  milieu  de 
tagnes  arides,  entre  les  rivières  de  la  Diege 
et  de  la  Sarsonne,  parait  avoir  été  consiraife 
sur  remplacement  d'un  ancien  camp  ro- 
main. On  y  voit  les  restn  d'une  voie  mili- 
taire facile  à  reconnaître,  et  l'on  trouve  fré- 
3uemroeut,  dans  ses  environs,  des  médailles^ 
es  vases ,  des  unies  et  autres  objets  anti- 
ques ;  l'une  de  ses  places  publiques  est  méiBe 
encore  ornée  d'un  aigle  antique  en  granit , 
posé  sur  un  piédestal. 

Ussel  était  autrefois  entourée  de  morailles 
et  a  soutenu  plusieurs  sièges.  Cette  ville  a 
surtout  beaucoup  souffert  lors  des  (guerres 
contre  les  Anglais  ;  elle  a  été  dévastée  par 
plusieurs  incendies  en  i358,  en  1404  et  eu 
147a.  La  peste  U  désola  en  i438,  en  x564 
et  en  x587. 

Fabriques  d'étoffes  de  laine ,  de  toiles  à 
voiles,  ae  clous,  l'auneries. — Commerce  de 
chanvre,  pelleteries,  toiles,  cire,  suif,  bois 
merrain,  etc. 

A  x4  I.  i/a  de  Tulle,  17  1.  x/a  de  Cler- 
mont,  lia  1.  de  Paris.  —  Hôtels  du  Dau- 
phin, de  Notre-Dame,  des  Trois  pigeons. 


riH    DU    PÉPARTEMEST   Dl    IJI    CORKCZE. 


IMPaiMEAIB    DB    FinUTJr    UIDOT    PMàBBS, 

&VI    lACOB»    k*    «4. 


&•<••*'   Aui^  t  'ntTtynfTH'^  . 


)ELAFR.V\rE 


1     •      ''' 

P  PRKFRrTrJUS, 


)KL.VFILVME 


iARTV. 

or  nÀPAaTKJÊA 

DR 

COKR 


FASIO&AIIA 


PITTORESQUE 


DE  LA  FRANCE. 


—•»•>•—<•<• 


ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TKA VERSANT  LES  DÉPARTEMENTS 

9C  tBINB-KT-OMS  ,  DU  LOIRBT,  DU  CHER,  DB  L'INDBB,  DB  LA  CREUSB, 
DB  LA  HAUTE-VIENNE,  DB  LA  CORRSZB,  DU  LOT,  OB  TARN-BT-«ARONNB« 
BB  I^  ■AUTB-OABOIIHB,  BT  COMMUNICATION  A^BC  LE  DÉPARTEMENT 
DB  L*ARTfi6B. 


DEPARTEMENT  DE  LA  HAUTE-VIENNE. 


2tmvaive  ^t  ffam  à  Zonlomt^ 

rA&   MOlfTARGIS,    BOURGU,   I.I MOC BS ,   TULU    BT  MOBTAIIBAV  ,    182  LIBDU.- 


D»  Paris  i  Ho|^rat<mir-VtniiMOQ  (route 

de  Chenbérr) Bl V. . 

Giea Bi....V.. 

Aiipnrt yy.. 

Lb  Cbapene-d'AngiUon V. . 

>or.. 

B....Xjr.. 

......Ba....^.. 

ClMMSt 

El....>Ûf.. 

^Qf.. 


.xy.. 


Ar^mtoa. 


U  Viile-««*Brna.. 


danftdoBbc. 

U  SleiMO-Roage. 


xjr.. 

xy.. 


Hfors. 

82 
6 

4. A 
6 
3 

4  0 
3  i/a 
2 

8 

.0 

3.1/* 

8 
2 
6 
4 
4 


.  Limoges 

Piente<BiifBerre. . 

Magnec , 

Masaeré 

Uxerche 

Seint-Pardevx... 


Brires 

Cresseasac 

Sonillac 

Peyrae 

Pont'de-Aodee.. . 
Pélacoy. 


...^or.. 
...lor.. 

...yy.. 
...tor.. 
...lor.. 


Cahors yy. . 

La  Madeleine yy . . 

Caottade yy . . 

Montauban •  ..|g|. . .  .^r. . 

Grisolles yy . . 

SaintrJory yy. . 

Toulonse... (S...  .V. . 


Communtcotton  )(  Coulouee  à  Joir,  19 1.  1/2. 


k  ToakMue  &  Vifior». . 


liMin. 
6  i/a 


Pamiers. 
Fois 


3 
3 

3 

2  i/a 

8 
3 

5 
4 

6 

6  i/a 

6  i/a 

4 
»  i/a 

5 

8 
4  xh 


8  i/a 
4  i/s 


57*  lÂ9rau9n.  rHAVTB-TuiKii».) 


^ 


2  DÉPARIUMENT  DE  LA  lCACTB-TI£NIfE. 

ASPECT  DU  PATS  QUE  PARCOUBT  LE  VOYAGEUR 
J)S   HOUBS  A  MAMS^i. 

Ls  premier  endroit  que  Toq  rencontre  en  entrant  dam  le  départemoit  de  la  Hme* 
Tienne  est  le  himéau  de  Boisniandé,  aneien  relais  de  poste  supprimé,  oà  Pon  aime 
après  beaucoup  de  montées  et  de  descentes ,  à  travers  des  landes  et  des  rhltaignetaieL 
Le  relais  est  placé  à  la  YiU»4u-Brun,  village  après  lequel  on  entre  dans  un  pays  sablooneu 
et  peu  fertile.  La  roule  côtoie  le  département  de  la  Creuse,  j  pénètre  deux  fois,  rentre 
dans  le  dépaitement  de  la  Ilaute-Yienne ,  et  se  dirige  entre  deux  rangées  de  ckAiaignîen 
sur  le  bourg  de  Morterol ,  où  l'on  passe  la  Seine  sur  nn  pont  de  pierre.  En  sortant  de  ce 
bourg,  on  se  dirige  par  une  montée  aouee  sur  on  plateau  nui  sépare  le  bassin  de  la  Seine  de 
celui  de  la  Gartempe  ;  une  descente  rapide  conduit  au  boni  de  cette  ririère,  que  Too  travose 
siur  un  beau  jwnt  d'une  seule  arehe,  un  peu  avant  d'armer  à  Bassines,  bcwrg  ou  l'on  lait 
dans  le  cimetière  qui  borde  la  route  une  figure  de  sphinx  antique,  mentionnée  par  If.  Alloo 
dans  sa  Description  des  monuments  de  la  HauterYienne.  On  s'élève,  au-delà  de  M oitenl, 
sur  un  second  plateau  qui  fait  partie  d'une  àa  plus  bautes  chines  de  la  centrée.  La  mie 
longe,  au  pied  de  k  montée ,  l'étang  de  Manille ,  qui  se  termine  environ  une  Iwue  avant 
d'arriver  au  relais  de  Chantieloube.  On  passe  ensuite  an  hameau  de  Raaès,  où  l'on  re- 
marque un  tumulus  sur  le  sommet  duquel  est  phuité  un  arbre  isolé.  Le  pajs  devient  de 
plus  en  plus  montagneux.  Au-delà  du  hameau  de  la  Petite-Garde,  la  route  se  dirife  dam 
une  gorve  profonde,  et  remonte  ensuite  sur  un  plateau  d'où  Pon  découvre  dans  le  loiataÎB 
la  viUe  de  Limoges.  A  mesure  que  Ton  approche  de  cette  ville,  le  pays,  quoique  toajoors 
onduleux,  devient  plus  agréable  et  plus  fertile.  Un  peu  après  la  Maison-Roajre ,  on  voit 
sur  la  gauche  le  bois  et  le  château  ae  la  Bastide;  plus  loin  est  le  hameau  de  la  Bregère, 
et  au-dessous,  à  droite,  le  cimetière  de  la  ville,  qui  s'est  embelli  depuis  peu  de  qudqoes 
monuments  d'assez  bon  ^ût.  C'est  è  la  descente  de  la  Bregère  qu'en  aperçoit  distincte- 
ment et  de  très-près  la  ville  de  Limoges,  qui  se  présente  sur  la  gauche  a  travers  les  peu- 
pliers qui  bordent  la  route.  Le  point  de  vue  embrasse  une  partie  des  coteaux  que  baigna 
la  Tienne  et  des  belles  prairies  qui  en  tapissent  les  bords.  On  y  distingue  surtout  rédi&ce 
sombre  et  gothique  de  la  cathédrale,  dont  l'aspect  contraste  avec  la  bhncheur  édataale 
des  constiuetions  modernes  qui  l'entourent  en  amphithéâtre. 

Une  rue  longue  et  ^rès-esearpée  conduit  de  rintérieur  de  la  viHe  au  pont  Saint-Martial, 
où  l'on  passe  la  Tienne.  Immédiatement  après,  on  grarit,  en  décrivant  plusieurs  aigzan, 
une  céte  escarpée  d'où  Ton  jouit  d'une  belle  perspective  sur  Limoges  et  ses  alentours.  En 
avançant,  on  continue  k  monter  et  à  descendre  en  parcourant  uu  pays  agréable  ;  on  laisse, 
à  droite,  la  route  de  Saint-Yrieix,  et  après  avoir  traversé  une  lande,  on  passe  entre  deoi 
monts,  sur  l'un  desquels  s'élève  le  diâleau  de  Beauregard  ;  è  une  demi-lieue  au-delà  est  Bois- 
seuil,  où  l'on  traverse  sur  un  pont  de  pierre  la  rivière  de  Roselle.  On  ne  doit  pas  maoqqer 
de  faire  une  halte  en  cet  endroit,  pour  aller  visiter  k  un  q^t  de  lieue  de  dislanoe,  sur  h 
droite,  les  ruines  du  château  de  Chalusset  {'vojr,  ci-après  Bozsssuil,  page  5).  Après  Boîi- 


jusqu'à  Pierre-Bufnere,  petite  ^ille  où  l'on  remarque 

ancien  château  fort  qui  sert  d'hétei-de-ville.  On  suit,  en  sortant  de  cette  viMe,  le 

d'une  longue  colline,  en  passant  devant  plusieurs  maisons  éparses.  La  route  n'offre  ensuite 

cjiie  de  continuelles  montées  et  descentes  à  travers  des  landes  peu  fertiles  qui  se  continuent 

jusqu'à  Masseré,  où  Ton  passe  du  département  de  la  Uaute-Tienue  dans  celui  de  la  Goncae, 


dAsartement  de  la  haute-viennb. 

■^»  — 

APEBÇU  STATISTIQUE. 

La  déitartement  de  la  Haute-Tienne  est  formé  du  ci-devant  Haut-Limousin,  d'une  par 
tie  de  h  Basse-Marche  et  de  quelaues  communes  du  Haut-Poitou.  Il  tire  son  nom  de  sa 
principale  rivière  qui  le  traverse  de  l'est  à  l'ouest,  et  le  divise  en  deux  parties  à  peu  pRS 


H 

H 


S 

H 

H 


Dl^AAlpIENT  DE  14-  BJLVTE^WXM.  3 

igàes,  StÈ  bornes  tont :m  Bord,  les  dépavCenenCs  de  la  Tienne  et  defjjndré;  àf^t»  eébî 
de  b  Creuse;  ki  sfid,  œu  de  la  CoirèEe  et  de  k  Horèagja»;  k  Tovest,  cekd  de  la  €hannl«. 

Le  territoire  de  oe  défMutemeDt  est  hérissé  de  montag;nes  et  d'un  gnnd  nomiire  de  ool- 
ines  sor  presqne  tonte  sa  surface;  leurs  groi^pes,  pins  élevés  et  plus  nombreux  dans  lu 
|vtie  aieiiiale,  t'abaissent  et  diminuent  à  mesure  qu'ils  s'avancent  vers  rocddent;  qnei- 
fÊÊS-mos  sont  frappés  de  stérilité,  d'autres  sont  couverts  de  bois  eu  ombragés  de  distancp 
en  distance  par  des  masses  de  cbàtaigniers ,  oe  qui  donne  au  pap  une  teinte  sombre,  et 
incJqnetMS  na  aspect  sanvane.  Les  aspérités  n'offrent  cependant  nen  <pii  afiéde  l'ai  d\ine 
MBicre  déiiiffranif  ;  eUes  présentent  au  contraire,  cft  diveà  en(b>oits,  jnruml  stn*  k^ 
bords  de  la  Tienne,  de  trèMwaux  sites  et  des  positions  yiUmmuss  ;  il  est  itaéme  fèù  4t 
tontrées  qui  puissent,  sous  cettains  rapports ,  étra  comparées  i  tscMcs  de  Ja  Hanti»yienBft 
pour  la  variété  des  perspectives  et  pour  U  fhdcbeur  des  pe^mçes. 

Les  deox  |»rinctpales  <iiaines  de  montagnes  ont  teior  direction  de  l'est  à  l'ouest  «  et  tùr^ 
■ent  le  bassin  de  la  Tienne  :  la  plus  considérable  «it  celle  qui  e^  sur  la  me  dreiie  de 
Rite  rivière  et  qm  sépare  son  bassm  de  celui  de  la  Gartempe  ;  la  seconde  séfiare  œ  bassim 
k  cebd  de  la  Ténre  et  de  LiHe.  Les  différents  groupes  4ie  tes  montagnes  n'ont  point  la 
brae  de  pics  élevés,  tels  que  ceux  des  montagnes  tolcauiqnea.i>u  couvertes  d'une  neig» 
^omanenie  ;  ee  ne  sont  point  non  pks  des  aommetii  plats- el  piUongés,  tels  que  eéui  qu'on 
ipcrçoit  dans,  les  pi^  calcaires,  mais  des  élévations  qui  se  ptvsentent  dé  loin  sous  là 
farme  de  mamelons,  et  qui ,  par  leur  forme  arrondie ,  décèlent  le  principe  granitique  qui 
b  oowtiine.  Le  sommet  le  plus  élevé  de  la  première  cbàlne  est  le  mont  de  Puy-de-Tieux, 
près  de  Gvammont  :  sa  hsuteur  est  4^  975  mètres  an-dessus  du  niveau  de  la  mer  ;  k 
MBmet  le  plus  élevé  de  la  seconde  chaîne  est  le  mont  Jargeau ,  dont  la  bautenr  est  db 
|5o  mètres. — JLes  bantçs  montagnes,  surtout  «e^es  qui  «ont  h  ^lus  tavaxioée^  à  l'est,  sont 
Mes  et  «ouvertes  de  bruyères  :  on  en  laboure  quelques .  parties  tous  U»  vingt-^cinq  ou 
tienle  ans,  et  ces  tcires,  épuisées  par  une  ew.deux  faiib|e»/eooUes  de  snigle  ou  d'avoine» 
MBt  abandonnées  è  leur  premier  état  de  fertilité.  Ces  blutes  régiop^  ta  refusent  à  h 
piudiaetion  des  grands  végétaux,  surtout  des  chât^igni^ ,  qui ,  cultivés  avec  succès  dans 
m  rwions  mc^eones,  remplacent  le  grain  et  noiirrisâent  li^s  babitints  pendant  un  tiers  de 
'année.  A  mesure  une  le»  montagnes  «'abaissent  et  s'étendent  à  l'^oest,  on  voit,  sur  leurp 
vêtes  et  leurs  pencoants  les  plus  élevés ,  le  botileiw  et  le  bétce,  qui  y  pmi^èrent  mieux 
|ue  «ers  le  bas  des  coteaux  ;  viennent  ensuite  le  charme  et  le  d^éne,  qui  demandent  une 
sjipoeitîou  mof  enne.  Le  cb&uignier  occupe  ^ordinairement  les  colesu^L,  et  m  qu'il  y  a  de' 
icmvquable ,  c'est  que  cet  arbre  ne  réussit  bien  que  dans  les  pos\|ions  élevées  de  Sfto  n^ 
m  drifiiiii  du  niveau  de  la  mer ,  et  qu'il  préfère  les  pentes  qui  regiM^depi  le  ncrd  è  celUè 
\m  regardent  le  midi.— Les  penchants  inférieurs  des  montagnes,  les  gp^ip  et  les  vallons 

Ci  y  preuneat  naissance,  sont  plus  ou  moins  cultivés ,  suivant  rexposilion  et 4a  qualité 
Icmin.  Les  parties  les  plus  nasses,  celles  qui  avoisinent  les  rivjbè^  et  les «nrisseaux » 
pni  ordiiiaÎRUient  couvertes  de  prairies.  En  général,  on  voit  peu  de  vallées  dUme  gninda 
tadoe  :  ou  peut  eependant  regarder  les  bords  de  la  Vienne  comme  un0  fraude  vallée  « 
■  plutôt  oomme  une  suite  de  vallées  partielles ,  dont  ia  longueur  totale  «tf  à  peu^ttès 
^Me  à  celle  du  cours  de  la  rivière,  et  dout  la  largeur  moyenne  est  au  plus  4«  60  à  70 
■êtres  ;  mais  on  ne  voit  partout  ailleurs  que  des  gorges  et  diû  vallons  étroits  lormés  na| 
Bi  revers  des  montagnes,  et  qui  s'inclinent  plus  ou  moins  rapidement  veis  les  lits  de^ 
ivières.  .  ,    , . 

On  ne  trouve  point  de  marais  dans  ce  département  ;  sa  pente^  tre9-inc)înée  se  réfusa 

hwraiement  a  la  réonion  des  eaux  stagnaotes  :  on  voit  néanmoins  quelquefçS^  sur  des 

s  d*argiie  s'étendre  d»  nappes  d'eau  pins  00  moins  considérables,  mais  qui  ne  sont 

is  permanentes  ;  elles  paraissent  avec  ta  saison  àa  pluies  et  di^araiâsent  avec  die; 

étasigs  sont  an  nombre  de  556,  et  leur  superficie  est  d*eiiviroh  1,071'iiectâres;  ilà  sont 

tons  situés  dans  des  lieux  arides  et  découverts  ;  j\  en  est  fort  peu  qui  soient 

des  bois  et  dàtts  de  bokis  terrains.  Lorsque  les  bords  d'un  valloii  se  rapprochetU 

qn'on  puisse  y  constniire  une  chaussée  solide,  afin  de  retenir  les  eàui  et  dé 

k  fun  sdluer  à  quelque  itisianoe  duu  ce  vallon ,  et  même  dans  les  vaHbns  «upélinfrs^ 

Ua  esc  iinpliiciiliinr  est  ehoist  pbnr  la  cottslnictio&  d'un  étang. 

Cuire  les  nmnta^nqs  se  trouvent  quelques  plaines  peu  fertiles,  d'exœllenles  praîriei'f 

3Dup  de  bftdes  ut  de  bmyèrcs.  Les  terres  produisent  pen  de  froment,  #1  seigle  cil 

grande  quantité,  et  du  sarrasin  ;  les  prairies  donnent  de  très-bons  foins  ;  les  pscageS| 

«7, 


4  DÉPARTEMENT  DE  LA  fiAUTE-ViENNÈ. 

qui  y  sont  d'exceUente  qualité ,  Dourrissent  une  mmde  quantité  de  chenux , 
estimés  pour  la  beauté  des  formes ,  la  vigueur  et  1  agilité  ;  les  montaenes  j  sont  i 
de  bois  et  de  chàtaignien ,  dont  les  fruits  sont ,  avec  une  espèce  de  raie  qui  i 
dans  le  département,  la  principale  nourriture  des  habitants.  Dans  les  carapsgnesoa^ 
plée  au  pain  par  les  châtaignes.  On  compte  40,000  hectares  réservés  aux  châtai 
qui  sont  très-nombreuses  dans  les  montagnes,  et  donnent  lieu  non-seulement  au  < 
de  cbAtaignes,  mais  aussi  i  celui  du  merrain.  On  évalue  à  480  mille  quintaux  1 
la  récolte  annuelle  de  ce  fruit,  que  l'on  fait  sécher-dans  des  fours  pour  le  eons«rwr.'| 

La  nature  du  sol  du  département ,  l'élévation  et  la  direction  des  montagnes,  la  i 
fdicité  des  sources  et  le  grand  nombre  de  ruisseaux ,  j  rendent  la  tempéntuie  ho 
nroide,  et  sujette  à  de  grandes  variations.  —  Les  vents  d'est  et  de  nord-ouest  soufU 
année  moyenne,  pendant  a 5  jours;  le  nord  et  le  nord-ouest  pendant  60,  l'ouest  et  lesd 
ouest  pendant  70,  le  sud  et  le  sud-est  pendant  45;  le  reste  de  l'année  l'air  est  géncnl 
ment  calme  :  l'impétuosité  des  vents  du  sud  est  extrême  vers  le  solstice  d'hiver,  et  i|ad 
qoes  jours  avant  ou  après  les  équinoxes  ;  ce  sont  des  ouragans  qui  durent  a4  00  3o  iM 
sans  interruption.  —  Les  orages  sont  fréquents  et  dangereux  pendant  les  mois  de  'ym 
de  juillet  ;  ils  sout  presque  toujours  accompagnés  d'une  grêle  meurtrière  et  de  venis  \ 
pctueux  qui  renversent  les  arbres  et  les  moissons. — Le  maximum  du  plus  gnmd  froil 
de  x6"  de  R. ,  celui  de  la  plus  grande  chaleur  de  a8  à  29^*;  la  plus  grande  élévatiaa 
baromètre  est  de  760  miL  »  sa  moindre  élévation  de  721  mil.  La  quantité  d'eau  qui  ts| 
annuellement  est  de  675  mil. 

Le  département  de  la  Haute-Tienne  a  pour  chef-lieu  Limoges.  Il  est  divisé  en  4  SM 
dîsseroents  et  en  27  cantons,  renfermant  2o3  conpiunes. — Superficie,  283  lieues  cmi 
Population,  285, x3o  habitants. 

Moeurs  et  usages.  Les  habitants  du  département  de  la  Hauie-Yienne  sont  en  géol 
p\eins  de  bonhomie  et  de  candeur;  la  douceur  est  leur  caractère  distinclif;  durs  em 
eux-mêmes,  ils  sont  honnêtes  envers  les  étrangers,  et  savent  apprécier  le  bien  qu*oa  il 
fait  ;  la  moindre  prévenance  les  porte  à  rendre  tous  les  services  qui  dépendent  d'fl 
Quoiqu'ils  soient  excessivement  économes ,  cela  ne  les  empêche  pas  d'être  hospilsliel 
dans  les  campagnes ,  les  familles  se  soutiennent  dans  les  grands  malheurs  ;  les  I 
phelins  sont  reçus  chez  leurs  parents ,  et  traités  comme  les  enfants  de  la  niaisoa.^ 
Les  Limousins  sont  accoutumés  à  des  émigrations  périodiques;  chaque  année,  |l 
sieurs  d'entre  eux  se  dis])ersent  dans  différentes  contrées  de  la  France.  On  coonsit  pi 
tout  leur  patience ,  leur  sobriété  et  leur  assiduité  au  travail.  Il  sort  annndiemeot  1 
parties  montueuses  des  arrondissements  de  Limoges  et  de  Rellac,  huit  à  neuf  mille  maçl 
qui  vont  travailler  dans  les  départements  de  la  Seine ,  du  Rhône ,  et  dans  le  canton 
Genève.  Tout  en  parcourant  le  monde  pour  gagner  sa  vie,  le  Limousin  afTectiomie  ta 
slamment  le  ^ys  de  sa  naissance;  les  belles  contrées  sur  lesquelles  il  promène  sa  hl 
rieuse  industrie,  lui  font  rarement  oublier  ses  montagnes.  Quelle  que  soit  la  disianceil 
quelle  il  s'éloigue,  quelle  que  soit  même  la  fortune  qu'il  acquière  dans  d'antres  psjSi 
conserve  pour  le  sien  im  attachement  et  nne  prédilection  qui  l'y  ramènent  tous  les  ît 
dans  la  saison  des  hivers,  où  il  rapporte  à  sa  fiimille  le  produit  de  ses  épargnes. 

MivÉRALOGis.  Mines  de  fer,  de  cuivre,  d'étain,  de  plomb,  d'antimoine,  de  boidi 
Carrières  de  kaolin  et  pétusné,  les  plus  belles  et  les  plus  abondantes  qui  existent  en  Fnig 
substances  exploitées  en  grand  pour  les  manufoctures  de  porcelaine;  carrières  de  mtfi 
gris,  de  serpentine,  de  granit;  améthistes,  zircons,  grenats,  émeraudes,  tourmalines,  dl 

PaonucTiORS.  Céréales  en  quantité  insuffisante  pour  les  besoins;  sarrasin,  légiun 
raves,  chAtaignes  en  abondance,  excellents  foins,  bons  pâturages  dans  les  montagnes. 
x,643  hectares  de  vignes,  produisant,  année  moyenne,  40,000  hectol.  de  vins  mâîoa 
qui  ne  suffisent  pas  pour  les  besoins  du  pays  :  on  en  tire  chaque  année  environ  140,1 
hectolitres  des  départements  de  la  Corrèze,  du  Lot,  de  la  Dordogne  et  de  la  Charenie 
20,076  hectares  ae  forêts  (arbres  verts  et  feuillus).  —  Élève  de  très-beaux  dievaoXt 
mulets  et  de  bêtes  à  cornes.  Beaucoup  de  gibier. 

IironsTaix.  Manufactures  importantes  de  porcelaine.  Fabriques  de  gros  draps,  caiia 
droguets,  flanelles,  oonvertures  de  laine,  toiles  communes,  mouchoirs,  liqueurs.  Blaad 
séries  de  toiles  et  de  cire.  Filatures  de  coton  et  de  laine.  Imprimeries  typographiques 
Bommées  pour  les  ouvrages  à  bas  prix.  Huit  hauts  fourneaux,  44  forces  et  aciénes;flj 


ARRONDISSEMENT  DE  UMOGES. 


Mil,  bitteries  de  aiivre,  tréfileries,  clouteries.  Tanneries  considérables.  Nombreuses  nt« 
k«es  dool  les  produits  sont  très-recherchés.  Brasseries.  Verrerie.  Poteries  et  faïenceries. 
EmiEscm  de  châtaignes,  rins  que  Ton  transporte  généralement  dans  des  outres  et  à 
Cdenniet,  bois,  chuivre,  bestiaux,  cheraus,  fers,  acier,  kaolin,  porcelaines.  Entrepôt 
i  de  Toulouse  et  du  midi  de  la  France. 


lUJU,   BOUmCS,   TILIAGBS,    CHATBAITX    BT    MONUMBlfTS    REMABQUABLBS  ; 
I»  CVUOSniS   HATUBBLLB8    BT    BITE8    PITT0RB8QCB8. 


ARRONDISSEMENT  DE  LIMOGES. 


AIXE.  Petite  rille  située  sur  laj'ive  droite 
ih  Vînme ,  à  2  L  i/a  de  Limoges.  \^ 
m.  2,6 10  hab. 

tcpo(|ae  de  la  première  fondation  de 
pe  TÎQe  remonte  a  un  temps  très-reculé. 
le  foule  de  ruines  attestent  qu'elle  était 
^  aotrefois  sur  une  éminence  où  est  ac- 
rikateot  le  fauboure  de  Bourgneuf  :  on 
It  encore  les  restes  d'un  TÎeux  pont,  dont 
attribue  la  construction  aux  Romains;  on 
tt^  aussi  quelques  Testiges  de  portes 
vile  et  de  plusieurs  forteresses,  notam- 
tnt  de  rancioi  château  d'Aixe ,  autour 
qnd  a  été  bâtie  la  nouTelte  ville.  Ce  châ- 
n  fot  le  reluge  de  Henri  le  Y ieux ,  roi 
iILngktcrre,  après  qu'il  eut  été  battu  à 
ofeac;  la  tradition  rapporte  que  Jeanne 
'JJiret,  reine  de  Navarre ,  j  a  fait  sa  ré- 
Ince  pendant  les  dernières  années  de  sa 
ie,  et  qu'elle  ▼  est  enterrée.  Il  ne  reste 
bs  aujourd'hui  que  des  ruines  de  cet  anti- 
K  diiteau,  situé  sur  une  roche  élevée  qui 
nnine  la  Tienne.  La  date  de  sa  fondation 
l  iocoomir;  il  fut  assiégé  et  pris  par  Henri 
leuoe,  en  11 80.  La  vicomtesse  Margue- 
lé  en  avait  fait  sa  principale  forteresse  et 
|ila^,  disent  les  chroniques  du  temps, 

Eipitaine  et  receveur,  Aymar  de 
,  dont  les  terres  se  trouvaient 
^  lïisina^.  Ce  dernier ,  aidé  de  ses 
tRi  Géraki  et  Hélie,  exerça  tant  de  vexa- 
oBseontre  les  habitants,  que  ceux>ci  vinrent 
■  aiûé^  dans  le  château ,  et  ne  se  reti- 
rât qu'en  vertu  d'un  accommodement. 
^  &t  i  Aixe  que  la  vicomtesse  fit  frapper 
iMonoaie  appelée  Limousine,  que  les  bour- 
eiU  de  limoges  refusèrent  de  recevoir,  et 
u  fat  eD6n  supprimée  par  décision  du  roi 
iSSfft  le  Hardi.  Dans  les  querelles  sou- 
M  renouvelées  entre  les  habitants  de  Li- 
ip  et  les  partisans  de  la  vicomtesse,  les 
mdanees  des  deux  villes  eurent  égale- 
nt k  MNififrir  ;  îl  est  remarquable  que  les 


dévastations  principales  se  portaient  sur  les 
vignes  et  les  pressoirs  souvent  incendiés  de 
part  et  d'autre.  Ce  genre  de  culture ,  qui 
se  retrouve  encore  auprès  d'Aixe,  a  totale- 
ment disparu  des  environs  de  Limoges.  L'em- 
placement du  château,  entièrement  rasé  de- 
puis long-temps,  est  aujourd'hui  cultivé  en 
partie. 

AMBAZAC.  Bourg  situé  à  5  L  i/a  de 
Limoges.  Pop.  a,8a5  hab.~>Foiges  et  tréfi- 
leries.— Aux  environs,  on  remarque,  au  mi- 
lieu de  constructions  modernes,  une  vieille 
tour  et  quelques  débris  de  murailles  du  ehâ- 
teau  de  Montcocu. 

BOISSEUIL.  Village  situé  au  milieu  de 
montagnes,  sur  Tune  desquelles  on  remarqua 
le  château  de  Beauregard.  A  a  1.  de  Limo* 
ges.  Pop.  700  hab. 

Non  loin  de  Boisseuil ,  et  à  un  quart  de 
lieue  du  pont  de  Roselle ,  on  remarque  les 
ruines  importantes  de  l'ancien  château  de 
Chalussèt ,  ruines  les  plus  curieuses  et  les 
plus  considérables  de  toutes  celles  qui  exis- 
tent dans  le  département  de  la  Uaute-Y iennc. 
D'après  la  tradition  la  plus  répandue,  le  diâ- 
teau  de  Chalussèt  occupait  remplacement 
d'une  station  romaine.  Vers  le  milieu  du 
XII^  siècle,  cette  forteresse  appartenait  à  la 
vicomtesse  Marguerite;  elle  la  veudit,  en  i  a  7  3, 
à  Gérald  de  Maumont.  Sous  le  règne  de  Char- 
les V,  les  Anglais  en  furent  chassés  par  les 
habitants  de  Limoges ,  avec  l'aide  du  célè* 
bre  connétable  et  maréchal  deSaneerre.  En 
1574 1  J.  de  Maumont ,  seigneur  de  Saint- 
Yic,  se  saisit  de  ce  château,  devenu  pres- 
que inhabitable  depuis  l'expulsion  des  An- 
glais, et  le  fortifia  de  nouveau ,  prétendant, 
dit  le  P.  Bouaventure ,  le  tenir  pour  ceux 
de  la  religion  prétendue  réformée.  Il  com- 
mença en  même  temps  à  piller  les  villages 
voisins,  â  rançonner  les  paysans  et  les  voya- 
geurs. Les  habitants  de  Limoges  s'étanl  ras-< 
semblés,  marchèrent  contre  lui,  sous  la  cou- 


B  DÉPARTEMEÎJT  DE 

Suite  du  capitaine  Youzene,  et  le  forcèrent 
i  i'nftrtnèr  ^lani  tê«  murs.  Trois  ans  après, 
Im  bourgeois  de  Baint-Léonard ,  réunis  à 
téitx  âé  Limogés ,  de  SoKrnac ,  d^Eymoti- 
^kts  i  e<c: ,  firalil  le  .siège  de  Chakisset.  Le 
fort  fut  investi  de  tous  côtés ,  et  se  reiidit 
au  bout  de  cinq  jours.  On  résolut  alors,  pour 
assurer  la  tranquillité  du  pays ,  de  démolir 
Kt|e  y l.açe  de  maaière  k  ea  rendue  k  réta- 
bn^ment  impossible. 

Les  tours  de  Cbahusat,  it  seaarqiiablet * 
toar  rétendue  qu'elles  couvrent  de  leurs  dé- 
bris, le  sont  peut-être  davantage  par  leur 
position  singuhèremeni  pittoresque.  Du  haut 
d'une  roche  inculte  et  èauvage,  au  pied  de 
laquelle  deux  ruisseaux  assez  rapides  vien- 
lietit  confondre  leurs  eaux ,  ces  vieux  rem- 
parts semblent  menacer  encore  l'habitant 
des  campagnes,  dont  ils  n'excitent  plus  même 
la  curiosité.  Sur  les  coteaux  voisins,  des 
champs  cultivés  et  de  riches  pâturages  repo- 
sent agréablement  les  yeux  ;  en  arrivant  aux 
ruines,  toute  végétation  cesse,  aucun  bruit 
ne  s'y  fait  entendre ,  mie  les  cris  de  la  ber- 
gère qui  poursuit  sa  oiètre  égarée ,  ou  les 
pas  de  réiranger  curieux. 

Os  magniGaues  ruines  ont  déjà  occupé 
le  crayon  de  plusieurs  habiles  dessinateurs. 
Le  château  proprement  dit ,  compris  entre 
les  ruisseaux  de  la  Ligoure,  au  N.-O.,  et  de 
la  Brianeé  au  S.-E.,  Présente  la  forme  d'un 
trapèze ,  doUt  l'axe  se  dirige  du  S.-O.  au 
N.-E. ,  et  dont  le  plus  petit  côté  ,  qui 
répond  à  la  porte  principale  située  au 
If  .-E.,  peut  avoir  80  pieds,  et  le  côté  opposé 
i3o  pieds.  La  longueur  moyenne  est  d'en- 
vtrou  a  10  pieds.  On  n'observe  de  fosses  que 
sur  le  côté  du  8.-0.,  les  autres  étant  suffi- 
samment défendus  par  les  pentes  extrême- 
ment rapides  de  la  montagne.  Sur  les  quatre 
angles  du  trapèse  s'élevaient  quatre  tours 
assez  considérables ,  accompagnées  de  plu- 
sieurs petites  qui  renfermaient  les  escahers, 
et  dont  on  ne  voit  plus  que  les  décombres. 
1>an8  tout  œt  espace ,  se  trouve  compris 
i*  une  cour  d'entrée  fort  étroite  d'abord , 
qui  s'élargit  en  avançant,  et  oflhiit  tout  à  la 
fois,  en  cas  d'attaque ,  un  avantage  aul  as- 
siégés, et  un  obstacle  de  plus  aux  assiégeants; 
a<*  debx  salles  assez  grandes  sur  les  deux 
côtés  de  ta  cour;  3*  une  tour  Irès-élevée, 
de  forme  pentagouale,  placée  à  peu  près  vers 
le  centre  de  tout  l'édifice  ;  4°  une  grande 
cour  ou  place  d'armes  très-va&te  au  pied  de 
la  néme  tour  ;  5*  enfin  deux  salles  qui  ter- 
minent, du  cdté  de  la  Briaiice,  le  develop- 
pemMt  du  château  ;  le  tnar  antérieur  ae 
çcHip  ma  est  la  j^us  vt>isine  du  centre  est 


LA  HAUTE-VIENNE. 

entièrement  détruit  et  laisse  an 
l'autre  bord  toute  la  partie  iH 
ruines.  La  struc(ur6  de  'ces  diflSérefliet| 
ces,  totalement  découvertes,  et  1 
ÈBùrs  sont  presque  partout  abattus  oii  i 
dés,  appartient  évidemment  au  1   ^ 
11  en  est  de  même  de  tous  les  cfaapilc 
colonnes  et  de  ceux  des  piliers  éndt 
^Ihiques ,  à  joints  allernatiis,  qui  s'<i| 
vent  sur  les  parois  des  dilTérentes  safii  ^ 
aoDtifluieiit  des  nàAtm  m  ogives  encore  1 
conservées. 

BONNET-LA-EnriERB  (SAIKT-).  1 
lage  situé  à  6  l.^x/a  de  Limoges.  Pop.  1/ 
hab.—Minesdefër. 

CBALUSSET.  rojr,  BOfSSKua. 

CAATBAClfBCIF.  Bourg  si  lue  sur  bil 
gauche  de  la  Combade,  i  7  I.  de  Lin 
Pop.  1,384  hab.  On  y  voit  les  resirs  1 
antique  manoir,  dont  la  position  devt 
pittoresoue  devait  être  Ires-forte  avant  11 
sage  de  la  poudre  ;  il  appartenait  i  la  h 
Son  de  Pierre  -  BufGère ,  qui  po&sédaitj 
outre  un  assez  grand  nombre  oe  domtf 
aux  environs.  Oh  croit  que  ce  château  1 
tint  un  sié^e  assez  long  contre  les  /  / 
mais  l'époque  n'en  est  pas  exactement  i 
nue  ;  il  n'est  remarquanle  que  par  la  j 
ui  le 


deur  des  appartements  qui  Te  composent,  j 
par  l'épaisseur  extraordinaire  de  ses  m 

CONDAT.  Yillage  situé  près  de  la  i 
gauche  de  la  Vienne,  à  i  L  i/i  de  Un 
Pop.  394  hab. — Papeteries. 

ETBOIJLEUF.  Village  Jsîtué  à  5  l. 
Limoges.  Pop.  371  hab. — Papeteries. 

ETMOtJTIERS.  Petite  ville,  située d 
un  vallon  $auvai,'e,  mais  très-pittoresque,  1 
la  Vienne,  â  tf  1.  3/4  de  Limoges.  F 
3,456  hab. 

La  fondation  de  cette  ville  est  attribsM 
par  les  chronicjues  du  pays  à  une  trouai 
de  Snrrasins  qui  lui  donnèrent  le  fiom  il 
leur  dief  Ahenias  ou  Abentis.  Les  Ai^hii 
rayant  détruite  au  ^IV*  siècle,  Charirs  1| 
la  fît  rebâtir  et  entourer  de  fossés.  Elle  p*| 
sédait  un  mouastère  sécularise  en  i2:9»<fc 
dont  on  a  voulu  faire  remonter  l'origine  tt 
règne  de  Charlemagne,  suivant  une  bnlie  m 
Siite  IV  de  Tannée  44:5.  il  parait  cerisa 
du  moins  qu'il  existait  du  temps  de  VhM, 
que  Turpin  d'Aubu<son,  c'esl-à-aire  sucoj 
mencement  du  X.'  siède  :  il  serait  donc  » 
térieur  k  ttildegarius,  qui,  d  après  < 
chroniques,  fonda  le  monastère  d^ 
tiers ,  et  y  plaça  des  religieux ,  ce  ( 
n'ayant  occupé  le  siège  de  Limoges  anev 
Tan  980.  L'église  actuelle  dé  la  ville,  t 
est  celte  de  I^bbaje,  Ait  batte,  à  ce  1 


ARRONDISSEMENT  DE  LIMOGES. 


il,  anr  b  sépqliure  d'un  Tieux  solitaire 
m  l^almet ,  mort  en  63<^ ,  et  dont  elle 
i  k  nom.  Elle  est  d'un  style  gothique , 
»  de  hardiesse  et  de  légèreté  ;  c'est  sans 
lit  une  des  plus  belles  du  département, 
a'eOe  ait  le  défaut  d*étre  un  peu  ob- 
.  On  remarque  surtout  le  chœur,  dont 
(  Titraux  sont  d^un  travail  irès-remarqua- 
L— A  peu  de  distance  de  la  ville,  se  trouve 
ndenne  église  de  Saint-Pierre -Château, 
itftrefois  celle  de  la  Paroisse.  C'est  une  cha- 
pelle gothique,  qui  tombe  maintenant  en 
niiK.  —  Fabriques  de  pelleteries.  Belle 
Une  à  bluter  les  farines. 

BLB.  Tilla^  situé  sur  la  rive  droite  de 
h  VioiBe,  à  I  L  de  Limoges.  Pop.  i'6g% 
fHl».  >-  Fibtare  de  coton.  Papeterie.  Belle 
kfeiie  pour  la  trituration  du  pétunsé  et  du 
polio  pour  les  manu&iciures  de  porcelaine. 

i  LAUElÈmE.  Boure  situé  près  d'une  belle 
fcrêt,  sur  la  rive  gaucne  de  l'Ardour,  k  g\. 
p  Limoges.  Pop.  1,248  liab.  On  y  voit  les 
Pbris  d'un  château,  autrefois  considérable, 
^t  il  ne  reste  qu'une  tour  bien  construite 
Il  ^œtqnes  portions  de  \ieux  murs. — Pape- 

^  LioXARD  (SAIÎÏT-).  Tille  ancienne  , 
ituée  à  5  1.  i/a  de  Limoges.  Lgl  Vi^  Pop. 
S,:o5  hab. 

L'emplacement  qu'occupe  aujourd'hui 
teUe  ^ille  était  couvert  autretois  de  bois  très- 
épais,  que  les  chroniques  du  pays  appellent 
li  forêt  de  Pa\  um.  Saint  Léonard ,  fils  de 
^igoner,  comte  du  Mans  et  de  la  famille 
deOcvis,  s'y  retira,  suî> anl  le  récit  des 
vgeiMiainb ,  vers  le  milieu  du  VI*  siècle. 
^  rentrée  de  la  même  forél  était  alors  un 
J^Mteau  ro\al  uû  Clovis  vint  séiourner  après 
H  bataille  de  Vouillé.  Les  prières  du  saint 
wnije  a}ant ,  à  ce  qu'on  prétend ,  secouru 
la  reine  Clolilde  dans  les  douleurs  de  l'en- 
bolrment,  le  roi ,  par  reconnaissance,  ac- 
«ûrda  à  saint  Léonard,  en  toute  propriété  et 
&QS  aucune  ser\itude,  une  portion  de  la 
fort-i  puur  y  bàlir  un  oratoire.  Autour  de 
«fle  demeure  religieuse,  où  accoururent 
oioitôt  les  pèlerins,  s'éleva  en  peu  de  temps 
VBe  ville  qui,  par  suite  de  la  donation  de  Clo- 
,^  rr^t  le  nom  de  Noblac,  celui  de  son 
ftodateur. 

I  paos  le  cours  du  moyen  Age ,  la  ville  de 
I  Saiat-LéoDard  était  assez  bien  fortifiée  et 
■nit  un  chiteau  fort  qui  fut  plusieurs 
w  oris  ou  assiégé  par  les  Anglais.  En  1 433, 
b  oabitants  obtinrent  de  Charles  TII  la 
Jomisiion  d'enlever  les  matériaux  dectî  fort 
WBoli  depuis  long-temps,  de  peur  que  les 


Anglais  ne  vinssent  le  rebâtir  de  nouveau. 

L'église  actuelle  de  la  vifle ,  sous  nnvo- 
cation  de  saint  Léonard,  était  celle  d'an 
monastère  (devenu  depuis  une  collégiale)  fou- 
dé,  à  ce  qu'on  croit,  dans  le  HC*  siècle, 
rétabli  dans  le  Xt"  par  l'évèquc  Ilhier  Cha- 
bot, et  qui  fut  à  cette  dernière  époque  (1062) 
occupé  par  des  chanoines  réguliers.  Cette 
église,  réparée  encore  en  1484,  est  d'un 
style  très-remarquable ,  et  offre  quelques 
parties  évidemment  antérieures  au  gothique. 
Le  clocher  rappelle  la  construction  de  celui 
de  Saiiit-Mailial  de  Limoges,  et  présente 
de  même  ces  frontons  aigus  et  ces  arcades  à 
plein  cintre ,  soutenus  par  de  lourds  piliers. 
La  masse  entière  de  ce  clocher  repose  sur 
deux  murs  latéraux  et  sur  six  colonnes  d'une 
forte  dimension,  dont  les  chapiteaux  offrent 
des  figures  bizarres  et  d'une  exécution  gros* 
sière. 

Saint-Léonard  est  une  ville  agréablement 
située,  au  sommet  d'un  mamelon,  sur  la 
rive  droite  de  la  Vienne ,  que  l'on  y  passe 
sur  un  beau  pont;  elle  est  entourée  de  bou- 
levards ornés  de  belles  plantations,  d'où  l'oii 
découvre  de  superbes  prairies. 

Fabriques  de  grosse  draperie,  couvertures 
de  laine.  Manufacture  de  porcelaine.  Fila- 
ture de  laine.  Nombreuses  papeteries.  Mar- 
tinets à  cuivre.  Tanneries.  — '  Commerce  de 
bestiaux,  papiers  et  autres  articles  de  se$ 
manufaciures.  —  Hôtels  de  la  Poste ,  de  la 
BonU;  d'or. 

JfJMOGES.  Grande  et  très4mcienne  ville« 
Chef-lieu  du  déi^rtement.  Cour  royale  d'bù 
ressortissent  les  départements  de  la  Haute- 
Vienne,  de  la  Corrèze  et  de  la  Creuse.  Tri- 
bunaux de  première  instance  et  de  commerce. 
Chambre  consultative  des  manufactures. 
Académie  universitaire.  Collège  royal.  So- 
ciété d'agriculture ,  sciences  et  arts'  Hôtel 
des  monnaies  (lettre  J).  Évêché.  Sémiuaii'C 
diocésain,  [a  ViT  Pop.  27,070  hab. 

L'origine  de  cette  ville  est  inconnue.  Tout 
porte  à  croii-e  qu'elle  était  la  capitale  des 
Lémovices,  tribu  gauloise  qui  se  souunt  vo- 
lontairement aux  Romains ,  et  leur  resta  fi- 
dèle. Il  serait  très-diffieile  aujourd'hui  de 
déterminer  le  lieu  précis  qu'occupait  l'an- 
cienne cité  des  Lémovices,  et  son  impor- 
tance, avant  la  conquête  des  Romains.  Cé- 
sar est  le  premier  écrivain  connu  qui  ait 
parlé  de  ces  peuples,  encore  n'en  dit- il  que 
lien  peu  de  cliose.  Au-delà  de  cette  époque, 
les  monuments  et  les  témoignages  histori- 
ques manquent  totalement.  Quelques  per- 
sonnes éclairées,  entre  autres  M.  de  Lépine, 
ont  été  jusqu'à  supposer  que  la  dté  de  L}** 


DEPARTEMENT  DE  LA  HAUTEVIENNE. 


moges  n'existait  pas  du  temps  de  César,  se 
fondant  sur  ce  qu'il  ne  parle  jamais  que  du 
peuple  même,  et  nulle  part  de  la  ville.  H  est 
permis  cependant  de  croire  qu'une  nation 
qui  avait  pu  envoyer  dé»  cette  époque  au 
siège  d'Alésia  10,000  combattants ,  c*est4i- 
dire  autant  que  fes  Bellovaci ,  les  plus  puis- 
sants des  Celtes,  et  plus  que  les  villes  de 
Tours,  Poitiers  et  Paris,  qui  n'en  envoyè- 
rent chacune  que  S,ooo,  devait  avoir  pour 
capitale  une  ville  importante ,  semblable  à 
oeiles  qui  existaient  alors  dans  les  autres 
parties  de  la  Gaule,  et  dont  rexij»tence  n*est 
pas  contestée. 

Cette  cité  passa  des  Romains  aux  Yisi- 
goths,  auxquels  Clovis  l'enleva  après  la  cé- 
lèbre bataille  de  Touillé.  Elle  fut  prise  et 
livrée  au  pillage  par  Théodebert ,  après  sa 
victoire  sur  Chilpéric,  priie  et  reprise  par 
Penin  le  Bref  sur  Waifre,  duc  d'Aquitaine, 
etorûlée  par  les  Normands,  eu  836.  Au 
commencement  du  XII^  siècle ,  les  Fla- 
mands s'en  emparèrent.  Henri  II,  roi  d'An- 
gleterre ,  s'y  fit  couronner  duc  d'Aquitaine 
«n  ii53 ,  et  trente  ans  après,  il  vint  mettre 
le  siège  devant  celte  même  ville  qui  s'était 
déclarée  contre  celui  de  ses  deux  fik  auquel 
il  avait  cédé  le  duché  d'Aquitaine,  Ridiard 
Cœur  de  Lion.  En  1189,  Notbilde,  épouse 
de  ce  dernier,  assiégea  encore  Limoges,  qui 
fut  livrée  par  elle  à  toutes  les  horreurs  du 
pillage.  Un  autre  désastre ,  sur  lequel  l'his- 
toire donne  de  plus  grands  détails  que  sur 
les  précédents,  est  la  bataille  remportée  sous 
ses  murs  en  i355,  par  le  prince  de  Galles 
dit  le  Prince  Noir  :  le  quartier  où  le  com- 
bat eut  lieu  porte  encore  le  nom  de  Bou- 
cherie, pour  conserver,  assure-t-on,  le  sou- 
venir de  la  férocité  du  vainqueur  et  du 
dévouement  des  habitants.  Sous  Charles  YII, 
ui  deux  fois  visita  Limoges ,  celte  ville  vit 
[es  jours  plus  prospères ,  surtout  lorsque 
Dunois  eut  entièrement  expulsé  les  Anglais 
de  l'Aquitaine.  Les  guerres  de  religion  lui 
furent  aussi  funestes;  mais  après  celte  épo- 
que, la  ville  respira  el  se  releva  de  ses  ruines. 

La  ville  de  Limoges  était  anciennement  re- 
marquable, non-seulement  par  son  étendue , 
mais  par  la  beauté  de  ses  édifices  ;  il  semble 

3ue  les  Romains  s'étaient  attachés  à  l'orner 
etous  les  monuments  de  leur  magnificence. 
Elle  avait  un  capiiole,  un  amphithéâtre;  on 
y  voyait  un  grand  nombre  de  beaux  temples 
et  de  riches  palais;  elle  était  le  centre  de 
plusieurs  routes  qui  lui  ouvraient  de  faciles 
communications  avec  les  auîres  principales 
viUès  de  la  Gaule.  Enfin ,  elle  fut  du  nom- 
bre des  soixante  cités  qui  élevèrent  à  Lyon 


3; 


des  statues  à  Auguste,  et  qui  obtinrent I 
permission  de  prendre  le  nom  de  ce  pria 
elle  fut  en  conséquence  appelée  Auguste 
tum ,  et  garda  ce  nom  jusqu'à  la  fin  ai 
rv*  siècle,  époque  où  elle  reprit  celui  iti 
peuple  qui  en  avait  fait  sa  capitale.  Mai 
dans  les  guerres  qui  suivirent  la  chute  h 
l'empire  romain,  cette  ville  ne  tarda  pas  | 
déchoir  de  son  antique  splendeur  ;  les  ba^' 
bai^  renversèrent  ses  anciens  monomeai^' 
et  ce  qui  avait)  échappe  k  leur  fureur  aéir 
insensiblement  déiniit. 

Cette  ville  est  située  au  sommet  et  sur  k 
penchant  d'une  colline  dont  le  pied  e4| 
Daigné  par  les  eaux  de  la  Tienne,  qiK- 
l'on  traverse  sur  un  ancien  pont  en  pierre; 
elle  forme  une  espèce  d'amphithéâtre  dViè 
l'on  découvre  les  sinuosités  de  cette  li» 
vière,  d'où  l'on  suit  les  ondularions  di 
ses  coteaux  pittoresques  et  de  son  délicioa' 
vallon.  Comme  toutes  les  anciennes  dîè, 
elle  est  assez  mal  bâtie  :  aes  maisons  sdol 
presque  toutes  construites  en  bois,  à  partir 
du  premier  étage;  mais  on  y  voit  aussi  hea^ 
coup  de  constructions  modernes  d'une  belle 
apfMirence  ;  quelques  rues  ont  été  élai|ies 
et  alignées ,  et  on  grand  nombre  d'amélio- 
rations en  tout  genre  se  sont  effectuées  dans 
ces  derniers  temps.  Depub  qu'on  a  renrorKi 
les  tours  et  les  murailles  qui  la  rendaient 
obscure  et  malsaine ,  la  partie  haute  est  en*: 
tourée  de  larges  boulevards  bien  omhragék  1 
L'air  qu'on  y  respire  est  extrêmement  pur| 
et  tempéré;  de  nombreuses  fontaines  v  ver-l 
sent  continuellement  uue  eau  limpile  ftl 
extrêmement  légère  :  aussi  le  sang  y  est-il 
très-beau ,  notamment  chez  les  personnes  da 
sexe.  On  y  trouve  plusieurs  places  publi- 
ques, dont  deux  seulement  sont  remarqua- 
bles. La  première,  qu'on  regarde  à  jude 
titre  comme  la  plus  belle  promenade  de  la 
ville,  est  élevée  de  quelques  gradins  aii-dessits 
de  la  vaste  place  où  se  tient  le  marché  au 
bestiaux  ;  elle  est  bordée  d'un  côté  par  le 
cimetière,  et  de  l'autre  par  une  terrasK 
qui  domine  un  chemin  ]>avé  d'où  portent 
les  roules  d'Angoulêmc  et  de  Bordeaux.  La 
place  de  la  Mairie  offre  un  aspect  gracieux 
et  )>ien  aéré. 

Antiquités.  Limoges  ,  quoiqu'une  des 
plus  anciennes  villes  des  Gaules,  conscrvi 
peu  de  restes  de  ses  antiquités.  Quelques 
monuments ,  dont  la  plupart  ne  sont  plui 
visibles,  mais  dont  on  a  conservé  ladescrip 
tio'n,  prouvent  qu'elle  était  bâtie  long-temps 
avant  que  les  Romains  pénétrassent  dans 
cette  contrée.  On  cite  particulièrement  nn 
souterrain  réputé  gaulois ,  parce  qu'il  n'est 


^/ ^    ////./'/>/// 


1 


M 

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H 

H 
»4 


1 


ARRONDISSEMENT  DE  LIMOGES. 


m  de  bltisie  romaine,  ni  de  celle  des  Goths; 
I  conjiieDoe  au  lieu  sur  lequel  fut  depuis 
wstniit  ramphitbéàlre ,  et  aboutit  a  la 
fiemc.  U  est  en  ligne  droite  sur  une  Ion- 
;arar  de  plus  de  gjS  m.,  et  a  49  c.  d'élé- 
■tioQ  sur  73  c  de  large.  On  pense  qu*il 
VTiit  aux  Gaulois  pour  mener  boire  leurs 
écran  à  la  Vienne,  quand  leur  ville  était 
ikiqiKe  par  rennemi.  Les  deux  extrémités 
le  œ  soQlcrrain  ont  été  fermées,  à  cause  da 
■auiais  usage  qu*on  pourrait  en  faire. 

On  usa  de  la  même  précaution  pour  un 
eaple  soulemin,  de  forme  absolument 
fbenque,  de  plus  de  x4  m.  de  diamètre, 
i  eodèremeut  taillé  dans  le  roc  à  la  pointe 
hoiajteau,  dont  on  reconnaît  encore  les 
ntxi.  Ce  souterrain  fut  fermé  par  ordre 
brautorilé,  de  crainte  que  des  malfaiteurs 
tt  tinsseot  à  s^y  retirer.  M.  de  Tourny  avait 
■  le  projet  de  le  faire  rouvrir;  mais  il  fut 
kn  appelé  à  Tintendance  de  Bordeaux ,  et 
I  le  jnnit  pas  qu'aucun  de  ses  successeurs 
K  rat  oocnpé  de  ce  projet 

Od  ne  retrouve  plus  rien  aujourd'hui  de 
hatique  égiise  de  Saint-Étienne,  élevée  dans 
la  prewers  sièdes  du  christianisme,  souvent 
déraslée  pendant  les  temps  de  barbarie,  sur- 
iMt  par  les  Goths  et  les  Normands,  et  plus 
knl  par  le  roi  Pépin  dans  ses  démêlés  avec 
IVaifre.  Elle  avait  été  bâtie,  à  ce  qu*on  pré- 
M,  nr  remplacement  d'un  temple  de  Ju- 
piler. 

LwLxsi  AcruiTu  DB  Sjlirt-Éttbvki  , 
fD  est  très-bien  conservée,  doit  être  remar- 
ipée  panai  les  monuments  gothiques  qui 
■Ns  ratent.  Elle  a  toute  la  hardiesse  et  la 
■ajcsté  du  genre,  et  le  rond-point  du  sanc- 
liiiare  est  surtout  d*un  effet  u-ès- imposant. 
Ledocher,  qui  forme  un  massif  indépëb- 
dut  do  b&timeot  de  l'édiûce,  ne  se  trouve 
point  placé  dans  Taxe  de  la  nef,  et  est  d'un 
JJe  toot  différent.  Il  fui  élevé,  suivant  les 
wooiqiies  du  pays,  en  X190  ou  1191  (le 
r.Saint-Amablc  veut  que  ce  soit  en  xaxa), 
fft  réféqiie  Sébrand-Chabot ,  pendant  le 
»iwr  du  roi  Richard  à  la  Terre-Sainte. 
Jl^bé  Icgros  croit  que  ce  monument  est 
*  |nêine  que  celui  que  nous  voyons  encore 
JjOoniTwji.  Il  se  compose  de  quatre  étages, 
do«  chacun  est  percé  de  deux  ou  trois  ou- 
'^^B9  assez  étroites,  surmontées  d'ogives 
^pea  aiguës.  Sur  les  quatre  angles  s'élè- 
^des  tourelles  octogones,  qui  se  terminent 
Jjijoord'hui  par  des  lanternes  fort  élégantes. 
Jfdocher,  qui  était  d'une  très-grande  hau- 
■w,  fat  en  partie  abattu  nar  la  foudre,  en 
Uw,  sous  Jean-Barthon'de  Monbas  I". 
'li^  déjà  été  frappé  plusieurs  fois  k  des 


époques  plus  reculées.  En  1484,  le  toimerre 
abattit  encore  la  flèche ,  qui  fut  alors  re- 
construite en  bois  et  couverte  en  plomb. 
Enfin,  le  même  accident  se  renouvela  d'une 
manière  plus  fâcheuse  le  jour  de  Saint-Mai^ 
tial  de  l'année  1571.  La  fondre  fondit  la 
couverture  de  plomb,  et  le  feu  prit  à  U 
charpente,  à  l'endroit  même  où  étaient  lo- 
gées les  onze  cloches ,  de  sorte  que,  disent 
les  mémoires  du  temps,  le  métal  coulait  par- 
tout au  milieu  des  pièces  de  bob  enflam- 
mées et  des  barres  de  fer  rougies.  Le  même 
coup  avait  renversé  les  pyramides  qui  sur- 
montent les  quatre  tourelles  des  angles.  Le 
clocher  ne  fut  pas  alors  réparé ,  et  ne  l'a 
pas  été  depub.  Il  ne  présente  pltis  aujour- 
d'hui qu'une  tour  très-élégànte  dont  le  som- 
met indique  encore  la  naissance  de  la  pyra- 
mide. La  base  de  ce  clocher  porte  sur  une 
voûte  en  pendentif  soutenue  par  quatre  pi- 
liers. 

En  1537 ,  Jean  de  Langeac  ou  Langheac, 
alors  évêqoe,  entreprit  de  finir  la  cathédrale 
en  réunissant  l'église  au  clocher.  Il  fit  élever 
dans  ce  dessein  les  fondations  des  murs  et 
des  piliers  de  quatre  chapelles  jusqu'à  la  hau- 
teur de  ao  ou  3o  pieds  ;  mab  ce  travail,  que 
lui-même  interrompit  pour  bâtir  son  palais 
épiscopal,  fut  entièrement  abandonné  après 
sa  mort ,  et  n'a  pas  été  repris.  Malgré  Tir- 
régularité  qui  en  résulte  ,  l'aspect  de  celte 
antique  cathédrale,  vue  surtout  de  l'autre 
côté  de  la  Vienne,  est  d'un  effet  très-remar- 
quable, et  rien  n'est  plus  pittoresque  que 
le  contraste  qu'on  observe  entrn  la  teinte 
sombre  de  ses  vieux  murs,  et  la  ))lanchenr 
des  constructions  modernes  qui  l'entourent. 
Du  haut  de  !a  cathédrale  même,  on  aurait  pu 
jouir  d'un  coup  d'œil  bien  plus  magnifique 
sur  le  beau  vallon  de  la  Vienne,  si  Ton  eût 
exécuté  le  projet ,  déjà  commencé,  d'une 
galerie  extérieure  ou  plate-forme,  qui  devait 
régner  sur  le  potirtour  entier  de  l'édifice,  et 
reposer  sur  la  largetir  des  voûtes  des  bas- 
côtés.  Un  des  accessoires  les  plus  remarqua- 
bles de  cette  église  est  le  jubé,  que  l'on  doit 
à  M.  de  Laneeac.  Il  a  34  p.  de  longueur, 
et  fut  exécute  en  i533 ,  comme  on  le  lit 
sur  la  l)ase  d'un  des  pilastres ,  à  droite  de 
U  porte  principale,  au-devant  de  laquelle  ce 
monument  est  placé.  Il  offre,  en  effet,  tous  les 
caractères  des  constructions  de  celte  époque, 
et  l'on  y  remarque,  à  la  fois,  leurs  agréments 
et  leurs  défauts.  La  forme  de  l'ensemble  est 
aussi  légère  que  gracieuse,  et  les  ornements, 
quoique  très-multipliés ,  n'j  nuisent  pas  à 
reffet  général.  La  partie  qui  sert  de  tribune, 
et  qui  forme  une  nUlie  en  encorbeUementi 


\o 


DÉPA&TEBIENT  DE  LA  HAUTE-TIENNE. 


est  soutenoe  par  quatre  colonnes  demi  'ara- 
besques ;  leurs  intervalles  sont  occupés  par 
six  niches,  dont  les  statues  ont  éié  enlevées, 
et  autour  desquelles  .se  voient  divers  ome- 
menls,  ainsi  que  la  place  des  armes  de  Lan- 
geac,  qtii  ont  éié  cftacécs  ;  aunlessous,  sont 
des  bas-reliefs  qui  représentent  les  travaux 
d*Ucrcu!e.  (^es  dirtiiers  sujets  peuvent  pa- 
raître extraordiuaii-es  dans  un  monument  de 
ce  genre  ;  mais  ou  s*en  étonne  moins  quand 
on  se  reporte  au  temps  de  leur  exécution , 
où  le  mélange  des  clioses  sacrées  et  profanes 
était  partout  si  habituel.  Le;  devant  de  la 
Irilxine  offre  six  cub-de-lamne  très-élégants, 
ornés  de  statues  et  surmontés  de  petites  ro- 
]oi\mts  d'une  extrême  délicatesse.  Les  deux 
grandes  colonnes  de  droite  et  de  gauche 
portent,  gravée  sur  un  ruban ,  la  légende  : 
Marcessit  in  otio  virtus ,  qui  se  retrouve 
également  sur  le  mausolée  de  Jean  de  Lan- 
geac,  et  qui  a  ser\i  à  reconnaître  celui-ci  : 
c'était  apparemment  la  devise  de  sa  famille, 
ou  celle  qu*il  s'était  choisie  pour  lui-même, 
suivant  l'usage  de  ce  temps.  Le  dessus  des 
culs-de-lampe  offre  aussi  quelques  légendes, 
mais,  vu  leur  position,  on  ne  peut  eu  dis- 
tinguer que  des  fragments  qui  rappellent 
encore  la  devise  ci-dessus.  Les  côtés  du  jubé 
étaient  autrefois  ornés  de  peintures  à  fres- 
que. 

Le  jubé  était  jadis  à  sa  place  naturelle 
entre  le  choeur  et  la  nef;  mais  comme  il 
masquait  en  partie  le  rond-point  du  sanc- 
tuaire ,  M.  d  Argeniré  se  décida  à  le  faire 
enlever  en  1789,  et  le  fit  transporter  au- 
devant  de  la  grande  porte,  en  face  du  chœur 
où  il  se  voit  aujourd'hui.  Le  déplacement 
fut  exécuté  avec  négligence ,  et  ce  monu- 
ment fut  endommagé  dans  quelques  parties. 
Toutes  les  figures  qui  surmontent  les  culs- 
de-lanipe  et  qui  représentent  les  vertus  théo- 
logales et  cardinales,  furent  notablement 
mutilées;  elle^s  durent  l'être  davantage  encore 
à  répociue  de  la  révolution. — Les  portes  de 
la  calJiedrale ,  du  côté  de  la  nie  Neuve  de 
Saiut-Éticnnc,  sont  eu  bois  et  offrent  quel- 
ques bas-ivliefs  passablement  exécutes.  On 
y  reconnaît  le  martyre  de  saint  Etienne,  et 
sainte  Valérie  portant  sa  tête.  Le  premier 
de  ces  deux  sujets  se  retrouve  encore  ex- 
primé par  plusieurs  statues ,  d'un  ciseau 
gothique,  qui  ornent  la  face  extérieure  du 
roud-point  ou  chevet  de  la  même  église. 

IVon  terminée  comme  celles  de  Beauvais 
et  de  Narbonne ,  la  cathédrale  de  Limoges 
n*a  que  le  chœur .  et  ce  chœur  est  de  toute 
beauté.  Elle  est  aestince  à  une  durée  d'au- 
U^it  ^Ivu  lougue  qu'elle  a  été  bAtie  en  gra- 


nit; aussi  est-elle  parfaitemetit  oontrnéL! 

EctiSE  SArirr-MiCBSL-Dxs-I«io»s.  (^j 
on  mouument  gothique,  qui  n^a  de  reÊÊ0* 
quable  que  la  légèreté  de  la  Toôtc,  K  g^i 
tout  des  piliers,  au  nombre  de  dix  ,  qslîj 
soutiennent.  j 

Archxvecbb.  Ce  palais,  eatièremeni  Ul! 
en  granit,  comme  la  cathédrale  ,  est  d*aat| 
architecture  noble,  qui  en  fait  le  plus  bas 
bâtiment  moderne  de  la  ville  ;  le  prélat  orf 
rhabite  peut  se  cousidérer  comme  un  fi 
mieux  logés  de  France.  Il  Saut  en  voir  itf 
deux  façades  :  celle  de  derrière  est  la  pte 
belle.  Les  jardins  qui  accompagnent  cet  édi*- 
lice  régnent  en  terrasses  sur  la  Vienne ,  et 
offrent  une  fort  belle  vue. 

FoRTAiHi  D'AfGOULiiTE.  Parmi  les  moiw* 
nients  du  moyen  âge  les  plus  anciens  qi^ 
possède  la  ville  de  Linu^es ,  on  doit,  stm 
doute,  placer  la  belle  fontaine  d^AigoulcM^ 
qui  fournit,  en  toute  saison  ,  i  la  partie  s» 

Sérieure  de  la  ville  ,  et  même  à  ût  plupaK 
es  autres  quart i(Ts ,  des  eaux  aussi  pum 
qu'abondantes.  Elle  prend  sa  source  au  \^- 
laçe  de  Corgnac,  à  Test  delà  ^ille,  à  1,040 
toises  du  "bassin  où  elle  s'épanche.  EÂe' 
coule  à  45  pieds  de  profondeur  ,  dans  an 
canal  de  3  p.  1/2  de  largeur ,  sur  5  p.  de 
hauteur;  la  rigole  a  environ  t  p.  carre.  Ce 
fut  en  1645  qu'on  plaça  au-des^sus  de  la 
fontaine  quatre  dauphins  et  quatre  nrafles 

2 ni  jetaient  de  l'eau,  le  tout  surmonté  d*iiae 
gure  de  saint  Martial,  revêtu  de  ses  haHts 
pontificaux.  Cette  figure,  qui  était  en  pierre 
et  de  crandeur  naturelle,  la  face  tournés 
vers  l'cglise  de  Saint-Martial,  s'était  consciw 
vée  jusqu'à  l'époque  de  la  révolution  ;  dis 
a  été  remplacée  tout  récemment  |>ar  one 
pvramide  en  granit,  et  quelques  accessoins 
ffassez  mauvau  goût.  On  croit  que  le  bas- 
sin où  retombent  les  eaux  de  la  foniaioe 
est  d'un  seul  morceau  de  granit ,  ce  qui  se- 
rait remarquable,  cette  pièce  ayant  enviroa 
36  p.  de  circonférence.  Cette  fontaine  ait- 
meute  un  élang  situé  au-dessous,  et  dont  les 
eaux,  qui  s'écoulent  toutes  les  vingt-quatre 
heures,  enlèvent  les  immondices  des  bou- 
cheries, et  portent  aux  jardins  enTironuauls 
des  eaux  grasses  et  fertilisantes. 

On  remarque  encore  à  Limoges  la  biblio- 
thèque publique,  renfermant  ia,t>oo  volu- 
mes ;  le  musée  d*hisioire  naturelle ,  de  mé- 
canique ,  arts  et  antiquités  ;  le  quartier  de 
cavalerie;  l'hôtel  de  la  préfecture;  PhÂtel 
des  monnaies  ;  la  salle  de  spectacle  ;  les  b^ 
pitaux,  etc.,  etc. 

Cette  ville  a  des  courses  d«  dievaux  de 
premier  ordre ,  pour  treate-deux  déjiaatç* 


HVPlL  1B«  hbhMb  «m  un  montrdi-fÎBté 

liMoges  «st  la  pitrie  de  d'AgUflsaem  ;  de 
l'im  des  grand»  oralBiurs  de  la 
•  du  maréchal  Jonidan  ;  du  bo- 
▼dUcnac  ;  de  Tex-iamUtre  Bour« 
^na  ;  de  rbabile  chiruif iea  Dufiuy  trea. 

•  Uant^ÊetaÊtea  conskléfmbles  de  porcelatM 
il  de  crcnseu. —  Fabnauês  de  draps ,  oasâ* 
ttin ,  diegiwsta,  cuirs  de  laine,  gilets,  mou- 
«ho»,  flanelles,  gants  de  peau,  coUe-foite, 
htapt^  sabots,  doua  pour  la  ferrure  des 
ebevant.  Pilatuics  hydrauliques  de  coton  et 
de  laine  ;  blanchisserie  de  cire  $  belles  pa** 
prteries;  brasseries;  poieries;  faîenoene&. 
Kirges  nt  laminoirs,  lïéfilerie. 

Cammgrcû  de  grains,  châtaigne^,  vins, 
caux-de-TÎe,  liqueurs,  sel,  fer,  cuivre  jaune, 
bhon ,  êoniiix ,  kaolin. — ^Entrepôt  do  com- 
nnite  de  Tnulouse  et  des  départements  mé« 
ridionam. 

A  a4  I.  i/a  d'AngonléHie ,  ag  1.  de  Poi- 
iKrs,  97  I.  i/a  de  Paris.— if<^te/i  de  Péri- 
ncd ,  de  la  Bonne  foi ,  des  Diligences ,  de 
TAigie  d*argent ,  de  la  Boule  d*or. 

HIEUL.  Village  situé  à  a  1.  i/a  de  Li- 
BMges.  Pop.  73o  hab. 

PASAXOt.  Village  situé  à  i  1.  i/i  de 
Lioioers.  Pop.  1,029  hab.  —  Fabrique  de 
flanelles  et  de  droguets.  filature  bydrauli- 
^  de  laine. 

WTftAT.  Bourg  situé  à  9 1.  de  Limoges. 
PoB.  ifiSo  bab. 

Ce  bourg  était  anciennement  entouré  de 
■urailles  rt  avait  titre  de  ville.  Il  est  bâti 
dios  un  jolj  vallon  baigné  par  les  eaux  de 
la  Maude,  et  traversé  par  la  route  de  Guéret 
i  Uaercfae.  La  fraîcheur  et  la  fertilité  de 
son  pajs^ge  contraste  singulièrement  avec 
les  iiMHitagnes  stériles  qui  l'environnent. 

PlEaRB-BUmàRB.  Petite  ville  située 

•  4  I-  de  Limoges.  ^  V>r  Pop.  750  hab. 
Cette  ville  est  bâtie  dans  une  belje  poei- 

lioo,  sur  le  penchant  d'un  coteau  qui  do- 
«âne  au  loin  une  belle  vallée  arrosée  par  la 
Briaoee ,  que  Ton  passe  en  cet  endroit  sur 
es  pont  en  pierre.  On  y  remarque  les  restes 
d'un  ancien  château  fort  flanqué  de  tours  » 
qui  sert  aujourd'hui  d'hdiel-de-ville.  Ce  châ- 
tcM ,  aitue  à  l'entrée  de  la  ville  en  y  arri- 
vant de  Limoges,  existait  déjà  eu  iz83, 


AlUKOTMSSBBCSIfr  DB  UliOQS& 

Lastours  le  titra  d« 


n 

baron  du  Li- 
roousm.  Cette  terre  devint,  à  une  époque 
déjà  ancienne,  une  propriété  de  h  maison 
de  Sauve-Bœuf;  elle'passa  ensuite  dans  .celle 
de  Mirabeai} ,  qui  en  jouissail  encore  à^i'^ 
poque  de  la  l'évolution. 

PmESI^-SOVS-AIXE  (SAIIIT-).  Joli 
bourg  situé  à  a  L  i/a  de  Limoges.  Popul. 
X,  100  hab. 

PftIEST-TAITRION  rSAIîTT-).  Village 
situé  sur  la  rive  gauche  du  Taiirion ,  à  3  I. 
t/a  de  Limoges.  Pop.  1,1 35  hab.  — Fabri- 
ques de  fî]  de  fer.  Papeteries. 

SOLIGNAC.  Petite  ville  située  près  de  hi 
rive  droite  de  la  Briance,  i  3 1.  de  Limoges. 
Pop.  a,784  hab. 

Cette  ville  doit  son  origine  à  une  abbaye 
de  bénédictins,  fondée  vers  le  milieu  du 
VII"  siècle  par  saint  Éloi ,  miniâifre  du  roi 
Dagobert,  qui,  pour  déterminer  son  souve- 
rain à  contribuer  à  celte  fondation,  lui  de- 
manda la  terre  de  Solignac,  pour  en  faire 
une  échelle  par  laquelle  Dagobert  et  lui 
pussent  monter  au  cieL  Dagobert,  flatté  de 
tette  offre,  donna  la  terre  de  Solignac  a 
saint  Éloi  :  on  ne  sait  pas  s'il  en  fit  une 
échelle  suffisamment  haute  pour  monter  au 
ciel,  mais  il  est  certain  qu'il  en  fit  une  ab- 
baye très-riche.  Qn  y  comptait,  dit  le  P. 
Samt-Amable,jusqu*à  100  religieux  qui  sui- 
vaient ,  dans  toute  sa  rigueur ,  la  règle  de 
saint  Colomban  d'Ecosse.  Les  Sarrasins  la 
dévastèrent  au  temps  de  Charles  Martel.  En 
1619,.  cette  abbaye  fi|t  donnée  à  la  congré- 
gation de  Saini-Maur.  Une  portion  du  bâ- 
timent principal  ayant  été  incendiée  envi- 
ron cent  ans  après,  on  reconstruisit  tout  [a 
côté  de  l'ouest  dans  un  style  moderne  et 
d'une  belle  ordonnance.  Le  clocher,  qui 
était  fort  ancien,  et  qui  paraissait  remonter, 
dit  Legros ,  au  temps  de  Louis  le  Débon- 
naire, s'écroula  en  1783;  le  reste,  qui  me- 
naçait ruine,  fut  rasé  en  entier  et  reconstruit 
dans  un  goût  moderne.  Dans  le  cours  de  la 
révolution,  le  couvent  devint  une  maison 
d'arrêt,  et  ensuite  une  résidence  de  la  mu- 
nicipalité du  lieu.  On  y  remarque  aujour- 
d'hui une  manufacture  de  porcelaine. 

Le  couvent  de  Solignac,  à  moitié  recon- 
struit à  une  époque  assez  récente ,  n'offre 
rien  de  curieux ,  même  dans  les  parties  les 


paiiqae  cette  même  année ,  suivant  le  P.  plus  anciennes,  que  le  nombre  et  l'éteudiin 

Bouavcnture,lesBrabançon^,  qui  ravageaient  des  pièces  qui  le  composent;  la  façade  est 

alors  la  Guienne,  s'en  emparèrent  après  plu-  parfaitement  conservée,  et  peut  avoir  a  80 

sieurs  jours  de  siège.  La  famille  qui  en  por^  pieds  de  développement  ;  l'église,  ^ui  ,^  par 

lait  le  nom  était  une  des  principales  de  la  un  hasard  également  heureux  et  difficile  à 

il  di^MUHl  ««&  aeipHifs  de  com^r&dn^  a«  point  é^  dc^nidiée  pe^^i 


Il 


DÉPÀRTERIENT  DE  LA  HAUTE-TIENNE. 


dant  une  longue  succession  de  siècles,  est 
nn  des  monnments  les  -plus  curieux  que 
nous  ayons  du  département  :  elle  offre  in- 
térieurement la  forme  d*une  croix  latine 
sans  piliers  ni  collatéraux  ;  seulement,  sur 
les  parois  des  murs  de  la  nef,  se  présenteàt 
en  saillie  des  arcades  i  plein  cintre ,  soute- 
nues par  des  colonnes  sans  proportion,  dont 
les  chapiteaux  offrent  des  tëles  d'animaux, 
des  figures  monstrueuses  accroupies,  et  d'au- 
tres omemenls  d'un  style  barbare.  La  voAle 
est  formée  d'une  suite  de  pendentifii;  les 
chapelles ,  disposées  autour  au  sanctuaire , 
forment  au  dehors  des  saillies  circulaires 
assez  considérables ,  comme  dans  la  plupart 
des  anciennes  églises  de  ce  pays  ;  celle-ci  a 
d*ailleurs  une  analogie  très-rcmarqnable  avec 
celle  de  Saiut-Hilaire  de  Poitiers,  et  semble 
appartenir  à  une  époque  presque  aussi  re- 
culée. —  L'extérieur  de  Teglise  de  Solignac 
n'est  pas  moins  intéressant  :  les  arcades  à 
plein  cintre  qui  en  décorent  les  parois ,  les 
ornements  et  figures  bizarres  qui  forment 


les  métopes ,  la  dispositioii  vnéme  de  lBtt| 
l'édifice ,  annoncent  une  haute  antiqnilil 
une  origine  bien  autérieure  au  gothiq«,j 
On  ne  peut  sans  doute  supixiser  que  le  n^ 
Hument  fondé  par  saint  Éloi  se  soit  Lnu<t 
consenré  jusqu  à  nos  jours,  el  mi*i1  ait  9Ê^\ 
vécu  à  toutes  les  dévastations  de  rabbmi  i 
nais  il  est  du  moins  pxdiable  qne  Fc^ilil 
actuelle  date  du  IX*  siede  et  du  règne  4li 
Louis  le  Débonnaire.  On  reoomuiit,  cUns  la 
accessoires,  le  goût  bizarre  d^  ceue  époift% 
et  jusqu'aux  figures  monslrueuaes  et  obso^  ; 
nés  qu'on  retrouve  si  souvent  «vec  la  méaM  ; 
surprise  sur  presque  tous  les 
religieux  du  moyen  Age. 

SITSSAG.  Village  »toé  à  xo  L  de  ] 
ges.  Pop.  1,2x8  bab. — Carrière  de  marine 
propre  à  faire  de  la  chaux. 

VERNEUIL.  Bourg  situé  à  a  I.  1/4  de 
Limoges.  Pop.  a,ooo  bab.  11  est  bitî  dsM 
un  territoire  agréable  et  extrèmeiiieDl  Icr^ 
tile,  où  l'on  cultive  des  fruits  et  des  Icgniaei 
qui  approvisionnent  les  marcbés  de  I  ' 


ARRONDISSEMENT  DE  BELLAC. 


AZAT-LE-RIS.  Tillage  situé  à  6  I.  x/4 
de  Bellac.  Pop.  66a  bab.  —  Yerrerie  où 
l'on  fabrique  annuellement  environ  400,000 
bouioilles.         ^  •.■■-■-*■ 

BELLAC.  Petite  ville.  Chef-lien  de  «ous- 
préfectiire.  Tribunal  de  première  instance. 
E  Pop.  3,607  bab. 

L'origine  de  celte  ville  est  peu  connue. 
Boson  r*',  dii  le  Tieux,  y  fit  construire  dans 
le  X**-  .«ièclc  un  château  fort  ;  mais  à  cette 
époque  la  ville  était  déjà  considérable  et 
enluurée  de  murs  flanqués  de  dix -neuf 
tours  dont  on  voit  encore  quelques  vestiges. 
]W)sou  augmenta  encore  ces  fortifications  et 
en  fit  une  des  plus  fortes  places  du  pays. 
En  997,  Guillaume  le  Grand,  dit  Fier-a- 
Bras,  comte  d'Acpiitaine,  assiégea  sans  suc- 
ce^  la  ville  et  le  château.  En  iSgt ,  cette 
place  soutint  avec  honneur  un  siège  contre 
les  ligueurs,  qui  furent  obligés  de  se  retirer 
après  avoir  donné  inutilement  plusieurs  as- 
sauts. Pendant  les  guerres  de  la  Fronde,  le 
duc  de  Longueville,  à  la  tête  d'un  corps  d^ 
troupes  du  parti  des  princes,  tenta  en  vain 
de  s'emparer  de  Bellac ,  qui  fut  défendue 
avec  courage  par  les  habitants. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  le  pencbant  d'un 
coteau  rapide  qui  domine  le  Vincon  du 
côté  du  nond.  On  récolte  sur  son  territoire 
des  vins  de  bonne  qualité.  Ce  qui  reste  en- 
core de  l'anden  château  bâti  sur  la  partie 


la  plus  élevée  de  la  Tille,  forme  aujoord'&oi 
la  maison  d'arrêt  et  le  palais  de  justice. 

Aux  environs,  près  du  village  de  la  Bor- 
derie,  on  voit  un  oeau  dolmen,  foraaé  d'un 
bloc  énorme  de  pierre ,  posé  horizontale- 
ment sur  cinq  morceaux  de  rocher.  Tout 
porte  à  croire  que  ce  bloc  ne  se  trouvait 
pas  originairement  dans  cet  endroit ,  mais 
il  est  difficile  de  concevoir  comment  il  a  été 
possible  de  le  traîner  par  les  horribles  die- 
mins  qu'il  aurait  fallu  suivre  pour  le  con- 
duire jusque  là. 

Fabriques  de  draps,  couvertures,  toiles, 
cba))eaux.  Tanneries.  Papeteries.  Fonderie. 
— Commerce  de  bois,  vins,  châtaignes,  cuirs, 
peaux  de  veau,  etc. 

A  g  I.  x/a  de  Limoges,  89  1.  de  Parts. 

BESSINES.  Bourg  situé  à  6  I.  3/4  de 
Bellac.  Pop.  2,699  ^"1>-  ^^  ^^  ^'i  sur  la 
rive  gauche  de  la  Gartempe ,  que  l'on  n^ 
Terse  en  cet  endroit  sur  un  pont  en  pierre." 
On  remarque  dans  le  cimetière  qui  borde 
la  route  une  figure  de  sphinx  antique,  men- 
tionnée par  M.  AUou  dans  sa  Description 
des  monuments  de  la  Haute-Vienne. 

CHATEAU- PONSAT.  Bourg  situé  sur 
la  rive  droite  de  la  Gartempe,  à  4  1.  3/4  de 
Bellac.  Pop.  3,74^  bab. 

COMPREIGN A€.  Bourg  situé  i  6  L  1/4 
de  Bellac.  Pop.  1,900  bab. 

Ce  bourg  avait  autrefais  titre  d«  liBe  et 


de  mors;  réglise  eUe-méme 
ijfilHt  crénelée.  On  y  toU  les  restes  d'un  ao- 
|lfie«  ciiàieaa  dont  il  existe  encore  trois 
;  titilles  loun,  ainsi  qu*une  partie  d'un  très- 
I  Jnn  bâtiment,  supporté  par  deux  ran^  de 
iirtannes,  qui  serrait  d*écuries  et  de  greniers. 
•ASXAG.  TUIage  situé  a  4  1.  3/4  de 
"        Pop.  ^fiS'j  hab.  —  Fabriques  de 


ABRONDISSEBIENT  DB  BELLÀC  .    ^3 

LUSSAC-LES-lÉGLISBS.  Bourg  situé 
sur  l'Asse,  à  7  1.  de  Bellac.  Pop.  i,55o  h. 
MA6NA€.JLAVAJL.  PeUte  ville  située 
sur  la  rive  droite  de  la  Brame ,  à  4  1.  de 
Bellac  Collège  Gammunal.  Pop.  3,455  hab. 
^  Magnac  est  un  ancien  cbef-heu  de  baron- 
nie,  qui  fut  long-temps  possédé  par  les  La- 
mothe-Solignac-FénétoB.  En  1763,  Louis 
XV  érieea  cette  terre  en  duché  eu  faveur 
du  maréchal  Laval-Montmorency;  ce  fut 
alors  que  h  ville  prit  le  nom  de  Laval,  (té- 
tait jadis  une  place  forte,  défendue  par  un 
château  qui  a  été  reconstruit  en  x73o,  et 
détruit  à  Tépoque  de  la  révolution  de  17S9; 

- .      .  Ml         •  •  il  n'en  reste  plus  que  les  fossés ,  où  circu- 

Le  Dofrt  ««.«•■>•  v>ne  aiia«ine  qui  pi-     j^j  ,^  ^„,  «^^  la  Brame.  Dan,  U  nie  qui 
•Uart  a.  onhHre  b«(i  pu  Clora,  sur  I  em-     ^^j„j,  j^  j,^;^  p,roi»i«le  aux  mines  du 

château,  on  voit  une  pierre  en  forme  d'au- 
tel ,  portant  sur  une  de  ses  faces  une  in- 
scription latine,  dont  on  ne  peut  lire  que  les 
mots  suivants  : 


nXBBE-LBS-EGLISES.  Bourg 
à  3  L  1/4  de  BeUac  Pop.  x,638  hab. 
•^  Mamifaclure  de  draps. 

POftAT  (le).  Jolie  petite  viOe,  située  à 
3  L  1/4  de  Bellac  ^  Pop.  9,a37  hab. 


I  par  { 
\t  duquel,  vers  le  X*  siècle,  on  a 
êotistmit  mae  collégiale  Les  Normands  la 
dévastèrent  en  886;  mais  les  comtes  de  la 
Marche  la  firent  rétablir  et  en  aogmentè- 
iCQt  les  fortifications.  Ces  comtes  avaient 
m  Dont  on  château  fort ,  bâti  par  Albert 
m,  pour  se  défendre  contre  les  Lusignan 
^aibn  dis|>olaient  la  propriété  de  leur  comté. 
^  Ce  château   résista  aux  forces  des  Anglais , 
qui  en  firent  le  siège  sous  le  règne  de  Char- 
les  V,  sans  pouvoir  8*en  rendre  maîtres.  Du 
icmps  des  guerres  de  religion ,  les  ligueurs 
s*en  emparèrent,  mab  les  royalistes  les  obli- 
gèrent à  capituler,  et  firent  raser  le  château. 
Cette  ville  est  entourée  de  promenades 
lart  agréables  et  dans  une  charmante  posi- 
tion ,  sur  la  rivière  de  Sèvre  ;  on  y  jouit 
d'un  coup  cTœil  magnifique ,  qui  embrasse 
un  horizon  Irès-étendu.   L*égiise  de  Fan- 
cienne  collégîale  est  un  édifice  du  X'  siècle, 
très-spacieux,-  d'un  bel  effet,  mais  fort  obscur, 
surtout  dans  le  sanctuaire  :  il  a  extérieure* 
ment  la   forme  d'one  forteresse  ;  ses  murs 
sont  terminés  par  des  tourelles  placées  de 
distanee  en  distance ,  et  par  des  créneaux  ; 
en  milieu  de  la  croisée  s'clève  un  dôme  sur- 
monté d'un  beau  clocher,  dont  la  flèche 
hanlie  est  temmée  par  une  figure  d*ange 
tn  enivre  doré,  orné  de  deux  grandes  ailes, 
ft  soutenant  une  croix  que  le  vent  fait  tour- 
ner avec  la  plus  grande  facilité,  malgré  son 
extrême  pesanteur.  An-dessous  de  Téglise 
se  trouve  an  souterrain  assez  vaste  qu'on 
appelle  la  Basse-Église,  et  qui  offre  la  mente 
dttpDsition.  —  Dans  rintérieor  de  Tédifice , 
an  voit  un  très-grand  bénitier  en  granit,  où 
sont  grarces  en  trcs-minœ  relief  deux  figu- 
res de  léopard  ou  de  lion  du  style  le  plus 


Fahri^aes  de  poîdi  et  mestnvt  métriques» 
baromètres,  etc 


_  ^.  .  .  .SIMVT    XNXAB. 

D  .  S  .  C 

Fabriques  de  poterie  de  terre  et  de  grès. 
Manufacture  de  porcelaine. 

BIAILHAC.  Tillage  situé  à  9 1.  de  Belhie. 
Pop.  787  hab.  —  Haut  fourneau,  forges  ei 
fenderie. 

HEZ1ÈHES.  Tillage  situé  à  3  1.  de  Bel- 
lac. Pop.  1,396  hab. 

HORTEMART.  Tillagé  situé  à  3  1.  be 
Bellac.  Pop.  36o  hab.  On  y  voit  encore  les 
vestiges  d'un  ancien  château  qui  fut  mis  au 
pouvoir  des  Anglais  par  la  paix  de  Brétigny 
et  reconquis  par  Charles  Y. 

MORTEROL.  Bourg  situé  sur  la  Seine, 

au*on  y  passe  sur  un  pont  de  pierre  précédé 
'une  belle  avenue,  à  6  1.  3/4  de  Bellac.  ^or 
Pop.  65o  hab. 

KANTIAT.  Bourg  situé  à  4  1.  x/4  de 
Bellac.  Pop.  x,a45  hab. 

RANÇON.  Petite  ville  située  sur  la  Gar- 
tempe,  a  3  I.  de  Bellac.  Pop.  9,x37  bah. 

Du  temps  des  Romains  et  des  Gothf , 
Rançon  était  défendu  par  un  châiean  qui 
commandait  le  cours  de  laGartempe;  ce 
château  fut  brûlé  par  les  Anglais  sous  le 
règne  de  Charles  Y.  On  présume  que  là 
était  le  chef-lieu  de  h  cité  des  Andeeanm" 
Unses.  Au  milieu  du  dmetière  existe  en* 
core  un  fanal  antique. — Papeterie. 

SULPICB-LES-FKUILLES  (SAINT-). 
Yillage  situé  a  9  1.  de  Bellac  Pop.  1,783  h. 

TAVLRT.  Yillage  situé  â  3  1.  de  Bellac 
Pop.  813  h.— Mine  d'étain  non  exploitée. 


14 


DÉPARTEMENT  DE  LÀ  HAUTE-ViENNÈ* 


ARRONDISSEMEirr  Dfi  BOCHECHOUART 


BRICE  (SAINT-).  Tillage  situé  sur  la  rive 
droiie  de  la  Yieune ,  à  3  1.  i/4  de  Rocbe- 
choaart.  P.  1,127  ^' — Fabr.  de  porcelaine^ 

CHAMPAGN AC.  Tillage  situé  .«ur  la  Tar- 
doire ,  à  4  !•  '/4  de  Rochechouart.  Popul. 
1,7^1  h. — Haut  fourneau,  forges  et  aciéries. 

CHAPELLE -MONTBRANDEIX.  Y\U 
lage  situé  à  5  1.  3/4  de  Rochechouart.  Pop. 
689  luib. — Forges  et  aciéries. 

CHEIIOirAC.  Village  situé  à  a  1.  x/2  de 
Rochechouart.  Pop.  1,047  ^^' — Forges  et 
martinets. 

DOUE5AZAC.  Tillage  situé  li  6  t.  3/4 
de  Rochechouart.  Pop.  9,291  hab. — Hauts 
fourneaux,  forges  et  aflinerîes. 

JCMIEN  (SAINT-).  Ancienne  ville,  si- 
tuée à  a  1.  3/4  de  Rochecbouàrt«^^  ^ 
Pop.  5,895  hab. 

Cette  ville  doit  son  origine  à  saint  Junien, 
solitaire  recommanda ble  par  ses  vertus,  qui 
mourut  vers  Tan  687,  et  fut  enterré  daiis 
un  lieu  autrefois  liommé  Comodoliac.  La 
Jbaute  ré|>utation  de  pi^édont  jonissaîi  saint 
Junien  attira  de  tonte  part  ^  autour  de  son 
tombeau,  une  foule  de  dévots  pèleribs  ;  pli^' 
sieurs  s*j  établirent,  et  de  cette  ifé^-oiion  se 
forma  une  ville  qui  prit,  le  nom  du  saint  à 
qlii  elle  dut  son  origme.  Les  calvioiMflS  la 
ravagèrent  en  1569.  Pendant  les  guerres  de 
religion,  le  vicomte  de  Rochechouart  essaya 
en  vain  de  la  prendre  par  escalade.  On  voit 
dans  les  environs  le  vieux  ch&tcau  de  Chà- 
telard,  près  duquel  fut  exterminée,  en  iSsa, 
une  bande  de  partisans  qui  désolaient  le  pays. 

La  ville  de  Saint-Junien  est  bÂtie  en  am- 
phithéâtre, sur  le  penchant  d'un  coteau 
dont  le  pied  est  baigné  par  b  Vienne ,  qui 
y  reçoit  la  rivière  de  Glane.  JfîHe  est  entou- 
rée de  boulevards  garnis  de  belles  plantii» 
(ions ,  d'où  l'on  découvre  de  jdis  jardins , 
de  belles  prairies,  et  des  campagnes  dont  la 
culture  est  très-variée'.  L'éghse  paroissiale 
est  une  des  plus  belles  du  département;  c'e^ 
un  édifice  d'un  style  aussi  hardi  qu'impo- 
sant, qui  présente  dans  ses  détails  le  genre 
d'ornemem  qui  caruclérise  les  ouvrages  du 
Xll^  et  du  Xin*  siècle;  quelques  parties 
•ont  néanmoins  d*um  date  plus  récente  : 
on  y  remarque  surtout  le  maître-autel ,  re- 
vèiu  de  beaux  marbres,  et  décoré  d*un  su- 
perbe bas-relief  représentant  les  disciple 
d*£mmaiisi  Derrière  cet  autel  est  le  tom- 
beau du  saint  à  qui  la  ville  doit  son  nom. 

A  rentrée  du  pont  jeté  sur  la  Vienne,  se 


trouve  une  chapelle  dédiée  a  la  ViesiBe,^ 
laqueUe  Louis  XI  avait  une  dévotion  parti* 
cnlière;  il  la  visita  en  z465,  et  donna  ds 
ordres  pour  sa  reconstruction  et  pour  saa 
embellissement. 

Fabriques  de  serges,  convertares  dehiae 
et  de  coton ,  pelleteries,  guxts  de  peau, 
faïence,  poterie  commune.  Mannf.  de  porce- 
laine. Nombreuses  |»peterits.  Teintnreria; 
Blanchisseries  de  cire.  Tanneriei.  —  Com-^ 
merce  considérable  de  chevaux  tH  de  miielL 

LAURENT- SUR -fiOBHB  <&AiaT-> 
Village  situé  à  a  1.  3/4  de  Rodiechoiiart. 
Pop.  »,6i9  hab. 

■AISON SAIS.  Boui^  ûtmé  k  4 1.  i/i 
de  Rochechouart.  Pop.  i,5i6  h. — Fotfjm, 

MARY  AL.  ViUage  situé  à  6  L  t/4  d« 
Roobeohoiiart.  Pop.  t,434  hab.  —  Baaë 
fourneaux,  forges  et  affineries. 

MATHIEU  (8AI1IT-).  Bourg  sitaéâ  4L 
de  Rochechouart.  Pop.  2,193  hab.— Forges 
et  ailEuieries.  —  Commerce  de  bestiaoK. 

0&AIM>UR-«UE-OLANB.  ViUage  sitiii 
sur  la  rive  droite  de  la  Glave ,  à  6  L  de 
Rochechouart.  Pop.  1,72*  hab. — Papeterie 
.  ORAI>OUR«UR-VATaES.  Bourg  sitii 
à  a  1.  d«  Rochechouart.  Pop.  3,oSS  hab.— 
Fahrique  de  faux  et  de  tailhmderis.  Bzphifr 
talion  considérable  de  marne. 

ROCHECHOUART.  Ftetite  vîUe.  Chef- 
lieu  de  sous-pitéfecture.  Tribunal  de  pos* 
mière  instance.  ISl  Pop.  3,996  bal). 

Cette  viUe^  qu*Adémar  de  Chabanais  ap* 
pelle  Roca-CtwanU  »  est  bâtie  sur  le  pen- 
chant d'un  rocher  que  haigoeot  les  eaux  ds 
la  Grenne.  On  présume  qu  ellejtire  son  non 
de  oe  roc,  ^ui  semble  sospéaldu  dans  qoel- 
ques  endroits  et  prêt  à  rouler  daos  le  val- 
lon. Les  annales  du  pays  n'ont  laissé  aa- 
euns  déukils  historiques  sur  son  origine  ;  il 
paréit  qu'elle  ne  fut  dans  k  principe  qa'uM 
réunion  de  quelques  maisons  bâties  autoar 
du  château.  Dans  la  suite,  elle  fut  entourés 
de  murs  et  fortifiée ,  et  résista  aox  efiorti 
des  Anglais  oui  l'assié^èraat  sans  axai 
sous  le  règne  ae  (Parles  V. 

Le  château  de  Rochechouart  oit  renuff* 
quable  par  sa  situation  pittoresque  ;  cestk 
berceau  de  la  brillante  Camille  des  Morte- 
jnart,  dont  l'eiprit  était  pasaé  en  provetbs 
sous  Louis  XIV,  au  milieu  des  mceuis  elfe' 
gantes  et  de  la  cour  la  plus  polie  et  kpli» 
spirituelle  de  TEurope.  Celte  antiq^  de- 
meure est  en  partie  dégradée;  la  plupart dei 


la       Q 

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RtM  to  Mttè  t&  FSgBsê;  %fô  tôuïcè 
HéuMi  lôot  resiê»  &  roHmènt  Tes  deux 
Mi^  qui  n\ml  jkÉhOi  changé  :  fls  sont 
feibttiiéi  patr  une  riclle  et  magninqué  ga- 
ife,  dont  une  piinfe;  céHé  ^ul  se  trouve 
iB  k  iaietnaifè  et  te  ctiû^t  àciuets ,  se 
loMnM  admirer;  Yanùè  est  masquée  par 
ifaicberliiéaiMièifiOlis,  quoiqu'elle  rïigiie 
pendant  dé  chaque  cdîi^  ausd  Ibtacte  que 
Iprenicte» 

IfetrcHA'tBL.  Boiirg  situé  au  conflàèiit 
\TÀisQB  rt  de  la  Retourne,  à  lol.  de  Laon. 
M.  6oJi  hab.  Cesl  un  bourg  très-ancien, 
■  fiit  pris  'et  entièrement  oelruit  par  les 
fcrgu^ons  eu  x 4 "17.— Marché  iinpôrtant 
Éir  les  |raiiis. 

lEkTTlLLE.  Village  situé  à  3 1.  3/4  de 
lou.  Pop.  i5o  hab.  On  j  voit  les  restes 
un  vieux  chàleaù  fort,  jiris,  en  iSgS,  par 
i  liguf un ,  qui  firent  pendre  une  pariie 
I  b  garmson. 

PÔSTÀVKRT.  Tillage  situé  près  de  la 
le  droiie  de  TAis^e  qai  y  foinae  un  port 
nnode,  à  6  1.  1/4  4)0  Uou.  Pop.  583  h. 
-BnsMiie, 

raÉXONTRi.  Tîllàgfe  situé  à  4  1.  i/a 
k  laon.  Pop.  5oo  hab. 
n  y  ÀTaît  autrefois,  dans  ce  lieu,  une  cé- 
fre  abbaye,  chef  d'ordre  deS  Prémontrés^ 
iodée  J»ar  aim  Norbert;  en  1  lao.  LbrS  de 
i  pierre  cinle  qui  éclata  en  1567,  celte 
^ye  fut  saccâjgée  paô-  les  calvinistes.  Re- 
MsUnHe  vers  le  ibilieu  du  XVIII*  siècle , 
Be  resseaiblait  pIulÀt  à  une  maison  royde 
Û'i  un  monastèi^  :  on  y  voyait  an  escaliet 
fcairAteqtii,  nar  sa  hardiesse,  son  éte- 
inte, Il  grâce  de  ses  proportions,  faisait 
idmiralîon  des  hommes  de  Vart.  —  tJtaè 
«tion  de  cette  célèbre  abbaye  a  été  con- 
f"*^,  et,  en  1S02 ,  l'oû  a  tiré  parti  dfe 
litre,  en  y  éiàSGssaitt  Uûe  Vefirerfe  céfèbrtf, 
jl changé  le ftonaStèrc  en  un  foyek- d'ift- 
Wrie  d«  enu  très-prodtlc«lf  piôùr  fès  hibî- 
*p  de  la  contrée.  On  y  ftbnqûc  dèl  béu- 
ws  pottr  la  Vins  ittouîbcftti,  des  vert€l 


bHÀtÉAU-TÎilERRT.  il 

blâbcs  pour  ta  vitrerie,  dés  àothù  de  jar- 
din ,  4^  verKs  à  bombages ,  des  cylindres 
ovales  ou  ronds,  de^  verries  de  couleur  )|>bur 


les  vitraux  d'églises ,  du  flint-gtass  pour  tes 
lunettes  et  î*ot)lique ,  et,  depuis  quelques 
ahnées,  deà  glaces  de  grandes  dimensions. 


QUESST.  Village  situé  à  7  1.  x/a  de 
Laon.  Pop,  4oq  hah.—Fahrîquê  importante 
d'âlun  et  de  viuioî. 

QUÎÊRZT.  Village  très-ancien,  situé  sur 
la  rive  gauche  de  TOise^  à  xo  1.  de  Larâ. 
Po|^.  709  hab.  On  y  voit  les  ruines  d'une 
maison  de  plaisance  des.  rois  de  ta  deuiième 
racé ,  dont  les  murs  oiïrent  des  restîps  de 
|)ein turcs  à  fresque  assez  bien  conservées. 

ROSOT-SCR-SERRE.  Village  situé  sur 
la  rive  gauche  de  la  Serre,  a  lal.  de  Laon. 
S]  Pop.  633  hab.  —  Commerce  de  Un 

ROVCT.  Bourg  situé  871.  t/i  de  Laon. 
Pop.  700  hab.  C'était  auliiefois  une  ville 
forte  qui  a  soutenu  plusieurs  sièges;  Char- 
les-le-(J»auve  jr  tint  un  parlement  eh  S5i. 
-^Patrie  de  B'ethune  Charost,  digne  descen- 
dant de  Sully. 

SAI5CfeNT.  Village  situé  à  7  t.  3/4  dfe 
Laon.  Pop.  1,774  hab.  —  Manufactures  de 
fâTenrie  d'excellente  qualité. 

SlSSO!fi[N£.  Boui*g  fort  ancien ,  situé  % 
SX,  3f^  de  Laon.  Pop..  i,3i3  hab.  Il  fut 
pris  par  les  Anglais  en  i359  et  en  i373, 
et  brûlé  par  les  ligueurs  en  15^3. 

URCEL,  Village  situé  à  a  1.  3/4  dé  Laon. 
Fop.  6â5  hab. — Fabriques  importantes  de 
poteries  de  terre  et  de  vitriol. 

VACCLERC.  ViH^e  situé  i  4  L  r/4  de 
Laoû,  Pôp.  isto  hab.  Il  y  avait  autrefoift 
une  abbaye  oélèbre,  fondiee  par  saint  Ber- 
nard en  21 34,  BrAfêe  par  les  Aughis  en 
x3Sr^,  pîfiée  par  ies  ligueurs  en  zSgo  et 
en  tSox: 

VntEQITfÉR-AUMOltT.  Bourg  siDiô 
à  10 1,  $/4  de  Laon.  Pop.  .1,600  hab. —  Fa- 
brique dé  sucre  de  betteraves }  de  sti!£ate  de 
fer  et  d'^alumine. 


ARftiONliiSSEteÊNT  bk  CftAtEAU-T&kRKY. 


IttîiÉlS.  B6m^  sîtué  i  4 1.  S/1  ^ 
^tanllaeny.  Pbp.  3oo  haB.  Auk  «ivr- 
*J.  sw  la  bord  de  l'Oiircq ,  on  rémarqui^ 
MMlean  de  Givniv,.Gonstruit  sous  le  règne 
»  Fhnçoîs  I«»  par  Chàrfâ  de  Harîùar.  On 
7^1  encore,  Aiins  un  «ïoïi  voiûté,  mSfe 
F*Mk  diieininéé  en  pient,  tloÂt  le  manteau 


esl  orUé  de  ligures  de  saTà'mandrcs,  avec  la 
devisé  NuMco  et  exsfin^o. 

CnAftiit.  Bourg  bàti  dans  une  bêïïe  si- 
tuation, pcëi  de  h  rive  droite  de  la  Marne, 
i  St.  5/4  de  'Chàteau-WiîéiTy.  tSi  P<^. 
i,t5ô3  hikt.  n  esl  environné  de  Jolies  pit>- 


14 


DÉPAHTEMENT  DE  L'AISNE. 


Ions,  draps,  serges  croisées.  Fonderie  de 

CIli^TC. 

CHARMEL.  Village  situé  à  3  I.  3/4  de 

,  Chàteau-Tliirn-y.  Poj».  35o  hob.  Ou  y  voir 

'         un  château  construit  au  commearrroeut  du 

XIII'  siècle ,  qui  existe  encore  avec  toutes 

ses  formes  primitivfs. 

CHATEAU-TIIIBRRT.  Tilte  ancienne. 
Chef-lieu  de  sous-préfecture.  lYit>unal  de 
première  instance.  Collège  communal.  ^^Qf 
Pop.  4,697  hab. 

Une  ancienne  tradition  fait  remonter  To- 
rîgine  de  cette  ville  à  Thierry,  l*un  des  rois 
de  la  première  race,  qui  fit,  dit- on,  con- 
siniire  sur  un  rocher  escarpé  Tancien  châ- 
teau dont  on  voil  encore  aujourd'hui  les 
mines  imposantes.  Mais  ropinioii  la  plus 
accréditée  est  que  Chtipéric  II,  roi  de  France, 
étant  mort  en  730 ,  Charles-Martel ,  maire 
du  palais,  chercha  à  réunir  eu  sa  personne 
le  titre  de  roi  et  Taulorité  qu^il  avait  déjà. 
Le  moment  ne  lui  jiaraissant  pas  assez  favo- 
rable, il  se  détermina  à  donner  la  couronne 
et  le  tiirc  de  roi  à  Thierr>  lY,  ^nCant  de 
8  à  9  ans.  L*ambitieux  Charles,  désirant 
apparemment  retenir  dans  une  espèce  de 
pnson  agréable,  le  fantôme  de  roi  qu'il 
avait  couronné,  imagina  de  lui  faire  cons- 
truire un  cJiâteau  dans  la  position  la  plus 
riante  et  la  moins  éloignée  d'une  Iiclle  mé- 
tairie ou  petit  château  que  lui-même  pos- 
sédait aux  Chesneaux,  et  où  il  résidait  assez 
souvent.  Il  choisit,  à  cet  efret,  le  bel  empla- 
cement qu'occupe  Château-Thierry,  où  il 
fit  élever  un  château  de  peu  d*étendue,  qu'il 
fit  revêtir  de  fortifications ,  pour  en  faire . 
un  séjour  à  l'abri  de  toute  attaque.  L'achè- 
vement de  cette  construction  remonte  à  l'an 
73o  environ.  Le  château  reçut  le  nom  du 
jeune  prince  pour  lequel  il  fut  bâti;  il  resta 
à  la  couroune  jusqu'à  ce  cpie  Hébert  I*''', 
comte  de  Yermandois,  se  le  fit  donner  par . 
Louis-Ie-Bègue ,  vers  877.  Les  comtes  de 
Termandois  le  conservèrent  jusqu'en  945  , 
époque  à  laquelle  il  devint  la  propriété  de 
Richard,  comte  de  Troyes.  Ce  seigneur  pa- 
rait l'avoir  ou  vendu ,  ou  donfaé  en  fief  i 
un  nommé  Thierry,  qui  répara  et  augmenta 
considérablement  le  diâteau  et  les  fortifica- 
tions; ce  qui  avait  fait  présumer  jusqu'ici  à  ' 
beaucoup  de  personnes  que  ce  Thierry  en 
avait  été  le  fondateur.  —  Comme  place  de 
guerre,  Château-Thierry  a  eu  à  soutenir  de 
nombreux  assauts.  Raoul,  duc  de  Bourgogne, 
l'assiégea  en  933,  et  s'en  rendit  maître  après 
six  semaines  de  siège.  Le  comte  de  Yerman- 
dois le  reprit  la  même  année.  En  934»  Châ- 
teaa-Thierry  fut  assiégé  de  nouveau  par 


Raoul  et  par  Hugues,  duc  de  Fruiee,  qui  11 
prirent  après  quatre  mois  de  stéf^  HéfaaH 
rentra  en  possi-ssion  de  cette  ville  en  9)3, 
par  la  trahison  du  ooounaodaiit.  Les  A» 
glais  l'assiégiVenl  sans  suooès  eo  1371.  Li 
sire  de  Cbâtillon,  qui  tenait  pour  le  ft&à 
des  Anglais,  la  prit  par  trahison  ea  1491; 
mais  en  1425,  les  habitants  firent  renM 
celte  ville  sous  l'ohéissauce  du  roi,  afvèsai 
avoir  chassé  la  garnison  anglaise.  Cfaaik» 
Quiut  attaqua,  eu  i544,  Cliâteau -Thien^, 
où  étaient  enfermées  des  provisions  eo  ak 
dauce,  et  parvint  à  s'en  emparer. — CbiAt 
Thierry  est  l'un  des  endroits  de  la  Fraoofl 
où  les  fureurs  de  la  ligue  se  firent  senlii 
avec  l«!  plus  de  violence.  Ijc  duc  de  Maje 
s'en  empara  en  1591 ,  et  rien  n'est  corapa* 
rable  aux  hoireurs  que  les  Espagnols  exer- 
cèrent quand  ils  pillèn^t  cette  ville  wuàn 
heureuse.  Château -Thierry  se  soumit  ft 
Henri  lY,  en  iSgS,  pendant  quHI  Cabait  lÉ 
siège  de  Laon.  Lcnrs  de  rinsurrection  dt 
x6i5,  cette  ville  se  rendit  au  prince  dt 
Condé  et  an  dnc  de  Bouillon  ;  elle  rentm 
sous  robéissance  du  roi  l'aunée  saivanie. 
Enfin ,  elle  fui  prise  et  pillée  en  i65a  pca- 
dani  les  guerres  de  la  fronde. 

En  xa3x ,  Château-Thierry  obtint  dm 
charte  commune  du  comte  de  Champagne* 
Pbilippe-le-Bel  confirma,  en  i3oc,  lesfiaD- 
ciiises  et  libertés  de  cette  ville.  —  En  i3a3 
eut  lieu  à  (Château-Thierry  une  assemblée 
des  grands  du  royaume  pour  délibérer  sur 
les  aflfaii«s  publiques  avec  le  monarque. 

Château-Thierry  est  bâti  en  amphithéâ- 
tre, sur  le  penchant  d'une  colline  qui  borde 
la  rive  droite  de  la  Marne.  Do  sommet  de 
cette  colline,  couronnée  par  les  mines  ma- 
jestueuses de  l'ancien  château,  on  jouit  d'uoe 
fort  belle  vue  sur  la  campagne  environnante; 
des  coteaux  riants,  des  vergers  déticieaz, 
une  promenade  agréable  plantée  le  long  de 
la  rivière,  forment  un  tableaa  agréai^  ani- 
mé par  le  noouTement  des  nombreux  ba- 
teaux qui  descendent  sur  là  Biame  pour 
l'approvisionnement  de  Paris.  —  Cette  ville 
a  un  faubourg  considérable,  placé  sur  la 
rive  gauche  de  la  Marne,  qiie  l'on  traverse 
sur  un  beau  pont  en  pierre.  Du  côté  oppo- 
sé ,  sur  la  route  de  Soissons ,  est  un  autra 
faubourg,  séparé  de  la  ville  par  une  an- 
cienne porte  dans  laquelle  on  avait  pratiqué 
de?  prisons.  Au  bas  du  château  est  Thôid- 
de- ville,  édifice  qui  n'a  rien  de  très-remar- 
quable. 

Château-Thierry  a  deux  sources  d^eaui 
minérales  ferrugineuses,  qui  coulent  dans 
deux  maisons  voisines  l'une  de  l'autre;  celle 


'    a 

H 


S 


^^ 


ARROTVDISSEMENT  DE  LAON. 


il 


pr  It  smle,  prit  odai  de  Saint-Jean. 
icafoiBait  sept  églises  dans  son  en- 
t.  Si  règk  prescrÎTait  Toraison  per- 
lle.  Les  trois  renis  religieuses  qu  elle 
lut  dcJÉ  du  temps  de  Salabcrge, 
Il  parugrrs  easrpt  chœurs;  et  le  ser- 
éuii  odbbré  dans  toutes  les  églises 
•tirenait,  jour  et  nuit.  Cette  maison 
a,  dès  sa  naissance ,  les  plus  illustres 
iBHUtés  de  femmes. 
I  urhifcs  de  la  bibliothèque  publique 
vile  de  Laon  occupent  aussi  uue  par- 
B  Uiiamits  de  cette  ancienne  abbaye. 
«tL-DiEu.  n  est  établi  dans  les  su- 
B  Ulinents  de  l'abbaye  Saint-Martin, 
Anienl,  sous  tous  les  rapports,  les 
kges  que  doit  réunir  un  hospice  bien 
MK.  Des  salles  vasies  et  bien  aérées 
lé  roostniites  en  assez  grand  nombre 
qae  les  maladies  n*j  fussent  pas  am- 
ies; et  on  a  Dris  siir  les  jardins  très- 
Ibi,  des  terrains  suffisants  pour  procu- 
n  mlades  de  belles  promenades  ;  la 
dTeotrée  est  très  -  spacieuse  ,  et  en 
iepirtie  plantée  d'arores  disposés  en 
I.  On  y  voit  un  bon  tableau  de  Bar- 
imj,  qni  orne  la  chapelle,  et  un  magni- 
iCKsiier,  moins  fameux  cependant  que 
idePrénontré. 

Ipital  gûkral.  On  peut  regarder  le 
hil  d'Eitrées  comme  le  véritable  fon- 
■r  de  cet  hôpital,  où  sont  entretenus 
rieilhrds  des  deux  sexes,  qui  y  occu- 
I  des  bélnnents  particuliers. 
I  BiiuoraiQux  puBT.tQUK.  Elle  occupe 
|irtie  des  bâtiments  de  l'ancienne  ao- 
i  de  Saint-Jean ,  où  est  aujourd'hui  éta- 
h  préfecture.  Cette  bibhothèque  ren- 
e  i6  à  17,000  Tolumes,  provenanl  en 
de  parde  des  abbayes  de  Saint-Jean , 
Usi-^incent,  de  Saint- Martin,  etc. 
•i  in  ouvnges  modernes,  on  remarque 
ide  la  description  de  l*Égypte  ,  donné 
le  goaTenemenl  en  x8ai ,  au  déparle- 
li  à  la  Bollicitaiion  de  M.  le  baron  de 
t^nnd,  alors  préfet. 

^w«  ne  MKHoicrrs.  Ce  dépôt,  situé  à 
(BviOe-was-Laon ,  occupe  les  bâtiments 
K  andcmie  abbaye  de  religieuses  Ber- 
^Bei  II  a  été  créé  par  décret  du  x6  mars 
ttCt  oorert  le  i*''  mai  z8xo,  pour  5oo 
Abu  des  deux  sexes  :  depuis,  on  y  a 
■  des  infirmes  et  des  aliénés. 

^  population  actuelle  du  dépôt  est  de 

|o  personnes,  dont  les  enfants  forment 

Iprès  le  cinquième. 

I  reourque  encore  à  lAon  l'bôtel-de- 


ville ,  le  collège ,  une  jolie  salle  de  spectft* 
cle  et  les  casernes. 

Laon  est  la  patrie  de  Lothaire,  de  saint 
Rémi,  du  pul)licis<e  Rodin,  du  célèbre  astro- 
nome Mécliain,  du  maréchal  Serrurier,  etc. 

Fabriques  de  clous  et  de  chapellerie.  Le  ' 
dépôt  de  mendicité  fabrique  aussi  des  cou- 
vert urt-s  de  bine,  des  draps  communs,  des  ' 
bas  et  drs  chaussoas  de  laine  tricotés ,  des  ' 
bas  de  fil  et  quelques  autres  articles. —  Com- 
merce de  ble,  vin  et  légumes  d'excellcute 
qualité.  Les  artichauts  M>nt  renommés  com- 
me les  meilleurs  de  France. 

Laon  est  à  II  I.  i/a  de  Reims,  zo  1.  1/7. 
de  Saint-Quentin  ,34  1.  de  Paris.  — Hôtels 
de  rÉru ,  de  la  Hure. 

LIESSE  (  NOTRE-DAME  DE  \  Village 
situé  à  4  I.  de  Laon.  Pup.  1,24a  hab. 

Ce  village  est  célèbre  jMir  Téglise  de  son 
nom,  où  Ton  voit  uue  image,  sui-disaut' 
miraculeuse,  de  la  vierge,  fréquentée  encore 
de  nos  jours  par  de  nombreux  pèlerins  aiii 
y  arrivent  de  diverses  contrées,  dans  les 
mois  de  mai ,  juin  et  juillet.  La  fondation 
de  réélise  de  Liesse  date  de  i  z34  :  plusieurs 
rois  de  France  l'enrichirent  de  leurs  libé-  . 
raUtés. Louis  XI  y  jura,  en  1469,  le  traité 

aue  CharIes-le-Téméran%  favait  contraint 
e  signer  à  Péronne;  François  I*'  la  visita 
en  x538,  et  la  duchesse  de  Berri  en  i8ai. 
— Dans  la  chapelle ,  on  voit  un  Ubleau  où 
sont  peints  Louis  XJII  et  son  épouse  eu 
prière  pour  avoir  un  fils. 

Patrie  de  J.  F.  Hénaut,  respectable  phi- 
lanthrope, qui  secourut  les  pauvres  pendant 
sa  vie ,  et  qui  disposa  en  leur  favenr .  par  . 
son  testament,  d'une  somme  de  xao,ooo  f. 
•  Fabriques  d'orfèvrerie,  de  crucifix,  de 
croix  et  de  bagues  en  argent  et  en  cuivre , 
de  bimbelotene  en  tilleul,  fleurs  artificielles 
en  papier  coloré,  etc. 

MANICAMP.  ViUago  situé  agi-  V«  <î« 
Laon.  Pop.  x,ioo  hab.  — Centre  de  la  fa- 
brique des  toiles  de  ménage.  Bbinchisserie. 

MARCHAIS.  Village  situé  à  4 1.  de  Laon. 
Pop.  5oo  hab.  On  y  voit  un  beau  château 
qui  a  été  visité  plusieurs  fois  par  François 
!«'  et  par  plusieurs  autres  grands  person- 
nages. 

MARLE.  Bourg  silné  à  6  L  1/4  de  Laoïu 
El  Vît  Pop.  1,433  hab. — Commerce  de  toi- 
les de  chanvre. 

MONTAIGU.  Village  situé  à  4  1*  i/a  ^^ 
Laon.  Pop.  85o  hab.  On  y  remarque  les 
ruines  d^un  ancien  château  fort  qui  fut  as- 
siégé par  Louis  d'Outremer  en  948,  par 
Engueirand  en  xioo,  pris  et  ruiné  par  lea 


12 


i 


Anglais  en  i373  et  en  i4^3,  èl  déknôti  ^ 
oiéfb  de  ChàHes  VÏ  tn  U4>. 

MoNTCOliNET.  Petite  ville  située  ï 
^\.  1/4  de  Laon.  E)  Pop.  i^.5,35  b.  Cétaîl 
autrcfoifl  uae  place  forte  qîu  Tut.prUe  par 
Ie9  Espagnols  en  (593  et  en  i'65o,  et  pres- 
que entieremt'iU  détruite  par  un  inceudle 
vew  Ja  fiu  du  XVIU*  siècle.  —  Commerce 
de  toiles,  lin,  chanvre  et  bestiaux. 

MONTHOTRE-DAMB:  vlUa^  situé  à 
6  K  de  Soissons.  Pop.  600  bab. 

te  vîllâ{;e  est  reip&hfiiéble  par  Tté  mines 
d'une  belle  eollègWe  fondée  sobs  le  régné 
de  Charles-le-Cbauve.  Dès  le  "Vl*  siècle,  il 

!r  avait  Une  în'oison  royale ,  ({m  sen'il  dads 
a  suite  de  maison.de  plaisauce  aux  vicooi- 
tel  du  lien  et  aux  évèques  de  Soissohs. 

Un  détacbemeni  de  troupes  anglaises  pilla 
le  village  en  iSgS^  les  royalistes  s'emparè- 
rent du  cbSiteau  en  i4àâ,  mais  il  fut  rqirift 
la  même  année  par  les  Bourguignon^;  Cnar- 
lea  VII  le  ^rit  «t  Ye  lit  raser  eii  1437.  Ce 
trhâieau  aydnt  été  ensuite  rebâti,  fut  attaqué 
en  1567  par  les  calvinistes,  attirés  au  Mont- 
Notre-Dame  )Mir  respoîr  dn  pillage;  il  étftit 
bien  bâti ,  lllinqûié  de  quatre  bonnes  toiffs 
au  milieu  desquelle»  s*é)evait  un  haut  don- 
jon, et  aurait  pu  soutenir  un  long  siège  s'il 
eât  été  épprovislonné  et  garni  de  tî'oopèt. 
liés  calvinistes  t'en  emparèrent  sans  poini 
férir,  brûlèrent  les  bâiimenis  et  démantelè- 
rent les  tours.  Après  cet  exploit;  iispillèreht 
réglise  et  y  mirent  le  feu  en  plusieurs  en- 
dl^ts;  là  cbarpente  4e8  toits  et  tous  les 
cetaiMes  de  ce  vaste  édi0ce  furent  consumés 
en  peu  de  temps. 

T  •  p.t'Oflp  ••^ji-.  *'■!  '*i<'>n«  No?rc-Dam<», 
dont  on  \olt  (.tu-ufc  de  l\u"\  .-.-stis,  fut 
Làiie  au  Xîll*  &•  •')••,  vers  le  tim>»iu,  leuijW 
r-t  piT^iue  £'»!•  K  luemi*.  plan  que  la  caihi'- 
dralc  de  ^iu(>  u-»  t;V' -it  mu  \:j- r  «••iHice 
onic  de  ùeux  portique,  coiiateranv  u  A  'in 
praad  poriail  accoinpai;i;('  dr  ('imix  Jowrs  fort 
rli\(T^.  De  grande*!»  lépira^ho»,**  luicnt  en- 
t^fi^  - 'â  f n  i/iO}  :  lu  cL'>  ui\  ]iù  nu'.ja»  i.t 
ruine,  fut  supprimé  en  16^6,  au  &io)en 
d'un  mur  de  sé|>aration  entre  cette  partie 
et  la  nef,  dont  les  trois  arcades  supérieures 
senlreot  de  chœur  et  les  quatre  inférieures 
de  nef  :  au  moyen  dîe  cette  réparation  \  l'é- 
difice n'eût  pas  laissé  que  d  être  un  fort 
beau  vaisseau,  mais  en  1617  un  incendie, 
alluiné  par  impnidence,  détruisit  une  grande 
partie  de  ce  qu*aval(  épargné  celui  de  1567. 
Les  cinq  voûtes  de  la  nef  principale  s'écrou- 
lèrent en  164a.  Vannée  suivante,  on  entre- 
|irit  quelques  réparations,  qui  se  bornèrent 


DÉPA&TEMENT  DE  L*AISNE.. 

à  établir  un«  ebnpente  «hnivchs  «ta  ttiU 
sut*  les  Vbûtâ  dû  cbœlilr  et  (!è  la  nef.  â 
pâliir  régtUè  amit-elfe  été  mise  en  élat  4) 
céléb^et  le  Servtee  dMn;  qu'elle  éprouva  m 
déftstrtî  énouvantâble;  loa^1]*ené  flVit  bHHèi 
en  i^*^,  les  deùjt  tortrs  ne  hlient  point  eft 
dén^maiéfes  ',  'à>iâ'ine  dlisi  ^ient  sâideiMl 
blti^  MS  UhiGMts  dn  village  s*5  )«lirèRi 
et  y  renfermèrent  lents  Ikieublea  et  leflU 
efftiâ,  kilt  de  Tapproehë  liés  llb)iériaax 
en  tQ5o.  Cetlt  d'^entra  em  qui  n*« 


Eu  y  h>oaver  pla6e  s'élaient  enfîiiâ;  excepi 
1- servante  «run  cbanoine;  qoi,  ayante 
rindiscrélilBn  de  se  montrer;  fot  sorprii 
par  les  soldats  et  inise  à  la  torture,  afia  d 
savoir  d^Bllè'où  las  habitants  avaient  cacfc 
leurs  meilleurs  effets.  Vaincue  par  la  dai 
leur,  la  servante  avoua  que  œ  que  Fo 
cbercbait  était  eacbé  dans  les  deux,  toms  i 
réglisè.  Les  soldats  s'y  poêlèrent  anssiiôi  < 
sommèrcttt>les  babitants.de  se  rendre;  ai 
leur  refus,. les  portes  de  l'église  sont  enfa 
cées  ;  les  bancs,  la  chaire,  iea  confessioi 
naux  mis  en  pièces ,  et  de  leurs  débris  f 
forme  une  pile  énorme  de  matières  coa 
bu'stibles  à  laquella  on  niet  le  feu.  L*e&è 
da  U  cbalent  calcina  les  voàtei  et  les  i 
tomber;  les  meubles  (lu'on  avait  portés  a 
caa  yoOles  s^ryîrent.  d  aliment  &  riiioendi 
et  lel  Uâbitt^iQS  t  qui,  avaient  cru  troua 
dans  ces  tour^  un  asile  assuré , .  n'avant^  j 
échapper  pv  ^ ucune  î^mv;  furent  toux  br 
lés  V16.  '—  t'élise  dn  Moni-?iîolre-I>a^ 
lut  danaaveau  réiiarée  en  i65q^  par  1 
SQins  de  Pierre  noLilIiarl;  mais  a  peine  I 
tcavaux  étaîeiil-iU ,  achevés ,  qu'un  ourag 
des  plus  furieux  en  renversa  la  couverl| 
çt  en  fit.  ■  -.sa  les  vitres;,  tpulefoîs  ee  ôb 
\(  au  à^\..i  re  n'y  suspendit  que  pendant  fî 
peu  de  i  aps  l'exercice  du  ser\ice  dixîn. 
De  Cl  :  î  vaste  collégiale ,  ti'op  famci 
par  \v  iastres  qu'elle  a  e&si^e&,  il, 
T^i-tc  p!...  que  la  nef.  Le  sanctuaire  ci 
(  i  ou  xmt  eRlièremcnt  délruils.  Ce  1 
.  !r<î  us  n'était  que  la  nef  est  aujourdl 
I  ■  Jim-  !•  },i  paroisse,  église  encore  admi 
.pai*  ses  ririiesses,  par  sa  propreté,  et  pa^ 
qui  lui  reste  de  sou  antique  splendeur.  & 
ron  trente pledsde  voûte, soutenus  Sâtt'^ 
trc  fortes  colonnes  gothiques ,  oiA  coiiaé 
leur  régularité  et  leur  beauté  primîtîyes.Ci 
partie  si  heureusement  conservée  fonttS 
sanctuaire  et  le  chœur  actuels  ;  elle  est 
j^rée  de  ce  qui  sert  maintenant  de  œf 
un  mur  qui  s'avance  de  chaque  c6lé,  et  • 
de  nouveaux  ouragans,  survenus  del 
1659,  ontrendti  nécessaire.  A  ofe  mari 
rancteone  voûte  que  remplace  un  nfauK 


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.AFKAME 


16  DÉPARTEMENT  DE 

d'une  des  forleressea  les  plut  célèbres  de  la 
contrée.  Il  est  bien  extraordinaire  que  le 
nom  des  seigneurs  de  Montbrun  soit  au 
contraire  presque  inconnu  dans  le  déparle- 
ment ,  et  que  les  annales  du  Limousin ,  de 
même  que  les  chroniques  manuscrites ,  ea 
fassent  à  peine  mention.  On  sait  que  Pierre 
de  Monibrun ,  de  cette  môme  ramiile ,  fut 
évoque  de  Limoges  de  i433  à  14 58. 

COtràSAC-BONNJSYAL.  Boui^  &itué  à 
a  1.  3/4  de  Saint- Yrieix.  Pop.  a,936  hab. — 
Hauts  fourneaux ,  forges  et  mines  de  fer. 
Manufacture  de  porcelaine.  Exploitation  des 
carrières  de  kaoUn  et  pétunsé  et  des  mines 
de  manganèse. 

GERMAIN  -  LES  -  BELLES  -  FILLES 
(SAINT-).  Petite  ville  siluée  à  7  I.  x/a  de 
Saint- Yrieix.  Pop.  3,a5i  hab. 

GLANGES.  Village  silné  à  7  1.  t/a  'de 
Saint-Yrieix.  Pop.  1,173  hab.  —  Mine  do 
^lomb  dont  rexploilalion  est  suspendue. 

liABlQlf  A€.  Bourg  situé  à  3  I.  de  Sainl- 
Yrieix.  Pop.  a,6oo  hab.  Il  était  autrefois 
défendu  par  un  château  dont  les  ligueurs 
s*ciDparcr«Dt  en  1590;  le  vicomte  de  Yen- 
tadour  en  fit  le  siège  peu  de  temps  après , 
le  reprit  et  en  fit  pendre  la  garnison. 
*  LASTCHmS.  Ancien  chAteau  dont  les 
ruines,  qu'on  distingue  d'assez  loin,  ofiîrent 
un  aspect  singulièrement  pittoresque,  et 
sont,  après  celles  de  Chalus  et  de  Montbrun, 
]&  plus  belles  de  tout  le  département.  Sur 
le  revers  du  fossé,  à  demi  rempli  d'une  eau 
bourbeuse ,  on  voit  la  place  qu'occupait  le 
nont-levis,  entre  deux  grandes  tours  qui  dé- 
fendent la  porte  principale. 

MAGNAC-BOURG.  Bourg  situé  à  6  I. 
1/4  de  Saint-Yrieix.  5of  Pop.  i,4ao  hab. 
La  position  de  ce  bourg  a  dû  être  très-forte  : 
on  y  voit  les  restes  d'une  tour  carrée  qui 
^  avait  autrefois  140  pieds  d*élévation. — JFa- 
briqitrs  de  poterie  de  terre  et  de  grès.  Ma- 
nufacture de  porcelaine. 

MEUZAC.  Village  situé  à  5  I.  r/4  de 
Saint-Yrieix.  Pop.  i,o3a  hab.  — Forges  et 
afTineries. 

NEXON.  Bourg  situé  à  4 1.  i/a  de  Saint- 
Yrieix.  Pop.  a,i57  hab. 

PORCHEBIE  (la).  Village  situé  à  8  I. 


LA  HAUTE- VIONE. 

de  Saint-Yrieix.  Pop.  i,a69  hab.— F« 

ROCIIE-L' ABEILLE  (la).  Bourg  j 
à  a  1.  3/4  de  Saint-Yrieix.  Pop.  i,45S  II 

Ce  village  est  célèbre  par  la  bataîlfe  ^ 
s*y  livra  en  1569,  entre  Tannée  rojaieoa 
mandée  par  le  duc  d'Anjou  »  et  odle  4 
protestants  commandée  par  CoUgaj  el  | 
If  enri  de  Bourbon,  depuis  Henri  IT,  < — 
ce  jour-là  ses  premières  armes. 

On  voit  à  la  Roche-rAbeiUe  les  rea 
d'un  château  fort  qui  commandait  le  hom 
et  dont  l'origine  n'est  pas  indiquée  < 
annales.  Il  était  d*uae  haute  antiquité , 
parait  ruiné  depuis  ferl  long-temps  ;  on  1 
voit  plus  qu'une  portion  de  tour  coa««i 
de  lierre,  qui  s'élève  au  milieu  de  dél 
considérables  et  qui  se  distingue  de  fort  1 
dans  la  campagne. 

YmiBIX  (SAINT-).  Ville  as» 
Chef-lieu  de  sous-préfecture.  Tribniial  i 
première  însianoe.  Société  dVignoulU 
Pop.  6,54a  hab. 

Cette  ville  doit  son  ori^ne  à  un 
monastère,  fondé,  dit-on,  vers  la  ûa  du  ' 
siècle  par  saint  Yrieix.  Plus  tard,  elle 
fortifiée  et  soutint  un  long  siège  pend 
les  guerres  de  la  Ligue.  Cest  maintenant  1 
ville  tout  industrielle ,  en  général  «ssex 
bâtie ,  sur  la  rive  gauche  de  la  lAue.  i 
n'offre  plus  guère  de  traces  de  ses  aac 
remparts  qu'une  tour  carrée  assez  haute. 

L église  paroissiale,  autrefois  église  do 
Tabbaye ,  devenue  collégiale  en  i  xoo  ,  «1 
d'un  très-bel  efTet  et  d'une  constniction  go* 
thique  fort  remarquable,  qui  parait  reBM#r 
ter  au  Xir  siècle  :  sur  les  mors  des  coOa- 
tcraux  règne  une  galerie  assez  large»  aoule» 
nue  par  des  consoles  où  l'on  observe  ém 
tètes  d'hommes  et  d'ammaux,  des  pUnle^ 
des  fruits  et  des  figures  fantastiques. 

Manufacture  de  porcelaine.  Fabriques  di 
toiles,  fils,  faïence.  Préparation  d'anlimoim 
et  de  serpentine.  Exploitation  des  canini 
de  kaolin  et  de  pétunsé,  qui  fournissent  di 
matières  premières  les  principales  manufafo 
tures  de  porcelaine  de  France. — ^Anx  envi- 
rons ,  hauts  fourneaux ,  forges  et  affineriez 
—  Commerce  de  terre  à  porcelaine,  cuirs ^ 
peaux,  chanvres,  Ixeufs,  porcs,  etc. 

A  10  L  i/a  de  Limoges,  107  L  de  Paris. 


PXir    BU   nBPA&TXMEirT   DE    LA^HAUTS-VXBHUE. 


IMPRIMBBIB    DB   FIBUni   DIDOT   PRBBBB, 
a«B  JAflo»,  a*  i4« 


LAFUWCE 


PITTORESQUE 


DE  LA  FRANCE. 

ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRATERSANT  LES  DÉPARTEMENTS 


iB  SElNB-BT-OnB,  BU  LOIBBT,  BU  GHEB,  BB  l'iNBRB»  BB  LA  CBBU8B, 
BK  LA  HAUTS-YIBNKiB,  BE  LA  COBREZB,  BU  LOT,  BB  TABN-BT-GAmONlIBy 
BB  LA  HAUTE -OABOimB,  BT  GOMBRINICATION  AVBG  LB  BtfPABTBMBIir 
DB  l'aBIAGB, 

i^oac 


DEPARTEMENT  DU*  LOT. 


Itinivaire  tfe  |)an0  à  ^ubti^^^ 

PAA   MOVrAIOU,  BOUaOBBJ   LIMOGES,   TVLLl    IT  M OirrA1IBA.ir ,    182  LIIUU. 


Di  Fnif  à  No^«Dt-«ir^VtrBtMOD  (roota 

étGkMmbirj) a....V.. 

CicB S>.-*^ûr*- 

iffcat ia....\3r.. 

UChapcDe  d'An^OIoo ^ûf.. 

Gnmgcocavv V/ . . 


CkarasL. 


VciTj-hiDoax. 

aUtMUOTZ.... 


UF»y... 


.^or.. 


Utille.m.Bran.. 


ChaatdoolM. 

La  Hdfoii-Boag*. 


^or.. 

>or.. 


V» 


Limoi^et 

Pierre-Boffiem. 

MafiMd .., 

MasMfé 

Usercbe 

Saint-Pardooz.i,. 

Bonaenae I 

BrJTet ..« 


.^or. 


Somllac 

Payrac 

rbnt-de-Rodaa. 

Pélacoy 

Gabon 

UMadelnoe.. 

Caussade • 

Montaaban...* 
Griaolles...... 

Saini-Jory.t... 
Tonlona* 


.vy. 


C0mm«iitratt0ii  ht  Çi^uiontt  h  Mt,  19 1.  i/a. 


3 
3 
3 

8  t/s 

j./. 

3 
3 
6 

4 

6  i/a 

5  i/a 

4 

6  1/» 

3 

4  i/a 


IW  Toulooae  &  TÎTien ^ûf  • 

SiTcrdiu ^Ûf- 


6  i/a 
5 


Pamicn. 
Fois. . . . 


3  t/a 

4  t/a 


69*  Livraison,  (Lot.) 


DÉPARTEMENT  DU  LUT. 
ASPECT  DU  PAYS  QCE  PARCOURT  LE  VOYAafi|;S> 

DE    CR1SSSKKSAC    A   YBKTAILX.AC. 

Grisbsrsac  occupe  un  pbteau  peu  fertile,  qiie  Ton  desceod  pour  entrer  dans  ime  iraBéê  i 
bien  cultivée ,  à  Tûsue  de  laquelle  on  entre  dans  une  contrée  montagneuse ,  mais  cont^  ' 
nueUement  pittoresque.  Une  desrente  rapide  conduit  dans  une  belle  vallée ,  dont  le  foo'^ 
est  occupé  par  la  petite  ville  de  Souillae,  où  Ton  franchit  la  Dordogne  sur  nn  poat  inagn»>  ^ 
fique  de  construction  récente.   La  route  n'offre  que  des  montées  et  des  desœntes  csoDiâ- 
nuelles  k  travers  un  pays  nu,  aride  et  peu  fertile  jusqu'à  Payrac,  joli  bourg  bâti  ao  mi- 
/ieu  d'un  riche  vignoi>le.  Au-delà  de  ce  bourg,  ou  monte  el  on  descend  plusieurs  eôlet 
qui  conduisent  au  village  de  Soucirac,  où  cemnence  une  beUe  vallée,  qui  panlt  4*— fiat 
plus  agréable  qu'on  vient  de  traverser  un  pays  monotone.  Au  Pont-^e-Rodes ,  oq  fmam  '■ 
le  Céott,  el  à  une  lîeue  de  distance  on  entre  dans  un  triste  vallon,  pois  on  longe,  à  gaôche^ 
le  viUage  et  les  moulins  de  Fraissinet  Au  relais  de  Pélaoor,  la  route  suit  k  croupe  de» 
montagnes  et  devient  très-sinueuse,  mais  elle  est  assez  Agréable  à  parcourir.   On  P^see  • 
Saint-Pierre-la- Feuille,  petit  viUage  dont  on  aperçoit,  sur  la  gauche,  le  chAteaa  gothique; 
à  une  lieue  plus  loin,  on  découvre,  sur  la  rive  droite  du  L^  le  villaee  de  la  Roque,  el 
Ton  jouit  d'une  belle  vue  sur  la  ville  de  Cahors,  où  l'on  entre  par  le  faubourg  de  la  Barre. 

ÏJà  route,  en  sortant  de  Cahors,  traverse  le  Lot,  el  suit  on  joli  vallon  bordé  de  cotaaux 
couverts  de  vignes,' à  l'extrémité  duquel  on  eravit  une  montagne  .aride,  dont  le  soannet  est 
occupé  par  le  village  de  Ycntaillac,  où  une  nome  départementale  indique  que  Ton  passe 
du  oeparlement  du  Lot  dans  celui  de  Tam-et-Garonne. 


DEPARTEMENT  DU  LOT. 


APBRÇ17  STATUTIQVB. 

La  département  du  Lot  est  formé  de  la  majeure  nartie  de  l'anden  (^erey,  et  tire  sua 
nom  de  la  rivière  de  Lot,  qui  le  traverse  de  Test  à  Vouest.  H  est  borne  :  au  nord,  par  le 
département  de  la  Corrèze;  à  l'est,  par  œux  du  Caatal  et  de  TAvcyron;  au  svd,  par  cehii 
de  Tara-et-Garonae;  à  l'ouest,  par  eeox  de  Lot-et-Garonne  et  de  la  Dordogne. 

Un  vaste  plateau  de  calcaire  secondaire ,  recouvert  d'espace  en  espace  par  des  dépdts 
argileux  et  nliceux,  occupe  la  plus  grande  étendue  de  œ  département.  Ce  plateau ,  sor 
lequel  courent  des  diaines  de  coUiocs  dans  toutes  les  directions,  et  qui,  sur  quelques  espa- 
ces, est  creusé  en  profondes  vallées,  s'apouie  à  l'est  sur  le  sol  granitique  oo  prinûtîf, 
formé  par  le  prolongement  des  montagnes  du  Cantal.  Le  sol  primitif  est  hérissé  de  mon- 
tagnes, oû  à  flancs  escarpés  ou  à  croupes  arrondies,  serrées  les  unes  contre  les  autres. 


enchâssées  sans  ordre,  séparées  par  des  ravins  très-profonds  qui  commencent  quelquefois 
à  la  cime  des  dudnes,  et  se  dirigent  les  uns  vers  le  nord,  les  autres  vers  le  midi  on  le 
couchant.  Entre  les  chaînes  existent  des  plateaux  étendus,  creusés,  d'espace  en  espace,  en 
vallées  étroites  et  plus  ou  moins  profondes.  On  y  distingue  trois  chaines  principaks  : 
l'une^  qui  part  de  Labastide-du-Haut-Moat,  après  avoir  décrit  de  nombreux  oontours,  se 
termine  sous  une  chaîne  calcaire;  l'autre  court  de  l'est  à  l'ouest,  et  finit  non  loin  des 
bords  de  la  Bave  et  de  la  Dordogne;  la  troisième  suit  la  rive  droite  de  la  Cère. — XVois 
sommets  de  la  nremière  chaine,  Labastide,  Saint-Bressou  et  le  Peindit,  sont  les  poinU 
les  plus  élevés  du  département.  Du  premier  de  ces  sommets,  on  jouit  d'un  horizon  im- 
mense :  à  l'est,  OQ  voit  les  montagnes  de  l'Auvergne  s'élever  en  amphithéâtre  depuis  la 
hase  des  plus  basses  jusou'au  sommet  de  la  chaîne  imposante  du  Ciantal;  plus  loin,  appa- 
raît le  m^estueux  Puy-de-Ddme;  au  sud-est,  on  découvre  les  riches  montagnes  d*Aubrac; 


DÉPARTEMETqr  DU  tOT.  3 

au  uni,  OD  peut  lutle  hê  ranwun  ém  ^éM  qQ*«mMeikt  k  Gif*,  k  Bèvt ,  k  0of* 

dqgne;  à  rooest,  les  regards  parcourent  toute  la  longueur  du  département  et  se  perdent 
daos  uo  loiniaîa  qui  s*étend  jusqu*au  bord  de  TOcéan  ;  au  sud^est^  la  ebaine  des  I^rénées 

CMus  la  fbnne  d*un  nuage  pisàtre.  —  Les  Indiltagnes  qui  bordent  les  vallées  s'é- 
it,  se  rapprochent  pour  s'éloigner  enèôre,  pôuf  se  rapprocher  de  nouveau,  et  sou- 
teol  ne  laissent  entre  elles  qu*un  passage  aUx  toil^nts:  De  tOûtes  parts  sortent  des  sources 
qui,  tantài  se  répandenf  en  nombreux  filets  sii^  de6  pentes  rapidt«,  tantôt  se  précipitent 
tu  cascades,  tantôt  jaUlissent  en  écume,  bliséés  par  ïé^  angles  de$  granits,  des  gneiss  et 
àa  autres  rodicn  qui  leur  servent  de  Ut. 

Le  département  du  Lot  renferme  une  |;haitdé  variété  die  terrains  relativement  aux  prc^ 
doctioiis,  variété  qui  est  due  peut-être  Uoink  encore  i  la  diversité  des  substances  qui 
cossiitoent  k  sol ,  qu'à  la  profondeur  des  coucbes,  k  leur  position  sur  def  plateaux  unis, 
sur  les  looBMls  d^  montagnes,  sur  leurs  flaocsi  dans  les  bassins  sans  issues,  dans  les 
nUées  ouvoies,  et  i  leur  exposition  au  nord  ou  au  midi,  i  l'orient  eu  au  couchant  Souf 
k  rapport  de  la  culture,  on  peut  le  diviser  en  sept  classes ,  dont  la  première  comprend 
hsjaniiai,  la  deuxième  les  champs  ou  les  terres  laboirrables ,  la  troisième  les  prés,  la 
ynlnèiDe  les  vignes,  la  cinquième  les  terres  k  châtaigniers,  la  sixième  les  0019,  1« 
KpUôaa  les  pàlun^^et»  On  évalue  ainsi  la  aurfaca  de  chaque  nature  de  culturf  dans  tout 

Terres  laboamUai «37,980  hcatarm. 

Prés 19,754 

▼%1M» 47»3a8 

^araisis i,o59 

Koia 95,683 

Pftturages 98, 146 

Cbêtaignaraies Kâ,y94 

laol  le  d^MrtameDt,  i  Texcaptian  da  sol  granitique  où  le  maîs  ne  croit  pas^  pftfçnta 
i  pis  ^  le  même  oiode  da  culture.  Les  terres  profondes  7  sont  consacrées  au  qroment, 
■I  BMÏs  à  l'arge,  à  Tavoive;  las  terres  plus  légères  au  seigle,  aux  rates,  au  sarrasin;  les 
fiai  fertiles,  ou  «lies  qai  ont  raça  le  plus  d^engrais,  au  chanvre,  au  tabac  Les  coteaux 
fii  dooBBMit  les  rivières  sont  en  général  plantés  en  vignes.  Si  on  a  des  terres  compactes 
"  9^9^^  convarlit  en  prairies.  On  ne  pratique  ordinairement  ^ne  des  assola- 


is nrièé  et  rinégdùé  dv  soi  du  déjparteiDent  produisent  da  grandes  difTércacaa  dans 
la  iflUp^miura  sur  retendue  de  sa  suriaee.  L'hiver  règne  encore  sur  les  plateaux  de  la. 
pvtie  ofieotala  da  rarromliasement  de  Figeac,  quand  le  printemps  commence  dans  les 

1<al«sdu  Lot  et  de  la  Dordogaa;  la  douce  teBa|>érature  da  Taulomna  se  lurnlonge  sur 
ks  pbiBMik  eakatrea,  tand»  que  la  neifse  lomlie  à  gros  flocons  sur  les  parties  les  plus 
tfeim  des  aantona  de  La  Tnan^uière,  de  la  Capelle ,  de  Samt-Céré,  de  Bretenoux.  Sous 
h  nppari  météorologique,  la  département  se  paitage  en  trois  rc|pons  :  la  première  corn- 
Clés  aMnlagnes  siliceuses;  la  secoude  offre  tout  la  plateau  «aJcaira;  la  irouième  l'en- 
les  vallées  des  rivières  et  des  grands  ruisseaux,  et  se  divise  naturellement  en  vallées 
Wla  et  en  vallées  basses.  La  première  partie,  élevée  parloat  de  55o  m.  au-dessus  do 
•HtsB  de  la  ncr,  coupée  de  nombreux  cours  d'eau  et  parsemée  da  marécages,  est  soumise 
à  me  température  froide,  humide  et  variable  ;  Tbiver  y  comoaence  au  mois  de  novembre 
A  se  prolonge  jusqo^o  avril;  la  neige,  les  longues  [Auws  s'y  succèdent  oooliuuellement, 
|mm  on  Miiviea  des  vents  froids,  ht  climat  da  la  partie  calcaire  est  moins  rigoui««ix, 
<aiflMt  moâna  hamida;  l'automne  s'y  proloaga  jusque  vers  le  mîUcu  da  novembre.  Las 

fômttées,  en  «éiicral  plus  basses  qua  les  pkteaux  calcaires  de  a5o  à  400  mètres , 
omtia  k  vaut  do  aord,  éproiivent  moins  les  rigueurs  de  Thives  que  les  deua 
l*«s  parties»  aaass  dka  sont  particulièremeat  aj^»osées  aux  «eiaas  prinumièrea.  L'épo- 
^éth  nmisson  varie  aelon  ks  Iwux  et  k  température  des  saisons;  mais  le  plus  souveift 
tàtmft  k  saigk  et  l'orge  dans  ks  parties  basaea  du  département,  du  ao  au  aS  juin,  et, 
ff  la  pklcaii  0i«ii||iqu«^  du  le  au  ao  juillet.  On  mat  un  intervalk  da  quinze  jours  entre 
P  «atMoa  da  aaifk  et  calk  du  ffroa^nt  ;  viem  ensuite  k  moisson  4e  Toiige  d'été  ou  boil- 
M  Cr  m'm  «a*aw  tmmmwmM  d'oaiobaa  q«'oa  fumm  k  Ida  Mmaia  et  k  mai* , 
^  I»  pktaanx  cakairas- 


S/io. 

■ 

6/10. 

i 

3/10. 

9/10. 

SJio. 

\ 

g/io. 

^ 

5/10. 

a/xo. 

4  '   DÉPAUTEBIEflT  DU  LOT. 

Lei  yentt  donunanta  sont  ceux  de  nord-ouest,  de  I*ouest  et  du  sud.  Void  le  rénhn  è 
db  aimées  d'obterratioDS  recueiilies  à  Figeac  par  M.  io  docteur  Goary  :  i 

Tennc  moyca  ammél.  ] 

Nord-ouest* *...;'.«..  93  jours  a/io. 

Ouest * 71 

Sud 71 

',                                 Sud-ouest 49 

Sud-est a5 

Nord T9 

Nord-est x5 

Est 10 

Jours  de  calme 7 

MoBiTRS  iT  usiois.  L'habitant  du  sol  granitique  se  nourrit  de  jpam  de  seigle,  de  pd# 
tes  de  blé  noir,  de  lait  de  vache,  de  pooHnes  de  terre,  et  principalement  de  cbêtoiMÉ 
pendant  Tbiver  et  le  printemps  ;  sa  seule  boisson  ordinaire  est  de  Teau  pure  et  d«  Hij 
mais  s'il  trouve  Toccasion  de  boire  du  vin,  il  en  use  avec  excès.  Quelque  peu  favorisé  ff 
aoit  par  le  soi-t,  on  le  voit  rarement,  à  l'exemple  des  babitanbs  de  TAuvergne,  ses  i# 
ains,  aller  chereher  fortune  dans  des  pays  lointains.  Il  veut  mourir  sur  le  sol  qui  Ta 4 
naître  ;  il  aime  ses  marécages,  ses  montagnes  humides,  comme  l'Arabe  ses  déteris  br^tnlt 
Toutefois  la  population  de  cette  contrée  est  active  et  industrieuse;  elle  combine  et  anêAH 
aes  projets;  les  obstacles  ne  Tarrètent  pas,  elle  cherche  plutôt  à  les  éviter  qu'à  ks  vaincre; 
elle  aime  les  travaux  mêlés  de  patience  et  d'adresse  ;  son  esprit  inquiet  la  porte  à  cberdMr 
le  mieux ,  à  tirer  parti  de  tout  ce  qui  l'entoure  ;  les  innovations  ne  lui  déplaisent  pas,  <t 
die  les  adopte  dès  qu'elle  en  reconnaît  l'avantage  ;  son  habitatiou  est  plus  soignée  qu'oo 
ne  devrait  1  attendre  de  ses  faibles  ressources. — Dans  la  presque  totalité  du  pa)s  calcaire^ 
la  classe  la  plus  nombreuse  se  nourrit  d'un  pain  noir  mais  substantiel,  composé  de  sei|K 
d'orge,  d'avoine  et  d'un  peu  de  froment  ;  aux  environs  de  Cahors  et  de  Gourdon,  00  mk 
le  maïs  au  froment.  Lorsque  les  habitants  travaillent  leurs  champs,  ou  kmqu'ils  se  mup- 
rissent  eux-mêmes  en  travaillant  pour  les  autres,  ils  sont  aussi  sobres  que  laborieux;  i 
peine  mangent-ils,  dans  ht  journée,  une  livre  de  pain  grossier,  quoiqu'ils  commenceat 
leurs  travaux  à  l'aube ,  et  les  prolongent  bien  avant  dans  la  nuit.  Souvent  même,  êjm 
avoir  bêché  pendaut  le  jour  le  champ  de  quelque  propriétaire ,  ils  vont,  à  la  pâk  lûeri 
de  la  lune,  cultiver  leur  petit  héritage.  Ce  n'est  qu'a  force  de  peines  et  de  prÎTatioai 
qu'ils  parviennent  à  s'arracher  aux  besoins ,  sur  une  terre  qui  ne  semblait  pas  oestiaée  i 
nourrir  l'homme.  Leur  demeure  indique  que  leur  activité  n'a  qu'un  but ,  celai  d'oblcoir 
de  ses  travaux  des  aliments  pour  eux  et  leur  famille  :  presque  toutes  les  maiaoos  4a  $à 
calcaire,  réduites  au  seul  rez-de-chaussée,  n'ont  qu'une  seule  pièce;  quelquefois  les  la» 
aes ,  les  brebis,  les  cochons,  la  volaille,  partagent  la  même  habitation  que  rbomme,  rapî> 
rent  le  même  air  que  lui.  Néanmoins,  dans  la  partie  de  l'arrondiaseoieut  de  Goordsi 
appelée  la  Bourriane,  les  maisons  sont  plus  soignées  et  plus  spacieuses;  fréqueauMSl 
blanchies  à  la  chaux  en  dedans  et  au  dehors,  entourées  de  haies  d'aubépine  et  debeitf 
arbres  à  haute  futaie ,  elles  donnent  aux  villages  de  cette  contrée  un  aspect  riant  et  pra- 
pre,  qni  contraste  avec  celui  que  présentent  les  masures  grisâtres,  couvertes  de  woaaet, 
de  lichens  et  de  byssiis,  de  la  plus  grande  partie  du  sol  calcaire.  —  La  nourriture  4m 
habitants  des  basses  vallées  du  département  est  meilleure  et  plus  subsUntielle  que  odb 
des  parties  décrites  précédemment;  le  pain  s'y  compose  de  farine  de  froment  et  de anây 
le  vin  fait  partie  de  (ous  les  repas. 

Par  suite  des  chan^ments  iM>litiques  qni  se  sont  opérés  vers  la  fin  du  siéde  èemm 
le  sort  des  classes  inférieures  ae  la  société  s'est  de  beaucoup  amélioré,  et  les  dasss 
moyennes  ont  acquis  une  somme  de  bien-être  infiniment  plus  considérable  que  par  le  p 
Le  peuple,  en  général,  si  on  en  excepte  les  vieillards,  s'habille  d'une  manière  phn 
gante,  d'étofft^  plus  chaudes,  mieux  confectionnées  et  plus  agréables.  Avant  k  révoluf 
on  ue  comptait  pas  dans  toute  la  province  dix  maisons  de  propriétaiies  oè  l'oa  t 
des  tentures  de  tapisserie  :  des  murailles  blanchies  i  la  chaux,  des  lits  faits  aneei 
étoffes  en  laine ,  des  chaises  de  peuplier  aamies  en  jonc ,  telle  était  la  déeoritioa  < 
appartements  les  mieux  soignés.  Aujourd'hui ,  il  est  peu  de  maisons  oà  Too  ne  •<«■ 
planeurs  pièces  avec  des  teatares  de  papier  ;  on  recherehe  les  i^réiMnud'wia  r' 


AaaONBISSEBfENT  DE  CAHORS. 

B,  lies  Bwobies  pfaii  cmunodef,  plus  éléjsaiiu.  Dans  les  cmpflfMs,  c 
tesisategci  des  ^ntatioas  et  des  autres  embellissements  extérieurs;  enfin,  rhomme 
lyrécw  tous  les  bienfaits,  tous  les  agréments  des  arts  et  de  Fvdustrie. 

Le  déparfeoMat  dn  Lot  a  pour  cbeMien  Cabors.  11  est  divisé  en  3  arrondisBCBents  et 
■  S7  cantons,  reofiermant  3oo  oommunes.  —  Saperficie,  270  lieues  cannées.  •—  Fopula* 
loo,  984,5o5  babîiants. 

MtftRALoon.  Indices  de  mines  d'arj^t  Mine  de  plomb  ntfb  exploitée.  Blinerai  de 
Ir.  ExploiMion  de  bouiUe,  carrières  de  marbre  de  toutes  couleurs,  serpentine,  granit, 
Aéire,  grès,  pierres  meulières  et  lilbograpbiques,  spatb  calcaire,  argile  k  creiiieis  et  à 
pitcrie,  terre  à  foulon. 

Sousca  mvimALa  à  Blîers. 

PtoDocnovs.  Céréales  de  tontes  espèces  en  grande  quantité,  mais,  tabac,  safran,  fruits 
^  très4MMme  qualité,  trufiies,  cbanvre,  pAturaees,  mûriers  blancs. —  47,398  hectares  de 
^pMS,  produisant,  année  moyenne,  600,000  bectiilitres  de  vin,  dont  aoo,ooo  sont  con- 
MMués  sur  les  lienx ,  et  le  surplus  livré  an  commerce  on  converti  en  eau-de-vie.  — • 
|S,683  hectares  de  foiéts  (ari)res  verts  et  feuillus).  —  Gibier  abondant.  —  Beaucoup  de 
^•suen.  —  Chevaux  propres  à  la  cavalerie  lépère.  —  Betincoup  de  bestiaux ,  quantité  de 
|Mci;  moutons-mérinos.  Volailles.  Vers  à  soie.  —  Pépinière  Jépartementale  à  Cabors. 

ImMisraïa.  Fabriques  de  draps,  ratines,  cadis,  bonneterie,  étoffes  de  colon,  toiles  à 
VMles,  dentelles.  Distilleries  d'eaux-de-vie;  forges.  Nombreux  fours  à  chaux  et  à  tuiles, 
ao  poteries  de  terre.  93%  moulins  à  blé.  Filatures  de  coton.  Papeteries. 

CoMmarm  de  grains,  farines,  vin,  eaux-de*vie,  huile  de  noix,  tabac,  chanvre,  toiles,. 
^  "  I  de  laine,  bestiaux,  cuirs,  sel,  fer ,  menrain,  mercerie,  épiceries. 


,  TILLAfiBS,   CHATEAUX  BT  MOSUMBNTS  BBMAEQUABUUi 
CVBIOiirfa  VATUBBLUUI  BT  SITBS  PITTOBE8QVBS. 


ARRONDISSEMENT  DE  CAHORS. 

'UJBMQrB  (f)-  ^ojr.  LALsasQua.  commune  la  plus  belle  grotte  du  dépaHe- 

IKCAMBAL.  Village  situé  à  i  L  i/a  de  ment,  à  Isquetle  on  donne  le  nom  de  grotte 

Ohon.  Pbp.  3,35o  habitants,  en  y  rompre-  ^  Marcillac,  bien  qu'elle  soit  principale- 

ant  relie  du  village  de  Galessie,  bili  dans  ™«nt  située  sur  la  commune  de  Klars.  Cette 

«ne  sgréable  position ,  sur  la  rive  gauche  R«>»te>  q«»  pouvait  être  comparée  aux  plus 

^  Lot.  On  y  voit  un  très-beau  château.  célèbres  grottes  de  la  France,  avant  que  la 

AtQCBS  (les).  Village  situé  à  6  I.  de  *^'"^  P"^"'*?  P»'  '«  torches  dont  on  se 

Cdwr».  Pop.  790  hab.-5orKe8.  sert  pour  U  vi  tier,  eût  terni  Feclat  de  ses 

«^.«„'^_.,,        .^  X      «    j         fl      .  bn liantes  concrétions,  est  Située  presque  à 

4  ^îf;    !^  "*;^  P»;»^^"  «>'^"^»  l'extrémité  dW  de  ces  petites  Allé<4  qui 

U^it  ^'f  *  U  '•  ^^l?**»"-  ^^P:  aboutissent  au  Celé;  on  y  entre  par  ou 

jiok^  On  vmt,  au-dessus  d«  rochers  qui  ^.        ^e  su  à  ^t  pieds  d'élivaiion. 

*y^lembo»chufe  du  Celé,  les  restes  îprès' avoir  parcouru  une  «pèce  de  corri- 

^"ancien  chAteau  féodal.  ^^^^  ^„  ^„,;^  ^  „„^ ^33,^  ^jf^^j  p,^^^ 

■BLATB.  Bourg  situé  dans  une  belle  de  toute  part  des  stalagmites  et  des  stalac- 

JJ«ioo,  aar  la  rive  gauche  du  Lot ,  à  6  1.  tites,  dont  les  formes  vagues  et  diversifiées 

«Lihon.  Pup.  i,i2o  bah.  C'était  autre-  changent  suivant  le  point  de  vue  d*où  on 

■jBiie  place  forte,  dont  U  reste  encore  le»  considère.  Ce  sont  des  mausolées,  des 

J«;|ttes  vestiges  de  remparts  et  de  fossés,  autels ,  des  pyramides ,  des  obélisques ,  des 

*25M»«>«»I«  «t  fort  ancienne,  et  le  arcades  presque  régulières,  qui  font  d'au- 

■■mère  renferme  des  tombeaux  qui  re-  tant  plus  d'effet  que  ces  masses  sont  le  plus 

■«tentanx  premiers  siècles  du  moyen  Age.  souvent  phicées  sur  les  points  les  plus  éle- 

^Uia.  Village  situé  à  9  L  3/4  de  Ca-  vés  d'un  sol  hérissé  d'aspérités.  Des  stalacti- 

■n.  Pop.  55o  hab.  tes  en  mamelons,  en  quilles,  en  cierges,  en 

Oq  remarque  nir  le  territoire  de  cette  festons,  les  unes  opaques  et  jaunâtres,  les 


DÉPAATEBIENT  DU  LOT. 


autres  diaphaiiet  et  d*an  bhme  de  neige,  et 
iMMt  f  lûiéw  inr  de  peliti  tubsi  cjlin» 
ÉriqMei  d'«è  s^écbapfie  IImu  qoi  dépow  o« 
comTétions,  sont  fmntimtsà  sur  k  voéto  «t 
yHféMBleaiènwiieairaU  Ici 
D'eipM»  «B  iipin»  d'i 
formées  par  l'csa  qui  tombe  de  la  voâte, 
a^tmidattl  sur  la  aal  en  Mppn  res  ' 
santat  ei  dasMMot  sur  en  parois  d'i 
dra^arias  au»queiàas  de  petites 
ramifiées  femblent  servir  de  franges.  Au 
bout  de  cette  salle,  le  sol  8*élève,  hiiroâte 
•'abaisse,  las  eàlai  ae  rappradwnt  et  ne 
laisaent  da  vide  qu'un  espace  irès-étroit  où 
un  hoasme  a  de  la  paîoe  à  passer.  Biemét 
la  voAte  ie  relève,  las  oôtés  s^éloignaot ,  et 
l*«n  déoounv  une  autre  vasie  enceinie  qui 
préseate  la  même  profusion  de  stalactites 
et  da  stalagmites.  Mais  no  objet  plus  impo- 
sant attire  k»  les  regards  et  comniande  Tad* 
miiEaâon.  D*un  monticule  qui  domine  le  soi 
d^environ  8  mètres,  une  colonne  de  19  mè* 
^ns  de  baut,  de  S  déciasétres  de  module, 
s*élance  jusau'à  la  voâte  et  semble  en  sou- 
tenir le  puios.  Très-éléçamment  ornée  dans 
toute  sa  loncueur,  demi-transparpntef  oou- 
▼erie  de  petites  faceites  qui  scintillent  lors- 
^*on  hvT  fait  réfléchir  la  Inmière  des  flam- 
beaux ,  entourée  vers  le  sommet  de  petites 
ooocrélions  qui  se  groupent  autour  d^elle, 
comme  pour  lui  servir  de  chapiteau ,  elle 
produit  à  la  fois  l'effet  le  plus  majestueux 
et  le  plus  pittoresque.  Cette  merveille  du 
monde  souterrain  serait  le  plus  bel  ome- 
sent  d'un  temple  ou  d'une  place  publique 
ai  on  pouvait  mettre  les  ouvrages  de  Tart 
an  barînonie  avee  les  ouvrages  de  la  nature. 
La  eavema  se  prokmge  encore  dans  une 
troisième  galerie,  séparée  de  la  seconde  par 
un  espace  exlrèmrmeut  élroit.  Ici  les  con- 
crétions sont  plus  blaacbes,  pins  diaphanes, 
mais  elles  affectent  les  mêmes  formes.  Le 
•ol  y  est  recouvert  de  petites  stalagmiiea 
mamelonnées  et  digiiées,  padaitemeui  sem- 
blablea  A  dos  choux -fleurs.  Celte  galerie  a 
la  ffirmn  d'un  lrian|ple.  U  existe  un  vaste 
àbime  k  Taagle  méndioual  »  et  vers  Tangle 
nppoaé  on  trouve  sur  un  rocher  élevé  de 
3  à  4  mètres,  «ne  nuverture  de  6  décimè- 
tres de  lai^,  d'où  Ton  pénètre  dans  un 
espace  pieBC|ua  circulaire,  orné  comme  les 
autres  pariiea  de  la  grotte.  Ces  galeries  ont 
das  pamifiraiioos  latérales  où  l'on  remarque 
de  prafandes  cavités  remplies  d'eau.  A  Tex- 
trémité  d'une  da  cas  raoMficatious,  on  croit 
vnîr  ttmt  4  ooup  un  jeu  d'or^^es.  Cet  effet 
al  pradwt  par  un  gmnd  nombre  de  aialac- 
Bdai' 


gés  sur  la  même  ligne ,  et  ont  leur 

apptfé  sur  un  loÂar  qui  ait  «yii^; 
paîi  en  avant,  une  sialagonia  d^ui  ' 
naigeb  fortement  renflée  vers  la  pulisai 

«na  urne  ff^}^  *vr  an 
jauuélra. 

Les  nombreuses  inégalités  da  sal 
galei-ios  latérales  font  de  cette  grolie  ua 
labyrinthe  où  il  serait  dangaraux  des'' 
sans  lumière,  alors  méma  qu'an  Q 
pas  à  craindre  de  tomber  dans  des 
Le  curé  de  la  paroisse  tnv  le 
da  laquelle  elle  est  située,  et 
habitude  de  la  parcourir  deux  ou  trais 
par  semaine  pour  essayer  de  MÎTie  la 
vail  de  bi  pélrifiratîon  et  counaitre  le 
que  la  nature  a  mis  à  former  U  gmda; 
lonoe,  posa  une  fois  U  chandelle  qui  ' 
dairait  sur  une  stalagmite  peur  en 
une  autre;  quelques  gouttes  d'eau,  1 
de  la  voùle,  l'éteignirent.  Bien  que 
de  lumière ,  la  grande  habitude  qu'il 
de  luin-ourir  la  caverne,  lui  donna  à'i 
l'espoir  d'en  soilir  tans  aorideni;  mais  d  , 
de  vains  efforts  pour  trouver  l'issue.  TM 
metirtri  par  une  chute  qu'il  fit  eo  rbo^ 
chant  un  passage,  il  avait  renoncé  à  de  noa- 
velles  tentatives,  et  il  élalt  la  à  aitcuÉI 
la  mort  depuis  deux  jours,  comptant  Ici 
instants  qui  lui  reslaîent  à  vivre,  au  bnii 
lugubre  et  solennel  que  produit  la  rhA 
des  gouties  d  eau ,  lorsque  ses  paroisgrsi, 
s'étant  rendus  à  l'église  le  jour  du  dim» 
che  pour  entendre  la  mesite ,  apprenant  qA 
avait  disparu  depuis  Ir  jeudi,  et  cnainiùsd 
ses  goûts,  soupçonnèrent  l'accideni  qui hi 
était  arrivé.  Us  se  transjH>rièrent  à  la^rOHà 
et  ils  le  trouvèrent  sans  foit«,  âhor^m 
la  faim,  prêt  à  mourir,  et  se  crojanl  Of 
le  souterrain  depuis  un  mots.  La  longW^ 
totale  de  la  groite  est  de  460  mètirs.     "% 

H  existe  une  antre  grotte  dans  la  ^ 
commune,  à  5  kilomètres  de  la  prfioiè 
aon  ouverture  se  veit  dnns  uu 


fond  d'un  vaste  entonnoir  produit  «arécrt 
lement.  On  suit  d*«liord  une  espèce  de  < 
lerie  d'une  pente  doucie  :  «Me  a  0  mèM 
long,  1  de  large  et  3  de  Imnlcnr;  cl  «a  f 
vient  cnsoiie  dans  un  espaoe  pmqut  t 
culaîre,  dont  la  cireopiëreuor  «si  de  fias 
100  mètres ,  et  l'élévation  de  la  «aile  4 
le  couronne,  d'environ  fi  aMne^fiar 
point  de  la  circonférence  et  vers  la  mk 
ae  préaente  une  autre  gaMede  a  mslRS 
krge  et  d'autasit  de  banlemr.  Andelè 
décottvn  une  vaata  saUe  de  foroe  nèHs 
golière.  Un  habitant  de  BiardUac  t'j 
descendre  à  Faide  d'une  «oida,  apitsaK 


AKKONDISSEMENT  DE  CÂHORS. 


mesuré  11  hauteur  dn  rocher^  (pii  est  de  aa     par  un  ciment  trèa-dnr,  qiii  f«sae  pour  aite 
nèlra.  PÊrnan  wr  la  mI  iÉfcfîew,  il  m»    -ëtt  fêmamitmÊm  du  U  ^royinot.  S^  ly 


fe  divne  eo  dtmf.     qui  subsia|« 


qui  M  dnigeal  Time  vert  le  «id  H  fHnès  de  gp  ^ied*  de  haut  et 
ren  reaC.  il  ne  visita  que  la  pre*-  «o  v  diaiiiigiie  encore  deu^  l 
nr  une  longueur  do  lào  anèlrea;     auinntet,  qui  pariai«i|i  4e  la 


eonaoi  qw  la  eavreiie 

riiHire  fên 

Fautre  D*a  paa  eseore  été  parcourue.  Ct  qvà 
k  frappa  d'abord  ,  ce  furent  deux  concret 
Ibof  de  forme  eoniqne  ttiachéea  par  leor 
tMe,  Tune  à  la  Toùto  et  Tautra  aur  le  aol , 
et  q«  tPBibleBt  devoir  bieni^  ae  réunir 
parre  qu^elles  lent  dans  la  même  direelio« 
verticale,  et  qn*on  capaoe  de  3  mètres  aen* 
Inefll  lés  spparr.  Elles  ont  environ  7  dé» 
ciaiétres  4  leur  base.  H  remarqua  aussi  deox 
■Mies  de  3  mètres  de  eircoiiférenoe  et  d*au- 
bat  de  hanieiir,  formées  de  lames  écban- 
créfs,  placées  les  unes  au-dessus  des  autres, 
ct  comme  imbriquées,  représentant  deait 
éBormes  pommes  4'artîcliaut. 

90UZIÈS.  Yillage  dépendant  de  la  com- 
BiUK  de  Béars ,  situé  au-dessous  du  con- 
BunU  du  Lot  et  du  Celé. 

Qo  Toit  sur  le  territoire  de  ce  village, 
do  coastrucllons  ancienues,  connues  sous  le 
QoiB  de  Chiieau-des- Anglais.  En  cet  endroit, 
tant  Je  rocher  de  la  rive  droite  du  Lot  pré- 
fmte,  depuis  sa  base  jusqu'à  son  souiroet, 
de  nombreuses  cavités  dans  lesquelles  exis- 
tai des  vestiges  de  murailles  fumiées  de 
fiem  taillées  et  liées  avec  du  ciment.  Quel- 
nes>oiiei  de  œt  eonstniciions  sonr  assez 
fin  conservées  ;  les  ouvertures  qu'elles  of- 
&eB(,aiuioQGeat  qu'elles  avaient  trois  étages. 
jQi  péaétrait  daus  la  plus  orientale  par  une 
Mtede  deux  mètres  de  large  sur  autant  de 
IjMatr;  au-dessus  sont  deux  ouvertures , 
iqprén  par  une  colonne  très-bien  soignée, 

ri  Je  termine  m  ogive.  Les  ouvertures  de 
pi»  ooâdenlale  forment  une  courbe  non 
kaée;  celles  du  troisième  étage  des  deux 
'MMinirtioQs  sont  en  partie  détruites,  et  ne 
#  auaireqft  ai^ourdoui  jque  comme  des 


Bourg  situé  sur  la  liwe 

Me  éa  Gelé,  4  7  i.  x/a  de  Çabors.  Pop. 
f  fcafab. 

Ct  bourg  est  liÉti  an  pied  d'im  rocher 
i^  Kmble  sans  cesse  menacer  de  s*ébo<iler 
vks  maisons  qu'il  domine  de  phis  de  deux 
pts  mèlTcs.  On  y  entre  par  deux  porles, 

r^ées  d'un  côté  au  rocher,  et  aboufis- 
ile  raaire  à  un  escarpement  à  pic  q«i 
^ioe  la  rivière.  Sur  une  saillie  dn  rocher 
y  s'élève  au-dessos  des  habitations ,  on 
Pil  les  restes  d'une  vaste  construction  for- 
Wk  de  petits  blocs  bien  taillés  et  léunis 


on  peiii  juger  qu'elle  ava^t 
rjo  de  long^; 
tours  carrée  « 
t  base  de  lédÀ- 
éoÊ  et  s'étevaieiit  ju9qu'pu  sommet.  Op  ignora 
à  quelle  épo^  et  par  qui  cette  forteresse 
A  été  construite;  mais  le  nom  de  CbiteaÂt- 
des-Anglais  ou  de  ftfaison-du-Diabie  qu'on 
lui  donne,  semble  prouver  qu'elle  a  été  oc- 
cupée par  ks  compagnies  anglaises  dans  laf 
Kuerres  du  XIV*  siècle.  Par  la  coideur  e^ 
l'étal  d'aliéraiion  des  pierre^,  qui  ont  jpresr 
que  la  teinte  de  ceUes  employées  daus  lep 
oonslrudiotts  romaine8,oo  peut  croire  qu'elle 
remonte  au  moins  aux  premiers  temps  de 
la  féodalité.  A  peu  de  disianoe  de  cette  anr 
donne  forierease,  il  en  existe  une  autre  d'une 
construction  plus  récente  et  plus  soignée, 
qui  n'est  point  adossée  au  rodier  comme  la 
première  :  bitie  en  fisce  d'une  vallée  praak 
que  perpendiculaire  à  celle  du  Celé ,  elle 
occupe  te  sommet  d'un  rocher  taillé  ^  \vç 
du  côté  de  la  rivière,  et  présente  deux  corpa- 
de-logis  qui  forment  un  augle  droit  :  riei^ 
n'annonce  qu^elle  fut  entourée  de  remparts 
ni  de  fossés  ;  mais  ses  murailles,  qui  ont  au 
moins  12  pieds  d'éfiaisseur ,  la  rendaient 
iiéaumoins  très-forte.  Toutes  les  ouvertures 
de  CCI  ancieu  cliàteau  sout  entourées,  à  Ytok- 
térieur,  d'un  omemeni  d'un  travail  soigné, 
qui  représente  un  ti*onc  d'arbre  d'où  parlejit 
de  nombreuses  branches  co«ipées  à  uue  égale 
distance  :  on  voit,  du  cèle  du  midi,  une 
belle  galerie  oniée  de  balustres,  d'où  l'on 
peut  suivre  pendant  long  -tempe  le  cours  du 
Celé. 

Le  territoire  de  Cabrereti  renferme  une 
grotte  dans  le  genre  de  celle  de  Blars  ou  dis 
Marcillac,  mais  moins  belle.  On  y  voit  aussi, 
sur  une  moniagiie  escarpée  qui  s'élève  sur 
kl  rive  gauche  du  Yert ,  les  ruines  ou  re- 
tranchements de  Coronzac.  Ce  eamp  ou  fort, 
car  on  hésite  entre  ces  deux  aorns,  OGctqfie 
la  cime  d'un  rocher  prodigieusement  élevé 
et  alMolument  escarpe  à  l'oueat ,  et  sur  usie 
erande  étendue  du  côté  do  nord  et  du  midi; 
il  était  défendu  sur  lous  les  autres  points  par 
des  murailles;  vers  rorieni,  il  présente  deux 
li^es  de  murs  solidement  i>étis,. «réparées  par 
un  intervalle  de  18  pieds.  L'enoeinle  fiormée 
par  oes  remparts  et  le  rocher  préseaie  un 
espace  d'un  peu  plus  de  3«ooo  mètres  car- 
rés :  on  remarque  dans  la  partie  orientale , 
des  fondaiioBS  de  quelques  édifices,  parmi 
leMiuelles  on  a  ncomnu  les  ruines  d'une 
égbse,  doDt  une  des  portes  pnesenle  des 


colomut  ftvee  te  émfiÊÊma,  de 
taire,  mais  d'Un  travail  trèa-toîgnè. 

CABmUl.  Tile  fort  andeMie.  CbeMiM 
du  département.  Tribtmaiiz  de  pmiièTO 
Sostanèé  «I  de  eemoMne.  Clmabre  consiil* 
tative  des  meBufaotoMi.  Académie  aniver- 
ntaîre.  Collège  royal.  Seeiéié  d'agriciiltiira 
et  des  arts.  Év^bé.  Séminaire  diooésaiii. 
BI  ty  Pop.  ift,o5o  hab. 

L'or^oe  de  Cabora  se  |>erd  dans  la  nuit 
des  lemp9.  Tout  porte  i  qrt>ire  que  cette  eité 
était  la  capitale  des  CaJutci  atant  la  oon* 
quête  des  Gaules  par  Oésar  ;  quelques  au* 
leurs  ont  même  cru  y  reconnsltre  la  vilfe  qui, 
sous  le  nom  d'UxeUodunmn ,  osa  soutenir 
tm  long  siège  contre  César;  mais  M.  Cbam- 
pollion  atne  a  facilement  démontré  que  ce 
'  n*est  point  là  qu'on  pent  trouver  ce  qui , 
d^après'les  Commentaires,  distinguait  le  der> 
nier  boulevard  de  la  liberté  des  Gaules. 
Dans  la  description  Me  sous  Tfaéodose  et 
sous  Hondrius,  elle  est  désignée  sons  le  nom 
de  CivituM  Cedurcorum,  et  Ton  doit  admettre 
avec  Sçaliger  et  Vinet,  contre  l'opinion  de 
Juste-Ùpse,  qu^elle  est  la  ville  que  Ptolomée 
%ynt\\€Divoha,  Les  Romains  romèrent  d'un 
tneàtre,  de  temples  et  d*un  -foram  :  on  at- 
tribue à  Agrippa  la  coftstnietion  des  belles 
routes  dont  on  voit  eacore  de  nombreux 
'vestiges  dans  le  Qoerry,  et  qui  semblent  se 
diriger  de  Cabors  vers  le  Limousin ,  le 
Kouei^e  et  le  Bas-Larignedoc.  —  Cabors 
dut  b^neoup  souffrir  des  invasions  nom- 
breuses de»  BarlNres ,  qui  curant  lieu  dans 
le  Y*  riède.  Les  Gofhs  s*y  établirent  et  y 
firent  frapper  monnaie,  ainsi  que  Tattestent 
des  médailles  d*or  où  l'on  voit  une  léte  go- 
tbique,  avec  bi  légende  Cadurca,  Théodo- 
bert,  61s  de  Cbilpéric,  la  saccagea,  fit  piller 
les  édifices  sacrés,  et  détruisit  ses  remparts, 
que  revécue  saint  Géry  fit  reconstruire  en 
^^5.  Pepin  la  prit  et  la  dévasta  en  763  ; 
Henri  II,  roi  d'An^eire,  s*en  empara  peu 
après  son  nnriage  avec  Eléonore  d'Aqui- 
taine ;  les  Normands  la  ravagèrent  en  894 
et  pillèrent  les  monastères  de  ses  environs. 
Le  honteux  traité  de  Krétigny  b  livra  aux 
Anglais ,  ainsi  que  tant  le  Quercy  ;  mais 
bientôt  les  babitanti  de  Cabors,  de  Figeac, 
de  Capdenac  et  de  soixante-dix  autres  villes 
ou  cbàteaox  forts,  s'arment  presque  an  même 
instant  et  font  prisonnières  leurs  garnisons. 
Les  Anglais  rassemblent  aussiiôt  des  forces 
considérables,  et  viennent,  à  la  tèie  de  3,ooo 
bonunes,  assiéger  Cabors;  mais  ils  éprou- 
vèrent une  si  vigoureuse  résistanre  qu'ils 
fnrent  obligés'  de  se  retirer,  après  avpir 
éprouvé  àk  pertes  considérables.  Le 


DÉPARTEMENT  DU  LOT. 

bî-     annede  It  1 

pas  sur  cette  ville,  fea  retijgiooBains  s) 
trouvant  assez  forts  pour  cmpAchci-  IVséca* 
tion  des  ordres  atroces  de  Cntbcnne  dellô' 
dids.  Toutefois  Cabors  refusa,  de  reooBad- 
tre  Henri  HT,  alors  roi  de  Navarre,  qnî  ea* 
trefirit  d'en  faire  le  siège  à  la  tète  d'oat 
année  choisie.  Dans  la  nuit  du  aa  mai  tSU, 
il  arrive  sous  ses  murs  sans  avoir  été  sp» 
çu  ;  ausaitét  l'adacine  eomoieiioe  à  une  ds 


portes  «i^i'un  pétard  bit  sauier.  Le  bndi  k 
l'exploaion  évieiMe  les  citoyens  ;  ils  s'empra- 
sent  de  s'armer  pour  soutenir  la  ganusoa. 
De  toute  part  on  forme  des  barricades  qn 
sont  attaquées  et  défendues  avec  une  égali 
valeur.  Le  roi  de  Navaire  est  plusienn  feis 
exposé  à  perdre  la  vie;  ce  ii*est  qu'apns 
avoir  enlevé  cbaque  barricade  une  à  bbc, 
et  après  cinq  jours  de  combat,  qu*îl  est  ea- 
fin  maître  de  tous  les  postes  de  la  rille.  Ir- 
rités par  une  aussi  opmiitre  résistance,  et 
encore  tout  ulcères  des  massaca^es  de  la 
Sainl-Bartbélemy ,  les  soldats  foat  an  hor- 
rible carnage  sans  distinction  d*âge  ni  de 
sexe,  et  saccagent  la  ville  nendant  plosienn 
jours.~Sous  Louis  XI,  Cahora  fut  du  nom- 
bre des  soixante-quatre  villes  dont  les  àk- 
pûtes  assistèrent  au  couronnement  de  ce  roi, 
et  elle  obtient  le  treniième  rang  parmi  cel- 
les qui  furent  représentées  à  cette  cérémo- 
nie. Cabors  avait  jadis  une  nnÎTersiié  foa- 
dée  par  le  pape  Jean  XXII,  où  Cujas  en- 
seigna le  droit  et  où  Fénélon  fit  ses  études^ 

La  ville  de  Cabors  s'étend  dans  une  pc^ 
ninsule  formée  par  le  Lot  ;  le  sol  qu'elle 
occupe  est  en  grande  partie  encadré  de  hau- 
tes collines,  d'un  aspect  plus  on  moins  ApK 
ou  fertile,  qui  bordent  le  côté  gauche  de  m 
rivière;  de  vieux  remparts  la  déreodctf 
du  côté  de  l'isthme.  Elle  est  bâtie  an  pied 
et  sur  le  sommet  d'un  rodier  escarpé,  et  se 
divise  en  haute  et  basse  ville.  L'inlérieur 
est  peu  agréable;  b  plupart  des  mtâ  aonff 
étroites,  tortueuses,  escarpées;  oependaBt 
on  y  a  prati^é  de  nouvelles  mes  bien  ali- 
gnées, et  qui  n'auraient  beaoin  que  d'ètrej 
continuées  pour  produire  un- bel  effet;  leif 
maisons  sont  assez  agréables,  et  en  grande 
partie  construites  avec  une  terrasse  ou  plate< 
tonne  d'où  l'oeil  aperçoit  les  sites  channaou 
qui  Tenvironnent.  Les  boulevards  que  scix. 
la  grande  roule  de  Paris ,  sont  décorés  de 
plusieurs  belles  maisons  et  offrent  une  pro- 
menade fort  agréable. 

Les  antiquités  de  cette  ville  consistent  eai 
un  poriîaue  que  l'on  croit  avoir  fait  partie 
d'un  édiuce  pour  les  bains  publics  ;  en  ma 
théâtre  dont  les  restes  annoncent  qu'il  avait 


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le  eoiMUijit  avec  soin  et  dans  de  grandes 
roportioiis  ;  et  dans  les  traces  d'un  aqueduc 
m  j  conduisait  l'eau  de  plus  de  six  lieues. 
La  catliédrale  de  Cahors  présente  une 
isle  nef  sans  bas-côtés,  de  56  m.  de  long 
ir  i5  de  large  :  trois  voûtes,  dont  deux  en 
Mspoie,  la  couronnent;  la  plus  élevée  des 
Mix  coupoles  a  3a  m.  d'élévation  et  46  m. 
B  circonférence;  celle  qui  est  la  plus  rap- 
rochée  de  Tentrée  n'a  que  a5  m.  de  hau- 
Mir  anrec  la  même  circonférence  que  Pautre  : 
He*  sont  toutes  deux  sans  ornements,  mais 
B»  présentent  des  lignes  très-pures  et  une 
aaslruction  très-soignée  ;  la  troltième  est 
■niée  par  une  voûle  a  tiers-point.  Enire 
s  pilastres  qui  portent  1«  coupoles,  régnent 
e  chaque  côié  de  la  nef,  à  dix  mètres  au- 
esaos  du  pavé ,  des  galeries  ou  tribunes 
ruées  de  baliistres  :  des  chapelles  occupent 
taçacK  qui  est  au-dessous  des  galeries.  Les 
nvertures  qui  éclairent  l'espace  surmonté 
•r  les  deux  coupoles,  se  terminent  en  de- 
û^ctxde;  celles  de  l'autre  partie  sont  en 
^ve,  et  offrent  les  ornements  bizarres,  mais 
Kgams  et  hardis,  de  rarchitectnre  gothique. 
-  Il  est  facile  de  se  convaincre  que  cette 
^îse  présente  des  constructions  de  plusieurs 
poques.  I^s  deux  coupoles  demi-sphériques 
t  les  murs  qui  les  siipporient  en  sont  évi- 
mmentlcs  parties  les  plus  anciennes  ;  leur 
«Me  exécution  et  leurs  proportions  majes- 
neuscs  les  ont  fait  attribuer  aux  Romains; 

I  coupole  qui  est  an-dessus  do  chœiu*  passe 
our  être  du  commencement  du  VU*  siècle. 

On  traverse  le  Lot  à  Cahors  sur  trois 
lonto,  dont  l'un,  appelé  pont  de  Valendre 

II  de  Valendre ,  du  nom  de  son  consiruc- 
BUT ,  est  particulièrement  remarqiiftble  ;  il 
st  surmonté  par  trois  hautes  tours  can*ées, 
hcées  une  à  chaque  extrémité  et  la  troi- 
ioK  au  centre.  Ce  jwnt  et  les  tours  sont 
itîs  de  petits  Wocs  liés  par  un  ciment  très- 
br;  il  fut  construit,  suivant  quelques  aii- 
eus,  dans  le  Xin«  siècle,  et  suivant  d'au- 
IW  dans  le  XJV*.  (roj-,  la  gravure.) 

On  remarque  encore  à  Cahors  l'hôtel  de 
I  préfecture,  anciennement  Tévèché,  édifice 
MJKttteux  qui  fait  le  principal  ornement 
Tmie  niace  assez  régulière;  l'ancien  sémi- 
•ire,  biilment  vaste  et  imposant  ;  l'ancienne 
Ibartieuse,  qui  occupe  l'emplacement  d'une 
•lison  de  templiers;  la  salle  de  spectacle, 
^fioe  d*un  beau  stjrle;  la  bibliothèque  pu- 
tique,  contenant  ia,ooo  volumes;  Tobé- 
■que  élevé  à  hi  mémoire  de  Fénélon  ;  la 
épiirière  départemeuUle  ;  le  jardin  de  la 
■OBcfure,  etc. ,  etc. ,  etc. 

Un  doit  visiter  aux  environs  de  cette  ville  : 


(9*  LmaisaK.  (Lot.) 


ARRONDISSEMENT  DE  C.\HOKS.  ^ 

la  fouiaine  des  Charlrpux,  qui  sort  d'une  ca- 
verne profonde,  au  pied  d'une  des  monta- 
gnes qui  environnent  Cahors  ;  elle  remplit  un 
vaste  bassin  d'où  elle  se  précipite  avec  force 
pour  faire  mouvoir  plusieurs  moulins,  et 
coule  ensuite  dans  le  Lot,  où  v^i  eaux  vives, 
limpides  et  profondes  se  distinguent  par  leur 
teinte  bleuâtre  des  eaux  lentes  *-t  limoneuses 
qui  les  reçoivent.  L'aquéduc  destine  par  les 
Romains  à  conduire  les  eaux  du  vallon  de 
Saint-Martiii-de-Vem  à  Divona,  avait  envi- 
ron SIX  lieues  de  longueur;  à  la  Roque,  près 
de  Cahors,  il  présentait  plusieurs  rangs  d'ar- 
ches,  qui  paraissent  avoir  été  supérieures 
par  leur  architecture  gigantesque  au  célèbre 
pont  du  Gard. 

Cahors  est  la  patrie  du  pape  Jean  XXII; 
du  poète  Clément  Marot ,  ne  vers  la  fin  du 
XV*  siècle;  du  romancier  la  Calprcncde ; 
du  général  Ramel,  assassiné  à  Toulouse  en 
x8i5. 

Fabriques  àt  cuirs.  Filature  de  colon  .Ver- 
rerie. —  Commerce  de  vins,  eaux-de-vie, 
truffes,  huile  de  noix,  porcs,  cuirs,  etc. 

A  14  1.  de  Montauban,  i53  I.  de  i»aiis. 
—HôteU  des  Ambassadeurs,  du  Palais-Rojal! 

CAMBAYRAG.  Village  situé  à  4  1.  de 
Cahors.  Pop.  375  hab.  On  y  remarque  l'é- 
gKse  paroissiale,  revêtue  intérieurement  de 
beau  marbre. 

€ ASTELNAU  - MOMTRATIER.  Petite 
ville  située  à  6  1.  1/4  de  Cahors.  El  Pop. 
4,o53hab.  * 

Cette  ville ,  appelée  autrefois  Caltenaiu 
de-Vaux,  reçut  le  surnom  qu'elle  porte  au- 
jourdlini  de  Ratier ,  qui  augmenta  ses  for* 
tificaiions.  Elle  occupe  le  sommet  d'une  col- 
line courbée  en  fer  à  cheval ,  dont  les  flonc» 
sont  d'une  pente  rapide.  Sa  position ,  le» 
remparts  qui  l'entouraient  jadis  et  dont  il 
existe  encore  de  beaux  vestiges,  un  château 
fort  d'une  vaste  étendue,  environné  de  fos- 
sés ,  lui  donnaient  une  grande  importance 
pendant  les  guerres  du  moyen  âge.  Simon 
de  Montfort  s'empara  de  cette  ville  en  la  1 4  ; 
les  Anglais  la  prirent  sous  le  règne  de  Char^ 
les  VI,  et  ils  la  possédaient  en  x4a8.  On  y 
voit  encore  d'anciennes  portes  surmontées 
de  toni-s;  le  presbytère  et  l'église,  dont  les 
murs  ont  une  grande  épaisseur,  faisaient 
partie  de  Tancien  fort.— Aux  environs,  on 
reman|ue  les  restes  de  l'église  de  Saint- 
Ccrnin  de  Thésel,  dont  la  construction  re- 
monte à  une  très-haute  antiquité. 

CATUS.  Petite  ville  située  sur  le  niisscatt 

de  Vert,  à  4  I.  de  Cahors.  Pop.  i,43S  hab. 

Calus  était  autrefois  une  des  placu  les 

69. 


1« 


plui  imtMirlantes  an  <^aercy,  '  pendant  les 
guerres  que  cette  pro^mce  cul  à  soutenir 
contre  les  Ançlâîs.  Elle  était  entourée  de 
remparts  et  de  fosiés  dont  on  Toit  encore 
les  restes,  et  était  bâtie  partie  dans  |a  vallée 
et  partie  sur  le  sommet  de  h  ipontagne,  oà 
existent  les  vestiges  d*an  ancien  fort. 

Les  Aiu;lais ,  après  avoir  atlaqué  cette 
ville  inutilement ,  s*en  emnarërent  sous  le 
ri^e  de  Charles  TI,  et  cette  conquête  af- 
fermil  leur  domination  dans  la  contrée.  Les 
habitanU  de  Cahors  la  prirent  sous  le  règne 
de  Charies  YH,  après  une  vigoureuse  ré- 
aistance. 

CAZUL8.  Bourg  situé  sur  la  rive  gauche 
de  h  Masse,  à  7  L  V*  <*«  Caho"-  ^^P-  74» 
hab.  C'est  la  patrie  deSalel,  le  premier  tra- 
ducteur 4'Homère  en  yers  français,  et  de 
Maleville,  auteur  d*une  histoire  manuscrit^ 
duQi.iercy. 

CENETICHES.  TiHage  situé  sur  la  rive 
gauche  du  Lot,  A  8  1.  de  Cabors.  Pop.  65o 
hab.  C'est  sur  le  territoire  de  cette  com- 
nune  qu*est  situé  le  vignoble  de  Prémiac, 
qui  produit  les  meilleurs  vins  du  départe- 


DÉPARTEMENT  Dt  LOT, 

CONCOTS.  Bourg  situé  sur  ù 
Pigeac  à  Cabors,  à  5  I.  dç  cette 
ville.  Pop.  x,ooo  hab. 

CHAS.  Village  situé  à  4  L  i/a  de  Cah«^ 
Pop.  1,100  hab.  On  reniarque  aux  envînm: 
un  vaste  camp  retranché,  placé  sur  le  ' 
met  d'une  montagne  qui  se  terqûna 
jonction  de  la  val^  de  Gutltot  et  dt  ^ 
ronde.  Ce  camp  a  10,090  mètres  de  ctrcél^ 
il  est  défendu  de  toute  part  par  des  mrliM 
escarpés,  excepté  du  cdlé  du  nord,  où  Tm 
a  élevé ,  sur  une  longueur  de  ^lus  de  C 
mèires,  des  rctrapcbements  en  pierre  et  «| 
terre.  On  a  découvert  dans  rintéivur«  j 
ou  découvre  encore  frçqueniiQentv  ep  labp^ 
rant  la  terre ,  une  prodigieuse  quaAiîiê  é^ 


'-'-» 

1 


On  remarque  aux  environs,  sur  un  rocher 
qui  domine  le  Lot ,  Tantique  et  vaste  chi- 
teau  de  Cénevièras  ;  Tépaisseur  des  mura , 
qui  ont  trois  mètres ,  les  nombreuses  tours 
dont  il  est  flanqué  du  cété  par  où  il  pou- 
vait être  attaque,  aonopcent  014 il  fut  béii 
Kur  servir  de  fort.  Mais  les  dix  corps  de 
timents  dont  il  se  compose,  et  qui  for- 
inaei  prasque  tous  des  anfies  aigus  ou  obtus 
qaii  In  rendent  tris-irreguliers,  prouvent 
qu'il  a  été  construit  à  plusieurs  époque». 
L*eiilréc^  située  au  midi,  était  autrefois  dé- 
jGendue  par  un  grand  fossé,  u«  pont-levis  et 
ua  fort  rempart.  Sa  longueur  sur  les  bords 
du  Lot  est  de  60  mètres;  la  surface  occupé* 
par  les  bâtiments  de  la  cour  intérieure  est 
de  4,aa5  mètres  carrés.  L'intérieur  n'offre 
qu'une  longue  suite  d'appartements,  remar- 
quables seulement  par  leur  nombre  et  leun 
vastes  proportions.  En  face  de  la  rivière, 
s'éland  une  longue  et  luperbe  terrassa,  d'o^ 
la  vue  domina  une  vaUée  agréable,  diua 
la  fertilité  contraste  avoc  les  coteaux  agres- 
tes qui  la  dominent. 

ClBfi-MPOFIE  («AIHT-).  Bourg  lituf 
à  6  L  4a  Cahors.  Pop.  i,a5o  hab.  Il  v^ 
bAti  sur  la  rive  gauche  du  Lot,  au  pied  d'é- 
normes rochers  dont  le  somurt  était  autre* 
fou  fortifié.  On  y  voit  let  ruines  d  un  an- 
tique château  o^  Uei^ri  IV  séjour^ta  apiés 
la  prise  de  Cahors.-— ^fl^r/^««  d'ouvrage^ 
ç^  buis ,  moules  <jb  bQUtoxu^  çui(ter^  etc. 


tessons  de  poteries  ,~de  fragments  d*am|iè|Y 
res,  et  plusieurs  débris  d'antiquités.  Ce  aa|| 
paraît  donc  avoir  été  occupe  par  les  1^ 
mains;  la  tradition  du  pa}s  appreod  q|Befai 
Anglais  s^y  retranchèrent  daus  le  %\*  A 
de ,  et  que  c'est  une  des  posiiiona  de  o4p 
contrée  où  ils  se  maintinrent  U  plus  ]pa^ 
temps. 

Un  des  rochers  ^ui  bomeat  le  cai^p,  |ié- 
sente,  vers  la  moitié  de  sa  hauteur,  une  ca* , 
>erne  dont  Touverture  est  traversée  par  11^ '1 
poutre.  Au  pied  de  ce  rocher,  et  au-des«qA 
de  la  caverue,  existent  les  fondations  a^^ 
tour  de  construction  romaine.  Diaprés  I| 
tradition ,  le  camp  communiquait  avec  ^ 
caverue  par  une  issue  aujourd'^^î  combltc^ 
et  par  celte  caverne  avec  la  tour. 

DURAYE&u  Aucienna  viUe,  lîMié^  à  »  l 
^1%  de  Cahors.  Pop.  S^ooo  hab.  C'était  ae* 
trefois  une  place  très-forte  où  la  fainiio^ 
de  CahoK ,  aésespéraut  de  défandce  t^afim 
les  Anglais  la  vaste  enc^nts  de  cette  pUf»i 
se  retira  sous  1^  tèffkt  de  Charias  T,  «t  j 
brava  avec  succès  toutes  las  foNrocs  que  I» 
eiMieiyis  anvoyèreni  pour  rpssiiigif.  Vmk 
Anglais  s'en  Qoqparfraitt  dans  WXIV'sîèck. 
—  L'église  paroisuale  4o  oatt^  Tilla  pprtj* 
tous  les  caractères  d'unq  bauta  anliquilé» 
on  y  consarva  las  corps  da  trpis  ssi^ts,  oba* 
fiés,  dit-on,  à  i!^te  églisa  par  Ottrlçeucpe» 
«t  dont  l'exposition,  qui  a  ueu  tous  ks  trais 
ans,  attire  un  gra«4  cenoauca  d'éMaPffTfc 

«Art  (SAIMT-).  ¥inage  shaé  k^lM 
Cahors.  Pop.  g5a  hab.  H  est  hâli  sw  la  rivS 
droite  du  Lot ,  et  dominé  par  uee  ehaie? 
de  rochers  oà  sont  creusées  n^  grand  neaa* 
h*e  d'habitations  souterraines,  qilt'ànt  scs^ 
piiisieurs  fois  de  retraite  dans  les  gnenc| 
qui  ont  désolé  si  souvent  cette  contrée. 

GREZELS.  Bourg  situé  sçr  un  CoM 
^u\  domine  une  vaste  t\  fçf(i|^'\ali^  4  f  « 


ile  ûihfA.  ftft  ikK>  hih,^  tW  y  rekiarjcjuB 
: JKwden  eliàieftu  eaUure  «ê  hautes  mu- 
jAi,  ^  est  aajoiuti'Juii  «ÏTeoté  à  me 
jiyUlilioa  mnke. 

LALlBHOtoB.  JMite  nHe  iMée  4  4 1. 

ÊOdMsn.  Fop.  x,96o  h«l>.  CUe  était  aiitre- 
iiëmàm  ptr  «û  cbAteâu  ]fbit«  regan^ 
jMHM  HM  fliÀe  iniHirtaiiCe  )orf  oie  l^ocoii- 
ptk»  da  (j^iercy  par  les  Anglais.  —  Fabfi" 
far  cooiidénble  de  belles  tresses  bour  ùor 
Jtantdfe^e. 

LAXUSy  tiMBs«  Mille  à  7 1.  de  Caliors. 

IMSAffT  (ftJiirT-).  TiHa^  sitvédaM 
«Kfcrtik  vrilée»  à  7  i-  ^  Gdion.  Peu», 
ffaiiik 

Oa  wmii^iiii  aa  nflage  4e  ÈoaMtaa , 
^ ftat  ^ie  lie  «etta  Mulviaiie,  un  soh- 
4n«a  pmi^  dam  ubr  oaHiiie  adeasée  à 
k  dnèie  éeîMMa^im  4|w  ealui  paraHcfo- 
twtt  à  la  ^MlKe  4e  SMkUvKat»  On  y  ffè- 
^ift«,  ea  pa— t  par  «ne  cave  éa  vilUÎ^, 
«i*i^4Vne  ««vermiè  ^irenlaif^  4*«ie 
fHltivèMpide,  ^i  oaiidmi  é  mh  ooid 
wV  aTeaiârali  AevK 


ri'eawàh  ievK '^m^  «t  <letti  de  iwge 
«rûtpiediiefcBat,  leqrnel  aedmie  en- 
Mite  ca  Aèaa  Jwanehes  «  4o«t  TalK  «b  4U- 
%  «ei  ie  «nd-eat  «t  fatffre  ^rers  Je  tee«- 
chaat  Ces  branches  condnisent  à  des  espèees 
4e  cfauakres  de  deaze  pieds  de  long  aur  neuf 
^  ^1^7  n*"  communi^ènl  entre  elles  par 
fe  corridors  formant  une  sorte  de  îaoy- 
riotlie.  An -dessus  de  la  colline  o&  a  été 
creosé  ce  soutierrain,  i)n  rocher  <)ui  s^atance 
«  fofaie  ^  promontmre ,  porte  les  ruines 
^n  antique  château  fort ,  séparé  du  resie 
de  k  diune  par  une  coi^ure  profonde  qui 
faii  servait  de  fossé  ;  c*est  dans  cie  ch&teau 
90e  le  comte  Bandouin  fut  fait  prisonnier 
fndm  h  CT<ïis«êe  de  SioiM  de  MotttTort. 

LEKHjlLAC.  Tiflage  situé  près  du  ruts- 
s«u  de  Sabadel,  qui  coule  entre  des  molk- 
lignes  dont  les  flancs  offrent  les  accidents 
^  roclters  les  plus  variés  et  les  plus  pitto- 
Ffsques.  A.  81.  de  Çahora.  Pop.  600  hab.— 
On  Toir  sur  le  lerrîtoire  de  celle  commune, 
«n  dolmen  placé  sur  une  butte  conique ,  à 
•enfoar  dnqnel  en  a  décOnveK  dix  tom- 
l'^n  qui  feofCeftnoieiit  im  au  f>lBsieur8 

•jwcKXfes, 

LHERM.  Village  situé  dans  nn  teifStoire 
abondant  en  minerai  de  fer,  à  6  1.  de  Ca- 
w.  Pop.  65o  hab. — ^Martinet  à  cuivre. 

LIHOGN E.  Yilikge  silué  à  7  1.  3/4  de 
<™n.  Pop.  1,07a  hab. 


il 

jLlrtKÊcH.  î^éiîlè  tSIlè  tbW  «|t«è1ebèiit 
située,  sur  la  rïve  gaUc^e  du  toi,  i  4  1.  ^dje 
fcahors.  IPop.  1,591  hab.  fetle  est  Mtîe  IM1 
)pied  (Tune  montagne  és'caY^,  «fans  Vh^ 
presqu'île  forihée  par  le  Lot.  OKi  VoR  àttt 
environs  des  f^aceà  de  foHÀ^oMii,  «t  lés 
testes  d'iVn  ch'âleau  toil  dont  Ta  icottstrtitAfMi 
paraîl  remônréi-  au  XIÏ«  siècle.— lCb»»*i?wb 
de  vf  ns. 

IHABJIIGNÀC.  Bouk;  »itoé  li  9  ).  4è 
Cahors.  Pop.  i ,  lob  Sab.  Utt  y  tôîl  ïes  restes 
d'un  château  foti  qtii  ^  été  pH»  pbisretth 
fois  par  les  Anglais.  ~  tiiwï'èt*  tic  tùarhi^ 
dejnfetrosilex  et  de  qolkrtz  iig«ti«é. 

RAXOC .  Village  «itniè  A  S 1.  idè  OriMft. 
l^p.  9^0  hab. 

On  remarque  ptfs  du  ^age  «êe  ftinr»- 
PiiRRx-LAPEirrr.T.a ,  q«i  fkH  parité  de  tseUliB 
eooHiitine,  tes  raîmi  ée  l'a^cM  cihâtoii  do 
B:oussilloi^  hAli  sur  le  «Mniiiet  d<«M  ttod- 
tagne  rapide,  qui  m  tKBt  an  ^tklaafa  dent 
elle  est  «ne  déchii^lÉ«,  ^œ  par  «■  ÎMlime 
très-étroit.  Ce  «èAieaa  était  défeqjdu  a«r  oe 
IpoiBt  par  UB  ^ge  fossé  tttr  l^fMel  é<ait  jeté 
mi  pom-levisi  il  prabealaii  cmattc  «eaps  de 
hétiments  fonâaM  im  ciaré  Wm  «Moiwant 
ww  ce*r  inCéiieuM;  anfe  ba«4e  «ouf  reaide 
s'élevait  à  eha^ie  kngia;  Km  iqmv  étaieat 
4rè»-épaiB,  bàiis  de  bloes  réguiiers  et  fart 
hien  iravailiéi;  les  ««vcrliiTes  étaieat  soi- 
cÉées  et  %rè»4n«lcipliées;  kfe  ohenioées  des 
divers  afiparf«>meiii8  ofl^aittnt  des  moroeaiix 
de  scu^re  Men  eftéculés.  I>u  celé  de  la 
eo«r,  lioe  gfthne  <|«i  etfoduiaaii  à  la  eha- 
^e  tiaii  déoorn  de  peiaiuNS  à  Iresque. 
f\out  Tédifioeolfraii  m  aaptort  itspoawi  par 
sa  aMsse  «t  par  sa  solidité  :  «•  y  reisaniaait 
«lAIONt  des  prisons  sOMtorraiiis  fart  eoMÎ- 
4érabl^,  <|iii  pouwkiBBt  vevfaiiKr  plus  4e 
Swi  perâomaa» 

te  village  de  Brimikvi.ks  ,  antne  dé^u- 
dance  de  ia  coaamune  de  Maxom  offre  les 
restes  d'iwe  loiir  qui  railla  Jong-^emps  aux 
Anglais. 

HEIICUÈÇ.  Village  situé  prés  de  la  rive 
droite  du  Lot ,  a  2  L  i/a  de  Cahors.  Pop. 
530  hab. 

On  voit  aux  ehvirôns  de  œ  village,  sur 
une  haute  inontagae  escarpée  du  ^ô\k  A\x 
midi,  et  dont  la  base  est  baignée  par  le  Loi, 
un  vaste  château  qui  a  été,  jusque  Tépoque 
de  la  révolution  de  1789,  la  maison  de 
plaisance  des  évéques  de  Cahors.  On  crdit 
que  ce  château  fui  b&li  sur  les  ruines  d*u'n 
ancien  temple  de  Mercure  :  Télévation  du 
sol  où  il  esl  placé;  la  hauteur  des  murailles, 

2 ni  présentent  cinq  étages  ;  la  grande  masse 
e  l'édifice  où  Ton  comptait  un  grand  nom- 


12 


DÉPAETEBIENT  DU  LUT. 


hte  d^appaitenients  ordioaires  et  trois  nlles 
immeiiies;  iwe  crande  chapelle;  une  magni- 
fique terrasse  d  où  la  vue  s*étendalt  sur  la 
TÎue  de  Q^ors  et  sur  la  fertile  vallée  du 
Lot  ;  enfin ,  un  parc  étendu  et  de  belles 
allées  faisaient  de  ce  diAtcau  une  des  plus 
bcUes  habitations  de  la  province.  Les  An- 
glais s'en  emparèrent  en  x4a6,  et  les  pro- 
testants en  i56a;  une  troupe  de  brigands 
le  pilla  en  1627. 

Mercuès  est  la  patrie  de  M.  deMosbourg, 
ancien  ministre  a  Naples ,  membre  de  la 
Chambre  des  députés. 

MIGHBL  (SAINT-).  YilUge  sitiié  à  3  I. 
de  Gahors.  Pop.  800  bab.  On  y  voit  d'im- 

nnts  vestiges  de  Taquéduc  coosiruit  par 
Romains  pour  conduire  à  Cabors  les 
L  de  la  fontaine  de  Polémie. 


posan 
lea  R 


■ON€LBILA.  Bourg  situé  dans  un  terri- 
toire abondant  en  minerai  de  fer,  871.  3/4 
de  Cabors.  Pop.  990  bab. 

HONCIJQ.  Petite  ville  située  entre  deuiL 
vallées,  i  7  1.  de  Cabors.  Pop.  2,973  bab. 

Cette  ville,  bâtie  sur  une  butte  presque 
conique,  était  autrefois  une  place  forie  lel- 
lemeiil  importante,  qu*elle  fut  une  des  trois 
villes  du  Quercy  dont  on*  obligea  le  comte 
Raymond ,  par  le  traité  de  Meaux ,  à  dé- 
truire les  murailles.  On  y  voit,  sur  un  rocher 
qui  couronne  le  sommet  de  la  montagne  où 
la  ville  est  bâtie,  une  tour  carrée  de  plus 
de  cent  pieds  de  hauteur,  qui  servait  de 
citadelle  et  commandait  tonte  la  campagne. 
Cet  édifice,  assez  bien  conservé  A  l'extérieur, 
mais  dont  les  voAtes  de  chaque  étage  sont 
en  partie  détruites,  est  bâti  en  pierres  cal- 
caires d'une  assez  grande  dimension,  et  n'a 
qu'une  ouverture  à  chaque  étage  ;  Tescalier 
par  lequel  oti  y  montait,  était  bâti  dans  une 
petite  tour  adossée  à  la  tour  principale. 

FRATSSAC.  Village  situé  sur  la  rive^ 
gauche  du  Lot,  i  7  I.  de  Cabors.  Pop.' 
1,987  bab.  —  C'est  la  patrie  du  maréchal 
Bessières. 

PCT-L'ÉTÉQUE.  Petite  ville  située  sur 
la  rive  droite  du  Lot ,  dans  une  presqu'île 
qne  forme  cette  rivière ,  i  8  I.  de  Cahors. 
Pop.  a,5o5  bab. 

L'origine  de  cette  ville  est  inconnue ,  et 
l'on  ignore  même  le  premier  nom  qu'elle  a 
porté  ;  on  sait  seulement  que  pendant  la 
guerre  des  Albigeois  elle  embrassa  la  cause 
du  comte  de  Toulouse,  et  refusa  de  recon- 


naître Simon  de  Monlfoft.  L*évéqae  de 
hors  s'en  empara  à  Faide  de  ses  vassao: 
de  ses  parenu,  et  obtint  du  pape  la  _ 
sion  de  la  conserver;  dès  lors  elle  ôorb  | 
nom  de  Puy-l'Évéque.  Les  Anglais  s  en  ca 
parèrent  soiu  le  règne  de  Charles  Y, 
l'oocupaient  encore  en  x4a8. 

ROUFFIAG.  Yillage  situé  à  6  L  de  ( 
hors.  Pop.  1,000  bab.  On  v  voH  les  nù 
d'un  anaen  château  dont  raspeet  eit  tvj 
pittoresque. 

SAULIAC.  Yillage  situé  an  mîliea  1 
coteaux  couverts  de  bois  qui  dominent 
Celé,  à  9  1.  de  Cabors.  Pop.  53o  hab. 

Ce  village  est  bâti  sur  les  saillies  d\ 
rocher  qui  s'élève  à  pie  â  une  hauteur  < 
plus  de  x5o  pieds  ;  la  plupart  des  maisa 
ne  sont  aue  des  cavités  de  ce  même  rodu 
qu'on  a  fermées  sur  le  devant  avec  qw 
ques  pierres  placées  presque  sans  art  I 
unes  sur  les  autres.  On  remarque  dans  i 
rocher,  au-dessus  des  habitations,  une  1 
tique  construction  qui  ferme  rentrée  d\ 
grotte  où  l'on  ne  peut  parvenir  qu'à  Tii 
d'une  longue  échelle.  Sur  la  rive  gauche 
Celé,  il  existe  une  autre  grotte  qui  fm 
sente  un  long  tuyau  naturel,  d*oà  s'éebapf 
pendant  l'été  un  courant  d*air  glacial,  < 
où  les  viandes  les  pins  susceptibles  d'à 
prompte  putrébction  se  conservent 
long-temps. 

TOUZAC.  Yillage  situé  sur  la  rive  gaodi 
du  Lot,  à  xo  1.  de  Cabors.  Pop.  i,o5o  bal 
On  remarque  aux  euTirons ,  non  loin  è 
bords  du  Lot,  une  fort  belle  source  qui  soi 
d*un  vaste  gouffre  dont  on  n*a  pu ,  jusqu 
présent,  mesurer  Ui  profondeur;  les  eau 
de  cette  source  sont  si  aboudantes  qu'elk 
mettent  en  mouvement  cinq  meules  et  ua 
papeterie. 

YERS.  Bourg  situé  snr  la  rive  droite 
I^t  qui  y  reçoit  le  ruisseau  de  Vers,  ait 
de  Cabors.  Pop.  95o  h.  On  y  voit  de  d 
breux  vestiges  de  l'aquéduc  oonsiroit  _ 
les  Romains  pour  conduire  à  Cabors  kl 
eaux  de  la  fontaine  Polémie ,  et  les  niiml 
d'un  château  fort  démoli  sous  le  règne  dl 
Louis  XL  —  Papeterie. 

YIirCBirT-DB-RIYEDOLT(SAIirT;]; 
Bourg  situé  snr  U  rive  gauche  du  Lot,  ri» 
è-vis  de  Luzech,  i  4  I*  de  Cabors.  Popf 
z,3oo  hab. 


AMIONDISSEMEITT  DE  nCEÀG. 


13 


ARRONDISSEMENT  DE  FIGEAC. 


AIVGLABS.  TiHage  shné  k  il  3/4  de 
¥içf9c.  Pop.  75o  hab.  On  y  remarque  ua 
BQFien  diiteau  (Taiie  coostruction  trè»-M>i- 
gBfe,  adossé  à  l'égHse  paroissiale. 

ASSIEB.  ySlaçe  nttié  à  4  1.  de  Figeac. 
Pop.  73o  hab. 

Ce  TÎIIa^  est  bâii  près  d*an  rnitteaa  qui 
s'cngoalfre  noo  loin  ae  U  pour  ne  plus  re- 
paraître; les  Anglais  le  fortifièrent  a  la  fin 
ou  XIT*  siècle ,  après  s'être  emparés  d*un 
aneieD  fort,  nomme  la  Tour  du  Sal,  nui  avait 
Nm  pendant  long-temps  a  la  défense  du 
pijs.  Sur  remplacement  de  ce  fort,  Galliot 
et  Genoulhac  fit  bâtir  un  des  plus  somptueux 
diileaax  de  la  proTince,  et  prodigua  pour 
m  eodiellissement  toutes  les  ressources  de 
Firt  et  d'immenses  trésors.  Le  cbAteau  d'As- 
ner,  «pi  n'est  plus  remarquable  aujourd'hui 
^  par  ses  imposantes  ruines,  présentait 
«a  carré  formé  par  quatre  corps  de  logis  à 
tnii  étages,  flanqués  d'une  tour  ronde  k 
rhaqoe  angle.  La  fiçade  extérieure  n'offre 
de  reaiarquable  que  le  fronton  formé  par 
trois  rangs  de  colonnes,  h  corniche  qui  cou- 
roane  Irs  murs,  et  les  formes  élégantes  des 
creisces  de  l'étage  le  plus  élevé  :  le  fronton 
le  lemine  par  une  balustrade  élégante  ;  les 
coknoes  du  premier  rang  sont  d'ordre  co- 
nothien  et  portent  une  oomirhe  très-sail- 
haie,  où  Ton  avait  placé  h  statue  équestre 
de  François  I** ,  de  grandeur  naturelle  et 
d'nw  brUe  exécution  ;  les  deux  autres  rangs 
de  colonnes  appartiennent,  l'un,  à  l'ordre 
^wi^ie,  et  Tautre  au  corinthien.  C'était 
friodpalement  pour  l'intérieur  de  la  conr 

£'oB  avait  réservé  les  plus  beaux  ornements 
senlpture  et  d'architecture  :  les  frises  des 
^niches  oui  distinenent  chaque  étage  sont 
^i^erfcs  des  plus  belles  araliesques  et  de 
^"^bérs  d'armes  et  d'amour  sculptés  sur 
j«  frés;  on  y  avait  aussi  représenté  les 
iirtcs  des  enperenrs  romains ,  les  travaux 
dfaçnle,  ainsi  que  des  combats  oà  l'artil- 
M  jooe  le  principal  rôle.  L'intérieur  de 
(%««  était  orné  avec  la  même  profusion  ; 
•«oAiesenarcs  surbaissés  du  rez-de-chaus- 
di  sAreni  des  companiments  carrés  tracés 
pf  des  pierres  sailUmtes  i^ ni  se  coupent  à 
^{ks  droits,  et  soDt  enrichies  de  cannelures 
^  mi^ufu  ;dcnoiBbreox  has-reliefs  offrant 
M  da  trophées  et  des  arabêiqnes,  ornent 
^«■brasures  de  toutes  les  portes,  et  même 
•b  jdapait  des  croisées.  Les  deux  escaliers 


placés  aux  deux  extrémités  dn  eorpa-de-lo- 
gis  méridional,  par  où  on  aboutissait  aux 
étages  supérieurs,  présentaient  surtout  de 
belles  sculptures,  tant  sur  les  voûtes  que  sur 
les  murs  latéraui. 

Ce  superbe  édifice,  oomtruit  pour  braver 
les  siècles,  n'offre  plus  que  de  vastes  mines. 
Est-ce  le  vandalisme  révolutiomuiire  qui  a 
renversé ,  est-ce  la  fureur  pônulaira  qui  a 
détruit  cette  demeure  féodale  f  non  ;  la  ré- 
volution n'a  brisé  que  la  statue  équestre  de 
François  I*'  :  une  sordide  spéculation  ea 
fit  vendre  tous  les  matériaux  vers  le  milieu 
dn  siècle  dernier,  parce  qu'il  coûtait  quel- 
ques centaines  de  francs  d'entretien  par  an; 
on  se  réserva  seulement  la  partie  du  midi , 
où  était  la  principale  porte  d  entrée,  et,  quel> 
ques  années  après ,  on  aliéna  même  celle 
partie  avec  toute  la  terre  d'Assier.  Four 
donner  une  idée  de  la  solidité  avec  laquelle 
il  était  bâti,  il  suffira  de  dire  que  les  murs 
latéraux  ont  jusqu'à  neuf  pieds  d'épaisseur: 
les  voûtes  ont  resbté  aux  pluies  qui  les  mi- 
nent continuellement;  sur  les  décombres  qui 
les  recouvrent ,  croissent  des  ormeaux  qui 
ont  3o  pieds  de  hauteur,  sans  qu'elles  se 
soient  écroulées;  chaque  appartement  du 
premier  étage,  sans  toiture  depuis  soixante 
ans,  ne  présente  que  des  bosquets  d'ormeaux 
enfermes  entre  de  hautes  murailles,  dout  le 
feuillage  n'est  pas  plus  frais  que  celui  de 
quelques  paysages  peints  à  fresque  sur  les 
portes  et  les  cheminées.  Le  corps-de-logis 
dont  il  a  été  parlé  subsiste  encore  en  partie  ; 
mais  les  progrès  de  U  végétation  des  ormeaux 
qui  s'élèvent  sur  les  voûtes,  vont  finir  par 
les  ébranler,  et  bientôt  auront  disparu 
toutes  les  traces  de  la  magnificence  de  ce 
somptueux  édifice. 

L^église  paroissiale  du  village  d'Assier  est 
un  fort  bel  édifice,  construit  après  l'achève- 
ment du  château  :  une  inscription  ou'on  Ut 
sur  la  petite  porte  indique  qu'elle  ftit  com 
mencée  en  i545.  Elle  est  surmontée  d'un 
clocher  à  flèche  de  xio  pieds  d'élévation; 
la  façade,  qui  regarde  le  midi,  est  imposante 
sans  avoir  de  justes  proportions.  La  forme 
intérieure  de  cet  édifice  est  celle  d'une  croix, 
avec  deux  chapelles  de  chaque  côté;  U  nef 
est  large,  élevée,  et  se  termine  par  une  voûte 
qui  présente  des  arcs  croisés  et  sailianis.  A 
droite  en  entrant ,  se  trouve  la  diapeile  où 
lut  élevé  le  mauw>lée  de  Galliot  deGcnouI- 


14  DÉPARTEMENT  DU  LOT, 

bat  ;  la  ToAte  en  est  très-hardie  et  offre  une 

étoile  k  dix  rayons  d^ine  excention  teigM^ 

qui  produit  un  bel  effet.  Le  saroophage,  en 

marbre  gris,  est  orné,  sur  le  derant,  de  six 

iMfites  tOMÙhÊê  iqin  aoutieniient  un  •rila'" 

kcÉWManr  li  frise dnyri  é>  Kt:  Amètla 

nwTt  9ùhH9  mtctH/itét  ii^ttuFé9%  OaluOt  ve 

OeMuNMe  y  eil  wftréwmé  en  |ileîn  relief 

dans  Tattitude  d'un  boom  oonché  sur  le 

àùês  les  nains  cimiiéos  snr  ia  |Mntoine;  H  est 

VfiWvHi  «^mr  KmU'oe  vbvk  enna  4e  MvtTta' 

t»S  «ft  tteii  est  *  tea  wè*.  Au^etsua  du 

rtrc<i|nage  a  vlei^'Mt  dRix  colonnes  n  «Nre 

ooni|)Oiite  y  ponant  m  vBtaiNCMwnt  ^pii  se 

fcMine  Mir  un  Mcnaîllonon  aissentaciiiptBCs 

les  arwioiries  de  GalKot;  à  chtfcUBe  ées  ttL- 

«réMîfék  €tt  tin  fénie  tmani  d>Mie  main  ane 

VHiee  fn.  ^te  I  antre  an  euîtean.  Eslre  les 

<e6lOBiM8  sont  icMpténa  on  ngnres  en  |Nrâi 

ftnèi  KpfféMMani  GnHiot  en  ooatune  niili- 

tnre^  des  tropliées  d  artulene,  4Kt  fxnon- 

tfiera)  et ,  dans  le  loinlan  ^  une  forterasK. 

Toutes  les  f»ariies  de  ee  anosolée  sont  très- 
Men  eonniTéttf  à  l'exception  des  btna  de 
la  siaitte  de  GailiM ,  ifai  avaieni  é(é  déla- 

fkH  avant  la  révolution.  La  chapelle  est 
termèe  par  nne  ilégantl  bdiatrade«n  bok. 
AtTTOntfe.  V?Rag«  sitaé  à  8  I.  t/a  de 
flgeac.  Pop.  5oo  hab. 

Le  village  d*Autoîre  est  situé  sm  nto  roîs- 
seau  afOuenI  de  la  Bave ,  qui  arrose  titie 
vallée  étroite,  bordée  d*espace  en  espace  par 
des  rochers  énormes.  A  l'entrée  de  la  val- 
lée, ce  ruisseau  forme  une  fort  belle  cascade 
qui  se  précipite  de  cent  pieds  de  bont,  qiie 
les  saillies  du  rocher  brisent  en  gerlies ,  et 
que  la  disposition  du  site  rend  très-pitto- 
resque. Entre  le  village  et  la  cascade ,  on 
voit  les  restes  d'une  tour  bâtie  sur  la  cor- 
niche d'un  rocher  coupé  à  pic,  qui  s*élè%'e  à 
3oo  pieds  au-dessus  de  la  vaHée. 

AYNAC.  Village  situé  à  61.  1/4  de  Fi- 
geac.  Fon.  x,3oo  hab.  On  ^  reman|Ue  un 
ancien  cniteau  dont  la  position  au  milieu 
des  bois  et  des  prairies  est  ou  ne  peut  plus 
|ûttoresque;  les  tours  placées  aux  angles  de 
cet  édifice  sont  basses,  mais  crénelées  :  ceDe 
du  milieu ,  qui  servait  4e  beffroi ,  a  sept 
étages  et  domine  au  loin  la  contrée.  L'exté- 
rieur offre  une  construction  simple  mais 
solide  ;  dans  Tintérieur,  les  ornements  sont 
fort  multipliés  et  portent  rempreinle  des 
siècles, 

séMIfiH.  Til^9e  aitiléaar  la  pente  d'un 
«ol«M  ^  borde  la  fève  draiie  du  Gelé,  à 
•  k  I.  s/4  4e«l0MM.  «0^  x«3oo  hab. 
l  Béduer  possède  un  vaste  et  antique  châ- 


teau assez  bien  conservé,  bâti  sur  le  vq 
aepleatnoDal  de  la  ^ainede  snomBj 
pied  de  laquelle  coule  le  Celé.  Un 
escarpé  et  une  terrasse  le  défeodaieolà! 
iRi  nord  et  à  l'ottest;  «a  ku^m  fonni  m 
^foÀ  était  jeté  un  iKnit4evis,  \t 
•■  nidi.  Deoa  c6tc  il  étnit  ai 


tour  carrée  q«Â  servait  de  bef&oi  cl  | 
Iftit  tM  siècles  lèodawL;  cette  tear, 
abaissée  au  niveau  des  niifirnwtisis 
di&ee  eA  1793. 

BSUftG  <la).  TiMage  âtiié  à  3  1 
Pigène.  Popu  600  hab.  L  «a^ae  pav 
de  œ  «Uage  aat  renarquaMe  par  k 
4iesle  de  aon  ardôtoetnre  et  ses  o 
•es  oolounes  :  elle  parait  avoir  clé  i 

BEEVCCiSS.  Village  sâtuè  aiir  k, 
droite  du  Gdé,  à  4  !•  </>  ^  Ficeab 
SSohab. 

'  i)veB(ga0s|iossédaitaiitreCois  deux 
forts  Mrt  on  \*oit  encore  les  débris^ 
•crvi  de  défeOBe  dans  les  gaerrea  os 
Anglais.  Aux  environs  de  œ  villagi^  dti 
des  retraDcbemenCs,  des  cainerBea,  ém 
tisses  et  des  tnohefs  imf.  remavqoabl 
chaîne  de  aMNitagnes  qni  bonle  k  rive 
«Kl  Celé ,  est  co«q)ée  dans  cette  oo« 
pur  deux  vallées  qui  hissent  cotre  cHas  j 
iwaiagaie  dont  la  oîbm  se  tcraiifle  ynfli 
eki  deasi  globe.  La  partie  qui  est  en  Cm» 
k  rivière  nréiente,  depuis  sa  hase  ji 
oe  sa  h 


k  moitié  de  sa  hauteur»  une  pente  ttèaj 
pide;  au-dessus,  a'èkve  à  pic,  caBai 
«Dur  recourbé  en  arc ,  un  -rocher  de 
pieds  de  haut.  Ealre  la  base  de  èe  ro 
et  l'autre  partie  de  k  uaonlag^  règns 
chemin  d'environ  neuf  pieds  de  ki^  fà 
était  défendu  aua  deua  estrénutés  par  d3 
portes  bâties  avrc  de  gros  blocs  bien  taSJ 
réimis  par  un  ciment  uèi-dnr.  La  perlafh 
défendait  k  celé  du  oonchant  est  bknotf 
aervée;  l'autre  est  en  part»  détruite;  k  «■ 
dans  lenid  elles  aont  prati^iiées  s'aM 
d'un  coté  au  rocher,  et  «dMMilit  de  Vaia^ 
un  esoarpemeaft  à  pic«  il  était  iiH|inMB 
d'arriver  a«  eheain  aans  passer  par  ccidrt 
portée,  à  cause  de  k  n^Hëiié  de  kpenlM 
la  taontagne  depuis  k  rocher  juaqu  à  k  If 
vière.  Toutes  h»  oavitk  et  Bskue  las  aaiK| 
^ue  forme  k  roeher  au-dessas  de  ^Mi 
valle  ooBpns  entre  les  deux  portes 
plusiettiu  restes  de  .cQwtructien, 
pha  oonaidérable ,  ei  1'^ 
porte  et  Irais  creisées^  a  environ 
4a  kog  sur  S6  de  liauleun  iûa-««uaosïi^ 
i^ie  feme  dans  çettefnrtk  k  aoeMMcl 
rocher  mettait  ce  fort  à  l'abri  de  toute  I 


ÀKROI^DISSEMENT  DE  FIGtAd 


15 


est  élevée  de  45  pieds  au* 
iJB ,  et  aaean  reste  de  sett- 

^^.  .  jMBMot  on  pouvait  y  par» 

L  CeMe  Ikilîssejporie  le  nbra  de  ehàieau 

do  aiédie  rocher  o(&e  auM 

cÎRvteire  tracée  par  des  bloc» 

,  et  présente  intévieareiBeRt  deux 

oà  Ton  a  trouTé  des  restes  de  rhi- 

de  renne»  et  de  oer6  d'espèces 


FetHe  Yîfle  située  sor  la 
^iio'L  de  Figeac  Fop.  Soo  hab. 
ft  inisre  répoque  de  ta  fondation  de 
^iiie,  qui  portait,  en  1377,  le  nom  de 
tHaoB  dX)rlieuda ,  et  qui  pins  tard  a 
Mcapée  par  les  Anglais  et  par  les  pro- 
Mi.  Elle  était  jadis  entonree  de  rem- 
b  dont  il  exisie  encore  de  nombreux 

teOa  y  remarque  une  vaste  place 
^  ^     laquelle  aboutissent  des  rues  bien 
»  et  d'où  Ton  aperçoil  quatre  por- 


Unra.  Vil^e  situé  près  de  bi  rive  gan- 

■  ée  bOère,  à  xi  L  de  Figeac  Pop.  85o 
(à  Us-Cabos  à  la  Mativie,  fai  vallée  où 
É^b  Cèie  est  si  étroite  en  quelques  en- 
Hb  «l'elle  «Mlle  immédiatement  au  pied 
Hluuitisqiii  kl  bordent  :  quelquefois  ceiu 
Pj^tM  riws  sHncKoent  Fun  vers  l'autre , 
ipfï^ïwckeni  vers  leur  sommet,  et  ne  kûs- 
(W  eoire  eux  que  aueloues  toises  de  dis- 
[■>••  I«  aspérités  du  lit  de  cette  rivière, 
mnekers  en  niasse  «t  en  fragments  dont 

■  «tbèrissè  sur  ce  point,  et  les  cataractes 
g*  prodaûent ,  ne  permettent  pas  aux 
■•'«•M  <le  remonter  son  cours  jusqne-l»,  et 
J^*  *  présumer  qu'il  y  a  certaines  parties 
«icibidsoù  rbomme  n'est  jamais  par- 
^^---Camcre  de  belle  serpentine  expioi- 

^^ABB.  Petite  ville  située  sur  la  rive 
«*  da  Lot,  à  5 1.  i/a  de  Figeac.  Pop. 

^Vf^  était  antrefois  une  ville  forte  qni 
"ty^  *»»  Anglais  à  différentes  époques 
**  ^IRoirmie  résistance  ^  ce  qui  les  déter- 
■■••«léiniire,  en  i36S,  nn  pont  sur  le  Lot 
r*^^  ^t  eaeore  les  vestiges.  Les  babi- 
■*  ^  «lie  ville  ne  prêtèrent  jamais  ser- 
■f  w  »i  tfAngletert*,  et,  dans  ks  XIH* 
^^llV^aiècle,  ils  empédbèrent ,  à  force 
^(■v^  et  de  sunreilbiiMe,  que  ces  étran- 
2",K  s^empaïasseni  de  leur  cité,  qu'ils 
VS^  piwieurs  fois  de  surprendre.  Bn 
:«»,  tl^tre  fut  pris  par  Lon»  XUI ,  q» 
■  ^^wolir  les  fortificatiei^ 

«Ne  Tille  est  dMis  «ne  cbaimmte  sîtoa- 


tion ,  au  bord  d'un  bassin  fertile  et  étendu , 
teimîaé  par  dei  oateana  cultivée  an  vi^Mt 
et  couronnés  par  de»  i«cbers  de  formes  v»» 
rié«B,  encadrés  ^  quetwi.  WlÇ  àtm  àm 
m^sHfs  de  verdure.  On  y  r^w^ue  régbap 
paroissiale*  bâtie  ven  l'm^  ^a^,  dont  Vii^ 
térieiur  renfcnna  qn9^lM«  beaux  morceauji 
d'architeclur*  gotbique)  If»  rçsks  d'nn  a«^ 
cieu  fort  qui  parait  reipopt^  à  «ne  l^iute 
antiquité;  ei  sur  les  bonis  du  Lo^  une  jolie 
ptofliieoade  formée  de  quatre  longues  allées 
pbukiées  de  peupliers  d'Italie.  L'intérieur- 
de  la  ville  o(Ëre  cfes  ryes  étroites  et  mal  per- 
cées; vais  les  babiiialioni  $iiuées  sur  les 
auoiens  fossés  qui  ont  été  convertis  en  pro- 
menades, ao^t  bien  construites  çt  d'un  aspect 
fort  agréable. 

BEAULIEU.  yojr.  Hôr(T4i^l8suifio(.W8. 

€APDENAC.  Petite  et  très-ancienne  yïUfif 
située  sur  la  rive  droite  du  to^  à  i  1.  de 
Figeac  Pop.  i,35o  hab. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  le  sommet  d'une 
montagne  entourée  presque  de  tous  les  câtés 
par  le  Lot.  C'était  jadis  une  p^ce  très-impor- 
tante qui  conserve  encore  aes  restes  de  for« 
tifications.  (Juelques  archéologues  y  placent 
même  l'antique  IJxellodunum,  citée  dans  le 
VIII*  livre  des  Commentaires ,  et  sa  posi- 
tion, ainsi  que  Ta  prouvé  M.  Champollion 
aine,  présente  en  effet  la  plui^art  des  cir- 
constances qui  caractérisent  ce  dernier  bou- 
levard de  la  liberté  des  Gaules ,  également 
mémorable  par  la  valeur  des  assiégeants  et 
des  assiégés ,  et  par  le  traitement  cruel 
qu^exerça  le  vainqueur,  en  faisant  couper 
les  mains  à  tous  ceux  qui  avaient  porté  les 
armes.  On  y  voit  encore  une  porte  à  plein 
cintre,  évidemment  de  construction  romaine, 
qui  a  conservé  le  nom  du  conquérant  des 
Gaules,  ainsi  que  l'emplacement  de  la  fon- 
taine détournée  par  lui  pour  obliger  les  ha- 
bitants &  se  rendre. 

Capdenac  a  été  successivement  occupé 
par  les  Yisigoths ,  par  les  Francs ,  par  Fcs 
Anglais,  et  à  plusieurs  époques  par  des  com- 
pagnies de  partisans  qui  désolaient  la  con- 
trée. C'éti^it  encore  une  ville  importante 
sous  le  règne  de  Charles  YIII.  Sully  s'y  re- 
tira après  la  mort  de  Henri  IV,  et  l'on  y 
voit  eûcore  le  château  qu'il  habitait,  et  qin 
a  pris  aujourd'hui  une  forme  toute  moderne. 
Les  traces  d'antiquités  et  de  fortifications 
que  présentait  cette  cité,  commencent  à  dis- 
parartre;  la  plus  grande  partie  drs  remparts 
ont  été  détruits,  les  fossés  sont  presque 
comblés,  une  seule  tour  de  la  citadelle  et 
celles  des  portes  sont  restées  debout ,  et  ce- 
pendant cette  phea  présente  ~ 


DÉPARTEMENT  DU  LOT. 


16 

aipect  mcaaçailt»    tonl  u  pontion  éuit 

lieureiiM  pour  la  défense. 

CAPBLLB-HASITAL  (b).  Bourg  situé 
à  4  1.  x/4  de  Figeac.  Pop.  i,a4o  hab.  On  j 
voit  un  château  formé  de  deux  corps-de-lo- 
gii,  dont  l'un  est  de  constmetion  assez  ré- 
cente, et  l'autre  est  flanqué  de  tours  et  pa- 
rait remonter  au  XIII*  siècle;  il  est  envi- 
ronné de  fossés  creusés  dans  le  roc,  excepté 
du  c6(é  de  l'est  où  il  est  appuyé  sur  un  ro- 
cher d'une  pente  rapide.  De  là  parlait  une 
muraille  qui ,  après  avoir  décrit  un  demi- 
cercle  ,  allait  alrâutir  aux  fossés ,  et  enfer- 
mait dans  son  enceinte  une  église  d'une 
très-antique  construction ,  et  d'autres  bâti- 
ments dont  il  ne  reste  plus  que  des  vestiges. 
—  Contmerce  de  grains.  Foires  et  marcnés 
tiès^fréquentcs. 

GARDAILHAC.  Petite  ville  située  sur 
une  montagne  Irès-escarnée  du  côié  du  nord 
et  de  l'ouest,  à  a  1.  i/a  de  Figeac.  Pop. 
i,55o  hab. 

Cardailhac  était  autrefois  une  place  fort 
iiDpoiiante,  qui  embrassa  a\cc  ardeur  la 
cause  de  la  réforme.  Ses  fortifications  furent 
démolies  par  ordre  de  la  cour  vers  le  rom- 
mencemeut  du  siècle  de  Louis  XIY.  On,  y 
remarque,  sur  les  bords  d'un  rocher  qui  do- 
mine un  ruisseau,  les  restes  d'un  vaste  fort 
dont  l'enceinte  renfermait  quatre  tours  iso- 
lées :  trois  de  ces  tours  existent  encore  ; 
deux  sont  carrées ,  la  troisième  est  roude  ; 
la  quatrième ,  (Mi'on  a  démolie  il  y  a  quel- 
que temps,  était  aussi  carrée;  l'intervalle 
qui  est  entre  les  tours  offre  de  nombreux 
vestiges  de  fondations  et  de  souterrains 
voûtés.  Les  deux  tours  carrées  sont  séparées 
]Mr  une  distance  de  x4o  pieds;  elles  ont  la 
même  forme  et  présentent  les  mêmes  Cs- 
raclcrcs  de  construction  :  la  hauteur  de  l'une 
est  de  75  pieds,  et  celle  de  l'autre  de  63  ; 
mais  la  première  conserve  encore  ses  cré- 
neaux et  sa  plate-forme,  ainsi  que  les  piliers 
qui  portaient  la  cloche  du  beffroi,  taudis 
que  l'autre  a  perdu  un  étage  :  la  première 
eu  contient  quatre  et  la  seconde  trois,  tous 
formés  par  des  voûtes  très-épaisses.  La  tour 
ronde  parait  avoir  été  bâtie  à  une  époque 
plus  récente  que  les  deux  auti-es  ;  c'est  près 
de  celle-ci  que  Ton  voit  les  fondations  de 
la  tour  démolie,  d'où  on  descendait  par  un 
escalier  souterrain  de  plus  de  cent  marches, 
à  une  cavité  dont  Tissue  est.  presque  au 
niveau  du  ruisseau. 

€ASTELNAU-DB-BBETENOUX.  Til- 
lage  dépendant  de  la  commune  de  Prudho- 
mat,  situé  à  9  L  3/4  de  Figeac. 


Ce  village  est  remftrqoable  par  un  aidi 
château  de  forme  triangulaire,  bàlisv] 
croupe  d'une  montagne  fort  élevée,  ht  ta 
oriental  de  œ  château  a  979  peds  de  lo^ 
celui  du  nord  aSa ,  et  odui  dn  sod-w 
a58.  Il  est  flanqué  d'une  grosse  tour  roai 
k  chacun  des  angles  et  sur  les  celés 
milieu  de  bi  masse  cjue  forme  le  corp»^ 
logis  du  sud-ouest,  s'ehince  une  lourcan 

3ui  servait  de  beffroi ,  dont  TélévalioD  1 
e  190  pieds  au-dessus  du  sommet  de 
montagne.  Du  sommet  de  celle  todr,  la  vi 
peut  se  porter  sur  plus  de  vingt  lieues  a 
rées,  et  domine  une  vaste  et  fertile  pbii 
on  Ton  aperçoit  les  confluents  de  bi  Cérc 
de  la  Bave  avec  b  Dordogne  ;  on  suit  I 
sinuosités  de  ces  trois  rinères  qui  tasi 
montrent  leurs  eaux  limpides  eu  nappes  1 
gentées,  et  tantôt  les  dérobent  demcred' 
pais  rideaux  de  verdure;  des  umoI]' 

aui  varient  le  paysage,  des  coteaux  couva 
e  vignes ,  de  vastes  prairies ,  des  lar^ 
cultivées  comme  des  jardins,  de  nombreq 
clochers  qui  s'élancent  au-desaus  de  viQi 
ges  de  l'aspect  le  plus  pittoresque,  des  n 
nés  d'antiques  châteaux  bâtis  sur  les  i 
mets  élevés  des  montagnes,  et  sur  k 
nier  plan  les  monts  bleuâtres  du  Limousiii 
telles  sont  les  princii)ales  parties  dn  vasi 
])anorama  qui  se  déploie  aux.  yeux  de  Toi 
ser  valeur. 

Le  château  de  Castelnau  était  déCendi 
dn  celé  de  l'est,  par  un  fossé  de  36  pieds  i 
hrçe  et  de  i^  pieds  de  iirolbndeur,  par  m 
terrasse  élevée  au-dessus  du  sol  de  36  pie 
et  garnie  de  cinq  bastions.  A  environ  il 
nicds  de  cette  enceinte,  une  autre  ligne  t 
fossés    l'entourait    sur    tous    les    points 
excepté  du  celé  du  nord.  On  ▼  |>arvifnl  pv  ' 
un  bastion  situé  à  l'angle  sud-est,  d'où  oa- 
suit  la  terrasse  des  remparts  qui  conduit  i 
la  porte  d'entrée  défendue  par  deux  loon, 
dont  l'une  est  ronde  et  l'autre  carrée.  Ce 
château ,  qui  pouvait  braver  les  siècles,  n'a 
point  lésisté  à  de  sordides  spéculations.  Ce 
que  l'intérieur  présente  de  plus  remarqoaUe 
est  une  galerie  de  xao  pieds  de  long  sur  ai 
pieds  de  large ,  qui  aboutit  à  un  balcoo 
exposé  au  sud-ouest  ;  elle  était  partout  or- 
née de  tableaux  et  de  peintures  que  le  mau- 
vais état  du  toit  a  entièreaient  dégradés  : 
deux  ai^iartements ,  appelés,  l'un,  fe  sak» 
des  Muses,  et  l'autre  le  sakm  doré,  présa- 
taient  aussi  de  belles  peintures  ;  mais  ces 
appartements  n'ont  plus  ni  toits  ni  plafombi 
et  sont  encore  plus  dégradés  que  la  galerie. 
La  bibliolhèque  est  la  seule  pièce  encore 
bien  conservée;  on  voit  sur  le  plafond  des 


H 
O 

a 
b 

•« 

5 


i 


ABaONDlSSEMEMT  DE  FlGfiAC 


17 


(Pooe  friicfaenr  admirable  et  du 
tov  ie  plus  suve.  Près  de  là ,  se  trouve 
I  dttpeQe  d'une  comtmction  fort  an- 
pM,  doot  les  boiseries  de  Tautel  sont 
imfa  d'ornements  variés  et  d'une  exé- 
■0  soignée,  mais  du  ^ât  le  plus  étrange. 
CEfti  (SAIIIT-)-  Petite  ville  située  sur 
Nfe,  i  6 1.  x/4  de  Figeac.  (SI  Populalion, 
§7  bsb. 

{ai■^Cérë  doit  son  orig;ine  à  une  châ- 
le Idiie  en  rhonneur  de  sainte  Espérie. 
véttèrelioQ  qu'on  eui  pour  cette  chapefle, 
Ir  reliques  de  h  sainte  furent  exposées, 
Herrain  fertile  à  mettre  en  culture,  U 
Klé  de  trouver  dans  la  Ibrèt  voisine  des 
I  de  coosiructioD ,  y  attirèrent  bientét 
ibsbibuits.  Dès  le  milieu  du  Xm<  siècle, 
ëiblisaement  portait  le  nom  de  ville, 
li  qu'oB  le  voit  par  une  charte  de  la?^. 
Hé  fille  ert  bille  dans  une  île  formée  par 
KiKC,  et  eaiourée  de  montagnes  qui  pré- 
Meut  ooe  grtnde  variété  de  cultive  :  de 
kl  allées  d'arbres  renvironnent ,  et  ses 
iica  Kohlent  s'élancer  d'une  corbeille 
iwidare. 

^  nord  de  Sûnt-Céré  s'élève  une  butte 
itttoiMit  conique,  qui  se  termine  par 
I  phii-ta  en  forme  d'ellipse  d'enviroh 
Doo  mètres  cirrés ,  élevé  a  près  de  6oo 
tdi  «Kdesn»  de  la  rivière  de  Bave.  Le  som- 
rt  de  ce  plateau ,  formé  par  un  rocher 
kaÎR  d'une  hauteur  moyenne  de  1 5  pieds, 
t  eoopé  à  jHc  tout  autour.  Ce  rocher  sert 
^Mse  à  un  rempart  de  7  pieds  d'épais- 
wjai  entoure  le  plateau ,  et  oà  Ton  ne 
Kfre  que  par  une  porte  en  ogive  ;  un 
■K  de  24  pieds  de  large  règne  tout  autour 
■Jmparts.  Yen  les  deux  extrémités  du 
™  diamètre  de  l'ellipse  qu'environnent 
i^wapirrs,  existent  deux  toui-s  carrées 
•jj«i  séparées  par  une  distance  de  240 
»•  Ces  tours  sont  connues  sous  le  nom 
•Toors  de  Saint-Laorent  :  celle  qui  est  au 
«,  formée  de  six  étages,  dont  l'un  est 
[JJ^n,  se  tprmine  par  une  plate-forme 
"wêe  de  créneaux  :  elle  a  laS  pieds  de 
*'.  et  efaaqne  face  a  3o  mètres  de  large  ; 
w  méridionale  n'a  que  84  pieds  de  haut, 
»*  lenaine  également  par  une  plaie-forme, 
piqae  ces  tours  n'aient  iamais  fait  partie 
*K«o  autre  bâtiment ,  amsi  que  le  prou- 
•« leurs  murs  el  leurs  angles  à  rives  aré- 


%  rinlervalle  qui  les  sépare  est  occupé  par 
I  "T  restes  d'édifices  dont  il  y  en 
w  de  forme  carrée  assez  bien  conservé  : 
■j  Toit  tossi  une  citerne  voûtée  d'une 
?^o»slruclion,  plusieurs  peliu  apparte- 
"^  ^^oAtés,  et  les  ruines  d'une  fglise  ou 


d'une  diapelle.  Aucune  hucription  n'apprend 
k  méHe  époque  remonte  ce  fort  ;  mais  on 
lit  dans  un  manuscrit  composé  dans  le  Xli* 
ou  le  XnP  siècle,  que  les  troupes  romaines 
y  avaient  établi  un  camp  sous  le  règne  d'Au- 
guste. Les  tours  sont  évidemment  des  con- 
structions du  moyen  âge. 

Fabriques  de  chapeaux ,  recherchés  pour 
la  diu^e  et  la  beauté  de  leur  noir ,  qui  se 
vendent  principalement  pour  l'Auvergne. — 
Commerce  considérable  de  toiles. 

CQMIAC.  Boure  situé  â  11 1.  de  Figeac. 
Pop.  1 ,3oo  hab.  Cariait  autrefois  une  place 
forte  doQt  les  ligueurs  s^emparèrent  dans  le 
iVI"  siècle. 

■  CORN.  Yillaee  situé  au  pied  d'un  énorme 
Mdier,  sur  la  nvedroite  du  Celé,  à  a  1.  x/a 
de  Figeac.  Pop«  760  hab.  On  remarque  aux 
environs  deux  grottes  qui  communiquent 
e|itre  elles  par  une  terrasse  naturelle  que 
forment  les  sailUes  du  rocher  ;  l'une  est  ap- 
pelée grotle  du  Consulat,  et  l'autre  la  Cita- 
delle. On  ne  parvient  à  la  première  que  par 
un  sentier  très-étroit  taillé  dans  le  rocher  : 
devant  la  grotte  s'étend  une  plate-forme  cou- 
pée à  pic  de  trois  cétés;  de  là,  on  commu- 
nique par  une  corniche  awc  k  caverne  dite  . 
la.  Citadelle. 

F1€EAG.  Ville  très4igréablement  située. 
Chef-  lieu  de  sous  -  préfecture  et  de  deux 
cantons.  Tribunal  de  première  instance. 
Sociélé  d'agriculture.  Collège  communal.  ^ 
Pop.  6*390  b^. 

Figeac  parait  devoir  son  origine  è  un  mo- 
nastère fondé  eu  755.  Guillaume  P' ,  un 
des  al>béa  de  ce  monastère ,  TetHoura  do 
remparts  »  y  fit  construire  des  ponte,  ainsi 
que  plusieurs  édifices,  entre  les  années  loSo 
et  1 100.  Figeac  dut  aussi  au  monastère  des 

{iriviléges  importants  pour  ses  terres  et  ses 
ibertés:  dès  Tamiée  loox ,  les  habitants  de 
cette  ville  furent  autorisés  par  l'abbé  à  choi- 
sir sept  cfmsub  qui  la  gouveniaieut ,  et  ces 
privilèges  furent  confirmés  par  Pliilippe- 
AiTguste,  par  saint  Louis,  pair  Philippe-le- 
Long  et  par  Louis  X.L  Les  consuls  avaient 
le  droit  de  faire  battre  monnaie;  mais  une 
ordonnance  du  roi  Jean  leur  enleva  ce  droit 
pour  punir  la  ville  d'avoir  subi  volontaire- 
ment le  joug  des  Anglais.  Toutefois  les  ha- 
bitants ,  pour  faire  oublier  leur  défection, 
entreprirent  de  se.  délivrer  eiix-méraes  de 
la  puissance  anglaise  ;  on  vit  leurs  femmes , 
leurs  filles  vendre  leurs  bijoux  et  toutes  leurs 
parures  pour  redevenir  Françaises,  et  ks 
efforts  qu'Us  employèrent  pour  secouer  hi 
domination  étrangère  firent  rendre  à  la  ville 


18 

tes  priTiléges.  Soas  Charies  ▼,  Figeac  fat 
Mrpri«  par  let  ABgliM«  ;  roccu|MiiioD  ék 
cette  place  par  les  ennemis  parut  si  funeste 
à  toute  la  eootrée,  qtte  les  trois  états  de  U 
•èoédiaussée  du  Rouei^ue,  les  liabitaiits  de 
la  UatHe-AiiveiYDe,  plusieurs  villes  du  Queiv 
cy,  et  paiiicuKèrement  celle  de  Cajare,  se 
reunirent  pour  payer  une  fqrte  somme  aux 
êtrangeie,  afia  de  leur  faire  abandonner 
figeac. 

Cette  ville  est  on  ne  peut  plus  agréabler 
ment  située ,  sur  le  penchant  et  au  pied 
d^une  colJiite  arrondie  dont  le  Celé  bai^e 
la  base.  Elle  occupe  le  milieu  d'un  riant 
bassin  qu'entoure  un  amphithéâtre  de  col- 
lines couvertes  de  bois,  de  rochers  abruptes, 
de  vergers  et  de  vipobles,  d'un  effet  très- 
pittoresque  ;  les  maisonnettes  bàiirs  au  mi- 
lieu des  vignes,  les  colombiers,  les  pAvillons 
dont  est  parsemé  le  territoire,  brillent  tous 
de  la  blancheur  éclatante  de  la  chaux  dont 
ils  sont  crépis ,  et  du  rouge  presque  aussi 
éclatant  de  fa  tuile  dont  ils  sont  couverts  ; 
la  ville,  placée  au  milieu  de  ce  paysage,  seob* 
ble  Temoellir  encore  par  ses  édifices  et  par 
la  fraîcheur  des  promenades  qui  l'environ- 
nent. 

Figeac  était  jadis  entouré  de  remparts  et 
de  fossés,  dont  il  existe  des  restes  sur  toute 
la  partie  du  nord.  Les  rues  en  sont  étroites 
et  mal  percées ,  les  places  publiques  resser- 
rées et  irnéguNéres ,  les  maisons  en  général 
mal  bâties  ;  mais  on  y  en  voit  quelques-unes 
d'une  belle  construction.  La  promeiude  qui 
est  dans  l'intérieur  de  la  ville  est  peu  apa^ 
eieiise  et  bornée  par  des  édifices,  excepté 
du  c6ié  du  midi. 

Il  existe  dans  cette  ville  plusieurs  édifices 
d'une  construction  trèfr«neienne  ;  ils  pré- 
sentent tous  des  ouvertures  eu  ogive,  or- 
nées de  rdonacs  élancées,  et  surmontées 
de  trèfle  et  de  rottces  i  jour;  tous  out  des 
cheminées  octogones ,  très-clevées ,  et  qui 
ressemblent  à  autant  de  minarets  ;  quelques- 
uns  se  terminent  par  de  petites  colonnes 
qui  supportent  un  oourohnemenL  Le  plus 
reman|uable  de  ces  bâtiments  est  le  cbâieau 
de  Baleine,  qui  sert  aujourd'hui  de  palais 
de  justice  ;  ses  murs  épais  et  avec  une  seule 
porte  au  rez-de-chaussée ,  sans  aucune  fe- 
nêtre, sa  proximité  des  remparts,  les  foasés 
dont  il  est  environné,  démontrent  qu'il  avait^ 
été  bâti  pour  servir  de  forteresse.  Ce  châ-* 
teau  est  très-élendu;  on  y  voit  une  vaste 
salie  de  7a  pieds  de  long  sur  ^6  de  large 
et  So  de  hauteur. 

L'église  de  l'andeone  abbaye  est  lanar- 
quable  par  Tantàquicé  et  la  ainpilarité  de 


DÉPARTEMENT  DU  LOT. 


quelques  partiel  de  son  architectnre.  Jjb 
nef,  sans  y  comprendre  les  bas-cAtés  qui  çd 
font  le  tour,  a  186  pirds  de  long,  H  âc 
laige  et  63  de  hauleiu'  au  milieu  de  la  voûter 
elle  présente,  vis-à-vis  le  |;rand  autel,  dtf^ux 
prolongements  latéraux  qui  lui  douoeui  la 
forme  d'une  croix.  Au-dessus  du  maîi re- 
autel s*clève  un  dôme  de  130  pieds  de  hau- 
teur, qui  forme  d'abord  un  cvlindre  et  ae 
termine  ensuite  par  un  polyèure  octogone^ 
Le  portail  est  surmonté  d'uii  docber  d'une 
belle  construction,  de  lao  pieds  d'élévalioB 
an-dessus  de  Tédifice. 

L'église  de  Nutre-Dame-4u-Pu^  offre  une 
nef  entourée  de  bas-côtés  très-imposanta  ; 
elle  a  ia3  piedf  de  long  sur  38  de  huige  el 
48  de  hauteur  :  les  colonnes  engagées  qui 
soutiennent  la  voûte  de  la  nef  sont  trea- 
élancées.  Le  maitre^ulel  est  orné  de  quatre 
colonnes  torses  en  bois  d'ordre  coriutbiess  , 
où  l'on  a  sculpté  avec  beaucoup  d'art  et  de 
précision  des  ceps  de  vigne  ornés  de  leur 
feuillage  et  de  leurs  grappes,  que  des  anges 
semblent  vouloir  écarter. 

On  ne  doit  pas  manquer  d'aller  voir,  an 
couchant  et  au  midi  de  Figeac ,  deux  esp^ 
ces  d'obélisques  qui  semblent  avoir  été  con- 
struits pour  supporter  des  fanaux  destinés 
à  diriger  les  pèlerins  pendant  la  nuit  ae 
milieu  des  épaisses  forêts  dout  celle  contrée 
était  jadis  couverte.  Ces  obélisques,  qu'on 
nomme  Aiguilles,  présentent  une  base  db 
ciuq  marches  formant  un  piédestal;  elles 
aupporteot  un  prisme  à  huit  pans,  de  x  5  pieds 
de  hauteur  sur  12  de  circonférence,  nui  le 
termine  par  une  corniche  saillante  au-ae«si|s 
de  laquelle  le  monument  prend  U  forme  |i|r- 
ramidale. 

Figeac  est  la  patrie  de  M.  Champollioa- 
Figeac,  archéologue  distingué,  conservatenr 
des  chartes  et  diplômes  de  Thistoire  de 
France  à  la  Bibliothèque  royale;  de  fen 
M.  ChampoUion  jeune,  à  qui  l'on  doit  la 
découverte  de  l'alphabet  niéroglypbiqoe 
égyptien.       ,       ..  .  . 

Fabrique*  de  toiles.  Teinturenes.  Taona* 
ries. — Commerce  de  vins  et  de  bestiaux. 

A  14  1.  1/9  de  Cahors ,  14a  1.  de  Parili. 
— HôteU  Born,  Chaffre,  Lèsent,  Mourliua, 
Pontié. 

FRONTENAC.  YiUage  situé  près  de  ht 
nve  droite  du  Lot,  à  3  L  de  Figeac.  Poa* 
a3o  hab.  On  y  voit  les  ruines  d'un  teui|]I» 
attribué  aux  Romains,  autour  duquel  on  a 
trouvé  une  grande  quantité  de  oeroueijs 
creusés  dans  le  grès. 

GRiLuueU.  Petite  ville  située  à  3  1.  3/4 
de  Figeac.  Pop.  600  hab.  On  y  Topft  ka 


ARROTmiSSEMENT  DE  FIGEàC. 


19 


restes  dHine  tour  autrefois  fort  âcnrét,  dont 
les  mun  oai  une  giraoïle  épaiisear  ;  elle  fut 
prise  plusieun  fois  par  le»  compogoies  aa- 
gUises. 

£a  x2çp ,  les  babitants  de  Gréalou  trai- 
tèrent «Tec  leur  écicnrur  pourieur  coutuDie, 
et  obtinrent  une  rnarte  en  langue  romane, - 
qui  a  été  publiée  avec  la  traduction  fran- 
çaise par  M.  Cham|M)IlioD-Figeac  en  1829. 

HOPITAL-ISSENDOLCS  (T).  Boui|; 
»itué  à  6  L  i/a  de  Figeac  Pop.  1,004  bab. 
On  ¥  remarque  les  vasles  mines  d'un  mo- 
aastere  de  religieuses  de  Tordre  de  Malte; 
rétait  dans  l'origine  uu  hospice  foudé  en 
li-^io  par  un  seigneur  deTbémines,  pour  re- 
cevoir les  pàerins  qui  se  rendaient  h  la 
'  Terre-5;ainte.  Vers  la  nu  du  XllI*  siècle,  un 
autre  seigneur  de  la  même  maison  donna 
eet  étaMîssement  aux  chevaliers  de  l'ordre 
de  Saim-Jean  de  Jérusalem,  pour  y  former 
ira  couvent  de  femmes  de  leur  ordre.  Ce 
monastère  mérita  le  nom  deBeaulieu,  par  sa 
sîtitalion  sur  un  plateau  élevé  et  fertile  qui 
I  offre  des  mouvements  de  terrain  très-variés  : 
on  y  trouvait  de  nombreux  appartements 
poor  les  èli-ançers,  on  grand  corps-de-logîs 
pour  les  pensionnaires,  des  cloîtres  pour 
Fiiigi -quatre  religieuses ,  et  une  église  ;  le 
souvent  et  un  vaste  jardin  étaient  entourés 
l'une  muraille  très-épaisse,  d'environ  a4 
pieds  de  bauteur.  —  Le  territoire  de  la 
commune  renferme  une  source  d'eau  miné- 
aie  qui  paraît  avoir  les  mêmes  propriétés 
fie  eeHe  de  Miers,  mais  qui  est  moins  re- 


JBA!f-1>K-LA«JR  (SAINT-).  Village  sî- 
toé  â  9  1.  de  Figeac.  Pop.  85o  bab. 

Ce  village  e«t  bâti  près  d*un  ruisseau  qui 
»ft  d^un  gouffre  appelé  le  Lanlouy,  d'où  il 
»rt  constamment  un  volume  d'eau  considè- 
r^le  ;  ce  gouffre  est  si  profond  que  toutes 
fetanoées  les  torrents  y  enlraîneat  une  im- 
menae  (|iiaalitc  debloes  de  pierre  sans  C|u'on 
a'anerçoîve  qac  le  fond  ait  reçu  le  moindre 
caiïÂusaeaDent. 

On  remarque  dam  celte  commnne  les 
restes  d^un  retrandiement  construit  en  pe- 
kis  blocs  avec  un  cimeat  trèfrdur.  Ce  re- 
k-aiicbement  domine  la  vallée  du  Lot ,  et 
4écrit  un  demi- cercle  dont  les  extrémités 
4»ouf  issent  a  un  rocher  à  pic  qui  termine 
■ne  montagne  d'une  pente  rapide.  A  la  basa 
eu  rocher,  et  sous  celte  espèce  de  camp, 
^i»ie  une  vaste  grotte,  renfermant  une 
^wda  Biasse  d'albâtre,  devant  laquelle  on 
avait  oéti  une  épaisse  muraille  dont  les  fon- 
dations existent  encore.  Cette  grotte  porte 
le  nom  de  grotte  de  Waiffres  :  la  trvfition 


np^oite  que  la  population  dn  pays  y  cher- 
cha inutilement  ua  refu^  et  y  Hit  maecaerée 
par  les  troupes  de  Pépin ,  lorsque  cebii-ei 
poursuivait  le  due  d'Aquitaine. 

LABASTIOB-DU-BAUTMOHT  (la). 
Village  situé  à  6  1.  3/4  de  Figeac  Pop.  240 
bab.  11  est  bâti  snr  une  mantagac  dont  la 
hauteur  parait  correspondre  i  celle  des 
montagnes  du  Cantal  de  second  ordre  ;  c'est 
le  point  le  plus  élevé  du  département.  -«- 
Commerce  copsidéraUe  d»  haenfii  et  de  co- 
chons. Foires  très- fréquentées. 

LArRBNT  (SAINT-).  Village  situé  à 
S  L  j/a  de  Figeac.  Pop.  600  hab.  Il  est  bâti 
sur  l'emplacement  d'une  ancianne  ville,  où 
l'on  voit  encore  les  traaas  de  plusieurs  rues 
et  d'une  place  assex  spacieuse.  On  «ait  aux 
environs  les  loors  élevées  dont  dmis  avons 
parlé  à  l'article  Saint-Céré.  Voy.  ce  mot. 

LEHTILLAC.  Bourp;  situé  à  7  I.  6/4  de 
Figeac.  Pop.  860  bab.  Il  est  bâti  dans  une 
contrée  pittoresque,  sur  le  ruisseau  de  ïtous- 
ceyrac,  qui  se  précipite  de  ^6  pieds  de  haut 
et  forme  en  cet  endroit  une  fort  beUe  cas- 
cade. Une  demi-lieue  plus  bas ,  ce  même 
ruisseau  forme  ane  autre  cascade  dont  la 
chute  est  de  45  pieds;  là,  trois  croupes  de 
montagnes  se  sont  détachées,  sont  tombées 
dans  le  ruisseau,  l'ont  forcé  d'élever  sou  lit 
et  de  se  précipiler  en  majestacuse  cataracte. 
— A  peu  de  distance  du  bourg,  on  voit  sur 
le  sommet  d\in  rocher  coupé  à  pic ,  les 
restes  d'un  oratoire  dédié  à  la  Vierge,  près 
duquel  est  un  ermitage.  .» 

LETME.  Villaee  situé  â  7  1.  3/4  de  Fi- 
geac. Pop.  45o  hab.  Oa  y  remarque  les  bâ 
timents  d'une  abbaye  de  bernardines  fondée 
en  xaax  dans  upe  vallée  profonde,  entre 
des  montagnes  couvertes  de  hêtres  touffus 
qui  forment  un  ombrage  épais  et  donnent 
au  pays  un  aspect  sombre.  Sous  l'église  de 
ce  monastère,  qui  a  été  conservée,  existe 
encore  une  partie  de  l'ancienne  église  où 
l'on  inhumait  les  religieuses  ;  elle  n'a  que 
la  dimension  d'une  petite  diapelle  et  eflit 
dépourvue  d^ornements. 

LIVERNON.  Village  situé  â  5  L  de  Fi- 
geac. Pop.  77a  bab. 

Celte  commune  possède  trois  grottes  fort 
étendues ,  ornées  de  belles  stalactites ,  mais 
qui  sont  moins  curieuses  que  la  grotte  de 
Blars  ou  de  Marcillac.  On  y  voit  aussi  le 
dolmen  le  mieux  conservé  et  le  plus  remar- 
quable du  dc|)artement  :  la  pierre  horizon- 
talc  a  2a  pieds  de  long,  10  pieds  de  large 
et  i5  pouces  d'épaisseur;  elle  est  si  parfai- 
tement en  équilibre  sur  les  deux  pierres 


irerticfties  qui  lui  servent  de  rapport  et  qui 
sont  légèrement  renflées  vers  le  milieu,  que 
la  seule  pression  de  la  main  siiflit  pour  la 
faire  osciller  et  lui  imprimer  un  mouvement 
qu'elle  conserve  pendant  plusieurs  minutes. 

Livemon  est  la  patrie  de  M.  Delpon,  an- 
cien député ,  auteur  d*une  statistique  du 
département  du  Lot ,  couronnée  par  l'Aca- 
démie des  sciences. 

LOUBERSSAC.  Bourg  situé  à  9  1.  de 
Figeac.  Pop.  i,5oo  hab. 
'  Ce  bourg  est  bâti  sur  un  point  des  plus 
élevés  du  platean  calcaire  du  département, 
dont  le  somvet  est  couronné  par  un  ancien 
chAteau  d'où  Ton  découvre  un  horizon  en- 
core i^s  étendu  que  celui  qu'on  aperçoit 
de  Castefaian;  c'est  un  édifice  assez  régulier, 
flanqué  de  hautes  tours,  d'une  construction 
simpl»  et  des  plus  solides.  Le  territoire  de 
la  commune  renferme  un  grand  nombre  de 
pierres  levées ,  et  une  carrière  de  marbre 
rouge  non  exploitée. 

HAKCILLAC.  Bourg  situé  sur  la  rive 
droite  du  Celé ,  à  6  I.  de  Figeac.  Pop.  900 
hab.  Ce  bourg  possédait  autrefois  uo  mo- 
nastère dont  Teglise,  qui  est  vaste  et  fort 
belle ,  a  été  comervée  :  la  nef  a  109  pieds 
de  long  et  24  de  large ,  sans  y  comprendre 
les  bas-côtés  ;  la  vodfe  est  supportée  par  des 
colonnes  accouplées  sans  chapiteaux  ni  en- 
tablement ;  les  ouvertures  y  sont  étroites , 
très-éievées,  et  présentent  toutes  d'élégants 
comparlinMnts  en  forme  de  rosaces  et  de 
feuilles  de  trèfle. 

A  peu  de  distance  de  Marcillac,  on  re- 
marque la  erotte  de  ce  nom ,  située  sur  la 
commune  de  Hiars.  Toy.  ce  mot,  page 5. 

niÉDARD-DE-PRESQUE  (SAINT-). 
Yillage  situé  près  de  la  rive  gauche  de  la 
Bave,  à  8  1.  1/4  de  Fiçeac.  Pop.  85o  bab. 

Ce  village,  où  Ton  voit  tm  ancien  cbàteau, 
possède  une  des  plus  belles  grottes  du  dé- 
partement; sa  forme  est  celle  d'un  corridor 
tortueux ,  qui  s'élargit  et  se  rétrécit  alter- 
nativement; elle  est  ornée  de  nombreuses 
colonnes  d'albAtre,  et  ses  parois  sont  cou- 
vertes de  stalactites  brillantes  et  très-diver- 


DÉPARXEUEMT  DU  LOT. 


sifiées.  C'est  le  souterrain  du  di  ^ 
où  il  y  a  le  plus  de  concrétioiis'» 
masses  y  sont  moins  grandes  que 
OBvemes  de  Blars  et  de  Livemoii. 

HOLlifiES.  Village  situé  à  5 
Figeac.  Pop.  950  hab.  On  y 
sieurs  souterrains  que  Ton  petit 
ime  longueur  de  plus  de  5oo  oièl 
aboutissaient  de  plusieurs  villages  4 
édifice  dont  l'épaisseur  des  murs , 
nombre  et  la  forme  des  ouvertures, 
neaux  qui  entouraient  le  comble, 
qu'il  fui  bAti  pour  la  défense  des 

SOUSCETRAC.  Bourg  situé  i 
de  Figeac.  Pop.  1,800  bab.  Célnit 
une  ville  importante  entourée  d*i 
élevé,  couronné  de  créneaux ,  et 
par  un  fossé  large  et  profond;  on  y 
par  deux  portes  nien  fortifiées  :  nu 
ancien  château  fort,  flanqué  de  1 
ajoutait  à  ses  moyens  de  défense, 
et  son  territoire  furent  dévastés  | 
glais  dans  le  XIIP  et  le  XIV*  si 
les  habitants  empêchèrent  ces 
être  les  tranquilles  possesseurs.  Tel 
du  XVI*  siècle,  elle  fut  occupée  par 
testants  qui  en  firent  leur  placfc 
pour  se  maintenir  dans  cette  contré 
mandés  par  un  chef  audacieux,  n\ 
sonias,  ils  entretinrent  long-lemps 
civile  dans  une  partie  du  Haut  '^ 

SULPICE  r SAINT-).  Village 
la  rive  droite  du  Celé,  à  5  1.  i/a  de 
Pop.  5oo  hab.  On  y  voit    les  rest 
chîteau  très-vaste  où  l'on  distinguait' 
époques  de  construction ,  Tune  qui 
tait  au  Xm'  siècle,  et  l'autre  beauoi 
récente.  —  Carrière  de  pierre  meulîen? 
ploitée. 

TOIRAG.  Village  situé  sm*  la  rive 
du  Lot ,  a  3  1.  3/4  de  Figeac.  Pop.  ifià 
L'église  paroissiale  de  ce  rillage  est  it^ 
construction  remanfuable;  elle  est  e»n| 
née  de  murs  crénelés  qui  en  fainieBt  ] 
véritable  forteresse. 

TRONQUIÈRE  (la).  Vfllage  siiaé  i  { 
3/4  de  Fjgeac.  Pop.  45o  bab. 


ARRONDISSEMENT  DE  GOURDON. 


ALVIGNAC.  Village  situé  à  9 1.  de  Gour- 
don.  Pop.  720  bab.  On  voit  sur  son  terri- 
toire plusieurs  monuments  celtiques,  des 
restes  de  très^mciennes  tours,  et  les  ruiucs 
du  monastère  de  Fieux,  fondé  en  iao3. 


C'est  dans  ce  village  que  s^éfablissrntl 
étrançers  qui  font  usage  des  eaux  mînêJ 
de  Miers.  | 

BASTIDE  (la),  roy,  Laaastihc. 

B0URZOi.i.ES.  Foy,  Soi7ri.u^c. 


AKRONDISSEMENT  DE  GOURDON. 


às.  TiHtfe'nloé  à  5  ].  de  Gourdon. 
ib.  if  est  béli  dans  une  contrée 
^    uTosée  par  VOuïsse,  rivière  for- 
peu  dedislance  de  Calés»  par  deux 
i  fù  siii]g;isseut  au  pied  d^une  mon* 
doat  Fiuie  porte  le  nom  de  Caboui 
te  (îsloi  de  Sainl-Saiiveur.  Ce  sont 
M  joutât  deux  gouffres,  qui  ont 
75  pieds  de  profondeur  Terticale, 
kl  eaux  sont  si  abondantes  que,  sé- 
dks  portent  bateau.  Le  Caboui. sort 
ifocber  ei  forme  tout  de  suite  un  bassin 
■a  cent  pieds  de  diamètre.  La  source 
I^^BTeur  naît  à  700  toises  de  la  pre- 
|dk  fonne  un  lac  autour  duquel  les 
Il  la  BioQtagDe,  où  croissent  une  muU 
Ifviim  à  haute  Uge  de  diverses  espè- 
■imadissent  en  cirque  majestueux. 

pue  TiBaee  situé  à  la  1.  de  Gour- 
n  i,o5o  bab. 

yw  paroissiale  de  cette  commune 
\fm  itre  une  des  plus  anciennes  du 
Hcneat;  ou  y  voit  une  chapelle  sou- 
he,  où  est  déposé  le  corps  de  saint 
fÊUt  dans  on  cercueil  très-simple. 

liUlTAC.  Bourg  situé  sur  la  rive 
kedelaOordogne,  à  x3  L  de  Gourdon. 
ti,Mohab. 

iRmirque  dans  ce  bourg  les  vastes 
peau  d'une  ancienne  abbaye  de  Tordre 
haj.  Ce  nonasière ,  où  Ton  voit  des 
Kaaa  de  sculpture  précieux  pour  This- 
tde  l'ai,  présentait  plusieurs  corps-de- 
K  àgn  l'on  desquels  on  visite,  au  (|ua- 
M  étage  d*une  tour  carrée ,  le  cabinet 
^cttloD,  retraite  où  Ton  assure  que  cet 
tte  écrivain  composa  une  pariie  de  ses 
Hi'^;  cet  appartement  n'offre  aujour- 
B  que  les  quatre  murs,  et  une  cheminée 
tTirchiteciureest  très-omée;  toutes  les 
p  y  UQt  couvertes  de  noms  des  admi- 
p  de  FénéloQ  qui  sont  venus  visiter 
pnac.  l'escalier  du  monastère  qui  con- 
■t  à  rappartement  du  trésor  est  fort 
>;  il  préseote  une  coupole  d'une  cour* 
t  cirante  et  d'une  très-belle  exécution. 
|*canac  est  la  patrie  de  M.  Dunoyer, 
vatcar  distingué,  aujourdliui  préfet  du 
fi'tnDenl  de  ia  Somme. 
upioitation  des  carrières  d'oolilbe  cal- 
J^^  fournissent  la  plus  belle  pierre  de 
le  il  département. 

OOSCORBS.  Yillage  situé  sur  le  Céou, 
H<  i/«  deGouidon.  Pop.  i,a6o  bab.  On 
I  sor  ona  montagne,  i  peu  de  distante 
^^lltge,  les  ruines  d'un  château  fort 
■  duquel  «m  reoomudt  des  vestiges  d'an- 


21 

eiennei  constructions ,  où  l'on  a  trouvé  dcâ 
armes,  des  médailles,  des  pierres  gravées  et. 
plusieurs  autres  antiquités. 

GRESSBNSAC.  Village  situé  dans  un' 
territoire  abondant  en  truffes  qui  jouissent 
d'une  grande  réputation ,  k  la  l.  i/a  de 
Gourdon.  ^  V>f  Pop.  x, 089  bab. — ^Exploi- 
tation de  minerai  de  fer  hydraté,  qui  alimente 
le  fourneau  de  Bourzolles. 

CUZANCB.  Tillage  situé  k  gl  i/tk  de 
Gourdon.  Pop.  x,xoo  hab.  On  y  voit  les 
ruines  d'un  vaste  et  antique  chàtgau. 
.  DBGAGN AC.  Boolg  situé  à  5 1.  de  Gour- 
don. Pop.  2,000  hab.  C'était  attrefois  une 
petite  ville  fortifiée,  pr^  de  laqpelle  ou  toit 
uqe  grotte  qui  n'offre  rieh  du  remarquable. 
DEKIS  (SAINT-).  Tillage^ situé Yg  1. 
de  Gourdon.  Pop.  720  hab.  On  y  voit  une 
assez  belle  cascade,  et  un  abime  ëfEniyant 
produit  par  l'érosion  des  eaux,  sur  le  che- 
min de  Alartel  à  Tayrac. 

GERMAIN  -  LES  -  BELLES  -  riLLES 
(SAINT-).  Tillage  situé  sur  le  Céou^  qui  y 
arrose  de  belles  prairies,  à  4  1.  i/a  de  Gour- 
don. Pop.  x,ax3  h.  On  voit  aux  environs 
l'antique  château  de  Peyrilles,  dont  Richard 
Cœiir-de-Lion  s'empara  de  vive  forre  sur  le 
chevalier  de  Gourdon ,  qu'il  fit  périr  avec 
deux  du  ses  enfants.  !«  troisième  fils  de  ce 
chevalier ,||er(rand  de  Gourdon,  tira  une 
éclatante  vengeance  de  ce  meurtre ,  devant 
Chalus,  où  il  décocha  à  Kichard  une  flèche 
qui  le  blessa  mortellement. 

GOURDON.  Ancienne  ville.  Chef-lieu 
de  sous-préfecture.  Collège  communal.  So- 
ciété d'agriculture.  (S  Pop.  5,i53  hab. 

Cette  ville  est  située  sur  une  butte  sa- 
blonneuse et  adossée  à  un  rocher  coupé  par 
des  crevasses  de  terre  humide ,  d'où  s'élè- 
vent des  touffes  de  peupliers  qui  couronnent 
la  ville  et  le  rocher.  Elle  était  naturellement 
fortifiée  par  sa  position,  et  entourée  d'épais 
remparts;  on  y  entrait  par  quatre  portes 
flanquées  de  tours  et  protégées  par  des  ou- 
vrages avancés.  L'édihce  le  plus  remarqua- 
ble est  l'église  pincipale,  bâlie  dans  la  par- 
tie la  plus  élevée  de  la  ville ,  et  surmontée 
de  deux  hautes  tours.  Elle  est  entourée 
d'une  belle  promenade  qui  domine  un  riant 
et  frais  paysage. 

On  ignore  l'époque  de  la  fondation  do 
Gourdon  ;  mais  il  est  certain  qu'il  y  avait 
un  château  dont  on  voit  encore  les  ruines , 
dès  l'année  960.  Les  compagnies  anglaises 
8*en  rendirent  maîtres  dans  le  XIT""  siècle, 
et  la  vendii«nt  en  148  x  au  comte  d'Anna* 
gnac.  En  1G19,  les  ligueurs  s'emparèrent  du 


Si 

diâteau,  qui  fat  pris  d^assaut  et  démoli  par 
les  habiianis. 

Faàriquês  de  toiles»  chapeaux,  étoffes  de 
lâÎDe.  —  Coffhmerce  de  vins  el  de  noix. 

A  la  I.  de  Cahon,  140  I.  de  Paris. 

GHAMAT.  Petite  ville  silure  surPAlzou, 
i  19  I.  de  Gourdon.  ^  Pop.  3,428  hab. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  un  plateau ,  dans 
là  vallée  de  l'Alzou ,  qui  est  resserrée  au- 
dessous  de  Gramat  pai*  dVnormes  rochers  i 
pic;  au -dessus,  cette  vallée  s*élargit,  et 
rorme,  A  peu  de  distance  de  la  ville,  un 
vaste  bassin  tapissé  de  prairies  où  s*éléve 
un  tumutus  de  forme  conique,  de  36  pieds 
d'élévation  el  de  270  pieds  Je  circonférence. 
Graftiai  avgiit  jadis  un  chAteau  fort  dont  les 
conapagmes  angiaiseâ  tentèrent  kiulileinent 
de  sVmparer;  mais  elles  fenonvelèrem  sa 
souvent  leurs  dévastations  dans  cette  con- 
trée ,  que  la  population  se  trouva  pour  un 
moment  réduite  à  sept  habitants.  Pendant 
les  guerres  des  protestants  et  des  catholiques, 
Gramat  fut  successivement  occupé  par  les 
deux  partis,  et  c'est  dans  cette  ville  que  fut 
pris  le  maréchal  de  camp  de  Tarmée  de 
Dassier,  qui  allait  assiéger  Figeac. 

Gramat  possède  une  source  minérale  dont 
les  eaux  oui  été  analysées  en  18x8,  j^  or- 
dre du  minisire  de  l'iutérieur. 

Cinq  livres  d'eau  de  cette  source  ont  pro- 
duit: 
Sulfate  de  magnésie.. .   t  gramme  4a5 
Carbonate  de  chaux...  x      —      741 

Sulfaie  de  chaux 8      —      453 

Sulfate  de  soude o     —      785 

Carbonate  de  magnésie  o      —      i36 
Acide  carbonique. ...  s  décilitres. 

An-dessous  de  Gramat,  la  vaHée  de  l'Al- 
zou est  si  resserrée  qu'en  quelques  endroits 
elle  n'offre  que  l'espace  nécessaire  au  pas- 
sage de  la  rivière,  qui  se  précipite  de  trente 
pieds  de  hauteur  au  milieu  de  deux  rochers 
d'une  grande  élévation,  et  forme  une  magni- 
fique cascade.  En  cet  endroit ,  on  a  profité 
des  saillies  du  rocher  de  la  rive  droite  pour 
y  construire  un  moulin  de  quatre  paires  de 
meules  :  une  partie  des  eaux,  retenues  par 
ime  digue  là  où  les  antres  se  nréci|iitent 
en  cascade ,  sont  reçues  par  trois  conduits 
qtii  les  dirigent  sur  quatre  roues  placées  à 
trois  différentes  hauteurs.  Ce  moulin ,  en 
quelque  sorte  suspendu  à  une  masse  énorme 
oOnt  il  dessine  les  contours,  offre  une  Miste 
oonstniction  qui  produit  un  effet  surpre- 
nant à  cette  immense  profondeur.  Près  de 
cette  usine ,  que  l'on  désigne  sous  le  nom 
de  Moulin-du-Saut,  on  voit  un  dolmen  re- 


DÉPAATEMENT  1>U  LOT. 


marquable,  divisé  en  deux  compaHîmenli! 

Au  village  de  Bédi,  dépendant  de  If 
commune  de  Gramat,  existe  un  vaste  abînf 
dont  le  fond  est  mis  en  culture  et  plaiii 
de  noyers  d'une  hauteur  prodigieuse  ;  ui^ 
crevasse  d'environ  trois  pieds  de  larce,  qd 
s'est  opérée  depuis  la  cime  jusqu'à  la  biife 
du  rocher  dans  lequel  il  est  formé .  nencA 
d'y  conduire  des  anesses  pour  en  laoounr 
le  sol.  Il  est  CTirieux  de  voir  des  récollci, 
des  animaux,  des  hommes  s'ocrtipant  de 
travaux  agricoles  à  une  aussi  grande  pro- 
fondeur. I 

Gramat  est  la  patrie  du  célèbre  chirur- 
gien Dubois. 

Commerce  important  de  grains  et  de  lai- 
nes estimées. 

LAftASTIDB-POmTUHltBB.  Bourg 
situé  à  5  I.  de  Gourdon.  Pop.  1,600  hab. 
C'est  la  patrie  de  l'un  des  plus  vaillants  gé- 
néraux de  la  république  et  de  l'empire,  dt 
Joaehim  Moral,  qui  fut  roi  de  Naples. 

LAMOTHB-CASSBL.  Village  situé  sia 
un  plateau  élevé  d*où  l'on  découvre  les  Vf 
rénces,  à  6  1.  S/4  de  Goutxion.  Pop.  600  a. 
On  y  voit  une  fontaine  intcnnitlenae. 

LAHOTHE-PéNÉLON.  Tillage  aitué  à 
3  I.  i/st  de  Gourdon.  Pop.  710  hab.  Ce  vil- 
lage doit  son  surnom  à  la  famille  de  l'arcN- 
v^ue  de  Cambrai,  qui  y  possédait  des  pro- 
priétés. C'est  par  erreur  que  quelqties  per- 
sonnes croient  qu'il  naquit  dans  le  chètem 
qu'on  y  Voit  encore  ;  cet  illustre  pr^al  re^t 
le  jour  à  Lamothe-Solignac,  canton  de  Csr- 
lus,  département  de  la  Oordogne. 

IRARTEL.  Petite  ville  silnée  à  ri  1.  de 
Gourdon.  Collège  communal.  ^  Population, 
a,9o3  hab. 

Suivant  les  historiens  du  Quercy ,  Martel 
doit  son  origine  à  une  église  qu'y  fit  bâlir 
Cliaries-Martel.  C'é lait  jadis  une  des  prin- 
cipales villes  de  la  vicomte  de  l'urenne ,  et 
le  liéu  de  1  assemblée  des  états  de  cette  prir^ 
cipanté.  L'éciise  paroissiale,  surmontée  d'ut 
clocher  en  forme  de  tour  carrée ,  est  très- 
ancienne;  elle  offre  intérieurement  um 
vaste  nef  sans  bas-cétés,  et  est  ornée  de 
vitraux  remarquables  par  la  correction  dts 
dessim. 

MIcnftL-nE-BAFmrfeltfeS  (SAtVT-). 
Village  situé  à  i3  1.  r/a  de  Gourdon.  Pop. 
i^SiT  hab.  —  Tuik^rie  importaufe,  o<k  l'on 
voit  mi  hangar  d'une  étendue  immoise 
pmir  Irire  sécher  la  tuâe,  «t  un  fbur  d'une 
vàM«  capacité. 

Illfiftël.  Tfllage  vfméi  ^  I.  deOoordon. 
Pop.  x,55o  hab. 


g 

► 

H 
► 

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1$ 


ARROWDLHSEMENT  DE  GOURDON. 


23 


Mien  ponède  one  sourw  d'een  minérale 
BtnfjiaBat»  froide,  qui  jouit  duos  le  pays 
l'une  grande  répaUlion.  Cet  le  source  est 
OUI  inspection  dW  médecin  inspecteur 
lonmé  par  le  gouvernement;  elle  est  fré- 
[uentée  annuellement  par  quatre  ou  ciuq 
eub Jiersonnes,  qui  s^élablissent  au  village 
fAUignac. 

Aux  eoTirons  de  Miers,  sur  la  route  de 
igetc  à  Souiilac,  on  voit  un  abîme  im- 
ense ,  de  i6o  pieds  de  profondeur  et  de 
tus  de  cent  pieds  de  large,  laissant  aper- 
iToir  dans  le  fond  d'autres  cavités  dont  on 
t  peut  mesurer  retendue.  Pour  en  consi- 
Irer  riotérieur,  il  faut  se  coucher  i  plat- 
mtit  afin  de  n*étre  pas  précipité  par  le 
vti^  que  produit  la  vue  de  sa  profondeur. 
Cl  goome  est  très-nuisible  à  la  contrée  où 

0  ta  situé ,  parce  qu*il  est  Tasile  inattaqua- 
ble d'une  nuée  de  corneilles,  qui  de  là  vout 
raTiger  les  récoltes. 

1  flOHFAVOOM.  Petite  ville  située  à  8  1. 
Gourdoo.  Pop.  a,ooo  bab. 

Cette  ville  est  située  sur  une  butte  assez 
,  an  pied  de  laquelle  coule  le  Céou. 
Se  doit  son  origine  à  Henri  m,  roi  d'An- 
terre,  qui  fit  b^Ur  en  ce  lieu  un  édifice 
7  tenir  les  asi 

forte,  où  Ton  voit  encore  lîae  porte 
Uiquée  dans  un  mur  très-épais. 
HOirVALENT.  Tillage  situé  près  de 
irÎTe  nuche  de  la  DoiSogne,  à  8  1.  1/4 
iGoordon.  Pop.  900  bab. 
On  remarque  d^  cette  commune ,  sur 
■des  noiinbreux  rochers  k  pic  qui  s'élè- 
■t  au  bord  de  la  Dordosne ,  des  retran- 
konents  à  pen  près  semblables  à  ceux  de 
>Bt*Jean-de-Laur  (voy.  ce  mot,  page  19). 
s  pied  de  ces  rochers,  se  trouve  aussi  une 
RDce  trés-abondanle,  qui  dès  sa  naissance 
ne  on  grand  ruisseau.  On  y  remaroue 
>C9e  les  ruines  d'une  antique  église,  d  un 
omsicre  et  d'un  cfaàleau  fort,  ainsi  qu'un 
îne  trèl-profondf  appelé  Roque  de  Corn, 
K  précipitent  les  eaux  du  ruisseau  de 
as;  on  peut  descendre,  en  prenant  quel- 
ES  précautions,  au  fond  de  cet  abîme, 
î  tA  habité  par  un  grand  nombre  de  re- 
idi 

^ATt  AC.  Joli  village  situé  sur  la  grande 
ne  de  Paris  à  Cabon,  k  il,  deGourdon. 
IV  Pop.  1,809  ^^' — f  toriques  de  toi- 
^  Exploitation  des  carrières  de  pierres 
•pcs  i  faire  de  la  chaux. 
tOCAMADOCE.  Bourg  situé  sur  la  rive 
>^te  de  TAlzou,  à  7  L  de  Gourdon.  Pop, 
»4«o  bab 


Ce  village  est  adossé  à  des  rodien  à  pic, 
d*où  se  détachent  fréquemment  des  masses 
énormes  qui  écrasent ,  par  leur  chute,  les 
habitations.  Il  ne  consiste  que  dans  une 
seule^  nte ,  qui  descend  du  sommet  de  la 
montagne  à  la  vallée  ;  et  comme  la  pente 
est  très-repide,  il  est  des  maisons  bâties  sur 
le  bord  de  cette  pente  où  Ton  entre  par  le 
troisième  étage. 

Sur  le  sommet  du  rocher  qui  domine  la 
vallée  de  l'Alzou ,  s'élève  un  oratoire  célè- 
bre ,  que  quelques  légendes  font  remonter 
aux  première  temps  du  cJiristianismc,  où 
l'on  parvient  par  un  escalier  de  deux  cents 
marches  ;  il  se  compose  de  deux  ^lises , 
Tune  dédiée  à  bi  Tierge  et  l'autre  k  saint 
Amadour;  celle-ci,  en  quelque  sorte  sou- 
terraine, se  trouve  directement  au-dessous 
de  l'autre  et  n'est  édairée  que  du  côté  de 
la  vallée  :  on  y  descend  par  quinze  degrés; 
elle  n'a  de  remarquable  qiic  les  boiseries  de 
l'autel  qui  paraissent  très-anciennes,  et  la 
châsse  de  saint  Amadour.  Au-dessus  de  l'é- 
gHse ,  on  voit  sur  le  sommet  du  rocher  les 
ruines  d'un  vaste  fort,  construit,  i  œ  qn*on 
présume,  pour  défendre  l'oraloiro. 

^ ^..^        L'église  de  Rocamadour  InspirÂlt  tant  de 

C*étidt  jadis  une  '  confiance  aux  fidèles,  que  c'est  là  qu'on  tint 
les  États  de  lit  province,  convoqués  pour 
demander  au  ciel  l'extinction  des  hérésies 
des  Albigeois.  La  piété  des  croyants  y  avait 
rassemblé  des  richesses  considérables ,  que 
le  fils  de  Henri  n  pilla  pour  soudoyer  son 
armée.  De  nombreuses  offrandes  les  rem- 
placèrent; et  lorsque  les  protestants  pillèrent 
cet  oratoire ,  en.  157a ,  ils  en  emportèrent  • 
dit-on ,  plus  de  quinze  cents  quintaux  d'or 
et  d'argent.  On  y  a  conservé  un  eraod  mor- 
ceau de  fer,  qu'on  nomme  l'épée  de  Roland, 
qui  est  suspendu  par  une  chaine  de  fer  ai. 
mur  extérieur  de  la  chapelle. 
Exploitation  de  pierres  meulières. 

SALVIAC.  Bourg  situé  à  3  1.  i/i  de 
Gourdon.  Pop.  a,x88  bab.  —  nombreuses 
tanneries. 

SOUILLAC.  Petite  Tille  située  dans  une 
vallée  fertile,  sur  la  grande  route  de  Paris  è 
Cahors ,  près  de  la  rive  droite  de  la  Dor-> 
dogne  que  l'on  y  passe  sur  un  pont  de  sent 
ardies ,  en  bette  pierre  de  taille.  A  6  I.  ae 
Gourdon.  Tribunal  de  commerce.  IS  ^ÛF 
Pop.  3,096  bab. 

Cette  ville  esl  en  général  bien  bâtie ,  et 
s'accroît  journellement  de  nouvelles  con- 
structions. Elle  a  été  prise  et  pillée  par  les 
Anglais  en  1 3 Sa,  et  par  les  protestante  ea 
x56a. 


34 


DÉPAaXEMENT  BU  LOT. 


SouiUac  possédait ,  avant  la  révolution , 
une  abbaye  de  bénédictines,  fondée  vers 
Tan  96a.  Le  bâtiment  de  cette  abbaye  est 
un  bAiiment  vaste  et  régulier,  de  construc- 
tion moderne  ;  Téglise  seule  est  ancienne  et 
S  résente  deux  belles  coupoles  dans  le  genre 
e  celles  de  Tcgltse  cathédrale  de  Cahors; 
elle  subsiste  encore  dans  un  bon  état  de 
conservation ,  et  sert  en  ce.  moment  de  ma- 
gLsia  à  tabac. 

A  une  demi-lieue  et  au  nord  de  SouiUac, 
on  remarque  un  phénomène  singulier,  pro- 
duit par  le  cours  d'eau  du  Bouley  et  du 
Gourg.  Le  premier  sort,  d'une  grotte  de 
g  pieds  de  profondeur,  par  deux  ouvertures 
triangulaires  ;  après  des  pluies  abondantes , 
il  lance  deux  jets  divergents,  dont  l'eau 
inonde  le  vallon,  déracine  les  arbres  et  cause 
des  dommages  considérables.  Si  les  pluies 
sont  continues ,  ou  si  les  contrées  voisines 
éprouvent  quelque  violent  ora^e,  la  source 
du  Bouley  semble  presque  tane;  mais  aus- 
sitôt le  Gourg  grossit  et  s'élance  avec  une 
telle  impétuosité,  que  dans  très-peu  de  temps 
le  vallon  est  inondé  et  ne  présente  plus  à  la 
vue  qu'un  vaste  lac. 

fabriques  de  grosse  draperie,  outib  ara- 


toires. Tanneries.  Forges  et 
BouRZOLLKS.  —  Commerce  de  1 
cuirs,  sel,  épiceries,  merrain,  b 

UZECH-DES-OCLES.  Tili 
5  1.  de  Gourdon.  Pop.  7o5  bal 
breuses  fabriques  de  poterie  de 

VAILLAC.  Yillage  situé  à  7 
don.  Pop.  x,too  hab.  Il  est  doi 
château  foil  flanqué  de  €ix  t 
constructiqri  fort  ancienne.  An 
château ,  on  voit  une  immense 
tée,  flanquée  de  tours ,  qui  p4 
5oo  chevaux. 

VAYRAC.  Bourg  situé  à 
Gourdon.  Pop.  x, 6a 2  hab.  Oni 
son  territoire  le  Puy-de-Salut, 
lée  et  presque  escarpée  de  ton 
Ton  a  trouvé  de  nombreux  rest 
tés.  L'architecture  de  Péglise 
ornée  de  chapiteaux  formés  de^ 
nimaux ,  semble  indiquer  une 
du  IX.*^  ou  du  X*  siècle. 

VIGAN  (le).  Bourg  situé  i 
Gourdon.  Pop.  i,55o  hab.  0 
ruines  de  deux  anciens  château 
à  huile. 


rilf    nu    DCFARTCllENr    DU    lOT. 


IMPRJMBAIB    DE    PfHBlIV    DIDOT 


i 
■r 


PITTORESQUE 

DE  LA  FRANCE. 


■•■•■•■•■•■•■» 


ROUTE   DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TIIAVEB;SANT  les  DÉPARTEMEirrS 


;  ,  DU  LOIHBT ,  DU  CHER ,  DB  L  INDRB ,  DB  LA  CBEUSB  ■ 
W  L4  «AVTS^TUUINB,  DB  LA  CORRÈZB,  DU  LOT,  DB  T4Klf-BT-OABONNB, 
BB  LA  ■AUTm««ABttl«NB  ET  GOMMUNIGATION  ATBG  LB  DifePAATUUNT 
M  L*AHIÉeB. 


DEPARTEMET^T  DE  TARN-ET-GARONNE- 


»ft   HOHTAROM,   BOVKOU ,    LlllOOU ,  TIHXS    BT  MOUTAUBàH  ,    182   LIBOM. 


^  P«roi  KogMWur-VaniiMon  (ronto 


^Cbambéty) B-.-Xy. 

dm :...ia**.'Xy« 

Aifwt W. 

U  Chapene-a*ABgiUon .xy . 

CfngeÔMT* Xr. 

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«•W-Plorert la Vy . 

Ckwort 

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SonilUe xy. . 

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MonualMUi. 
GritoIlM . . . 
Saiot-Joiy.. 


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€raiRittiiiratt0it  ht  dottUuee  il  ieti,  19  1.  ite. 


OtTodiMuàViTim.. 


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Pamien. 
Fois.... 


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W  Uvrmton.  (TAiur-rr-G^OMn.) 


60 


DËPABTBMnrt  DE  TAJU^HaP^AUqNKE. 
ASPECT  DCiPATS  QUE  PAB€01jaT  LE  VOTA6E1JK 

fis   L4  Mk^BiAinn   A   POMUtGJIAK. 

Ariis  le  relais  de  U  Madeleine,  on  passe  un  ruisseau  qui  fait  mouvoir  plusieurs  i 
Uns;  on  longe  ensuite  un  bois  et  Ton  entre  dans  une  belle  vallée,  i  l'exlrémité  de  laquelle 
on  gravit  une  côte  assez  longue  et  fort  rude.  Le  pays  que  Ton  parcourt  est  pkmté  de 
noyers  et  d^arbres  fruitiers  ;  sur  la  droite,  on  aperçoit ,  k  une  denû-lieiie  de  dbtanoe ,  Is 
petite  ville  de  Monlpezat ,  bAtie  siu*  une  éminence.  Les  montagnes  calcaires  et  peu  fertiles 
du  Quercy,  au  milieu  desquelles  on  voyage  depuis  qu'on  a  quitté  celles  du  Limousin, 
Unissent  par  s'abaisser  insensiblement ,  comme  pour  Se  fondre  avec  les  plaines  grassies  et 
fertiles  qui  précèdent  et  entourent  Caussade ,  petite  ville  aussi  agréable  par  sa  situation 
dans  un  pays  riche,  découvert  et  ombragé,  que  par  les  jolis  faubourgs  qui  Tenvironnent 
De  cette  viUe  i  Montaùban,  k  route,  bordée  d*une  double  rangée  de  beanx  ariires,  offiv 
une  iiyie  dwite  et  tnvene  k  beHe  -«dléa  àm  Leyre,  rivière  qa'o»  c4toia  à  daeite  jos^à 
peu  de  distance  de  son  embouchure  dans  TAveyron.  On  longe,  à  gauche,  le  houi^g  de 
Réaleville,  on  côtoie  un  grand  conde  que  forme  TAvçyron,  el,  après  avoir  franchi  cette 
rivière  sur  un  beau  pont  en  pierre  de  taille  nouvellement  construit,  on  traverse  une  belle 
rue  du  village  d'AJbias.  Après  ce  viUage,  on  entre  dans  une  belle  plaine,  qui  se  prolonge 
jusqu'à  la  Garonne,  mais  dont  Tagrément  et  la  fertilité  dimiouimt  seoriblement.  An  hnneni 
Delbret,  on  aperçoit  le  vieux  château  d'Aussonne,  antique  forteresse  convertie  de  nos 
jours  en  maison  de  correction.  On  traverse  ensuite  la  Garrigue,  et  après  avoir  dépassé, 
sur  la  gauche,  le  chemin  de  Négrepelisse ,  en  entre  dans  Montaùban. 

On  sort  de  cette  jolie  viUe  par  le  faubourg  de  ViHe-Bourdon  ;  on  laisse ,  à  droite ,  la 
route  d'Auch ,  et  Ton  côtoie ,  pendant  près  de  deux  lieues ,  la  rive  gauche  du  Tua  :  h 
plaine  est  parsemée  de  maisons  éparses  et  d'une  grande  fertilité.  Au  relais  de  Canals, 
cesse  la  monotonie  des  riches  plaines  que  Ton  parcourt  depuis  Montaùban ,  auxquelles 
font  place  les  plaines  plus  fertiles  encore,  plus  variées  de  culture  et  atissi  fraîches  qu'a- 
bondantes, qai  précèdent  Toulouse.  En  sortant  de  Canals,  on  jouit  d'une  belle  vue  aur  le 
bassin  de  la  Garonne;  une  descente  rapide  conduit  ensuite  à  Grisolles,  bom^g  bftti  an 
milieu  d'un  paysage  enchanteur  qui  se  prolonge  jusqu'à  Pompignan,  village  situé  sur  les 
confins  des  départements  de  l^nn-et-Garonne  et  de  la  Haute-Garenrie. 


DÉPARTEMENT  DE  TARN-ET«GARONNE. 


APEltÇU   STATISTIQUE. 

La  département  de  Tam-ct-Garonne  se  compote  d'une  partie  des  ci-devant  provinces 
du  Quercy,  dû  Rouergue ,  de  l'Agenois  et  de  TArmagnae.  H  i^  «té  fonnè  en  t8o8  :  i®  de 
l'arrondissemenl  de  Montaùban ,  démembré  du  département  du  Lot  ;  a*  de  l'arrondisae- 
ment  de  Castelsarrasin,  détaché  du  département  de  la  Haute-Garonne;  des  cantons  d'Au- 
villar,  Montaiguet  et  Valence,  distraits  de  l'arrondissement  d'Agen,  département  de 
Lot-et-Garonne;  4**  du  canton  de  Lavit-de-Lomagne ,  extrait  de  l'arrondissement  de 
I-ectoure,  département  du  Gers;  5^  du  canton  dé  Saint-Antonin,  détaché  de  rarroDdiaje> 
ment  de  Yillefiranche,  département  de  l'Aveyron.  Ce  département  tire  son  nom  de  la 


DJi^Jdti^MÉNT  bE  TÀRN-Èi'.GÂfLbWi*.  I 

Gordàne  et  an  Tim  (|ùi  i^y  rèanUsent  et  qiii.ràrroMnt,  la  première  dd  idd-èH  lii  ikM* 
ouest,  et  la  secondé  3a  sud-est  i  l'ouest  —  Ses  bornes  sont  :  au  nord;  le  d4p4tteiiiettt 
do  Lot;  à  Test,  oeux  de  rA^éyroù  et  du  Tarn  j  au  sud,  celui  de  la  Haîte-Oahkliii;  âii 
sud-ouest,  celui  du  Gers;  k  l'ouest,  celui  dé  Lôt-el-Garônnë. 

Là  surface  de  ce  département  n'offre  aucune  chaîne  de  montagnes  dominantes  {  mais 
elle  est  |piiéralement  formée  de  plateaux  plus  ou  moins  élevés,  sépares  par  des  yàllées 
srpfoiMiçs  et  i^ar  des  gorges  e$caj;pées,  dont  Tensemble  s'abaisse  uniformément  vers  lef 
Sepvtc^nts  du  Gers  et  dé  Lot-et-Garonne.  On  peut  dire  que  le  département  est  sihonnç 
|)iar  trois  chaînes  de  coteaux  ;  la  première ,  formée  des  ramifications  des  (ertîles  coteaux 
iiu  Gers,  se  prolonge  sur  la  rive  gauche  de  la  Garonne  et  est  arrosée  par  plusieùr^  petite^ 
»TÎères;  la  seconde,  dont  les  eaux  se  déversent  d'un  côté  dans  le  Ts^m^  elt  dé  rautrè  dans 
p Aveyron ,  voit  ses  derniers  chaînons  expirer  au  pied  des  murs  de  Monlauhan  ;,  la  troi* 
pème,  composée  des  derniers  rameaux  des  montagnes  du  Quercy,  longe  d*abord  la  rive 
[droite  de  l'Aveyron ,  puis  celle  du  Tarn  après  fà  jonction  de  ces  deux  rivières ,  et  enfin 
edlê  de  la  Garonne  après  l'embouchure  du  Tarn.  —  La  large  vallée- où  cotile  là  GàrOniiÉ 
dfre  2  Fceil  des  chain^  féconds  semés  de  quelques  ai'bres  épars;  elle  est  bordée  de  col* 
lises  couvertes  de  vignes  et  d'arbres  fruitiers.  Sa  réputation  de  ficoridité  eli  exagérée,  H 
Foo  m  eoofidèfc  qoe  sa  fertilité,  sans  calci|kr  toutes  les  chadees  que  les  nnoojtea  doivent 
j  eonrir;  le  Ik  du  fieave  ayapt  peu  de  profondeur,  la  hauteur  de  ses  rives  n'/est  que  4q 
4  aiuo  an-dessus  de  celle  des  moyennes  eaux  ;  aussi  les  débordements  sont-ils  fréquenH 
et  désastreux.  Les  eanx  s'élevant  souvent  de  ^  mètres  au-dessus  du  niveau  àts  çaus 
Biofciiiies,  00  peut  juger  dès  ravages  qu'elles  causent  sur  les  terres  voisines.  Toute  lu 
plaine  arrosée  par  la  Garonne  est  formée  de  terrains  d'alhmon,  composés  de  oouchai 
iigileMsesy  de  name  et  de  sable  siliceux,-  pios  oi^  moins  mélangés. des  auties  terres;  oq 

7  trouve  point  d0  Kancs  de,  pierre  solides.  6i  d'ailleurs  les  hords  de  .là  .Garonne  sont 
ee  deove  (ait  quelquefois  payer  cher  les  agréments  de.  son  voisinage  :  ,dans.ari 
rapide  et  inconstante,  if  laisse  parfois  à  sec  son  ancien  lit  ppuc  s'è»  ereuser  lii 
u  dans  la  plaine  qu'il  désole  et  qu'il  vivifie  tour  à  tour.  Ses  rives  sont  su^nt  KO- 
nanqunbles  par  un  grand  nombre  de  peupliers  qui  y  grossissent  avec  une  rapidité  extrême, 
tf  peurent  I^  disputer,  en  beauté  à  ceux  même  de  la  Lombafdiè.  —  Lé  Tarn  Coulé  aussi 
Ims  une  vallée ,  oii  plutôt  dans  une  large  plaine  formée  de  couches  tertiaires ,  au  inilieii 
itsquelles  le  lit  de  la  rivière  a  élé  creusé  profondément;  les  berges  sont  escarpées  à  pic; 
0  de  lo,  x5  et  ao  mètres  de  hauteur.  Les  bords  de  cette  rivière  sont  presque  aussi  fcr- 
llles  qtie  ceux  it  la  Garonne  ;  ils  sont  moins  exposés  aux  ravages  des  inondatioris ,  mais, 
en  général,  inolds  beàut  et  moins  pittorescfués. — Les  rerifleinenliî  de  U  vallée  de  f'Avevrod 
sont  remplis  par  une  argile  limoneuse  d'un  brun  jaun&tre,  micacée,  mâée  de  sablé,  et,' 
surtout,  d'une  grande  fertilité.  Les  assises  sont  peu  distinctes;  on  les  voit  interrompues 
par  des  lits  tfèi-mirices  de  galets ,  semblables  i  ceux  qui  soiit  roulés  dan^  tfe  lit  dé  la 
rivière.  L'Aveyron  franchit  plus  souvent  ses  bords  que  le  'tim ,  et  Se  réjiatfd  alors  ^tîr 
inc  \tLste  plaine  qu'elle  fertilise  par  son  limon,  ou  qu'elle  dévaste  en  ëtflévant  et  entrat- 
laôt  la  terre  végétale  |H>ur  y  déposer  des  couches  d'un  sable  jirësque  pur  :  les  rives  dé 
iette  rivière  sont  très-agréablês  ;  les  coteaux  cloiit  elle  baigne  le  pieâ  dotinedt  ai)  pâ^sag<y 
in  aspect  varié  et  gracieux. 

Les  terres  d'alluvion ,  c'est-à-dire  celles  qui  longent  la  Garonne,  le  tarii  et  l'Areyrôn  .* 
jînsi  que  celles  qui  composent  les  vallées  du  département,  sont  généralement  tres-ferlîlcs' 
en  V  cultive  avec  succès  le  froment,  le  maïs,  le  chanvre,  le  tabac,  et  toutes  les  plan  lés  qui 
exigent  une  terre  substantielle;  mais  les  terres  un  peu  éle\ccs  que  Ton  trouve  entre  la 
Garonne  et  le  Tàm,  enti-e  lë  Tarn  et  VAveyron,  sont  peu  fertile^  en  grains;  les  vignes  f 
réussissent  très-bien,  surtout  dans  celles  situées  entre  le  Tarn  et  la  Gi^ronne  :  les  terrains 
ia  cotfsaux  sont  diverseinent  fertiles,  selon  qu'ils  sont  plus  ou  moins  bîeiî  cultivés.  JE 
feioeptkn  des  rives  de  la  Garonne,  de  la  Gimone  et  de  quelques  autres  rivières  sujettei 

60. 


4  DÈPARTEBtfENT  DE  TAKN-ET-GARONNE. 

anz  déboideaienU,  le  reste  du  département  n^offre  qu'uae  petite  étendue  de  prairiei 
naturelles  ;  les  prairies  artificielles  y  réussissent  mieux ,  sans  cependant  suffire  pour  h 
nourriture  des  bestiaux.  On  y  supplée  dans  beaucoup  de  fermes  par  une  certaine  étendis 
de  terrain  qu'on  appelle  fourragère,  où  Ton  sème  un  peu  du  froment,  du  seigle,  de  IV 
voine,  de  Torge,  que  Ton  coupe  en  vert  dès  que  leurs  épis  sont  en  fleur,  savoir :k 
seigle  dès  la  fin  de  mars  ;  vient  après  Tavoine  ;  puis  Torge ,  et  ensuite  le  froment  ;  à  iBe* 
sure  qu'on  fauche  une  espèce ,  on  laboure  et  on  sème  du  maïs  ;  ces  diverses  plail^  dio- 
nent  successivement  des  fourrages  jusqu'au  mois  de  novembre.  Les  cultivateurs  soignes 
réservent  une  partie  de  ces  différents  fourrages  pour  l'hiver ,  mais  la  quantité  n'en  ta 
jamais  suffisante  ;  aussi  la  base  de  la  nourriture  des  bestiaux  en  hiver  est  la  paille  de  fn- 
ment,  à  laquelle  on  ajoute  une  petite  ration  de  fèves  trempées,  des  pommes  de  terre,  de 
grosses  raves,  et  le  marc  des  plantes  oléagineuses;  le  foin  et  l'avoine  sont  réservés  pov 
la  consommation  des  chevaux. 

Dans  la  majeure  partie  du  département,  les  habitations  ne  sont  point  rassemblées  ea 
corps  de  communes;  elles  sont  en  général  éparses  sur  tout  le  territoire,  ce  qui  donne 
aux  campagnes  un  aspect  animé;  la  plupart  des  propriétés  sont  entourées  de  haies  vives 
et  de  bouquets  de  coignassiers  qui  offrent  un  coup  d'œil  fort  agréable. 

Le  climat  est  en  général  beau,  doux  et  tempéré,  mais  assez  variable;  rarement  le  ther- 
momètre descend  à  x3o  R.  au-dessous  de*D;  en  été,  dans  les  plus  fortes  chaleurs,  il  s'élève 
de  a 8  à  3x ,  mais  ces  extrêmes  ne  durent  guère  et  présagent  un  prochain  changement  de 
temps.  Les  vents  dominants  sont  ceux  de  l'est  et  de  l'ouest  :  le  premier ,  appelé  Cen, 
décline  quelquefois  vers  le  sud,  et  alors  il  est  accompagné  de  pluies;  s'il  tourne  vers  h 
nord ,  il  devient  ser  et  froid  ;  c'est  celui  qui  règne  le  plus  ordinairement.  Le  vent  d'ert, 
appelé  j4utan,  souffle  avec  assez  de  permanence;  quand  il  se  tourne  vers  le  nord,  1 
devient  assez  fîroid  ;  lorsqu'il  tourne  vers  le  sud ,  il  n'est  pas  de  longue  durée  et  amèae 
les  orages.  Ce  vent,  ordinairement  agréable  en  hiver,  est  incommode  en  été;  il  cause  m 
abattement  général,  des  maux  de  tète  violents,  et  de  vifs  retentissements  des  doulcvs 
habituelles. 

Le  département  de  Tarn-et-Garonne  a  pour  chef-lieu  Montauban.  Il  est  divisé  en  3  aiw 
rondissements,  renfermant  a4  cantons  et  193  communes. — Superficie,  198  L  carrées. — 
Population,  a4a,a5o  habitants. 

MurxaALOon.  Mines  de  fer  à  Grésigne ,  Bruniquel ,  Varen  ;  houille  i  Saint-Anlonin  et 
k  Puech-Mignon.  Carrière  de  marbre  à  Montricoux,  de  pierre  à  bâtir  dans  presque  toutes 
les  localités.  Argiles  de  diverses  espèces ,  cailloux  roulés ,  etc. 

PaomTcnoirs.  Céréales  de  toutes  espèces  et  en  quantité,  millet  noir,  maïs,  sarrasin, 
légumes,  melons,  truffes,  châuignes,  lin,  chanvre,  navette,  toute  sorte  de  fruits;  mûrien 
— Gibier  abondant  (sangliers,  blaireaux,  lièvres,  lapins,  ortolans ,  perdrix  rouges  et  grlse^ 
bécasses). — 40,000  hectares  de  vignes,  produisant  annuellement  environ  400,000  hectoL 
\de  vin,  dont  170,000  sont  consommés  sur  les  lieux,  et  le  surplus  li\Té  au  commerce  cv 
converti  en  eau-de-vie.  La  vigne  occupe  en  général  les  terrains  médiocres  et  graveleux, 
et  donne  d'assez  bons  vins.  Ceux  des  plateaux  situés  entre  la  Garonne  et  le  lïtra  se  00a- 
servent  long-temps  et  supportent  le  transport  ;  mais  ceux  de  la  rive  gauche  de  la  Garonna 
sont  sujets  à  tourner.  Fau,  Aussac,  Auvillar,  Campsas,  Montbartier  et  k  Yilledieu  fou^ 
nissent  les  meilleurs  vins  rouges  du  déparlement.  —  47>8i9  hect.  de  forêts  (arbres  verll 
et  feuillus).  -^  Très-bon  poisson  (saumon,  esturgeon,  aloses,  lamproies).  —  Quantité  éà 
mules  et  de  mulets  qui  font  la  principale  richesse  du  pays  ;  bêles  à  cornes ,  peu  de  mou^^ 
tons,  beaucoup  de  porcs.  —  Élève  en  grand  de  la  volaille  (oies,  canards  et  dindons).  — 
Éducation  des  abeilles  et  des  vers  à  soie. 


ARROTroiSSEMENT  DE  MONTAUBAN.  5 

'  Invsnn.  Fabriques  importantes  de  draps  communs,  cadis,  serges,  étaniines.  Fabri- 
qua de  toiles,  bas  de  soie,  coutellerie  excellente,  cartons  d^appréteurs ,  plumes  à  écrire, 
inM.  FibtQres  de  laine  ;  teintureries  ;  amidonneries;  nombreuses  faïenceries;  papeteries; 
I  considérables. 


GoxMEBCB  très-étendo  de  grains  et  de  farines;  de  rins,  eaux-de-vie,  prunes,  pruneaux, 
fcoBe,  safran,  laines,  papiers,  cuirs,  draps  fins  et  communs.  —  Un  des  principaux  objets 
de  commerce,  ce  sont^les  minoteries,  dont  le  produit  monte  annuellement  à  plus  de 
seiie  millions. 


■»  a  ■ 


VILLES,    BOUmGS,   VILLAGES,    CHATEAUX    ET    MONUMENTS    REMARQUABLES; 
CURIOSITÉS  NATURELLES  ET  SITES   PITTORESQUES, 


ARRONDISSEMENT  DE  MONTAUBAN. 


ILBIAS.  Bourg  situé  sur  la  grande  route 
deCihors  à  Montauban,  à  3 1.  de  cette  der- 
DÎère  ville.  Pop.  i,a5o  hab. 

Ce  bourg  consiste  principalement  en_une 
ort  beJle  rue,  que  traverse  la  grande  route, 
i  est  bâti  à  peu  de  dislance  de  la  rive  gau- 
be  de  l'Aîeyron ,  que  Ton  passe  sur  un 
esD  ipont  en  pierre  de  taille  de  conslruc- 
bo  récente.  «  Albias  fut  pris  en  i6ax  par 
)&  catboliques ,  après  une  vigoureuse  résis- 
hice  :  le  commandant  de  la  place,  les  cou- 
lis ef  ringl  des  principaux  bourgeois  fu- 
mi  pendus  ;  les  autres  furent  mis  à  rançon, 
ttceui  qui  ne  purent  la  paver  furent  liés 
k  cordes  et  envoyés  servir  de  pionniers  au 
%e  de  Montauban.  Abias  fut  pillé  et  brûlé; 
In'y  eut  que  les  filles  et  les  femmes  qui 
'<ucDt  sauvées  ' .  » 

AHTONIM  (SAINT-).  Petilc  ville  située 
ni.  de  Montauban.  ^  Pop.  5,462  hab. 
Cette  ville  doit  son  origine  à  un  monas- 
re  qui  y  fut  bâti  après  le  martyre  de  saint 
nionin,  prêtre  natif  dePamiers  :  elle  a  été 
ûç-temps  gou^'ernée  par  des  vicomtes  ;  le 
iiuer  (le  ceux  qui  la  possédèrent  la  ven- 
ta Louis  Vk,  En  xaii,  le  château  de 
iot-Aoïonin  se  soumit  à  Simon  de  Mont- 
t,  chef  des  croisés,  au  pouvoir  desquels 
ie  resta  pas  long- temps.  Montfort,  sen- 
t  h  nér-essité  de  reprendre  cette  place , 
■lut  de  l'assiéger  :  le  vicomte  n'avait  au- 
Bpréparatif  de  défense  ;  mais  Raimond  VI 


I.  Mercure  franciis  ou  de  rnialoîre  de  notre 


y  avait  placé  un  chevalier  nommé  Ade- 
mar  Jourdain.  I/avani-garde  de  Parmée  en- 
nemie, conduite  par  Tévêque  d'Albi ,  parut 
bientôt  devant  Saint- Antonin  :  le  gouver- 
neur, sommé  de  se  rendre,  répond  :  «  Que  le 
comte  de  Montfort  sache  que  jamais  il  ne 
wendra  à  bout  de  prendre  mon  c/uiteau,  » 
Montfort,  instruit  de  cette  fière  réponse , 
promit  d'en  faire  repentir  le  gouverneur. 
Ses  troupes  se  placèrent  dans  la  plaine  près 
du  château.  Le  soir,  les  assièges  font  une 
sortie,  mais  ils  sont  repoussés  avec  vigueur 
par  l'avant-garde  qui  attaque  la  place  sans 
en  avoir  reçu  l'ordre;  toute  l'armée  les  suit, 
et  après  un  combat  qui  dure  seulement  une 
heure,  trois  barbacanes  sont  enlevées.  L'é- 
pouvante s'empare  des  défenseurs  de  la 
5 lace,  qui  demandent  à  capituler  et  se  ren- 
ent  à  discrétion.  Les  troupes  entrent  dans 
la  ville,  qui  est  livrée  au  pillage  et  entière- 
ment saccagée;  on  n'épargna  ni  le  clergé 
séculier,  ni  les  moines;  trente  habitants  sont 
mis  à  mort,  par  ordre  de  Montfort.  Les  ha- 
bitants de  Saint-Antonin  embrassèrent  avec 
enthousiasme  la  religion  réformée,  et,  dans 
les  divers  combats  qu'ils  soutinrent  contre 
les  catboliques,  ils  se  distinguèrent  constam- 
ment par  leur  bravoure.  En  1622,  après  la 
prise  de  Négrepelisse ,  les  troupes  royales 
environnèrent  cette  ville,  qui  fut  obligée  de 
capituler.  Tous  les  soldats  protestants  qui 
n'étaient  point  nés  à  Saint- Antonin  furent 
désarmés  et  mis  dehors,  un  bâton  blanc  â 
la  main  ;  quinze  habitants  furent  arrêtés,  et 
onze  d'entre  eux  livrés  au  supplice. 

Saint-Antonin  est  hâli  dans  un  vallon  spa- 
cieux f  an  confluent  de  rA*veyron  et  de  la 


existe  une  autre  qui  ayait  cîna  éUfet,  d 

servait  sans  doute  de  donjon.  '       "^«    • 


Mtite  mjère  (i<;  Bonnette;  \es  eaux  de  celle 
dernière  rivière,  corrompues  par  les  débris 
des  nombreuses  lanucfîes  ctaulies  sur  ses 
bords,  eti  rendent  lé  séjour  màisain.  (Test  ïa 
patrie  de  Jean  de  la  Valette,  48"  grand- 
maître  de  Tordre  de  Malte,  qui  défendit 
cette  île  coiitre  cent'  mîtté  Turts." 

Saint- Anton  in  est  aussi  le  lieu  de  nais- 
sance du  troubadour  "Raymond  Jourdain, 
qui  fut  aimé  de  la  belle  Adélays  de  Penne , 
laquelle  se  donna  à  lui  en  Fembrassant  et 
en  lui  remettant  pour  gage  l'anneau  d'ôr 

au^elle  portait  On  voit  encore,  non  loin 
e  Saint- Antonin ,  sur  un  rocher  escarpé 
et  très-élevé  au-dessus  de  TAireyron,  (es 
ruines  pittoresques  du  château  de  la  fendre 
Adélays;  des  tours  à  demi  renYersées,  des 
murs  couronnés  de  créneaux  et  percés  de 
longues  meurtrières,  Toilâ  tout  ce  fui  reste 
de  cet  antique  manoir,  dans  Tintérieur  du* 
quel  on  ne  parvient  qu'avec  difficulté. 

Fabriques  importantes  de  cuirs,  de  cadis, 
serges  et  autres  étoffes  de  laine.  Papeterie, 
—  Commerce  de  cuirs,  pruneaux,  genièvre. 

BIOCLE.  Petite  ville  située  sur  la  rive 
droite  de  F Aveyron ,  à  ^  1.  de  Montaoban; 
Pop.  i,3oo  hab.* 

6n  attribue  à  cette  ville  une  grande  an- 
cienneté, mais  rien  ne  prouve  qu'elle  exis- 
tât dons  le  "VIII*  siècle,  ainsi  que  Font 
avancé  plusieurs  écrivains.  Si  on  en  croit 
une  tradition  incertaine,  elle  fut  d'abord 
Bâtie  dans  un  lieu  qui  porte  à  présent  le 
nom  de  camp  d'AurîoI,  non  loin  ae  PAvey- 
ron  ;  tians  la  suite,  les  seigneurs  de  nîi)u]e, 
alin  de  mieux  protéger  les  habitations  de 
leurs  vassaux  contre  les  attaques  de  IVnne- 
mi ,  les  auraient  engagés'  à  abandonner  le 
camp  d'AurioI,  et  à  construire  de  nouvefles 
demeures  près  du  château.  La  ville  était 
entourée  dé  fortifications  qui  furent  démo- 
lies SOUK  le  règne  de  Louis  XIII;  il  y  avait 
deux  portes  surmontées  de  tours ,  qui  ont 
subsisté  jusqu'en  1794* 

Le  château  de  Bioule  était  romanfuahle 
par  sa  force  et  par  sa  grandeur  :  un  rem- 
part flanqué  de  trois  grosses  tours  carrée^ , 
et  placées  à  une  éçaie  distance  l'une  de  l'au- 
tre, le  couvrait  au  côté  de  l'est;  un  fossé, 
rempli  d'eau  courante  tirée  de  F  Aveyron, 
en  défendait  les  approches,  et  celte  rivière 
^le-méme  lui  lervait  de  fortification  du  côté 
du  sud  :  là ,  paraissent  aussi  deux  autres 
tours  carrées;  «n  en  voit  une  pareille  au 
milieu  du  mur  qui  sépare  le  château  de  la 
terrasse;  ei,  en/jn,  dans  l'inlérieur,  il  en 


BEUNIQCEL.  Petite  ville  située  sur  ii 
rive  gauche  de  la  Terre,  près  de  son  co» 
fluent  avec  FAveyron,  à  7  1.  de  Montaubaa. 
Pop.  ï,Mï  liai*.'   '  • 

Cette  y^lle  est  remarquable  paf  les  mina 
d'un  c|)âteau  ou  palais  fortifié  a*un  a.«pect  oi 
ne  peut  plus  pittoresque,  bâti  au  sommet  d*ui 
roc  escarpé,  sur  la  rive  gauche  de  FAveyroo. 
La  construction  de  ce  château  est  attriboée 
à  la  reine  Rrunehault  :  on  connaît  la  vie 
toujours  agitée  de  cette  princesse,  fijle  d'A- 
thanagilde,  roi  des  Visigoths,  qui  monta 
sur  le  tréae  d'Austrasie  par  son  mariage  a^rc 
Sigebert;  il  est  probable  qu'elle  fit  bâtir  k 
château  de  Bruniquel  comme  devant  lui  oT 
frir  une  retraite  sûre,  et  à  Fabri  des  efibrti 
de  ceux  qui  la  haïssaient.  Tu  de  la  rivi 
droite  de  FAveyron,  ce  château  oflre  peu 
d'intérêt  ;  mais  considéré  du  côté  de  la  \  ilk, 
U  présente  encore  des  formes  qui  annonceni 
Son  ancienneté.  On  voit  encore  aux  em> 
rons  plusieurs  maisbnS  très-anciennes,  doit 
toutes  les  ouvertures  sont  fonnées  en  ogive, 
et  décorées  dans  le  style  arabe.-^ Hauts  Toor- 
neaux,  forges  et  martinets.  ' 

CAVSSAPE.  Jolie  ville,  située  sur  la 
rivé  gauche  du  Lère.  {^  ^  Pop.  4,476  h. 

L'origiuè  de  cette  ville  est  inconnue.  Pin* 
dant  la  guerre  4es  Albigeois ,  les  croiséi 
firent  pa>er  une  forte  rançon  aux  habitauls, 
lin  x56a.  Duras,  chef  d'un  corps  de  pro- 
testants, la  surprit  et  la  détruisit  pn^iK 
entièrement^  massacra  les  Habiiants  qui  ii< 
voulurent  point  embrasser  le  calvinisme,  e 
fit  précipiter  tes  ecclésiasliqiies  du  h.-iut  d^ 
cloclier.  Après  le  massacre  ^tt  la  Saiut-Bai 
thélemy,  les  vicomtes  de  Paulin  et  de  Fana 
se  rendirent  maîtres  4e  Caussade  et  y  nûix4 
garnison.  Mayenne  s'en  empara  ea  lO: 
Sept  ans  après,  les  protestants  s'y  ciablii . 
relevèrent  les  fortifications,  et  ne  la  reui 
rent  qu'après  la  capitulation  de  Montaul 

Caussade  est  une  ville  aussi  agréable 
sa  situation  dans  un  pays  riche,  décou' 
et  ombragé,  que  par  lès  faubourgs  bien 
lis  qui  environnent  en  forme  de  boulev 
son  étroite  enceinte.  L'intérieur  offre 
vieille  ville,  toutefois  assez  bien  bâtie, 
u'a  de  remarquable  que  la  tour  de  Té 
paroissiale ,  et  la  façade  de  Fhôlel-de-\ 
décorée  d'un  périslvle.  Ses  fortiGcati 
n'existent  plus  depuis  long-temps  ;  ses 
hors  sont  arrosés  par  la  petite  riTière 
Lère,  qui  ne  contribue  pas  moins  À  lea  1 
bellir  qu'à  les  fertiliser. 


AREONDISSEIIPNT  DE  MONTAUBAN. 
Fabriques  de  toiles  communes,  étoffes  de 
laine.  Raffinerie  de  sucre  ''dé  betteraves. 
Tanneries.  —  Commerce  de  farines,  grains, 
safran,  genièvre,  pruneaux,  truffes,  volailles, 
Lestiaux,  fî^,  chanvre,  laine,  etc.  —  Hôtels 
Cbaubard ,  Besse.  " 


CATLITS.  Ville  ancienne ,  agréablement 
située  sur  la  rivière  de  Bonnette,  à  la  1.  de 
Montauban.  fS  VîT  Pop.  5,3x9  hab.  — 
Commerce  de  grains. 

.FRA5ÇAfSB  (la).  Petite  ville  située  à 
3 1.  i/4  de  ^lontauban.  Pop.  3,686  bab.  — 
Fabriques  de  poterie  de  terre. 

JHIBABEI..  Petite  ville  sityée  à  4 1.  i/a 
de  Montauban.  Pop.  1,700  bab. 

L'origine  de  cette  ville  est  entièrement 
tnconnne,  mais  les  monuments  ^ue  Von  à 
découverts  dans  son  eqceinte  et  dans  son 
Vuiàinage  indiquent  une  assez  haute  anti- 
quité.'d- parait  qu'elle  a  été  détruite  à  la 
suite  d*une  attaque  violente  ;  les  quartiers 
formés  par  les  maisons  de  îahcienne  ville 
loot  encore  indiqués  par  des  voies  couver^ 
tes  de  briques  et  d'autres  matériaux  ,  et  on 
ne  saurait  fouiller  dans^ette  partie  du  ter» 
ritoire  sans  trouver  des  ruines.  Lorsque  lé 
Quercv  eut  de^  états  particuliers  qui  durent 
s'assembler  tous  les  ans,  il  fut  divisé  en 
quatre  villes  principales,  quatre  châtellenies, 
et  dix-huit  villes  basses  :  Mirabel  fut  la 
première  de  celles-ci.  Dans  la  suite ,  une 
partie  des  habitants  embrassèrent  le  calvi- 
nisme ;  mais  révéque  Jean  Desprez  en  chassa 
Itô  nligionuaires. 

Mirabel  avait  autrefois  un  fort  flanqué  de  - 
quatre  tours  surmontées  de  créneaux,  percé 
de  meurtrières  et  entouré  de  fossés  qui  poi^ 
lent  encore  le  nom  de  Fosses-de-la- Ville, 
lu  milieu  de  ce  fort  était  une  église  qui 
sert  aujourd'hui  de  paroisse;  elle  est  eu  par- 
tie voûtée,  aiani  que  plusieurs  chapelles;  le 
clocher  est  de  forme  octogone  et  tres-élevé; 
le  cimetière  est  entouré  par  les  restes  des 
murs  de  la  forteresse. 

A  l'ouest  de  Mirabel,  sur  le  sommet  d'un 
coteau  appelé  le  Lieu-du-Porta),  existait  un 
couvent  de  nsligieuses  qui  a  été  abattu  par 
les  calvinistes. 

Le  couveut  de  la  Garde-Dieu,  dans  le 
voisinage  de  Mirabel,  mérite  l'atlentloa 
des  archéologues  ;  on  remarque  sur  les  murs 
des  peintures  curieuses.  L'église  de  Notre- 
Dune  des  Misères  est  célèbre  dans  toute  la 
contrée  y  et  Ton  y  vient  en  pèlerinage  de 
I  idnsieui:»  départements  lointauis. 


AIOLIERES.  Petite  ville  située  à  61.  i/a 
de  Moniauban.  Pop.  a,4aS  hab. 

L*origine  de  cette  ville  remonte  à  une 
<é|)0que  reculée.  Vers  le  milieu  du  "XIII* 
siècle ,  Alphonse ,  comte  de  Poitiers  et  de 
Toulouse,  accorda  une  charte  4ê  commune 
AUX  habitants. 


MOXCLAR.  Petite  ville  située  à  5  L  i/^ 
de  l^ontauban.  Pop.  2,187  hab. 

Moik9l«r  a  été  soavjeot  ravagée  poddant 
les  guerres  du  XYl*  siècle  :  eue  était  de* 
fendue  par  un  château  qui  fut  rebâti  dans 
le  XV<>  siècle  sur  les  ruiaes  d'uh  autre  ooe 
l'on  croit  avoir  été  construit  poor  la  reine 
Brunebàult  On  voit  encore,  siàp  un  plateau 

2ui  s'élève  près  de  la  ville,  les  ruines  de  ceà 
difice,  que  lesbabilaats  de  Montauban  dé- 
trui5i^ent  en  179!. 

meNTAOBASr.  Grande  et -belle  ville* 
Chef-lieu  du  département  et  de  deux  can- 
tons. Tributtaïui  de  première  instance  et  de 
cotomercè.  Chambré' consultative  des  manu- 
foctnres.  Société  des  sciences,  ^^igriculture 
et  belles-lettres.  Faculté  de  théologie  de  l'é- 
lise réformée;  Collège  communal.  Étéché. 
Grand  et  petit  séminaire.  S? H)r  Population, 
^4*660  hab. 

L'origine  de  cette  ville  remont,e  à  Vannée 
ii44>  l'aile  doit  sa  fondation  a  la  haine 
â!une  oppression  qui,  de  toutes,  était  la 
plus  odieuse  parce  qu'elle  attaquait  la  pu- 
deur, le  droit  de  possession  et  tes  sentiments 
délicats  auxquels'  lés  hommes  attachent  le 
plus  de  prix.  Sous  le  régime  féodal ,  la  plu- 
part des  iselgneurs  avaient  intt'oduit  le  droit 
odieux  de  coucher  avec  la  nouvelle  mariée 
d^un  de  leurs  vassaux,  la  première  nuit  des 
poces  et  avant  que  Tépoux  entrâC  dans  le  lit  ; 
privilège  indécent  que^  les  seigueurs  exercè- 
rent pendant  trop  loug-tempS  sur  les  nouvel- 
les épousées  de  leurs  (iefs.  Ce  droit,  appelé 
prélibation,  cuhsage,  vrémices  ou  déflorent, 
qui  prouve  Texcès  de  (a  barbarie  des  mœurs, 
je  la  frénésie  délirante  des  seigneurs  féodaux 
et  l'esclavage  des  ()eu))Ies ,  était  perçu  non- 
âeulement  par  les  seigneurs  laïques,  mais 
encore  par  lés  moines,  les  abbés  et  les  é\è- 
ques.  Les  abbés  du  monastère  de  Montau- 
riol  exerçaient  ce  droit  dans  toute  sa  pléni' 
tude  sur  leurs  jeunes  vassales.  En  xi44)  les 
habitants ,  indignés  de  ce  honteux  assujet- 
tissement, réclamèrent  la  protection  d'Al- 
phonse ,  comte  de  Toulouse,  leur  seigneur 
suzerain.  Celui-ci,  ne  pouvant  priver  1  abbé 
de  ses  droits  seigneuriaux ,  offrit  aux  babi- 


DÉPARTEMENT  DE  TARN-ErT-GARÛNNE. 


tints  de  leur  accorder  sa  protecTion  et  des 
privilèges,  s'ils  voulaient  venir  s'é'ablir  au 
bas  d*un  chAteau  asseï  voisin  de  Tabliaye^ 
qui  lui  ap^rtenaii.  Le  local  était  beau  et 
oans  une  situation  avantageuse;  le  désir  des 
habitants  était  grand  de  secouer  le  joug  des 
abbés  ;  bientôt  Te  bourg  de  Tabbaye  fut  dé- 
serté ,  et  le  nouvel  emplacement  prompte- 
ment  couvert  d'habitations. 

Alphonse  et  Raimond  son  &b  donnèrent 
à  la  nouvelle  ville ,  qui  s'accrut  rapidement, 
le  nom  de  Mons  Awamu ,  d*où  s'est  formé 
celui  de  Moniauban.  L'acte  de  cession,  daté 
du  mois  d'octobre  ki44«  porte  la  clause 
expresse  que  la  ville  ne  sera  jamais  vendue, 
engagée,  inféodée,  ni  changée  en  un  aulne 
lieu. 

L'abbé  de  Montauriol  ne  vit  qu'avec  peine 
9ts  sujets  peupler  la  cité  bâtie  par  le  comte 
de  Toulouse  ;  il  n'avait  point  de  soldats  a 
opposer  à  ce  prince,  mau  l'autorité  papale 
pouvait  le  faire  triompher  :  Eugène  III  re- 
çut la  plainte  que  l'aobé  lui  présenta ,  et 
chargea  l'archevêque  de  Narboone  et  Tévé- 
que  de  Toulouse  de  poursuivre  vivement  le 
comte.  Il  ordonna,  de  plus,  que,  dans  le  cas 
où  Raimond  refuserait  de  restituer  à  l'abbé 
et  ses  wusaux  et  ses  dontUs,  qui  formaient 
la  plus  grande  partie  de  la  population  de 
la  nouvelle  ville ,  celle  de  Toulouse  serait 
mise  en  interdit,  avec  défense  d'y  adminis- 
trer d'autres  sacrements  que  le  baptême  et 
la  pénitence,  et  en  cas  de  nécessité  urgente 
seulement;  c'est-Â-dire,  que  les  Toulousains 
devaient  être  punis  du  prétendu  crime  de 
leur  seigneur ,  parce  que  celui-ci  a\'ait  bâti 
une  ville  pour  recevoir  des  malheureux 
échappés  à  la  tyrannie  et  aux  vexations 
atroces  de  quelques  moines.  La  démarche 
de  l'abbé  obtint  un  plein  succès  ;  le  comte 
de  Toulouse  fut  force  de  céder  la  moitié  de 
la  souveraineté,  des  rentes  et  des  droits  de 
Montauban ,  ainsi  que  de  toutes  les  terres 
[u'il  possédait  entre  les  rivières  de  Tarn  et 
ie  l'Aveyron.  Ainsi,  les  moines,  en  perdant 
quelques  droits  odieux,  accrurent  leur  puis- 
sance et  leurs  revenus. 

Lorsque  le  Quercy  fut  soumis  aux  Anglais, 
Montauban  ne  voulut  reconnaître  l'autorité 
du  prince  de  Galles  qu'après  que  ses  magis- 
trats eurent  reçu  à  ce  sujet  un  ordre  exprès 
du  roi  de  France.  Ses  portes  venaient  à 
peine  d'être  ouvertes  à  l'étranger,  que  Jean 
Ghandos  y  mit  une  garnison  de  5oo  hom- 
mes. Bientôt  la  tyrannie  étrangère  excita  l'in- 
dignation générale  :  soixante  villes  du  Quercy 
se  soulevèrent  à  la  fois;  le  prince  jeta  en 
vain  un  nombreux  corps  de  troupes  dans 


3; 


Montauban ,  ses  soldats  furent  chassés  ;  et 
dans  la  suite  les  Anglais  n'osèrent  qu'en 
tremblant  approcher  de  cette  ville.  Comme 
ils  en  connaissaient  l'importance,  ils  cons- 
truisirent dans  le  voisinage  quatorze  forts 
pour  l'affamer  et  la  bloquer  entièrement. 
Une  nuit  même  ils  s'introduisirent  dans  h 
rille  et  massacrèrent  une  partie  des  habi- 
tants ;  mau  les  autres  vengèrent  la  mort  de 
leurs  concitoyens ,  et  tous  les  ennemis  fo- 
rent passés  au  fil  de  l'épée. 

Montauban  fut  une  aes  premiôes  villes 
qui  embrassèrent  les  dogmes  de  la  reforma' 
tion ,  et  une  de  celles  qui  eurent  le  plus  à 
souffrir  des  conséquences  de  ce  changement 
de  religion.  En  i56o,  Jean  de  Lettes,  évè- 

3ue  de  Montauban,  et  son  officiai ,  avaient 
éja  embrassé  le  calvinisme  lorsque  les  mi- 
nistres Crescent  et  Yignaux  vinrent  prêcher 
publiquement  la  réforme.  On  essaya  vaine- 
ment de  s'opposer  aux  progrès  des  sectaires 
3ui ,  devenus  très-nombreux ,  s'emparèrent 
es  églises  et  en  chassèrent  les  prêtres  ca- 
tholiques. Le  féroce  Montluc  tenta  d'assié- 
ger Montauban,  mais  il  se  vit  bientôt  obligé 
de  l'abandonner.  Depuis,  cette  ville  devint 
le  ihéâtre  de  la  guerre  et  du  fanatisme  ;  les 
habitants  poussèrent  le  zèle  de  la  défense 
jusqu'à  l'héroïsme;  on  vit  de  ces  traits  de 
courage,  de  fermeté,  dignes  des  r^ubli- 
cains. 

Après  la  mort  de  Henri  IV,  Moniauban, 
qui  était  une  des  places  de  sûreté  des  pro* 
testants ,  affecta  souvent  une  entière  indé- 
pendance. En  1621 ,  cette  ville  entra  dans 
la  révolte  générale  des  calvinbtes.  Le  comte 
d'Orval,  fils  du  duc  de  Sully,  en  eut  le  com- 
mandement; des  retranchements  furent  élevés 
au-delà  de  l'enceinte 'foHifiée.  Cependant 
Albias,  Nêgrepelisse,  Caussade  et  Bniniquel 
étant  tombés  au  pouvoir  des  royalistes, 
Montauban  fut  serré  de  près  :  Louis  XIII 
s'avança  vers  la  ville,  qui  fut  investie  de 
trois  côtés  le  19  août  i6ai.  Tout  ce  que  la 
cour  avait  de  guerriers  illustres  vint  pren- 
dre part  à  ce  siège;  le  dUc  de  Mayenne  y 
fut  tué  en  attaquant  le  quartier  du  Mous- 
tier.  Dans  tous  les  combats,  dans  tous  les 
assauts,  les  Montalbanais  furent  vainqueurs; 
les  femmes  même  prirent  les  armes,  se 
formèrent  en  corps  régulier,  et  oombattiretit 
sur  les  remparts.  Enfin,  le  7  novembre,  Tar- 
mée  royale,  affaiblie  et  humiliée,  fui  forcée 
de  lever  le  siège ,  après  trois  ohms  de  tran- 
chée ouverte.  ^  • 

En  1675,  des  iropôis  extraordinaires  oc- 
casionnèrent une  révolte  dans  la  Guienne*; 
les  protestants  du  Quercy,  invités  àfreDdm 


ARRONDISSEMENT 

part  à  la  sédition ,  s'y  refusèrent  constam- 
ncBt.  Cet  acte  de  fidélité  fut,  quelques  an- 
nées après,  récompensé  par  des  persécutions 
atroces,  connues  sous  le  nom  de  dragonnades, 
MoDtaubao  était  entièrement  habitée  par 
des  protestanis,  qne  l'on  résolut  de  conver* 
tir  de  force  au  catholicisme;  Ja  ferveur  de 
ces  reèigionnaires  était  entretenue  par  le 
souvenir  de  ce  qu'avaient  souffert  leurs 
pères  pour  la  liberté  de  conscience  :  il  n'y 
eut  aucune  conversion  volontaire.Les  moyens 
ordinaires  pour  convertir  les  obstinés  étaient 
Tevelusion  de  toutes  les  charges  et  de  tous 
les  emplois  honoraUes  ;  les  récompenses 
données  à  tous  ceux  qui  se  faisaient  catho- 
liques ;  le  logement  forcé  des  gens  de  guerre; 
Jes  galères  infligées  aux  ministres  du  culte 
réformé;  les  procédures  prévôtales  cxintre 
les  protestants  qui  s'assemblaient,  etc.  Ces 
moyens  ne  suffisant  pas,  on  imagina  les  dra" 
gonnoilsj.  On  ne  sait,  dans  celle  circons- 
tance ,  qui  Ton  doit  trouver  les  plus  crimi- 
nels, oa  les  ministres  du  roi  qui  osèrent 
employer  ses  troupes  contre  de  faibles  su- 
jets et  déclarer  la  guerre  aux  mères  de  fa- 
miUé,  aux  chefs  de  maison,  aux  enfants 
encore  sons  la  garde  de  leurs  parents,  ou  les 
Uches  soldats  qui,  oubliant  les  droits  sacrés 
de  l'honneur  et  de  la  justice,  se  chargèrent 
d'une  aussi  méprisable  commission.  Les  dra- 
gons vivaient  à  discrétion  chez  les  protes- 
tants; il  y  en  eut  un  régiment  entier  établi 
à  Monlaaban.  Les  uns  se  faisaient  donner 
tout  ce  qui  leur  plaisait,  occupaient  les  bel- 
les chambres  des  maisons,  obligeaient  les 
enfants  et  les  femmes  à  se  servir  dans  les 
clioscs  les  plus  sales,  exigeraient  des  contri- 
butions ,  arrachaieut  le  nécessaire  aux  fa- 
'  milles  et  les  réduisaient  à  l'indigence  ;  les 
;  «très,  par  nn  raffinement  inhumain,  leur 
I  iaterdisaient  sans  pitié  le  sommeil ,  en  se 
faisant  bercer  le  jour  et  la  nuil  ;  ceux-ci 
insultaient  ouvertement  à  la  pudicité  du 
sexe  et  à  Thonneur  des  maris;  ceux-là  for- 
aient des  citoyens  infortunés  à  racheter 
leur  subsistance  et  leur  repos  au  prix  de 
leur  boute  ei  de  leur  infamie  ;  enfin ,  ils  se 
peruMftaient  des  actions  telles  qu'en  com- 
meiient  seuls  les  brigands.  Si  quelque  digne 
magistraty  désespéré  de  voir  l'autorité  du 
roi  aussi  honteusement  avilie,  écrivait  au 
ministre  ,  en  lui  i;^pondait  :  «  Sa  Majesté 

•  xçal  qu'on  fasse  éprouver  les  dernières 
«  rigueurs  ii  ceux  qui  ne  voudront  pas  se 

•  fidre  de  sa  religion  ;  et  ceux  qui  auront  la 
w  solUe  gloire  de  demeurer  les  derniers,  doi- 

•  ^ent  être  poussés  jusf{u'à  la  dernière  extré- 

•  mite.  >•  Qu'on  juge,  après  un  jwrcil  ordre, 


DE  MONTAUBAN.  9 

dicté  par  le  barbare  Louvois,  de  ce  que  les 
zélés,  les  faux  dévots  et  les  bas  valets  de 
cour  devaient  oser  et  faire. 

La  ville  de  Montauban  est  bâtie  sur  un 
plateau  qu'entourent  le  Tarn,  le  Tescou  et  im 
profond  ravin  ;  ce  plateau  est  élevé  de  60  à 
go  pieds  au-dessus  des  deux  rivières,  et  de  ce 
côté  ses  pentes  sont  très-rapides.  Placée  sous 
un  beau  ciel,  baignée  par  un  fleuve  naviga- 
ble, environnée  de  plaines  fertiles,  cette  ville 
est  devenue  une  place  importante,  et  sa 
prospérité  augmentera  beaucoup  encore 
lorsque  le  canal  du  Midi  sera  prolongé  jus- 
que sous  ses  murs.  La  ville  proprement  dite 
n'est  pas  très-grande,  mab  les  faubourgs,  où 
se  trouvent  les  principales  manufactures, 
sont  remarquables  par  leur  beauté  et  par  leur 
étendue;  on  dislingue  surtout  celui  cle  Ville- 
Bourdon,  qui  a  été  bâti  par  des  protestants 
diassés  de  Toulouse  en  iS^i.  Ces  faubourgs 
communiquent  avec  la  ville  par  Un  vaste  pont 
en  brique,  d'une  apparence  gothique  et 
d'une  grande  solidité,  (orme  de  sept  grandes 
arches  en  ogive.  Au  bout  de  ce  pont  et  du 
côté  des  faubourgs,  s'élève  une  porte  en 
forme  d'arc  de  triomphe  ;  à  l'autre  boul  est 
l'hôtel -de -ville,  beau  et  grand  bâtiment 
carré ,  flanqué  de  quatre  pavillons  ;  à  côté 
est  l'église  Saint- Jacques ,  surmontée  d'un 
haut  clocher  en  brique  composé  de  quatre 
rangs  d'arceaux  et  surmonte  d'une  flèche. 
L'intérieur  de  la  ville  n'offre  rien  de  bien 
remarquable  :  la  plupart  des  rues  sont  étroi- 
tes et  mal  pavées  ;  celles  des  faubourgs  sont 
droites,  larges  et  fort  propres.  Les  ancien- 
nes maisons  sont  en  Dri(|uc  et  à  toits  qui 
projettent  beaucoup  au-dessus  des  rues,  ce 
qui  les  rend  un  peu  sombres  ;  les  construc- 
tions modernes  sont  gracieuses  et  élégantes. 

Montauban  renferme  trois  belles  places , 

a  ni  sont  celles  de  la  Prélecture ,  la  place 
'Armes  et  la  place  Royale;  celle  dernière 
est  spacieuse,  carrée,  bordée  de  maisons 

Sropres  et  régulières,  à  façades  décorées  de 
oubles  portiques  en  brique  ;  à  chaque  an- 
gle débouche  une  porte  d'un  bon  style. 

La  préfecture  est  im  beau  bâtiment  élevé 
sur  une  place  qu'orne  encore  le  grand  et 
somptueux  café  de  l'Étoile.  Là ,  commence 
l'avenue  dite  des  Acacias,  que  six  rangs 
d'acacias  ombragent  ;  elle.mène  aux  Terras- 
ses :  ce  sont  de  charmantes  promenades  qui 
bordent  la  crête  de  4a  colline  du  Tescou,  et 
qui  sont  soutenues  par  des  murs  très-hauts, 
seuls  restes  des  anciennes  fortifications  de 
Montauban.  De  cette  position,  peu  ombra- 
gée encore ,  mais  irt's- fréquentée,  on  jouit 
de  perspectives  étendues  et  ravissantes.  La 


|0  DÉPAUTEMENT  DE 

Tue  se  promène  sur  la  riche  et  fertile  vallée 
du  Tarn,  sur  les  riantes  collines  du  Tescouj 
sur  la  magnifique  plaiue  intermédiaire,  qui 
semble  \m  parterre,  un  verger  continuels  ; 
puis ,  plong<*anl  dans  un  vaste  horizon ,  y 
cherche,  à  travers  les  nuages  et  les  vapeurs, 
les  formes  Actives  des  Pyrénées.  Quand  le 
temps  est  /a\orabIe,  celte  chaîne  se  distin- 
gue nettement  dans  sa  presc|ue  totalité,  quoi- 
que  éloignée  de  40  à  5o  lieues  de  Montau- 
ban  ;  l'horizon  semble  alors  décrire  un  arc 
d'une  merveilleuse  longueur,  et  présenle 
une  formitjiable  barrière  de  monts  hérissés 
de  pics  et  surchargés  de  neiges  éternelles, 
Les  environs  de  Montaiibau  offrent  encore 
d'agréables  promenades  sur  les  bords  du 
Tarn ,  qui  sont  embellis ,  au-dessus  de  la 
ville,  par  une  cascade  artificielle,  assez  haute 
et  d'une  grande  loiigueur ,  formée  par  une 
levée  qui  barre  obliquement  la  rivière.  Au- 
dessous  de  la  ville,  on  remarque  une  cascade 
semblable,  une  jolie  îJc  couverte  de  saules, 
et  un  grand  et  pittoresque  moulm,  dont  la 
forme  est  celle  d'un  château. 

La  cathédrale  esi  un  bel  édifice,  dont  la 
construction  a  été  achevée  en  1739  pai-  Tar^ 
chitecte  Larroque ,  qui  abandonna  le  plan 
d'abord  conçu  d'élever  un  clocher  sur  la 
coupole  du  milieu  de  régUse ,  et  remplaça 
cette  tour  par  deux  campaniljes  placés  des 
deux  côtés  c}u  frontispice,  et  surmoniés 
d'une  boule  dorée.  L'église  a  la  forme  d'une 
croix  grecque  de  87  mètres  de  long  sur  38 
de  large  :  vingt  piliers  en  pierre  de  taille, 
ornés  de  pilastres  d'ordre  dorique,  et  ayant 
1 4  mètres  de  hauteur,  supportent  une  voûte 
en  stuc  de  2 5  mètres  d'éiévaiion  au-dessus 
du  pavé  ;  seize  graudes  arcades ,  surmontées 
de  vitraux,  établissent  des  communications 
entre  la  nti  et  les  bas-côtés,  i^uî  sont  bor- 
dés de  chapelles.  L'autel  esl  isolé  et  placé 
entre  le  chœur  et  la  nef,  sous  la  coupole 
où  aboutissent  les  quatre  branches  de  la 
croix.  Un  perron,  composé  de  on/e  marches, 
règne  sur  toute  la  façade  de  l'église,  où  l'on 
entre  par  trois  portes  d'un  assez  bon  style; 
la  porte  principale  est  ornée  de  deux  colon- 
nes d'ordre  dorique,  isolées  et  accouplées  de 
chaque  côté  ;  les  deux  autres  portes ,  plus 
petites,  sont  accompagnées  de  pilastres  du 
même  ordi-e,  avec  des  niches  entre  les  deus. 

On  remarque  encore  à  Moatauban  :  la 
bibliothoffue  publique,  renfermant  11,000 
volumes;  i'évèché;  la  salle  de  spectacle. 

Cette  ville  est  la  patrie  de  Cahuzac,  poète 
dramatique;  du  jurisconsulte  Dubeiloi ;  de 
Le  i^'rauc  de  Pompignan ,  homme  estimable 
et  littérateur  distingué ,  auquel  la  ville  de 


TARN-ET-GÀRONNE. 

Montauban  fut  en  grande  partie  redevable 

cl*ùne  académie;  deCazalès,  un  des  ^âs 

Siiauds  orateurs  de  rassemblée  constituante; 
u  conventionnel  Jean-Bon  de  Saint-André. 

Fabriques  importantes  de  draps  commons, 
connus  sous  le  nom  de  cadis  deMonliubaii, 
de  moUelons,  bas  de  soie,  aaivon,  ccoa, 
£iïenee,  coux-de-vieL  Filatures  de  huBCL 
Moulins  à  foulon.  Amidonnerie.  Brasseries. 
Tantaeries. 

Commerce  de  ^ains ,  fariné ,  cuirs  fcfftj, 
draps,  laines,  huiles,  plumes  d'ofes,  épi(«- 
ries ,  drogueries ,  etc.  —  Entrepôt  de  com- 
merce de  plusieurs  villes  '  du  midi,  notam- 
ment pour  les  grains. 

A  i3  1.  x/2  de  Cahors,  xa  L  x/2  de  Tou 
louse,  168  J.  x/a  de  Paris. —  Hdlels  du 
Grand-Soleil,  de  France,  de  PEurope,  du 
Tapis  vert. 

HONTPE7AT.  Petite  vilje  située  à  6L 
3/4  de  Moniauban.  Pop.  3,796  bab. 

L'origine  de  cette  ville  est  inconnue,  miis 
les  monuments  que  l'on  y  voit  n'annoncent 
'  pas  une  haute  antiquité;  l'histoire  ne  com- 
mence a  en  faire  mention  que  vers  la  fin 
du  XIII''  siècle;  c'était  alors  une  chàtellenie 
qui  dépendait  des  comtes  de  Toulouse.  En 
12 14,  Simon  de  Montfort  s'empara  dn  chA* 
teau  de  Moulpezat,  dont  il  fil  raser  les  toun 
et  les  habitations.  Ce  chAteau  fut  rebéti 
lorsque  les  troubles  qui  désolaient  les  pro* 
vinces  méridionales  furent  eotièffemeot 
apaisés;  il  n'en  reste  plus  aujourd'hui  que 
quelques  vestiges. 

Mootpezat  occupe  le  sommet  d'une  col- 
line. L'église  paroissiale  fut  autrefois  décorée 
avec  goùc  et  possédait  des  tableaux  précieui; 
on  voit  encore,  dans  le  chœur,  une  longue 
tapisserie  divisée  en  seize  compartiments, 
qui  retrace  diverses  scènes  de  b  vie  de  saint 
Martin.  Deux  monuments  existent  aussi 
dans  le  chœur  de  cette  église;  ce  sont  dps 
statues  sépulcrales  représentant  deux  évé- 
ques. 

MONTRICOVX.  Petite  TJIle  située  à  6 1. 
de  Montauban.  Pop.  x,6oo  bab. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  la  rive  droite  de 
l'Aveyron  et  domine  une  vaste  plaiue  qui 
s'étend  jusqu'à  Moniauban  :  elle  est  ceinte 
d'une  muraille  percée  de  trois  portes  et 
ûanquée  par  trois  vieilles  tours  do  forme 
ronde  ;  un  fossé  peu  profond  4él«ndait  jadis 
l'entrée  de  celte  enceinte,  et  des  poiils-levis 
étaient  établis  aux  portes.  On  y  voit  un 
château  euticremeut  bâti  en   pierre,    qui 


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a'oilre  de  Ttaurqnable  que  la  jMotie  infé- 
rieure d^une  grande  tour  carrée,  ayant  à 
diaqiie  angle  une  tourelle,  et  la  chapelle 
des  templiers ,  qui  étaient  les  plus  anciens 
sâgneurs  connus  de  la  ville  de  Montricoux. 

L*é^ise  paroissiale  a  été  bâtie  par  les 
teoiplicrs  ;  elle  n*esl  séparée  de  leur  ancienne 
malâoii  que  par  k  cimetière,  qui  aenrait  aussi 
«ux  cbevaliers ,  mais  qui  était  jadis  envi- 
ffonné  d*un  cloî|re« 

Les  ardiiTea  de  la  lâlle  renferment  une 
foule  de  pièces  inédiles  fort  curieuses,  entre 
autres  une  charte  d*afiranchissement  et  de 
libertés  en  faveur  dei  habitants  de  Montri- 
coux, donnée  en  1176  par  FVançois  Rostoli 
de  Fos,  majtre  des  maisons  de  la  chevalerie 
du  temple. 

Exploitation  de  carrières  de  belle  pierre 
deUfUè.  ^  ' 

WÉGREPELISSE.  Petite  ville  située  sur 
la  rive  ^uchè  de  TAvcyron.  Pop.  3,ia6  h. 
On  ne  connaît  point  Torigine  de  cette 
ville ,  célèbrié  par  les  événements  tragiques 
cnit  Tonf  etisanglantée  pendant  les  guerres 
de  religion.  On  sait  seulement  qu'elle  avait 
litre  de  comté,  et  qu'elle  députait  aux  états 
de  la  province  du  Quercy.  Les  habitants  se 
distinguèrent  par  leur  z«e  pour  la  réforme, 
et  les  chefs  des  prétestants  y  trouvèrent 
souvent  des  secours. 

En  163  r ,  le  duc  de  Mayenne  s'empara 
de  cette  ville  et  du  châlcad  de  Négrcpelisse, 
06  il  plaça  une  garnison  de  400  soldats  du 
régiment  de  Taillac  :  on  les  logea  chez  les 
bourg^is ,  et  Ton  forma  dans  la  place  des 
magasins  considérables  pour  Tarmee.  Après 

'  b  levée  du  siège  dé  Montauhan,  les  pritici- 
panx  chefs  de  cette  ville  tentèrent  dû  la  dé- 
avrer  des  garnisons  qui ,  placées  dans  les 
Keux  voisins,  faisaient  continuellement  des 

«oiurses,  el  la  tenaient  en  quelque  sorte 
bloquée.  Vigneaux,  Vun  d'eux,  négocia  avec 
tes  habitants  de  NégrepcHsse,  et  ceux-ci 
résolurent  d'égorger  les  troupes  royales  nul 
étaient  dans  leur  ville ,  ce  qui  fut  iminédia- 
tement  exécuté.  Le  8  juin  162a,  Louis  Xin 
investit  cette  ville,  quMl  prit  d'assaut  le  10 
du  même  mois,  et  sur  laquelle  il  exerça  une 
horrible  vengeance;  tout  ce  qu'elle  conte- 
ikait  dliabitants  fut  passé  au  fil  de  Tépce , 
"tens  distinction  d'âge  ni  de  sexe^  Un  au  leur 
contemporain  de  celte  épouvantable  bou- 
Aerie  s'exprime  ainsi  :  «  Les  mères  qui 
«  s'étaient  sanvées  au  travers  de  la  rivière 
■  ne  purent  obtenir  aucune  miséricorde  du 
«  »ldal ,  qui  les  attendait  à  l'autre  bord  et 
«  les  tuait.  En  une  demi-heure  toul  fut  ex- 


m  MoirrAijBiLif.  h 

«  terminé  dans  la  ville ,  et  les  mes  étaient 
«  si  pleines  de  morts  et  de  sang ,  qu'on  y 
«  marchait  avec  peine.  Ceux  qui  se  sauvè- 
«  rent  dans  le  cnàtettu  Curent. contrainU  le 
«  lendemain  de  se  rendre  à  discrétion ,  et 
«  furent  tous  pendus.  Les  soldats  mirent  en- 
«suite  le  feu  à  la  ville,  laquelle  fut  tonte 
•  brûlée  en  une  heure.  Le  château  seul  fut 
«  conservé.  »  Ce  diâieau  existe  encore  au- 
jourd'hui :  il  est  dans  une  situation  très» 
pittoresque  sur  le  bord  de  l'Aveyron  {vpf, 
M  gtavate), 

JFaMquês  de  toiles  de  coton,  futaines.  — 
Commerce  de  farines,  gttûns,  vins  et  chanvre., 

PAMll^.T.  Bourg  situé  à  i3  L  i/a  de 
Mon^auban.  Fop.  x,6oobab* 

PUT-LA-ROQUE.  Petite  ville  située  à 
9  L  1/4  de  Montauban.  Pop.  a,i5o  bab. 

RÉALYILLE.  Petite  ville  située  sur  la 
rive  droite  de  rAveyrou,  â  4  L  de  Montau- 
ban. Pop.  3,o3o  hab. — Fabrique  de  mtnots. 

REYNIÈS.  Village  situé  sur  la  rive  droite 
du  Tarn ,  â  3  1.  1/4  de  Montauban.  Pop. 
600  hab. 

Ce  volage  possède  on  ancien  château, 
bâti- dans  une  agréable  situation,  sm*  hl  rive 
droite  du  Tarn.  Le  château  de  Reyniès  ftft 
assiégé  plusieurs  fois  pendant  leiT  guerres  de 
religion  qui  ont  désolé  le  Quercy.  C'est 
dans  ce  châteati  que  le  connétable  de  Lny- 
nes  s'abonchaen  xôai  aveeleduc  de  Rolian 
et  les  autres  principaux  chefs  des  protes- 
tants ,  pour  traiter  de  la  paix  iienaant  le 
siège  de  Montauban ,  où  fut  blessé  griève- 
ment le  seigneur  de  Reyniès.  Le  ciiâtcau 
de  Reyniès  fut  pris,  saccagé  et  en  partie  dé- 
moli par  le  duc  de  Vendôme.  Un  seigneur 
de  ce  nom  suivit  à  Paris  le  roi  de  Navarre, 
depuis  Henri  ÏV,  lors  de  son  mariai^e  avec 
Marguerite  de  Valois  ;  il  aurait  été  victime 
de  l'odieuse  journée  de  la  Saint-Bar ihélemr, 
si  M.  de  Vesins,  son  ennemi,  ne  l'eût  sauvé 
en  le  tirant  hors  de  Paris ,  et  en  le  condui- 
sant lui-même  au  château  de  Reyniès.  — 
fabri<jué  de  charrues  perfectionnées. 

SEPTFOUrDS.  Bourg  situé  à  7  1.  1/4  de 
Montauban.  Pop.  1,100  bab.— Exploitation 
des  carrières  de  pierre  de  taille  .d'une 
grande  dureté,  et  d'une  beauté  pai^fBil®; 
celle  pierre  est  inaltérable  a  l'air  et  con- 
serve parfaitement  sa  blancheur. 

VILLEBRUMIRR.  Bourg  situé  sur  la 
rive  droiie  du  Tarn,  â  4  I.  1/4  de  Montau- 
ban. Pop,  800  hab. 


12 


DÉPARTEMENT  DE  TARN-ET-GAKONNE. 


ARRONDISSEMENT  DE  CASTELSARRASIN. 


BBAUMONT-  DE  -  LOMAGNE.  Petite 

ville  située  sur  la  rive  gaurhe  de  It  GimoDe, 
À  3  1.  i/4  de  Castelsairasin.  Pop.  i,465  li. 
Celte  Yille  est  remarquable  à  la  fois  par 
la  régularité  de  son  plan ,  la  propreté  de  ses 
constructions,  la  beauté  el  la  feriilité  de  son 
terriloii-e.  La  vallée  de  la  Gimone,  dont 
Beauroont  est  le  clief-lieu  et  Tentrepôt ,  est 
productive,  gracieuse,  verdoyante,  fertile, 
et  surtout  riche  en  vignobles.  Beaumont, 
où  toutes  les  provisions  abondent  au\  prix 
les  plus  modérés ,  est  située  à  quelque  dis- 
lance de  la  rivière,  sur  une  pente  douce,  et 
construite  sur  un  plan  régulier  ;  la  ville  est 
distribuée  autour  d'une  place  spacieuse  et 
carrée ,  entourée  de  maisons  propres  el  jo- 
lies. Une  grande  roule  traverse  la  place, 
dont  le  centre  est  occupe  par  uue  halle 
couverte,  carrée  et  anssi  propre  que  spa- 
cieuse. Deux  des  côtés  de  la  place  sont  bor- 
dés d'arcades.  La  ville  ne  possède  aucun 
édifice  somptueux;  mais  elle  a  plusieurs 
belles  constructions,  la  plupart  neuves;  ses 
rues  sont  droites  et  larges ,  et  se  coupent  à 
an^le  droit.  Son  commerce ,  favorisé  par  le 
voisinage  de  villes  importantes,  est  fort  actif. 
— FabrHfue  de  grosses  draperies.  Tuileries. 
Tanneries. — Hôtels  Bios,  Desbaux,  Régis. 

BOUILLAC.  Bourg  situé  à  4  1.  3/4  de 
Castelsarrasin.  Pop.  i,3oo  hab. 

CANALS.  Village  situé  à  6  1.  3/4  de  Cas- 
telsarrasin.  Ki^  Pop.  45o  hab. 

CASTELSARRASIN.  Jolie  vilh^  Chef- 
lien  de  sous-préfecture.  Tribunal  de  pre- 
mière instance.  Collège  communal.  ^  \^ 
Pop.  7,093  hab. 

Cette  ville  est  bâtie  au  milieu  d'une  vaste 
et  fertile  plaine ,  dans  une  silualion  agréa- 
ble, sur  la  |)etite  rivière  d'Azineci  près  de 
la  rive  droite  de  la  Garonne.  Quelques  au- 
teurs pensent  quVIle  existait  déjà  du  temps 
des  Sarrasins,  mais  on  a  lieu  de  croire 
qu'elle  est  moins  ancienne;  elle  élait  toulc- 
fois  connue  dès  le  XII®  siècle.  Le  parle- 
ment de  Toulouse  y  chercha  un  asile  contre 
lej  dernières  fureurs  de  la  Ligue. 

(^stelsarrasin  est  une  ville  propre  et  bien 
bâlîc.  Elle  était  autrefois  entourée  de  murs 
el  de  fossés,  que  d'agréables  promenades 


ont  remplacés.  Quelques  restes  de  reia- 
parts,  deux  portes  parfaitement  semblables 
a  celiez  de  Toulouse,  et  le  poruil  gothique 
de  réglise  paroissiale ,  sont  les  seuls  restes 
d'anciennes  coDstructions  que  Ton  y  rema^ 
que. 

Fabriaues  de  serges,  cadis,  bonneterie, 
toiles,  cnapeaux.  Tanneries  et  teintureries. 

—  Commerce  de  grains,  huile,  salran»  etc. 

—  Hôtel  Mounié. 

CORDES  -TOLOSANES.  Village  situé 
sur  la  rive  gauche  de  la  Garonne,  à  1  1.  i/i 
de  Castekarrasin.  Pop.  85o  hab. 

Ce  village,  nommé  autrefois  Concordia- 
Tolosana,  coni>erve  des  restes  d'une  grande 
ancienneté  :  des  vestiges  d'aqueducs,  des 
vases,  des  médailles  qu'on  y  a  trouvés,  indi- 
quent qu'il  existait  du  temps  où  les  Ro- 
mains étaient  maîtres  des  Gaules. 

FINHAN.  Bourg  situé  à  4  1.  de  Castel- 
sarrasin.  Pop.  i,65o  hab. 

GRIZOLLES.  Tille  ancienne,  située  à 
51.  i/a  de  Castelsarrasin.  ^  Pop.  6,09c  h. 

Cette  ville  est  bâtie  sur  une  ancienne 
voie  romaine,  qui  de  Toulouse  se  dirigeait 
vers  Moissac  et  Agen;  plusieurs  tumulus 
existent  dans  son  voisinage  :  l'un  à  Partha- 
naïs  et  l'autre  à  Canals.  Placée  entre  ces 
monuments,  la  ville  de  Grisolles  ne  conserve 
point  cependant  d'objets  qui  annoncent  une 
grande  ancienneté;  toutefois  elle  jouissait 
d'un  certain  éclat  vers  la  fin  du  Xlir  siè- 
cle. Ses  habitants,  n'ayant  point  embrassé  le 
parti  de  la  Ligue ,  ou  ayant  abandonné  ce 
parti,  le  ligueur  Joyeuse  attaqua  GrizoUei, 
dont  Fénélon,  un  des  aïeux  de  l'archevêque  ' 
de  Cambrai,  était  gouverneur;  il  voulut  ré- 
sister ,  fut  pris  sur  la  brèche  et  pendu  par 
les  ordres  de  Joyeuse.  Les  ligueurs  pilierent 
la  ville,  mais  sa  situation  dans  une  contrée 
fertile  contribua  puissamment  à  son  réta- 
blissement, et  depuis  elle  a  joui  d'une  grande 
praspérité.  ' 

L'église  paroissiale  de  cette  ville  est  un 
édifice  du  XIV  siècle.  L'intérieur  n'offre 
rien  de  remarquable;  le  portail  seul  |iarait 
digne  d'une  description  {xirticulière;  il  est 
de  forme  ogi\e,  composé  de  dix  arcs  en  bri- 


*^j' 


EGLISE   n>E  MCISSAC. 


ARRONDISSEBIENT 

que  et  d*an  arc  extérieur  en  pierre  qui 
Krt  d'encadrement  :  huit  colonnes  en  mar- 
bn  des  Pyrénées  décorent  ce  portail ,  et 
sopportent  des  chapiteaux  sur  lesquels  on  a 
représenté  quelques  sujets  tirés  de  l'histoire 
sânie,  et  plusieurs  compositions  allégori- 
ques: CD  y  voit  rAnnonciatioD,  TAdoration 
des  mages ,  la  Cirooneision ,  la  Fuite  en 
Egypte,  le  Baptême  de  Jésos-Christ,  Jésus 
Kssascité,  etc.,  etc.,  etc.  Un  autre  bas-re- 
lief représente  un  bon  et  un  mauvais  génie 
pesant  lis  âmes  qui  ne  sont  plus  :  le  poids 
des  booâes  actions  Temporte^il  ?  le  génie 
du  bien  s'empare  de  l'ame  du-  juste,  et  lui 
indique  la  roule  des  demeures  célestes; 
mais  l'aine  a-t-elle  été  souillée  par  le  crime  ? 
le  génie  du  mal  en  devient  le  maître ,  et  la 
pndpiie  dans  les  régioos  infernales. 

Fabriques  de  coutellerie. 

LAVILLEDIEU.  Bourg  situé  à  i  K  z/4 
de  CasIelsaiTasin.  Pop.  800  hab. 

Lavilledieu-  est  une  ancienne  maison  de 
templiers ,  qui  devint  depuis  une  comman- 
derîe  de  Tordre  de  MaKe.  Baudouin ,  qui 
trïhit  le  comte  de  Toulouse ,  son  frère ,  et 
qni  depuis  reçut  le  prix  de  sa  félonie  à 
Montauban,  fîit  enterré  dans  le  couvent  de 
Villedicu.  Dans  le  XVII*  siècle,  les  Monlal- 
banais  attaquèrent  le  châtean  et  le  bourg  de 
«  nom  :  le  commandeur  de  la  Tourettc  y 
avait  mis  une  garnison  de  cinquante  hom- 
mes; mais  b  place  fut  emportée  de  vive 
force,  malgré  la  résistance  de  ses  défenseurs  ; 
00  y  mit  le  feu ,  et  pendant  long- temps  la 
onnmanderie  de  Lavilledieu  n'offrit  que  des 
monceaux  de  cendres  et  des  débris. 

-  LAVlT-DB-IiOMAGNE.  Petite  ville  si- 
tuée à  4  I.  1/2  de  Castelaarraain.  Popula- 
tion, T^65  hab. 

MONTECH.  Petite  ville  située  à  a  1.  i/a 
de  Castclsarrasio.  S!  Pop.  9,574  hab. 

Montecfa,  bâti  sur  un  point  élevé,  et  que 
pliBiears  écrivains  nomment  Mons  Mtius, 
jwrtaît  le  titre  de  château  en  laaS.  A  cetle 
*poque,  le  comte  Raimond  VII,  assiégeant 
Castelsarrasin,  avait  jeté  une  forte  garnison 
dans  Montcch.  Humberi  de  Beaujeu,  s'avan- 
^t  au  secours  de  la  place ,  à  la  tète  d'une 
Minée  fran^nise,  attaqua  Montech,  força  le 
diAteaa  après  quelques  jours  de  siège ,  et  y 
«  prisonnier  Othon  de  la  Terrède ,  ainsi 
que  plusieurs  chevaliers. 

Montech  fut  possédé  par  les  Anglais  lors- 
que ceux-ci  éleniiJrent  leur  domination  sur 


DE  CASTELSABBAto.  n 

la  Guienne.  En  i56i ,  les  protestants  de 
Montauban  ayant  chassé  tous  les  catholiques 
de  cette  ville ,  les  chanoines  de  la  collégiale 
vinrent  s'établir  à  Moniech.  La  garnison  ca- 
tholique postée  dans  celle  ville  faisait  des 
courses  jusqu'aux  portes  de  Montauban, 
enlevait  les  blés  et  les  bestiaux,  et  gênait 
extrêmement  les  communications  avec  l'A- 
genois.  Ces  motifs  engagèrent  les  protestants 
à  en  faire  le  siège,  et  au  mois  de  mai  1569 
ils  investirent  la  place  avec  une  armée  de 
six  mille  hommes  de  pied  et  de  six  cents 
chevaux.  Us  assiégés  se  défendirent  avec  la 
plus  grande  valeur,  et  forcèrent  les  protes- 
tants à  lever  le  siège. 

.  A  l'exception  de  quelques  restes  de  fos- 
sés, on  ne  voit  presque  plus  de  traces  des 
fortifications  de  Montech.  C'est  dans  cetle 
ville  que  naquit,  en  1754,  Dominique  Ca- 
therine Periguon,  que  sa  valeur  et  ses  ta» 
leois  militaires  élevèreut  au  grade  de  ma- 
réchal de  France ,  çt  qui  mourut  à  Paris  le 
a5  décembre  1818. 

NICOLAS-DE-lJK-eBAVE  (SAÏlfT-). 
Bourg  situé  à  a  I.  de  Castelsarrasin.  S 
Pop.  a,9Q5  hab.  II  est  bâti  dans  une  con- 
trée fertile  et  donne  son  nom  à  deux  varié- 
tés de  melons,  dits  aussi  melons  d'Avignon. 

POHPIGNAN.  Village  situé  près  dfis 
confins  du  département  de  la  Haute-Ga- 
ronne ,  a  6  1.  3/4  de  Castelsajrasin.  Pop. 
7ao  hab. 

Pompignan  rappelle  le  nom  et  les  tra- 
vaux d'un  grand  poète  et  d'un  homme  ver- 
tueux, dont  l'immense  fortune  fut  en  partie 
pendant  sa  vie  l'apanage  des  pauvres,  aux- 
quels ,  à  sa  mort ,  il  laissa  des  institutions 
qui  honorant  à  jamais  son  souvenir.  Le 
château  où  Le  Franc  de  Pompignan  mourut 
en  1784  est  construit  avec  magnificence;  il 
est  encore  habité  par  le  petit-fils  de  Tau- 
leur  de  Didon, 

POEQUIER  (SAINT-).  Bourg  situé  à 
1 1.  3/4  de  Castelsarrasin.  Pop.  i,5oo  hab. 
Le  sceau  ou  les  armes  de  ce  bourg  est  re- 
marquable en  ce  qu'il  offre  l'image  de  cet 
animal  immonde  proscrit  par  la  loi  de  Moïse. 

POU.PAS.  Bourg  situé  à  6  1.  de  Castel- 
sarrasin. Pop.  55o  hab. 

VERDUN-SUR-GARONNE.  Petite  ville 
située  sur  la  rive  gauche  de  la  Garonne ,  à 
8  1.  de  Castelsarrasin.  Pop.  4,a34  hab.  — . 
Fabriques  de  cadis.  Tanneries. 


H 


SÉPAKlCMiaVT  DS  t  AKN-BT-^AftONNÊ. 


ARRONDISSEMENT  DE  MOISSAG. 


..  AUVILLARB.  Petite  viUe  située  i  5  1. 
de  Moiasac  Pùp.  2,3oa  hab. 
•  Cette  ville,  oAtie  sur  une  hauteur  qui 
borde  ia  rive  gauche  de  la  Garonne  où  elle 
a  un  port  très^commercant ,  jouit  de  plu- 
sieurs aspects  variés  et  étendus.  On  y  voit, 
non  loin  du  port,  une  chapelle  bâtie  dans 
le  XIY*  siècle  par  Bertrand  de  Gol ,  qui 
devint  pape  sous  le  nom  de  Clément  Y,  et 
unît  ses  efforts  à  ceux  de  Philippe-le-Bel 
pour  déicuire  Tordre  illustre  dos  Templiers. 
Par  une  singularité  remarquable ,  le  mono- 
gramme do  Christ ,  formé  d*un  X  et  d'un 
P,  et  flanqué  des  lettres  A  (alpha)  et  O 
(oméga) ,  que  Ton  voit  sur  tous  les  édifices 
possédés  jadis  par  les  templiers  dans  le  midi 
de  la  France,  se  retrouve  aussi  au  sommet  de 
Tare  à  plein  cintre  de  la  chapelle  construite 
par  Cléhient  V,  persécuteur  de  cet  ordre. 
Cet  édifice  est  sous  rinvocaiion  de  stiin^e 
Catherine  :  l'intérieur  est  peu  remarquable 
et  ne  répond  pas  à  Taspect  monumental  de 
son  petit  portail.  —  Faïenceries. 

BOURG-DÉ-TISSAC.  Bourg  situe  £  7  I. 
à/4  de  Moissac.  Pop.  1,018  hab. 

CASTEL-S4GRAT.  Petite  ville  située 
à  5  1.  3/4  de  Moissac.  Pop.  i,5oo  hab. 

IIITNESJ.  Bourg  situé  à  âll.  i/a  de  Mois- 
sac. Pop.  r,5ao  hab. 

'  LACZERTE.  Petite  vîTle  située  à  6 1.  i/a 
de  Moissac.  Pop.  3,685  hab.  Elle  est  bâtie 
sur  une  hauteur,  près  de  la  petite  Bargue- 
lonne ,  dans  un  territoire  fertile  en  grains, 
en  vins  et  en  fruits. —  Commercé  dé  grains, 
vins  el  bestiaux. 

MAGISTÈRE  (la).  Petite  vifle  située 
près  de  la  rive  droite  de  fa  Garonne,  à^  6  1. 
1/4  dé  Moissac.  [sg  XP^  Pop.  1,935  hab.  — 
Fahriaues  de  minoterie.  -^  Commerce  Irès- 
consiaérable  de  grains ,  farines ,  pruneaux 
communs,  etc.; ce  commerce  est  très-suivi, 
principalement  avec  Moissac  et  Agen. 

Bt  AL  A  USÉ.  Bourg  situé  sur  Ip  penchant 
dl*une  colline ,  près  de  la  rive  droite  de  fa 
Garonne;  â  3  1.  i/a  de  Moissac  V^  Pop. 
lyxoo  hab. 


Ce  bourg  parait  «Toir  mw  origine  d- 
eienne  :  un  savant  recommandable,  M.  I^ 
rez,  V  découvrit,  il  v  a  quelques  années, 
des  chapiteaux  corintniens,  quelques  tmm 
en  mosaïque  de  diverses  couleurs ,  et  dm» 
coup  de  médailles  romaines.  Les  mines  di 
l'ancien  château  de  Malause  occupent  ai 
plateau  élevé  d*où  Ton  aperçoit  la  vilk  di 
Moissac. 

MOISSAC.  Ancienne  ville.  Çbef-4ieo  et 
sous  -  préfecture.  Tribunaux  dé  première 
instance  et  de  commerce.  Collège  commu- 
nal, i^  ^Qf  Pop.  i  0,1 65  hab. 

La  fondation  de  cetlç  ville  remoaic  à  une 
époque  fort  reculée.  Quelques  écrivains  ottt 
avancé  qu'elle  existait  déjà  à  Tépoque  où  Ici 
Romains  devinrent  maîtres  des  Gaules;  ma^ 
on  ne  |)eut  appuyer  cette  opinion  d'aucuna 
preuves.  Des  actes  au tlieii tiques  prouveol 
qu'elle  avait  déjà  une  certaine  imporiaDce 
vers  le  commencement  du  Vil'  siècle.  Trèi- 
anciennement  un  pont,  dont  ou  voit  encoi« 
des  restes  considérables,  unissait  sous  at$ 
murs  les  deux  rives  du  Tarn^  et  il  parail 
que  ce  pont  avait  été  fondé  sur  les  ruines 
d'un  autre  encore  plus  ancien.  ■ 

Une  tradition  absurde  attribue  à  Clovis  Ja 
fondation  d'un  monastère  à  B^oissac  ;  ioii$ 
lés  historiens  du  Languedoc  ont  prouvé  qfie 
le  vrai  fondateur  de  ce  monastère  est  saiat 
Amand,  évéque  de  Maëstricht,  qui  l'établit 
dans  le  Yll*  siècle ,  sous  le  régne  de  D^go- 
bert  II.  Plusieurs  souverains,  parmi  lesquels 
on  compte  Louis,  fils  de  Cbariemagne,etde 
Pépin  II,  enrichirent  celte  abbaye  et  lui  ac- 
cordèrent divers  privilèges. 

Pendant  les  guerres  que  serrent  le  comte 
de  Toulouse  Raimond  V  et  le  duc  d^Aqui- 
taine  Richard ,  ce  dernier  sVjnpara  du  châ- 
teau de  Moi^isac,  qui  fut  rendu  dans  la  suite 
à  Raimond  YI,  fils  et  successeur  de  Rai- 
mond V.  Au  commencement  du  ÎIIP  siè- 
cle, les  cix)isés,  ayant  à  leur  tète  Simon  de 
Montfort,  usur]>èrent  les  domaines  du  comte 
de  Toulouse;  le  14  août  121a,  ib  vinrent 
mettre  le  siège  devant  Moissac.  Les  habi- 
tants avaient  appelé  dans  leurs  murs  un  corps 
de  Routiers  et  quelques  Toulousains;  après 
s'être  défendus  pendant  quelque  temps,  ré- 
fléchissant mt  leur  hosition  et  sur  la  cruauté 
de  Montfort,  ils  résolurent  de  capituler , 


g 


JUIRONDISSEMENT  DE  MOISSAC. 


iS 


ma»  U  svntMm  s' j  opooM.  Enfin,  ajirèt  pliip 
sieun  combatt,  les  habiUnU  traitèrent  seu- 
Icaicat  a^ec  Montfort,  lui  ouvrirent  leurs 
nort»,  loi  lirrèrent  les  Toulousains  et  les 
3oo  Enutiers  qu'ils  avaient  fait  venir  pour 
leur  défense  ;.  œs  malheifreux  furent  massa- 
crés sans  pitié.  Les  habitants  rachetèrent 
leurs  qhûsoos  du  pUla§e ,  en  payant  cent 
marcs  d*or  à  Pavide  conunandant  des  croi- 
sés. En  se  soumettant  à  ce  chef ,  ils  avaient 
cédé  à  la  crainte;  mais  dès  qu'ils  crurent 
pouvoir  secouer  le  joug,  ils  U  firent  avec 
icmpressemect.  En  xai4>  secondés  par  Rai- 
|Bond  TI,  ils  attaquèrent  le  château  où 
[Montfort  avait  laissé  une  garnison;  celui-ci 
i  marcha  de  suite  ver*  Moissac  ;  Raimoud  fut 
obligé  de  s'éloigner ,  ei  Montfort  eutra  dans 
'Hoissac  dont  il  diâtia  les  habitants  qui,  se 
fimt  à  sa  générosité,  n'avaient  pas  aban- 
donné leurs  demeures.  La  tyrannie  exercée 
par  les  croisés  fut  longue  et  sangknte;  mais 
enfin,  après  dnq  années  de  souffrances,  les 
hahitanti  de  Moissac  forent  délivrés  de  leur 


Dans  PartHe  i6  du  Utûté  de  Paris,  de 
as9 ,  les  fortifications  de  Moissac  durent 
Kre  ratées.  Les  inquisiteurs  j  exercèrent 
msdle  leur  terrible  ministère.  Moissac  de- 
fidèle  à  la  France  pendant  la  guerre 
outre  ks  Anglais.  En  x346,  le  comte  d'Ar- 
oonvoqua  dans  cette  ville  une  as- 
Binblée  de  deux  députés  de  chaque  bonne 
liile  du  Languedoc,  afin  de  déKbérer  en 
1  sur  les  moyens  de  repousser  les 
èrangers.  Les  fortifications  de  Moissac  fu- 
imt  réparées  en  i35i,  ce  qui  n'empêcha 
f»  toutefois  celte  ville  de  subir  le  joug  des 
Anglais;  mais  dés  1870  elle  arbora  reten- 
dant de  la  pairie. 

Les  bâtiments  de  l'abbayé  de  Moissac  cou- 
vraient une  ti'ès-giande  surface,  mais  la  ma- 
jeure partie  a  été,  ou  détruite,  ou  consacrée 
i  des  élablisscmenU  publics.  On  parvient  à 
féçiise  vn  passant  sous  un  porche  qui  con- 
éint  à  un  pleristyle  carré,  orné  de  colonnes, 
ioQt  rarcbitecture  mâle  produit  un  très-bon 
kftt.  L'église  parait  beaucoup  moins  an- 
pcane  c|oe  le  porche  et  que  le  ]>éristyle,  et 
l'ofire  nen  de  oien  remarquable.  A  Ventre 
la  porche  est  un  arc  en  ogive  :  de  chaque 
)dte,  Qo  voit  une  haute  colonne  engagée 
bas  le  mur;  Tune  supporte  la  statue  de 
■ot  Pierre,  l'autre,  oelle  de  saint  Paul.  Ce 
ptfe  de  décoration,  inusité  dans  les  monu- 
imts  de  répocpie  où  celui-ci  fut  construit, 
fépare  en  quelque  sorte  au  sinsuUer  speo- 
Idc  que  présente  l'intérieur  dd  porche, 
|b  est  formé  de  deux  foces  latérales  et  du 


grand  portail  intérieur.  Des  bas-reliels  eii 
pierre  et  eu  marbra  recouvrent  ses  optes  :  à 
droite,  on  a  représenté  l'Annonciation,  l'A- 
doration des  mages,  la  Fuite  eu  Égypta;  à 
gauche ,  des  sculptures  singulières  attadient 
pendant  loua-temps  les  regards  des  sfMBCta- 
teurs.  Dans  la  partie  inférieure ,  l'artiste  a 
offert  l'image  delà  Luxure,  sous  des  formes 
qui  ont  beaucoup  de  rapport  i  celles  qu'on 
lui  a  données  à  Monti^orilloii  ;  àm  serpents 
s'enlacent  autour  de  la  partie  i^féneure 
d'une  femme  entièrement  umc,  e|  \çni  sucer 
ses  mamelles ,  tandis  qu'un  éiM»niie  crapaud 
s'attache  A  ses  parties  sexuei^s  ;  préa  de  cette 
fomne  est  un  démon ,  dans  .la  bouche  du- 
quel un  crapaud  verse  son  venuw  Le  bas- 
râlief  placé  a  eété  de  celui-ci  représente  un 
lliamme  ayant  sa  bourse  pendue  A  son  oon , 
et  portant  un  démon  sur  ses  épaules  ;  un 
pauvre  s'approche  et  demande  aes  secours 
qui  lui  sont  refusés  ;  nul  doute  qti*on  n'ait 
voulu  représentetJ'A varice.  On  voit,  en  ef- 
fety  dans  la  partie  supérieure'  des  bas-reliefs, 
le  Mauvais  Riche,  à  table  avec  une  fenune, 
tandis  qu'a  sa  porte  est  couché  -le  Lazare , 
dont  des  chiens  lèchent  les  pUies.  Plus  bas, 
on  remarque  le  riche  mourant ,  et  son  ame 
emportée  par  le  génie  des  ténèbres ,  tandis 
que  l'un  d  entre  eux  lui  montre  une  bourse 
remplie,  qui  indique  le  sujet  de  sa  condam- 
nation :  tout  auprès  est  une  femme  qui  re- 
présente la  Luxure  touimenlée  par  des  dé- 
mons ;  et  plus  haut ,  Famé  du  juste  reçue 
dans  le  sein  d'Abraham. — La  décoration  du 
grand  portail  a  été  l'objet  de  longues  contro* 
verses  parmi  les  savants  du  pays.;  l'opinion 
de  M.  Dn  Mège,  k  qui  nous  avons  emprunté 
cet  article,  ainsi  que  la  plupart  des  descrip- 
tions intéressantes  de  cette  livraison,  est 
qu'il  représente  Dieu ,  envirouné  des  signes 
caractéristiques  des  quatre  évangélistes ,  et 
les  vinçi- quatre  vieillards  qui,  selon  saint 
Jean,  étaient  plfK^és  sur  un  trône,  près  de 
celui  de  l'Étemel. 

De  l'église  de  Moissac ,  on  passe  dans  le 
cloître,  remarquable  par  sa  forme  et  par  les 
sculptures  dont  U  fut  orné  :  une  abondante 
fontaine  était  placée  dans  Tun  des  angles  ; 
le  pavé  était  composé  de  briques  sur  lesquel- 
les on  remarquait  une  foule  d'ornements.  Ce 
cloître  porte  une  date  certaine  ;  une  inscrip- 
tion atteste  qu'il  fut  bâti  en  isoo.  Des 
chapiteaux  chargés  de  bas-relie£i  représen- 
tant un  grand  nombre  de  scènes  du  Nouveau 
et  de  l'Ancien  Testament ,  supportent  des 
arcs  en  ogive  peu  élancés;  panni  les  scolp- 
lares  de  ces  chapiteaux,  on  en  i^emarque 
quelques-unes  tres-indécentcs. 


18  DÉPARTEMENT  DR 

LaTÎUe  deMoUsac  est  dans  ane  situation 
agréable  et  très-avantogcusc  poor  le  cont- 
merce  ma  le  T«m,  ^  y  ert  nanpible,  et 
que  Ton  passe  sur  un  beau  pont  ;  elle  est 
bien  bâtie,  dna  bb  spacieux  bassin  formé 
dé  ooteaiH  pittoresqnes,  d'aspects  variés, 
poirés  de  vignobles  et  de  Tergers.  Une 
asset  belle  promenade  a  été  (racée  sur  la 
rive  droite  du  Tsm  :  de  ses  allées  solitaires, 
on  voit  de  nombreuses  embarcations  re- 
monter le  fleuve  ou  descendre  vers  Bordeaux. 
Le  nouveau  pont ,  la  ville ,  le  clocher  peu 
élevé,  mais  pittoresque  de  Saint-Pierre,  la 
haute  colline  surmontée  d'une  croix  et  qui 
parait  peser  sur  les  dernières  habitations  si- 
tuées vers  le  nord,  sont  des  objets  que  l'on 
remarque  avec  plaisir  de  cet  endroit.  Un 
cours  ombragé  de  beaux  arbres  a  rein|>lacé 
les  fossés  de  Tancienne  enceinte  ^fortifiée. 

Commerce  considérable  de  très-belles  fa- 
rines qui  s'expédient  pour  le  Levant  et  pour 


TAEN-ET-GARONWE.  j 

les  colonies,  d'huiles,  safran,  vins,  laines.  ' 

A  7  l.  de  Montauban,  12. L  x/a  d'Ages, 
168  L  de  Vuu.'-Jiéteié^  Gnuttd  SoloL 

MOHTJOI.  Bourg  situé  sur  la  rÎTadrùte 
de  la  Saàne,  à  6  L  de  Moissac.  Pop.  900  k. 

HOHTAIGirr.  Bedle  vaie,  attiiM  «rli 
Seune,  à  5  1.  de  Moissac  Pop.  49<7*  k^ 
— Fabriques  d'étoffes  de  laine.  Tanneiàii 

•     ROQUECOR.  Bourg  situé  sur  la  Seune, 
à  10  L  de  Moissac.  Pop.  1,400  hab. 

VALENCE-D'AGEN.  Petite  v^e  située 
à  la  jonction  des  routes  de  Toulouse  et  de 
Montauban  à  Agen,  i  6  L  x/4  de  Moissac. 
E3  Pop.  ^,875  bab. — Fabriques  de  cuirs,— 
Commerce  et  apprêt  de  plumes  à  écrire  ;  on 
tire  une  partie  des  plumes  brutes  de  b  Rus- 
sie par  la  Hollande. 


riW    DU    DarAaTIMEVT    ni   TARS-ET-CAROBiai, 


UIPBIlfBHIB    DB    P1BMI«    DIDOT    rilÀlllS, 


EMOS  DE  LA  FRANCE 


CABTR   '^^^     'f^ 

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i»ruM^.â^rrm'*TH                          r^ 

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2r^ 

CAstres 

:   "^^'r< 

PITTORESQUE 


DE  LA  FRANCE. 


■■■•■■■•■•■■■• 


ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRAVERSANT  LES  DÉPARTEMENTS 

DB  SBDn-BT-OISB  ,  DU  LOIRET,  BU  CHEB ,  DB  l'iNBBB,  DB  LA  GBBUSB» 
BB  LA  HAUTB-TIBlfllB,  BB  LA  COBBEZB,  DU  LOT,  DB  TARN-BT-OAROmiB, 
BB  LA  HAUTB-OABOBniE ,  ET  COMMUllICATIOlf  ATBC  LB  DÉPABTBMBRT 
DB  L^ABlAOB. 

DÉPARTEMENT  DE  LA  HAUTE-GARONNE. 


VAft   MOXTAKaiS,    BOUaOU ,   UMOOU,   TUUB   KT  MÙKTkVhàX ,    183  MlOtt. 


S*  Buis  A  Hof  cat^urVanitM»  (route 


àtOuuàbirj).. 


ArfMt 

UCkaprile^Aacilloa. 


Ckarost. 


KcBTy-Painovx. 
CkAteaaitmx. ... 

Lotticr 

ÂtfemUm 

LeFay 


La  Tille-aa-Bran \y . . 


U  llMMNi-Rooce. 


5 

8 

4  0 

8  ■/> 

S 

3 

8 

3  i/a 
xjr..     4 
XiT. .     3  i/a 
W..     4 
3 

a 

5 

4 
4 


Limof  M 

Picrt^BiifBAm.  • 
MafiMic , 


User^e 

Saint-Pardonx. 


BriTot.. 


.\y. 


SooiUa 

Payrac 

PiNit-de-AodM.. 

PélMoy 

CaboA. 

UMaa«leiDe.... 

Caoasade 

Montanban 

Oriaollea 

SaintJory 

V    Toalooae 


..Ga. 


Communiratton  )e  SouUum  h  Mo»,  19  1.  1/2. 


è  TiTÎcn.. 


6  i/a 
6 


Panuen. 
Fois.... 


8  i/a 
4l/« 


61*  4r/69*  lÀvfMons.  (HAUii-GAtosHE.) 


«I. 


.     .^SIPJ^CT  QU  P^TS  QirC  PARCOURT  L^  YOTAfiSUi^ 

'  t 

IMK   POVPIGVAir    A   TOVI.OUIB. 

Uhk  lieue  après  Pom|n{;iuai,  on  trfiTerse  le  bourg  de  Gaatoiem  de  Stréfcmd, 

par  un  monticîile.  sur  leqi)el  s'élèyç  un  antique  diftteau«  Ef^sorlMit  de  ce  bourg,  on  , 

devant  plosiem^ SMusoni  ^fkasses.  vu^-tîs  dis  Capnttft,  ^nSb^  sitâé  à  draite  de  la  rovie,  i^ 
traverse  le  Len  sur  deux  ponts  ;  un  peu  plus  loin,  on  est  entre  Aeapie  et  Martres,  d^où  V^ 
découvre  une  belle  vue  «or  la  oûor^  ^^estoeux  de  la  Garonne  et  sur  les  charmants  paf»' 
sages  qui  bordent  ses  rives.  On  traverse  ensuite  Saint- Jory,  village  où  est  établi  le  rdsn 
d^po^an^pi^  <^  village,  la  roule,  aaien  droite,  entre  dans  une  licbe  vallée,  bordée 
d'un  càle  par  le  lers  et  de  Tautre  par  la  Garonne.  Gfetf  e  vallée  est  peonlée  d'un  giaal 
oémbre'  d^abitalions  éparses  et  d*a^ables  maisons  de  eampagne;  à  ganobe,  on  vnaét  b 
«i)lw  e^r^ariiii^  op^vcat  de  Bniguières,  bâiis  au  milieu  dSpne  des  plus  belles  «t  dcajpbi 
productives  contrées  de  la  France.  Au  village  de  I*Espinasse,  on  jouit  d*une  vue  eDcEan- 
teresse  sur  les  Pyrénées,  que  Ton  aperçoit  à  rhoriaon ,  et  sur  les  sites  frak  «i  gradeax 
qui  environnent  la  ville  de  Toulouse, .«u  Votk  ttsixerpar  le  foubourg  d^Amaud-Bemaid, 
en  travanant  le  canal  du  Languedoc 


DÉPARTEMENT  |>E  LA  HAUTE-GARONNE. 


APBEÇU   STATISTIQUE. 

La  dépiafliincnt  Jde  la>  Hau^it^ftiiwm  est  formé  da  Tauiçienne  généralité  âfi  Toulouse, 
qui  élisait  ptrtie  du  oà^vant  Haul-Ianguedoc.  Il  tiie  son  nom  du  CQWT*  sqpérieur  de  b 
Garotiçe  qvjt;^  a  partir  do  point  oà  epe  eptre  sur 'le  territoire  français,  traverae  œ  dépsr- 
tement  dans  toiile  sf  bôgti'ÇU^,  4^  siul-onest  au  nord-est.  —  Ses  limites  sont  :  au  nord ,  fe 
dépansmêiil  dêiTâm-îkrCaronnei  a  resl,  celui  de  l'Aude  »  au  sud-est,  celui  de  FAriége; 
au  sudj,  lés  monts  I^vénées  <mi  le  séparent  de  l'Espagne;  et  à  VoHies^.,  Ics.d^uurtçmeaU 
du  Ge)^5  et  its  Hautes-Pyrénées. 

Le  api  'd«  départéinént  est  éntreçoujM^  presque  partout^  sur fes  neuf diidèqies  de  sou 
étendue ,. de  coteaux,  d'une  loagiieur  inégale  et  4'^ne  médiocre  élévatioti,  qui  le  coupent 
en  divers  sens,  ei  eependant  à  d'assez  grandes  distances,  pour  que  les  parties  unies  ^ui 
les  séparent,  présentent airvoy(u;eQr  des  plaines  spi^euseS ,  fertilisées  par  de  bcUea  ri- 
rières  et  pJEkç un ^ grand  i^ônibre  oe  ruisseaux  :  presqi^  tons  ces  coieaiiz  sont  eouverts  de' 
vignes  qui  ttonAcnt  des  vins  de  médioore  qualité.  A  Textréoiitç  orientale  du  département,  '■ 
le  sol  ^ezfaaipse  et  commence  a  fonta^r  la  base  de  la  montagne  Noire  située  oaRS  le  dé- 
partement 4&^fAt)4e.  Au  sud,  il  est  hérissé  de  hautes  montagnes  qui  appartîenncni  à  la 
chake  des  Pyrénées,  entré  lesquelles  s^ou\Tent  des  ports  ou  coU  phjs  ou  msôns  aeceaafliles  ; 
la  Maladetta  (mon|aene. Maudit^}  dont  le  sommet  est  en  Espagne,  et  qui  a  sa  base  au 
pied  du  revers  méridional  du  port  où  passage  de  la  Picade;  lepic  Quairot  (Pio-Éqaarri), 
le  mont;  Crabère,  semblent  des  bornes  placées  sur  lea  confins  du  département  fiour  mar- 
quer h  séparation  de  la  France  et  de  l)Espagne.  La  parli^  svpérieuurei  de  cet  montagnes 
oflrcf  les  scébes  les  pbu  piuoresques  et  les  plus  magnifiqnea  :  là  sont  suspendues ,  au- 
dessu5  des  forêts  oui  couvrent  les  premières  zones,  des  lacs  glacés  d'une  profondeur  in- 
connue. Plusieurs  lacs  profonds  se  trouvent  enfermés  entre  ces  montagnes  ;  d'affireox  pré- 
cipices et  d'énormes  rccbers  nus  se  voient  assez  souvent  prés  de  beaux  pAtnrages ,  d'é- 
paisses forêts  et  de  riantes  vallées;  des  sommets  des  montagnes  d'Oo,  de  Tenasqne  et  de 
Çtabére ,  jaillissent  des  cascades  et  tombent  des  torrents  qui  vont  former  des  rfvîères^ 


ï     . 


H 


CASCADE    DE    CŒVB. , 


sÉPAicfBdgrr  ta,  ul  uLvn^aiJismtm.  3 

(te  fc  brait  énmM  «n  mttiia  <te  retraits  pnfeadei  «t  mHkmm.  iA  gwaiitiif  «t  b 
mille  infinie  àm  aspccli  et  dés  points  ée  voe,  le  métengetle  peyntya  rhen—nli  et  4*um 
Muie  «ttvage,  produisent  les  sites  les  pliD  pittorasques  qnè  Ton  niiiBie  itÉagiaer»  et  Jeltant 
kipeelateiir  (fains  one  espère  d'encfaentencnt.  Le  pente  ifes  meniiigoes  est»  pour  l|i  pUiporti 
de3o  i  40  de|^;  en  «|uelf|ties  endroits,  dks  §oiit  A  pic  et  droites  oemnaeiu  aùr;  quel* 
qwhenes  sont  en  surplomb,  c*cst4-dire  que  leuss  flânes  ee  lasdsent  dn  unniéra  que  In 
psrtie  sa|»êrieoi«  s'etrence  dans  la  lifçne  faori/outaife^  et  déborde  la  paitie  iQfiéne«i«  z  on 
nit  priaHiialeiiient  cette  lemarque  dans  les  raoolagnes  de  granité  et  de  çalraira  prinûtif  « 
d  il  nBpect  dn  sud;  leurs  somarats  paraissent  ijénMenaeni  aoeessililei,  excepté  œnx  des 
■oatapei  dY)o,  de  Qoaimt  et  de  Clarabidè ,  couverts  de  fiaœs  et  de  aiei||^  étemelles. 
La  dincfioo  des  pentps  et  des  fallées  est  en  général  du  nord  au  sud;  les  vaUées  les  pkM 
fralngèn,  les  plus  directes  et  qui  offrent  in  passages  les  plus  faciles  on  les  plua  fré» 
quaUs,  sont  eeUes  de  Luchon,  dans  laquelle  on  entre  par  le  pon  de  Venaaqiàe,  eello 
dH)Q^  cl  celte  qui  ouvre  un  passage  à  It  Gai^nne  par  reuaroil  appelé  le  Pottt-d»iRoL 

Le  d^iarfcBieat  de  la  Hauie-Oaronne  est  Justement  renomme  par  sa  grande  fertilité; 
switage  qu'il  doit  autant  à  Tinduètrie  de  ses  cultivateurs  qu'à  la  bonté  de  son  iol^  Laa 
récoltes  eu  grains  y  sont  ordinairement  prodi^euses ,  surtout  dans  Ja  partie  au  sud  de- 
Tooluose;  celle  qui  est  arrosée  par  la  petite  rivière  du  Peiit-Gef,  est  dbbtiimellement  en- 
Kmencée,  et  donne  des  récoltes  de  la  plus  grande  beauté.  Les  environs  de  Toulouse  for*- 
neni  une  des  plus  belles  et  des  plus  fertiles  ^plaines  qu'on  puisse  voir;  les  terres  des  en- 
nrons  de  Rieux  sont  si  fertiles,  qu'il  y  a  des  cantons  06  Ton  i^it  deux  récoltes  par  an. 
Cappens  sur  la  Garonne,  et  le  vallon  de  Moutesquieu  de  Vohrestre,  sont  aussi  remar* 
quibles  par  leur  fertilité. — Les  vignes  sont  un  objet  de  grande  culture,  et  c*est  même  te 
plus  ooittidérable  après  les  grains.  Quoique  sillonné  par  une  multitude  de  rivières  et  de 
niisKaux,  le  département  possède  peu  de  prairies  naturelles,  les  bords  des  cours  d'eau 
éUflt  presque  toujours  affectés  à  la  culture  des  grains;  les  prairies  artificielles  n'y  sont 
pas  000  plus  très-multipliées ,  mais  l'étendue  des  terrains  qu'on  y  affecte  devient  d'année 
CD  sonée  plus  considérable,  et  tend  à  s'accroître  encore.  —  Les  habitai  ions  rurales  sout 
céoèaInDent  éparses  sur  lout  le  territoire  de  chaque  commune,  et  cette  dissémination  de 
la  population  sur  une  vaste  étendue,  donne  aux  campagnes  un  aspect  fort  animé. 

Le  dimat  du  département  de  la  Haute-Garoune  est  doux  et  tempéi^  :  le  thermomètre 
jdexend  rarement  à  —  10  degrés  R.  pendant  l'hiver,  et  en  été,  durant  les  plus  fortes 
dttJeon,  il  s'élève  de  a8  à  +  3o.  La  température  moytmne  de  l'hiver  est  de  a  à  -H  3**; 
celle  do  printemps  et  de  laulomne  de  12  a  +  14;  celle  de  l'été  de  aa  à  +  a4.  A  l'ex- 
ception de  la  région  des  montagnes,  il  y  a  des  hivers  où  il  ne  tombe  presque  po^ut  de 
aeige;  mais  assez  ordinairemeut  la  terre  en  est  blanchie  deux  ou  trois  fois;  les  rivières 
ae  gèlent  que  très-rarement,  une  fois  au  plus  sur  dix  années,  et  seulement  encore  dans 
les  endroits  où  la  pente  de  Peau  est  peu  rapide.  Où  compte  annuellement  cent  et  quelques 
joun  d'un  ciel  pur  et  serein ,  autant  à  peu  près  de  jours  pluvieux ,  et  environ  la  même 
qtaotitè  de  jours  d*un  ciel  nébuleux  et  sans  pluie.  —  Les  vents  dominants  sont  les  vents 
amest  et  de  l'est  :  le  premier,  nommé  Sers,  tourne  quelc|uefois  au  sud,  et  il  est  alors 
Kcooqiagné  de  pluie  ;  quand  il  décline  vers  le  nord ,  il  devient  sec  et  osses  firoid  (c'est  le 
^vnt  le  plus  dominant).  Le  vent  d'est ,  ou  Autan ,  tourne  quelquefois  un  jpeu  au  nord  , 
•Mdie  avee  assex  de  permanence ,  et  est  accompagné  de  beau  tenip»;  lonquil  décline  vera 
bnd,  3  n*cst  pas  de  longue  durée,  mais  il  amène  les  orages.  Ge  vent^  ordinairement 
ipéable  en  liiver ,  est  incommode  en  été  par  sa  chaleur  pénétrante  qui  cause  un  abatte- 
■est  général,  de  violentr  maux  de  tète  et  de  vifs  ressentimenu  des  douleurs  habituelles  } 
^ue  la  terre  est  humide,  il  favorise  et  accélère  La  végétation;  mais  dans  les  terrains 
wnaeox,  il  flétrit  et  dessèche  les  firuiu  et  tes  fleurs. 

Le  département  de  la  Ilaute-Oaronne  «  pour  chef-lieu  Toulouse.  B  est  divisé  en  4  «r- 
ntidissements  et  en  3g  cantons,  renfermant  607  eoinaiBndB.-^uperfcie,  SaS  L  earréee» 
-Popubtion,  4^7,856  habitants. 

1lnKiiAi.oon.  Mines  de  fer,  cuivre,  plomb,  xine,  antimoine,  bismuth,  cristal  de  r«eba* 
Vooille,  jayet.  Paillettes  d'or  dans  la  Garonne  cl  le  Sahit  Carrièns  de  marbre  de  lêiilM 
•Miami  et  do  ■Mrbre  slatiiaii«,  granité,  grès,  ardoises. 

Sooacu  luiriaALBs  à  Bagnères-de-Lucbon ,  i  Barbaxad,  Encaotse,  FIourenA.  flonrei 
idèeàSalies. 

'  61, 


4  '  DÉPAKTBBIENT  HB  lA  HAUTE.  OÂKOimÊ. 

PMMMwnom.  Toutes  opèoei  de  oérédes,  mais,  millet  ooir,  aarrasin,  pomaet  de  ien^ 
tous  les  lépnncs  secs,  «1  en  aboudmoe,  lin,  mebns  en  pleine  terre,  chAtaigoes,  tnifia, 
tabae,  quantité  de  plantes  indigènes  et  exotiques,  arbres  fruitiers,  ona^rs  pour  ks 
fleurs. — 54,000  hectares  de  vignes,  produisant  annoeliement  65o,ooo  hectolitres  de  vin, 
dont  environ  990,000  sont  consommés  sur  les  lieux,  et  le  surplus  livré  au  commerce;  la 
principaux  vignobles  sont  situés  dans  les  arrondusemenis  de  Toulouse  el  de  Muret;  sa 
en  trouve  peu  dans  celui  de  Saint-Gaudens,  et  enoore  moins  dans  celui  de  ViUefranche. 
Les  principaux  crus  sont  ceux  de  Tillaudric,  Fronton,  Montesquieu  de  Volvestre,  Cap- 
pens,  Buzet  et  Cugnaux. —  69,739  hectares  de  forèu  (arbres  verts  et  feuilhis).  —  Grand 
et  petit  gibier  (pndrix  rouges,  bécasses,  gclÎDoltes,  ooas  de  bruyères,  ortolans,  ours, 
loups ,  différentes  espèces  d*ajgles).  —  Grande  variélé  Je  poisson  de  rivières  et  de  lia 
(truites  communes  et  saumonée).  —  Billes  races  de  chevaux  et  de  bseufe;  beaucoup  ds 
mulets.  Anes,  moulons;  quantité  de  porcs  et  de  volailles,  notamment  d*oies,  dont  il  le 
fait  une  immense  consommation  :  ou  en  sale  la  plus  grande  partie  pour  les  conserver 
comme  provision  de  ménage;  leur  foie  sert  i  îaan  des  p&tés  estimes,  qui  s*expédieBt 
principalemeni  aux  marcbauds  de  comestibles  de  Paris. — Peu  de  vers  à  soie  et  d'atidllei. 

Iv ocjSTRXK.  Manufactures  de  grosses  draperies,  ras,  cadis,  bnrats.  Fabriques  de  toiles  i 
voiles ,  couvertures  de  laine  et  de  coton ,  ruban  de  fil ,  faux ,  jwterie  d'etain ,  bougies. 
Distilleries  d'eau-de-vie.  Filatures  de  laine  el  de  colon;  scieries  de  marbre;  forges  à  fer; 
ferblanteries;  fonte  et  laminage  du  cui\Te  ;  faïenceries;  verreries;  tuileries:  amidouncries; 
tanueries;  niaroc|uineries  ;  fours  à  trisiaux.  Fonderies  de  canons  ;  poudreries  etralfineries 
royales. — Manufactures  royales  des  tabacs.  —  Émigration  annuelle  de  cbaudronnîeny  re- 
mouleurs et  autres  ouvriers,  qui  vont  exercer  leur  industrie  en  Espagne. 

r  CoMMKRCK  de  grains  et  de  farine  pour  les  colonies,  eaux-de-vie,  huiles,  savons,  binei, 
pâtés  renommés,  oies  salées;  grand  commerce  d'épiceries;  entrepôt  du  fer  de  l'Ariége, 
et  d*un  grand  commerce  entre  l'Espagne  et  les  départements  de  rmtérieur. 


YILLEt»    BOVRÛt,  VILLAGES  9    CHATEAUX    ET    ItOMUXElfTS    EEMAEQUABLES; 

CURIOSITES    NATURELLES    ET    SITES    PITTORESQUES. 

^— ^ 

ARRONDISSEMENT  DE  TOULOUSE. 

CADOCRS.  Village  situé  à  6  1.  de  Tou-  FLOURE5S.  Village  situé  à  9  L  z/4  de 

Pop.  937  hab.  Toulouse.  Pop.  3oo  hab. 

^^n^î''-  ^^'l'  ^"^  "*"f  Ç"^^"  **«^  iiiirBa^L«i  ni  PLOxranrs  t. 

canal  du  Midi,  sur  la  grande  route  de  Tou- 
louse è  Garcassonne,  à  a  I.  de  la  première         La  commune  de  Flourens,  une  des  pks 

de  ces  deux  villes.  V^  Pop.  1,064  hab.  riches  du  département  de  laHauie-Garoime, 

Castanet  est  un  bourg  fort  agréable,  em-  possède  une  fontaine  d*eau  minérale,  oon- 

belli  et  animé  par  le  voisinage  du  canal  ;  il  nue  sous  le  nom  de  Sainte-Madeleine,  dont 

est  surtout  remarquable  par  l'abondant  ter-  *»  ««««  sourdent  près  de  la  grande  route 

ritoire  qui  l'enioure,  et  par  la  prospérité  àe  Toulouse  à  Castres,  dans  un  petit  vnUon 

générale  qui  règne  dans  ses  habiuUona,  allongé,  d'un  aspect  agréable.  Ce  vuHonest 

toutes  propres  et  généralement  bien  bâties.  fo™e  par  deux  coteaux  couverU  de  chênes. 

séparés  au  nord-est ,  dans  une  étendue  de 

CASTELNAU-DESTREFONDS.Bourff  5^0  mètres,  par  une  double  allée  de  peu- 
situé  sur  la  grande  route  de  Mootauban  à 

Toulouse,  à  5  1.  de  cette  dernière  ville.  ^ 


Pop.  1,800  hab.  n  est  bâb  au  pied  d*un  i.  Noos  devons  eetle  notioe  k  M.  le  .__, 

monticule  sur  lequel  s'élève  l'ancien  château      Cany,  médecin  inspecteur  des  tmaa  minérales  de 
ou  oistel  auquel  il  doit  son  nom.  Floareos. 


AUlOinnSSEMENT  DE  TOULOUSE.  ê 

|liai,  te  nppndumt  ensuite  au  sud-eit  en  iSai,  par  M.  Magnèa  jeune,  ^ihannadea 
pour  fonncr  une  gorge  dont  les  côtés,  douce-  i  Toulouse,  el  par  une  conuniision  de  mè- 
nent mcUoés ,  sout  sillonnés  de  petits  sen-  decins  el  dé  pluutnaciens  de  la  même  ville, 
tiers  sinueux  qui  oflreni  un  bois  touffu  d'un  nommée  par  le  préfet  de  la  Haute-Garonne 
aspect  très-pilioresque.  Cest  vers  le  milieu  en  iSaa. 

de  ce  joli  vallon  que  s*élève  la  belle  fon-         La  commission  a  reconnu  :  x*  aue  cette 

taioe  de  Sainle-Maddeine ,  a  laquelle  on  eau  contient  de  Tacide  carbonique  libre,  des 

atrÎTe  par  plusiears  avenues  garnies  de  deux  carbonates  de  fer,  des  muriaies,  de  la  cbaux, 

iingces  d'arbres.  des  sulfates  et  de  Pair  atmosphérique  ;  a°  que 

La  source  de  la  Madeleine  a  été  déoou-  6  kUog.  de  cette  eau  ont  produit  o  grain  786 

vene  en  i  Sa  i  par  M.  Cany,  docteur  méde-  d*acide  carbonique,  ce  qui,  en  volume,  donne 

dn  i  Toulouse,  qui  en  a  été  nommé  méde-  o  litre  39,65 ,  c*est-à-dire  environ  le  quin- 

ân-itt^pecteur  par  le  ministre  de  l'intérieur,  zième  du  volume  de  Trau;  3**  que  ia,ooo 

le  3(  mai  i8a3.  L'établissement  des  eaux  grammes  d'eau  minérale,  limpide,  soumis  à 

de  Flourens  est  très-agréablement  situé;  les  l'évaporation,  ont  donné  pour  résidu  une 

malades  y  respirent  un  air  très-vif  et  très-  substance  d'un  jaune  doré,  pesant  9  gr.  375» 

par,  et  trouvent  autour  de  la  source  des  qui,  après  avoir  été  traitée  suocessivemen 

promenades  très-Jolies  et  très-variées.  par  divers  ageuts ,  a  fourni  : 

Saisoh  dss  xaux.  On  fait  usage  des  eaux  Muriate  de  soude a,a35 

de  Floums  toute  l'année,  mais  i>lus  parti-  ^  magnésie 0,240 

catièrement  depuis  le  mois  de  mai  jusqu'au  Matière  bitummeuse   ou 

■ois  de  novembre,  i  cause  du  préjugé  qui  résineuse 0,090 

semble  prescrire  de  ne  prendre  les  eaux  que  Sulfate  de  soude 0,88a 

dïns  la  belle  saison.  Le  nombre  des  mala-  —    de  chaux o,a33 

des  qui  frétfnentent  la  source  est  peu  oon-  Sous-carbonate  de  fer 0,938 

sîdérable,  attendu  qne  la  plupart  boivent  de  chaux..     3,6x4 

kseaux  i  Toulouse  où  on  les  transporte  de  magnésie    o,x75 

joameOement  Silice o,i35 

Prix  dv  looivist  kt  di  ia  niruiSB  Matièivs  végétales  ou  étran- 

JOuiiHAi.xiR£.  Le  prix  du  logement  et  de  la  g^res o,xa3 

dépense  est  relatif  aux  individus  :  il  varie  perte 0,7x0  "^ 

éfok  3  jusqu'à  4  et  ^  francs  par  jour.  .^_....» 

Tkniv  i>v  PRIX  DES  BAUX,  5  ocut.  ic  verTC.  9)375 

dfa,ue  de  cette«.u.  proe  4  l'«eo«etre de  ^  i,Teint..re  de  tourna.».  La  teimun 

HwhOB,  est  de  i,ooo6>.  Lonqu.  I  Mde  J^^^'j^     1^,  ,„i  fei,  p,„d«  «ne  coo- 

euteuMioe  .-«D  est  d^e  i»r  I  expo«t.on  ^«  »»«       P        pruJîle  de  pota».  loi 

à  rav,  la   pesanteur  se  porte  a  1,001 3 5.  7*"  "^  *■" i^..»ti„.... 

Elle  eJt  fnddie  et  limpirau  moment  où  <«°'>»«  °~  couleur  bleue, 
die  sort  de  la  fontaine;  elle  a  une  odeur  et         Propriétés  médxcxitales.  Les  pronriétéa 

ane  mveur  ferrugineuse  très-prononcées,  et  médicinales  des  eaux  de  Sainte-Madeleine 

kûsse  sur  les  parois  de  la  bouche  une  astric-  de  Flourens  sont  les  mêmes  que  celles  des 

liou  bien  manifeste;  toutefois  elle  n'est  pas  autres  sources  ariduh»  femigineuses  froides 

^o^réable  à  boire.  Exposée  à  l'air,  ceUe  de  France,  telles  que  celles  de  Cransac, 

esu  se  recouvre  d'abord  d'iipe   pelUcule  Forges,  Passy,  VaU,  etc.,  qui  jouissent  d'une 

irisée;  ensuite  elle  perd  sa  ckirté  et  prend  réputation  méritée. 

ane  couleur  rougeàtre  dans  Tespace  de  quel-         Ces  eaux  sont  toniques  ;  elles  produisent 

«pies  heiutss.  Recueillie  dans  des  vases  fer-  de  très-bons  effeU  dans  les  affections  des 

■es  hermétiquement,    elle   conserve  plus  voies  digestives  dues  à  un  étai  de  foOilesac 

kng-iemps  sa   transparence ,  mais  elle  bi  radicale,  dans  les  pâles  couleurs,  la  sura- 

perd  an  boni  de  douxe  à  quinze  heures,  et  bondance  de  la  lymphe,  la  débilité  gêné- 

après  une  journée  environ,  elle  n'a  plus  ni  raie  qui  Arrive  à  hi  suite  des  maladies  de 

odeur  ni  saveur  métallique;  on  trouve  alors  long  cours,  ou  qui  est  produite  par  des  per- 

an  foud  des  vases  un  dépôt  ocracé.  Sa  tem-  tes  abondantes.  Elles  sont  aussi  trèsnsfficaces 

pcraliire  est  de  -|-  i3»  Réaumur,  celle  de  contre  les  fleurs  bbnches  aloniques,  les  ca- 

rair  étant  à  l'ombre  de  -H  i6«.  tarrbes  chroniques  de  la  vessie,  les  incon- 

Propriktés  cmMiQuxs.  Les  eaux  de  Sain-  tinences  d'urine  occasionnées  par  riiiert|e 

Is-Maddeîne  de  Flourens  qnt  été  analysées  des  voies  urinaire»,  les  engorpnenls  ind^^ 


DÉPlft' 


BB  lA  HAVnMJJUMNE. 


vents  Ot^yMOBKS  ûtt  vSl^VMttMy   IM  I 

dns  flcroniteiMcs  y  de 

Elles  sont  botiiies  é|;slwwil  f» 
ver  le  ooars  de  Yèfcmtàm  férkutt^pie  dst 
fiemmies,  poiir  npueler  te  flux  meiMiMMl,  et 
wur  le  modérer  lmrsi|u*teB  leiicilcMcal  de 
ratérns  rend  eetto  éfWiiAtMo  trop  aboif 
dflnte.  EnQD,  enes  eonvwnacMt  dstis  toutes 
les  naliRlftes  astBenM|ues  où  m  pfweîpMs 
tedication  est  de  stintiler  les  organes  et  es 
redonner  i  leur»  IbncCioBS  PéMrgieq«*«lles 
ont  perdoe. 

UoDB  D^ADvnrxsrRATtoir.  Les  eaux  de 
Flourens  se  donnent  aiix  adultes  à  la  dose 
de  deux  à  trois  verres  te  nuftîn  à  jeun,  à 
Wie  demi-heure  d*intervane  l'un  de  Tautre, 
que  Ton  réitère,  selon  tes  cas,  dans  la  jour- 
née. 

On  peut  eonsniter  ht  TfoHee  sot  les  eaux 
minérales  acidulés  femt^ocnses  de  Sainte- 
Madeleine  de  Flourens  près  Toiribuse,  par 
G.  Cany,  dodeiur'mcdecin,  inspet^eur  des 
eaux  minérales  de  Ftoorens,  t  vol.  in-8*, 
Toulouse,  i8a4. 

FRONTOM.  Jolie  petite  viïïe  située  à 
7  L  de  Toulouse.  V)^  Pop.  3,aa5  hab.  Elle 
est  bien  bâtie  en  briques,  et  possède  de 
charmantes  promenades. 

C^KN ADE.  Jolie  petite  ville ,  située  à 
6  1»  1./4»  de  Toulouse.  ^  Pop.  i,%Ao  hab. 
Elle  est  régulièrement  bâtie,  en  briques, 
dana.  un  territoire  fertile  en  grains,  sur  la 
rive  droite  de  la  Save,  un  peu  au-dessus  de 
son  confluent  avec  la  Garonne. — Pubri^ues 
de  cadis,  ras  et  serges  communes.  Tanne- 
ries. 

LÉGUÉTIir.  Tilla^  situé  à  ^  1.  x/»  de 
Toulouse,  vy  Pop.  978  hab. 

LBVroNAC.  Bourg  situé  à  5 1.  de  Tou- 
I(Mise.  Pop.  75)o  hab. 

«ADILLELNK  (la).  Voj.  Floureits. 

HMITASTWG.  Boux|p  situé  à  5  1.  de 
loukuasaw  Pop.  x,i3â>hab» 

TOULOUSE.  Grande.  beHe,  riche  et 
très-ancienne  ville.  Chef-lien  d»  départe- 
ment. Cour  royale  d^où  rcHsorlisssnl.  las  dé- 
jnrtenients  de  I»  HbiHn-GaronBcv  de  TA- 
nége,  du  TSm  et  àe  Tar»et>Garooiie.Tri- 
ftunaox  de  première  instance  el  de  eom- 
merre.  Chambre  et  heime  d^roBunetct. 
Chef-Kev  de  W  ro^  division  mililaipe.  llàtel 
des  monmiiei^  (leitre  M).  Archevéehé.  Aca- 
démie nnivm^irei  Faculté  dé  droit,  des 
sciences,  des  Yefim,  er  de  théologie  pour 
la  confession  heKétique.  Académie  royale 
^spieneet,  loieriptiow  at  bettas^etlMs. 


dMSl 

i393.  Sœîél 
inrfc  Société  anchéologîqvo  du  1 
Pranoe.  Société  des  heanx-«rts.  Éoals 
de  «Mleciiio.  École  d'nfCiUarie. 
tieale  royale  vétérinaire,  fiéaiinairti  diooè- 
snin.  S^Qf  Pop.  5^,630  haU 

Il  est  pas  de  villes  on  Fnmco  dont  ron- 
gine  soit  aussi  ancienne  que  eeDe  de  Ton- 
Mnae;  quolquea  aïOws  préleadesl 

rsa  fonriolion  cal  pins  ancienine  <|iie  c 
àome.  Ce  qui  poMît  eonstant,  e*cst 
celle  viiie  a  efieciivement  élé  uao  des  1 


modes, 
llerissanta 


^  fhia  populeosea  et  des  pias 

ites  de»  C 


cités  de»  Gaules ,  chef  lien  da 
pays  hahilé  pa»  les  VokesTcelasageft.  V^iibé 
Audibert ,  qni  *  fail  sur  ee  sujet  one  sa- 
vante. déssartUsan,  anajfftinm»  d'nprès  ph»- 
sicttrs  mené—  nH  détonveito.  dans  le  Sdi 
appelé  TseiBeTouloiiie»  nnnirr  le  ifmtiwst 
do  pins  gsnnd  nemhro  dea  hialenea»,  9K 
eeMe  vile  a  cemmanisé  d*exM%er  dons  Fe^ 
droit  qui  porte  ea  neas*  et  qn»  cet  tfoiiné 
d'une  isrte  lieim  de  h  ville  actofllk;  il 
]iroiive  ensnile  qno  Teqieuia  êleil  nae  «1- 
eienaa  colonie  foodô»  par  les  Grecs  de  Bt»> 
seiUe.  Les  Romains,  spass  awatr  cnnipiitii  le 

Cys  des  Yolces,  mirent  Toutense  an  mmo- 
e  des  villas  alliées,  de  leer  aépuhbque. 
Piw  lird ,  ils  y  étahlirant  vne  tiiloBie  qui 
devini  riche  et  puissMle  :  rewnmgede  PlB- 
léméa  et  des  médaillBs  de  ca  teflapSi  te»- 
firaaani  celte  déneoùnaiion,  dont  louttfois 
il  est  diffiofe  de  fixer  Vêpoi|ias  ci^el^  Les 
&oBuàns  aabeUiffcni  cette  ville  d^kia  cepâ' 
toK  dW  palais,  d'un  amphitiiéitre,  ei  de 
plusieecs  antres  édificea  publias  dôat  en 
voit  encore  quelques  misgri 

Lobs  de  L'icruption  dos  Umhves»  ks  hn- 
hitanlB.  de  Touleose ,  séduits  on  êpenvaaiés 
papcesBachofes,  embrassètent  leur  parti, 
et  fieeni  prisonmees  les  soldais  lomniiM  qui 
étaient  dons  hsor  ville.  Le  ooqsuI  Q.  Setvi- 
Hue  Cepiott,  ^ae  la  ni^ublique  vomaàie 
avail  envoyé  pour  gouverner  la  province , 
s'émut  ménage  dans  Toulouse  des  inlelU- 
gences ,  entra  pendant  ù  nuit  dans  ceUe 
viSsv  s*en  rendit  mailre^  et,  sous  prétexte  de 
punie  hb  Imhison  des  Toulousaiflfc,.  aban- 
donna leuB  ville  au  pillage^  On  croit  que  qe 
hil  après  ce  désastre  que  les  habitants  aban- 
donnèrent iiiaen.siblemeot  leur  ancienne  vilfe 
d  jeièrent  les  fondements  de  la  nonvefli;. 
licnlàt  son  eammerce»  ses  éc(»les  1^  peiadiji- 
fenl  célèbre.  Au  «ommencemeni  dai.  V  siè- 
cle, les  yaudal«>&  déMtlereiit  tout  le  pi^, 
mais  Toulouse  fut ,  dit-on,  préservée  de  œ 
fléau  par  ka  prières  et  les  vertus  de  au. 


■t, /anendireBi  MBiite,  «1  V»- 
bandoôiièrent  pour  passer,  tn  Stagne.  En 
4*^  itt  ▼■MDthn  ■entoèrtBt  è  TMiduse , 

r'i  iB«r  fat  cHè»  ftr  1  cmpHnur  Uononw  ; 
y  l'IÉHiwftnr  k  lié^  <!«  kor  empin  r  et 
Mtle  Tint  érviat  la  eap^akdtfleHTrojrnnie; 
péMii§alfw  doMl  die  jooiltÉiis  inlamipdon 
■I  n— tm  fPigt-liMt  aBk 
5o#,  CtoMWf  «ptèivroir, 
I  itatftMi  de  r^qttitanKy  eaM  un»  tfu- 
CMW  léHBfiBW  dan»  oette  ville^  Le  ra^Mmane 
âgTeeJpiue  eaue  d*eaciicer  dmis  daHe  eon- 
ipiflt,  «I  If arkenne  fat  alof»  te  chni-iiea  du 
fmf  fat  rerttit  Jdx  ▼isi^tlk.  Chairleangde, 
epfè»  âvmr  dèlïvré  VEgfsfbe  des  Samtoifts, 
fa«  le  wùjmmt  d'Aqnvlehié ,  doai  Tou- 
la &ipM9.  Cette  rille  pe^a 


M»  h  doafeitiatibo  de»  eoiMes,  ciii 
iM  fimmi  le  défendre  eoMn  Tiarf tfsion  oes 


Tbiileuse  fac  le  l^éânv  oà  divers 
fareM  fem»  et  eà  oei  aueniblées 
giaérjtiLâ  de  la  chrétieMé  signatèreiit  par 
de»  artee  éffatanls  leur  saofénme  penssaoee. 
Après  la  répudtatioii'd'Éléonere  d^Aqurfarme 
par  Lonfa  le  ^iiiie,  cette  tille  fat  aariégée 
par  fifedri,  roî  d'Angleterre,  qai  fat  ebhgé 
oc  se  lefirer  après  trois  AOis  d'efforts  im- 
iSÊtM  pour  s^en  rendre  maifre. 

Ter»  fa  fai  dà  W  sîède,  le  lAiigvedoc 
firt  imniienté  par  les  Iroobki  qne  fit  mitre 
fa  acdis  dire  des  Albigeois,  et  RaimoiidTl, 
eonofe  de  Toulouse,  tut  accusé  de  favoriser 
fes  settaîrcs  et  d'en  négfiger  la  rethercbe. 
Aa  hnàt  de  cette  dootelre^  fa  papo  lAno- 
eent  OI  eoToîe  dans  les  états  m  ftaimond 
ftt>is  légats  chargés  de  chasser  âts  provinces 
■léricifooafas  les  hérétiques  onde  les  rame- 
aer  à  la  foi  ;  leurs  efforts  fnrent  tains,  et  le 
saeoës  ne  favorisant  pamt  leurs  entreprises, 
ils  doreat  se  retirer,  l^eu  de  temps  après 
avoir  quitté  Toulouse,  Fnn  «Peut,  Pierre  de 
Castemaa»  fut  assassiné  au  moment  de  s'em- 
barquer pour  traverser  le  Rhône.  Kaîmond, 
ajant  été  accusé  auprès  du  saint-siége  d'a- 
voir dooné  uu  asile  aux  assassins  dans  ses 
élafs,  fat  excommunié  par  une  bulle  publiée 
Cft  1 X99.  tJne  croisade  pareille  à  celles  qui 
avaient  été  entreprises  contre  tes  infidèles 
de  FAsîe,  tut  préenée^eo  Fiance,  du  consen- 
tevicnt  âa  roi  ;  et  pour  qu'il  d*y  eût  aucune 
diffiereBce  entre  cette  croisade  et  les  autres, 
fas  peines  réservées  aux  coupables  éraient 
ooouDUoes  aux  sectateurs  égarés  du  Christ 
cC  à  ceux  de  Mahomet;  de  même  aussi  les 
jCcoBApenses  promises  ài^  leurs  vainqueurs 
daienl  la  remise  de  leurs  péchés ,  le^  par- 
qua et  les  indulgences,  accordés  même  poor 


fai|fu»| 

Mal 

Le  pfe  fai  amie 
qnt>aa  fil  aamattr»,  Mar 
aa  garfmiet  ha  sept  chAtaaMx  ^a^passaéait 
fa  coBit*  êaxm fa  ^tinee^  et  oamaHlit  à 
fat  doBnrik*  ïtàmaÊaAâtk  BaiiiinJ  s»  rei^t 
m  «et  aflefc  A  Samt^iMéa^  at  sa  pvfama, 
au  Jasqc^à  fa  cfeiiitriÉey au  aiilfali  d^nafaafa 
iaiBrime,  detaai  h  porte  de  Féalne»  od  il 
fit  senaaail  d'abéi»  am  otdrea  dn  pape  et 
des  Mgata.  Le  senkeitf  ^vèlé,  oot  fa  fit  ealrer 
d^tt»  fa  teaipfa  aa  fa  frappant  de  varaas, 
d«paw  fa  porta  joaip'àPavtet,  aà  le  légat 
fai  iiliMaa  tofattgatioD  de  prendra  part  à  la 
croisMda  «aoum  mé  proprai  sniet».  SiaM»  de 
Moiitfort  aa  fat  déefaré  fa  chef;  la  pfapart 
de»  aaigaama  aùtrèréwi  dans  eette  milice 
odfanse  a» fafMitlirBa?  rarméa  aièala*  p#ès 
4»  5o,ooo  boaniea;  GarvaaMwaè  ei  Béxien 
MT  farent  fa»  premièrai»  tictidma.  L'tn^uisi- 
tioii  fat  établie  fmt  reelMpefaer  et  livier 
«u  aappUoe  fai AJbigeoii,  Vandoiaet  autres 
aeciaires  cpii  p^èefaiteat  eoertra  fa  lote  du 
elBV^é ,  tté  pVéfennOM  dé  Ronfte  et  la  ear> 
rtfption  dés  eMlfakutd^ftles  :  eN»  fét  d'abeixl 
eottfiée  aux  évétftes  on  A  des  prêtres  séi^- 
Bers  ;  mais-  enfin  les  dommiesans  forent  eliar- 
gés  exetosi^Hmafent  de  eet  adieux  mfai^lère; 
Saint  Domfakftfe  efV  frft  un  de»  principaux 
soutiens  :  oh  teft  encore  à  Totileme  la  mii- 
son  qurbabifàit  ce  moine  et  ses  inquisifeors  ; 
fa  me  où  momentanément  siégea  eet  hor- 
fttile  triimnal,  n'a  cessé  de  porter  fe  nom  de 
fne  de  llnqnisjtfon ,  et  elle  le  porfe  encore. 
Les  habitams  de  Tonlonse ,  après  avoir 
été  assiégés ,  pillés  pafr  FooVqnes ,  leur  été- 
one,  et  Simon  de  Hontfort,  tetir  nsurpa- 
ttrur,  se  virent  pendieint  long-temps  en  butte 
aux  déj^rédatrons ,  aux  furenrt,  aux  super- 
cheries de  ces  deux  brigands.  Après  s'éfre 
soumis  pat*  force  à  ces  tyrans,  et  avoir  tu 
leur  ville  démanf elée,  l'erTonfansafas  éprou- 
vèrent de  nouveaux  désastre».  Sfawn  de 
Montfort,  soupçotmant  leur  fidélité,  marcha 
avec  une  armée  formidable  contre  leur  vfHe. 
?our  éviter  les  maux  qu'on  leur  préparait , 
tes  habitants  envoyèrent  au-devant  de  ce 
général,  des  députes  pour  l'apaiser  et  ftrîre 
leur  soumh»ion'.  Montfort,  n'écoutant  <pie 
son  inhumanité^  et  tes  conseils  sanguinaifes 
de  Ironiques,  fit  arrêter  et  lier  ces  députés, 
et  tes  envoya  an  château  Narbonnals.  t'é- 
vêque  Foulques,  joignant  la  foin-herie  k  la 
cruauté,  offrit  à  Montfort  d'aller  lui-même 
à  Toulouse,  et  de  déterminer  tes  hahifanis 
à  venir  lui  demander  grâce,  afin  qn*étl^t 
tous  i  sa  disposition ,  îT  pût  s'en'  ren^ 


DÉFAKTEHEirr  DE  LÀ  HÀUTE-OAAOmiE. 


^     irir.  ttontlort  accepta  Toffine  ; 

révèqne  entra  amaitAt  dans  Toulouse,  mit 
tout  eu  usage  pour  pefmuder  ks  habitanu 
d'aller  ineoMamment  implorer  la  démence 
du  séoéral,  en  leur  nromettanl  qu'ils  se- 
ntent pardonnes.  ConnanU  dans  la  parole 
de  leur  pasienr,  les  Toulousains  lesuirirent; 
nnis  à  mesure  qu'ils  aninùent  devant  Mont- 
fort,  ils  étaient  arrèlés  et  chargés  de  fer. 
Une  si  noire  tmhisoii  jette  l'épouvante  par- 
roi  ceux  qui  venaienà  les  derniers;  ils  re- 
tournent en  fttvant,  rentrent  dans  leur  ville, 
et  annoocent  a  ceux  de  leurs  concitoyens 
qui  y  étaient  restés,  celte  malheureuse  nou- 
velle. La  désolaiion  se  répand  dans  tous  les 
esprits;  Tindigne  prélat  arrive  aussitôt,  Cut 
mettre  la  ville  au  pillage ,  et  par  ses  ordres 
Im  troupes  dépouillent  les  maisons,  violent  les 
fiUes,  ksfenunes,  et  laissent  partout  des  tnœs 
de  leurs  brutalités  et  de  leurs  brigandages. 
Le  peuple,  ind^né  de  cette  trahison', 
pense  à  défendra  ses  biens,  sa  vie  et  sa  li- 
nerté;  tous  les  citoyens  courent  aux  armes, 
s'aitroupenl  dans  les  rues  et  s'y  barricadent. 
Les  soldats  de  Mootfort  s'avancent  contre 
les  Toulousains;  nuiifl  ceux-ci  les  chargent 
avec  toute  Tardeur  que  peut  inspirer  le  dé- 
sespoir de  leur  situation,  en  font  un  car- 
nage horrible,  et  forcent  les  autres  à  pren- 
dre la  fuiie.  Mootfort,  piqué  de  tant  de 
résistance,  ordonne  de  mettre  le  feu  à  la 
ville;  mais  les  habitants  font  main-basse  sur 
les  soldats ,  les  poursuivent  de  rue  en  rue , 
et  les  forcent  à  fuir  de  nouveau.  Ne  pou- 
vant réussir  par  la  force,  M ontfori  a  recours 
à  la  trahison  ;  par  son  ordre ,  Tévéque  ren- 
tra dans  Toulouse,  où  il  publie  que  le  géné- 
ral des  croisés  se  repent  de  sa  conduite 
passée,  et  est  prêt  à  donner  la  liberté  aux 
prisonniers  et  à  vivre  désonnais  eu  bonne 
intelii(^ence  avec  les  habitants ,  pourvu  que 
ceux-ci  voulussent  rentrer  chez  eux  et  lui 
remettre  leurs  armes,  ainsi  que  les  tours  de 
leurs  maisons.  L'évèque  et  l'abbé  de  Saint- 
Semin  se  rendant  garants  de  cette  promesse, 
les  Toulousains  acceptèrent  cette  proposi- 
tion. Simon  de  MonUorI ,  instruit  de  leurs 
intentions  pacifiques,  fil  déclarer  par  les 
mêmes  prêtres  que,  pour  rendre  la  paix  plus 
authentique,  il  irait  le  lendemain  lui-même, 
suivi  de  ses  barons ,  la  signer  dans  Thôtel- 
de-viUe.  Il  s'y  rend  en  effet  à  la  tète  de  ses 
troupes,  fait  déposer  les  armes  aux  habi- 
tants; mais  à  peine  s'en  sont-ils  dessaisis, 
qu'il  s'empare  des  tours  des  maisons,  y  met 
sas  soldais  en  |[arnison;  puis,  par  la  plus 
aohv  des  perfidies,  il  .&it  arrêter  et  mettre 
i|ans  les  fers  les  principaux  citoyens  qui 


assistaient  à  la  réunion,  et  exige  pour  leur 
rançon  la  somme  exerbilBBle  de  trente  ■aifls 
marcs  d'argent. 

Bientôt  après  cet  amn|emefit,  Monlfert 
part  pour  aller  s'opposer  aux  propres  que 
le  jeune  Raimond  faisait  contre  loi  dans  Je 
Lsînguedoc.  K  peine  l'usurpateur  a-t-il  quille 
les  murs  de  Toulouse ,  que ,  ranimant  son 
corps  courbé  sous  le  fitix  des  ans  et  des 
.  malheurs ,  le  vieux  Raimond  sort  d'un  an- 
tique chftieau  qui  lui  servait  de  retraite  dnas 
les  Pyrénées,  et  pénètre  dans  la  capitale  de 
ses  états,  où  il  est  accueilli  avec  joie  par  les 
habitants ,  qui .  s'arment  tous  pour  sa  dé- 
fense. Montfort,  instruit  de  cet  événement, 
s'empresse  de  se  rendre  sous  les  murs  de 
Toulouse;  tandis  qu'il  médite  de  s'en  em- 
parer, une  pierre,  dirigée  par  un  des  assié- 
gés, le  frappe  i  la  têle  et  délivre  la  terre 
du  monstre.  Après  la  mort  de  Montfort,  le 
roi  de  France ,  cédant  aux  instances  réité- 
rées du  pape,  se  croise  contre  Raimond  et 
vient  mettre  le  siège  devant  Toulouse,  mi'il 
est  obligé  de  lever  après  aix  semaines  d'ef- 
forts inutiles ,  et  afra  avoir  éprouvé  des 
pertes  considérables.  Sur  ces  entre&iies, 
Raimond  YI  fut  enlevé  presque  subitement 
à  sa  famille ,  par  une  maladie  dout  il  fut 
atteint  au  mois  d'août,  à  Toulouse.  Dès  t*ia- 
vasion  de  ce  mal  inconnu,  il  perdit  U  pn- 
role.  Il  conserva  cependant  assez  de  con- 
naissance pour  donner  beaucoup  de  signes 
de  contrition  ;  on  lui  vit,  entre  autres,  bai- 
ser à  plusieurs  reprises  la  croix  du  manteau 
des  frères  hospitaliers  de  Saiut-Jean ,  dont 
il  avait  été  couvert  pendant  son  agonie.  U 
s'était  voué  à  cet  ordre  dès  répoc|uc  des 
persécutions  auxquelles  il  avait  été  en  butte; 
et  tous  les  malheurs  qu'il  avait  éprouvés  par 
l'intolérance  de  l'égltse,  n'avaient  point  suffi 
pour  étouffer  sa  dévotion.  Il  avait  fait  d*»- 
Dondantes  aumônes  aux  prêtres  et  aux  mo- 
nastères ;  il  s'était  montré  scrupuleux  dans 
l'accomplissement  de  toutes  les  pratiques  de 
piété  ;  et  dans  le  temps  où  il  était  excom- 
munié, on  le  voyait  demeurer  long-temps  n 
genoux ,  en  prières ,  aux  portes  des  éguses 
où  il  n*osait  entrer.  Mais  les  religieux  lui 
reprochaient  de  sentir  quelque  pitié  pour 
les  hérétiques,  de  ne  point  se  complaire 
dans  les  tourments  qu'il  leur  infligeait,  d**»- 
voir  même  souvent  dérobé  des  sectaires  «n 
supplice.  Ils  le  punirent  de  sa  pitié ,  non- 
seulement  pendant  sa  vie,  mais  encore  bien 
des  siècles  après  sa  mort  Sou  fib  ne  pot 
jamais  obtenir  que  son  corps  reç*U  les  hon- 
neurs de  la  sôptilture  ;  son  cerrueil  fut  dé- 
posé auprès  du  cimetière  de  Saint-Jean  4t 


ABBOKPySSKMBOT  DE  TOULOUSE. 


,  «B  tUendant  que  l'Église  permit 
Il  y  était  encore  au  xrV' siè- 
1  ooaune  il  était  en  bois,  et  que 
ne  prenait  soin  de  le  garder,  il  fut 
it  Je  XYl*,  et  ses  os  furent  dis- 
le  crioe  seul  de  Rairoond  YI  fut 
loo^-temps  encore  dans  la  maison 
'fia  hospitalien  de  Saint^ean  de  Toulouse. 
k  Sous  le  règne  de  Cliarles  IX ,  Coligny 
-leats,  sans  succès,  de  s*emparer  de  Tou- 
loase,  dont  il  dévasta  les  envurons.  Quelque 
|eaps  après,  la  nouvelle  de  la  fotale  journée 
|e  h  Sami-Barthélemi  servit  de  prétexte  à 
tottloose  pour  Texéculion  des  plus  horribles 
iHMera;  elle  fiit  annoncée  aux  capitouU 
far  ime  lettre  du  fameux  Joueuse ,  qui  n'é- 
nici!la  que  trop  la  haine  des  catholiques. 
'  •  En  ces  temps,  dit  un  auteur  conlempo- 
nia,  lei  catholiques  de  Toulouse  firent 
MBsi  oo  grand  massacre  de  ceux  de  la  re- 
ii^k».  Les  choses  s'y  passèrent  comme  s'en- 
tÙL  Le  dimanche,  huitième  jour  après  le 
nassacre  de  Paris ,  sur  les  huit  heures  du 
BMtin,  les  principaux  catholiques  eurent 
aïoiisseaeot  de  oe  qui  s*estoit  passé,  et 
ktiRs  du  conseil  secret  touchant  ce  qu'ils 
noieat  i  bire  ;  cela  fait ,  ils  s'assemblent, 
cl  au  sortir  de  œ  conseil  font  fermer  les 
paides  portes,  ne  laissant  ^iie  les  petites 
oavertes,  ès-quelles  ils  commirent  gens  pro- 
fres.  Incontinent  le  bruit  court  par  la  ville 
fae  ks  seigneurs  et  gentilshommes  avoient 
ciè  saccagés  dans  Paris.  Ce  ou'éiant  rap- 
parié à  ceux  de  la  religion  dudit  Toulouse, 
qui  cMoient  sortis  de  la  ville  dès  les  cinq 
bcares  du  matin  pour  aller  au  prêche  de 
OuHnet ,  les  ua«  turent  d*avis  de  se  retirer 
aiflcnn,  les  autres,  de  retourner  dans  la  ville 
^oer  ordre  à  leurs  affaires.  Quant  à  ceux 
fii  csloient  si  mal  avisés,  on  les  laissoit  en- 
Inr  paisiblement  en  telle  sorte  qu'on  rete- 
UNl  leon  épées  et  dagues  à  la  porte.  Sur 
k  soir,  les  corps-de-guxle  furent  posés  en 
<fivcn  endroits.  Mais  d'autant  que  plusieurs 
dMisetlIers  de  k  religion  estoient  hors,  afin 
<|e  les  attraper ,  on  ne  aarda  pas  les  portes 
«iioipieusement  le  lendemain  :  ainsi  entroit 
«  iortoit  qni  Youloit  sans  être  aucunement 
aquis.  Gela  estoil  fait  pour  attirer  aussi  les 
aalres  simples  gens  errans  sur  les  champs, 
dpoar  surprendre  les  villes  circonvoisines 
JtL  sunt  de  la  religion.  Le  premier  prési- 
aeal,  nommé  Daflis,  homme  caut  et  inhu- 
■aifi,  même  à  l'endroit  de  ses  propres  en- 
ftai,  qu'il  ne  peut  voir  ne  sentir,  manda 
an  conseillers  absens  que  sous  sa  parole 
ih  s'en  vinssent ,  et  que  leur  absence  ne 
iwoit  qu'à  émouvoir  les  babitans  dudit 


Toulouse.  Qu'il  estoit  bieo  vriy  qu'on  avoit 
nussacré  a  Paris,  mais  ce  n'ettoit  que  que- 
relles particulières,  et  que  pour  cela  le  roy 
n'entendoit  point  romp«  son  édit  de  paci- 
fication. Aucuns  se  laissèrenl  persuader  et 
s'en  retournèrent.  Les  autres  flairans  le  dan- 
ger, ne  laissèrent  de  se  sauver,  comme  à 
Montauban,  PuyUiurenSy  Réalmont  et  ail- 
leurs. Le  mardy,  pour  retenir  ceux  qui 
estoient  dans  la  ville  et  attirer  les  autres 
estant  dehors,  le  parlement  fit  publier  à  son 
de  trompe  quelque  forme  de  volonté  du  roy, 
par  laquelle  défenses  estoient  faites  de  ne 
molester  en  rien  ceux  de  la  religion,  ains 
de  les  favoriser.  A  cette  proclamation  estoient 
les  (irésidens ,  le  sénéchal ,  les  capiiouls ,  le 
viguier  et  autres,  accompagnez  de  leur  guet 
avec  armes.  Cela  mit  en  soupçon  plusieurs 
desdits  de  la  religion,  spécialement  les  con- 
seillers ,  qui  dès  lors  se  transportèrent  par 
devers  le  premier  président  pour  savoir  à 
quoi  tendoient  telles  fa^ns  de  &ire.  Il  leur 
répondit  que  c'estoit  seulement  pour  em- 
pêcher l'émotion  du  peuple.  Or  voyant  que 
leur  pipée  ne  |K>urroit  attraper  les  oiseaux 
échappez,  ils. se  déchargèrent  sur  ceux  qui 
estoient  en  leur  puissance.  Ainsi  donc  le 
mercredy,  jour  suivant ,  sur  les  dix  heures 
du  matin,  ayant  divisé  leurs  sergens  par 
troupes  et  ez  quartiers ,  ils  les  firent  entrer 
ez  maisons  desdits  de  la  religion,  qui  furent 
emprisonnez  en  divers  couvens  et  prisons 
de  la  ville  :  ce  qui  fut  fait  partout,  le  mer-i 
credy.  La  garde  fut  redoublée  aux  portes*,' 
et  un  du  parlement,  avec  quelque  marchand 
catholique,  dépuiez  pour  commander  en 
chacune  des  portes,  pour  reconnoitre  tous 
ceux  qui  sortiroient  et  retenir  les  fiiyans. 
Commandement  fut  fait  aussi  à  toute  per- 
sonne de  déceler  ceux  de  ladite  religion 
qu'on  saurait  estre  cachez,  à  peine  d'en  ré- 

Sondre.  Au  moyen.de  quo^  plusieurs  estans 
écouverts,  furent  constituez  prisonniers. 
Entre  iceux  estoient  cinq  ou  six  conseillers, 
hommes  doctes  et  notables,  lesquels  conso- 
loient  les  autres.  Or  ib  demeurèrent  ainsi 
an-ètez  l'espace. de  trois  semaines.  Cepen- 
dant les  catholiques  faisoient  entreprises 
sur  les  villes  circonvoisines,  firent  surpren- 
dre Castres,  où  il  eut  quelqu^  gens  de  la 
religion  tuez.  Les  autres  ayant  fait  quelque 
résistance,  se  sauvèrent. 

«  Les  irais  semaines  expirées,  ils  mirent 
tous  ces  prisonniers  ensemble  dans  la  con- 
ciergerie; en  ^uoi  on  commença  i  oonnol- 
tre  leur  inientiou  :  car  ils  n'avoient  différé 
que  piiur  amples  mandemens  de  IHiris,  qui 
leur  furent  aussi  apportés  par  leurs  dépu* 


DÉPA&'nsHBirr  de  tk  wjuniMâmsxsfE. 


10 

tet  f  ûtuonotz  Ddpçdt  tt  Madron ,  nclwt 
Bourgeois  de  Ut  rille,  Icfmieh  ex^ibèreat 
le  commandement  de  par  le  for,  que  m  le 
masacre  n'estoit  encore  fait ,  us  ne  diffé- 
rassent plus  longuement  de  mettre  k  eiéca- 
tion  sa  Tolonté.  A  qnoi  îb  forent  prompts- 
Et  on  samedy  maân,  avant  sofeîl  le^,  qtfel- 
(pies  écoliers ,  batteurs  de  pavé,  et  antres 
garnemeas ,  an  nombre  de  sept  ou  boît , 
armez  de  bâches  et  de  coutelas ,  entrèrent 
dans  ladite  conciergerie,  et  faisans  descen- 
dre ces  pan\Tes  prisonniers  les  uns  après  les 
autres,  tes  massacrèrent  an  pied  des  degroc 
d^lcelle  conciergerie ,  sans  fetir  donner  ao- 
cnn  loisir  de  parler,  ny  moins  prier  Dicn. 
On  tient  qu*ils  massacrèrent  josques  au  nom- 
bre de  trois  cens.  Après  les  atoir  piRez  et 
dépouillez  de  leurs  accoutrements,  ib  Tes 
estendirent  sur  la  pfaice  tous  nuds,  feor 
6raot  même  b  chemise,  et  leur  laissant 

rour  toute  couverture  une  feuille  dfe  papier 
chacun  d*eux  sur  leurs  parties  hontenses. 
Ils  les  faissèrent  en  vue  de  tous  l'espace  de 
deux  jours  entien ,  pendant  lesquefs  on 
cava  de  grandes  fosses  en  rareherêché  du- 
dit  Toulouse,  où  les  corps  croellemenc  mu- 
tilez furent  jetés  Ton  sur  Pautre  ainsi  nnds. 
Quant  aux  conseillers  prisonniers,  après 
avoir  estez  ma&sacrez,  ils  ftn-ent  pendes 
avec  leurs  robes  longues  ^  au  grand  orme 
qui  est  en  fa  cour  du  palais;  et  cependant 
les  maisons  desdita  de  la  religion  forent 
saccaaées  et  pillées.  - 

Telres  fuirent  les  scènes  sangtantei  qni 
se  passèrent  dans  foulbuse  après  qu'on  y 
eut  appris  Tes  événements,  plus  terribles 
encore,  arrivés  dans  Paris ,  et  les  suites  fu- 
nestes de  la  journée  de  la  Saint-BarthéTemi. 
Depuis  oeUe  époque ,  tous  les  ans  on  célé- 
brait à  Toulouse,  par  une  procession  de  re- 
liques et  par  dés  feux  de  joie,  Tanniversaire 
de  cette  journée.  En  vain  plusieurs  ordon- 
nances royales  avaient  défendu  cette  odieuse 
fêle,  les  liîabilants  de  Toulouse  Ta  célébraient 
avec  le  même  empressement  que  les  jeux 
floraux  :  elle  fut  encore  célébra  en  1789. 

Pendant  les  guerres  de  la  ligue,  Toulouse 

S  rit  parti  contre  Henri  III.  Après  la  mort 
u  duc  de  Guise  aux  états  de  Blois,  les  li- 
gueurs de  la  province,  et  surtout  ceux  de 
Toulouse,  se  portèrent  aux  derniers  excès. 
Le  ^mîer  j^ésident  Durant  i,  violent  en- 
nemi des  bérétîqnes»  mais  fidèle  au  roi,  fut 
assassiné;  son  corps  fut  iraîué  tout  sanglant 
par  les  pieds  avec  une  corde  jusqu'au  mi- 
lieu de  la  place  Saint-Georges  ;  el  comme 
'9  n*j^  avait  pas  de  potence,  on  le  mil  au 
^ibri,  en  attachant  derrière  lui  le  portrait 


de  Meari  m.  Les  t 

barbe ,  le»  aoim  le  1 

««ail  aqiiikia,  an  lui  disant  : 

«  cher,  t»Toâà  awinignaai 

Toeat  gWral  Dulfis  fut  égafemeot  I 

Toulouse  ftt  alors  de»  aervioas  pstir  fe  i 

de  Goiie,  ei  ae  touBst  an  dec  de  r 

ifai  mmmta  litaMnaiit genênè  d«b  Iê^p^â 

Languedoe  le  grand-pneur  dr  Jojrei 

Hempleeeneil  de  sott  père;  Lon^ae  1 

▼ette  de  raagesriwn  de:  HevilU  fiit m^ 

à  Teeloase,  oa  reBHfc»pnUi<|iKiaentDiit 
de  sa  mort,  et  V<m  ftt  aamesA  é^é§ar^ierU 
premier  ^  pariaraât  de  reeevov  Hcaai  rt 
Les  ToeloMaiBs  fimat  im  scrriœ  aoloaié 
pour  Jacqwes  OénROl;  te  prorinâai  àm 
màtAmt»  en  fit  ronôaoB  f^pMère  et  le  aii 
au  raa;  de»  onn-tyrs;'  enfin,  les  aélés  fi- 
l^urs  eaposèreot  ses  nmapea  à  ht  vénna- 
tien  pBbliqae ,  le  oveat  de»  lea  IîIiimi  i 
des  saftafa,  et  le  parteaMBtdéelaray  les  chwa- 
Ares  asscMiblcaa  le  aa  aoAf  xdM^,  «qnaate 
«  cour ,  avertie  de  hi  aairamleuee  et  cpoo- 

•  TMitable-  mort  de  Henri  lU,  advesMe  la 
«  preaiier  jour  de  ee  aBoisy  fnjaân  à  loai 
«  prince»,  ^préhts ,  seigneor»  et  anirea  4» 
«  quelque  efiit  et  condMon  <pi'iis  soient  «  <te 
«  s^nnir  derechef  peor  la  eoeairvaiiaii  de  la 
«'foi  catholf^tie;  arvce oadre  à  toas  ha  éaè- 

•  qtiea  et  fMSlenn  da  lenort,  de  readra 
«graee  k  Dtea  de  la  défivnoaee  de  Paiîa  et 

•  dl»  auQpea  viHea  da  royanaw,  ei  da  Cbîk 
«  des  processions  et  des  paiérea  paUiqBei 
»  tof»  les  aae  le  s*'  draaûi,  ea  ffirni— ai 

•  sanee  desbjeaftiits  qa^il  laor  avait  faits  ee 
«  joiir-l!a;  avec  défense  de  feeoanaitia  paer 
troi  Henri  de  Boorbon,  prélebdii  rot  de 
«  Navarre,  et  de  le  fliferiaef,  à  peina  d'toe 
•rfuni  de  arort  ooommt  hérétiqaa,  et  ia- 
•jonction  à  tous  les  cvèyies  cl  paeteuia  da 
«  faire  publier  de  aeavaau  ei  gaidar  la  balle 
«du  pape  Sixte  T,  donnée  oeatre  ledit 
«  Henri  de  B6urbea«  ea  vann  et  par  l'au- 
«  torité  de  laqtreUe  la^e  eoar  i'a  déclaré 
«  et  déclare  incapaMa  de  jaaiaia  saacédei'  à 
«  la  couronne  de  France,  poer  les  crimes 
«  notoires  et  manifêsles  aiwpleBeeat  eaaie- 
«  nus  en  icelle.  •  Le»  Tonleoeains  a'oofvr»- 
rent  leurs  poHes  à  Henri'  IV  quVa  tSg&^ 
trois  ans  après  aon  ab{ttratioa, 
après  son'  entrée  à  Paris ,  seiia 

h  reconnaissance  de  towt  le  rmrat  _  - ,  ^ 

lé  duc  de  Mayenne  elleseben  dea  Kgueafcs 
avaient  tsài  lenr  accomaio<feaM»t;  tAoM^ifmt 
le  ror  catholi(|ne>  lé  démea  du  Midi,  euai 
mença  à  vouloir  la  paix,  et  qae  la  papa  la 
désirait  entre  les  deux  coaroone»,  et  sea^ 
lement  an  moment   où   te   rpddittei»  da 


conpHlrit  kl  MQminkm  eénénkc 
Bmb le  temps  defe Ligue  jittqo*à  la  ré- 
Heo,  Toukwsejotiil  d*oa  repos  tardif, 
«rai  ae  fol  treoblé  Mr  aueun  événe- 
désastreui.  Bn  vaiB  la  Fraude  8*agit»- 
t-dfe  daM  la  Guienne,  les  Tcfflonsaim, 
!4daMs  par  Peipéfienoe  du  malheur,  restj^ 
mt  fidââ  1  Pafttorité  royale. —Le  procès 
le  Odss,  otfrre  do  faBatisnio  et  de  la  bar- 


^ipfidté  de  ses  Hmars,  fat  mxnsik  d*a<vo(T 
lraiif;ié  son  fib,  booflie  d^vn  raradère  soaï- 
^  inquiet,  qui,  passant  rapidement  du  h- 
krtioage  i  la  dévotion,  vrait,  dit-oii>  Touki 
iBÎder  la  reKgioo  d»  son  père  fMi«r  ea»- 
traser  le  catMieisaie  :  ce  fili  foit  trouvé 


blés  suites.  Le  maréchal  SoÉk  éltil  décidé 
h  s'ensevelir  sons  les  décombrea  loi  et  son 
armée;  mais  fai  voix  de  rhumanité  et  de  la 
raison  dompta  cet  inirépifle  guerrier  :  il 
céda  k  des  forces  sopcrienrca  ei  abandonna 
la  ville,  dirigeant  sa  reiraile  sur  la  rouie  du 
Bas-Languedoc 

Dans  cette  journée  mémorable,  vingt-cinq 
mille  Français,  sous  les  ordres  du  araréobiu 
«pirante,  est  un  épisode  rennrooa-  8oult,  dispueèrent  la  victoire,  pendant  qua- 
iede  miorre  de  cette  viHe.  Galtas,  néao-  torze  heures,  à  une  armée  de  eeat  mille 
éuit  de  Toulouse,  de  la  reKgioB  réformée,  Aagteis,  Portugais  et  Espagnols,  commaa- 
rwornorandabiè  par  sa  probité  et  la  dés  par  le  doc  de  WeUin^ton.  L'affaire  eom- 
'  "  '  asença  à  la  pointe  du  jour  par  nnoeadie 
de  «fuelqnes  maisons  éparses  dans  la  cam- 
pagne, et  ne  se  temùna  qu'à  la  acuit.  Atta- 
qué» successivement  dans  toutes  feun  poaè- 
tions,  par  des  forces  iafiament  supérieures 
è  ceHea  qu'ils  pouvaient  opposer,  les  Fran- 
fUB  se  maintinrent  partout,  et  même  pri- 
rent roffeasive  sur  quelquca  points,  avae  tant 
de  valeur  el  d'audace,  que  Pennems  cAl  été 
forcé  à  la  retraite^  si  quatre  régiments  de 
eavalerie,  que  multipliait  cependant  Phabs- 
leté  du  général  Soult,  qui  les  coramandaif, 
avaient  pu  snflbv  pour  défecmiaer  le  mou- 
vement rétrograde  de  Pannéu  anf^aisc.  On 
a^étonnera  moioa  des  prodifcs  de»  aoidats 
fraaçaii,  daaa  cette  grande  jouknée,  en  se 
rappelant  qu'ils  avaient  pour  chef  le  vain- 
queur d*OportD,  les  générana  Drouet,  &C7, 
Soult,  CkMel.  Harispe,  Gazan  et  Bertoo. 
Ils  7  |icrdîrcttt  trois  mdle  }mmmea^  et  Peo- 
nemi  évalua  lui-même  sa  nerlu  à  sift  mille 
morts  et  dewte  milie  blesses.  AvanCPaetwo, 
les  étudiants  en  droit  et  en  médecine  se 
distinguèrent  par  leur  zèle  à  travailler  aux 
mdoutes  et  aux  tètes  de  pont.  Flusieun  pé- 
rirent stu*  le  champ  de  bataille  où  ila  allaient 
relever  les  blessés,  eu  partageant  leur  péril. 
Des  femmes  codaient  de  rang-  en  rang  sous 
fai  mitraille  ennemie,  portant  desrafraichia- 
sements  et  des  secours  aux  soldats ,  décfai- 
rani  leo»  préjuges  vêtements  pour  étancher 
leur  sang  et  couvrir  henrv  blôsurcs. 

âr  le  gain  dfuoe  bataîR&doit  èure  assigné 
9  œhii  qui  en  retire  le»  avantages,  l'armée 
française,  oWIgée  d'évacuer  la  ville  vingt- 
quatre  heures  apnis  hi  bataiUe  de  Toulouse, 
tf  dû  s^avouer  vaincue;  s'il  appartient  à  ce- 
lui qui  enlève  les  posions  de  son  ennemi 


Le  parlement  de  Toulouse  jugea 
qa'ea  père  protesUnt  était  bien  capable  de 
fcaâre  son  fis;  et  ee  malheureux  vieilkutl 
W  roaipu  vif  te  9  mars  17*».  Ce  supphce , 
fuî  réverta  PEorope  entière,  fut  consacré  à 
Toaiouse  par  un  Te  Dettm  solennel!....  La 
kme  de  Galaa,  son  fib  ouiné  furent  ban- 
lis.  Cette  malbetrreuse  nmille  appeb  au 
ii  de  cette  atrocité  :  en  revit  le  procès; 
n  pensa  cra^un  père  âçé  de  soixante-trois 
ns  a'anrait  jamms  pu  avoir  assea  de  forée 
|8arpe«freseul  un  jeune  heuanie  de  viu^ 
Itaf  saf  ;  on  remarqua  qu'aucun  témem 
tEDkire  n'avait  déposé  eontre  Cslas,  etc. , 
ititaquante  magistrats  assemblés  (wur  cette 
ttnde  affiiîr^  déclarèrent  à  Tunanimité  Ca- 
■  et  sa  familte  innocents.  Toutefois  »  Par- 
ité Al  conseit  qui  |ustifiait  €ahu,  ne  put 
^  affiché  à  Toulouse. 

U  10  avril  r8  c4,  pendant  q»*à  Paris  le 
*m  dérrctait  la  détfiéance  fie  Napoléon 
(I  &  toote  sa  famille,  le  maréchal  Soult , 
fi  coamiandiait  à  Toulouse,  ignorant  ce 
foi  se  passaK  dans  la  capitafe,  prenait  ton^ 
fes  hs  mesures-  pour  défendre  la  ville  me- 
Urée  par  Pamice  anglaise ,  so*»  les  ordres 
J»  général  Wdlmgton.  En  effet,  le  10 avril, 
iil»  Ktra  sous  les  murs  de  cette  ville,  entre 
'lu  dSnix  armées ,  u«e  bataille  sanglante  où 
jPaietdes  prodiges  de  valeur  de  part  et 
î*«ilrp.  A  cette  jmiméc  de  gloire  pour  l'une 
!«t  Pantre  armée ,  succéda  une  journée  d'ef- 
ifnipour  les  habitants  de  Touibuse,  lorsque 
le  II  on  vît  farmée  combinée,  occupant 
mutes  les  positions  extérieures  de  la  viMe , 
■aîtiesse  de  tenter  un  dernier  effort,  sûre 
<fc  réussir  et  d  emporter  la  place.  Alors  on 
K  rappeb  les  desastres  d'une  ville  prise 
Aamtt,  et  chacvi  en  redouta  les  dépiora- 


et  reste  meître  du  champ  da  bataille,  au- 
cune dus  deux  années  n^  obtenu  cet  hon- 
neur ;  mais  si  le  nombre  de»  blessés  et  des 
morts  décide  de  la  victoire,  si  les  succès 
balancés  dans  une  lutte  inégale  s'estiment 
en  raison  des  efforts  de  courage  qu'ils  ont 
dû  coûter  A  Tua  des  deux  partis,  hi  halaitt^ 


n 


DÉPAKTEMENT  DE  LA  UAUTE-GA&ONNE. 


de  TottlottM  doit  être  inacrite  dans  les  iastes 
militaires  de  la  natiou  française,  au  nombre 
des  vietoires  les  plus  glorieiises. 

Lors  de  la  seconde  rentrée  des  Bourbons, 
le  département  de  la  Haute-Garonne,  ainsi 
que  plusieurs  autres  départements  du  Midi, 
virent  s^organiser  des  associations  politiaues 
qui  répandirent  une  terreur  profonde  dans 
cette  contrée.  Sous  prétexte  de  comprimer 
les  partisans  de  Bona|)arte  et  s*anaonçant 
coomie  chargés  de  la  vindicte  publique,  les 
membres  de  ces  associations  satisfirent  leur 
haine,  leurs  vengeances  privées,  et  se  por- 
tèrent à  de  coupables  et  dangereux  excès. 
Cependant  le  maréchal -de -camp  Ramel, 
commandant  à  Toulouse,  était  parvenu  à 
contenir  leur  fureur,  lorsque  lui-même  fut 
surpris,  égorgé ,  et  berbarement  mutilé  par 
une  bande  de  forcenés  qui  s*étudièrent  à  pro- 
longer ses  dernières  souffrances.  Ce  cnme 
fut  commis  au  milieu  d'un  peuple  fanatisé, 
tout  aussi  passivement  attentif  à  ce  spectacle 
qu'il  le  serait  à  celui  d'une  cérémonie  fu- 
nèbre, ou  d'une  exécution  judiciaire  ;  toutes 
choses  dont  le  peuple  toulousain  ne  cessa 
d'aimer  la  vue,  depuis  la  croisade  des  Albi- 
geois. Les  assassins  se  trouvèrent  aussi  com- 
me encouragés  par  l'inaction  des  habitants 
f|[ue  leur  éducation  devait  garantir  des  pas- 
sions populaires.  Plusieurs  fonctionnaires 
administratifs  et  judiciaires  étaient  en  %iUe 
au  moment  où  le  crime  se  commit  ;  n'ayant 
pas  essayé  de  le  prévenir  ou  de  l'empêcher, 
ils  s'abstinrent  de  le  constater.  En  vain , 
long-temps  après,  les  lois  poursuivront-elles 
les  assassins  ;  les  lois  seront  éludées  ou  im- 
puissantes. 

La  ville  de  Toulouse  s'honore,  à  juste  ti- 
tre, d'une  institution  célèbre,  connue  sous 
le  nom  de  Jeux  floraux.  Les  peuples  de 
tous  les  temps  et  de  tous  les  lieux  ont  aimé 
les  jeux  et  les  fêtes;  et  le  plaisir  est  telle- 
ment le  vœu  de  la  nature,  que  sans  lui  ses 
plus  beaux  ouvrages  ne  se  conserveraient 
pas.  Parmi  les  diverses  sortes  de  jouissances 

3u'il  est  donné  à  l'homme  de  goûter,  celles 
e  l'esprit  sont,  sans  contredit,  les  plus  pures 
comme  les  plus  nobles,  et  les  institutions 
qui  les  consacrent  et  les  perpétuent  sont 
celles  qui  honorent  le  plus  l'humanité.  Tel- 
les furent  dans  l'antiquité  ces  réunions  d'ar- 
tistes et  de  héros ,  de  savants  et  de  philo- 
sophes ,  qui  dans  les  jardins  de  l'Académie 
et  dans  les  autres  lieux  se  rassemblaient 
pour  parler  des  choses  propres  à  agrandir 
l'esprit  humain ,  à  élever  l'ame  et  à  faire 
admirer  toutes  les  produrtiçns  du  génie, 
fx>nune  à  en  répandre  les  gcTntci,  Ces  réu- 


nions polirent,  civtlisèreot  les  hoimieBfl 
perfectionnant  les  arts  et  les  SGienres;f 
mêlant  le  plaisir  à  U  vertu,  elles  détruisiili 
l'ignorance,  qui  est  i  Tesprit  humun  ce  g^ 
les  ténèbres  sont  à  la  nature.  Au  oomatfk 
cément  du  XIT*  siècle ,  et  malgré  riof^ 
fection  dans  la(|uelle  étaient  les  lob  m 
France,  et  la  rouille  ^thiaue  qui  s'aflaciàl 
encore  aux  conceptions  de  Fesprit  hunan 
sous  le  beau  ciel  du  Languedoe ,  sept  amr 
tilshommes  de  Toulouse  s'assembièrekit  mi 
un  des  jardins  du  {aul)ourg  Saïut-ÉtieBM 
de  cette  ville  ;  li ,  ils  invitèreat ,  par  «ai 
épitre  en  rimes  prévenues ,  tons  les  Ina- 
vères ou  troubadours,  c'est4-clire  les  poà 
tes  de  la  langue  d*Oc,  de  se  rendre  osH 
Toulouse  le  premier  jour  du  mois  de  mai , 
s'ençageant  solennellement  de  réeompenKi 
celui  d'entre  eux  qui  aurait  le  mieux  eo» 
posé  une  pièce  de  poésie.  Ils  annoncèrqt 
que  cette  récompense,  conforme  en  t(M| 
aux  motifs  qui  l'avaient  hit  naître ,  consis- 
terait en  une  simple  violette  d'or.  A  peiac 
leur  projet  fut-il  connu,  que  noD-«eulemeat 
il  eut  l'assentiment  du  peuple  toulousain  ^ 
mais  des  capitouls  eux-mêmes,  qui  décsdè* 
rent,  dans  un  conseil  général,  que  noo-SBa 
lement  ce  serait  la  ville  qui  ferait  les  dé- 
penses nécessaires  pour  les  frais  de  rélablis< 
sèment  et  des  prix,  mais  que  cette  fête  senil 
renouvelée  chaque  année.  Tous  les  Crouba- 
dours  qui  jouissaient  alora  de  quelque  celé 
brité  s'empressèrent  de  répondre  à  la  Ca< 
meuse  épitre ,  et  la  tJupart  d'entre  eux  ai 
présentèrent  au  lieu  du  rendez- vous  au  joui 
indiqué.  Ils  lurent  leurs  vers,  et  ce  fut  Ar 
naud  y idal,  de  Castelnaudary,  qui  remport 
le  prix  et  obtint  le  premier  la.  violette  d'or 
L'année  suivante,  les  sept  fondateurs  prirett 
le  nom  de  Maintenours  de  l'acadéroîe  ;  mo! 
le  nombre  des  rivaux  dans  cette  sorte  di 
lutte  augmentant,  et  leura  vers  n'ayant  f» 
tous  un  mérite  égal,  on  crut  devoir  ajo«|H 
une  égkintine  et  un  souci  d'or ,  qui  fum; 
destinés  à  servir  de  second  et  de  troisàè» 
prix.  L'académie  ajouta  de  plus ,  que  cdi 
aes  prétendants  qui  remporterait  les  troj 
prix  à  la  fois,  serait  proclamé  doctemr  e 
gcàe  science.  Cette  insiiiution,  à  la  fois  spj 
rituelle  et  galante,  fut  attribuée  à  une  jeu^ 
femme  aimable,  et  parait  en  effet  èusani 
d'un  sexe  que  l'on  doit  considérer  coma 
le  premier  législateur  des  temps  héroîqu 
du  moyen  &ge.  Toutefois  cette  tradiitm 
dépourvue  de  preuves ,  et  qui  date  seol 
meut  de  i54o,  n'a  que  des  traces  incerli 
nés  et  vagues ,  taudis  que  la  tenue  de  Ta 
semblée  des  sept  gentilshommes  fondutoa 


AKÈOTXDVSSBMEBtT  DB  TOULOUSE.  f3 


4cs  J«nx  floMU,  est  conitatée  par  l*exîs- 
Hnoe  des  registres  de  ces  jeux  teous  dans  le 
Capitale.  Biais  soit  que  Clémeoce  Isaure  ait 
fondé  ou  non  ces  jeux,  on  n*en  prononce 
moÛA  son  éloge  tous  les  ans  pendant 
oélélnratioa;  on  couronne  même  sa  sta- 
des fleurs  que  le  printemps  fait  naître, 
eela  parce  <|ue ,  dit-on  ,  elle  a  assuré  et 
retour  et  Tedat  de  cette  riante  fête,  en 
kiasant  de  grands  biens  aux  sapitouls,  sous 
m  eonditioa  expresse  de  les  employer  à  sa 
•naécration. — Soumis,  comme  tout  ce  qui 
^iflte  ,  à  Tinfluence  destructive  *du  temps, 
Mis  BKglîgés  plutôt  qu'oubliés,  les  Jeux 
loraux  languirent  sans  doute  pendant  les 
'Hëriea  de  troubles  et  d'anarchie  qu'éprouva 
fe  Languedoc  aux  jours  fatals  des  guerres 
de  religion.  Sous  le  règne  de  Louis  XIY, 
un  Français,  né  à  Toulouse,  y  ranima  le  zèle 
qjiie  celte  ville  avait  eu  pour  les  Jeux  flo- 
raux. Les  troubles  politiques  de  la  fin  du 
ftiècie  dernier  anéantirent  momentanément 
cette  institution,  qui  fut  rétablie  en  1806, 
tons  le  gouvernement  de  Napoléon. 

Toulouse  est  une  grande  et  assez  belle 
fille  «  fort  agréablement  siiuée  sur  la  rive 
Iroile  de  la  Garonne  que  Ton  y  passe  sur 
•n  beau  pont  en  pierres  de  taille,  qui  com- 
Mioique  au  grand  faubourg  Saini-Cyprien, 
kavcrsé  par  une  belle  et  large  rue.  Au 
lord  du  laubouig,  des  jardins,  des  prome- 
*  et  de  belles  babitations  le  séparent 
'  du  liidi ,  qui  s'y  joint  au  canal  de 
Cette  jonction  est  une  des  belles 
qu'offre  Toulouse  aux  étrangers,  tant 
le  Ms-relief  dont  est  décoré  le  pont  jeté 
w  les  deux  canaux  au  point  même  où  iU 
se  réunissent,  pour  la  double  et  magnifique 
alléé^ui  borde  ces  canaux,  que  pour  la 
double  et  magnifique  écluse  par  laquelle 
leon  eaux  s'épanchent.  La  ville  se  présente 
agrcableaaeot  du  côté  de  la  Garonne  par  les 
quau  qui  bordent  le  fleuve;  du  côté 
elle  est  entourée  de  remparts  flan- 
de  grosses  tours  rondes,  placées  de 
en  distance ,  dont  on  a  commencé 
la  dcoM>lition ,  et  qui  disparaîtront  bientôt 
*  entièrement.  La  forme  de  reoceinte  est  un 
'  maie  irrégulier  qui  comprend  Tile  de  Tou- 
nîs,  située  en  fiice  du  faubourg  Saint-Cyprien. 
Vîniciieur  de  celte  ville  ne  répoud  à  sa 
'  bcBe  position ,  ni  par  TécUt  de  ses  édifices, 
ai  par  l'élégance  de  leurs  formes;  elle  est 
wnesque  toute  composée  de  grandes  maisons 
aune  arehitecture  surannée,  construites  en 
Wqoes  rouges  mal  cimeulées  avec  de  la 
,  ttne  glaise  ou  de  mauvais  mortier,  qui  lui 
it  un  air  asseï  triste;  les  plus  oncien- 


naês  de 
Jistaneei 


i  et  les  bas  quartiers  tfont  con- 
struits en  pans  de  bois  dont  les  interstices 
sont  rempus  avec  du  torchis.  Les  rues  joi- 
pnent  le  défiiut  d'être  étroites ,  et  dès  lors 
incommodes,  à  celui  d'être  tortueuses  et 
désagréables;  elles  sont  on  ne  peut  plus  mal 
pavées  en  cailloux  roulés  tires  de  la  Ga- 
ronne ,  et  leurs  nombreuses  sinuosités  sont 
loin  de  contribuer  à  la  salubrité  de  l'air 
sous  un  ciel  dont  l'ardeur  tend  sans  cesse  à 
le  corronipre.  Toutefois  il  est  juste  de  dire 
que  depuis  quelques  années,  l'administratioa 
municipale  s'est  livrée  à  de  grandes  amélio- 
rations en  élargissant  ou  redressant  les  prin- 
cipales rues,  en  rajeunissant  les  anciennes 
constructions ,  en  assainissant  les  (|uartiers 
qu'on  ne  peut  embellir.  La  place  du  Capi- 
tôle  est  vaste ,  ornée  de  quatre  jolies  fon- 
taines placées  à  chacun  de  ses  angles;  les 
deux  façades ,  parallèles  aux  angles  du  Ga« 
pitole,  sont  régulières;  plusieurs  projets 
sont  présentés  pour  embellir  celle  qui  est 
en  Cm».  La  place  La  Fayette  est  circulaire, 
environnée  de  l>Atiménts  uniformes,  ornée 
d'une  magnifique  fontaine,  et  très-belle; 
du  milieu ,  on  voit  vers  l'est  une  fort  belle 

Îromenade  composée  de  trois  allées  paral- 
;Ies  qui  conduisent  au  bord  du  canal  du 
Midi;  l'un  des  côtés  est  occupé  par  Thôtel 
de  l'Europe,  près  duquel  sont  des  bains  de 
santé  fort  agréables.  La  plare  de  la  Trinité 
est  aussi  décorée  d'une  belle  fontaine.  Outre 
les  belles  allées  qui  bordent  les  canaux  de 
Brienne  et  du  Midi,  Toulouse  possède  plu- 
sieurs autres  promenades,  dont  les  plus  re- 
marquables sont  :  le  cours  Dillon,  situé  sur 
la  rive  gauche  de  bi  Garonne;  la  magnifique 
avenue  de  la  porte  Neuve;  l'Esplanade, 
dont  les  allées  se  réunissent  comme  autant 
de  rayons  à  un  boulingrin  circulaire,  au 
centre  duquel  on  a  placé  nn  jet  d'eau  en 
gerbe  ;  le  jardin  pubhc  ;  le  jardin  des  pbin> 
tes,  le  plus  vaste  et  le  plus  beau  de  France 
après  celui  de  Paris,  etc. 

Lb  Capitolb,  ou  L'HÔTXi.-sx-yii.Lx,  est 
situé  à  peu  près  au  centre  de  Toulouse,  sur 
la  place  qui  porte  le  même  nom  ;  sa  façade, 
expo^  a  l'ouest ,  a  été  terminée  en  1769; 
elle  a  60  toises  de  longueur,  et  est  com- 
posée d'un  arrière-corps  et  de  trois  avant- 
coq»,  dont  deux  termment  les  extrémités; 
la  grande  entrée  est  dans  le  troisième.  Cet 
ouvrage  est  décoré  d'un  ordre  d'architeo- 
ture  ionique  colossal,  qui  porte  un  soubas- 
sement continu,  avec  des  portiques  refen- 
dus, et  dont  les  claveaux  sont  ornes  de  têtes. 
L'avant-corps  du  milieu  est  enrichi  de  huil 
colonnes  de  marbre  rouge  de  Carrare.  Il  est 


ta 


le  tympan  duqMl  mniI  6||^aréslciiDédaiiloM 
de  Lomi  Xni,  de  Napoléon  et  de  Lôaîs 
XVIII,  amufaela  en  a  mbstitiié,  depois  li 
révekttioB  de  i83o,  cette  légende  en  leltrei 
detées  :  Lniaid,  onnas  vobuo.  —  Sur  les 
eéléi,  on  voit  deuK  génies,  et  anx  extrémi- 
tés, la  For»  et  la  Jttstice.  Les  frontons  des 
afant^carpe  laténux  sont  drculaircs;  ils 
Rnfenneat,  dans  leur  tympan,  les  annes  de 
la  ville,  et  ils  sont  teriauéê  par  «n croims 
deignret.  On  voit  sor  le  frontim  de  la  salt« 
da  speciflde,  la  Tragédie  ei  k  Comédie, 
avee  lenn  attributs.  Moi  de  Tantre  extré- 
mité do  bâtiment  est  surmonté  par  la  figure 
de  Clémence  Imure,  restauratrèce  des  Jeux 
floraux  ;  elle  lient  dans  sa  main  les  fleurs 
que  Ton  distribue  aux  auteurs  courounés 
par  racadémie.  Yit-à-ris  est  PaHas,  déesse 
des  sciences  et  des  arts.  Ce  grand  morceau 
d'architecture  est  de  la  composition  de  Cam» 
mas ,  peintre  de  la  viUe  et  professeur.  Les 
sculptures  ont  été  exécutées  par  Parant,  pro- 
fesseur a  réoole  des  aru  de  Toulouse. 

Bn  entrant  dans  Thétel-de-ville,  on  trouve 
d'abord  un  grand  vestibule  orné  de  trophées. 
A  droite  est  un  \'aste  corps-de-garde ,  et  à 
gauche  un  péristjfte  et  un  arceau  par  lequel 
on  airive  dans  les  bureaux  de  la  police,  ce- 
lui de  rétat-civil ,  et  celui  où  Ton  vise  les 
passe-ports  des  étrangers.  -^  L'on  trouve 
dans  la  première  cour,  terminée  i  droite  et 
a  ganche  par  des  arceaux  qui  soutiennent 
les  galeries  supérieures,  deux  portes  ornées 
de  colonnes  cannelées  d'ordre  ionique ,  et 
de  figures.  On  voit ,  au-dessus  de  l'entable- 
ment en  charpente,  on  peu  surchargée  d'or- 
nements ,  une  niche  où  est  placée  la  statue 
de  Henri  IV,  en  marbre  noir  ;  la  tète  et  les 
mains  sont  de  mari>re  blanc.  Cette  cour  fut 
bâtie  sous  le  règne  de  ce  prince,  et  c'est 
lé  oÀ  le  doc  de  Montmorency  eut  ki  tête 
tranchée. 

La  porte  dont  nous  venons  de  hite  la 
description ,  sert  d'eutrée  à  une  espèce  de 
vesiibule,  au  milieu  duquel  on  trouve,  à 
gauche,  une  belle  grille  en  fer  qui  sert  de 
dôture  au  grand  escalier  qui  conduit  aux 
salles  des  Ilinsires  et  du  TIrône  ;  après  cette 
grille  est  l'entrée  des  anciennes  prisons  de 
la  ville,  et  au-dessus  de  cette  entrée  se 
trouve  celle  de  la  caisse  municipale  ;  puis 
attenant  ce  local ,  la  porte  de  sortie  du  vesti- 
bule, par  hquelle  on  entre  dans  h  seconde 
cour  du  Capitule  :  l'on  aperçoit ,  en  face , 
une  petite  porte  carrée  qui  servait  dHntro- 
duciion  à  un  bel  esoalîer  dont  la  construc- 
lioii  permettait  d'y  feire  monter  des  che- 


vaux.  Ceit  par  là  qne  r4Mi 

archives  et  '  ' 

hiquelte  on 

Cette  ^t 

qui  était ,  il  y  n  pen  de  temps  e&eore,  tm 

monté  d'une  statue  en  ploacib  reprcseatfll 

la  Renommée.  Cette  statue  portait ,  d^nB  ' 

main,  une  girouette,  et  s'appuyait  de  l'att*  ■ 

mv  on  cartouche,  sur  lequel  sont  giavé»  < 

In  huit  lettres  initiaiea  CP.Q.TJf.lXLf* 


(Capiteliom  Popoins  QneToloanmMy  z55Sf^  i  i 

Dans  celte  mène  cour,  à  droite,  on  inwip' I 
une  porte  qui  conduit  dains  un  local  appdè  I 
le  Petit-Consistoire.  Cette  salle  est  encan     , 
digne  d'être  visitée  :  la  voéte  caest  godih     i 
que;  elle  est  soutenue  par  plusieurs  ara- 
doubleaux  ;  on  voit  anHleasus  de  h  chea»* 
née  un  grand  tableau  allégarîquc,  peint  pat  '  , 
Jacques  Boulevène,  de  Moissoc,  en  i5i^.  ' 
On  tfoit  au  milieu  de  ce  tableau  un  jeuat 
guerrier  vêtu  à  la  romaine,  et  couronné  da 
laurier;  il  tient  de  h  main  gauche  une  pi- 
que, de  Pautre  il  couronne  la  Pnideottt 
Celle-ci  tient  dans  une  main  une  spbèrS) 
dans  l^tre  un  sceptre  surmonté  d'un  oeil, 
et  une  chouette  est  placée  sur  son  épsufo 
A  gauche ,  on  voit  un  jeune  homme  qoi 
tient  un  sablier;  nne  grue  eA  à  c6té  de  ha. 
C'est  dire  aHégoriqoement  aux  magisinls  : 
«Voulez-vous  que  votre  administiatioa soit 
«  glorieuse^  Soyet  prudents  »  sages  et  rigi- 
«  lants.  » 

Le  ^nd  escalier ,  dont  Tentrée  est  som 
le  vestibule  que  nous  venons  de  déernt,  i 
introduit  dans  la  première  galerie  •ppclée 
mile  des  Pas-Perdus,  et,  par  cette  gakm, 
dans  la  salle  des  Illustres  ToufcHuains.  là, 
sont  placés  dans  des  niches,  au  bas  desquel- 
les on  lit  des  inscriptions  Ulines,  les  bustes 
des  grands  hommes  auxquels  la  viUe  ds 
Toulouse  se  glorifie  d'avoir  donné  le  jou; 

La  salle  de  Clémence  Imure  est  le  iim 
où  l'académie  des  Jeux  floraux  tient  m 
séances;  elle  est  située  à  l'extrémité  deedi 
des  Illustres  (  une  porte  grillée,  placée  à  11 
droite  du  buste  du  roi,  y  donne  entrée^  U 
statue  en  marbre  de  Oétteoce  Imure,  fia- 
cée  autrefois  sur  son  tombean  dans  Pépim  j 
de  la  Daurade,  a  été  mise  dans  cette  suie, 
où  elle  semble  présider  :  on  lit  au-dessous,  4 
gravée  sur  une  table  d'airain ,  nne  copie  de 
nnscription  qui  décorait  autrefois  son  sé- 
pulcre ;  nou^  en  donnons  ici  la  IraïkictieD: 

«  Clémence  Imure ,  fiHe  de  Louis  itaurt^ 
«de  l'illustre  famille  des  Isaores,  a'éttol 
«  vouée  au  célibat ,  comme  PéUt  le  pim 
«  partit,  et  ayant  vécu  dnqnantennsmgi^ 
«  établit,  pour  l'usage  public  de  «a  palrfti 


JECL.ISB     ST    SBBLlfUf 


,7   '   '.'^/y^Y/.'t'  . 


E^^n  j  *  iç 


ECUSS   DSS  «TACOBINS 


H 


.^ 


8 

M 

o 


AREONDISSEMEfiT  DE  TOULOUSE. 


15 


•  WnMrcfaés  att  blé,  «u  poûsoo,  au  vin  et 
■  aux  Wbes,  et  les  légua  aux  capitouU  et 

•  au  cilojeDs  <|e  Toulouse,  à  coodition 
•r  011%  câébreraient  cbaque  année  les  Jeux 

•  Jlûraux  dai»  U  maison  puUique  qu'elle 

•  irait  ùÂt  bàtir  à  ses  dépens  ;  qu'ils  y  doih 
«neraient  uo  festin,  et  qu'ils  porteraient 
I  (kl  roses  sur  son  tombeau;  que  s'ils  né- 
«ifi^eat  d'exécuter  sa  volonté,  le  !uc 

•  l'emparerait,  sous  tes  méfnes  charges,  sans 
«  aatre  fonne  de  procès ,  des  biens  Ic^ués. 
<  Elfe  a  voubi  quon  lui  érigeai  en  ce  lieu 

•  an  tombeau  ou  eUe  repose  en  paix,  EUe 

•  a  fait  cette  institution  ne  son  vivant.  » 

On  renoarque  eneore  dans  la  salle  de  l'a- 
GMiémie,  le  buste  en  marbre  blanc  d'André 
Beroard,  religieux  augustin,  né  à  Toulouse, 
et  oourooné  poète  lauréat  par  Henri  YII , 
roi  d'Angleterre;  ceux  de  mesdames  de 
Monlégut  et  d'Esparbès,  maîtresses  des  Jeux 
lovaux,  et  le  portrait  du  poète  Godoliq, 
pv  Xicolas  de  Troj,  peintre  de  la  ville. 

La  C&THxnKAi:.a,  dédiée  è  saint  Étiewe, 
et  digne  de  fixer  Tatteotiou  par  la  difle- 
reaes  des  genres  empreints  sur  ses  diverses 
parties;  la  plua  ancienne  construction  est 
la  nef,  b&tie  vers  le  commencement  du 
im*  siècle,  pur  les  ordres  de  Raimond  YI, 
oomiede  Toulouse,  dont  on  voit  eneore  les 
VOMI  sculptées  sur  une  des  cle£s  de  la  voûte. 
U  grand  portafl  »  d'un  style  tout  différent 
àt  celui  de  la  nef»  a  été  conatruit  par  Pierre 
Dmnoolin,  ardlievèque  de  Toulouae;  on 
rem^fue  aundessus,  une  grande  rosace  donjt 
Ib  compartimeQia  sont  sculptés  fort  délicar 
taneot.  Le  chœur ,  brûlé  vers  te  oommei^ 
«neot  du  XVÏl^  siède,  a  été  reconstruit 
de  i6oy  à  1619,  ainsi  que  l'atteste  une  in- 
iriptioQ  gravée  en  lettres  d'or  snr  une  tabte 
de  Durbre  noir  placée  au-dessus  de  la  porte 
<ta  cboear  ;  i|  est  aisé  de  voir  que  œ  cnceur 
^  le  commencement  d'une  niuivelle  église, 
qni  n'a  pas  été  continuée ,  et  dont  on  a 
duQgé  remplacement,  de  manière  que  l'ax^ 
du  diciar  ne  répond  plus  k  celui  de  la  neft 
U  aaitre-antei,  place  dans  un  angle  de  la 
Kf  I  est  d'ordre  corinthien  ;  les  coloones , 
^ises  et  panneau;^  sont  en  marbre  du  Lanr 
pedoc. 

L'Î6£zaa  n«  SitRT-SxajVJnr  »  ou  Saint-Sar 
Mn,  ne  promet  pas,  par  son  extérieur,  le. 
^^  girani£ase  qnoffre  son  iniéirieur.  EUe 
I  k  forme  d'une  croix  allongée  et  est  re« 
lanjuable  en  ce  que ,  bâUe  avant  i'intro- 
daction  en  France  de  l'architecture  goihi- 
fDe,  et  au  moment  de  la  déoadcwce  de  l'ar- 
^lecture  romaine,  elte  e&t  néanmoins  con- 
Inutie  djws  les  prînripes  de  celle-ci  ;  00 


voit  partout  le  plein  cintre,  nui  est  em- 

S 9^é  jusque  dans  les  moindres  oélails.  Celte 
Use  passe  polir  avoir  été  bâtie  vers  te 
XI*'  siècle.  La  coupole  »  dont  la  voûte  est 
ornée  de  peintures  d'un  a>«es  bon  style,  est 
formée  par  quatre  pilier»  qui  supportent  on 
clocher  à  ftèche  fort  étevé;  autour  du  chaur 
,  se  trouvent  des  chapeUes  renfermant  plu- 
sieiu*s  reliquaires.  Sous  le  maître-autel,  qui 
est  très-étevé  et  surmonté  par  un  balda- 
quin ,  existent  des  châsses  fort  anciennes , 
parmi  lesquelles  figurent  celle  de  saint  Sa- 
turnin :  on  descend  dans  ees  caveaux,  qu'on 
a  érigés  en  chapelles,  par  de«x  esoaliers  en 
pierre. 

L'bglisx  PB  LA  DAunAna  est  un  édifiée 
moderne  dont  l'intérieur  est  fort  beau  ;  mnîs 
les  bas  eûtes  ne  sont  pa«  en  rapport  avec 
la  nef  principale. 

On  croit  génératemeqt  que  Clé«enee 
Isaure  fut  inhumée  dans  cette  «Hae;  et 
c'est  pour  œte  que  la  bénédiction  om  fleun 
en  or  et  en  argent,  destinées  «ux  vainqueans 
du  concourt  des  Jeux  florami,  a  lieu  ions 
les  ans  dans  cette  église, 

L'iousa  na  la,  DAL9Ana  paraît  une  con- 
struction très -ancienne.  Elte  n*a  qn'uM 
porte  gothique  dont  tes  scajiptureft  s«t  aases 
curieuses, 

-L'ÉGLxsaS^nrT^issj^i;  se  ftût  remarqoer 
par  un  dûme  d'un  trè*^n  goût»  sunaoalé 
d'une  sta^e  en  plomb  d'une  très^gnmdte 
igroportion.  L'intérieur  a  été  orné  par  phi- 
«ieura  articles  toulousains, 

L'nÛTXL  na  la  raapxonnm, 


ment  l'archeivécha,  est  remarquable  par  sa 
masse  imp<w«ntei  c'est  le.  plus  bel  édifioe 


moderne  de  Toulouse, 


te  Gapiiote^ 


après  ] 
L'intérieur  est  très4>eau  ;  les  14  _ 
du  reï-de-«haussée,  la  salte  du 'mode  «I 
tes  jardins ,  mériteni  surtout  4e  wier  l'a^ 
Mention. 

La  Musâa  est  établi  daua  te  beau  WMetli 
dA  l'église  des  Augustins;  on  7  arrine  par 
un  cloître  où  l'on  remanque  i|uekiiMS  fnf- 
ntents  de  sculpture  et  d'inseriptions  aotif 
ques.  Comme  tous  tes  musées,  oehû  dte 
Toulouse  renferme  quelfMS  tièteami  en- 
gioanx  et  un  plus  f^rand  nombre  de  eopies. 
hs  milieu  est  occupé  par  «ne  larye  et'4oft» 
gue  table  sur  tequdfe  soni  itn^  divets 
objets  de  curiosités,  entre  autres  uia  bean 
torse  antique,  desvaaea,.  dos  lampes,  et  deux 
rôties  de  char  antique  <n  bronae»  Uen 
couservées. 

Le  cloître  attenaat  au  mvHée  mfanae  te 
riche  produit  de»  fouiUea  faites  en  iSay 
près  de  la  ville  de  Bilartres;  Dana  un  asaee 


.10 


DÉPARTEMENT  DE  LA  HAUTE-OARQNNE. 


petit  ttpaœ ,  oq  a  trouTé ,  i  quatre  pieds 
aa-deasouB  du  sol ,  soixante  bustes  d'empe- 
reors  et  d'impératrices,  en  marbre  dltaiie;, 
une  statue  de  Jupiter  Serapis,  plusieurs 
fragments  de  bat^reliefs  représentant  les 
tra'vaux  d'Hercule,  un  grand  nombre  de 
diapiteaux  corinthiens,  de  frises  et  d'orne- 
ments d'archileciure,  d'un  très-beau  8tWe.> 
Au  milieu  de  ces  marbres  si  remarquables 
par  leur  nombre  et  par  leur  exécution,  on 
dislingue  une  tète  de  Vénus  en  marbre 
grec,  qui  le  dispute ,  par  la  pureté  du  style 
et  la  beauté  de»  formes,  i  tout  ce  que  Tàn- 
tiquiié  a  produit  de  plus  parfait. 

FOITTAIHIS  PDILIQUIS.  TouloUSC  pOSSèdc 

un  grand  nombre  de  fontaines,  alimentées 
par  leA  eaux  de  la  Garonne,  qui  sont  élevées 
au  moyen  d'une  machine  hydraulique  con- 
struite par  M.  Abadie.  Ijcs  eaux  sont  dis- 
tribuées par  cent  et  une  bornes-fontaines , 
par  cinq  fontaines  monumentales ,  par  (rois 
abreuvoirs,  et  par  deux  gerbes  jaillissantes; 
leur  distribution  ne  se  borne  pas  au  service 
public ,  i5  pouces  d'eau  ou  3o,ooo  litres 
par  vingt -quatre  heures,  sont  réser^'és  pour 
être  concédés  aux  particuliers  qui  désirent 
en  avoir  k  domicile. 

La  fontaine  la  plus  remarquable  est  celle  de 
la  place  de  la  Trinité,  exécutée  sur  concours 
par  M.  Urbain  Yitry,  ingénievr  de  la  ville  ; 
die  se  «ompose  de  trois  marches  drculaîres 
en  pierre  de  taille,  supportant  un  bassin  on 
"vasque  de  x5  pieds  de  diamètre,  au  milieu 
duquel  s'élève  un  double  socle  triangulaire 
en  marbre  blanc;  il  supporte  trois  sirènes 
en  bronze,  entre  lesquelles  est  un  balustre 
de  même  métal.  Ce  groupe  soutient,  à.  la 
pieds  au-dessus  du  sol  ae  la  place,  une 
oonpe ,  également  en  marbre  btaoc ,  de  6 

Siens  i/a  de  diamètre  :  sur  les  pans  coupés 
u  socle  sont  trois  létes  de  lion  ou  masca- 
rons  en  bronze.  L'eau  qui  jaillit  du  milieu 
de  la  coupe,  s'élève  à  a4  pieds  au-dessus  du 
sol;  après  être  retombée  dans  la  cuvette 
supérieure,  la  majeure  partie  tombe  en 
nappe,  et  forme  comme  un  voile  d'eau  au- 
devant  des  sirènes.  Une  autre  partie  pas- 
sant par  les  tuyaux  qui  traversent  les  ngu- 
res,  va  couler  par  les  tètes  de  lion  on  mas- 
earons  ;  celle  destinée  à  la  consommation 
se  rend  du  bassin  inférieur  à  trois  bornes- 
fontaines  établies  au  bas  des  marches. 

Li  PoMT  qui  réunit  les  deux  rives  de  la 
Garonne  est  remarquable  par  sa  largeur  et 
sa  solidité  :  commencé  sur  les  plans  de'l'ar^ 
diitecte  Bachelier  en  i543  ,  et  terminé  en 
1600,  il  est  percé  de  sept  arches,  dont  celle 
du  milieu  a  cent  pieds  d'ouverture  ;  les  piles 


sont  percées  eiles-oiéBaes  de  Croos  en  forae 
de  coquilles,  pour  l'écoulement  des  eaaz 
dans  les  grandes  crues.  Une  porte  en  sr 
de  triomphe  et  eif*briques,  qu*on  attrftui 
à  François  Mansard,  le  termine  da  c6lé  di 
fiiubourg  Saint-Cyprien,  qu'die  a^wre  de 
la  ville. 

On  remarque  encoVe  à  Toulouse  les  hôldi 
de  Malte,  de  Levy,  de  Mac-Carthy  ;  le  » 
lais'  de  justice  et  celui  de  la  oour  royJes 
l'observatoire,  oue  l'excellenoe  des  instn- 
ments  qu'il  renferme  et  le  talent  de  se%êb- 
servateurs  ont  rendu  célèbre;  Técoie  vété- 
rinaire^, l'abattoir;  le  châtean-d'eau  ;  lliàlcl- 
des-monnaies;  les  bibliothèques  publiques, 
contenant  ensemble  60,000  volumes;  Yecak 
d'artillerie  ;  les  casernes  ;  l'arsenal  ;  le  noir- 
gone;  le  moulin  i  poudre;  l'hdpital  ne  B 
Grave  et  ThÂtel-Dieu,  qui,  réunis,  penveni 
contenir  a,ooo  individus;  la  maison  d'arrèl; 
les  moulins  de  Basacle  et  du  Château  ;  le 
temple  calviniste  ;  la  synagogue,  etc. ,  etc. 

Toulouse  a  vu  naître  un  grand  nomb» 
de  personnages  remarquables,  parmi  lesqiiell 
nous  citerons  :  Clémence  Isaure;  Gui  Da- 
faur  de  Pibrac;  le  vertueux  président  Dii- 
ranti  ;  le  célèbre  jurisconsulte  Cujas  ;  le  poda 
Maynard  ;  Thistorien  Catel  ;  le  peintre  An- 
toine Rivalz;  Palaprat;  l'annaliste  Gennain 
Lafaille;  Campistron;  Timmorld  Paul  Rir 
quet;  l'idgénieur  Deville;  l'ex-minislre  Ber- 
trand de  Molle^lle  ;  le  général  Dupoy,  mort 
au  Caire  les  armes  i  la  main;  les  génénox 
Roguet  et  Terdier;  MM.  Picot  de  Lapey- 
rouse,  de  Villèle,  Baour-Lormian,  Soumet, 
Esquirol ,  Lamothe-Langon,  de  Puymaurin, 
de  Montbel ,  Laîs ,  etc. ,  etc. ,  etc. 

Beaucoup  d*esprit  et  de  gaieté;  be^nconp 
de  penchant  à  robligeance  et  aux  sentimenlB 
affectueux  ;  beaucoup  de  douceur  et  d'ama- 
bilité dans  le  commerce  de  la  vie,  tels  aoot, 
avec  un  grand  fond  de  vivadté,  source  ord 
naire  d'une  excessive  promptitude  dans  la- 
jugement  comme  dans  la  détenninatioUy  las 
traits  éminemment  caractéristiques  du  Toit* 
lousain.  L'étude  des  lois  et  leurapplicatioc, 
les  travaux  scientifi^es  et  littéraires,  la 
culture  des  arts,  particulièrement  de  la  mu- 
sique et  de  la  danse,  les  plaisirs  et  les  fêlea, 
tels  sont  les  principaux  et  divers  élément^ 
.des  occupations  auxquelles  il  se  livre  avee 
le  plus  d'ardeur.   Extrême  dans  le   biea 
comme  dans  le  mal,  il  met,  il  porte  tout  att 
superiatif.  Malgré  les  excès  trop  nombreux 
que  nous  nous  dispenserons  de  citer,  le 
peuple  de  Toulouse,  si  prompt  a  s'exalter, 
n'a  pas  dans  son  assiette  naturelle  lesmonln 
brutales  qu'on  reproche  à  cerlatiies  autrai 


AkkoNniSSEMlÈNT  t>H  SjLltrr-GAUDENS.  17 

pressé,  mab  toujours  un  chant  ptir  et  mé- 
ndieux  :  chacun  des  musiciens  fait  sa  par- 
tie avec  une  rare  intelligence.  On  ne  peut 
se  lasser  d*écouter  les  chants  nocturnes  de 
ces  Orphées  populaires.  Jamais ,  dans  ma 
contrées  du  Nord,  on  n*a  éprouvé  une  pa- 
reille jouissance.  A  Paris,  surtout  dam  ht 
dernières  classes  de  la  société,  les  voix  sont 
raw^ues ,  et  comme  noyées  dans  le  vin  ou 
les  liqueurs  spiritueoses  :  on  souffira  «i  en- 
tendant chanter  les  enfants  de  Pairit,  tandîe 
qiie  ceux  de  Toulouse  et  de  la  Fmee  mé- 
ridionale paraissent  faire  periie  de  cet  trou- 
pes d'intelUgenGes  éihérées,  envoféet  pen- 
dant la  nuit  pour  consoler  les  mallieuieux, 
ou  pour  donner  à  quelque  dévot  penouniftt 
un  avant-goût  des  concerU  du  ciel. 

IttJusirie.  Fabriques  de  grasse  draperie, 
couvertures  de  laine,  soieries,  gaxes,  indkft- 
nés,  amidon,  vermicelle,  iiougies,  ciitoa, 
cordes  d'instruments,  papiers  peints,  fakara^ 
&UX.— Filatures  de  coton,  teiniurcries,  dis- 
tilleries d'eau-de-vie,  martinets  à  suivra , 
fonderies,  tanneries  et  maroquineries.  Ma- 
nu&ciures  importantes  de  fiiux  et  d'aeicr. 
Xeintureries.--Fonderie  de  canoiis.--Pon- 
drerie  et  raflGnerie  royale.  — -  BtanufiMStura 
royale  des  tabacs. 

Commerce  de  grains  et  fiurines  pour  les 
colonies;  de  vins,  eaux-de*vie,  denrées  colo- 
niales et  du  Midi,  épiceries,  huiles,  savon» 
fer,  laines  d'Espagne,  draperie,  quinraille* 
,rie,  plumes  et  duvets.  —  Eotrepôi  des  iet% 
de  l'Ariége  et  d'un  grand  eommeree  entra 
l'Espagne  et  les  départements  de  l'intérieur. 
L'heureuse  position  de  Toulouse  semble 
inviter  les  habitants  à  se  livrer  aux  mécu- 
lations  et  aux  entreprises  les  )ilus  baniiesel 
les  pfus  lucratives.  —  On  peut  évaluer  le 
commerce  du  blé  à  un  million  d'hectolitres 
par  année,  el  la  circidstion  qu'il  produit;  à 
dix  millions  de  francs.  Six  minoteries  four- 
nissent annuellement  cent  quarante  mille 
hectolitres  de  grains  convertis  en  minoto. 

A  la  1.  de  Mootauban,  16  1.  d'Albi* 
z8x  I.  de  Paris.  —  Hôtels  de  France;  du 
Grand-Soleil,  des  Ambassadeurs,  d'Espagne» 
Baichères. 

VERFBII..  Bourg  situé  à  3  L  3/4  d« 
ToiUouse.  Pop.  a,558  hab. 

VIELMUB.  Boui^  situé  sur  le  Tam^i^ 
9  1.  de  Toulouse.  Pop.  6,o53  hab. 


du  Midi  :  on  remarque  même  une 
certaine  douceur  dans  son  langage,,  dans 
ion  patois,  son  accent  et  &es  manières,  com- 
pères surtout  au  hingage  rude ,  à  l'accent 
désagréable  et  aux  manières  bnisques  du 
peuple  marseillais. 

Le  sexe ,  à  Toulouse ,  surtout  dans  les 
classes  inférieures,  allie  à  la  vivacité  de 
fesprit  le  charme  séduisant  de  la  beauté; 
les  Toulousaines  sont ,  en  général ,  petites, 
et  quoiquVUes  aient  ordinairement  les  che- 
veux noirs ,  la  blancheur  de  leur  teint  ne 
peut  être  surpassée.  Dans  leurs  traits,  le 
piquant  s'allie  à  la  graoe  ;  la  fraîcheur  de 
\tir  risage ,  rineamàt  de  leurs  lèvres  attes- 
tent la  pureté  du  sang;  des  dents  petites  et 
déea,  des  yeux  superbes,  presque  toujours 
os  en  amande  et  voilés  par  de  longues 
popières,  ajoutent  à  leun  agréments.  A 
fcs  qualités  extérieures,  elles  joignent  «une 
ame  ainante ,  et  un  caractère  d'une  péiu- 
bnœ  singulière;  elles  font  de  l'amour  la 
principale  affaire  de  la  vie  :  c'est  là  le  be- 
soin ^  leur  jeunesse.  Ce  sentiment  leur 
phit ,  les  entraîne ,  les  enivre  et  les  occupe 
constamment,  même  au  milieu  de  leurs  tra- 
vaux; elles  sont  franches,  gaies,  commu- 
aieatives.  De  tout  temps,  on  a  accusé  les 
!  eriseltcs  de  Toulouse  d'avoir  un  faible  pour 
!  les  étudiants  en  droit  :  c'est  encore  anjour- 
;.  ffaiii  comme  avant  la  révolution  ;  toutefois , 
sossi  bien  pertaeées  du  céfé  du  cœur  que 
mis  une  foule  d'autres  rapports,  elles  ne 
:  amgmt  pas  à  tirer  parti  de  ramour  de  leur 
aaianl  ;  aucune  idée  d'intérêt  ne  se  mêle  i 
Ion*  tendresse;  dles  reçoivent  peu,  et  pres- 
se toujours  des  cadeaux  sans  censéquen- 
f»,  fûts  i  de  longs  intervalles;  elles  ont 
:  iras  sorte  de  délicatesse  naïve  qui  leur  fait 
I  altaebcr  un  grand  prix  i  se  donner,  et  point . 
I  à  se  veodre. 

I  La  jeunesse  toulousaine  est  douée,  à  un 
'  haut  d«é ,  du  génie  musical ,  et  dans  au- 
ruiie  ville  de  France  il  n'existe  des  oreilles 
fins  sensibles  à  l'harmonie.  Le  Toulousain 
Aante ,  pour  ainsi  dire ,  en  naissant.  Pour 
«  fiiire  une  idée  de  son  goût  exquis  et  de 
Feipression  délicieuse  de  ses  chants,  il  faut 
favoir  entendu  pendant  ces  belles  nuits  d'été, 
eè  des  centaines  de  groupes,  parcourant  les 
tues ,  font  entendre  des  aeecnts  pleins  de 
1;  tantôt  c^est  un  air  simple  ou  mé- 
tantôt  un  mourament  gai,  rif. 


ARRONDISSEMENT  DE  SAINT-GAUDENS. 

ABBAS.  Village  situé  à  5  L  1/2  de  Saint-     salwto  et  de  peignes.  Forfe  à  la  catalane* 
ludeiM.  Pop.  1,1 39  hall.  *-« /a Arr^irej  de      VtTiTrît'. 

û\^  et  ^'K*  Livraisons,  {Mkvrv.'CsnoTuyv.)  6Î 


dérajeltëmekt  m  la  haute-gaeoitns. 


'  •  ASPET.  Petite  ville  siluée  à  a  j.  i/a  de 
Salnt-^aiul^ns.  Pop.  5,575  Uab.  Elle  est 
bdtlc  daivs  une  [jositioQ  pittore$<|ue  sur  le 
iorreiU  de  5ouhei)  et  près  de  la  nve  droite 
4u  Hers.  —  Fabriques  de  clous,  de  peigne^ 
et  d'ou\Tiçe«  en  buis.  Martineû  à  parer  le 
^. — Commerce  considérable  de  porcs  pour 
^  France  et  TEspa^ue. 
:  AUUlfîllAC:.  Jolie  pelÎMl  ville  situ«e  à 
3  L  Vi  4t  Sainl-G«udei»«»  Pop.  i,433  hab. 
SUc  «Bt  ^M«  bieq  bâtie  »ur  k  pencbanl 
d*Ua  ••MU  «U  l^d  duaud  cpule  U  Louge. 
---  MtaM'iqU$s  d'éwfhà  06  laine.  Tanneries. 
-ri^fVMn»  de  euifv,  laine,  et  bestiimx. 
.  BA«llàKM*BB«UJCH(Hr.  Mie  pélilê 
tJVe,  liciiér  à  9  1.  i/i  de  S«mi-Gaiid«n8. 
^  vy  Pop*  t»,«P77  fanb. 
.  CfÊS^  ville  «et  b&tie  i  l'eitrénité  de  la 
vaUéè  de  Lncboa ,  Tecs  lef  oonfini  du  ta* 
4e«nt  dioeèee  tie  Gonminge ,  à  peu  prie 
^n  BMtteu  de  h  chaîne  dea  PyréDées,  Ette 
éal  placée  auprès  d'une  ffnrge  qui  oonduil 
eux  ▼allées  populeuses  aOneil  et  du  Lai^ 
iMOfs,  sur  le  nve  droite  du  60,  au  nord- 
ouest  if  un  rianf  et  fertile  rallon ,  aussi  en* 
tonré  de  OMnlagnes  cuttâvées  à  leurs  bases^ 
et  eûuveites  à  feurs  sonmeis  de  bois  pro«* 
près  à  la  construction.  Uue  autre  rivière, 
■emnée  le  Fifue,  prend  sa  source  dans  les 
heuics  menfaigiies  que  l'on  voit  au  midi  ; 
épris  aveir  fertilisé  de  ses  eaux  ec  engraissé 
de  son  li«ion  les  belles  et  immenses  prai- 
fies  qui  entourent  Begaères,  eUe  Ta  se  con« 
fendre  atee  la  rivière  du  Go;  qui  descend 
à  grand  bruit  du  lae  de  Séeulé|o.  De  la  rén* 
nîon  des  eaux  de  Ift  Pique  et  du  60,  se 
forme,  au-deaMus  du  bourg  appelé  Barcn<« 
gnaSf  une  nonrelle  rivière  qui  prend  le  nom 
de  Neste-de>Lucbon ,  laqueUe,  après'nvoir 
traversé  dans  toute  sa  longueur  cette  belle 
et  riche  vallée,  va  grossir  la  Géironne  de  ses 
eaux  au-dessous  du  village  de  Oerp. 

lAUx  «isRMAUs  na  aAOVBaas-nK-Kucen]!^. 

',  Bagncres-de-Luchon  lire  son  nom  de  sei 
eaux  thermales  ,  Aquœ  Balnearîœ  IUjcO' 
hienses.  Elle  est  bien  bâtie ,  traversée  dans 
tous  les  sens  par  des  rues  larges ,  propres  el 
men  pavées,  dont  la  principah;  mène  à  ré- 
tablissement des  bains. 

I.  Nous  devons  cette  intéressante  notice  sor  « 
les  eaox  minérales  de  Ra^nèrcs-de-Luchon ,  à 
Fextrèm»  obligeance  de  M.  le  docteur  Barrîé, 
inspecteur  de  cet  établissement  important,  «nie 
MB  père  et  grtod-pèrc  ont  dirigé  pendant  i^es 
d'un  siècle. 


La  ville  forme  un  trian^  dont  «Kjynnf 
des  pointes  est  prolongée  par  une  aDée, 
I^une  de  platanes ,  l'autre  de  sycomores ,  la 
troisième  de  tilleuls.  Celle-ci  est,  sans  con- 
tredit, la  çlus  agréable ,  surtout  pendant  ks 
mois  de  juin  et  de  juillet,  où  ces.  arbres  sont 
en  fleur ,  et  répancfeot  l'odeur  la  plus  suava 
C'est  cette  allée  de  tilleuls  qui  mène  de  ta 
ville  aux  bains  ;  elle  est  bordée  de  maison 
de  droite  et  de  gauche  pendant  une  grande 
partie  de  son  cours.  Dans  peu  d*annees,  ces 
maisons  joindront  la  ville  aux  bains.  Cest  là 
le  beau  quartier. 

te  climat  de  tucbon  est  en  aéneral  très- 
doux»  le  fi*oi4  J  est  très-modéré  pendant 
r))Iver.  L'été  est  assez  cliauc|«  le  pnntemps 
et  Tautomne  présentent  de  beaux  jours.  La 
température  qui  rèçne  dans  les  mois  de  juil- 
let et  d'août  est  quelquefois  très-élevée,  mais 
elle  est  presque  tou^oura  adoucie  le  matin 
et  le  soir  par  les  bri$es  des  montagnes  et 
par  les  zéptij^rs  qui  |iaraissent  sortir  du  fond 
des  forêts  environnantes  de  manière  que  les 
chaleurs  ne  sont  fortes  à  Luchon  que  depuis 
dix  heures  du  matin  jusqu'à  quatre.  les 
vents  qui  dominent  dans  la  vall^  de  Luchoo 
«ont  ;  \  nord,  le  sud  et  Vouest;  ces  trois 
espèces  de  vents  y  rèpent  tour  i  tonr.  Le 
vent  du  nord,  s'il  souffle  long-temps,  procure 
des  froids  Apres;  il  est  vif  et  pénétrant,  et 
règne  ordinairement  pendant  l'hiver.  Les 
tiedes  vapeurs  du  sud,  qui  ont  pour  barrière  ' 
la  chaîne  des  Pyrénées ,  portent  sur  la  vé- 
gétation et  sur  l'économie  animalep  une  im- 
pression dont  elles  souf&ent  singulièrement 
L'ouest,  qu'attirent  les  gorges  de  Payssas  et 
les  vallées  d'Oneil  et  du  Larbouts,  amène  de 
fréquentes  pluies.  Les  orages  y  i^t  assei 
fréquents  vers  la  fin  de  juillet  e^  dans  le  , 
mois  d'août.  La  grêle,  fléau  dévas^teur  des 
moissons ,  n'y  tombe  presque  jamaû. 

L'élévation  de  Bagncvès-de-Lu^n  au- 
dessus  du  niveau  de  la  t^ar,  est  de  ^4  toîsek 
Le  territoire  de  eette  viUe  n'a  point  de  vigno» 
blés;  la  proximité  des  montagnes,  dont  Ici; 
sommets  sont  toujoun  couverts  de  neige,  le 
rendent  trop  froid  pour  que  la  vigne  pui 
y  prospérer*  La  fnose  et  la  franiboise  m 
rissâit  avec  profusion  dans  les 
qui  se  trouvent  à  une  exposition 
elles  ont  ub  perfeai  et  un  foAt 
Cest  dans  la  vallée  de  Luchon  que  \ 
ger  admire  la  patience  MustrieUe^  péni 
ble  de  riiabilant  des  Pjrrénées;  on  y  voil 
combien  le  peuple  sait  ta^er  parti  de  la  tem 
la  plus  stérile ,  du  sol  le  plus  ingrat  ;  toute 
les  terres  se  fertilisent  sous  les  nniai  d«  ci 
laborieux  cultivateur.  Le  grand  nontee  4 


o 

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Ka[e^ig!l!^âilE~i^ 


AtlKONDlSSEMENT  DE  SAINT-GAUDENS. 


19 


hii&seaux  qui  entrecoupent  les  prairies  don- 
Mil  à  la  végétation  im  luxe  et  une  voicté 
|n  cbKUMit.  Les  champs,  drrâés  par  dés 
Ini»,  el  les  mmUireiises  lignes  de  démar- 
DMiiHiqa^oa  obserie,  annonoenl  à  rélran- 
pK  le  prix  qu*on  attache  à  fai  propriété.  On 
k'ol  paa  moiiis  étonné ,  lonoa'oD  ape»^ 
|ni  nonhirnitin  population  animée,  vivifier 
lir  des  tnvanx  les  plus  pénibles  cette  con- 
iés  qm  k  nature  sembfeil  ^voir  condamnée 
hwÊt  émnelle  stérilité,  sans  le  bienfaxl 
iHpprâciahle  dea  souroea  salftareases  qu'elle 


i  La  «Bée  de  Lnchon  est  asset  large  près 
Il  Mgnères ,  poiB"  mériter  presque  d*étre 
■■niée  plaine;  elle  est  partagée  en  prairies 
iftcB  Hrm  labourables  ;  les  prés  sont  bien 
^raiéa.  Les  champs  sont  coltivés  en  maïs  et 
li«èéales  graminées;  ils  rapportent  souvent 
imx  récohes  dans  la  même  année;  après 
b  feigle  on  le  froment ,  on  sème  dn  sarra- 
qui  a  le  temps  de  croître  ou  de  mûrir 

Bi  la  mauvaise  saison.  Outre  la  plaine , 

flancs  de  bi  montagne  sont  culirvés  en 
et  en  froment  vers  le  bas,  pois  en  sei- 
si  haut  qu'il  peut  aller ,  et  toujours 
haut ,  comme  dans  le  pays  de  Foix , 
•e  dans  presque  toofes  les  montagnes. 
^  OoAre  le  bénéfice  que  retire  Bagnères  du 
Maeottrs  des  étrangers  que  ses  eaux  j  attî- 
tait ,  il  s*¥  fiait  quelque  commerce  (surtout 
Ér  contrebandeO  avec  l*Espagne.  On  élève, 
•Ms  les  bames  montagnes  des  environs , 
kaacoQp  de  gros  bétail. 

Autour  de  Bagnères  ,  on  nourrit  une 
^awle  quantité  de  chèvres  qui  rentrent 
bas  les  soirs  dans  h  ville  ou  dans  les  villa- 
fi  voisins ,  au  Ken  que  les  vaches  restent 
m-  la  Bioniagne,  où  elles  sont  retirées  dans 
les  granges.  Il  n'y  en  a  qu^un  très  -  petit 
tombre  qui  rentrent  en  ville,  surtout  dans 
m  belle  saison. 

Les  routes  qui  conduisent  h  Luchon  sont 
Mies  et  praticables.  La  vallée  de  Luchon 
bonanence  à  Cierp'  et  se  termine  à  la  tour 
le  Gastel-Tieîl ,  oh  les  montagnes  de  Barè- 
Ets  et  de  Saint-Mamet  semblent  se  réunir. 
Djepais  le  village  de  Cierp  jusqu'à  celui  de 
Ciâwle-Liichon ,  tes  montagnes  se  séparent 
soor  laisser,  dSm  côté ,  un  passage  à  une 
les  nrincipéles  sources  de  la  Garonne ,  et 
le  tantre ,  une  route  extrêmement  varice 

a'  offre  plusieurs  villages  et  de  rianies  hâ- 
tions sur  les  hauteurs  ,  dont  quclques- 
■Ms  sont  siloées  d'une  manière  pittoresque. 
Les  eaux  thermak'S  sulfureuses  cfe  Bagnères- 
fc-Liichon  jouissaient  d'une  gi-ande  célébrité 
h  temps  des  Romains ,  ainsi  qu'il  est  facile 


de  s'en  convaincre  par  un  grand  nombre  de 
débris  d'autels ,  de  saroopnajjès ,  etc. ,  sur 
lesquels  on  lit  des  inscriptions  latines.  Lfs 
restes,  impérissables  des  monmnents  fondés 
par  oe  peuple  étonnant ,  ^i  portait  l'em- 
preinte de  sou  génie ,  de  sa  magnificence  et 
de  son  bon  geSt  dans  tout  ce  qu'il  entre- 
prenait, furent  découverts  >  ainsi  qu'une 
vaste  piscine  très-bien  conservée ,  dans  les 
fouilles  que  firent  les  Célèbres  Bayen  et  Ri- 
chard ,  dont  la  mémoire  est  encore  si  chère 
aux  savants  et  aux  hommes  vertueux.  Il  est 
naturel  de  croire  que  ces  débris  avaient  servi 
à  élever  un  édifice  thermal  et  des  autels  vo- 
tifii.  Ces  monuments  annoncent  en  outre , 
d'une  manière  certaine,  que  l'efficacité  dea 
eaux  de  Bagnères  était  déjà  connue  et  révé> 
rée  dans  les  temps  les  plus  reculés  ;  ils  nous 
apprennent  qu'à  cette  époque  les  bains  de 
Luchon  étaient  en  réputation,  et  qu'alors 
comme  aujourd'hui  ces  sources  thermal^ 
étaient  propres  à  la  guérison  des  di.*^^erses 
affections  morbides,  ou  à  leur  souVagement. 
De  là,  sans  doute,  les  .vœux  que  l'on  adres- 
sait aux  aimables  divinités  des  eaux  et  des 
montagnes  ;  c'est  du  moins  ce  que  l'on  est 
fondé  à  croire  par  Vinscription  suivante: 
Nymphis  Lucanus  et  erotis  montibus.  De  là 
aussi ,  le  dieu  au'on  fit  de  la  vallée  de  Lu- 
chon ,  tîxoni  deo  falferta-V,  S,  L.  M.  Sur 
une  autre  pierre  on  lit  :  S,  V,  M.  Pompe^ 
nu  MasenUnus-F^,  S.  L,  M.  Mais  de  tous 
les  marbres  portant  des  inscriptions,  celle 
oui  a  fixé  j^lUs  particulièrement  Tattention 
aes  antiquaires  est  la  suivante  :  Nymohis  T^ 
Claudîus  Rufiu.  V,  S.  L.  M.  C'est  ici  que 
s*est  accompli  le  vœu  de  Qaudius  Rufîis,  aux 
divinités  des  eaux. 

Le  maréchal  duc  de  Richelieu  se  trans» 
porta  à  Bagnères-de -Luchon  dans  l'année 
17612  ;  ce  protecteur  des  sciences  et  des  arts 
utiles  favorisa  le  rétablissement  des  bains. 
  cette  même  époque ,  Luchon  n'offrait 
guère  que  des  masures  en  ruine ,  quelques 
chaumières  et  un  très-petit  uombre  d'habi- 
tations. Dans  le  mois  ae  juin  1765,  Bayea 
et  Richard  firent,  par  ordre  du  gouveme- 
menl,  des  fouilles  qui  mirent  à  découvert 
les  précieuses  sources  de  Baguères.  Creusant 
à  une  certaine  profondeur  ,  on  trouva  des 
quartiers  de  marbre  blauc  en  forme  depilas-^ 
très,  où  étaient  tracées  au  ciseau  des  mou- 
lures ,  des  figures  symboliques.  Sur  l'un  de 
ces  débris  on  lisait  :  Deo  iùxoni;  sur  l'au- 
tre :  Nymphis  augustissimis  sacrum. 

Depuis  plus  d'un  siècle ,  les  eaux  de  Ba* 
gnères-de-Luchon  sont  sous  la  direction  d'un 
membre  de  la  famille  Barrié.  Un  des  aïeux 

62. 


DiPAATBMEEVT  DE  lA  HLVTE^ÙÀMCÊmE. 


»  apipartaMiit  à  k  «une  d«i 

Let'  «mbU  et  let  étruigtn  qui  «#  khé* 
d«iit  à  LwsImni  dans  la  «ÎMn  des  «tiu  ,  no 
«MMiuent  jamais  d'alter  jouir  de  h  vue  du 
iajc  d'Oà,  qui  eai  un  olûet  d'une  graode  ctt« 
rtottié.  Poidant  plus  de  deux  lieues  de  oel 
igr^ble  vojage  «  on  a*aper^t  que  les  sites 
In  plus  ranéfi  ;  de  YBStosndeauK  devins  et  de 
sa^uis  qui  se  gnpupent  au  loin,  forment  dca 
*  foints  de  vue  où  l'attl  aime  à  s'égarer.  Quel- 
aues  moments  avant  d'arriver  sur  les  liordi 
du  lae»  on  entend  le  bruit  tiunukaeaz  de 
la  cascade  qui  tonabeavfic  fracas,  et  qui  ae 
{Nféaipite  de  plus  de  luiit  cenU  pieds  de  faao* 
leur  ;  son  eau  alimenta  un  vaste  bassin  de 
trais  mtUe  toiaea  de  eiroonférenoe,  désl|^ 
Mtus  le  nom  de  lac  d'Oô  ou  de  Çéculéjo.  Aju^' 
dessus  de  oeltt»4à,  oo  trouve  enoore  quatre 
autres  laos;  le  dernier  est  le  lac  glacé  du 
port  d*Od.  On  ne  doit  pas  nùmquer  non  pki» 
de  visiter  la  HmiaiUttm ,  montagne  d'une 
étendue  prodigieuse  et  d'une  Ifautwir  «ur* 
prenante,  Aot^enra  douivertede  neiges  ébloois- 
saotes  et  de  glaosa  étemelles;  le  part  de  la 
Picade,  oelui  do  Yenasqa&f  etc.  Foy.  Vb- 

Le  voisinaipe  de  la  vallée  d'Ànrnn,  previnoe 
de  Catalogne,  et  deYenasque,  province  d*A- 
rnÇMi ,  engagent  beaucoup  de  baigneurs  à 
visiter  ces  lieux,  pour  y  observer  les  mœors 
si  pittoresques  de  l'un  et  de  l'autre  peuple. 

Un  autre  endroit  propre  à  satisfaire  la 
curiosité  est  Barcugnas,  séjour  remarquable 
de  goiireux,  qui  toucbe  à  Dagnères,  et  d*où 
r«n  jouit  de  la  belle  perspective  du  vollon. 
De  toos  les  temps,  on  a  cèerdié  l'origine 
de  celte  disposition  qu'ont  ks  babitanla  des- 
Alpes  et  des  Pyrénées  m.  goitre  et  au  çrë" 
tinisme  ;  les  auteuvs  (pii  se  sont  oconpés  de 
oea  aliéralioBs,'ont  beaucoup  varié  sur  les 
causes  qui  peuvent  les  produire.  Le  goitre 
est  endémiipM  dans  les  vallées  pyrénéennes; 
on  l'observe  rarement  sur  le  sommet  des 
montagnes  de  première  formation  ,  mais 
presque  toujoum  dans  les  vallées  étreifes , 
resserrées ,  hiunides  et  exposées  à  la  réver- 
bération des^rayoof  solaires.  La  stagnation 
de  l'air,  fafotisée  par  la  foitae . tortueuse 
des  vallées,  parait  être  la  principale  cause 
de  eetle  maladie.  Il  oe  font  pas  croire  que 
cmuL-qui  sont  atteints  du  goMre  soient  éé 
véritables  crétins.  On  observe  daiB  l'un  et 
l^autre  sexe  des  personnes  de  beaucoup 
d*eBpriC  qui  ont  des  gottres. 
;  On  ae  fait  pas  attention  aux  goitres  dans 
lès  Pyiénées,  tant  celte  difformité  est  com- 
mune. Cette  maladie ,  qui  est  souvent  héré- 


ditaire dans  les  familles,  dépend  i 
des  localités.  Les  femmes  y  sont  plut  su  j«i«iM 
^na  les  bonunes.  On  observe  que  Ti 
tam  des  lieux  très-ébvés,  les  voyagea , 
émigratians  dans  les  pays  étnmgcrs  < 
buent  à  faire  dispanitre  cette  amcisoi 
jonnes  gens  qui  quittent  leiMBSTiHny  '_ 
courir  le  monde,  et  qni  soat  aiteiota  de  \ 
maladie ,  sa  trousant ,  «n  nevnnast  4piek|ttè 
temps  après  au  saif  de  lenr  feanille ,  <|ébnr* 
'    deœtled^agpwslilei 


On  observe  qdn  dans  les  làttei,  et  «n  gé- 
néral daiis  Ja  (^asae  aiaée,  le  gaiire  eft  înfi- 


plus-  rare  que  dans  ies  viHngea 
ka  hàraeanx  où  il  est  aases  commim. 
•  «La  vue  delà  natuee  humaine  (dit  M.  dé 
Saussufe,  dans  aan  Voyage  an  BloDt>>Biuic), 
avilie  et  dégradée ,  cause  à  tons  lea  laoni- 
mes  vu  sentiment  pénible.  Ceini  qna  n*ctt 
pas  habitué  à  vair  Fespèce  dégénérer  «I 
deaœndre,  ppur  aînai  dire,  au  denâer  degré 
de  récheUe  animak^,  icix  être  ïàetà  aurpria 
quand  il  jette  Im  ooap  d'ceil  sur  eoa  malben- 
réux  créiius,  le  rebut  de  k  nature  et  de  In 
société.  QeeUes  impressions  datrioureyaes 
ne  produisent-ils  pw?  Presque  fmnoora  k 
rimbé    ■■  .    .     -      -  . 


bécillitéou  à  l'absence  tptak  des  I 
istelleciuelks,  ils  réunissent  k  igore  In  ] 
hidease  et  la  plus  dégoûtante.  On  i 
chez  ces  individus  ainsi  dégradés,  un  giMid 
relâchement  dans  leur  ]Àysique  ;  leur  panm 
est  flasque,  ridée,  livide  et  d'une  oodleur  ter- 
reuse. Leur  tailk  ne  dépasse  que  très-rare- 
ment quatre  pieds;  ils  sont  presque  tosi- 
jours  sourds  et  muets,  et  ne  profereat  que 
quelques  mots  mal  aitioidés.  On  observe 
parmi  les  crétins  des  nuaiuses  assez  grad  nées; 
dcpub  eeUe  aboUtion  csmplèle  des  facultés 
penssnies  jus(|u*à  une  psitaiie  intciligencry 
on  peut  établir  j^losieurs  degrés.  * 

Cetts  crnelle  infirmité)  qui  est  souvent  le 
seul  et  triste  héritage  que  les  parents  laàsseni 
i  ksum  enfanta,  est  devenue  ,  depnk  une 
vingtaine  d'années,  moins  frèifuente  dnns 
la  .vallée  de  Luchon;  il  n'y"  a  mène  f4uv 
aujourdliui  qu'un  trèfr«ctit  nombre  de  goi- 
treux dans  toute  l'étencHiedu  baesin  de  Bn 
gnères.  Le  croisement  des  raees,  le  plus 
d'aisanœ  dont  jouiassat  les  habitants  depuis 
que  les  eaux  sont  fréifuentées  ;  lea  nnîsons 
aérées  et  saines  qu'ils  ont  conétraites  ^  une 
nourriture  coarposée  de  bons  altftients ,  le 
vin ,  dont  ils  font  nsage  quelquefois ,  parsis- 
sent  avoir  eencôum  à  changer  ces  cnnstitQ. 
tious  si  frèks  et  ces  vices  héréditaires.  Ces 
mêmes  causes  contribuent  chaque  jour  à 
diminuer  k  nombre  des  goitreux. 

Bagnères-de-Luchon  est ,  dans  la 


de»  linéritogiBleB,  aiiiM  <|ue  ém 

,  %m  vienooit  dctwMr  le»  Immul 

<ks  «Wolouf»:  le  botroiilt  y  Wnmë 

nrt»  «ft  curieuMftiKmr  «nrkUr 

>  ;  le  wlimc  dos  imeeln,  ëes 

«I  A'attlrea  «unaui  ^  te  nmm^ 

peut  y  fiure  te  obfiwUMBs  mmik 


Xm»  clMmun  en  euiK»  de  Lwho»,  peu 
illa  per  kun  flumcs  esténaunett 
ém  d*iimii  <wpèee  perticolièra.  lie 
dm  fcree*  de  ^goaur  et  de  co»^ 
et  eDOtent  d'm  pu  rapide  et  ferm» 
lee  apmiuigBef,  ean  praMoe  jenudi 
m  fias.  pee.  Ln  «tna^tM  les  tfecher* 
dieot  pour  1^  oounes  qu'ils  font,  soit  daaie 
b  piaÎBe,  eoit  fient  les  Ken  éMk 

de  leetare,  miooKe  si  pe^ 
hmm  dfi  tieîyieuii,  méiÂ' 
■Uiéi  ;  a»  en  trovve,  à  Lu» 
cfaeBy  4e  lvèe4MeB  montés  en  bons  IhrMs. 

gitenw  »£•  SMix.  C'fst  ordineirament  venr 
le  i|ysij  BMâ  que  leséinuBiievs  commenoeot 
m  anrmr  à  Lud|«n;  Us  ne  le  quittent  qu'à 
b  fin  «ifooiobre.  La  donoeur  do  «limât ,  la 
Wasié  de»  aJlet,  la  focce  de  li  véeétation 
piMMaonuiit  é'y  vesicr  jusqu'à  eetle  epooue.' 
Il  est  ftdla  de  prouver  que  les  eaux  suifa* 
MB^aa  peuvent  étfe  ordonnées  avee  succès 
en  twil  tenBfps  et  dans  tontes  les  saisons,  en 
pnMDt  ee|)êndanft  les  précautions  nécesiai- 
las  pmr  veppert  am  iidluenoes  atmwpliéri- 
qaeSL  On  n^  ohaque  année  des  maladea 
paaser  Miimr  à  LuÀon ,  prendre  les  bains 
et  tes  ^onèhes  tous  les  jours,  et  obtenir  des 
cNKsa  tDCtfveiHeuses. 

Les  cttrengers  qui  fréuuentent  les  sources 
thewualea  TNMir  cause  de  maladie  sont  en 
grand  nombre.  En  aénéral,  les  personnes 
qui  se  rendent  à  Ludion  sont  atteintes  d*af- 
ftelietia  fhx9  ou  moins  graves  qui  néce&ri- 
lent  ^administration  prolon^  des  eaux 
«nWsrenaes.  It  se  rend  chaque  année  à  Lu- 
ffton  de  t4  à  i,5oo  personnes  de  toutes  les 
classes  de  la  société. 

FKtx  W  Looiweirr  rr  dk  ui  DsrawsB 
jMrai8rAX.TibRs.  Bans  toute  cette  partie  des 
FVrénéçs,  -la  nature  se  présente  sous  Taspect 
U^ùs  Varié  et  le  phis  briffaut  ;  elle  étale 
lioe  ïnflulté  de  productions  différentes.  Bans 
une  pôsJtiqp  aussi  fieiireose,  doit -on  être 
torpns  'qtie  Ba^éres  fbumisse  tout  ce  qui 
éWnfcesiàiie  à  la  tie.  Tout  y  abonde  pen^ 
dm  In  saison  da  éaixx.  Les  tables  d*hôte 
sdtft  nombrenses  et  bien  pourvues  des  mets 
lés  plus  sains  et  les  plus  delicafâ.  Le  prix  de 
la  Aiûïiituie  est  de  trois  francs  pu-  jour. 


DE  skmr-ùAvmssB.  u 

On  pcBl  raugaerteron  le  diaÛMicr  suiMBl 
l'aisanoe  des  personnes.  Les  maisons  qna  lae 
étianfiers  occupent  à  B^nèrci  sont  nieu^ 
bices  airee  autant  d'élégance  que  de  faèt.< 
Les  appaitemenis  en  sonl  nammâdcaet  aftém 
kles,  aurtoni  oeitx  aimés aer  la  grandeallée 
des  bains.  L'homaie  liobe  tranre  à'LedMn 
des  bétels  ;  Humnoe  aisé  des  nianons  sans 
kne,  el  l*indi§eaÉ,  des  imiaens  sainsa  ai 
sakibres»  Fanr  les  pramitr»;  cbaqueappaT'» 
tement  eoûie  de  4  à  5ffr«  par  jenr,  pouajes 
saoands  2  fr.  Laa  nalbenieax  fseuvent  se  lo* 
gar  et  senearrir  au  phn  bas  pnx  possâUef 
«SBir  bv  awx  nés  «mu,  %àni  av  naDceaaf 
Dans  les  beignaiies  da  grand  bétinient  4 
aonnne  dans  adles  des  bétiaMnts  Richard 
et  Ferras,  les  prix  des  bama  aont  iistét  aiasl 
qu^  swi  t 
Bu  r**  povembrc  au  9o  arrîî,  com- 
pris le  chauffage  du  linge 40  c; 

'  Bouche i5 

Bu  i**"  mai  au  3i  octobre,  chauf- 

fiige  du  linge  compris 'jS 

Bouaie 3o    ' 

Bans  tes  rondes  de  trois  et  quatre 
heures  du  matin,  le  prix  da  bain 
dans  le  grand  bâtiment  n'est  que  de  5o 

Cdui  des  doucliçs nS 

Bains  d'éiuve;  le  prix  du  baîn  ordi- 

1.^     naire  S.  A.  B.. 75    " 

Boissons. 
Prix  du  litre ,  bn  aux  sources'. . . .  o5  c] 
là.        transporté  non  bouche  16    ' 
Jd,  ia,        bouche...    i5   ; 

«Mia  99  sxnraaATuas  ]>as  seçacas  Ta&a^ 

Eau  delà  grotte  sapérieiue. . . .  600  c  ' 

Eau  de  ta  Reine. .  : ^i  i/4  ' 

Source  aux  Teux 48 

y  Source blan<*e. ; :.....  §r  f/4 

Source  froltfe '14 

Eau  de  la  grotte  inférieure,  dans  •  - 

•     rétnve ;....  «o  3/4    . 

Source Ricbanl 5ri/^  ' 

Eau  de  la  source  Ferras,  à  ta  bu- 
vette    57  3/4 

Source  Ferras  pour  les  bains. . .  35 

Source  des  Romains,  qui  doit  ' 

^re  utilisée  aux  piscines,  dalii 

ta  restauration  prochaine  de 

nos  thermes "  4>  t/»  ' 

n  est  vraiment  remarquable  que„  dans 
l'espace  si  rétréci  ùà  viennent  sourdre  les 
sources ,  on  trouve  des  degrés  dé  chaleur  si 
différents ,  depuis  ie  a 4*  jusqu'au  6o*. 

U  n*e^  pas  inutile  non  plus  de  fan« 
observer  que  la  montagne  qui  domina  les 


H  UÉl^AIlTEMENT  DE  IsA  HAUTR^ARONim. 

Immm  ei  ë>rà  s'écoulent  lès  cmik  Ihcnoalet  BriciiNlé  par  l«  stiKale  de  enivre  aeiMè|ld 

et  sHifaiouies,  est  de  iwivrr  granitique,  eu-  resceplion  de  la  Source  aw  "tem  qei^ 

rieuife  à  obsenror  |iar  1rs  dtmenaioBs  de  aes  anelo^  à  oeNede  la  Reine,  et  de  «eUedH 

ttttiftux,  et  par  ki  variétés  infinies  ipie  pté*  ftoniMns  qu*on  n'a  pu  bmM«  à  décmiil» 

aanle  leur  agrégnlion.                                '  mm  qui  est  aussi  tras-sulfoicune.           ^ 

AvAitVSB  DIS  sovacn.  La  seule  analyse  L«s  travaux  diiniiipMsde  M.  LoogelMap 

eueie  et  publiée  mù  exirie  snr  les  eaux  mi-  doiveul  nous  faire  espérer  nmi  nnn^yrre  nm 

airdes  et  ikermales  sutfnrauses  de  Bagne-  pèète,  mais  bien  ddréraile,  eous  tous  I» 

rss-de-Luckm,  est  celle  qui  fut  Csile  en  1766  rapports  thérapeutiques,  de  oeHes  de  iOir 

por  le  savant  et  modeste  Bajen ,  qui  s'oo-  Bajenet  Save.  Déjà,  il  a  couatuté  Texisteatt 

eupu  avec  ardeur  de  la  lechmw  des  diClé-  de  la  soude  à  Tctat  eauslique  dmù  les  cmé 

rantm  substanom  qui  mirent  dans  la  000»-  sulfureuses  des  ^renées.  Ce  lut  impensiA 

position  des  eaux.  Après  un  travail  long  et  pour  Tart  médical  nous  expliqjve  ki  com 

auidu,  après  avoir  répété  plusieurs  fois  les  merveilleuses  qui  s'opèrent  dMqne  anaéfr 

mêmes  oxtoérieneesi  cet  bomme  de  génie,  cbet  les  malades atteinls» soit  de  plaimd^ 

4  qui  Ift  eiiimie  doit  de  si  grands  progrès  «  mes  à  lieu,  soit  d'ukèrm  alouqacs  et  scm- 

hn  conduit  à  coodure  oue  em  osux  étaient  ftdeux. 

minéralisées  par  le  sulfure  de  soude.  U  y  PaopaiénsramQuas.Leapnipiiéléspby> 

trou%-a  encore  du  carbonate  de  soude ,  du  siques  des  diverses  sourem  de  Ludion  çfA 

muriale  de  soude,  du  sulÊite  de  soude,  àpeuprèslesaièmesprindpes.E]lwnedîfiè> 

une  matière  grasse  (|ui  est  vraisemblablement  rent  que  par  les  proportions  des  «altéras  sal- 

la  barégine  découverte  par  M.  Loogchamp,  fureuam  qu'elles  cootiennenL  Eilm  sontclsi> 

et  une  certaine  quantité  de  silice.  Cette  ana-  rm  et  liflB|Hdes,èresoeption  delà  Uancbequi 

lyse,  faite  avec  Une  rare  sagacité ,  se  trouve  est  iouchcL  Leur  mveur  est  fade  et  doureèirt; 

consignée  dans  l'ouvrage  intitulé  Opuscules  les  personnesqui  les  boivent  pour  la  jgrmihe 

chimioues,  etc.  fois  éprouvent  une  oartaine  répugnanoe.  Ces 

M«  Save ,  pharmacien  distingué  à  Saint-  eaux ,  surtout  les  nins  duNions ,  ont  uns 

Méncard,  a  voulu  rectifier  cette  analyse.  Ce  odeur  forte  et  pénétrante  de  aonfre;  dks 

chimiste  ne  croit  pas  que  le  sulfure  de  soude  laissent  exhaler  des  émanationa  semMiblfi 

soit  le  niinéralisateur  des  eaux  de  Ludion  ;  à  celles  des  oeufs  couvés.  Cette  odeur  frappe 

il  croit,  d'après  ses  expérieDces ,  que  c'est  Todorat  à  une  certaine  diaiaBce  da  bétimeni 

le  gas  hydrogène  sulfuré.  Mais  le  travail  le  thermal.  La  froide  et  la  blancàaeoaliennai 

pliu  récent  et  le  plus  complet  sur  la  nature  une  grande  quantité  de  matièrm  lilamnolen- 

cl  la  composition  des  diverses  sources  de  ses  blanchâtres,  que  l'on  aiipeile  gUkime  ou 

Lucbon  t'St  Tanalyse  que  vient  de   faire  barégine.  Les  plus  chaudm ,  f^ai  sont  ks 

M.  Longehamp,  si  connu  par  ses  recbercbca  plus  miuéralisées ,  laissent  sur  les  canin 

chimiques  sur  les  eaux  minérales.  Ce  savant,  par  où  'elles  coulent  et  dans  ks  hmsx,  où  et 

expressément  chargé  par  &  E.  k  ministre  les  viennent  sourdre,  des  masses  da  aouitc 

de  l'intérieur  de  fiire  l'analyse  des  sources  sublimé  qui  forment  quelquefois  dea  alako- 

de  Lucbon  ,  s'est  acquitté  de  sa  mission  tites.  Les  pièces  d'argent  que  Pou  trempe 

avec  autant  de  xèle  que  de  talent  Le  public  dans  ces  eaux  prennent  une  couleur  noirs, 

attend  avec  impatience  k  résultat  de  ses  mais  plus  promptement  dans  ocUes  qui  enl 

travaux.  une  température  plus  ékvée.  Cette  onukuTt 

Malgré  rexactiiude  et  k  multiplicité  de  qui  est  due  à  k  combinaison  du  aouiEreaiee 

ses  inrocédés  analytiques,  l'illustre  fiayen  ne  l'argent,  est  aussi  foncée ,  el  dure  plus  kng- 

put  parvenir  à  dctenniner  d*une  manière  ri-  temps  que  odle  que  les  eaux  des  antres  sour- 

Kureuse  les  quantités  de  soufre  contenues  ces  leur  impriment  La  source  cbnnde  de&i» 

ns  les  différentes  sources  de  Lucbon.  Toid  chard  prétenteks  mêmes  qualités  phqrsiqnei; 

les  résultats  obtenus  par  les  expériences  de  mais,  plus  douce,  plus  savonneuse^  ok  eon- 

M.  Lougcbarop  :  tient  eu  plus  granae  quantité  œtte  suhstanoa 

Sulfure  de  cui\Te  produit  par  4  liv.  5  onc.  gélatineuse,  quin'esi  peut-être  pas sam'tetion 

d'MU  des  différentes  sources.  sur  notre  économie.  Dans  k  liea  où  vicn- 

Grotle  inférieure 0,140  granmi.  nent  sourdre  les  sources  de  k  Keine  et  de 

Source  Richard o,x  x6  k  Grotte,  on  voit  s*ékvcr  à  leur  sur£aoa  des 

,       Grotte  supérieure 0,1  z5  bulles  que  Ton  croit  être  du  oz  axoie. 

So!irot:  de  la  Reiue. . . .  0,1  oa  Les  oeux  sources  de  l'étabTisseose&t  Fer- 
Source  iUanche. ......  0,004  ras  (  nom  de  l'ancien  propriétaire^    sont 

J4«  autivs  sQurf^s  ue  fournirent  aucuit  claires  et  Um(>ides }  elles  ne  ini^aeat  difager 


AÎUtO?<blSS£MBNT  M  SAINT-GAUI>I£NS. 


pi^iiiririe  sulfureqx,  ainsi  que  h  froKie 
te  grand  éTamJssemciit.  On  nVlMerre  aucun. 
jMeipiré  par  le  sulfate  de,  cuivre  acidulé. 
Oft  peut  regarder  les  bain^  Ferras  comme 
ftéparatoires  à  ceux  plus  aciib  de  Richard 
^  de  la  Reine. 

Plfcopa  fwriscnrmtqvn.  L'ana^rse  des  eaux 
'  ;  Luchon  fut  Cùte,  ominie  nous 


f^ons  déjà  4it,  par  le  savant  Baren.  Le  pubKe 
étiit  aiteodre  le  noureau  IraTail  de  M.  Long- 
dbamp  ,  qui  a  fui  un  séjour  prolongé  aux 
«MU  de  Luchon,  dans  le  seul  but  de  se  li- 
vtvr  aux  recherches  les  plus  exactes  sur  la 
composHion  des  diverses  substances  fixes  et 
pactises  qu'elles  contiennent 

Jje  mêlaiige  de  certaines  sources  offre  au 

naïade  qui  se  baigne,  une  couleur  laiteuse. 

Ge  pliéuomène  chimique,  que  les  étrangers 

sont  à  raénae  d^observer  quand  ils  ont  resté 

qnclgue  tempi  dans  le  bain,  est  iniéressant 

à  coonaitre.  Yoid  tliypothèse  que  présente 

*M.  tongchamp  :  Veau  de  la  source  blanche 

est  kmcbe-,  ce  qui  résulte  du  soufre  qu'elle 

retient  en  suspension ,  et  qui  proTÏent  de  hi 

dêcompositicm   de   Thydrosulfure   contenu 

dans  cette  eau.  Tl  est  probable  que  Teau  de  la 

source  blanche  renferme  dans  le  sein  de  la 

terre  une  quantité  de  sodfre  plus  grande  que 

cefle  qui  est  nécessaire  à  la  saturation  des 

bases.  Cet  hydrogène  sulfuré  se  trouvant 

brûlé  par  noe  cause  quelconque,  il  en  résulte 

que  l'ean  contiendra  plus  d'acide  suUnrique 

que  les  bases  ne  pourront  en  saturer,  et  par 

eimscc|uent  elle  se  trouvera  pourvue  d'une 

\   eertaitie  quantité  de  cet  aeide  libre. 

Lors  donc  que  l'on  mêle  TeaB  blanche 
avec  celle  d'une  autre  source  quelconc|ue  , 
die  réagit  sur  celle-ci  à  la  manière  des  aades; 
et  cet  acide  se  combinant  avec  les  bases, 
met  'k  nu  rhydrogène  sulfuré  que  contient 
r^u  de  la  sourop  à  laquelle  on  a  mêlé  h  bfaoH 
che:  Cet  hydrogène  sulfuré ,  devenu  libre , 
est  btentdi  décomposé  parle  contact  de  l'air 
et  par  la  lunûère,  et  de  là  résulte  le  trouble 
que  présente  dans  quelques  instants  le  mé- 
hngc  des  deux  eaux.  Cette  couleur  laiteuse 
devient  plus  prononcée  à  l'époque  des  grands 
ora^^crs.  M.  Longcfaamp  n'a  observé  ce  pbé- 
aomcue  chimique  qu'à  Baguères-do'Lucnon. 
PkormvTss  bboicimalks.  Les  eaux  miné- 

*  nies  de  Bognères-de-Lucfaon ,  qui  par  leur 
'  nâange  fonnent  un  composé  savonneux^ 
'    looi  employées  avec  succès  depuis  plus  d'un 

*  slëde  dans  un  grand  nombre  de  maladies 
diraniques ,  ei  -sont  rangées  parmi  les  plus 
taàes  nicd  icaments  dacette  nature.  Que  cf ol>> 

*  Bitvatioiis  vraies  et  exactes  ae  pourrail-oa 
f    fia  publier  pour  eoutater  leur  efficaeitél 


Les  dix  soaroes«  soit  thowalfs,  joitaa^ 
fnreiises,  dont  se  compose  réiabliasemeat  de 
Bagnère»de-Liichon  ;  permettent  aux  bm- 
decins  de  varier  les  moyens  thérapeutiques 
qii'orfrent  ces  sources ,  et  de  les  utiliser  siiir 
vant  leur  force  et  leur  éncigie,  dans  un 
praad  nombre  d'aliaciions  morbides;  Mais 
il  est  toujours  nécessaire,  dans  l'emploi  d» 
tel  ou  tel  bain ,  dans  le  mélange  des  eaax 
qui  doivent  le  compoaer,  de  bien  connaître 
le  tempérament,  la  sendbililé  plus  ou  moins 
prononcée  des  organes,  la  mobililé  aerveuse 
des  nsaladei.  La  manière  de  les  employer 
doit  être  méthodique.  Les  eaux  de  Lucboa 
sont  cuntives  dans  un  grand  nombre  d'af- 
fections morbides.  Elles  détenniuent,  par 
leur  action  qui  est  toujours  vive,  ua  mouve- 
ment qui  s'opère  du  centre  à  la  circonfé- 
rence. Elles  agitent  beaucoup  pendant  qu'on 
en  lait  usage;  mais  il  ne  fsut  pas  ks  Jt^cir 

rr  les  effeU  du  moment.  HUes  sont  propret 
rappeler  l'exhalation  cutanée;  eUes  sont 
très-utiles  toutes  les  fois  qu'il  est  nécessaire 
d'exciter  le  système  dermoide.  Elles  méft* 
tent  hi  première  place  parmi  les  moyens  si 
multipliés  qu'on  a  proposés  pour  la  curation 
des  dartres:  leur  propriété  pour  guérir  ce 
genre  d'affection  est  connue  aujourd'hui  de 
tous  les  praticiens.  Elles  font  transpirer 
abondamment  ;  prises  an  bains  et  en  dou- 
ehes,  elles  donnent  de  la  douceur  et  de  la 
souplesse  au  système  cutané,  et  favorisent, 
de  cette  manière,  des  mesteurs,  qui  sont  si 
salutaires  dans  les  rhumatismes  fixes  ou  va- 
gues ,  et  dans  certaines  dartres  où  la  peau 
est  sèche  et  rugueuse.  L'utilité  des  eaux  de 
Luchon  est  constatée  depuis  long-temps  dans 
les  engorgements  glandulaires,  soit  du  cou, 
soit  du  mésentère,  lorsqu'ils  ne  sont  pas 
trop  anciens.  Chaque  année  on  amène  à 
Luchon  des  enfants  atteints  de  oes  cruelles 
maladias.  J'ai  vu  des  affeelions  très-graves 
se  dissiper  insensiblement  par  l'usage  des 
eaux ,  surtout  en  leur  associant  jes  anti- 
seorbutiques,  les  amers,  un  régime  tonique 
et  fortifiant. 

On  les  emploie  aussi  avec  suocès  dans  les 
roideurs  des  tendons  et  des  ligaments  arti- 
culaires. A  la  saile  daa luxations,  des  frac- 
tures et  des  entorses,  elles  dégpi-gent  eea> 
parties  de  manière  à  feur  rendre  liBur  pre- 
mière souplesse.  Les  eaux  de  Luchon  con- 
viennent dans  les  dérancemenls  qui  siuirien- 


aent  à  la  tète  du  fémur,  dans  les  tuiueun 
bUudies  des  ariicubtions  ;  maladies  qui  sont 
presque  toujours  produites  par  le  vice  scro* 
fuleux,  et  qui  sont  si  fréquentes  et  si  grar 
vrx)  "Xtiti  les  eulautft.  Les  maliulci  qui  p9^pfQ> 


VKPÀMtMKST  DE  lA  HAUTE-GA&OIRIIE. 

et     le  Plin-d6«Gouéou,  riooraie  gôuffi« 


«MM ,  «ne  Ionisé  promenade  ombragée 
«ne  tour  carrée  en  ruine,  restes  d'anôeii 
fortificaiioDS,  qui,  à  uae  époque  très*reca- 
iée,  dé^îndaient  cette  porte  des  Pyrénées. 
De  oe  côté  de  k  Geroime,  cl  au-dessous  du 
pont ,  est  on  mamelon  de  roches  que  cou- 
ronnent, ^  la  manière  la  pbn  pitlareaqae^ 
tes  débris  d'un  diàtean  fort  do  moyen  âg& 

Le  mtfbre  puant  abonde  dans  le  voisinage 
de  Saint-^Béat,  et  Ton  voit  à  Test,  au  lieu 
appelé  ]a.Penne^nt-Marin,  Une  vaste  car- 
rière taillée  dans  un  marbre  compact  isa* 
belle  et  blane  rosé;  celte  carrière,  jadis 
exploitée  par  lesEomains,  est  creusée  en 
large  cheminée  jusou'à  la  dme  du  mont  ;  on 
a  Irauvé  dans  Im  décombres  des  blocs  énor» 
mes  de  mfibre  paHattement  éearris.  Une 
carrière  plus  interessanle  est  celle  située 
sur  la  nve  gauche  de  la  Garonne;  elle 
donne  un  beau  marbre  blanc  statuaire. 

La  Garonne  du  port  de  YieUa ,  et  cello 
d'Artigues,  plus  importante,  serrent  i  char- 
rier des  troncs  de  sapins  que  Ton  abandonne 
au  oDorant,  et  qui  sont  airétés,  vers  Saint- 
Béat,  par  une  estacade.  Là,  chaque  proprié- 
taire reoonnait  les  bois  à  m  marque;  cV 


et  h 
voyagea» 


Camx- 


le  oriocipal  oonmerce  de  la  vallée ,  dont 
les  habitants  s^richissent  de  rexploitation 
des  foiéfii  espagnoles. — ^Exploitation  des  car^ 
rières  de  marbre  et  d'ardoises, — Commercé 
de  chevaux  et  de  mulets  pour  TEspagne. 

On  iw  doit  pas  manquer  de  visiter  aux 
environs  de  Saint-Béat  les  sources  de  la 
Garonne.  Après  avoir  passé  Bososte,  et  près 
des  ruines  deCasteI-Léon,on  bisse,  à  droite, 
remboucfaure  et  Tctroiie  gorge  d'Artigues- 
Xelline ,  qui  fournit  les  principales  sources 
du  fleuve.  Cette  gorge  n'est  qu'une  fbrèt 
continuelle  de  la  plus  grande  beauté.  A  son 
centre ,  se  voit  le  beau  village  d'Artigues, 
pittoresquemeot  placé  dans  un  site  sauvage, 
doit. Ton  contemple,  dWepart,  le  bnu 
vaUon  où  elle  débouche ,  et  de  l'autre,  la 
rhttte  rapide  et  tumultueuse  du  torrent  dont 
les  eaux  viennent  sans  cesse  se  briser  contre 
les  roches  aui  encombrent  son  Ut.  On  passe 
cette  brandie  de  la  Garonne  sur  un  poat  de 
pierre,  et  bieutél  les  habitations  éparsessur 
Je  penchant  des  monts  diminuent,  ainsi  que 
les  champa,  et  ensuite  les  prairies.  Après 
avoir  dépassé  la  station  d'un  antique  ensii- 
4Bge  auquel  tient  une  maison  hospitalière , 
on  s'enfonce  dans  l'épaisseur  des  îoréu  par 
nn  sentier  assez  uni ,  et  qui  monte  insensi-  « 
hiement  au-dessus  des  précipices  du  torrent 
«t  aous  de  magnifiques  ombrages.  Ils  abri- 
tout  le  voyageiir  jusqu'au  point  où  se  pré- 
•■'*''*  ^  ••»  ««ivds  surpris,  an  iien  nonuné 


vomit  par  deux  bouches  la  noble  aouroe  dt 
la  Garonne,  Fone  des  singularités  les  plm 
ranarquables  des  Hmites-Pyrénées , 
plus  digne  d'être  visilée  par  les  voy 
etiescarieux. 

BBRTBAini-DB-0IIHmiV«B9  (S^V 
Ancienne  et  jolie  viHe ,  située  à  3 1.  x^  de 
Saint-Gaodens.  Pop.  847  hab. 

Cette  ville,  l'anaenne  Lr-^ 
manam  de  Slrabon  et  de 
nom  actuel  à  saint  Bertrand,  l'un  de  se 
évèques,  qui  la  restaura  en  iioo,  do  sac 
qu'elle  éprouva,  en  584  ou  585,  par  Goo- 
trand,  roi  de  Bourgogne,  pour  oToir  donné 
asile  au  fiiùx  Gondebaod.  EUe  fol  jadb  or 
née  par  les  Romains  d'un  grand  nombre  de 
monuments  et  de  constructions,  dont  on  a 
recueilli  et  découvert,  à  divenes  époques, 
des  restes  précieux,  au  milieu  des  miae&  de 
cette  nouvelle  Acropolis,  qni,  telle  qu'on 
nid  d'aigle,  couronne  vm  monticnle  ornes 
élevé.  Les  pins  mnds  restes  d^lîqoilés  se 
trouvent  au  bas  delà  montagne,  dnnsla  petite 
plaine  de  Ydcabère,  où  s'étendait  la  vîHe. 

Saint -Bertrand  est  agréaUenenl  sitaé, 
dans  une  contrée  fertile ,  près  de  l'Amie  et 
non  loin  de  la  rive  gancbe  de  In  Garonne. 
Ses  rues  sont  larges  et  bordées  de  maisons 
vastes  et  bien  bâties.  L'andemie  çalhédMe 
est  une  jolie  église,  ornée  intérienremeot 
de  boiseries  sculptées  d'une  ^mnde  beauté. 

Atelier  de  marbrerie.  Scierie  hjdrouliqoe 
de  marbre  de  trente-six  kmes,  mue  par  k 
Garonne. 

BOCTLOieHE.  Village  situé  àAli/^à» 
Saint-Gaudens.  (S  Pop.  i,5«7  hab.— Tan- 
neries. 

EirCACSSE.  Tillage  situé  à  1  l.  3/4  ^ 
Sainf-Gaudens.  Pop.  600  hab. 

Ce  village  est  situé  dans  l'une  de  ces  gor- 
ges riantes  et  cultivées  que  fonncnt ,  psf 
leurs  ondulations,  les  collines  boisées  qui 
de  la  Garonne  s'élèvent  progressivement  «» 
la  chaîne  des  Pyrénées  et  en  forment  I» 
premiers  degrés ,  &  peu  de  distance  de  la 
route  départementale  qui  conduit  de  Saint» 
Gaudens  à  Aspet. 

xAvx  BinrBaAi.is  n'ancâossa  ■• 
On  trouve  à  Encausse  deux  sources  d*eaui 
thermales  désignées  sous  les  noms  de  Grandit 


f .  Cette  notice  a  été  tédà^  d'après  les  ren- 
aeigneiaenU  qui  nous  ont  été  adressés  par  M.  le 
docteur  J.  F.  Doaeil,  médecin  inspcctenr  dft 
mnz  Biinéralcs  d^Bocausse, 


ArKONDISSEM^NT  l>fe  SAlM^-GAODENd. 


elPeûle  Source,  qui  penvent  fouruir  à  34o 
bHiB  dans  Tespaoe  de  a5  heures.  Ces  sour- 
ce», fré^uenlées  depuis  l'anoce  i564 ,  sont 
U  proj^été  de  la  commune. 

U  bâtiment,  nouvellement  construit ,  est 
inpre  et  commode.  Il  contient  x8  baignoî- 
lojm  marbre.  Les  cabinets,  spacieux,  beaux 
et  parfaitement  éclairés,  où  sont  placées  les 
bailDoires,  sont  rangés  sur  deux  lignes  pa- 
nllcfes,  adroite  et  à  gauche,  et  séparés  par 
1111  vaste  corridor,  pavé  jèn  larges  dalles.  A 
côté  se  trouve  le  cnauiToir  et  un  superbe 
taloii. 

Sàisoa  OIS  KAOX.  La  saison  dure  depuis 
le  mois  de  jviUet  jusqu'à  la  fin  d'octobre. 
\£  Bombie  des  malades  varie  de  3oo  6  400 
par  an.  Des  laUcs  de  bal  et  de  jeu,  des  pro- 
menades charmantes  dans  les  riantes  prai- 
rio  qui  entourent,  le  village,  offrent  aux 
nulades  des  objets  de  distraction  agréables. 

Pan  Dv  xnoBisaaT  vr  db  Lik  nanssi 
JOvRiALcàRB.  On  trouve  à  Encansse  toutes 
lescoBUBodités néeessaires  à  la  vie,  à  un  prix 
(KMiodéré.  La  d^ense  journalière  peut 
•'élèvera  t  fr.  3o c. ,  et  le  logement  à  Soc. 

TaMT  du  niX  DBS  BAVX  ,  BAin  ST  DOV- 

caiL  Boisson',  par  jour. . .  o  f.  o5  c. 

Rain o     5o 

Douche o      a5 

PtopsikTis  raTsiQVES.  L'eau  des  deux 

noires  est  parfaitement  claire  et  limpide  ; 

eUe  n'a  aucune  odeur;  lorsqu'on  la  goûte, 

ou  éDTOUTe  une  saveur  désagréable ,  mais 

I  trè-faible.  La  pesanteur  spcciBque  do  celte 

^n  est  a  celle  de  l'eau  distillée  comme 

i  ^0017$  est  à  X, 00000.  Sa  température  est 

I  toiutamment  de  19*  i/a  du  th.  de  Réaumor. 

pRoraiKTis  caixiQUBsl  Os  eaux  ont  été 

^ysées  par  MM.  Gassen  de  Plantin,  mé- 

^   «un  è  Rieux;  de  Bernard ,  professeur  de 

ncJccine  à  Toulouse;  Sase,  chimiste  à  Saint- 

Mancard,  en  r8o5,  et  par  M.  Saint-André, 

profciieur  de  médecine  à  Toulouse. 

^  divers  procédés  chimiques  qu'on  a 
<^P^és,  oDt  donné  le  résulut  dont  le  dé- 
^  &uit  :  4,891  grammes  5  (10  livres  d'eau) 
^  produit  un  résidu  de  x3  gr.  85),  qui  a 
e:e  séparé  en  six  substances  salines  dans  les 
proportions  suivantes  : 

GrMB. 

SuKate  de  chaox 7,961 

:  Sulfate  de  magnésie  et  soude.  9,866 
Muriate  de  magnésie  ....  1,751 
^tthonate  de  magnésie  .  .  .  0,91a 
'^f'wnate  de  chaux i,o6a 

<3,859 


PROPBIBTÉS    ltiDl€t9à$.fÙ»    U» 

dans  lesquelles  çn  les.  administre  avee  le 
plus  de  succès ,  sont  les  rhumalisnKs ,  lea 
coliques  bilieuses  et  néphrétiques,  Ica  afieo* 
tiens  cutanées ,  mélaneoHquea ,  hypochon- 
driaques,  hiatériques,  la  leuconiiée,  la  chlo- 
rose et  autres  maladies  des  femmes;  lea 
obstructions  des  viseèrea  ahdomiwmx ,  lea 
fièvres  intermittentes,  de  hmg  eourr  parti- 
cttlièrement.  On  les  emploie  fréquemmeat 
avec  avantage  contre  les  paralysies. 

Les  observations  reooeiUies  sur  lea  effets 
généraux  de  ces  eaux,  ont  démontré  qu'cl*- 
les  étaient  très-efiicaoes  pour  ramoUur  le 
tissu  fibreux.  On  attriboe  a  œt  effet  la  gu^ 
rison  des  personnes  atteintes  de  rhuanatia- 
mes.  Les  jeunes  personnes  frappées  d*aoci« 
dents  qu'occasionne  une  menatmatioa  dif* 
ficile ,  doivent  le  retour  aiaé  du  oom  pé- 
riodique à  l'effet  émollient  des  baina.  On 
voit  souvent  des  fièvres  intermittentes  quar- 
tes ,  après  avoir  résisté  à  tous  les  remèdes 
usités  en  pareil  cas ,  guérir  comme  par  en- 
chantement par  le  seul  usage  de  l'eau  de  la 
Grande  sourte  en  boisson.  J^est-ee  pas  è 
l'effet  purgatif  désobstruant  qu'on  doit  atti  i- 
huer  ces  cures  ?  n'est-ce  pas  aussi  à  l'effet 
émollient  des  bains  qu'est  due  famélioratiob 
de  tant  d'affectioos  nerveu8es,mébufiooliques, 
hypochondriaques ,  etc.  ?  Le  sentiment,  le 
mouvement  et  les  fbrees  sont  souvent  r&> 
tabtis  par  la  douche  forte  snr  les  membres 
frappés  de  paralysie. 

MoDB  n*ADiianaTaATio>.  On  administre 
les  eaux  d'Encausse  en  bains,  en  douches, 
et  en  boisson  le  matin  à  jeun.  Elles  pro« 
duisent,  chez  les  pituileux  surtout,  des  selles 
abondantes. 

FOS.  Joli  viUage  situé  près  des  frontières 
de  l'Espagne ,  à  8  L  1/4  de  Saint- Gaudens. 
Pop.  1,400  bab.^Meries  hydrauliques  de 
phinches. 

OAUDEHS  rSAINT-).  Jolie  ville.  Chef* 
lieu  de  sous-prefecture.  Tribunaux  de  pre- 
mière instance  et  de  commerce.  Société  d'a- 
griculture. Collège  communal.  Direction  des 
douanes.  (S  X)f  Pop.  6,179  hab. 

Cette  ville,  jadis  capitale  du  Nébouzan, 
est  fort  agréablement  située,  sur  une  col* 
Une,  près  de  hi  rive  gaudie  de  la  Garonne; 
elle  se  compose  principalement  d'une  rue 
spacieuse ,  propre  et  bordée  de  plusieurs 
maisons  bien  béties,  parmi  lesquelles  on  r» 
marque  une  magnifique  auberge  (l'hôtel  de 
France).  On  y  voit  une  des  plus  anciennei 
églises  de  la  contrée,  dont  les  voûtes  sont  k 
l^in  cintre  et  à  double  archivolte. 

Sainl-Oaudeos  fst  h  véritable  dof  des 


fiir  It  iMitie  orientale  des  H«ip>     cette  situation  sur  les  riants  paysages  formé 


tai-Pyrénéei.  Sur  le  bofxi  4e  U  Garonne» 
Mfne  wn  eapAanade  d*où  Ton  jouit  de  cbar- 
nants  point»  do  tue  sur  la  vallée. 

Ikàtfioues  do  codÎB,  bHraU,  ftoffes  do 
loine,  itinani  do  iU.  Papeterie».  Tannerie». 
Yorrerias.  Faïencerie».  Tuilerie».  Scieries 
kydioldiiiiie».  Moulia»  à  feriqo  »  o  huilo  et 
àfralpo.-*-  Cmkmerce  do  proin»,  grosse» 
dni|Mrie»,  fil,  obii»,  bougie»»  muJo^  et 
bestiaux,  afvoe  l*£»jpagno,  elc. 

A  t%  1.  de  Ttahmi  &i  i.  do  Toulouse , 
aoa  I.  do'ftri».--»-  MM  do  FroM^^—Yoî- 
tnre»  pour  TohAouso,  BagQère»«de-Bigorro, 
BaHigOB,  Cliuiorats»  SoH*-6aaveMr  et  |U0Bè- 
res^do-Lucbon. 

GOrEDAV.  YiUago situé «3 1  de Sain|- 
Gaudens.  Pop.  Sr^  ^7  bab.  Il  est  sur  U  rivo 
droite  de  la  Garonne,  on  it  a  un  beai\  pori 
de  constructioo.-^Ganrière»  de  marbre. 

l8LB-Eir-l»0D01f  (F).  Petite  viUe  située 
à  8  1.  T^  de  Saint-Gandèns.  BJ  Populotio* 
1,69^  bab. 

MARTOET  («AllIT-).  Petite  riUo  situéo 
à  4  1.  i/a  de  Saint-Goudens.  ta  Populatioa 
i)i67  bab. 

La  situation  deSaint-Martory  est  i  U  foit 
pittoresque  et  favorable  à  »on  commeix^e  : 
au  centre  aboutiasent  quatre  grandes  routet 
qui  communiquont  aui  grande»  villes  envi- 
ronnantes ou  qui  conduisent  en  EspogacL 
Cette  ville  s^lttid*  »ar  le»  deux  rive»  de  lu 
Garonne  ;  mais  la  partie  la  plu»  conaidéniblo 
Occupe  la  rive  gaucbe;  se»  deux  quartiers 
communiquent  par  un  poat  de  trois  ar- 
ches, d'un  effet  romanjuabk  à  cause  do  k 
beauté  du  site.  Une  vieille  et  grosso  tour 
carrée  en  ruine,  une  antique  abboye ,  qui 
»*élève  sur  un  roc  dont  la  Garonne  a  rongé 
la  base,  avoisinent  le  pont  et  ajoutent  à  so* 
effet;  tandis  qu'au-dessus,  iur  la  rive  gau- 
che, se  dressent  d'âpres  falaises  couronnée» 
de  débris  de  chAteaux  féodaux.»  J'oÂfllfi/0 
de  draps. 

MIRAMOirr.  Yillago  situé  à  nno  demi* 
Ketie  de  Saint-Gandens.  Pop.  1,497  bab.— 
Fabrique  de  draps  commun»,  filature  do 
hîne.^^inturerie. 

mOffTREiEAU.  Jolie  petite  vilfo,  fort 
agréablement  située  au  confluent  de  ta  Ga^ 
ronne  et  de  la  Neste ,  à  3  I.  do  Saint-Gan* 
den^.  ^  Pop.  2,991  heb. 

Il  est  difficile  de  U-ouver  une  situation 
plus  délicieuse  nue  celle  de  Monitejeou; 
oâtie  au  débouché  des  montagnes,  cette  ville 
Occupe  un  de  ces  beaux  plateaux  qui  exis- 
tent le  long  et  au  pied  de  la  chaine  de» 
Pyrénées,  et  les  regards  se  promènent  de 


par  le  confluent  de  la  IVeste  et  de  h  6» 
ronne ,  sur  le  riche  terril on«  qne  ces  dcu 
rivières  arrosent  avant  leur  réonion  ;  enfia, 
sur  le  magnifique  amphithéâtre  des  noais. 
Oi^  jouit  de  ces  beaux  points  de  vue  de  pk- 
sieurs  maisons  particulières,  notamment  da 
terrasses  qui  ornent  Ui  bdle  habitation  de 
M.  Lassus  de  Camon. 

Montrejeau  est  une  vftie  propre  et  bien 
bâtie ,  qui  a  sur  Ja  grande  route  une  fort 
belle  rue ,  et  sur  la  Garonne  un  quartier 
bien  construit,  dont  les  deux  parties  comma- 
niquent  par  un  pont  en  marbre  de  six  arehes, 
d'une  élégance  remarquable. 
'  Fabriques  en  grand  de  trioot»  et  bas  de 
laine  a  rairaille.  Tannerie». — CamtÊttnt  ds 
grains,  bcstniux,  mulets,  pelloiorie,  bob  de 
construction,  merrainr,  efe. 

PLANCARD  (SAntT-).  Booig  siUié  à 
3  I.  de  Saint-Gandens.  Pop.  x,i5ohab. 

00.  TiHage  situé  A  xo  L  i/a  de  Saint- 
Gandens.  Pop.  376  hak, 

Ge  rillage  est  le  dernier  do  k  vallée  da 
tarboots;  it  occupe  i^n  bo«in  en  fonoe 
d'entonnoir,  qui  sembk  être  sans  i^ue.  Avaat 
d'y  arriver,  on  laisse,  sur  lo  droite,  une  pe- 
tile  gorgo  qui  conduit  9»  pOrt  die  Pejre- 
Sourde,  pour  aller  dao$  la  vallée  de  Louroo, 
qui  est  peuplée  de  charmanis  villages  pitto* 
re«(|qement  situés.  A  partir  d'Oo  pour  s» 
diriger  vers  les  montagnes  du  Larbouls,  la 
yallée  devient  irès-étroite  ;  on  monte  d'abonl 
un  peu,  et  bientôt  se  présente,  à  droite, 
une  beUe  cascade  qui  s'étend  en  naupe  sur 
la  ponte  unie  d'un  rocher.  Apres  avoir  pavi 
pondant  une  demi-heure  un  sentier  qui  suit 
le  cours  du  torrent,  dont  les  eaux  tombent 
on  haute»  et  bruyantes  cataractes,  on  arrive, 
an  aortir  du  Uc  de  Séculéjo,  à  sa  première 
chute,  la  plus  forte  de  toutes.  Cette  cata- 
EOCte  est  d  un  effet  admirablç ,  mais  moins 
l^eUo  toutefois  que  l'énorme  cascade  qui  ali- 
mente lo  lac,  oui  est  à  7x8  toises  d'élé>-a- 
tion,  selon  M.  Charpentier.  Là,  se  présepte, 
dans  tout  son  ensemble  el  toute  sa  majesté, 
l'un  des  plus  beaux  spectacles  de  la  nature 
sauvage  ;  un  lac  de  forme  ovale ,  qui  a  plus 
do  deux  cent  mille  toises  carrées,  selon  les 
supputations  de  M.  Hamond  ;  une  enceinte 
presque  entièrement  circulaire  de  haute» 
montagnes  qni,  partant  de  la  digue  du  lac , 
ne  œssent  de  s'exhausser  et  s'escarpent  100- 
jour»  plu»  iusau'à  leoroen(re;  de  ce  centre, 
une  cascade,  la  plus  volumineuse  des  Han- 
tes-Pyrénées, tombe  perpendiculairement  do 
huit  cents  pieds  Ue  haut ,  un  léger  ressaut 
seulenent  partageant  sa  chute  en  dota  par* 


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9^9 

^^^^^^^^^KSiv^lHh^^ 

PORT   D£  VENASftUE. 


! 


^  qui  jpmisawt  éenles.  Ce  tabletm  Qt  cet 
mcaarement  sont  dienes  I^in  de' f autre; 
M  doublent  Tadmiration  e(  ta  portent  jus- 
^*â  Tex-tase.  —  Au-dessus  des  cîoies  $upè> 
kieares  de  Séculéjo,  après  avoif  passé  \a^ 
bwteur  d'«^  part  la  oasçadi,  on  ipônte  par 
p  nTÏn  qui  conduit  au  îassîn  ()uV*cupç 
m  lac  d*Espingo ,  spuroe  immé4iat«  de  la 
nnde  cascade.  Un  autre  netit  lac,  nomn^e 
Moansat,  baigne  le9  pieds  ou  pîc  d^EspiugoJ 
nr  ks  flanc»  duquel  op  parvient  au  porj 
2lOo,  passage  élevé  de  i^Sgo  toises,  ^u^ 
ttaduic  au  ceveri  dTfiMuma    . 

SJUJES.  Petiî^  'yfSfTfinçç  i  5  I.  de 
laint-Gaudéiis.  Pop,  79pi  b.  99  \  ^ou\e  v'ne 
«Mircc  salée  dont  on  exlrait  Uu  sel  très-l>UnG. 
^Fahrùjues  d'étoffes  de  laine.  Faïencerie.  ~ 

SAUYETERRB.  Petite  ville  située  à  a  I. 
de  Saint -Gaudens.  .Kop.  <,3(J€  hàSL 

TEOlIILl.E.TDlag«  situé  à  5 1.  x/a  de  St- 
teudcna.  P«p.  k^  Mhz-^-Forges;  TerMrie. 
'  VALRIITIIIK  ^«tito  vitte  située  flnr  K 
'■«e  droite  d«  la  0«roiine,  à  S/4  de  K  dd 
HÎBt-OaiideBS.  Pop.  iiOi^o  hahr^Fairiftieâ 
|fétoffes  de  laine. 

TBIiASQUB  (tmrr  m)^  A  tvoia  beures 
I  it  «fistanee  de  BMDèrc»-d€hLuchon ,  en  y* 
■ooiant  le  court  de  la  Piqué,  oa  tmuvé 
fHospiee  de  Luebon ,  liefuge  ou  point  dé 
irpoft  i  l'approche  deÉ  monta  élevés,  «i  dan^ 
lereui  quand  Toitt'agiiii  y  i^e,  qu'on  y  « 


/>owf  J0B  /Zj,.  ni  /b  y?i[r  ^o«  pcre;  ce  n'est 
qu'une  cabane  de  pasteur,  habitable  seule- 
ment Tété,  et  qu*on  abandonne  Thiver,  en  la 
laissant  ouverte  et  pourvue  de  bois ,  peur 
let  voyageurs  qui  vtenneni  ou  qui  vont  en 
Espagne.  De  cet  endroit ,  pour  atteindre  !« 
cretç  des  Pyrénées,  on  monte  par  une  rampe 
àsset  développée  jusqu'à  un  bassin  d*iii^ 
aspect  sévière  par  l'état  de  déchirement  dta 
montagnes,  au  nied  desquelles  se  présentent 
auatre  lacs  remarquables.  On  monte  ensuite 
ae'  phis  en  plaa  rapideaunt-,  à  travers  d  e- 
nermea  âMMilenaeaû^  par  un  lentier  en  zig* 
zags  M|<|e«|in#iH  leplié»  wr  eux-»iémes, 
Çl  l'on  ^rvivç  en  deux  heures,  comme  au 
sommet' d'un  ravin,  à  respèce  de  déchirure, 
qui  traverse  la  Penna  Blanca,  ou  le  rocher 
Blanc ,  formé  d'une  masse  de  marbre  gris 
dair  vëinè  dd  bhuûi  ;  d'est  là  le  passage  qui 
conduit  sur  le  versant  espagnol;  c'est  le  port 
deVenasque,  anqèel  M.  dotfdier  dedne  ta3i 
toises  d'élévatieo  ;  il  conduit  à  la  ville  espa- 
gaole  de  iRenasque,  avant  laquelle  ert  aussi 
un  bcupiee ,  a«  baa  de  lapranuëre  descente. 
\  Du  passage  de  la  Penna.  ftlanca,  on  voit 
se  déployer ,  an  letant ,  fénorme  mane  des 
lAonitigfies  Maudkea;  oalle  qui  porte  te  nom 
de  l^ladeita  est  le  peint  le  plus  élevé  dea 
Pyrénées. 

VILLBMMnrK^0B-RIVlBEB.  Bonr^ 
Ihué  à  ri.  dé  9àiii4-Gaudens.  Pop.  1,593  h. 
-^  Piltff4ire  de  laine. 


AHEQNl%IS3£itf£NT  BB  MURET. 


I  AVTBRITE.  Bourg  aitué  sur  U  rive 
iraiie  de  TAriége  »  qui  y  est  nav^able  et 
,|ue  Ton  passe  sçt  uo  pont  de  briques ,  4 
i  i  1/2  de  Muret.  iS  Pofu  XtQoah. — Fabri- 
i§uâs  de  draps  pour  Thabillement  destroup/^^ 
f  CALHOST.  Ifourg  situé  a  7  ).  4f  Muret* 
Itop.  x,5oo  hab. 

CARBOKNE.  Petite  ville  fort  agiéable- 
ment  située  sur  la  riv^  gauche  de  la  Ga- 
tOQoe ,  près  dti  confluent  de  F Arize ,  à  5  ). 
de  Muret.  Pop.  1,981  hab. — Palriaues  de 
draperies.  Moulin  à  foulon.Tefntnrenea.  Bri- 
qo^eri^ — Commerce  d'huiles  et  de  laines. 

GAZE  BBS.  Jolie  petite  ville ,  située  à 
8  L3/4  de  Muret.  P^p.  2,597  hab.  Elle  est 
asKi  bien  bitie ,  sur  la  Garonne ,  qui  com- 
ble.—- Ta- 


_     cet  endroit  à  être  navigabU 
hritpus   de  chapeaux  communs.  Tanneries 
et  teintureries.  —  Commerce  de  bestiaux. 

CINTEGABBLLE.  Petite  ville  située  à 
^  L  de  Muret,  au  mnfluent  du  Len  et  de 
f Aôtfe*  dont  la  navigation  eommence  en 
cet  endroit.  Pop.  3.»738  bah» 


FOI  (SAINTE-).  Bottrg  situé  à  6  I.  df 
Muret.  Po{).  i,25o  hab» 

rausSBBET  (le).  Petite  vifle  située  à 
10  1.  de  Mnrel.  Pop.  2,1 15  hab. 

«AltLAC-TOITLZA.  Bourg  situé  à  0  L 
9/4  de  Muret.  Pop.  1,700  hab. 

1.YS-  (SAINT-).  Bourg  situé  à  S  L  x/a 
de  Muret.  13  Pop.  1,2  3  3  hab. 

MARTRES.  Petite  ville  située  à  9  L  3/4 
de  Muret.  SI  K^  Pop.  x,55o  hab.— Marn»- 
fiicture  de  foiencefiaçon  anglaise. 

MmraiOBIT.  Petite  ville  située  à  4 1.  x/a 
de  Muret  Pop.  1,248  hab.  Elle  est  batte 
sur  un  coteau  entièrement  tapissé  de  bois, 
au  milieu  desquels  sont  disséminés  çà  et  là 
de  nombreux  villages  et  quelques  châteaux. 
—  Briqueterie. 

MONTESQUIEU  -  DE  -  YOLVESTRB. 
Petite  ville  situ«A  sur  une  hauteur,  au  bord 
du  canal  du  Midi  à  7  1.  x/2  de  Muret. 
Pop.  3^747  hab.  — Manufacture  dedripe, 
ras,  droguet.  Salpétrme.  Tuilerie. 

MUBET.  Jolte  ville,  Chef-lieu  de  loa*^ 


il 


DÉPAKTEM£NT  DE  LÀ  HAUtE-GA]LON]!l«. 


préfecture.  Tribunal  de  première  insUnce. 
Société  d'agriculture.  CS}  V)^  Pop.  3,787  h. 

Cette  ville  est  agréaUeuient  ûtuée,  danf 
ttae  belle  vallée,  au  ooofluent  de  la  Loug» 
et  de  k  Garonoe,  qu'on  y  paise  sur  un 
pont  suspendu  d*une  dimension  et  d'une 
solidité  remarquables.  Elle  est  asiez  bien 
bitle  en  brioues,  sur  le  penchant  d'un  co- 
teau, et  célèbre  par  le  siège  qu'elle  soutint 
contre  le  roi  d' Aragon,  en  xdiS. 

Fa&rûfmês  de  grosse  draperie,  de  liienoe 
blaoche  et  fiiçon  anglaise.  Tanneries. 

A  5  L  de  Toulouse,  177  I.  de  Paris. 

No£.  Petite  ville  située  à  3  1.  r/4  de 
Muret.  [S  ^  Pop.  800  hab. 


PLAN  (le).  Boure  «laé  à  9I 
Muret,  pop.  i,x5o  hab. 

EIEUBnS.  Petite  ville  située  à  j 
de  Muret  Pop.  x,6io  haK — Faèm 
toiles. 

EOSrX.  Petite  ville  située  à  6  I, 
Muret,  la  Pop.  x,s^4  hab.  EHe  | 
bâlie,  dans  une  position  agréable  sitf 
et  possède  une  oclle  ^U»  smmogl 
docfaer  d'une  hardiesse  rerotrqnabl 
iri^uei  de  draps  et  de  d&apcaux.  1 
tene. 

8I7LPI€B  (SAIHT-).  Bourg  sitill 
3/4  de  Muret.  Pop.~x,aoa.hab. 

YENBRQUE.  Bourg  situé  à  a  L  '. 
Muret  Pop.  gSo  hab. 


ARRONDISSEMENT  DE  VILLEFRANCHS. 


AURIAG.  Petite  ville  située  à  5 1.  i/a  de 
Yillerranche.  Pop.  1,737  hab. 

AVIONONBT.  Petite  ville  située  près 
du  canal  du  Midi,  i  x  1. 3/4  de  Tillefiranche. 
Pop.  a, 450  hab. 

BASIEGE.  Petite  ville  agréablement  si- 
tuée sur  le  Lers  et  le  canal  du  Midi,  à  a  L 
de  Villefrancbe.  ^  K^  Pop.  1,695  hab. 

'CAR AMAN.  Bourg  situé  à  4  1*  x/a  de 
ViHefranche.  tSl  Pop.  a,4a5  hab. 

FELIX-DE-€AEAMAN  (SAINT-).  Jolie 
petite  ville,  située  à  5  l.  1^4  de  Yilleminche. 
Pop.  a,5oo  hab.  Elle  est  bien  bâtie  en  pierre 
et  |K>8sède  plusieurs  habitations  remarqua- 
bles; la  promenade  publique  domine  la 
plaine  de  Revel ,  à  l'extrémité  de  laquelle 
i' 'élève  la  montagne  Noire,  d'où  descend  la 

i>lus  grande  partie  des  eaux  qui  alimentent 
e  canal  diiMidi. — Aux  environs,  et  non  loin 
du  bassin  de  Naurouse,  on  voit  un  obélisque 
élevé  à  la  mémoire  de  l'immortel  Riaiiet. 

I.AIITA.  Petite  ville  située  à  5  1.  x/a  de 
Villefranche.  Pop.  i,537  hab. 

MONTGISCARD.  Petite  ville  située  sur 
un  coteau,  près  du  canal  du  Midi,  à  3 1.  x/a 
de  Yillerranche.  Pop.  1,475  hab. 

NAILU>|}X.  Bourg  situé  à  3  t  de  Yil- 
kfranche.  Pop.  i,353  hab. 


EE  YEL.  Petite  ville  située  à  7 1.1 
Yillefranche.  IS  Pop.  5,456  hab.  m 
bâtie  sur  une  hauteur  qui  domine  uneA 
fertile ,  et  d'où  l'on  jouit  d'une  ni 
agréable.  On  doit  visiter ,  aux  envirsl 
beau  bassin  de  Saint-Féréol ,  que  do|| 
crirons  dans  la  livraison  du  dépaitemi 
Tarn  {vojr.  Soaiz).  —  Fairù^  àk 
bonnets,  toiles,  couvertures ,  liqucua|| 
tures  de  coton.  Teintureries.  Tuilerioi 
neries.  —  Commerce  de  grains,  Curinf 

YILLErEANCIIE-DB-LACRAQi 

Petite  ville.  Chef-lieu  de  sous-prèM 
Tribunal  de  premièrr  instance.  Sodcli 
gricullure.  IS  V>f  Pop.  a,65a  hab. 

Cette  ville  est  située  dans  une  vaste  A 
renommée  par  sa  fertilité,  sur  le  Lerv 
du  canal  du  Midi.  Elle  est  généraloî 
bien  bâtie  en  briques ,  et  formée  pria 
lement  d'une  rue  très-longue  que  tm 
la  grande  route. 

Fabriques  de  toiles  i  voiles.  bonneU 
couvertures  de  laine,  poterie  de  tenne.1 
nerie. — Commerce  de  grains,  maïs,  ch^ 
toiles,  etc. 

A  9  I.  de  Toulouse,  X90  L  de  Fteîs» 


pxff  no  DEPARTaMairr  nx  la  lAirrE-ûAxoHirx. 


nsFUiscsmiB  de  viamik  oidqv  FaiRm, 


PITTOBBSQUE 


DE  LA  FRANCE. 


>•••■•>■■••■■• 


ROUTE  DE  PARIS  A  TOULOUSE, 

TRAVERSANT  LES  DÉPARTEMENTS 


M  tBDfV-BT-OnB ,  DU  LOIRET,  DU  CHER,  DE  L'INDRE,  DE  LA  CREUSE, 
DE  LA  HAUTE-VIENNE,  DE  LA  CORBEZE,  DU  LOT,  DE  TARN-ET-OARONNB, 
BE  LA  HAUTS •  GARONNE ,  ET  COMMUNICATION  AVEC  LE  DÉPARTEMENT 
BB  l'aRI<6B. 


DEPARTEMENT  DE  L'ARIEGE. 


Itinhaive  de  |lan0  à  tottlouee^ 

PAE   MOHTAKOIS,   BOUllGBS ,    LIMOGES,   TUT.T.B    ET   MOlfTAUBAH ,    182  LIEUES. 


IWPariȈN( 


I  Pari»  à  Nof «nt4ur>venii« 
dtChaMbéry) IS 

liMn 

iif  «l 

U  CkapeUa-a'Aagilloq 

GrangôeiiTe 


SuM'norcot. 


•Vernisson  (route 

xy.. 

xy.. 
xjr.. 
xjr.. 
>or.. 
>or.. 
X>r.. 


.El. 


Utticr., 


UPay. 


.yy.. 
.X>r.. 

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U  Tt11e.M.Bnui ^QT. 

Hortena ^QT. 

Cluiiteloabe ^Of . 

U  M*itOD-Roog« ^0^. 


38 
6 

4  ,A 
5 
3 

4  ./« 
3  i/a 
3 
3 
3 
3  i/i 

3  i/a 

3 

5 
4 

4 


Limoges >Qf . . 

Pierre-Budierre. xy. . 

Magnac >Qr. . 

Maueré >Qr. . 

Uzercfae xy. . 

Sainl-Pardous X)f . . 

Donzenac X)f  • . 

Brivei Xy. . 

Cressenaae X)r.. 

SouHIac xy. . 

Payroc ^. . 

Ponl-dc-Rodet X)f . . 

Pélacoy xy. . 

Cahors.-. X)r.. 

La  Madeleine ^Qf. . 

Canaaade X)r. . 

Montauban S*  •  >  «Xy. . 

Grisolln X)r. . 

Saint-Jor}' Xy. . 

TonloQte iS*  •  •  '"V*  > 


Communirotbii  br  ftouloner  à  iotr,  19  1.  1/2. 


Be  Tovlouse  ^  Virien.'. 


..xy. 


6  i/a 


1/1 

«A 


!/■ 


Painien ^Of  •  •     S  i/a 

Foi» W..     4  i/a 


63*  er  64*  lÀvraisons.  (Asiioi.) 


63 


9  DBPAATEBfENT  DE  T ARIÉGE. 

ASPECT  DU  PATS  QUE  PARGOUKT  LE  TOTAGBUm 

DS   TOtTLOUSS    A    POIX. 

Eff  sortant  de  Tootoose,  on  entra  dans  une  ricbe  et  fertile  plaine,  oà  Ton  cèAoie  h 
rive  gauche  de  la  Garonne  jusqu'à  Portet,  bourg  situé  au  confluent  de  ce  fleuve  et  de 
FAriége.  Peu  après ,  on  laisse  à  dbroite  la  route  de  Bagfièret-de-Ludion ,  puis  on  tratene 
la  Garonne  sur  un  beau  pont  nouvellement  construit  en  briques,  qui  aboutit  au  joli  village 
de  Pinsaguel.  Au  delà  de  ce  village,  la  route  longe  la  .rive  gaucJie  de  TAriége,  qui  reçoit 
la  Lèie  à  une  demi-lieue  phis  loin.  On  passe  ensuite  au  Temet;  à  Viviers,  joli  bameia 
^îf-à*via  duquel  on  aperçoit  la  petite  viÂe  de  Miremont,  bâti  sur  un  coteau  boisé  oà  se 
montrent  plusieurs  villages  et  de  nombreux  cb^eaux.  Un  peu  plus  loin,  on  Toit  &nrli 
rive  droite  de  TAriége,  le  bourg  d'Auterive,  qui  communique  à  la  route  par  un  poot 
récemment  construit  en  briques;  à  une  demi-lieue  de  distance,  oa  laisse  sur  la  droite,  ao 
bord  de  TAriégê,  le  village  de  Baocarest  et  le  beau  domaine  du  marécbal  dausd;  pea 
après  on  passe  du  département  de  la  Haute-Garonne  dans  celui  de  FAriége.  Savêrdia 
est  une  ville  bien  bâtie;  et  fort  agréablement  située  sur  un  coteau  qui  borde  la  nyt 
gauche  de  PAriége,  que  Ton  j  passe  sur  un  beau  pont.  Au  sortir  de  cène  viHe,  on  entre 
dans  une  plaine  extrêmement  fertile,  bordée  d'un  cà^é  par  le  Grieu  et  de  Pautre  par 
l'Ariége;  à  l'issue  de  cette  plaine  apparaît  la  jolie  ville  de  Pamiers.  Au  delà  de  cette  ville, 
la  roule  est  parfaitement  tracée  le  long  de  l'Ariége,  dont  les  borda,  extrêmement  boisés, 
offrent  des  sites  charmants.  En  remontant  la  vallée,  on  traverse  Saint- Jean-dn-Falga, 
Tarilhes,  Saini-Jean-des-Vergers,  et,  après  avoir  joui  de  plusieurs  beaux  aspects  qu'of-^ 
frent  les  charmants  châteaux  et  les  jolis  villages  qui  décorent  le  pied  de  la  colline  boisée 
qui  règne  le  loag  de  l'Ariége,  on  découvre  la  ville  ei  le  château  pittoresque  de  Foix. 


DÉPARTEMENT  DE  L'ARIlUSE, 


AFREÇU  STATISTIQUE. 

La  déploiement  de  l'Ariége  est  formé  du  ci-devant  pays  ou  comté  de  Foix,  du  Goose- 
rans  qui  dépendait  de  la  Gascogne,  et  de  quelques  communes  de  la  d-devant  provinot 
du  Languedoc.  Il  tire  son  nom  de  FAriége,  qui  le  traverse  daus  sa  plus  grande  loogoeur, 
du  midi  au  nord,  et  prend  sa  source  dans  le  petit  étang  appelé  l'Estagnol  de  rAvrigera, 
au  pied  du  pic  de  Framiquel ,  entre  l'Andorre  et  la  vallée  de  Carol.  —  Ses  bornes  sool  : 
à  l'est,  le  département  de  l'Aude  et  celui  des  Pyrénées^)rienlales ;  au  and,  ce  demÎCT 
département,  le  pays  d'Andorre  et  les  Monts-Pyrénées  qui  le  séparent  de  l'Espagne;  k 
l'ouest,  le  département  de  hi  Hauie-Garonue;  au  nord,  ceux  de  la  Hanie-Garonne  et  de  ' 
l'Aude.  i 

Ainsi  que  les  départements  situés  au  pied  des  Pyrénées,  ce  département  se  compose  da  1 
plaines  et  de  montagnes.  Des  trois  arrondissements  qui  le  forment,  celui  de  Foix  est  latt  i 
entier  dans  les  montagnes  ;  celui  de  Saint-Girons  y  est  dans  sa  presque  totalité  ;  nuds  cefan  i 
de  Pamiers  est  presque  complètement  en  plaine.  Ces  montagnes  s'élèvent  gradueUesoent  4 
du  nord  au  sud  :  d'abord  peu  remarquables  à  la  limite  septentrionale  du  départCBDcnt,  l 
elles  acquièrent  une  hauteur  considérable  ven  le  centre,  et  parviennent  à  la  plus  grande  | 
élévation  sur  l'extrême  frontière  ;  leur  direction  est ,  en  général,  celle  de  Test  à  FoueaL  i 
Elles  forment  trois  lignes  distinctes  et  à  peu  près  parallèles  entre  elles,  dont  les  deox  < 
antérieures  sont  appelées  .les  Anti-Pyrénées.  La  première  qu'on  trouve  en  allant  vers  ^ 


DÉ^Ml^ËMENT  DE  L'AAIÉGË.  3 

fkipagae,  eit  une  Imigue  eofliiie  appelée  Planttftirel;  elle  n'est  mterrémpue  tjue  par  dés 
«■pnrei  où  pttwiit  TAriége,  l«  Lers/la  Touire  et  le  DouCtouirè.  La  ligne  de  moyenne 
Inilcor  qui  esi  entre  la  préeédellte  et  Vextrânie  krontière  eit  hérissée  de  pia  frès-rè- 
■anpnbics,  tels  que  e^M  d'Ofdzét,  d6  Paîllères,  dé  Sàînt-Bdrthélemy  i  oStte  lîgiie,  qni 
M  tutti  eoiipée  pif  l'Ariége,  est  continuée  par  la  chaîné  qui  borne  au  nidi'la  vallée  de 
ItrpiMère,  où  eoutè  !è  targel.  Entin,  ta  ligne  lA  pîUs  élevée  «omprend  le  u».  Blane  près 
Iti^Mgttt,  lé  puy  PHfue»  les  piH  de  Fontârgentef  de  lA  ^rre«  du  port  d'Auzat,  du 
fort^  NègM»-de-rOs,  «l  Ifl  montagne  de  Môtitcâlnl,  point  té  plutf  élevé  dé  ttfute  la 
fkiie«rie&ta]e  dés  Pyrénées.  Lé»  pdintè  cnlminaiiits  dé  écâi  îhonta|^  itt-deén»  du  nitCâti 
k  rocéan  (Hit  été  évfhlés  àinii  : 

Le  glacier  de  la  pif|uè  de  Mttnteafari.  «...  3d5i  mèlpaa» 

La  fâqued'Eailita......... * 9o^o  .^ 

l^  pic  de  la  Serrera  ...<..• agSS  '^ 

Le  pîe  du  port  de  Signer •«.•••  2931 

L^  pie  de  Pedrava. 4 k^oi 

Le  pic  de  Hont-Yalier * %Stê 

Le  pic  de  Fcmtargenle  ...<•.  « iSao 

le  pic  dé  Saint-Bàrthéleuy  ou  d'Appi . .  3i38a 

I  La  pique  des  Tres-Seigootts •  a333 

|,  A  trirers  cette  partie  de  la  vaste  dialne  dea  Monts-Pyrénées  existent  des  cols  ou  ^en* 
jln  plas  ou  moins  pénllenz,  spécialement  désignés  sous  le  nom  de  Porfs,  servant  de 
||Magc»  entre  la  France  «  TAnddrré  et  T&pagne.  En  voici  la  nomenclature  dans  Tordre 
^'iis  présentent  du  aud-ést  au  nbrd-onesl  i  le  port  de  Meringues ,  appelé  communément 
|irt  4' Andorre;  il  pent  être  franôlit  à  cheval  une,  partie  de  Tannée,  ei  eontinoellement  à 
iM  dam  les  temps  ^inairea.  Le  port  de  Fray-Miquel ,  praticaMe  en  tout  temps  à  pied 
^  (|iielques  mois  de  Tannée  è  clieval.  Le  port  dé  la  Porteille-Blanche ,  pratiqué  par  les 
VHletirrs.  Le  port  de  Puy-Maurin  ou  de  Piiy-ldoreut,  qui  conduit  dirc-ctement  d*Ax  è 
Vl^eerda;  il  est  le  plus  firéqdenté  de  tons,  et  priit  être,  franchi  A  cheval  en  toute  saison» 
Pne  par  une  année  avec  <|uelqucs  piècea  d*arlillerie  de  petit  calibre.  Le  port  de  Fon- 
wgeate  ou  de  lA  Cdbane,  praticable  A  cheval  pendant  quelques  mois  de  Télé,  et  par 
N  |Mcloii&  pendant  leute  Tannée,  eacepté  dans  les  mauvais  temps.  Le  port' de  ItegnelSf 
katirable  à  dieval  pendant  la  beUe  8fflsén.J<é  port  de  Signer,  praticable  pendant  toute 
Naaéa,  maia  aenUroeni  è  fwé.  Le  port  dé  Nieure^  passage  très-périlleux  qui  ne  peut 
jlR  fréquenté  qu'à  ,pied  pendant  quelcfoes  mois  de  la  belle  aaison«  Le  port  Yi«ux-de» 
lArbdUé,  encgte  fans  périlleux  fpie  le  pTéeédent.  Le  port  d«  TArbrille  ou  de  Virdessos, 
^Mnabte  seulemcfl^A  pied  dans  la  belle  saison.  Le  port  de  Ganroussan,  praticable  pour 
^  piéieia  dvam  la  beHe  saisoir  sëiileaient.  Le  port  de  Rat,  fréquenté  presque  toute 
^>iaée  pai;  les  piétcMâ,  et  pendUnt  éjfinelquea  renia  ieuleoBent  par  des  chevaux  qu'on  tient 
^  kl  bride.  Le  port  d'Arfens ,  praticable  è  pîed  dana  la  belie  saison  seulement  Le  port 
I^Bouet,  pralknble  toute  Tannée  pa|ir  les  piéÉpna,  et  pendant  trois  mois  de  Tété  pour 
<>  fleiaax  aniitJ  e^  Ékaiv.  Le  port  'Viewx-de-Rcnaoazet  et  le  port  de  Staz ,  praticables 
^  ks  psétnaa  pendant  (pielqMui  ibdà  snvlement.  Le  port  du  Plat,  praticable  pour  les 
^  fie  pied  péhidn'iil  qoekpiè»  moia  dé  hi  belle  sai^n.  Le  port  fie  I^bascan  ou  dé  Lan 
f^i  priticÂMb  panfr  iêk  pi^tonb,  et,  pnmEini  treis  en  quatre  mois,- pour  des  monturas 
Mées  en  asaiÉ.  Le»  pérbr  d«  finrbet,  de  Gnièlbn,  dei9a'nnous,  d'Annés,  d'Arcius,  de 
^,  cattdnisdÉt  A  Tkfeaaeim  fEspagnè)  ;  iift  ne  peuvent  élré  iranehis  que  par  les  piétons 
'*Qn  MBS  dnngnr.  Lan  porté  de  la  'fsasé-d'Alet,  de  la  Loé,  d'Ustou  :  ce  dernier  pent 
^  passé  à  cheval  dans  la  belle  saison;  les  autres  ne  sont  praticables  qu'A  pied.  Lé  poîrt 
ff J^Vf  firéyienift  prinelpIdcaBent  par  ka  contrebandiers^  ^  ne  penveni  le  MverMr 
l^tpied  dans  la  belle  saison*  Le  port  de  Salau,  que  les  chevaux  et  les  mulets  peuvent 
*  M. 


4  DÉPARXKMKNl  DE  L'AIUCGE. 

franchir  dan»  la  belle  saison  ;  c'est  le  oieillenr  et  le  plus  fréquenié  de  Uhis  les  ports  k 
J'arroodissement  de  Saint-Girons.  Les  ports  d'Aure-Noire  et  de  Rerbegné,  fréquentés  s» 
Jement  par  les  bergers  et  les  contrebandiers.  Le  port  d'Aula,  qui  mèue  à  AUdus,  àh 
.vallée  d'Aran  et  à  la  célèbre  chapelle  de  Montgard;  il  peut  être  fraiichi  à  che^  enèè, 
I4CS  mauvan  passages  deTindareiUe,  des  Montagnolles,  de  QaTière,  de  GweUe,  m 
qualifiés  de  ports,  et  fréquentés  seulement  par  les  bergers  et  par  les  oonlrebandienw  Le 
port  d*Orte,  praiicablé  à  cheval  dans  la  belle  saison  et  très-6^oenté.  Le  port  dTrd, 
qui  conduit  à  la  vallée  d*Aran;  c'est  un  mauvais  passage,  pratiqué  seulement  par  les  b«- 
gers  et  par  les  contrebandiers.  Le  port  de  la  Hourquette ,  assex  bon  paifigr  que  Toa 
peut  traverser  i  cheval  en  été  pour  se  rendre  dans  la  vallée  d'Ann.  Le  porliUoii  d'AU 
t't  le  pic  de  U  Crabère,  mauvais  passages  qui  conduisent  dans  la  vallée  d'Aran,  que'frt» 
«{uenteiil  seulement  les  bergers  et  les  contrebandiers. 

Il  est  peu  de  pays  où  le  sol  soit  plus  varié  que  dans  le  département  de  rAriége.  Oa  r 
voit  des  terres  fortes,  principalement  aux  environs  de  Mirepoix,  Lexat,  Danmaan;  dn 
terres  légères,  comme  la  plaine  de  Boulbonne;  des  terres  graveleuses  ou  pierreuses, 
comme  à  Pamiers,  Saverdun,  Laroi)ue;  des  terres  noires ,  comme  à  Saint-^^iroos»  Massât, 
Erce,  Castillon,  et  dans  la  plupart  des  vallées;  des  terres  sablonneuses,  comme  dans  h 
«allée  de  la  Barguillère;  des  terrains  arides,  des  landes,  des  bruyères,  surtout  au  somiift 
des  montagnes  et  de  la  plupart  des  coteaux.  ¥a  général,  le  sol  se  divise  en  partie  haute  rt 
liasse  :  la  première  fournit  principalement  des  bois  et  des  pàturagies;  la  seconde  est  rt- 
marquable  par  sa  fécondité,  notamment  les  territoires  de  Pamiers,  de  Saint-Girons  et  de 
Mirepoix  ;  elle  produit  du  froment,  du  mais,  du  millet,  du  sarrasin,  des  fruits  exceiloits 
et  du  vin  en  assez  grande  quantité.  La  culture  de  la  vigne  est  même  propagée  joaqu^n 
milieu  des  plus  hantes  montagnes;  il  y  en  a  en  hautin  largement  espacées,  q«*on  kâsa 
croître  h  la  liauteur  d'environ  six  pieds ,  en  associant  les  souches  avec  rérabie  on  ai«c 
d'autres  arbres  ;  il  y  en  a  en  espalier  qui  tiennent  le  milieu  entre  les  hautins  et  les  vignes 
basses  ;  enfin ,  dans  les  endroits  où  un  terrain  de  bonne  qualité  était  presque  tout  cou- 
vert de  grosses  pierres  roulées,  piincipalement  du  côté  de  Montgatllard,  on  a  ramasaé  ces 
pierres  dont  ou  a  fait  divers  tas  dis|>ersés  çà  et  la ,  dans  lesquels  on  a  placé  un  pins  on 
moins  grand  nombre  de  souches  de  vigne,  suivant  retendue  de  ces  tas  :  on  labcMnele. 
reste  du  terrain  qui  se  trouve  débarrassé.  Cette  variété,  qui  contraste  avec  des  vignca 
ordinaires  et  des  vergers  qui  sont  en  plaine,  avec  les  arbres  qui  bordent  PAriége,  et 
avec  les  rooritagues  que  l'on  voit  i  différentes  distance^  forme  un  coup  d'cril  eharmarit 
pour  le  voyageur  qui  parcourt  la  route  de  Foix  à  Tarascon. 

La  vallée  d'Andorre,  qtii  limite  au  sud  le  département  de  l'Ariége,  est  un  pays  neutie, 
sitné  sur  le  versant  méridional  de  la  chaîne  des  Pyrénées.  Cette  vallée,  bonic«  de  tmei 
eôtés  par  des  pics  élevés,  a  environ  sept  lieues  de  longueur  du  nord  au  sud,  et  à  peo  pns 
autant  de  largeur  de  l'est- à  l'ouest.  Le  sol  en  est  extrêmement  montagneux ,  rooaillenx  d 
peu  fertiie.  Cependant  les  hauteurs  y  sont  couvertes  de  pins  et  les  pâturages  escellenta.  EBs 
renferme  six  communautés  qui  sont  :  Andorre-la-YieiUe ,  Canillo ,  Encamp ,  la  SInsaane, 
Ordino  et  Saint-Julien  ;  et  trenie-qnatre  villages  ou  hameaux  formant  une  espère  de  rr-. 
publique  gouvernée  par  ses  propres  magistrats.  Le  gouvernement  seoompoae  d'un  conseil 
général  de  vingt-quatre  membres  nommés  i  vie  :  quatre  dans  chaque  conununantétf  Cd 
conseil  a  deux  syndics  qu'il  choisit  ;  ils  convoquent  les  assemblées  et  gèrent  les  alTaîrdEJ 
publiques.  Avant  la  révolution  de  1789,  le  tribunal  criminel  était  composé  de  deux  jfagn 
appelés  viguiers,  l'un  nommé  par  le  roi  de  France,  Tautre  par  l'évèque  d*Urgèl,  et  nux<« 
quels  étaient  adjoints  six  habitants  de  la  vallée,  nommés  par  le  conseil  général ,  pool 
juger  ensemble  en  premier  et  dernier  ressort  les  afbires  criminelles.  —  Il  y  a  dana  etXté 
vallée  des  mines  de  fer  et  plusieurs  forges.  A  l'exocpiion  des  ouvriers  employés  aux  mi- 
nés ,  tous  les  habitants  sont  pasteurs.  | 
Le  département  de  l'Ariége  jouit  d'un  dimat  en  général  fort  doux ,  mais  il  est  pl^ 


DÉPARTEMENT  DE  rARIÉGE.  S 

I  Mipérê  au  oord  qu'iiu  midi.  Les  plus  grands  froids  se  font  ordinairement  sentir  du 
todéoembre  tu  ai  janvier;  ils  ne  sont  pas  excessiCi,  et  il  est  très-rare  que  le  tberroo- 
■ècre  centig.  descende  au-dessous  de  —  la*.  Les  plus  grandes  chaleurs  régnent  aussi 
CBiinn  un  mois,  du  ao  juillet  au  ao  août;  le  thermomètre  monte  alors  de  4-  35  à  36**. 
I  b  température  de  Thif er  est  de  —  3  i  4"  ;  celle  du  printemps  et  de  la  fin  de  Tautomne 
iie+ia  à  i4*,  e)  œlle  de  Tété  de  +  a5  à  a8*.  Les  plus  grandes  variations  du  baromètre 
li'eicèdcnt  pas  un  ponœ  et  demi. — Pendant  les  mois  de  mars,  d'avj-il  ei  de  mai,  le  temps 
«t  eilraofdinairement  variable  et  le  plus  souvent  pluvicui  ;  on  remarque  quelquefois  en 
iDieal  jour  le  chaud,  le  froid,  la  pluie,  la' neige,  le  grésil,  le  soleil,  le  vent,  en  un  mot, 
kl  diRerents  phénomènes  qui  ne  se  montrent  ailleurs  qu*à  différentes  époques.  L'été  est 
■tHnaireaient  fort  chaud;  Tauiomne  est  hi  plus  belle  saison  ;  en  hiver,  la  nature  se  mon- 
te prodigue  de  venrs,  de  pluies,  de  neiges,  d'ouragans,  eic.  —  Le  vent  nord-ouest  est 
I  ttiui  qui  règne  le  pins  fréquemment  dans  ces  contrées  ;  et  lorsque  d*autres  vents  soufflent 
I air  le  sol,  souvent  le  nord-ouest  agite  les  couches  supérieures  de  Tatmosphère  :  après  ce 
I  tcBl,  le  phis  dominant  est  le  vent  d'est ,  puis  le  sud-est.  Les  vents  impétueux  sont  assec 
I  évalue  à  laS  la  moyenne  des  jours  de  pluie  et  de  neige. 


Le  département  de  TAriége  a  pour  chef-lieu  Foix.  Il  est  divisé  en  3  airondissemeuts 
et  eir  20  cantons,  renfermant  335  communes.  —  Superficie,  aSo  lieues  carrées.  —  Popu- 
hlioa,  a53,73o  habitants. 

MurûàUMis.  Indices  de  mines  d'or.  Paillettes  d*or  dans  PAriége,  le  Salât,  l'Artse».  et  ' 
éum  plusieurs  ruisseaux;  traces  de  mines  de  plomb  argentifère,  qui  passent  pour>avoir  été 
iKploitées  par  les  Romains.  Mines  de  fer  très-riches  (voy.  SBK,pag.  t4).  Mines  de  cuivre,  - 
k  plomb,  de  zinc,  de  manganèse.  Houille,  jayet,  plombagine.  Carrières  de  marbre,  d'ar- 
4ises,  de  plâtre,  de  pierres  de  taille  calcaires  et  de  grès.  Pierres  à  rasoir,  pierres  de  . 
[Isoehe,  amiante.  Terres  à  faïence  et  à  poterie,  terres  alumineuses  et  pyriteuses,  marne, 
t8wbe,  etc. ,  etc. ,  etc. 

Sonds  MnrÉEAua  à  Ax,  Audinac,  Carcanières,  Aulus,  Ussat,  la  Bastide-sur-rHers 
PKODijcnoHs.  Toutes  les  céréales,  mais,  millet,  sarrasin,  châtaignes,  fruits  excellents 
châtre,  lin,  pâturages.  — 7»a3a  hectares  de  vignes,  produisant,  année  moyenne, 
100,000  hectolitres  de  vin  qui  se  consomment  dans  le  pays  et  ne  suffisent  pas  pour  la 
nosomaialion. — 93,567  hectares  de  forêts,  (arbres  feuillus  et  arbres  verts). — Gibier  très- 
;  >l»a4aDt  (ours,  chamois,  renards^  blaireaux,  coqs  de  bruyères). — ^Très-bon  poisson  (iruiie!^ 
l<*i<>MMiées,  excellentes  écrevisses).~ppu  de  chevaux,  mais  de  belle  race.  Bôies  à  cornes 
I  l^eaiieoQp  de  moutons.  Éducation  très-soignée  des  mérinos. 

I  IvovïTRii.  Fabriques  de  tissus  de  coton  et  de  bine,  de  draps,  bonneterie  eu  laine . 
K^et,  peignes  de  corne  et  de  buis  ;  filatures  de  laine  et  de  coton.  Plus  de  40  forges  à  I& 
^alane,  et  des  martinets  donnant  du  fer,  de  Tacier,  des  fiiux,  etc.  Verreries,  tauuerie», 
fcîeucwies  et  papeteries. 

0)]iji««Gs  de  grains,  beurre,  fromages,  cire,  miel  exoelleut,  huile  à  brûler,  inoii(uri<( 
^  *«aux  gras,  laines,  bois  de  construction,  fer,  résine,  poix,  lérébeulbine,  liégo,  maiUrr, 


DÉÏÎAIITEVENT  DE  VARÎÉGÇ, 


yii.|.M«    Bpr»6|,   \I|.|.AGE8,    CHATEAUX    ET    SfOp V|ÎS;T8    )|^|k|A^QUAftUSfi j 
CVRIOSITAfl  !f ATV1IVLUB8  KT  «TB8  PITTO|IMQItW. 


AKRONDTS^fili&VX  QË  FQ12. 


ALZBV.  Vittige  situé  t  3  L  <Iq  Foa. 
Pop.  9^4  hib.  On  y  voit  ici  vuînea  d'jin 
vieux  ehêléân,  UM  antique  chapelle,  et  une 
belle  cascade  fortiséa  par  u|M  petite  mien 
qui  traverse  la  piaiMagoa.  -^  Soiirs^  4'aa« 
miDérale. 

APPI.  Village  situé  à  7  1.  i/a  de  Poix. 
Pop.  936  bab.  On  y  fèit  toi  kaoB  Icèa^vaête 
et  une  grotte  renarqnAUe.  ' 

ASTON.  Yillage  situé  à  6  1.  i/a  de  Foix. 
Pop.  5^9  baU  II  est  ai|r  Yétâng  tràKfiPitf 
sonneux  de  Vtofitaifapte,  ^  pWHjjt  iiM 
source  d*iMU  minérale  snltyfatw. 

AI7ZAT.  "Village  aitué  à  81.  t/4  de  Ftoix. 
Pop.  1,^75  hal).  On  y  remar(|uc^  ruines 
du  château  fort  de  Montréal ,  avec  lequel 
oomoiuniqueut  plusieurs  grottes  remarqua- 
bles. 

AX.  Petite  vîïïe  située  au  pied  des  Pyré- 
nées, sur  rArîége,  è  II  1.  de  t'oix.  ^'Hjf 
PÔp.'  1,9^7  bab. 

Cette  ville  est  assise  en  partie  sur  un  ro- 
cher peu  élevé,  au  pied  des  Pyrénées,  % 
365  toises  au-dessus  du  lîîveau  de  U  mer, 
Elle  est  assez  bien  bfttie,  à  rintèrsection  de 
trois  jolis  valtons  arrosé^  par  leç  WAIchIb 
d^Ascou,  d'Orgeix  et  de  Mèreos,  qui,  «a  |Cï 
réunissant  tous  ses  mura,  pmuaoBl  b  mmi 
d*Ariége.  ]EUe  est  entourée  de  montagnes 
granitiques,  en  grande  partie  cultivé^^  qui 
offrent  Une  agréable  variété  de  Lois,  de'pi^ 
et  de  terres  labourables ,  entremêlés  de  ro- 
chers agrestes,  de  cascades  pittoresques,  for- 
mant un  tableau  véritablement  enchanteur. 

I^  sol  des  environs  est  très- maigre  :  aussi 
ses  productions  sont  loin  de  suffire  aux  be- 
soins des  habitants.  La  masse  des  montagnes 
parallèles  qui  forment  la  vallée  d*Ax  est 
généralement  composée  de  granité  k  travers 
lequel  on  rencontre  des  schistes  alumineux 


%fmsm  fit  dii  f^lçMs-  Im  w^m^  1  ^^09 
ymxA  dt  Tor*  H  y  11  fUMilqm  mixi^  ^  fer, 
m^ia  pauyr^  «t  ipégligé«î  à  eînq  Uen^aa- 
étmm  d^As,  im  U  iniki  vaU^  da  Tic- 
Daaios,  fixisiA  la  fuMiue  vioe  4e  Hmé, 
Cette  TiHe  est  la  natrie  du  eélèbre  méde- 
du  Roussel,  un  de  no»  plus  ingèuiéiix  écri- 
vaioa,  wt^ur  d^  ^^ffo^i  p|tt«H|M,e  «Ç  wxtà 

BAUX   THBaKAT.ES   I>*AX  ■. 

Ax  est  célèbre  par  aea  aoure(a#eaiix  sal- 
fureùsês  tliermalès!  dont  la  températiire  varit 
de  10  i  6a  degrés  du  therraomètre  dé  R. 

Les  eaux  d^Ax  élaiepi  connues  dam  W 
teini»  içs  plus  reculés;  rhîstoîre  du  comte 
de  Foix,  rédigée  en  160^,  en  fait  mention; 
nn  large  bassin,  qu*on  appelait  le  bassin  des 
La^kes  OD  dea  ^preux ,  cxiato  eottire  tout 
pràada  rbàpltal,  at  fiil  eonsintil  en  saoo; 
une  étuvo  adossée  «qx  mmrp  da  ce|  édifioé 
attnte  IVintiquité  «t  la  bonté  dca  eaux.  Mais 
c*«st  surtout  depuis  la  i»flMDeaoaBcnl  du 
XVIII*  siède,  qne  Isa  aouvôes  d'A^  asnt  fine- 
ipientées  avaeaiaidniiè.  Leur  abondanm  est 
telle  que  Ton  marche  «a  qMiqaâ  siirie  sur 
^  qcé^p  s^9.\M«irrfl|jn,  ç^r  <n  ne  peut  guère 
Ç^çi^e»^  te  soi  4  ^ing^  pif»;^  di  profondeur 
^ao5  rç|CQut^-çv  it^  q»ux  qhwlèâ.  Les  éla- 
bfissemenis  sont  aiu(^u(ijt*hB|  organisés  de 
manière  à  pouvoir  donner,  Si  ne  travaillant 
que  cinq  ketihes  le  autîn  et  tulnft  le  soir. 


I.  Nous  devons  rctte  notice  à  rextrène  obli- 
geance de  M.  le  docteur  Astrié;  impectear  des 
bitoa  d'As  et  Tun  des  médecins  les  plos  iostraits 
cl  les  plus  zélés  da  dëpartemest  de  rAriége.  Né 
dans  le  pays  nène,  M.  Astrié  dirige  depuis  sept 
ans,  avec  autant  de  talent  que  de  anoeèa,  lesb^ 
gnean  dans  les  divers  modes  d'admîniatratitn 
dont  les  eaux  d'Aï  sont  snseeptiblet. 


H 


^L^qNmsssMSNx  jïf,  Foa, 


nit  très-iadlemeni  étendre  pfj  QQf^hrS, 

Quc^Hf^^pes  de^  sources  ^ppartienoent 

k  k  OMQOiupe;  ||i  plMps^t  «oi^t  la  pro|iriét£ 

de  plusifsim  pwlip"Iim  flMÎ  ^ônl  peu  (le 

chose  pour  eo  favoriser  fa  vo|ue.  Toutes 

les  sonroef  «pnt  chaudes.  Poiir  avoir  à  Ax 

de  reao  fratcbe ,  À  f^t  It  pk«ttdre  daiis  la 

rivière,  et  eDfore  on  doit  choisie  tel  efiétotb^; 

cv  3  y  sourd  bamoMp  à»  m|umm  dNMdes. 

n  txirte  à  ix  oa  hoipk»  ciiâl,  «I  Vu  f 

conslniH  détis  eè  inomeni  on  Mpit^l  miU«> 

bire,  dâliné  à  dmai»  tu»  mfitwmfede 

Bvè^sL  Az  pofiMdfiflti  tSk^im  «flHi  «lissi 

I  diesels  el  hmicwup  ^M  ilto>il4iR(«% 

!     Ftosieiiis  soiwcet   w    «cuit  «ppliv^ 

qatei  usage»  W»  fh»  iflgiiritj  M  »*en 

!  fertpaur  kkn^  des  bÎDfiS  4Qil  il  H  fût 

linttMBmene  hwa  peu  COiMi4çc<U4t.f«Bi- 

I  {d^UfOnent  à  ce  qu'il  élait  autrefois.  Le 

I  pravre  trempe  sa  soupe  dans  Teau  thermale, 

>  M  «m  iti  iMPrliiii  to  KiPii^s  k«  «H^s* 

,  kir sHipéi:  «A «pi  fSl  4^  gf^  ÇÇOf 


P'aqlres  sources  coulent  sans  uiiKté.  Ce 
jajsesl,  sans  co^^lrçdit,  ^e  plus  riche  de 
i  Fnuceeneaox  minérales  :  tous  les  voyagçprs 
CD  ooi^iennent.  Vne  vapeur  sulfureuse  çn- 
MQce  {iQ  loin  i  rodçrâf  la  nature  de  ces 
I  eeqx  salutvres. 

I    On  compte  à  Àx  environ  cinquante- trois 
I  Milices.  LesiprinGipales  sont  : 
i    U  Gmalelte ,  +  ait»  x/d  de  R,,  située  au 
Couloabtet^  fraîchissante,  apéritive. 

L'sai»  M  Çlwl,  -i-  a5'  ;/»  ^  R.  ^  wtuéç 
«u  Breil.  Rafraîchisse^,  ftpéçîlive. 

Saint-Roch,  -^  24*"  dç  R.,  située  au 
îeîx.  Mêmes  propriétés. 

l'eai^-^Jtetfc^  -t-  37*  R^,  située  au  T'eix. 
Diurétique,  légèrement  tonique. 

le  n*  4,  +  34  IV.,  siiuée  an  Teix.  Mêmes 
propriétés. 

le  n"  5,  -^  44<»,  située  ^^  teîx.  t))^l«^ 
Wia'»«»«t«.»ulaçté. 

L'eau  de  Bain-Fort,  -+-  37*  1/2,  située  ^h 
Ceekn^bre!.  La  plus  u^téç  çq^  bpJi$§9JB  «9^- 
^  lies  maladies  dç  '^  ^pîtçi^jg. 

rttane,  +5^0,  si^  j^-jj^  jjç  yîj^ô^l. 
"iHftive  et  détersive. 


U  Pvrapiide,  ^  53«  i/^,  àtqée  au  Teix. 
ti^-açtîve  et  d^lefslvé. 

l«l<ÏAflP«9rhpsi%  diluée  pris  du  bassin 

4e4  \êàm'  U  m^  ^^  ^  il»  plu«  es- 

pensive. 

i^m  t^  4"  %^^  Çil  ilt^iri^bk  dt^as  loutes 
Jm  «mi^l  <«m  (|e(l ^mrei».  bmsçe  pendant 
l'jii^^.ï^  fiP.Urpes  %¥}  fo.wnîs§en(  eux  b^ns 
el  %i^  4Q^cbe«  sQDt  itparMes  dans  trois 
^lahlis^çipnç^t^  :  |e  éotJQubyçt ,  le  Teîx  o)i 
kïÇ<*|Çttelfea 

Lefi»itonbmt,  MUié  pei»  4e  rhôtol  de 
naaHe, aur  le  tiVA  4^^  <!•  l'Ariége,  est 
bphiaeikiwénhlMmpinUii  4i(te«|€|  17S0. 
Qà  j  eon|i)et  wpzi  Mg^»iMa»  trois  doH- 
ches  et  un  bai»  4ft  vnnii»}  l»flH  «qufoee  y 
fournissent  Teau  nécessaire  an  service.  Ye- 
B^  visit^  ces  soyrcés  en  i754,  ^t  Chaptal 
içs  analysa  en  1787. 

\fi  'Çeu.g  iao4é  pçBT  le^  $(ù«s  4e  ]W.  Bou- 
<iéf  ÇiwVfiWiR  4'Ai^ ,  fi  ç^é  «utori^é  par  |e 
gç^¥iyqe9peq|  4*«prè^  Tava^se  Jes  «purces 
ée^l  f«t  Àmé  W^  ^V9ff^%  FO^esseur  dq 
■chimie  à  ki  .{|CH(vé  4^  ^çieuc^  4e  Toutou^ 
Cet  établissement  est  le  plus  considérable 
des  trois  ;  if  possède  treme-cfoq  bafgnoires, 
Ax  douches  ^  nn  bahi  de  vapeur ,  et  huit 
sources  principales. 

Le  ^reil  doit  son  ndda  â  iitiç  fontaine 
trèsT^-équentee  par  fes  buvcyrs.  l(  a  élé  for- 
mé en  1820,  au  fond  4u  îar4in  de  t*bôtel 
dTbpagne,  au  sud-esl  de  ta  Ville.  Cet  éia- 
hMment'TOi^nM  hoîi  hagnoineB)  deux 
douches  et  un  bain  de  vapeur;  oisif  «beeee^ 
distribuées  m  lA  f9sp\  W9i!sr^  4e  céa^r- 
Ifçiffi  dkff  et  5i|r9y)9tée«  dfi  voûtes  e^  ma- 
çonnerie ,  y  feismifS^t  ^  «bofujii^ce  les 
eaiiv  néfessaires..  Les  hfMfi  «oa^  CQuronnés 
de  terre  vé^çt^  très-productive ,  quoique 
la  PlAiçl:^  soit  |é^é^^J^e^t  trQs-mince  ;  la 
végétation  ^  es^  très-active,  i  cause  de  la 
chaleur  souterrahte. 

Saison  d^s  ba^.  La  saison  des  bains 
s'ouvre  au  çiqîs  de  Juin  et  ne  finit  qu'en 
octobre.  Ia,  durée  du  Vaiiemeiii  est,  en  gé- 
néral, de  qtiqitie  «  ciucj  seçnaiues.  C'est  pen- 
dant le»  mois  (TaoAt  et  de  septeoiDre  qu'a 
lieu  la  plus  graV<fe  àlITuehcë  des  étranç^. 
p  XiçH^  annueitemenC  à  ces  eaut  pî«3  de 


1 


g  DÉPARTEMENT 

miUe  malades,  dont  enTÎron  un  tien  se  com- 
pose d'indigentt  à  qui  l'on  donne  grrtaite- 
ment  les  bains.  Une  ligne  de'  poste  direcle 
de  Toulouse  à  Ax  a  été  étaWie  depab  qnn- 
tre  ans. 

Un  Climat  tempéré ,  un  air  infinîmenC  sa- 
îubre,  des  eaux  de  riTicre  fraldies,  Bmpides 
el  légères;  un  excellait  gibier,  deralimenti 
très-sains,  les  vios  dn  Houssillott  et  de 
rEs|)agne ,  des  sites  pittoresques  et  ▼ariés 
qui  sont  un  puissant  attrait  pour  la  curio» 
site  ;  une  belle  route  semée  de  nombreux 
ûHagcs,  de  faciles  moyens  de  tnmsport,  des 
logemenU  commodes,  ToUà  le  résumé  des 
avantages  et  des  ressoums  qu'offre  cette 
contrée.  On  y  troow  à  peu  près  tons  ks 
ol>j«ts  d*utilité  et  d'agrément 

Prix  du  i.oaKMiNT  bt  db  la  dépkssx 
JOURirALzàaa.  Tontes  les  classes  de  la  société 
peuvent  se  loger  et  se  nourrir  à  Ax  selon 
leur  convenance  et  à  bon  marché.  La  plus 
belle  chambre  ne  coûte  qu*un  franc  par 
jour,  et  Ton  «i  a  à  cinq  sous.  A  4  francs 
par  jour,  les  phis  exigeanU  sont  logés  et 
nourris  dans  de  superbes  hôtds. 

TaRIV  du  FBXX  DBS  BAUX,  BAISS   BT  OOU- 

CBBS.  On  boit  les  eaux  à  discrétion ,  sans 
rétribution.  Le  bain  coûte  75  c.  et  dure 
une  heure,  y  compris  le  temps  de  se  désha- 
biller et  de  s'habiller;  la  douche ,  75  c. ,  et 
dure  une  demi-heure  au  plus  ;  Tétuve,  75c., 
%t  dure  aussi  une  demi-heure  au  plus. 


AlTALTSB  DE 

Uttî^  du  Bràl: 


\  BAUX  d'Ax,  par  M.  Magnes. 


Première  source,  fournissant 

aux  cabinets  n»*  1  et  a . . .     39*  00  c. 

'Deuxième  source,  fournissant 
an  cabinet  n*  3 43  35 

Troisième  source,  fournissant 

aux  cabinets  u***  4  et  5. . .     4a  5o 

Quatrième  source,  se  rendant 

au  n*  6 40  00 

Cinquième  source  ,  désignée 
sous  le  nom  de  Bain-Fort  et 
destinée  au^  service  de  la 
douche  et  du  bain  de  va- 
peur      66  5o 

Sixième  source,  dite  de  la 
Pdmpe 40  dé 


DE  L'AEIÉGK. 

Leur  poids  spécifique  diffère  pen  de  ci- 

lui  de  l'eau  pure. 

Les  sources  x,  a,  3,  4,  founiissant su 

bains  i,  a,  3,  4,  5,  6,  sont,  à  fort  peu  de 

chose  près,  identi<{ues  quant  à  leurs  partin 

constituantes. 
Tontes  fff»ii^»^t  de  l'adde  hydrosul- 

fiiriqne  libre. 
Cent  mille  parties  de  œs  eaox  éfaixiRO 

à  siecilé  ont  donné  nn  résidu  sec  peant 

«3  63,  et  formé,  d'après Bf.  Magnes, de 
Cbleraredesediam  (séliuini)    3  53 

Matière  végétiHinîoMle 3  i» 

CafboiMle  de  sonde. <  la 

Siliee 3S« 

OxidedemanginèiB o  35 

Alttunne.  ..•••...•••.••• ..    o  17 
Perte * ■     S  70 

a3  63 
5twrcef  n«*  5  et  «.  Ont  Mille  pvties  tni- 
tées  de  la  même  manière,  ont  foonii,  eMe 
l'acide  hydrosulfuriqne  lAre,  nn  réflda  m 
pesant  xa  17,  et  formé  de 

Chlonnv  de  sodium a  65 

Matière  végéto-anlmale a  xs 

Carbonate  de  soude 3  5s 

Silice »  i5 

Oxide  de  manganèse 01: 

Alumine o  17 

Perte M» 

»•  •■       5  »*  '7 

Toutes  ces  eaux  sont  gbireuaes,  propri«tc 
due  à  la  matière  végéto-animale  qa'dies  ir- 
tiennent  en  dissolution. 

E€iux  au  Coulaubrct.  Deux  analyses  des 
eaux  du  Couloubret  sont  dues  à  M.  Magnes; 
celle  du  Bain-Fort  et  celle  de  k  source  rf  4 
de  cet  établissement 

Bain-Fort  au  Couloubret,  Cad  mille  par- 
ties de  ces  eaux,  outre  l'acide  hydrosulfurir 
que  libre ,  ont  fourni  par  Fcvapoiation  à 
siccité  un  résidu  sec  pesant  18  5o,  â  forme 
de 

Chlorure  de  sodium >  *« 

Matière  irégéto^miroale ^  **  . 

Carbonate  de  soude V  ^ 

Silice. k.4..* *  ?5 


r 


AAROÎ<imSSfcMEM  DE  FOiX.  9 

Oiide  de  mangancM o-aa  rient  plut  do  matière  elbumineuie.  Vew 

Ahmiiiie.. o  44  minérale  soumise  à  rébuUition  perd  bob 

Perte • a  83  caractère  niUiareox  ;  ce  qui  pron^  qu'il  est 

dû  simpteaneal  à  lliydrogène  sulfuré  dont 

x8  5o  elle  est  abondamment  pourvue. 

Eau  Je  la  source  n*  4  <&  Conlouiret»  »  _    *_«                    -    «    .    t 

r   .     Il      -.•           ««^  1».  •  J-.  k  j-^  .  I  PaopaiiTts  ManicnràLES.  Tontes  les  eaux 

Cent  miUe  parties  *  outre  Facide  hydrosul-     «.•  jl_^i •.    .    i  ^     . 

t  .      fi,          /#            ^   m -«.•  minérales  excitent  plus  ou  moins,  et  ont  une 

Dinqiie  libre,  ont  lonrm  par  revaporaUon  _^.          ,  .  ,        '^^  .        .  ,       ., 

i  *Lii  ».  *£«»i»  —  «Zln»  .rZ^    «»  •*■**"  spéciale  sur  tel  eu  tel  système.  Les 

t  sicciie  un  reawu  sec  pesant  17  70,  et     .^  ^  mÏ         ^         ±  1 1      «  •>•         ^ 

•     ..                          *^^      '  '   *  eaux  d'Àz  sont  en  général  apénUTcs,  dki* 

rétiques,  détersires,  fondantes  et  sudorifi- 

Cblonne  de  sodinm 177  ques;  elles  stimulent  vivement  tout  l'orga- 

Maliàe  végélo-animak a  ai  nisme,  et  poussent  vivement  à  la  peau ,  au 

Carbonate  de  soude. 618  point  de  provoquer  des  sueurs  abondantes, 

Peroxidedefer 088  et  quelquefois  même  des  éruptions  généra- 

Q&idedemanganèseelmagnéaie    o  44  les.  Leur  activité,  qu'elles  doivent  au  prin- 

*'^ •     5^4  dpe  sulfureux,  triomphe  des  catarrhes  in- 

^^"'^'••••» »  **  vélérés,  des  rbumatismes  chroniques,. des 

affections  cutanées  (les  dartres  et  la  gale), 

17  70    '  *  des  maladies  scrofuleuses  ;  en  un  mot ,  de 

PxofxiiTés  nnrsfQuxs.  Les  eaux  d'Ax  toutes  ces  infirmités  rebeUes  aux  trailcmciils 

wnl  cUies  et  limpides  comme  celles  des  ordinaires,  et  qui  ne  cèdent  qu'à  des  agents 

.Pjrëaéet.  Leur  saveur  et  leur  odeur  res-  pénétranU  et  k  des  impressions  vives. 

ttaïUent  à  celles  des  muis  couvés.  Quel-  ,  ,    . 

lUttMNiroes  sont  onctueuses  au  toucher;  M*>"  n'AMiiwfTaATion.  Elles  sadmi- 

•«ei  contiennent  en  quantité  notable  une  "»w^nt  <*«»  toutes  les  formes  :  i»  en  bois* 

mûkrt  albumineuse  végéto^inimale,  dont  *°^  •  ^^  ^  λ"P«  d'abord  avec  le  lait,  l'eau 

Il  nature  n'est  pas  encore  bien  déterminée  «^'^rge,  le  sirop  de  gomme,  etc.,  pour  pré- 

|ar  la  chimistes ,  mais  dont  l'heureux  effet  ^«™''  o"  «««Uûer  une  excitation  trop  forte. 

«de  nodérer  l'action  stimulante  des  autres  ^^  ^  ^»^  ordinairement  de  quatre  à  su 

priodpes  minéralisaleurs.  Les  orages  et  les  ^«^  '«  ^^^  à  jeun;  on  procède  par  tà- 

pl«ies  ne  tioubfent  jamais  les  sources  ;  elles  tonnementet  par  gradation;  a'  en  louons, 

•eioot  point  gelées  même  dans  les  plus  tres-appropnees  aux  ulcères,  aux  dartres, 

nàn  hiten.  Nulle  part ,  dans  U  chaîne  ^' i  5*  «"  injections,  pour  déterger  les  ul- 

«l« Pyrénées,  k  chaleur  des  eaux  n'est  si  aérations  internes;  4<»  en  bains,  dont  on 

«riee  ni  si  élevée.  EUe  offre ,  dans  sa  gra-  ««due  à  volonté  la  force  et  la  dialeur; 

Amion,  une  Hèa-longue  échelle  qui  s'é-  5»  en  douches  ascendantes  et  descendantes; 

«  depua  16  jusqu'à  6a  degrés  du  ther-  ^"  ^  «^"^«»  ^  ^^^*  de  vapeur  qui  agissent 

«oaKdede  Eéaumiir.  Les  sources  au^ks-  *^^  ^^  «"^de  énergie,  et  sont  un  puis- 

»>  de  35  degiés  ont  une  température  con-  «nt  instrument  de  guérison. 

JjMile  et  un  volume  invariable  dans  toutes  OasaavATions  oiiréaALas.  On  sent  facile- 

W4MMws.il  n'en  est  pas  ainsi  des  autres  ment  que  U  réunion  dans  un  même  lieu  de 

«ml  la  chilear  baisse  un  pen^  pendant  hss  i^A  ^  sources  médicinales ,  et  la  grande 

«iSuei  pluies,  et  sous  rinfluenoe  d'un  froid  variété  de  minéralisation  et  de  température 

^^^*^*  dont  elles  sont  douées ,  est ,  pour  l'art  de 

Paoraurâs  oomxquh.  Las  eaix  d'Ax  guérir,  un  avantage  inappréciable ,  vu  l'im- 

^"^BÛMcnt  ou  nonrdssenl  les  méitvx  blancs,  mensité  d'indications  fournies  par  les  tem- 

*f*iqaerargent,  le  plomb,  le  bismuth,  l'an-  péramcnls,  les  âges,  les  sexes,  et  par  ccfr 

'■■0^  ete.  Les  proportions  de  leun  prin-  dispositions  particulières,  infiniment  diver- 

âpet  Goostiiuants  diffiront  beaneoup  dans  sifiées,  que  présentent  les  maladies.  Aussi  l« 

dî^ne  source.  Certmnes  déposent  plus  de  gouvernement  vient  de  jeter  enfin  ses  re- 

'**6« que d'antKs,qni,  en  revanche^  char*  fndtsur  ce  lien  ^Mnnal  si  digne  de  son 


10 

•ttendon;  il  donne  lui- même  Theureux 
Memple  de  la  confiance  que  ces  eans  méri- 
lent  d'inspirer,  en  y  cmrojrant  les  déiettsem^ 
de  la  pitrie.  Nul  dôule  «ji'ie  la  viHe  d^Ax  ne 
devienne  un  jour,  comme  Bafè|^,  fiimeuse 
dans  le»  annales  militaires.  LNdentiié  de 
pr^cipcf  à^f»  les  eauj^  gV9U(ii  TiflfUltité 
des  r^snltat^  ^\  V^pên^nçR  1>  depuis  loii§- 
lempf  déo^ontir^.  V  V<^n  but  di»  t>ewçaup 
que  cea  ét^Ui^^em^nU  sç^i^m  fréquentés  e» 
raison  de  leur  «ippor^a^ifiS*  I^  |n«priélftires 
n*oot  millieiiPiiHsameni  ni  U  «olomé  ni  k» 
moyens  fie  suivra  b  mouTcoMDi  (éiiénl  qui 
s'imprioHi  de  nos  jours  i  o«  psm^  d'iodusr 
trie.  Quel  parti  le  sésiedes  sficfiuli)tio^i  ne 
ppurrail-il  pas  tirer  des  bienfaits  que  lii  nar 
ture  prodipie  dans  ee  pa^s  prasqu'en  pqra 
perle  9  Tkau  des  mains  liabiks,  les  sources 
de  la  sanic  deviendBaieot  ceUea  delà  riclicsse« 

BASTipE;DE-S|SROr  (la).  Jolie  petite 
ville,  siludê  sur  la  \l\'e  droite  de  TArize,  au 
èonfiuent  du  ruisseau  de  ^ujol ,  à  4  I.  x/ai 
deFoix.  Pop.  2,911  hab. 

Ters  it5o,  estait  déjà  un  bourg  connu 
sens  le  nom  de  MeiiteMpiiea.  Rtt  1689 ,  lés 
habitants  dé  laeampa{>ne,  pour  se  soustraire 
aux  bngaiida^  des  Gsmisards,  s'y  réfti^ 
rent^en  foule,  et  les  comtes  deFoix  leur 
permirent  d'en  a{»ra»dir  Tenceinle.  Ce  ftit 
de  la  cireonslanee  de  ce  refuge  provoqua 
par  la  frayeur  (eo  pstots  firùtt),  que  ce  bourg 
aurait  pris  le  nouveau  nom  de  la  Rastide- 
de-Pérou ,  et  par  corruption  la  Rastide-de- 
Serottf  Son  vrai  mrni  actuel ,  indiqué  mal  â 
propos  dans  le  BuHetïn  des  lois,  dans  toutes 
les  caries  et  ouvrages  géographiques,  soiis 
celui  de  la  Kastide- de-5cr<i/<  ou  dé  Cérons. 
Cetle  viHe  est  assca  bien  bâfie,  «ut  TA- 
rize,  que  Ton  franchit  sur  un  poni  en  pierre 
d*M9«  squk  «vche.  Oik  y  fi  Goustf iiit  réeem- 
v^IffKt,  4PQ  i^\  bfiUe  baU«.  —  Avt  «axintas, 
oAremarfpiQ  u;w  firo^  spaeiensB,  aiuiw 
oiioA  da  ciiipira  dont  Vo»plôttaliûn  est  abao* 


DÉPARTEMENT  DE  ^ ARIÉGE. 


Fabriques  de  bonneterie,  en  laine.  Faïen- 
cerie. Fifature  de  laine.  Tuilerie,  bricjiiete- 
rie.  Scieries  hydrauliques. 

^«WUnMÇ.  Yi)iag9  siMii  à  5  l  4» 
Fouu  Qop^  âôa  baJ). 
.  Ce  tilki^  pMèdb  «Ir  des  plus  l)cUes. 


grottes  du  département,  dont  la  profondeor 
est  d'environ  une  dciiii-fiene;  pour  Ht  voir, 
il  fjiut  s'adresser  au  maire  m  an  cnr^ ,  qui 
donnent ,  avec  la  permission ,  nn  guidé  de 
leur  choix.  L'a%'euue  de  la  grotte \  de  Bé- 
deîjlac  n'offre  point  de  difficulté  ;  on  y  arrire 
par  un  chèmiii  ^e  pied  assez  commode,  la 
beauté  de  $a  voûte  fi^ne  d'admiration  le 
^nd  nombre  dé  curieux  qui  la  vîsîte&i; 
Tien  n'est  imposant  comme  son  entrée;  la 
haute4ir ,  sa  hardiesse  et  sa  masse  laisseoi 
bien  loin-  tous  les  iravani  que  lliomaK 
pourrait  entreprends  poor  cbercber  i  H- 
miler.  A  quelf|Nes  p»  de  Penfrée,  on  voit 
la  voûte  s'abaissiTi  ensuite  sVxhansser,  et  b 
caswne  s^gniiHNr  jiisqit*è  «e  quelle  s'ouvre 
en  salie  immense  «  |wvée  et  voûtée  de  cris- 
tallisations qui  4>ri{lent  à  ;la  Innricre  des 
flambeaux  comme  des  pierres  précieiuei; 
les  stalagmites  s'unissent  fréquemment  aux 
stalactites  par  des  colonnes  q  à!  s5elèTent  du 
sol  jnsqu^nx  voûtes.  Husieurs  galeries  se 
prolongent  en  drv«rs  sens,  tantôt  à  droite, 
tantôt  è  gauche,  tin  petit  ruisseau  limpide 
coule  pendant  quelque  temps  et  se -perd 
dans  nn  trou.  On  thëntre  sncressrvemeDt  lè 
buffet  d'orgues,  le  bénitier,  fa  tombe  de  Ro- 
laitd,  la  cape  de  révéqiie,  la  crosse  et  la  pe- 
tite cloche ,  ainsi  que  d'autres  concrétions 
^Tie  Ton  désigne  sous  los  noms  de  differca- 
tes  parties  d'une  cathédrale  gothique. 

f(ÉL£$^T4.  ?«%  vUi»  «tuée  y rès  d'uM 
b^lor^  ^  wpiiMf  à  9  L  <feEQtt.  Fop. 

On  romafiqiw,  aux  «aviaons  d«  cette  nHc, 
k  eélàfare  fostaiuB  imeusiiitesrta  da  Fov- 
T«a«oau,  qni  aart  d!«in  ên\xt  langa  al  pro- 
fouA.au  pioi  dHineaMMgae.  EHacMsi 
atmodantftqiy  seaaanx,  joait^a  à  ccMm  de 
la  xivtèEe  de  Lemy  qui  éana  m  Uau  n'est 
qu'on  peik  rlliaBaa^,altflsfiaft  pour  aÛmen- 
tass  easad^isaot,  undgNHida  forge  el  qacf 
ques  usines,  piaeées  è  quelques  ttstaines 
de  mètres  de  distance.  Sa  voûte  es(  percée 
4*9^.  8^^a»l  qui  V«l«vci  pffptftdâfnlatre- 
UM»^  et  sQA-i  à  vn(9  iMWtWiHc  aoQMdéabb. 
Celtf  ^piwee  çffEce  ^m  VU9  mgmfiqm^  donl 
pks^qj^  prâumwp*  |«^ii|)Duf!  conpoaar 
49.  cb^/rç^aA^  4abl0Ma* 

La  îqvMÔKm  de  FmMitcrba  «t  paiiim 
liànmanl 


I 

H 

Q 

H 

H 
H 
O 


r 


ARRONDISSEMENT  DE  FOIX. 


11 


!  tew^  gui  a  f^'t  la  sujet  des  mcdiiations  du 
pV^lanquet  et  ^lî  savant  A^lruc,  lesquek 
oôl  «xpî'W^  sfjii  cours  périodique  par  le 
^dusîp^oii,  ôè  qui  a  dopoè  rexplicatic 


4e  tQMles  Içs  fontaines  ij^tèrmii tentes.  Le 
^^QOqcQe  ^*a  lieu  auç  pendant  les  inôls 


Hicatioo 


i  minutes  36  fondes  de  dijr 
tour  (je  r^u  fsl  «nupnçç  par  un  bruit  assez 
fut.  ùs  pï|*i^  Ifpjïl  cesser  rfntennittencq 
cl  rendeqt  V  l^^'^  WUnu. 

EsploilatigB  ea  §nnd  doa  «aifiére;  4a 

I  Mibre.  tnmrki  bjrdranlifiits  do  marbra^ 

pwphjre  «l'albAtn.  Foires  ék,  narlinett  i 

fer.  -:  Commêif4ê  eonsidénibk  de  hoii  de 

npio. 

lOtAN,  Vîl1aj;e  agréaLIen^ent  situé , 
10  milieu  de  praines  entoura  de  coteaux 
toiiTpHs  de  vergers  et  de  bocages,  siir 
FArif^,  à  5  I.  de  Foiz.  Pop.  s34  luib. 
On  Toît  près  de  re  TiHage)  dam  le|  fodMra 
((  i  rentrée  dé  pliisieuvs  grotte,  des  reitM 
d'aatiqnes  fortifications,  oei  citernes  ast^a 
bin  aonsarfôei,  etc.  Malgra  leur  impçr- 
iam,  en  aoa»lru€(M^M  •  qu«  k»  b^^iAf^U 
W«Bnt  k*  gkizoA  (If»  é^im)f  spftl  à 
féat  conouet  «C  «Vmt  «ncore  lUé  Tattg^* 
lioB  d'aucon  kUlorien. — Màè^i^  de  drâfMi 
onvcrtarai,  oartooa*  ¥4fai(mrf)  de  UiiWi  ççi^:- 
4rne  at  moulin  à  CduIod. 

BBASSAC.  Vinage  situé  à  i  I.  i/a  de 
Foiv  Pop.  234  iab.  —  fabriques  de  ché- 
ûlles  pour  les  vaisseaux. 

CAIAUn  (M.  H\  I^MTg  situé  sy;r 
rAsua,  il  6  1.  i/a  de  F4»i«.  Pop.  6^  ^.ai>. 
n  est  aiMK  |^P4i  bèti ,  et  poÂfètk  UQ«  m^Q 
place  publif^ue  où  aboutit  yne  rue  formée 
de  maisbus  '  élevées  et  {généralement  bien 
conslruitçs. 

9"  ^W^l^Ç»  P^»  <iw  çpnt  ielé  sur  TAs- 
t^oi,  1«  Çunei^^  château  dç  Oudannes ,  bat^ 
^  uoe  situation  très-pittorf s^ue,  ^ur  une 
pbte-fonne  entourée  de  jardins  et  de  bos- 
inets  couronnés  et  sapirft,  de  frdnei  et  de 
mélèzes.  Du  baut  des  terrassés  (le  ee  chà->' 
i^au,  on  aperçoit,  sur  on  pie  èsearpé,  le« 
"ûna  di)  chitau  dé  tendre,  et ,  éÛM  le 
lointain,  celles  dû  ètiktttà  Je  iorilkt.  LIrI' 


cien  seigneur  de  Gudannes  était  appelé  le 
roi  des  Pjrrénées.  — Anx  environs,  forges  & 
la  catalane. 

4^  F^,  EçR.  ^43  bab.  Oxi  jf  tfBH'^®  ^^ 

CAKI.A-DB-BOQUBPOR9.  Village  si* 
t«i^  à  4  I.  de  Foix.  Ik>pi.  404  bab.  On  Toit 
aux  eniiiroBs ,  sur  1$  «dme  de  deux  marne'* 
hHià,  les  cestei  de  deux  tRtii)ttes  ebâleetix- 
Qûelquea  auteurs  désigaeh|  à  tott  oe  village' 
eOtome  le  lieu  de  naÎMiuice  du  célèbre  Bay  le. 

-  CAI72^SOC-ET-SABEIf  AC.  Village  situé 
k  ^h  i/a  de  Foix.  Pop.  5oa  bab.  11  possède 
i^ne  mine  de  plon^b,  une  erot^  curieuse  ci 
upè  spuix»  d*cau  minérale. 

GBIXBS.  Village  éc  «ooifia  «bàieeut  8i« 
tués  à  3  1.  de  Foix.  Pop.  89a  hab.-^Féfge 
à  la  catalane. 

CBATEAU-YBBDÇir.  Village  situé  i( 
6  L  3/4  de  f'ôix.^f  pp.  aâ3  bab.  On  y  voit 
un  château  bâti  sur  un  rocber  élevé,  qui  pa- 
rait avoir  été  très-fort  ;  un  peu  plus  bas  esf 
une  chapelle  goibique  dédiée  k  U,  Vierge. 

IflIBBAV.  Villag»  aitui  piya  ^  iyiii«| 
d'un  ancâco  chAleeu,  4  6  l.  t/^  je  Fm« 
Bofi.  i»i49  ^^*  ^^  trouve  4ur  mu  teiri* 
toire  beaucoup  de  poissons  et  de  coquilligM 
à  rétat  fossile. 

vwn.  viUe  «n<ïmQ9»  (%f-4^u.  4u  dé* 
pfurtanieQt.  Tribyual  de  preq^i^i'p  iutlanoe, 
Çbamlire  coiuuluitive  ^  lUfnMiîtçturei. 
Société  d*egricukure  el  dfs  9^,  CoUég* 
compuual.  la  K^  Ppp.  ^Mi  linb. 

L'origine  de  celle  viU»  c«ino»te  à  dea 
lemps  ébiigaés»  nais  Tépogiie  ee  «itiacoa- 
nue.  Élia  de  Pamiers  et  QUwiganiy  Coul  re- 
monter sa  fondation  à  une  baule  aiuiquité; 
Buchiiig  et  BxpiUy  hii  donnent  poii^  fonda- 
teor  une  eeleiiie  de  Pboeéens  iW  Bteraeille  ; 
■BâÎB,  d'âpre»  le  savant  M.  Qumège^  il  |ienît 
que  cette  ville  ert  loin  d**vnk  itoe  origine 
anaai ancieqne.  Qbm  qu'il  e^  aoil,  ^  fallait 
que  cette  ville  exiitAt  an  noins  dan»  le  V* 
«iède,  paiegn'il  pamit  enrtain  qu'il  y  avait 
akrs  one  baailique  ^édiée  4  aaint  Naiakret 
dani  bqnelle  furent  tBHfBféffiaa  laa  reliquei 
de  saint  Yotaiien.  Faia  «^  ^^  cbâl— u  âaiB 
célèbres  par  les  siégea  qa'ih  oMl  wuifmm^ 


12  rjKl'AUTtME.NT 

iU  résislèi'cul,  eu  i^^io ,  ;iu\  cH'orU  de  Si- 
non de  MoBtfoit  et  de  ramiée  croUée  coti- 
Ire  les  Albiseoû  ;  les  habitants,  armés  seu- 
lement  de  pierres ,  repoussèrent  les  caroisés 
61  les  mirent  en  fuite  après  leur  «voir  tuè 
beaucoup  de  monde.  En  1279 ,  le  comte  de 
Foix ,  eobardi  par  b  situation  avantageuse 
du  château,  où  il  s*élait  renfermé,  osa  défier 
le  roi  de  Fkvnoe ,  Philippo-k-Uardi ,  contra 
hM|uel  il  s*était  révolté.  Philippe,  plein  d*in- 
dignation  et  respirant  la  vengeance,  vint 
Tassiéger  avec  une  puissante  armée ,  et  fit 
serment  d*emporter  la  place  à  quelque  prix 
que  ce  fdt.  La  résistance  fut  si  longue  et  si 
opiniéire  que  le  roi  enirepril  de  faire  abattre 
Pcuorme  rocher  qui  porte  le  fort.  A  une 
époque  où  la  poudre  n'était  pas  encore  in 
ventée,  c'était  une  «nbrprise  difficile.  Néan 
moins  on  se  mit  à  l'oeuvre  ;  de  vastes  quar 
tiers  de  pierre  étaient  déjà  renversés,  et  le 
rodier  commençait  à  surplomber  d'un  côté, 
lorsque  le  comte,  effra^fé,  se  soumit  et  de- 
manda grâce.  Dans  le  XVI*  siècle,  la  ville 
et  le  château ,  pris  et  repris  |)ar  les  catho- 
liques e(  par  les  religionnaires,  eurent  beau- 
coup à  souffrir  des  violences  des  deux  partb. 
.  lies  temps  qui  suivirent,  plus  paisibles,  per- 
mirent â  Foix  de  réparer  ses  désastres  ;  tou- 
tefois cette  cité  en  a  peu  profilé  pour  s'em- 
beUir. 

Cetie  ville,  anciennement  capiiale  du  comté 
de  Foix,  est  fort  pittoresquement  située  au 
pied  des  Pyrénées  dont  les  premiers  gradins 
sont  cultivés  en  vignes.  Elle  est  circonscrite, 
â  i'oiiest ,  par  Ténorme  rocher  sur  lequel 
s'élève  le  château  ;  an  nord-ouest,  par  la  ri- 
vière de  TArgM  et  par  les  rochers  nus  et  à 
pic  de  la  asontagae  de  Saint-Sauveur  ;  au 
nord ,  au  nord-est  et  à  Test ,  par  k  rivière 
de  TAriége  et  par  hi  montagne  du  Pech;  m 
sud-est ,  s*étend  seulement  la  surfiMse  plane 
de  son  territoire.  Cest  dans  œt  espace  res-' 
serré  que  la  ville  a  été  bâtie  db  la  maaièro 
hi  plus  iivégirfièM;  les  ruea  en  aont  étroites 
et  mal  percées;  let  maisons  les  plus  ancien- 
nes y  sont  do  pins  anuvais  goût  ;  on  y  voit 
eepetidant  plusieurs  belles  constructions, 
élevées  notamment  depuis  l'année  iSao,  et 
ToQ  y  remarque  quelques  édifiœs  dignes 
de  hi  «orioaité  des  voyageurs  ;  nous  ritcrona 
iti 


DE  L'ARlhCE. 

Le  Cliàteau ,  formé  de  trois  grando  i 
•touri  gothiques ,  sérvaut  de  prisons ,  con- 
struites eu  pierre  de  grès,  dans  la  direciiai 
du  nord  au  midi ,  à  peu  de  dislance  Tum 
de  l'autre ,  et  s'élevant  à  une  hauteur  asiet 
considérahle ,  sur  Ténorme  rocher  isolé  qui 
borne  la  ville  à  l'ouest.  Deux  de  ces  toun 
sont  carrées,  et  la  troisième  est  ronde.  Gde 
qui  se  trouve  le  pbs  an  nord  a  été  fondée 
sur  des  substmctions ,  et  annonce  par  m 
antique  physionomie  qu'elle  fut  bâtie  à  wat 
époque  reculée,  que  quelques  géognplws 
font  remonter  au  règne  de  Dagobert ,  vm 
63o,  saus  que  l'on  sache  trop  turqucBe 
autorité  l'on  s'appuie  pour  bai  assigner  celle 
date.  La  seconde  tour,  quoiqu'elle  ne  fu- 
raiase  pas  aussi  antique,  existe  eacofe  de- 
puis fort  long-temps.  La  tour  ronde, -bien 
moins  ancienne  que  les  deux  autres,  a  c<é 
construite  dans  le  XII*  siède  ;  c'est  U  pla* 
remarquable  des  trois. 

Le  château  de  Foix  proprement  dit  eil 
situé  au  pied  et  au  nord-nord-ouest  du  ro- 
cher qui  supporte  las  trois  tours;  il  sot 
aiQourd'hui  de  palais  de  justice. 

L'abbaye  deFoix  a  été  fondée  an  confloeai 
de  l'Ariége  et  de  l'Arget,  â  l'occasion  des  re 
lîquea  de  saint  Volusien,  martyr;  elle  fiit 
unie,'  en  849,  par  Charles  I»  Simple  à  rab> 
baye  de  Saint-Tibery.  Avant  la  révohilion, 
œ  monastère  appartenait  aux  chanoines  rc 
guliers  de  la  congrégation  de  Sainte-Gene- 
viève. Après  la  suppression  des  ordres  mo- 
nastiques, il  fut  successivement  occupé  |Mr 
l'administratioD  départementale ,  les  iribii 
naux  et  hi  préfocture .  En  l'an  XII,  oo  in- 
cendie le  ceusuma  presque  entièrement;  Ici 
bâtiments,  reconstruits  sur  le  même  plau . 
•erven^aujourd'hui  d'hâte!  de  prcfeotare. 

L'église  paroissiale  de  Saint -Yoiasiea  « 
qui  remplace  l'andenne  église  de  Saiot-Na- 
laire  ;  elle  fut  reconstruite  par  Roger  U , 
comte  de  Foix.  Cette  église n^a  qu'une  nef; 
le  chœur ,  semi-circulaire ,  est  entouré  de 
jolies  chapelles. 

Le  pont  â  deux  arches,  en  pierre,  sur  | 
l'Ariége ,  fait  ou  commencé  daus  le  XH* 
siècle,  par  KogerBemard  !•',  dit  le  Gros,   j 
et  achevé  ou  refoit  dans  le  XV«  siède,  par 
Gaston,  fils  de  Jean  et  de  Jeanne  d'Albrel; 


R«nsoniietie  «c. 


GHATSAITIIK  FOIX . 


^' 


AKRONDISSEMENT  DE  FOIX. 


13 


c'éUit,  pour  ce  tempt-là»  un  ouvrage  re- 
Biarquable.  Il  a  élc  élargi  en  i8a3,  pour  en 
■etiie  la  largeur  en  harmonie  arec  celle  de 
k  DOUTelIe  rue,  dite  du  Pont,  formée  à  cette 
«poqae. 

Les  casernes ,  vaste  bâtiment  moderne, 
dont  la  construction  ne  remonte  qu*à  Tan 
i8a4.  Elles  sont  situées  au  fond  de  la  pro- 
■cnadede  Villote,  sur  les  bords  et  la  rive 
gancbc  de  TAriége. 

Foix  possède  aussi  une  bibliothèque  pu- 
Uiqiie,  contenant  8,000  volumes. 

Fabriques  de  fer,  d'acier,. de  faux,  de 
Emes.  M.  Ruffié,  propriétaii*  des  forges  de 
Foix,  dont  les  produiU  ont  obtenu  plusieurs 
prix  au  expositions  du  Louvre,  a  donné 
nue  Irès^rande  eilension  à  ce  genre  d'in- 
dnstrie.  Laminoirs,  martinets  pour  le  fer  et 
\t  enivre;  tanneries;  febriqu»  de  serges  et 
adk,  de  chandelles.— Otwimerce  de  grosses 
draperies,  cuirs,  laines,  bestiaux,  fers,  cni- 
w,  limes,  fiiux,  térébenthine,  poix,  ré- 
fiQe,etc 

FOUTISTOEBE.  roy.  Bélesta. 

CANAC.  Village  situé  à  1 1.  1/4  de  Foix. 
Pbp.  1,388  hab.  —  Fabriques  de  clous. 

60UUER.  Village  situé  à  8  l.  x/4  de 
Foix.  Pop.  i,3a4  bab.  Il  est  dominé  i>ar  un 
rocher  que  couronnent  les  ruines  d'un  an- 
Hen  château  fort  dont  il  reste  encore  une 
lour  bien  conservée,  les  deux  tiers  des  habi- 
tants sont  occupés  à  extrah^  le  minerai  de 
frr  de  Kancié.  P"of.  Sati . 

JEAV-DB-y£E€BRS  (SAINT-).  Vil- 
bge  situé  k  t  1.  s/4  de  Foix.  Pop.  54 1  hab. 
On  y  ranarque  le  presbytère  et  l'église  pa- 

roittiale. 

UTKLANKr.  Jolie  petite  ville ,  située 
or  la  Touire,  à  7  L  de  Foix.  la  Popul. 
i.85«  hab.  Aux  environs ,  entre  ce  bourg 
«t  le  village  de  Laroque,  on  voit  un  gouffre 
probnd  où  se  jette  une  partie  de  la  rivière 
«teTouire.— /a^ri^««  de  draps,  cuirs-laine, 
cnAmp.  Filatures  de  laine.  Tannerie.  Tein- 
tnroie.  Moulins  à  foulon.  Scieries  hydrau* 
li(|ues  de  planches. 

LORBAT.  Vinage  sitné  A  8  I.  de  FoIx. 


Pop.  a55  hab.  On  y  voit  les  restes  d'un  an- 
cien château  fort  dont  l'enceinte  est  très- 
vaste. — Carrières  de  marbre. 

BIIGL06.  Village  situé  dans  une  haute 
vallée,  à  6  1.  de  Foix.  Pop.  ^i88  hab.  — 
Aux  eoviroiis»sur  U  cime  aigiië  d'un  rocher, 
on  remarque  un  .château  moderne  biti  sur 
l'emplacement  d'un  antique  chAleau  fort, 
qui  commandait  les  deux  vallées  de  Miglos 
et  de  Vic-Dessos. 

HONTFERBIER.  Bourg  situé  au  pied 
d'une  montagne,  i  6  1.  x/2  de  Foix.  Pop. 
1,7  5x  hab. 

MONTGAILLARD.  Bourg  situé  à  1  I. 
1/4  de  Foix.  Pop.  754  hab.  Il  est  formé  de 
deux  rangées  de  maisons  bâties  sur  le  bord 
de  la  route,  et  dominées ,  à  gauche,  par  un 
mamelon  arrondi ,  que  surinonte  un  mont 
isolé  où  Ton  voit  quelques  vestiges  d'un 
ancien-  château  fort  démoli  par  ordre  de 
Louis  Xm. 

BIONTS^rR.  village  situé  k^l  th 
de  Foix.  Pop.  75o  hab. 

Ce  village  est  dominé  par  un  pic  escarpé 
où  Ton  voit  les  mines  d'un  aorien  château 
fort ,  célèbre  par  les  sièges  qu'il  a  soutenus 
et  par  la  défaite  des  Albigeois.  De  vaillants 
chevaliers,  qui  s'étaient  illustrés  dans  tout«>s 
les  guerres  de  la  province,  ne  trouvant  plus 
un  lieu  où  reposer  leur  tète,  s'étaient  en- 
fermés dans  ce  château  qu'ils  croyaient  im- 
prenable. Tous  les  habitants  étaient  égale- 
ment résolus  à  ne  pas  se  rendre  tant  qu'il 
leur  resterait  un  souffle  dévie;  les  femmes 
mêmes  devaient  combattre,  car  elles  sa- 
vaient que  si  elles  éuient  arrêtées,  ancun 
égard  pour  leur  sexe  ne  les  déroberait  aux 
bûchers.  Cependant  l'archevèque  de  Nar- 
bonne  et  l'évèque  d'Albi  résolurent  d'assié- 
ger ce  château ,  sans  attendre  les  ordres  de 
Raimond  vil,  qui  était  alors  à  Rome,  sans 
même  lui  demander  son  consentemcnt;ils  prê- 
chèrent une  sorte  de  croisade,  et  ils  rassem- 
blèrent ainsi  des  milliers  de  fanatiques,  avec 
lesquels  ils  vinrent  investir  Montségur,  au 
mois  de  mars  xa44.  La  résistance  lut  lon- 
gue, et  les  assaillants  désespéraient  du  succès, 
lorsque  U  hardiesse  de  quelques  monU- 
gnank,  qui  escahMlèrant  au  mitiee  de  la 
nuit  des  rochers  que,  de  jour,.ilf  n\ 


Il  DÉPARTEMENT 

regarder  sam  frcmir ,  les  reodit  maîtres  dii 
châtia.  La  chrétienté  entière  célébra  cet 
événement  comme  lin  des  plus  grands  triom- 
phés âé  M  drM  ;  ff  efti  luHiiul  MipoUiBle 
de  peindrfe  ta  |oi«  des  ^éi|ttës  et  celle  dei 
lidèlei  qtië  feftf  |h*étftoBtioli  afilt  fMMa- 
bl6i,  oti  fes  dëltceé  atcb  les^tféls  iU  JtfIrtiMt 
du  spectacle  {toitr  lequd  ils  Iftiriètft  eMi- 
batta,  lorsque  dedx  cents  ♦ictimU  vit^dies, 
de  tout  rang,  de  tout  sexe,  de  totit  âge,  fu^ 
refit  coBsiilniès  en  même  tepipt,  en  |enr  .pré- 
sence, ààûilei  flammeB.  Il  y  avait  déjà  bien 
des  années  qu*on  n*avatt  va  dans  II  pro- 
vinre  tin  si  oombreiu  sermon  :  c'était  le 
nom  ivL  sacrifice  ;  aussi  les  hymnes  et  les 
chants  de  joie  des  saints  qui  entouraient  le 
bikher,  s'élevaiei\i -ils  jusqu'au  cîcl.et  élouf- 
faicnt-ils  les  cris  de  douleur  des  matlieureux 
que  les  flammes  dévoraient  '« 

le  dif  tFtfU  de  Mmusè^  «vvf  été  taîHé 
dans  le  i-oc  calcaire;  les  matériailt  Ifin  ea 
fiirent  extraijis  servira^  pour  h  piore  de 
taille,  le  moellon  et  la  cliaux  qu'on  employa 
pour  élever ,  par  des  murailles ,  les  auaff e 
côtéa  de  I>xca»ation.  L'accès  en  est  difGcile, 
et  l'on  n'y  parvient  que  par  des  sentiers  è.\- 
Iréoiement  roides. 

m ittnr.  fmâgc  ifitttfr  i  s  i.  de  fm. 

Pôp.  iio  h.ib.  Oh  y  ?o?t  ùée  grotte  renaf^ 
quablé-  rctifhrmittit  deitx  j^tits  liffis  et  ds 

belles  coîicféHofts. 

OBCEIX.  .Village  situé  dans  une  vallée 
agreste^à  if  1.  i/a  de  Foix.  Pop.  266  hab. 
On  voit,  aifx  environs,  un  élégant  châieau 
iwès  duquel  fe  trou^-e  une  forge  à  la  cata- 
lane, atinricntèe  par  un  magnifique  cÀnal. 

ôilL^.  T9lftge  SîfUé  à  t«  t.  de  Foix. 
Fdp.  5^4  bâb.  A  hUè  demMfetfe  a«N)esnsi 
de  ce  vfffd^ ,  8M9  tMe  g^gé  horrihiey  ov 
tronve  itne  forge  f  h  «aftlàné,  afimeMé* 
p'ai*  téf  etnii  éfe  TAfSég^ ,  qiit  forme  en  eet 
cndfôft  tfne  îifkagilfArfîîe  HiMritê, 

'  PA^l^lD£niABRit  (SÀIîif -).  Tîllagè 
situe  dus  un,JQli  vallon,  a  a  f.  1/2  de  Foix. 
Pop.,  i,3o5  hab.  —  Forges  et  marlinefs. 
Moulins  à  pUtre. 

ptet^iMT^cuanurr.  viUage  tîiué 

I.  Hitt  de  Languedoc,  XXV,  c.  63,  p.  447* 


DE  L'AKirfbE. 

a  i)  1.  t/2  de  Pbix.  P6p.  $21  hA.---Fflfl^ 
dlarthjets  èi  scieries  tt^drflilliqyel 

pil^DSli.  yijlage  fltué  t  4  ^  3/4  iè 
Foix.  Pop.  827  hab.  On  y  voit  lès  nima 
du  vaste  château ,  dit  de  la  Reine  llaigii^ 
ritii,  âJitii  rbtibëlnte  âû<^^  an  ft  eonllrâit 
ptU^  de  vibgt  liiîbiiatioiis.—Scl^Hèi  Bydto- 
liques. 

QUIÊRIGÛT.  Bonrg  situé  a  lè  ^  i/i  de 
Foix.  Pop.  578  hab.  On  y  voit  lès  restes 
d'un  cbâtéàti  fort. 

QU1É«  Village  situé  a  i  i.  i/â  éc  i'du. 
Pop.  ^6i  hdb.  Ori  f  r^lbal^ue  IM  Hiînes 
d'uii  cfiâtcaii  fort  Htl  Uài  wle  JMwIfkM 
formidable,  dont  If  ë^  sodHdf  pfirl^  «bm 
les  guerre^  du  Langnëdtiè'. 

IIAB4Ti  Vill«|^  ^tué  dn^  une  valiie 
fort  a|réeble,  kflde  Foix.  Ppp.  i^^Soh. 
On  f  voit  lea  mines  d*ui|,«ntjqiie  chAieM, 
et;  à  peu  de  distance,  câk»  du  château  ds 
CdfmeSy^bAti  «nr  une  nionuipe  ^àrpée, 
où  les  habitants  des  campâmes  placent  k 
séjour  des  Fées.  —  Forges. 

RANciJ.  ro/.  Skm. 

ROUZÉ.  Vilk^e  «lue  à  ;é  1.  t/^  de  f'ou. 
Poj).  487  hab.  On  y  voit  les  restes  du  n 
BÎeùt  diàteau  dTssOn;  éécrbil  ètt  i?9«. 

SÀtRAT.  Petite  yifJé  sitiièe  a  5  L  de 
Foix.  Pop.  5,0x4  hel)«  Oâ  g  remarque  une 
église  fort  ancienne ,  autrenus  dans  In  dé- 
pendance du  cbapiîce  de  Sâmi-^tunun  de 
Toidouse,  qui  l'avait  acqiiiée  du  seigneur 
de  Saurat  en  800 ,  en  édiange  de  certains 
drehs  fébaaif!^. 

Patrie  âd  généhiî  MUffe;  infiMllimé  le 
U  l^ayehé  de  rArM^.^FÀ#K«,  iMrfiMiC 
scieries  hydrauliques,  canièrea  d'arMMft. 

9ÉÊL  VMtfgtrikiif  i  it  ifk  êè  Foix. 
Pcf.  439  hal».  C*eét  s4r  son  MmCéire  qM 

se  fMévè  Itf  rttflte  d«  flilf  «è  KiAciè,  dne  d«s 
l^é  m^lànhiSîéÉ  de  Ir  FMdce, 

ta  couché  krift^  9c  Ht  Mh  Et  lUMM 
consisté  en  itikiéhl  ènr  tfcf  hmUfilè  ^; 
disposé  paf  f^andes  on  ^rt^à  fh^êH  ifÊ 
allerneiSt  avec  désbilll^es  â!'M  MféaJrVfltti 
ou  moins  chargé  de  matières  fidVugjAAéâMl 
OriMr  oatche  se  dirlgef  u^,  W^9^^ 
lions,  de  l'ouest-nord-ouést  à  l'esl-«ttd-esLSon 


AB&ONDISSEMENT  DE  FOIX. 


.     15 


iodUsoD ,  Yen  le  tud-sud-ooesl ,  ^rie  de 
léro  a  40  degrés.  Son  épaîaseur  on  puÎMance 
(fire  encore  de  pliu  grandes  Tariations  :  elle 
fiipielquefoifl,  quoique  bien  rarement,  à 
$0,  et  même  josqa^à  40  mètres  ;  d*autrefoii 
eDe  n'est  que  d*on  mètre  et  au-dessous  : 
,  nojeaiiement,  on  peut  Pestimer  à  so  mètres. 
Son  bord  occidental  parait  à  la  sopeificie 
k  la  montagne,  et  cet  affleurement  y  forme 
tmm  une  large  bande  verticale,  ou  plutôt 
sfnée  dans  un  plan  vertical.  Des  galeries 
«DTertes  depuis  le  pied  jusqu'à  la  cime  de 
k  montagne ,  et  dirigées  i  peu  près  bori- 
mnlalement,  ont  atteint  partout  le  bord 
ariental  :  ks  plus  longues  ont  près  de  600 
■êtres;  ce  leaait  la  plus  grande  dimension 
dut  le  sens  horizontaL  Dans  le  sens  verti- 
al,  à  partir  de  la  dme  jusqu'aux  travaux, 
kl  pbu  profonds,  eDe  a  6x0  mètres.  Ce  gite 
de  minerai  est  un  de  ce»  amas  parallèles 
na  couches  de  la  montagne,  d'une  forma- 
tion i  peu  près  contemporaine  à  la  leur , 
et  que  les  minéralogistes  allemands  nom- 
lient  Stockiverk, 
Le  minerai  qui  la  constitue  consiste  : 
i*  PrineipakeiMDt  en  fer  hydraté  oom- 
fttto  :  lonqu'il  est  entièrement  pur,  il  ren- 
!  fcrme  près  de  60  pour  cent  de  fer  métaUi- 
!  fie;  dans  son  état  ordinaire,  il  en  contient 
I  54.  Best  asiec  fuaifale,  mais  moins  que  le 
I  rnivant  1**  En  fer  carbonate,  le  plus  sou- 
I  mt  mélangé  aTDcJe  précédent;  mais qnel- 
'  fK&Ns  aussi  il  est  pur.  Mène  dans  i'inté- 
i  ncor  de  fai  mine  il  est  en  partie  décomposé 
{ Cl  imprégné  d'oxide  de  manganèse  :  dans 
cet  état,  il  forme  la  mine  noire  qui  est  très- 
fiâiUe  et  plus  propre  que  toute  autre  à  la 
poduction  de  l'acier  de  forge.  Non  décom- 
paié  et  pur,  le  fer  carbonate  contient  47  p. 
ttnt  de  fer.  3®  En  fer  peroxidé ,  très-rare- 
■eat  seul,  et  presque  toujours  mêlé  en  pe- 
tite quantité  à  l'bydrate  compacte.  C'est  le 
pbs  riche  des  minerais  de  Rancié ,  il  con- 
tieai  jusqu'à  70  pour  cent  de  fer;  mais  c'est 
le  moins  fusible. 

Le  minerai,  tel  qu'on  l'extrait,  et  qui  ré- 
nlte  du  mélange  des  espèces  dont  nous  ve- 
mns  de  parler,  ne  contenant  presque  point 
de  matières  terreuses,  et  surtout  de  matières 
dieeuses,  étant  généralement  assez  fusible, 
et  d'an  tism  en  partie  relâché,  est  éminem- 


ment propre  au  travail  des  forges  catalanes  : 
il  y  rend  de  29  à  35  p.  cent  en  fer  forgé , . 
et  qu'on  livre  au  commerce. 

La  coudie  paraissant  an  jour  sur  le  flanc 
de  la- montagne,  il  n'y  a  eu  à  faire  ni  re- 
cherche, ni  travail  préliminain  à  Fcxploi- 
tation.  Tout  porte  à  croire  que,  dans  l'ori- 
gine, les  habitants  de  la  vallée  se  sont  rén- 
nis  en  petites  brigades ,  de  quatre  ou  cinq 
individus  {  diactine ,  travaillant  poar  ton 
propre  compte,  s'est  attachée  sur  rni  des 
points  de  TafflearemeDt  où  le  minerai  pa- 
raissait suffisamment  riche.  En  suivant, 
même  dans  ses  détours,  le  filet  qu'il  formait, 
abattant  sa  masse  avec  le  pic,  elle  s'est 
avancée  à  peu  près  horizontalement  dans 
k  montagne.  Lorsque  ce  riche  filon  présen- 
tait un  renflement,  on  l'exploitait  dans  toute 
sa  largeur,  et  il  en  résultait  une  chambre  : 
si  cette  largeur  était  trop  considérable ,  on 
laissait  en  place  quelques  piliers  de  minerai 
pour  soutenir  la  voûte.  Les  pienes  on  les 
minmis  pauvres  qu'il  avait  fiâflu  inracher, 
demeuraient  dans  la  mine  ;  et  au  milieu  de 
ces  blocs,  on  laissait  subsistar  un  passage 
qu'on  soutenait  à  l'aide  dHin  grossier  boi- 
sage. 

De  cette  manière ,  sans  règle  et  sans  en- 
semble, on  a  exploité,  dans  les  sièdes  anté- 
rieurs au  nôtre,  presque  toute  la  couche 
métallifèrcLes  pffiers  laissés  se  sont  fen- 
dillés ;  l'action  décomposante  de  l'air,  action  ' 
qui  se  fait  dans  l'intérieur  de  la  mine,  y  a 
contribiié  :  ils  ont  été  attaqués  et  affaiblis 
par  des  mineurs  vagabonnant  de  chantier 
en  chantier ,  ainsi  que  cela  se  fait  encore 
aujourd'hui;  ils  sont  tombés,  les  voûtes 
qu'ils  soutenaient  se  sonf  écroulées ,  et  la 
plupart  des  chambres  ont  été  remplies  de 
monoeaux  de  décombres. 

.En  1760,  il  y  avait  encore  dix  mines, 
c'est-à-dire  dix  galeries  d'entrées  ouvertes; 
maintenant  on  n'en  a  plus  que  deux,  l'Au- 
riette  et  k  Craugne.  M.  d'Aubuisson  n'en 
a  point  trouvé  d'autres,  en  x8ix,  lorsqu'il 
a  été  chargé  du  17*  arrondissement  des  mi- 
nes du  royaume,  lequd  comprend  le  dépar- 
tement de  l'Ariége.  La  première»  alon 
comme  aujourd'hui,  ne  lui  a  présenté  qu'une 
immense  masse  d'éboulis,  «au  milieu  dâquels 
la  nécessité  de  nvre  porte  deu  cenU  ni- 


10  DÉPARTEBfEMT 

nears  à  s'ouTiir  de  petit!  chantiers ,  où  ils 
recherchent,  brisent  et  extraient  les  blocs 
de  minerai  qui  y  sont  enfouis.  Ils  tra^illent 
sous  des  Toutes  formées  par  des  quartiers  de 
roche  et  des  fragments  de  la  couche»  sans 
liaison,  s^appnyant  8im|dement  les  uns  con- 
tre, les  autres.  Sans  hyperbole,  on  peut  dire 
que  ces  ouvriers  ont  coniinueUemeni  la  mort 
en  équilibre  sur  leur  tète;  qu'un  rien  peut 
rompre  cet  équilibre,  et  la  anéantir  tous 
dci  milliers  de  quintaux  de  pierres.  Ici  tous 
les  secours  de  Tart  ne  peuvent  nen  ;  en 
.  bonne  police ,  de  tels  chantiers  devraient 
être  fermés.  Mais  comment  nourrû*  les  mi- 
neurs qui  y  gagnent  leur  pain;  comment 
pourvoir  de  minerai  ks  cinquante  forges 
qui  se  pourvoient  à  Raocié  ?  » 

La  mine  de  la  Craugne  était,  k  la  même 
époque,  dans  un  état  bien  plus  satisfsisant. 
Sur  un  massif  de  très-beau  minerai,  ayant 
80  mètres  de  hauteur  et  ao  de  large ,  il  y  - 
avait  quinze  chaoliers  les  uns  au-dessus  des 
autres.  Mais  tout  cela  est  aujourd'hui  épuisé.  - 
Des  éboulements  qui  se  succèdent  depuis 
quinze  ans,  et  dont  le  dernier  ne  date  que 
de  i833 ,  ont  tout  détruit  :  les  masses  de 
minerai  qui  subsistaient  encore,  piliers, 
voûles,  etc.,  ont  été  brisés  et  précipités  siu* 
les  éboulis  inférieurs  ;  c'est  là  que  des  mi- 
neurs, acharnés  sur  ces  restes  .faciles  k  ex- 
ploiter, comme  des  oiseaux  de  proie  sur  les 
cadavres  dont  un  champ  est  jondié ,  s-'em- 
pressent  à  l'envi  de  terminer  la  tâche  jour- 
nalière qu'ils  ont  à  remplir,  ne  s'inquiétant 
d'ailleurs  en  auctme  manière  du  danger  qui 
plane  sur  eux.  Là ,  ils  sont  dans  un  vide 
immense  où  des  vestiges  de  voûte ,  des  ro- 
chers  à  moitié  détachés  menacent  de  les 
écraser  dans  leur  chute.  Tous  les  moyens  de 
Tari  ne  sauraient  empêcher  ou  prévenir  de 
tels  éboulements.  Quels  élançons  pourraient 
soutenir  ces  voûtes  à  perte  de  vue,  et  toutes 
fendillées  P  sur  quel  fondement  solide  pour- 
rait-on les  asseoir  ? 

La  mine  de  Randé  finit,  comme  finissent, 
dans  tous  les  pays,  les  mines  exploitées  en 
Stoektperk,  c'est-à-dire  par  chambres  et  éta- 
ges :  au  bout  d'un  temps  plus  ou  moins  long, 
cet  échafaudage  s'écroule,  et  on  n'a  plus 
qu'un  monceau  de  ruines. 

On  ne  connaît  aujourd'hui  de  minerai  en 


DS  LARIEGE. 
phK»  qne  pour  nne  vingtaine  à\ 
compris  qudqoes  piliers,  quelques  [ 
contre  les  parois  de  rencaissennent  de  la 
flouche;  piliers  et  placages  qui  sont  an  mi- 
lieu de  la  masse  d'ébouUs  qui  remplit  Vesftte 
jadis  occupé  par  k  couche  méidUfm.  Oa 
a  encore,  dans  cette  même  niasse,  de  bqoi- 
breux  blocs  et  fragments  de  cette  coodie, 
que  les  mineurs  vont  cherdier,  briser  et 
extraire. 

Ar  chacune  des  deux  exploitations  oo%er> 
tes,  la  Oaugne  et  l' Aurielte,  on  a  une  grande 
galerie  du  service  ordinaire.  CeBe  de  U 
Craugne  entre  d'abord  dans  une  graode 
masse  d'éboulb  qu'elle  suit  sur  une  longnear 
de  106  mètres;  die  se  continue,  pendaat 
24  mètres,  en  plein  roc  :  au  delà ,  on  par- 
court 40  mètres  dans  un  très-grand  vide, 
sur  le  pont.  Chassepot ,  lequel  est  oomme 
soutenu  en  Vsâr,  et  à  40  et  5o  mètres  au- 
dessus  du  fond ,  par  de  grosses  barres  «fe 
^fer  implantées  par  un  bout  dans  h  rodké 
qui  forme  une  des  parois  du  vide.  Après  ce . 
pont ,  la  galerie  se  ramifie  ;  nne  partie  va 
aux  chantiers  supérieurs ,  et  l'antre ,  ayant 
i5t  mètres  de  long,  va  aux  chantiers  infé- 
rieurs. La  galerie  de  l'Auriette  suit  d'abord 
un  vide  peu  élevé;  puis  die  entre  dans  des 
éboulis,  qu'elle  parcourt  en  faisant  un  asttt 
grand  nombre  de  sinuosités  dans  tous  les 
sens  :  elle  a  54o  mètres.  Généralement  ces 
galeries  sont  bien  soignées ,  et  maintenues 
par  de  bons  cadres  de  boisages.  Des  ouvriers 
particulien  sont  chargés  de  ce  service. 

Pour  aller  de  ces  grandes  galeries  à  cha- 
cun des  chantiers  d'exploitation,  on  n'a  plus 
que  des  passages  étroits  et  très-tortneux,  des 
rampes  très-roides ,  des  échelons  très-péni- 
bles. Il  n'en  peut  guère  être  autrement  :  eei 
chantiers  n'ont  qu'une  dnrée  presque  éphé- 
mère; ce  sont  les  brigades  de  minenn  qm 
les  ont  ouverts  à  leurs  propres  risques,  qui 
en  sont  comme  les  maîtresses;  elles  prati- 
quent et  entretiennent  leun  passages,  sous 
l'inspection  des  jurats. 

Les  ingénieun  des  mines  de  Randé  ne 
pouvant  empêcher  les  grands  éboulementi, 
et  l'écrasement  des  galeries  ou  portions  de 
galerie  qui  en  est  la  suite,  ont  dû  faira  en 
sorte  que  si  ces  accidents  arrivaient,  irs 


ARRONDISSEMENT  DE  FOIX. 


17 


nutricn  qui  seraient  dans  leurs  ateliers  ne 
«  trouvassent  pas  séparés  à  jamais  des  vi- 
Tinls.  En  iSoi ,  soixante-cinq  d'entre  eux 
sont  restés  enfermés  dans  les  mines  pendant 
dix-huit  heures.  Pour  prévenir  le  malheur 
que  nous  venons  d'indiquer,  il  a  fallu  ouvrir 
aux  mineurs  des  portes  de  derrière,  des  ga- 
leries de  secours.  La  mine  de  la  Craugne  a, 
dans  sa  partie  supérieure ,  la  belle  galerie 
Saiut-Louis,  excavée  en  plein  roe  dans  toute 
M  longueur  qui  est  de  a  ai  mètres ,  et  qui 
offre  en  conséquence  uue  retraite  assurée, 
un  passage  exempt  de  tout  danger  :  à  sa 
partie  inférieure ,  se  trouve  la  galerie  de 
communication  avec  l'Auriette ,  qui  donne 
les  moyens  de  sortir  par  ^tte  mine.  De 
celle-ci ,  par  la  même  voie ,   on  peut ,  en 
nonlant,  sortir  par  la  Craugne  :  et  il  ne  sera 
pasdifficife,  lorsque  les  travaux  de  recherelie 
ieroot  repris,  d*ou\Tir  une  issue  de  sa  partie 
inférieure  à  la  grande  galerie  d'écoulement. 
Le  minerai  de  Rancié  est  porté  dans  les 
forges  du  département  de  l'Ariége  et  des 
pajs  enviroooants,  jusqu'à  3o  lieues  de  dis- 
tance; celui  qui  va  eii  IMonségou  en  par- 
court près  de  3a.  Os  forges  sont  au  nom- 
bre de  cinquante-six  ;  quelques-unes  ren- 
fermant deux  foyers,  on  peut  porter  ce 
nombre  à  soixaate-cinq  ;  cinquante-deux  se 
trouvent  daus  le  département  de  l'Ariége. 
Elles  sont  de  l'espèce  dite  Forges  à  la  cata- 
lane, vndsembUiblement  parce  que  les  pre- 
mières que  Toa  a  fait  connaître  étaient  en 
Catalogne;  d'ailleurs  il  n'y  en  a  point  d'au- 
tres dans  les  Pyrénées. 

Une  telle  forge  consiste  en  une  simple 
Wmque  formée  de  quatre  murs  et  d'une 
toiture,  ayant  de  loo  à  3oo  mètres  carrés 
de  superficie ,  et  renfermant  :  i°  un  foyer 
«1  feu,  sorte  de  creuset  pratiqué  dans  une 
grossière  maçonnerie ,  et  dont  la  longueur- 
nioyenne  est  de  67  ceutimètres ,  la  largeur 
de  69  cent,  et  la  profondeur  de  84  ;  a*  en 
noe  trompe  placée  derrière  le  foyer,  et  qui 
lui  fournit  le  vent  ;  3*  en  un  gros  marteau 
pesant  de  600  à  700  kilogr.,  mis  en  jeu  par 
Que  roue  à  palettes  de  a  mètres  5o  cent,  à 
3  mètres  de  diamètre.  Une  de  ces  forges , 
aveesa  charbonnière  et  quelques  petites  con- 
structions accessoires,  coûte  d'ordinaire  de 
vingt-cinq  à  trente  mille  francs. 

63*  et  64*  lÀvraisons,  (Ariégi.) 


L'homme  qui,  étranger  à  l'art  dei  usines, 
après  avoir  jeté  un  coup  d'œil  sur  les  grands 
établissements  à  fer  de  la  France,  entre  dans 
une  forge  catalane  des  Pyrénées ,  frappé  de 
l'exiguité  du  local,  de  U  grossièreté  appa- 
rente des  constructions,  de  la  simplicité  des 
procédés,  croit  y  voir  cet  art  dans  son  en- 
fance ;  tandis  que  le  métallurgbie  y  admire 
le  mode  le  plus  simple,  le  plus  direct  et  le 
plus  économique  d'extraire  le  fer  de  certains 
minerais.  Et  en  effet,  dans  ces  forges  on  a 
de  toutes  les  machines  soufflantes  (la  trompe) 
la  moins  compliquée,-  celle  qui  exige  le  moins 
de  frais  d'établissement  et  d'entretien,  et 
dont  le  jeu  est  le  plus  régulier.  La  trompe  est 
composée  de  deux  arbres  creusés  ou  de  deux 
■grauds  tuyaux  placés  verticalement,  par  les- 
quels l'eau  tombe  du  fond  d'un  réservoir 
dans  une  chambre  ou  caisse  à  vent.  L'inté- 
rieur de  ces  tuyaux  est  beaucoup  plus  large 
que  leur  entrée;  l'eau  a  ainsi  la  liberté  de 
se  diviser  en  gouttes  qui  entraînent  dans  la 
caisse  à  vent  l'air  qu'elles  rencontrent;  et 
cet  air  est  continuellement  l'empiacé  par  ce- 
lui qui  s'introduit  à  travers  des  ventouses  ; 
c'est  ainsi  qu'on  appelle  des  trous  faits  en 
pente  de  dehors  en  dedans,  au  côié  des 
tuyaux.  L'eau  frappe  sur  uue  taque  ou  table 
horizontale  ;  elle  se  sépare  en  rebondissant 
de  l'air  qu'elle  entraîne,  et  tombe  au  fond 
de  la  caisse.  Elle  y  trouve  uue  issue  par  la- 
quelle elle  ne  peut  s'échapper  en  aussi  grande 
quantité  qu'elle^  arrive,  sans  la  surmonter 
de  quelque  décimètre  pour  acquérir  une 
vitesse  suffisante.  L'air ,  qui  s'accumule  au- 
diessus  de  la  surface,  se  trouve  ainsi  ren- 
fermé et  sort  par  la  première  ouverture 
qu'il  rencontre,  et  par  conséquent  par  celle 
qui  répond  à  la  tuyère,  qui  est  la  seule  qu'on 
lui  of^;  le  vent  est  d'autant  plus  sec  que 
cette  dernière  ouverture  est  plus  élevée.  Les 
marteaux ,  avec  leurs  rouages ,  sont  encore 
remarquables  par  leur  simplicité  et  leur  so- 
lidité. 

Dans  les  forges  à  la  catalane,  lorsqu'on 
veut  opérer,  on  prend  généralement  480  ki- 
logrammes de  minerai ,  dont  une  partie  a 
éti  préalablement  écrasée  sous  le  gros  mar- 
teau ;  on  le  dispose  convenablement  dans  le 
creuset ,  on  le  recouvre  de  charbon  et  l'on 
donne  le  vent.  On  en  augmente  graduelle- 
64 


IS 


DÉPARTEMEIirr  DE  L'AAIÉGE. 


■Mat  Ift'fiMve,  et  on  ^onte  luccessivement 
de  nouveau  charbon  et  du  minerai  pulvé- 
risé, pendant  que  le  fondeur  (escoia)  diri^ 
et  soigne  ropération. 

l*eau  et  l'acide  carbonique  qui  étaient 
dans  le  minerai  sont  d*abord  vaporisés,  et 
il  reste  des  molécvies  d'oxide  de  fer  entre- 
mêlées d*une  petite  quantité  de  molécides 
pierreuses.  CeUesHÙ  fundent,  se  séparent, 
comme  par  liqual:on,  dt«  autres,  qu'elles 
entraînent  en  assez  grand  nombre;  elles 
forment  un  courant  de  scories  incandescent  : 
c*est  le  laitier.  Les  molécules  d'oxide ,  par 
rinfluenee  de  la  chaleur  qui  les  pénètre  et 
du  charbon  qui  les  enloitre,  se  réduisent  et 
se  carburent  même  :  Taction  du  vent  leur 
enlève  ensuite  et  en  grande  partie  le  carbo- 
nate, et  elles  passent  à  Tétat  métallitiue. 
Elles  se  ramollissent  et  se  soudent  les  unes 
aux  autres  :  cette  opération  est  favorisée 
par  la  dépression  que  le  fondeur,  armé  d*un 
gros  ringard ,  exerce  sur  elles  dans  ses  di- 
verses manipulations;  et  elles  finissent  par 
ne  plus  former  qu'une  masse ,  un  ma^set. 
On  le  sor^du  foyer,  on  le  traîne  sous  le 
gros  marteau  et  on  l'y  bat;  le  martelage 
resserre  ses  molécules  les  unes  contre  les 
autres ,  et  il  exprime  le  laitier  qui  s'y  trou- 
vait encore  mêlé.  Puis  on  cingle  ce  masset, 
c'est-i-dire  qu'on  le  divise  en  deux  masso- 
ques,  qu'on  partage  ensuite  en  deux  masso- 
quettes.  CeHe&-ci  sont  reportées  sur  le  feu, 
où  se  fait  le  masset  suivant  :  elles  y  sont 
chaufTées,  et  puisw étirées  en  grosses  bandes, 
on  en  barres ,  que  l'on  livre  au  commerce. 
La  confection  d'un  masset  dure  six  heures, 
et  elle  produit  environ  i55  kilogrammes  de 
fer  forgé,  avec  une  consommation  de  i,go 
mètre  cube  de  charbon  de  chêne,  de  hêtre, 
etc.,  pesant  moyennement  4 3u kilogrammes. 
Huit  ouvriers  sont  employés  à  la  forge  :  ils 
y  travaillent  jour  et  nuit,  pendant  les  six 
jours  ouvrables  de  la  semaine,  et  ils  font 
34  massets ,  donnant  environ  3720  kil.  de 
fer;  c't^t  91  quintaux  du  pays  par  semaine: 
quelquefois  on  va  k  cent  et  même  plus.  I^n 
moins  de  dix  heures  de  temps,  d'un  mine- 
rai qui  contient  environ  54  de  fer ,  on  en 
retire  3^  en  barres  livrables  au  commerce. 
(6  heures  pour  faire  le  masset ,  et  3  ou  4 
pour  l'étirer). 


Pour  obtenir  un  quintal  de  ces  barres, 
on  ne  dépense  que  a  3/4  quintaux  de  char- 
bon :  ce  n'est  guère  que  moitié  de  ce  qu'oa 
emploie  par  les  procédés  ordinaires.  Cette 
économie  de  combustible,  que  l'on  n a  at- 
teint nulle  autre  part,  a  frappé  tous  ks 
hommes  de  l'art;  à  peiue  Dietrich,  qui  cod- 
naissail  très-bien  les  forges  de  l'AUeniagoe 
et  du  nord  de  hi  France,  eut-il  vu  celles  dn 
pays  de  Foix,  qu*il  fut,  dit-il,  enthousiasaié 
de  cette  économie,  comme  de  la  simplicité 
des  procédés  et  des  ateliers. 

Le  fer  qui  en  provient  est  dur  et  plus  ou 
moins  aciéreiix,  très-propre  aux  outils  ara- 
toires et  à  plusieurs  autres  usages.  Il  coo- 
vienl  particulièrement  à  la  cémentation  :  la 
nature  du  minerai  et  le  mode  de  fabricalioa 
^  font  une  sorte  d  Vier  naturel  ;  par  suite, 
lorsqu'il  a  été  cémenté ,  il  peut  roenir  ao 
feu  un  grand  nombre  de  fois,  sans  perdre 
sa  qualité  aciéreuse;  il  n'en  est  pas  de  même 
de  Tacier  obtenu  avec  le  fer  doux  prove- 
nant de  raffinage  de  la  fonte.  Dans  la  plu- 
part des  massets ,  il  y  a  même  une  partie 
fort  aciéreuse,  le  fer  fort,  qui  en  est  la  dou- 
zième ou  quinzième  partie,  et  que  l'on  vend 
à  un  plus  haut  prix.  Il  en  est  même  qad- 
ques  portions  qui  sont  un  véritable  et  bon 
acier,  nommé  fer  cédât  dans  le  pays. 

Le  charbon ,  lorsqu'il  arrive  aux  for{*es, 
est,  autant  que  possible,  mis  dans  viu^oa 
trente  cases  en  bois,  dites  parsons,  conte- 
nant chacune  ce  qui  est  nécessaire  à  uo 
masset.  Le  minerai  qu  on  y  emploie  est  éga- 
lement mesuré  ou  pesé;  de  sorte  que  cha- 
que dix  heures ,  tout  maître  de  forges  sait 
combien  il  vient  de  gagner  ou  'de  pTdre 
dans  son  travail  :  y  a-t-il  un  mode  d'admi- 
nistration plus  simple  et  plus  rassurant? 

Mais ,  d'un  autre  côté ,  le  fer  des  forges 
catalanes  a  le  très-grand  inconvénient  de 
n'être  pas  homogène  :  il  renferme  des  par- 
ties plus  ou  moins  ariéreuses,  des  molécules 
d'acier  inégalement  réparties  dans  sa  masse. 
Il  est  en  outre  pailleux  et  il  se  crique  assez 
souvent.  Ces  défauts  l'ont  fait  bannir  des 
aleliirs  où  il  faut  un  fer  très-doux  et  d'un 
très-facile  travail,  et  ils  le  rendent  peu  pro- 
pre k  quelques  services. 

Lorsqu'il  n'est  pas  bien  travaillé,  il  doone 
quelquefois  lieu  ï  ces  petites  sulutioos  de 


J 


W 
^ 


N 


ARRONDISSEBAENT  DE  FOIX. 


10- 


«ontiniiité  oa  poib  noùrâtres  que  Ton  voit 
rar  les  lames  des  rasoirs,  des  sabres,  et  qœ 
r<m  uoDime  cendnires. 

On  reproche  encore  aux  forges  catalanes 
de  dépeiiâer  beaucoup  d  eau,  de  ne  i>as  bien 
parer  leur  fer,  el  de  ne  ins  reiiitr  tout  ce- 
lui qui  esi  dans  le  minerai. 

L*éoonomie  de  Teau  moirice,  dans  les 
lieoa  où  elle  est  peu  abondante ,  serait  ob- 
teone  par  la  substitution  des  machines  souf- 
flantes à  piston  aux  trompes ,  et  des  roues 
à  aiigets  ou  à  aubes  courbes  aux  roues  à  par 
]ene&.  Des  expériences  faites  par  M.  d'Au- 
boisson  indiquent  que,  pour  donner  une 
même  quantité  de  vent,  une  bonne  machine 
i  piston  n^exigepas  la  moitié  de  Teau  qu'em- 
ploie une  trompe;  et  une  telle  machine 
peut  être  établie  sur  une  petite  chute,  tan- 
dis qiril  en  faut  une  de  plus  de  4  mètres 
pour  une  trompe.  Mais  une  telle  améliora- 
tion ne  peut  concerner  que  quelques  forges 
particulières,  celtes  où  Peau  manque,  et  elle 
ne  remédierait  pas  au  mal  général. 

On  remédie  journellement  au  mauvais 
parage.  Les  marteaux  actuels  sont  moins 
pus  et  mieux  faits.  Dans  les  nouvelles  usi- 
nes ,  on  établit  encore  un  marteau  d'envi- 
ron atio  kilogi-ammes  destiné  au  parage. 
Hais  il  est  douteux  que  dans  TAriége  on 
puisse  avoir  recours  au  mode  si  expéditif 
des  laminoirs.  Les  grandes  forges  à  deux 
feux  ne  fout  guère  plus  de  3ooo  quintaux 
métriques  de  fer  par  an;  et  un  tel  produit 
n'ocruperait  pas  un  laminoir  pendant  un 
quart  de  Tannée.  Un  établissement  central 
pourrait  être  établi  avec  plus  de  chances  de 
soorès;  mab  encore  les  frais  d'établissement 
et  'd*entretien  sont  considérables  :  pour  la- 
miner ,  par  deux  opéi:ations ,  do  très-gros 
fer,  des  massoquettes ,  il  faut  oompfèr  sur 
un  déchet  de  i5  pour  cent  au  moins,  et  sur 
remploi  de  lao  kilogrammes  de  houille  par 
xoo  quintaux  de  fer  laminé;  et  la  houille 
dans  TAriége  coûie  moyennement  6  fr.  les 
xoo  kilogrammes. 

Quant  à  ce  qui  est  du  fer  qu*on  retire  du 
minerai,  on  remarquera  que  ta  quantité  to- 
tale qui  s*y  trouve  contenue  est  géucrale- 
ment  de  54  pour  cent,  et  qu'on  en  retire 
3a  :  si  ce  même  minerai  eût  été  jeté  dans 
im  haut  fourneau ,  il  eût  rendu  au  plus  5o 


pour  cent  de  foote ,  laquelle  cet  donné  à 
raffinerie  33  de  fer  forgé  :  ainsi ,  sous  ce 
rapport,  il  n'y  a  |>as  une  grande  difTéreneê 
entre  le  produit  des  deux  procédés. 

TABASCOSr.  TiHe  ancienne,  située  à 
4  1.  i/4  de  Foix.  Ca  Kït  Pop.  i,55i  hab. 

Tarasron  est  l'ancien  Tascodenitari  cité 
par  Pline  ;  c^élait  une  des  quatre  principales 
villes  du  comté  de  Foix,  qui  fut  en  partie 
détruite  par  un  incendie  sous  l'un  des  der- 
nieis  comtes.  Cette  ville  est  agréal>lement 
située  dans  un  étroit  bassin,  au  confluent  de 
FAriége  et  du  torrent  qui  traverse  la  vallée 
de  Tic-Dessos.  Au  centre,  s*élève  un  mont 
isolé  surmonté  d'une  tour  ronde ,  liante  et 
svelte,  unique  reste  de  l'ancien  ch&ieau. 
Etle  a  des  rues  escarpées  et  tortueuses,  des 
maisons  vieilles  et  mal  bâties,  à  l'exception 
de  celles  qui  bordent  les  rives  dé  TAriége, 
que  la  route  côtoie  par  une  belle  me  neuve 
qui  communique  par  un  pont  de  marbre 
avec  le  faubourg;  sur  l'autre  rive,  on  aper- 
çoit un  bel  édifice  moderne,  où  est  établie 
une  manufacture. 

Aux  environs,  on  remarque  l'église  de 
Notre-pame  de  Sabart ,  en  grande  vénéra* 
tion  dans  la  contrée  ;  et,  dans  le  voisinage,  det 
grottes  curieuses  par  leur  conformation. 

Fabriques  de  cuirs.  Filatures  de  laine. 
Forges. —  Commerce  et  entrepôt  de  fer  que 
fournissent  les  nombreuses  forges  des  envi« 
rons.  Foires  très- importantes  de  trois  jours, 
très-fréqueniées  par  les  Espagnols;  il  s'y 
vend  iM^aucoup  de  bestiaux,  de  laine,  de 
fer,  de  fromages  et  autres  produits  des  mon- 
tagnes. 

1JRS.  TiBage  sitné  à  8  1.  de  Foix.  Pop. 
aSf  hab.  On  y  voit  les  restes  d'un  ancien 
château  fort  qui  élail  autrefois  considérable. 
— Forges,  martinets,  scierie  hydraulique. 

USSAT.  Village  silué  à  5  I.  de  Foix. 
Pop.  aoo  hab. 

Ce  village  est  dans  une  agréable  situation, 
an  milieu  d'ime  gorge  formée  par  des  mon- 
tagnes calcaires  et  traversée  par  TAriége.  11 
possède  un  bel  établissement  thermal  ou  les 
malades  trouvent  une  nourriture  abondante 
et  saine ,  et  tout  ce  qu'ils  peuvent  désirer 
.  pour  leiu*  commodité  et  leur  agrément.  Il  y 
a  des  bains  propres  et  bien  tenus,  des  don* 


20  DÉPARTEMENT 

ches,  des  étuves ,  àe$  chambres  bien  meu- 
blées et  bien  décorées,  et  un  vaste  salon  de 
compagnie. 

L'établissement  renferme  trenle  baignoi- 
res ,  pour  la  plupart  creusées  dans  le  sol , 
près  du  Ut  même  du  niisseau  thermal ,  ce 
qui  permet  d'en  renouveler  Teau  à  volonté. 
Au  sud-est  des  bains,  et  de  l'autre  côté  de 
la  rivière  de  l'Ariége,  on  remarque  une  mon- 
tagne de  3i8  mètres  de  hauteur,  dans  Tin- 
térieur  de  laquelle  il  y  a  des  grottes  spa- 
cieuses qui  ofTrent  un  des  plus  beaux  specta- 
cles de  la  nature  ;  les  voûtes  et  le  sol  de  ces 
souterrains  sont  tapissés  de  belles  stalactites, 
concrétions  très-variées  dans  leurs  formes. 
Dans  plusieurs  endroits,  les  stalactites  et  les 
stalagmites  forment ,  par  leur  réunion,  une 
suite  de  colonnes  dont  la  vue  est  des  plus 
agréables. 

Saisov  dis  xadx.  L'eau  d'Ussat  n'est 
point  employée  à  l'intérieur;  on  n'en  fait 
usage  qu'en  bains ,  qui  se  prennent  depuis 
le  mois  de  juin  jusqu  au  mois  d'octobre.  Le 
nombre  des  malades  qui  fréquentent  l'éta- 
blissement thermal  est  annuellement  de  sept 
à  huit  cents.  Le  prix  de  la  nourriture  jour- 
nalière et  du  logement  varie  de  3  à  5  fr. 

Propriétks  pbysiqdbs.  Les  eaux  d'Ussat 
sont  claires,  limpides,  inodores,  sans  saveur 
marquée ,  grasses  et  onctueuses  au  toucher. 
Elles  laissent  dégager  de  temps  en  temps  des 
bulles  de  gaz  acide  carbonique  qtii  viennent 
crever  à  leur  surface.  Leur  température  va- 
rie, suivant  la  disposition  des  baignoires,  de 
•)6  à  3x  o  du  ih.  de  Réaumur.  La  source 
fournit  en  vingt-quatre  heures  environ  cinq 
cents  mètres  cubes  d'eau  ;  elle  appartient  à 
l'hôpital  de  Pamiers.  Son  produit  annuel 
est  d'environ  4t5oo  fr. 


DE  L'ARIÉGB. 

PaopRiKTis  cRiifiQuzs.  D'après  Fanalyse 
de  M.  Figuier,  les  eaux  d'Ussat  oontîeiuient  : 

Acide  carbonique  libre i  oo 

Chlorure  de  magnésium 3  40 

Sulfate  de  magnésie \.  ^7  35 

Carbonate  de  magnésie o  97 

Carbonate  de  chaux \  a6  53 

Sulfate  de  chaux 3o  34 

Paoranrrxs  MXDiciirA.us.  Des  observa- 
tions exactes  et  nombreuses  constatent  les 
propriétés  diurétiques  et  anti-psoriqucs  de 
ces  eaux  ;  elles  ont  surtout  le  précieux  avan- 
Uge  d'accélérer  k  guérison  des  vieux  ulcè^ 
res,  et  de  rendre  la  force  aux  membres  dé- 
bilités par  des  coups ,  par  des  fractures  et 
par  des  luxations.  Appropriés  à  toutes  la 
irritations  chroniques  des  organes  internes, 
les  bains  le  sont  surtout  aux  maladies  si 
variées  de  l'organe  utérin  chez  les  femmes. 
On  les  emploie  aussi  avec  succès  pour  les 
névroses,  les  névralgies  douloureuses,  les 
afTections  spasmodiques  et  oonvulsives. 

Parmi  les  personnages  marquants  qui  ont 
été  soulagés  par  les  bains  d'Usaat,  on  die 
Louis  Bonaparte  et  le  prince  CzartorisLj. 

YÈBRE.  Bourg  situé  à  7  1.  3/4  de  Foix. 
Pop.  525  h.  On  y  trouve  une  source  d'eau 
ferrugineuse. 

VERDUN.  Village  très-ancien,  situés 
6  I.  3/4  de  Foix.  Pop.  704  hab.  —  Source 
d'eau  thermale  savonneuse.  Scierie  hydrau- 
lique. 

VIG-DESSOS.  Bourg  situé  dans  la\alJfe 
de  son  nom,  à  7  1.  3/4  de  Foix.  Pop.  1,108 
hab. — ^Nombreuses  forges  à  la  catalane,  ali> 
mentées  par  k  mine  de  Rancié. 


ARRONDISSEMENT  DE  SAINT-GIRONS. 


ALOS.  Village  situé  sur  le  ruisseau  de 
Souladet ,  à  2  1.  i/a  de  Saint-Girons.  Pop. 
i,oo5  hab.  On  y  voit  un  ancien  ch&teau 
l>àti  dans  une  situation  pittoresque. —  For- 
ges.— Commerce  de  fromages  fabriqués  dans 
les  montagnes  environnantes. 


AIUtOUT.  Village  situé  à  1  L  t/4  de 
Saint-Girons.  Pop.  245  hab. — Exploitation 
des  carrières  d'ardoises  d'excellente  qualité. 

AUDINAC.  Village  célèbre  par  ses  eaux 
minérales,  situé  à  une  demi-lieue  de  Saint- 
Girons ,  commune  de  Monijoie. 


AARONÛISSEMENT 

BAUX   KHrSRALU   d'aUDIITAC  '. 

Les  premières  observations  sur  les  eaux 
d*Ai]clîiiac  datent  de  1798,  époque  où  un 
pharmacien  de  Saint-Girons  en  fit  alors  Ta- 
nalj9e ,  diaprés  le  bniil  qui  s'était  répandu 
dans  la  contrée  des  guérisons  opérées  par 
remploi  de  ces  eaux  sur  des  individus  affec- 
lés  de  rhumatismes  ou  de  dartres,  au  moyen 
d*immersions  dans  une  mare  voisine  de  la 
aonroe.  Les  années  suivantes ,  on  vit  s'aug- 
menter sensibleoient  le  nombre  des  person- 
nes qui  se  rendaient  dans  les  mois  d'août  et 
de  septembre  à  Audinac,  pour  chercher  dans 
ses  boues  liquides  la  guérison  ou  le  soulage- 
BMnt  de  leurs  infirmités.  Mais  cette  médi- 
cniion  toute  empirique,  et  uniquement  con- 
seillée par  les  malades  eux-mêmes ,  qui  se 
racontaient  les  uns  aux  autres  le  résultat  de 
leurs  offices,  restait  étrangère  aux  principes 
dogmatiq[aes.  En  1778,  une  guérison  nou- 
velle y  et  qui  fit  d'autant  plus  de  sensation 
dans  le  pays,  qne  la  personne  qui  en  était 
le  sujet  appartenait  à  la  classe  distinguée 
de  la  société,  contribua  beaucoup  à  étendre 
b  réputation  des  eaux  d'Audinac.  Une  dame 
dePfancj,  parente  de  Tévéque  du  Couserans, 
était  venue  le  visiter  à  Saint-Lizier,  lieu  de 
a  résidence  principale,  et  voisin  d*Audiuac  ; 
die  entendit  parler  de  ces  eaux  et  de  leurs 
bons  effets  contre  les  dartres.  Affeclée  de- 
puis long-temps  d'une  maladie  de  ce  genre, 
qni  arait  résisté  à  divers,  traitements,  elle 
voulut  essayer  sur  elle-même  l'action  de  ces 
sources  minérales;  elle  s'y  fit  transporter 
avec  une  baignoire,  y  prit  des  bains  et  gué- 
rit. Cet  événement  fit  grand  bruit  :  les  mé- 
decins du  pays  s'occupèrent  enfin  d'Audi- 
nac,  et  commencèrent,  depuis  cette  cpieque, 
à  prescrire  dans  certains  cas  de  maladie , 
Fusage  ,  tant  intérieur  qu'extérieur ,  de  ces 
eaux. 

Les  sources  minérales  sourdent  dans  un 
enfoncement  dont  les  bords ,  du  côté  méri- 
dional ,  sont  médiocrement  élevés,  et  s'ap- 
puient, en  s'étendant  au  loin,  sur  une  masse 


X.  Xjcê  renseignements  sur  les  canx  mioéralrs 
dTAudioac  dous  ont  ctc  fournis  par  M.  le  duclcur 
Lacanal,  médecin  inspecteur  de  i*clai)Ii&scn)cnt. 


DE  SALNT-GmONS.  2i 

de  chaux  carbonaiée  grise  et  informe ,  qne 
traversent  quelques  couches  de  spath  cal- 
caire cristallisé;  tandis  que,  du  côté  du  nord, 
le  terrain  va  en  s'élevant  k  une  bien  plus 
grande  hauteur ,  et  forme  un  immense  am- 
phithéâtre que  couronne  majestueusement 
la  montagne  de  Calivert.  La  roche  qui  sert 
de  support  a  cet  amphithéâtre  septentrio- 
nal est  mélangée  de  chaux  carbonatée  pro- 
prement dite,  de  chaux  carbonatée  sali- 
fère,  et  de  chaux  carbonatée  solide.  La  na- 
ture du  sol  environnant  est  argilo-calcaire , 
d'une  couleur  de  cire. 

Ces  sources  sourdent  par  deux  jets  ou 
courants,  séparés  l'un  de  l'autre  par  une  dis- 
tance de  sept  à  huit  pas4  Le  propriétaire  a  dis- 
posé l'un  à  l'usage  de  la  boisson ,  et  l'autre 
à  celui  des  bains  et  douches.  La  première 
source,  à  laquelle  on  donne  le  nom  d'Eau 
de  la  fontaine,  donne  de  sept  à  huit  pouces 
d'eau  par  minute  ;  la  seconde,  dite  Eau  des 
bains,  fournit  de  dix  à  douze  pouces.  Il  y  a 
seize  baignoires,  placées  dans  douze  cabinets. 

La  température  de  l'Eau  de  la  fontaine 
est  de  iH  Réaumur;  celle  de  l'Eau  des  bains 
est  de  180. 

Un  vaste  hôtel,  constroit  à  une  centaine 
de  pas  de  distance  des  fontaines  minérales, 
avec  lesquelles  il  communique  par  une  belle 
allée  de  platanes ,  sert  à  loger  les  étrangers 
malades;  il  est  bâti  sur  une  hauteur,  au 
bord  de  la  grande  roule  qui  conduit  à  Saint- 
Girons.  On  y  trouve  des  chambra  à  cou- 
cher commodes,  et  une  très-belle  salle  l 
manger  ;  à  côté  sont  les  écuries  et  les  remises. 

Audinac  n'est  éloigné  que  de  deux  mille 
toises  de  Saint-Girons,  chef-lieu  d'arrondis- 
sement, renommé  par  ses  foires  considéra- 
bles, où  affluent  un  grand  nombre  d'habi- 
tants de  l'Ariége  et  des  déparlements  voi- 
sins. Le  pays  environnant  présente  une 
agréable  variété  de  monticules  boisés ,  dont 
les  intervalles  sont  remplis  par  de  belles 
prairies  et  des  champs  fertiles  :  il  abonde 
en  excellent  gibier  et  en  poisson  délicieux. 
La  chasse  y  est  facile  et  agréable. 

Saisoh  des  eaux.  La  saison  des  eaux  com- 
mence à  la  fin  de  mai  et  se  prolonge  jusqu'à 
la  fin  de  septembre. 

Quatre  cents  malades  environ  se  rendent 


)]  DÉPARTEMENT 

duKpw  année  i  Audînac  pour  y  boire  lei 
eaux  on  prendre  les  bains. 

Paix  DU  uooiMErr  et  db  ll  Dérani 

joirm*Ai.iàBK.  On  paie  pour  le  logement  et 
la  Boorritare  4  fr.  5o  c.  par  jour,  non  com- 
pris le  prit  dci  baina  el  des  boisMMis  de 
Vmn  BÛDerale. 

Tarif  do  raix  nia  baivs  tr  nis  Doncais. 
Le  prix  de  la  boisson  est  de  ao  cent,  par 
jour,  ou  5  fr.  pour  la  saison  ;  ctJui  du  bain 
est  de  60  cent»  et  œlui  de  cbaque  douche» 
5o  cent 

AvALTia  Daa  sooacas  MnriaALaa.  Troia 
analyses  ont  été  publiées  sur  œs  eaux  :  la 
première,  faiic  par Campmartin  en  1768, 
parut  en  177a,  dans  le  Dictionnaire  miné- 
ralogique  et  hydrologique  de  Buchoz  ;  la  se- 
conde, beaucoup  plus  exacte ,  eui  i>our  au- 
teur M.  La  Beaumele,  professeur  d«s  physi- 
que et  de  chimie  à  lérole  cetiirale  de  TA- 
riége,  qui  la  fit  imprimer  à  Foix,  dans  une 
thèse,  m  tliermidor  an  IX  (août  1801);  la 
troisième  est  celle  de  M.  MagtieaC;pharma- 
den  distingué  de  Toulouse  :  elle  a  été  faite 
et  publiée  en  1807. 

Diaprés  le  traTail  de  M.  La  Branmcle,  Tean 
des  sources  d'Audinac  est  minéralisce  par 
les  sulistanoes  suivantes  :  de  Tacide  carbo- 
nique en  e&cès  et  presque  hbre,  dissolvant 
du  carbonate  de  chaux  et  du  carbonate  de 
fer.  a*  Du  sulfate  de  chaux  et  du  sulfate  de 
magnésie.  Le  gaz  qui  s'en  dégage  est  de 
l'acide  carboni(|ue  mêlé  de  gaz  azote. 

D*après  M.  Magnes,  elle  contient  en  ou- 
tre du  muriate  de  magnésie ,  une  matière 
bitumineuse,  et  quelques  atonies  inapprécia- 
bles d*hydrogène  sulfuré. 

La  proportion  du  gaz  aride  carbonique 
b*bre  est  d  un  sixième  du  volume  de  Teau  ; 
eelle  du  carl>onate  de  fer  est  de  5  grains  par 
z5  livres  d'eau. 

pROPRifris  pHYSiQuiîS.  Considérées  dans 
leurs  phénomènes  physiques,  les  eaux  d'Au- 
dinac  sont  inodores  et  d'une  transparence 
parfaite;  elles  ont  un  goût  légèrement  styp- 
tique,  mais  agréable;  elles  moussent  faible- 
ment par  l'agitation.  Du  fond  des  bassins 
où  elles  sourdeut,  se  dégage  constamment 
des  bulles  qui  ^'élèvent  à  la  surface  de  Icau, 


DE  L'ARIÉGE.  I 

et  qui  sont  formées  par  du  gai  acide  eur- 
bonique  ;  les  deux  sources  oooserveot  Um 
Yolume  et  leur  température  tudêpendanU 
des  variations  atmosphériques.  L*état  de  sé> 
chere&w  ou  d'humidité,  de  chaleur  ou  do 
refroidissement  de  Pair,  n'a  aucune  iiiflucaioa 
sur  elles ,  qui  se  montrent  constamment  es 
même  quantité,  même  transparence  et  mèma 
degré  de  chaleur.  * 

Proprirtés  gbimiquis.  Les  eaux  d' Audî- 
nac doivent  être  rangées  dans  la  classe  des 
salino-gazeuses  et  femigiueuscs.  z5  livra 
d'eau  ,  analysées  en  x835  par  M.  Blagnei 
Lahens,  pharmacien  k  Toulouse,  ont  donné  : 
Gaz  hydmgène  sulfuré.. .  quantité  inap. 
Gaz  acide  carbonique  libre      a  gr.  45 

Sulfate  de  chaux 100 

Sulfate  de  magnésie 90 

Muriate  de  magnésie 5o 

Carl>onate  de  chaux 7a     3^4 

Sons-carbonate  de  fier. ...     10     1/4 

Bitume..... 5 

Perte 9 

337g;rains. 

PROrRii-ris  M^nicnrAUS.  Prises  i  rm- 
teneur,  ces  eaux  paraissent  déterminer 
un!  certain  degré  d'excitation  daus  Festo- 
mac  et  le  tube  intestinal ,  ainsi  que  dans 
tons  les  organes  du  bas  -  ventre  qui  con- 
courent immédiatement  aux  fonctions  di- 
gesti\es,  dont  elles  rétablissent  l'cnergie 
nonnale.  Leur  influence  sur  la  sécrétion  de 
la  bile,  des  urines  et  des  menstrues,  est 
très-marquée.  Elles  0|iérent  jouvent  les  plus 
heureux  effets  lorsqu'il  faut  combattre  des 
engorgements  hépatiques  et  hêmorrboïdanx; 
calmer  Pirrilation  des  reins  et  de  la  ves- 
sie ,  cntreienue  par  du  gravier  ou  des  glai- 
res; provoquer  ou  rétablir  le  flux  périodi 
que  des  personnes  chlorotiques;  arrêter  ou 
diminuer  les  écoulements  blancs  ou  rouges 
de  la  matrice  ou  du  vagin,  que  cause  et  en- 
tretient Tatonie  de  ces  organes,  et  qui  amè- 
nent à  leur  tour,  par  leur  durée  ou  leur  in- 
tensité, la  débililation  de  l'estomac  el  fé- 
puisement  consécutif  de  tout  le  système. 

Les  eaux  d'Audinac  conviennent  encoce 
dans  les  affections  scorbutiques,  scit  locales, 
soit  générales;  elles  diminuent  ou  arrcteni 


ARRONDISSEMENT 
les  héiniMulMigici  pusives  provenant  de  cette 
diathése  :  elles  sont  enûn  très-utiles  dans 
certaines  maladies  cutanées,  dans  les  rhu- 
toatisanes  chroniques,  dans  les  engorgements 
lymphatiques. 

On  remarque ,  dit  M.  Alibert  dans  son 
ftécU  historique  sur  les  eaux  minérales, 
que  presque  toutes  les  maladies  soumises 
aVJi  snîns  de  M.  le  docteur  Laranal,  dans 
rétabliss«mient  d^Audmac,  dépendent  d*im 
état  de  fiiiblesse.  Dans  ce  nombre,  il  faut 
langer  les  afTections  arthritiques  et  rhuma- 
tîsiiiales  non  fébriles ,  les  engorgements  des 
wscères  du  bas- ventre,  etc.,  etc.  Une  obser- 
vation digne  d*être  citée  est  celle  d'une  hé- 
Biaturie  dans  un  homme  de  soixanie-trois 
ans,  d'un  tempérament  sec  et  irritable,  qui 
existait  depuis  plusieurs  années,  et  avait 
résisté  au\  traitements  des  plus  habiles  pra- 
ticiens de  Toulouse.  Le  m^ilade  vint  à  Au- 
dinar,  y  but  les  eanx,  prit  les  bains  pendant 
■n  roots,  et  vit  cesser  sa  maladie.  Il  put  se 
Srrer  impunément  à  des  courtes  à  pied, 
bndu  que  jiisi|u'alors  le  moindre  exercice 
|rovoquait  chez  lui  les  plus  graves  accidents. 

Mooa  D*ADKiviSTRATiov.  Oo  boît  ces 
eanx  le  matin,  depuis  un  verre  jusqu'à  dix 
et  douze.  Elles  produisent  des  urines  abon- 
dantes et  des  selles  plus  ou  moins  fréquen- 
tes. Ces  effets  ne  sont  pas  néanmoins  con- 
stants cbex  tous  les  individus;  il  en  est 
qu'elles  semblent  an  contraire  constiper.  On 
les  boit  pures  le  plus  ordinairement  ;  mais 
dans  certains  cas  on  y  ajoute  de  la  gomme, 
des  sirops  gommeux,  Ui  décoction  d'orge  ou 
de  chiendent,  du  petit  lait,  ou  bien  du  sul- 
fate de  magnésie  ou  de  la  crème  de  tartre, 
ou  Ton  fait  prendre  en  même  temps  quel- 
ques préparations  particulières  suivant  les 
indications  à  remplir,  par  exemple  des  pil- 
laUa,  du  calomel ,  du  carbonate  de  fer,  etc. 

Dans  la  plupart  des  cas ,  et  surtout  dans 
les  rhumatismes  et  les  maladies  de  la  peau , 
on  fait  concourir  avec  la  boisson  de  Peau 
minérale ,  Tiisage  des  bains ,  et  quelquefois 
auÂsi  celui  des  douches  '. 


DE  SAINT-GIRONS.  23 

AULUS.  Village  situé  à  6  1.  de  Saint- 
Girons.  Pop.  897  hab.  On  y  trouve  une 
source  d*eau  thermale  assez  fréquentée  par 
les  habitants  du  pays. — Aux  environs,  mine 
de  zinc,  de  plomb  argentifère,  dont  Texpbi- 
tation  est  suspendue. 

AÛTRAS.  Village  situé  à  5 1.  de  Saint- 
Girons.  Pop.  377  hab.  Aux  environs,  sur 
la  montagne  de  Plzard ,  on  voit  une  cha- 
pelle dédiée  à  la  Vierge,  qui  est  en  grande 
vénération  dans  le  pa>8;  les  bergers  s*y  ras- 
semblent le  5  août  de  diaque  année  pour  y 
offrir  k  la  Vierge  une  béte  à  laine  ;  et  le 
nombre  des  bétes  données  ainsi  s'élève  quel- 
quefois à  plus  de  cent  cinquante. 

BORDES  (les).  Village  skué  à  3  1.  de 
Saint-Girons.  Pop.  i,oa8  hab.  On  y  voit 
une  grotte  curieuse  et  facile  à  parcourir. — 
Garderie. 

CASTELlfAU-DURBAV.  Village  situé 
à  3  1.  1/9  de  Saini-Oirons.  Pop.  i,5oa  hab. 
—  Martinets  a  ctii^Te,  forges.  Carrières  de 
marbre  non  exploitées. 

*  GASTILLON.  Petite  ville  située  sur  la 
rive  droite  du  Lez ,  à  a  1.  i/a  de  Saint-Gi- 
rons. Pop.  x,ooo  hab.  —  Scieries  hydrauli- 
ques. Garderie. 

COUFLBNS.  Village  situé  à  5  I.  x/4  de 
Saint-Girons.  Pop.  1,967  ^^^ — Aux  envi- 
rons ,  près  du  village  de  Salau ,  dépendant 
de  la  commune  de  Coufleus,  on  voit  la  beUe 
source  du  Salât ,  qui  jaillit  avec  abondance 
au  pied  d'un  rocher,  par  neuf  ouvertures 
appelées  les  neuf  fontaines. 

CROIX  (SAINTE-).  Petite  ville  située 
sur  le  Volp ,  à  3  1.  i/a  de  Saint-Girons. 
Pop.  1,761  hab.  On  y  voit  une  grotte  assez 
curieuse;  l'église  paroissiale  et  celle  d'un 
ancien  couvent  de  religieuses  de  l'ordre  de 
Fontevrault,  méritent  aussi  d'être  remar- 
quées.— Fabriques  de  draps  communs.  Tui- 
lerie, verrerie,  faïencerie. 


I.  On  peut  coDsnlter  sar  les  eaax  mioëralcs 
#Abdinac  : 

la  en  i8oa  à  la  Société  de  niédecioe 


de  Toulouse,  par  le  doctear  Gtdchon,  et  publié 
par  lui  en  1804. 

Analyse  de  IVaQ   mloérale  li^Audinac,  par 
MM.  I^ont  et  Magocs  (Bitlletio  de  pharmacie). 


24  DÉPARTEMENT  DE  L'ÀRIÉGE. 

EICHEL.  Village  aitué  à  une  demi-lieue 
de  Saint-Girons.  Pop.  390  hab. — Papeterie. 
Moulin  à  huile.  Garderie.  Carrière  de  mar- 
bre gris. 


EN60MER.  Village  situé  à  1 1.  de  Saint- 
Girons.  Pop.  869  hab.  —  Forges  à  la  cata- 
lane. 

ERCi.  Village  situé  à  4  I.  i/i  de  Saint- 
Girons.  Pop.  3,a56  hab.  —  Commerce  de 
beurre  excellent ,  bestiaux ,  tniites  renom- 
mées. Carrière  de  marbre  blanc  statuaire. 

GIRONS  (SAINT-).  Jolie  petite  ville. 
Chef-lieu  de  sous-préfecture.  Tribunal  de 
première  instance.  Collège  communal.  ^ 
Pop.  4»38i  hab. 

Saint-Girqps  portait  autrefois  le  nom  de 
Bourg-sous- Vie,  et  le  quartier  le  plus  ancien 
|K>rte  même  encore  la  dénomination  de 
Bourg;  plus  lard,  la  ville  prit  le  nom  qu*elle 
porte  aujourd'hui ,  du  saint ,  d'origine  van- 
dale, qui  vint  prêcher  le  christianisme  dans 
ses  murs,  au  commencement  du  V  sfècle. 
Depuis  la  révolution  et  la  suppression  de 
révèché  de  Saint-Lizier,  elle  a  vu  accroître 
rapidement  sa  population ,  son  commerce , 
son  industrie,  et  surtout  le  nombre  de  ses 
maisons  et  de  ses  manufactures. 

Cette  ville  est  agréablement  située,  au 
pied  des  Pyrénées ,  dans  un  vallon  entoin^ 
de  coteaux  cultivés ,  au  confluent  du  Salât , 
du  Lez  et  du  Baup,  au  point  central  où 
aboutissent  les  cinq  principales  vallées  de 
TarrondissemenL  Elle  est  généralement  bien 
bétie,  sur  la  rive  droite  du  Salât.  Sur  la  rive 
gauche ,  se  prolonge  le  faubourg  de  Ville- 
franche,  où  Ton  remarque  Taucien  château, 
occupé  aujourd'hui  par  le  palais  de  justice 
et  les  prisons  ;  c'est  principalement  du  côté 
de  ce  faubourg  que  s'augmente  le  nombre 
à^  habitations.  Deux  ponts  sont  jetés  sur 
le  Salât  :  l'un,  de  quatre  arches,  en  marbre 
rougeâtre ,  dit  le  Pont- Vieux  ;  l'autre ,  de 
trois  arches ,  en  marbre  gris ,  dit  le  Pont- 
Neuf. 

Presque  au  centre  de  la  ville,  est  bâtie 
l'église  paroissiale,  surmontée  d'un  clocher 
remarquable  par  sa  forme  et  son  élévation. 
Jusqu'à  la  moitié  de  sa  hauteur ,  ce  clocher 
a  la  forme  d'une  tour  carrtc,  percée  à  cha- 


cune de  ses  faces  par  des  arcades  en  ogive; 
le  deuxième  corps  est  de  forme  octogone, 
et  f^kAxs^^  en  retraite  sur  une  partie  do 
murs  de  la  tour  et  sur  des  portes  à  faux  aux 
quatre  angles,  flanqués  chacun  d'un  chape- 
ron demi-prismatique.  Cette  ]>ar1ie  est  cou- 
ronnée d'une  galerie  en  forme  de  balcon,  oà 
se  voit  la  cloche  de  l'horioge,  cl  d'où  s'clère 
encore,  par  une  seconde  retraite,  une  flèche 
déliée  de  forme  octo-pyramidale,  dont  Is 
arêtes  sont  hérissées  de  corbeaux  à  grondes 
saillies,  vulgairement  nommés  tètes  de  loaf». 
Le  sommet  est  couronné  d*un  globe  sur- 
monté d'une  girouette  et  d'une  croix  hori- 
zontale indiquant  les  quatre  points  cardi- 
naux. 

Saint-Girons  possède  plusieurs  promena- 
des publiques,  dont  une  se  trouve  hors  des 
vieux  remparts.  La  plus  belle,  le  Champ^le- 
Mars,  longe  la  rive  droite  du  Saiat,  en  Caoe 
du  palais  de  justice;  elle  est  ombragée  d'iui 
quadruple  rang  de  jeunes  ormes,  et  bordée 
de  bornes  en  pierre„  liées  entre  elfes  par 
de  grosses  chaînes  de  fer. 

Fabriques  d'étoffes  de  laine,  toiles  de  lia. 
Filatures  de  laine.  Moulins  à  foulon,  à  tao, 
à  huile  et  à  farine.  Papeteries.  Carderic. 
Martinets  à  fer.  Scieries  de  marbre.  Tein- 
tureries. —  Commerce  important  avec  le» 
départements  méridionaux  et  l*£spagne,  en 
laines ,  pelleterie ,  mulets ,  chevaux ,  mou- 
tons, bestiaux,  papiers,  porcs,  grains,  etc. 

A  X  z  1.  1/2  de  Foix,  aoa  1.  de  Paris. 

LAGAVE.  Village  situé  à  3  1.  de  Saint- 
Girons.  Pop.  413  hab.  —  Construction  de 
bateaux. 

LACOURT.  Village  situé  sur  le  Salât,  à 
X  1.  de  Saint-Girons.  Pop.  x,25o  hab.  Oa 
y  voit  les   ruines  d'un  ancien  diàteau  et 
d'une  tour  dite  la  Tour  de  Mannande.  ~  | 
Tuilerie.  ; 

LART  (SAIBTr-).  VilUige  situé  à  4 1. 1/^ 
de  Saint-Girons.  Pop.  1,460  hab.  Sur  le 
teiTÎtoire  de  cette  commune  et  sur  celui  de 
Portet,  sont  établies  des  penticres,  ou  filets, 
au  moyen  desquelles  on  prend  quelquefois 
par  centaines  les  palombes  et  les  biaels  qui 
passent  en  septembre  et  en  octobre  par  les 
gorges  que  laissent  entre  elles  les  1 


n 


M 

N 


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ARKONDISSEMENT 
UZliat  (SAINT  j.  Petite  Tille  très-an- 
demie,  située  sur  le  Stlat,  à  une  demi-lieue 
de  Saint-Girons.  Pop.  i,i6o  faab. 

Saint-Lixier  était  autrefois  la  capitale  du 
Coittcnns,  petite  contrée  où  l'on  ne  peut 
iiire  on  pas  sans  rencontrer  des  restes  de 
noumnents ,  de  lâmples  antiques,  de  (om- 
icatix,  etc. ,  qui  attestent  le  séjour  des  Ro- 
mains. Celte  viUe  a  porlé  primiiivement  le 
nom  de  Chiias  Cotuenuiorum ,  puis  celui 
^Jmtria,  et  phis  tard  enfin  celui  de  Saint- 
lizier. 

j  Le  Consenuis,  après  avoir  été  pendant 
1 491  ans  lous  la  domination  romaine ,  fut 
i  Ètfné  de  l'empire  et  cédé  aux  Gotlis  par 
I  llooorius  en  411.  DesGoths  il  passa  aux 
;  Bourguignons,  et  ensuite  aux  rois  d'Austra- 
I  «r,  qui  le  conservèrent  jusqu'à  la  conquête 
I  qu'en  firent  les  Sarrasins  de  719  à  759. 
I  Charlemagne  Térigea  en  comté,  vers  778, 
cl  œ  pays  fut  gouverné  d'abord  par  des 
;  comtes,  et  ensuite  (Mur  des  vicomtes. 

!  U  ville  de  Couserans  devint  le  siège  d'un 
I  (Téché  dans  le  courant  du  V*  siècle.  En 
70S,  elle  fui  assiégée  et  prise  par  une  armée 
I  fccmidable  de  Golhs ,  et  délivrée,  selon  la 
I  tnditioD ,  par  les  prières  efficaces  de  saint 
i  Lizier.  Les  Sarrasins  et  les  Yisigoths  réunis 
li  prirent  et  la  saccagèrent  en  736;  peu 
>prà,  elle  fut  rebâtie  par  les  soins  de  Cbar- 
b  Martel  et  de  saint  Lizier.  Celle  ville  fut 
induite  ea  cendi-es  en  xiao  ou  en  xi3o, 
par  Bernard  I'**,  comte  de  Comminges.  Dans 
bsoite,  les  évéques  la  relevèrent  de  ses 
fuincs;  mais  elle  perdit  dans  cette  recon- 
tfniction  jusqu'aux  traces  de  son  anciwne 
iplendeur;  1^  matériaux  de  ses  anciens  édi- 
fices furent  employés  sans  goât;  des  pièces 
d'architecture  antique ,  des  sculptures ,  des 
^arbres  rares,  furent  enfouis  dans  la  fonda  • 
lîoa  des  nouveaux  édifices. 

Celte  ville  est  bâtie  sur  le  penchant  mé- 
Âlàmal  d'une  colline,  et  sur  la  rive  droite 
'q  Salât  La  partie  supérieure,  qui  se  pré- 
■nte  eo  amphithéâtre,  est  couronnée  par  le 
palais  épiscopal,  bel  édifice  que  fit  élever  à 
pnds  frais  levéque  Bernard  de  Marmiesse, 
^  t655  à  16S0  :  la  façade,  décorée  de  trois 
tours  icmi-circulaires ,  se  prolonge  de  l'est 
^  Touest,  et  produit  un  bel  effet  de  pcr- 


DE  SAINT-GIRONS.  35 

spective,  vue  du  côté  de  Saint-Girons  ;  il  est 
occupé  par  J'hospice  général  du  départe- 
ment. On  remarque  encore  à  Saint-Lizier  : 
rhôpital  civil,  fondé  en  x75o,  et  rebâti  sur 
un  plan  plus  vaste  en  i75x  ;  le  pont  sur  le 
Salai,  etc. 

Fabriques  de  tissus  coton  et  laine.  Fila- 
ture de  laine.  Papeteries.  Moulin  à  tan. 
Scierie  hydraulique  de  marbre. 

MASSAT.  Petite  ville  située  à  4 1-  i/a 
de  Saint-Girons.  Population,  y  compris  celle 
de  plusieurs  villages  séparés  qui  dépendent 
de  cette  commune ,  9,3aa  hab.  Population 
agglomérée,  i,635  hab. — ^Aax  environs,  on 
voit  sur  une  colline  les  ruines  du  vieux 
château  d'Amour  ;  sur  la  montagne  de  Lers 
se  trouve  un  gfand  lac ,  au-dessus  duquel 
un  écho  fort  remarquable  répète  avec  pré- 
cision un  grand  nombre  de  syllabes. — Forge 
à  la  catalane.  Scieries  hydrauliques.  Garde- 
rie. Moulins  à  hiiile  et  à  farine. — Commerce 
de  beurre  et  de  bestiaux. 

MEB€ENA€.  Tillage  situé  à  z  1.  3/4  de 
Saint-Girons.  Pop.  65o  hab. —Teri'erie. 

MONTESQUIEU.  Village  situé  à  1 1. 1/4 
de  Saint-Girons.  Pop.  81 5  hab.  On  y  voit 
les  ruines  d'un  vieux  château  et  bi  grotte 
de  Laguère. 

HONTGAUCH.  Tillage  situé  près  d'un 
coteau  où  se  trouvent  plusieurs  grottes  très- 
profondes,  i  z  1.  r/4  de  Saint-Girons.  Pop. 
5o7  hab. 

MONTJOIE.  Tillage  situé  &  une  demi- 
lieue  de  Saint-Girons.  Pop.  1,889  ^^* 

Ce  village  est  remarquable  par  un  clocher 
bâti  sur  les  restes  d'un  temple  antique  dédié 
à  Jupiter ,  qui  portait  le  nom  de  Afons  Jo- 
wis,  et  d'oà  dérive  le  nom  qu'il  porte  au- 
jourd'hui. On  trouve  aux  environs  les  eaux 
minérales  d'AuoiirAC.  P^ojr.  ce  mot. 

HOULIS.  Bourg  situé  à  z  1.  de  Saint- 
Girons.  Pop.  a,700  hab.  —  Au  hameau 
d'AuBEA ,  dépendant  de  cette  commune,  on 
voit  une  grotte  fort  remarquable  facile  à 
parcourir,  et  une  carrière  de  marbre  noir 
exploitée  jadis  par  les  Romains. 

OUST.  Petite  ville  située  à  3 1.  de  Saint- 
Girons.   Pop.   i,6ai  hab.  —  Filature  de 


S6  DÉPÀATEMENT 

laine.  Garderie.  Porfies.  Jiducation  des  bet- 

tiaux. 

PRAT-ET-BOVREPEAUX.  Village  si- 
tué i  a  1.  i/a  de  Saini-Girons.  Pop.  1,439 
hab.  Il  est  sur  la  rive  gauche  du  Salai,  et 
dominé  par  une  colline  dont  le  sommet  est 
couronné  {lar  un  anll<|ue  cbâteau,  d'où  Ton 
jouit  d'une  vue  admirable ,  au  pied  duquel 
on  franchit  sur  un  |)ont  de  marbre  d'une 
seule  arche  le  ruisseau  poissonneux  de  la 
Gouarige.  —  Aux  environs  se  trouve  une 
grotte  spacieuse. — Construction  de  bateaux. 
Tuilerie.  Moulin»  à  farine.  Scieries  hydrau- 
liques de  planches.  Nombreuses  carrières 
de  plAtre. 

RIMONT.Petite  ville  située  dans  un  fond, 
i  a  1.  i/a  de  Saint- Girons.  Pop.  3,4ax  hab. 
—  Faùriques  de  poterie  de  terre. 

SEIX.  Petite  ville  située  sur  la  rive  gau- 
che du  Salât ,  à  3  I.  de  Saini-Girons.  Pop. 
3,8aa  hab.  On  y  remarque  les  ruines  du 
vieux  château  de  Mirabat. 

Scix  possède  de  belles  carrières  de  mar- 
bre exploitées,  et  Ton  vient  d*y  établir  une 
icîerie  de  trente-six  lames.  C'est  la  patrie 


DE  VÀKTiGE. 

de  M.  Pages  de  TAriége ,  piobliciste  et  dé- 
puté.— Aux  environs,  mines  de  plomb,  de 
cuivre  et  d'argent ,  dont  rexploitation  est 
suspendue. 

SEMTEIlf .  TiDage  sîtné  à  4  1-  i/a  de 
Saini-Girous.  Pop.  1,370  hab. — Aux  envi- 
rons ,  sur  la  montagne  élevée  de  TAretgoe, 
on  voit  un  vaste  étang  et  une  très-belle 
cascade.  —  Carrières  de  marbre  el  d'ardoi- 
ses ;  mines  de  fer  et  d'argeut  non  exploitées. 

CSTON.  Petite  ville  située  près  dnoe 
belle  forèl  de  sapins  et  de  lièires,  à  5  1. 1/4 
de  Saint-Girons.  Pop.  3,897  hab. 

Le  territoire  de  celte  commune  renferme 
plusieurs  curiosités  naturelles,  entre  autro 
de  très-belles  cascades;  trois  lacs,  dans  l'un 
des(]uels  prend  sa  source  la  rivière  d'Ak-t; 
deux  gnittes,  dont  Tune,  appelée  grotte  de 
Font-Sainie,  est  tj-aversée  par  Tcau  d'une 
source  limpide,  et  peut  être  parcourue  «sans 
danger  d'une  extrémité  à  I  autre.  A  côté  de 
cette  grotte  existe  une  antique  chaiwlle  bâ- 
tie à  roié  de  la  fontaine,  qui  jouit  dans  la 
contrée  d'une  grande  célébrité,  fl  où  Ton  se 
rend  en  pèlerinage  de  plusieurs  points  éloi- 
gnés, lorsqu'il  existe  des  épidcoiies. 


ARRONDISSEMENT  DE  PAMIERS. 


BASTIDE-SrR-L*nERS  (la).  Joli  bourg 
très-bien  bâti  el  fort  agréablement  situé  sur 
la  rive  droite  du  Lers,  à  10  1.  3/4  de  Pa- 
miers.  Pop.  6ao  h.  —  Fabriques  de  peignes 
de  corne  et  de  buis.  Centre  de  la  fabrique 
et  du  commerce  du  jayet. 

XAUX    MINERALES    DX   POVCIBGUB. 

A  dix  minutes  de  la  Bastide,  sur  les  limi- 
tes du  territoire  de  cette  commune  cl  de 
celle  de  Peyrat,  sourdent  des  eaux  minéra- 
les ,  connues  el  rréquenices  depuis  la  plus 
haute  antiquité  sous  la  dénomination  d'eaux 
de  Foncirgue  ou  de  la  lUistidedu-Peyrat. 
Ces  eaux  sont  reçues  dans  un  vaste  établis- 
sement de  création  récente,  on  se  trouvent 
réunis  des  chambres  de  bai  us,  un  vaste  hôtel, 
des  chambres  élégamment  décorées,  avec 
écuries,  remise^,  etc. 


PnOPHlÉT^^     PBTSfQUES     ET     CBmiQUES. 

L*eaii  de  Fonrirgue  est  claire,  limpide,  sam 
cesse  agitée  par  un  dégagement  très- tumul- 
tueux d'un  gaz  incoloi-e,  sans  que  pour  cela 
sa  ffanspareuce  en  soit  tn)ublée.  Sa  tempe 
rature  est  constamment  de  -+-  ao*  cent.  ;  a 
pesanteur  spécifique,  comparée  à  l'eau  dis 
tillce,  prise  par  1000,  est  de  loor,  0001. 
La  teinture  de  tournesol  étendue  est  près-  '' 
que  sans  action   sur  l'eau  de  Foncirgue*,  ! 
Peau  de  chaux  altère  un  peu  sa  transparence  ! 
et  y  détermiue  un  précipité  copieux;  l'oxa* 
late  d'ammoniaque  y  détermine  un  précipité 
manifi'ste,  et  le  sous-acclate  de  plomb  un 
pKripité  très -abondant.   Cette  eau  verdit 
fortement  le  sirop*  de  violette. 

D'aprè»  l'analyse  faite  en' 1 835  par  MM. 
les  docteurs  G.  Fan  el  A.  Fan,  5o  litres  de 
cette  eau  ooutieniieut  les  principes  suivants: 


r 


y/.,»v^/s..^    .V..^.,<-../ 


/- 


■'f////^- 


r 


ARRONDISSEMENT  DE  PAMIERS. 


17 


oMUm.  cubM 

iôdè  Gtfbonique. x35z 

Azote 9^9 

Oiigène "' 

Matière  organique  ressemblant 

i  ruiimiK z  gr.  760 

SoUaie  de  magnésie o  634 

Hjdrochlorate  de  magnésie,     o  086 
Hapésie  combinée  à  la  ma- 
tière organique «...     o  36z 

Hjdrociilorale  de  cbaux. ...     o  1 8  z 

Sulfate  de  loiide o  060 

Sulfate  de  chaux i  665 

Carbonate  de  chaux 9  487 

Carbonate  de  magnésie. ...     o  576 
Oiide  de  fier  el  phosphate 

terreux ••     o  389 

Silice • o  zaa 

Perte o  349 


z5  gr.  670 


PaopRitTÉs  ménrciirAUS.  L*usage  des 
tti  de  Poncirgiie,  soit  en  bains,  soit 
ibgÎKon,  a  presque  toujours  opéré  des 
pKrisoiis  complètes  sur  une  infinité  de  su- 
ets  alieiuis  des  afTections  suivantes  :  gastri- 
te et  entérites  chroniques ,  catarrhes  ou 
iBtres  maladies  de  la  vessie ,  suppressions 
In  cours  périodique,  gonorrhées  invéié« 
Ico,  jaunisse,  hémorrhoïdes ,  ophthatmies 
^ies,  dyssenteries  opiniâires',  maladies 
litanées,  fistules,  même  avec  carie  des  os. 
EnfiQ,  c'est  surtout  dans  la  classe  si  étendue 
ksoévroses  que  leur  emploi  a  fréquemment 
Ittcsié  leur  opportunité. 

BLACD.  Village  du  canton  de  Mire|)oix, 
Btiié  au  pied  de  la  montagne  du  Pu)-du- 
1^1.  Celte  montagne  est  percée  de  plusieurs 
trous  profonds  qu'on  appelle  Barènes;  ce 
tont  des  soupiraux ,  qui  chassent  un  vent 
coano  dans  le  pays  sous  le  nom  de  vent  du 
^  U  vent  souffle  dans  toute  la  vallée  en 
^inat  sa  direction.  U  ne  cesse  jamais,  mais 
«  &e  ralentit  souveut ,  et  passe  par  tous  les 
^^Ço  de  la  force.  On  Ta  vu  déraciner  des 
•*»•«,  et  d'autres  fois  on  le  sent  à  peine, 
•èiDe  ea  se  plaint  à  Pou  vert  ure  des  sou- 
Î"*'X-  Cesl  eu  été ,  par  un  temps  serein , 
f» >i  SDufOe  avec  la  plus  giande  violence  ; 
|*>B  en  hiver,  et  dans  les  tem|>s  nébuleux 


et  pluvieux,  il  est  doux  et  modéré.  Généra- 
lement il  n'est  pas  sensible  duraut  le  jour; 
mais  des  que  le  soleil  baisse ,  il  commence 
à  souffler,  augmente  avec  Tobscuriié,  dure 
toute  la  nuit ,  et  ne  se  calme  tofin  qu'à 
Taulje  renaissante. 

On  a  cru  trouver  TexpUcation  de  ce  phé- 
nomène dans  l'effet  d'un  gouffre  nommé 
l'Entounadou ,  et  qui  reçoit  les  eaux  d*un 
vallon  voisin.  Ce  gouffre  communique  cer- 
tainement avec  les  cavités  du  Puy-du-11ll, 
puisque  des  brins  de  paille  èi  des  morceaux 
de  liège  qu'on  y  a  jetés ,  sont  ressort is  peu 
de  temps  après,  chassés  par  le  vent  des  sou- 
piraux de  la  montagne.  D'après  une  expli- 
cation donnée  par  le  savant  Astruc,  ce  se- 
raient les  vapeurs  des  eaux  de  l'Eutounadou 
qui,  après  avoir  circulé  dans  riniérieur  des 
cavités,  causeraient  le  veut  du  F^,  dont  la 
force  se  modifie  suivant  la  température  de 
riniérieur  el  celle  de  Pair  extérieur. 

CARLA-LE-GOMTE.  Yillage  situé  à  5 1 
db  Paroiers.  Pop.  z,84a  hab.  C'est  la  patrie 
do  célèbre  pliilosophe  et  critique  P.  fiayle, 
né  en  1647  ^  ''^^^  ^'^  1706. 

CRAS1PAGKA€.  Village  situé  à  9  1.  de 
Pamiers.  Pop.  6a4  hab.  On  y  remarque 
une  grotte  spacieuse ,  du  fond  de  laquelle 
sort  un  ruiiiSCMU  qui  se  précipite  dans  l'A- 
riége. 

FOKCIEGITS.  Vof,  La  Bastzdi-sdr- 
l'Uxhs. 

FOSSAT(le),  Bourg  situé  sur  la  rive 
gauche  de  la  Lèze,  à  5  1.  de  Pamiers.  Pop. 
9x5  hab. 

LAGARDE.  Tillage  situé  à  7  l.  3/4  de 
Pamiers.  Pop.  708  h.  On  y  voyait  jadis  un 
des  plus  beaux  châteaux  de  la  contrée,  dont 
il  ne  reste  plus  que  quelques  murailles  nii« 
nées  et  des  terrasses  assez  bien  conservées, 
d'où  la  vue  s'étend  au  loin  sur  les  environs. 
<—  Belle  filature  de  laine. 

LAROQUE.  Bourg  situé  sur  la  Touire, 
qu'on  y  passe  sur  deux  ponts,  à  9  1.  z/4  de 
Pamiers.  Pop.  984  hab. 

Cette  commune,  dont  l'origine  est  très- 
ancienne,  renfermait  autrefois  quatre  pa- 
roisses et  étail  irès-tieuplée.  La  tradition 
rapporte  qu'elle  fui  décimée  par  la  peste 


28  DÉPAKTEMENT 

noire,  qui  enle^t  en  fort  peu  de  temps  plus 
de  CfOoo  persoaaes,  I^  clocher  de  la  pnn- 
cipale  église  renferme  une  cloche  sur  la- 
quelle on  lit  la  date  de  CCCLXXXV  (sans 
doule  x385).  —  Aux  environs,  se  trouvent 
deux  grottes  remarquables  connues  sous  les 
noms  de  Peyro  Traucado  et  de  TEntonna- 
dou.  —  Fabriques  de  bonneterie  en  laine , 
draps.  Filatures  de  laine.  Moulins  à  foulon. 
Tuileries.  —  Commerce  de  bestiaux. 

LERAK.  Joli  village  situé  à  9  1.  de  Pa- 
miers.  Pop.  x,rx3  hab.  On  7  voit  un  anti- 
que château  remarquable  par  un  écho  qui 
répète  jusqu^à  dix-sept  syllabes. — Fabriques 
de  bonneterie,  peignes  de  buis  et  de  corne. 
Filature  de  laine.  Moulin  à  jayeL  Tannerie. 

LEZAT.  Petite  ville  située  à  4  I.  i/a  de 
Pamiers.  Pop.  3,75a  hab.  Elle  a  été  fondée 
en  X  X  39  pour  défendre  l'abbaye  de  son  nom, 
située  sur  la  rivière  de  Lèze.  On  trouve  jour- 
nellement sur  son  terriioire  un  grand  nom- 
bre de  médailles  romaines. 

LOUBERS.  Yillage  situé  à  3  I.  t/a  de 
Pamiers.  Pop.  434  h.  On  y  voit  une  grotte 
d'environ  400  mètres  de  longueur  qui  mé- 
rite d'être  visitée. — ^Tuilerie. 

HAS-D'AZIL  (le).  Petite  ville  située  sur  ' 
l'Ariie ,  à  5 1.  i/a  de  Pamiers.  tS]  Popula- 
tion, 2,908  hab.  EUe  est  bAtie  dans  un  l)eau 
vallon  entouré  de  montagnes  assez  élevées 
et  très-fertile. 

Le  seul  monument  d'architecture  que 
cette  ville  renferme ,  est  l'église  paroissiale 
autrefois  dépendante  d'une  ancienne  abbtye 
de  saint  Benoit,  dont  il  ne  reste  depuis  fon- 
gués  années  d'antres  vestiges  qu'une  mosaï- 
que que  l'on  vient  de  découvrir  en  fouillant 
le  terrain  sur  lequel  s'élevait  jadis  le  mo- 
nastère. 

A  peu  de  distance  de  cette  ville,  la  rivière 
de  TArize  passe  i  travers  un  immease  ro- 
cher escarpé,  où  ses  eaux  se  précipitent 
avec  fracas.  On  peut  traverser  cet  antre 
curieux  sans  flambeaux,  eu  suivant  le  cours 
de  la  rivière.  Ters  le  milieu  s'élève  un 
énorme  pilier  qui  soutient  les  detix  immen- 
ses voûtes  dont  se  compose  la  caverne.  Non 
loin  de  là,  on  aperçoit  une  vaste  ouverture 
^    qui  donne  entrée  à  une  grotte  supérieure 


j 
DE  L'ARIÉGE.  | 

très-profond«,  et  qu*on  ne  peut  visiter  qa*ai 
▼ec  des  flambeaux.  Cette  grotte  a  servi  d'asli 
dans  les  anciennes  guerres  ;  elle  était  fermc^ 
par  un  mur  dans  lequel  était  pratiquée  un^ 
porte  formée  par  une  pierre  sur  laqoelM 
étaient  gravées  les  armes  du  comte  de  FoixJ 

Au  nord  et  à  Test  du  Mas-d*Azil,  on  voil, 
sur  les  montagnes  qui  entourent  cette  ville, 
deux  dolmens  bien  conservés. 

Fabriques  d*alun  et  de  couperose,  ib 
peignes  de  bob.  Filature  de  laine.  Carderâ: 
Mine  de  lignite  non  exploitée. 

MAZkEES.  Petite  ville  située  à  4  L  ^ 
Pamiers.  Pop.  3,170  hab. 

Maières  n'était  qu'un  village  en  xa5i, 
époque  où  Béranger ,  abbé  de  Boulhoane, 
en  fit  une  ville  où  les  comtes  de  Foix  bâti- 
rent un  chiteau  qui  devint  leur  résidence 
ordinaire.  C'est  dans  ce  chilcau  que  le  cé- 
lèbre Gaston  Phébus  reçut,  en  1390,  le  roi 
Charles  YI ,  auquel  il  offrit  de  magnifiques 
présents,  tant  en  chevaux  qu*en  objets  rares 
et  précieux. 

HIREPOIX.  Jolie  ville  située  sur  le 
Lers,  à  6  I.  de  Pamiers.  Collège  coaunanal. 
Ca  Pop.  3,633  hab. 

Quelques  auteurs  pensent  que  Mvqioix 
était  jadis  la  principale  ville  des  Tosco  Jeu- 
nitari,  dont  parle  Pline.  Cette  ville  antique, 
que  dclruiiireiil  sans  doule  lesGotbs,les 
Yandalcs  ou  les  Sarrasins,  fut,  vers  l'an 
1000,  rebâtie  sur  la  rive  droite  du  Lers, 
entre  la  rivière  et  le  coteau,  sous  la  protec- 
tion d'un  château  fort  qui  venait  d'y  être 
construit,  et  dont  on  voit  encore  des  restes 
imposants;  elle  reçut  alors  le  nom  de  Min- 
pech  ou  Mirapic ,  dont  on  a  fait  Mircpoix. 
En  1389,  cette  ville  fut  détruite  de  fond  ea 
comble  par  une  inondation  extraordinaire 
de  la  rivière  du  Lers,  que  grossit  encore  la 
rupture  d'un  grand  lac  qui  existait  près  de 
Puivert;  le  château  fut  seul  préservé,  pv 
sa  position  élevée,  de  ce  grand  désastre,  qui 
porta  la  désolation  dans  la  contrée.  Les  ha- 
bitants qui  purent  s'échapper,  se  réfugièrent 
sur  la  rive  gauche  de  la  rivière ,  où  ils  bâ- 
tirent la  ville  actuelle.  En  i363,  celte  ville 
fut  pillée  et  incendiée  par  une  troupe  de 
maraudeurs  commandés  par  un  nommé  Jeaa 
Petit.  Quelque  temps  après,  les  habitants 


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auroisdRsement  de  pamiers. 


Uwonnèrent  de  larges  fossés  et  l'entou- 
bcnt  de  murailles,  où  Ton  entrait  par  qua- 
^portes. 

,  Le  plus  aaciea  document  qu'on  ait  du  chA- 
de  Mirepoix,  dont  les  restes  attestent 
puissance  de  son  fondateur  et  Tacliame- 
des  guerres  de  son  époque,  est  de  zo6a. 
\f  est  dit  que  ce  château  fut  pris  le  aa  sep- 
X  ao9  par  Tannée  des  croisés  commanr 
par  Simon  de  Montfort ,  après  une  ré- 
qui  n'eut  pour  objet  que  de  favori- 
k  la  liiite  de  Roger,  seigneor  de  Mirepoix, 
kî  Foccupait  avec  un  petit  détachement  de 
ildals.  I^  château  de  Mirepoix  fut  donné, 
pee  titre  de  maréchal  de  ia  Foi ,  à  Guy  de 
bris,  un  des  lieutenants  les  plus  distingués 
I  Simon  de  MontforL  Roger  se  réfugia 
fbc  ses  gens  au  château  de  Monségur ,  où 
k  furent  tous ,  comme  hérétiques ,  impi- 
bsbleofteiit  passés  au  fil  de  l'cpée.  Repris 
i  XS93  par  Raimond  Roger,  comie  de 
six,  qui  mourut  d*une  maladie  coutractée 
iee  siège,  le  château  de  Mirepoix  rentra 
|eatôt  en  la  possession  de  Guy  de  Levis, 
I  devînt  depuis  la  résidence  de  ses  descen- 
)hU  en  ligne  droite,  jusqu'au  XYI*  siècle, 
fiqne  à  laquelle  il  prit  le  nom  de  château 
i  Tierride.  Voici  à  quelle  occasion  : 

jjean  de  Leris,  treizième  seigneur  de  Mi- 
épousa,  le  x3  février  i563,  Cathe- 
Ursule  de  Lomagne,  fille  d'Antoine  de 
▼icomte  de  Gimois,  baron  de 
(  château  situé  près  de  Beaumont- 
i).  Elle  porta  en  dot  à  son  époux 
ie  de  Terride,  â  condition  que  leur 
joindrait  ce  nom  et  celui  de 
au  nom  de  Levis.  Ils  eurent  huit 
Ils  ,  dont  Tun  d*eux,  Jean  de  Levis,  re- 
de  comte  de  Terride.  Ce  terrible 
gneur  ,  redouté  et  aimé  de  ses  voisins , 
tce  que  son  caractère  offrait  tout  à  la  fois 
mélange  de  dureté  et  de  bonté,  mourut 
ifS44  dans  le  château  de  Mirepoix,  qu'on 
lepuîs  appelé  le  château  Terride ,  nom 
i  ne  loi  porta  pas  bonheur,  car  bientôt 
■es  les  seigneurs  de  Mirepoix  transféré- 
it  leur  résidence  au  château  d^  Lagarde , 
■s  la  commune  de  ce  nom ,  h  une  lieue 
Mirepoix.  Ce  château,  dté  â  juste  titre 
un  édifice  très  -  remarquable ,  fut 
à  l'époque  de  la  première  révolution 


29 

comme  château  fort,  et  en  grande  partie 
démoli,  quoique  ses  larges  terrasses,  les 
tours  qui  les  flanquaient  aux  quatre  angles, 
ses  avenues,  eussent  été  embellies  à  grands 
frais,  de  manière  à  faire  perdre  l'idée  de  ses 
anciennes  fortifications  et  de  son  caractère 
primitif.  Sa  ruine  est  â  déplorer,  parce  qu'il 
eût  pu  recevoir  une  destination  avantageuse 
et  profitable  au  pays. 

Il  ne  reste  plus  de  l'aocien  château ,  qui 
passait  à  juste  titre  pour  un  des  plus  beaux 
du  midi  de  la  France ,  qu'une  tour  carrée 
en  pierre  de  taille,  bien  conservée,  qui  sert 
d'habitation  ;  un  grand  corps-de-Iogis  dé- 
labré, bâti  en  pierres  et  en  briques;  une 
enceinte  de  fossés  comblés  en  grande  partie 
de  ruines  et  de  débris  ;  deux  ponts ,  une 
cour  en  place  d'armes ,  entourée  de  meur- 
trières, et  les  restes  d'une  enceinte  de  murs 
flanqués  de  tourelles. 

Mirepoix  était  autrefois  le  siège  d'un 
érèché,  érigé  en  i3i8  et  supprimé  en  vertu 
du  concordat  de  1801.  Cette  ville  est  agréa- 
blement située ,  sur  le  Lers ,  qu'on  y  passe 
sur  un  beau  pont.  Elle  est  bien  bâtie,  pro- 
pre, embellie  de  belles  plantations  et  ornée 
de  fontaines  publiques  alimentées  par  une 
machine  hydraulique  exécutée  sous  la  di- 
rection du  célèbre  mécanicien  Abadie.  Ses 
places  publiques  sont  vastes,  bien  plantées 
et  fort  agréables;  la  grande  place  est  entou- 
rée de  galeries  couvertes.  Les  larges  fossés 
qui  l'entouraient  autrefoj^  ont  été  comblés 
il  y  a  déjà  plusieurs  années ,  et  forment  au- 
jourd'hui quatre  cours  on  boulevards  qu'em- 
bellissent de  belles  plantations. 

Mirepoix  possède  un  bel  et  vaste  hospice 
bâti  sous  la  direction  de  M.  Mercadier,  an- 
cien ingénieur  en  chef  du  département,  sur 
un  terrain  dépendant  de  l'ancien  hospice 
qui  fut  démoli.  Les  travaux  du  nouveau  bâ- 
timent, commencés  en  1780  sous  les  auspi- 
ces de  M.  de  Cand>on ,  dernier  évèque  de 
Mirepoix,  ne  furent  terminés  qu'en  1789, 
et  la  dépense  s'en  éleva  a  la  somme  de 
79,371  fr.,  provenant,  savoir  :  a5,ioo  de 
dons  faits  par  M.  l'évèque  de  Cambon, 
8,000  fin.  d'un  secours  accordé  par  le  dio- 
cèse, i3,5oo  fr.  environ  de  dons  faits  par 
divers  particuliers,  et  le  surplus  de  la  caisse 
de  l'hospice.  La  disposition  heureuse  du 


30  DÉPA&TEAIErfT 

hâtiiMDt  a  permis  à*y  plM»r  depuis  une 
pension  et  des  écoles  où  les  jeunes  person- 
nes suivent  les  leçons  des  profetseurs  atta- 
chés au  collège  de  la  ville;  une  école  pri- 
maire pour  les  jeunes  élèves,  et  une  seconde 
école  toute  gratuite  pour  les  jeuues  filles. 

L'église  paroissiale,  qui  n'a  jamais  été 
achevée,  mais  dont  on  admire  le  chœur  en- 
touré de  sept  chapelles,  est  sunnouiée  d'ua 
clocher  à  flèche  d'une  e&écutioo  reman|ua- 
ble;  il  s'élève  jusque  vers  le  tiers  de  sa  hau- 
teur en  forme  de  tour  carrée  que  couroiîne 
une  galerie  flanquée  aux  quatre  angles  de 
quatre  légères  et  élégantes  pyramides,  et 
d'où  s'élance  dans  les  airs  une  flèche  octo- 
gone hérissée  à  tous  ses  angles  de  consoles 
ou  niodi lions.  A  l'un  d(%  angles  de  U  tour 
carrée ,  se  lie  une  petite  tourelle  octogone , 
qui  renferme  l'escalier. 

Le  cimetière  est  eniouré  de  hirges  allées 
bordées  de  cyprès;  on  y  remarque  une 
grande  chapelle,  des  autels,  des  monumeols 
funèbres  ombragés  de  saules,  des  massifs 
d'arbres  et  d'arbrisseaux  divers  mêlés  de 
fleurs ,  et  une  belle  croix  en  fer  élevée  sur 
un  piédestal  en  pierre  de  taille. 

Le  pont  jclé  sur  la  rivière  du  Lers  est  un 
des  plus  beaux  du  Midi  :  commencé  en 
X777  d'après  les  principes  du  célèbre  Pey- 
ronnet ,  ei  sur  le  plan  de  M.  de  Garigny , 
membre  de  Facadéaiie  des  sciences  de  Tou- 
louse et  ingénieur  de  la  province  de  Lan- 
guedoc, il  fut  achevé  en  17 9'-  Ce  pont, 
en  belles  pierres* de  laille,  a  sept  arrhes 
d'environ  vingt  mètres  d'ouverture  et  d'une 
exécution  parfaitement  soignée;  il  ne  laisse  à 
désirer  qu'un  peu  plus  de  largeur.  La  chaus- 
sée qui,  par  un  plan  parfaitement  horizon- 
tal ,  lie ,  vers  le  nwdi ,  le  pont  à  la  ville,  et, 
vers  le  nord,  aux  embranchements  des  rou- 
tes de  Carcassonne  au  levant ,  et  de  Ville- 
franche  au  couchant ,  est  aussi  tout  à  fait 
digne  de  remarque  :  elle  a,  non  compris  le 
pont,  plus  de  deux  cents  toises  de  longueur, 
sur  vingt  pieds  de  hauteur  et  (|uaranie  de 
largeur,  eu  augmentant  toujours  vers  sa  base."* 
—  A  une  courte  distance ,  et  presque  en 
'  face  du  pont,  on  voit  les  restes  d'un  ancien 
couvent  de  cordeliers ,  dans  l'enceinte  d'un 
vaste  enclos  où  est  le  tombeau  des  auteurs 
du  maréchal  Clauiel,  possesseur  de  cette 


DE  L'éRIÉGE. 
propriété ,  qui  s'étend  mr  le  reren  di 
teau  où  gissent  les  ruines  de  rancicn 
teao  Terride. 

On  remarque  encore  h  Mircpcnx 
de-ville ,  édifice  spacieux  el  bien  disiril 
les  restes  des  bâtiments  de  I' 

La  ville  de  Mirepoix  a  donné  le  jocri 
plusieurs  hommes  remarquables,  panai  1^ 
quels  nous  citerons  l'astronome  Vidal , 
le  célèbre   Lalande   appelait 
français;  le  maréchal  Clauzel,  membre 
la  Chambre  des  députés ,  aujourd'hui 
Terncur  d'Alger. 

Fabriques  de  toiles 
res  de  laine,  serges,  grosses  draperies,  pei^d 
de  buis,  savon.  Filature  hydrauli«|uede  ûa 

HONTAUT.  Bourg  situé  à  a  L  x/4  I 
Pamiers.  Pop.  1,073  hab.  ^ 

Ce  bourg ,  remarquable  par  sa  tourj 
construction  gothique ,  existait  déjà  la 
X 1  a  I  ;  il  a  été  plusieurs  fois  saccagé  dJ 
les  guerres  de  religion,  et  a  eu  ses  vêpres  ij 
cilienoes. 

PAMIERS.  Ancienne  et  jolie  ^fle.  Ck 
lieu  de  sous-préfecture.Tribunal  de  premil 
instance.  Société  d'agriculture.  Collège  M 
munal.  Évéché.  Grand  séoiinaira.  B  % 
Pop.  6,018  hab. 

On  prétend  que  Pamiers  esi  d*origine« 
tique.  Les  traditions  populaires  et  les  dd 
ni(|ues  s'accordent  sur  ce  point ,  et  les  n 
nés  qu'on  trouve  dans  les  environs  senibit 
donner  quelque  probabilité  à  cette  opinia 
toutefois  rhistQÎre  regarde  comme  des  fah 
absurdes,  tout  ce  qu'on  débite  sur  Porip 
de  cette  ville.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  ?< 
qu'elle  appartenait,  avec  le  pays  voisin.  • 
comtes  de  Carcassonne.  Ce  ne  fui  d'aha 
qu'un  simple  château  auprès  de  l'abbaye 
Frédclas,  monastère  qui  subsistait  vers  I 
960.  On  croit  que  Roger  IL  comte  de  f4 
avait  fait  bâtir  ce  château  depub  son  reM 
de  U  Terre-Sainte  (en  iia4),  et  qu'il 
donna  le  nom  d'Appamée  ou  d'Appan 
en  mémoire  de  la  ville  d'Appamée  en  Sji 
d'où  il  avait  apporté  des  reliques.  Il  sel 
possible  cependant  qu'antérieurement  il  i 
existé  en  ce  lieu  une  ville  qui  aurait  i 
ruinée  dès  les  premiers  siècles  de  l'ère  dl 
tienne.  Suivant  l'opinioa  des  hahitantsi  I 


ARRONDISSEMENT  DE  PAMIERS. 
but  ea  une  étendue  considérable;  et  Ton 
p,  à  i*appui  de  celte  assertion,  la  dénomi- 
■lioo  de  certains  quartiers  voisins  de  la 
fe  actuelle ,  qui  semblent  en  effet  rappe- 

\  la  destination  qu'on  leur  suppose.  Tels 

pt  la  place  au  blé,  la  place  aux  pots,  quar- 

is  aujourd'hui  couverts  de  vignes.  Dans 

Eisioire  générale  du  Languedoc,  il  est  dit 

e  cette  ville  a  été  formée,  dans  sa  nais- 

^ee ,  du  village  de  Frédélas ,   du  château 

)  Pamiers  et  de  deux  villages  voisins  qui , 
pant  agrandis  dans  la  suite,  n*ont  composé 
É*un  seul  corps  sous  le  nom  de  Pamiers. 

f^Dans  Torigine,  Pamiers  appartenait  à  une 
Mâque abbaye  dont  celle  ville  élail  voisine; 
wky  forcée  d'appeler  à  son  secours  les  com- 
bde  Foix  contre  les  comtes  de  Carcos- 
lane,  elle  pas.sa  bieniôl  à  la  maison  de 
ÉÎ&.  Un  de»  comtes  de  ce  nom  la  saccagea 
It209,  en  défendant  les  droits  de  Rai- 
iad,  comte  de  Toulouse,  contre  les  croi- 
L  I-es  Gascons  tentèrent ,  sans  succès,  de 
m  emparer  en  1577.  Le  prince  de  Oondé 
|pni  à  la  léte  des  proies  tan  is ,  et  la  li\Ta 
W»  soldats  qui  la  pillèrent  et  la  sacca- 
km. 

Cette  ville  est  située  sur  rAricge,  au  mi- 
H  dune  campagne  riante  entourée  de  co- 

BX   fertiles.*  Elle  est  généralement  bien 

le,  formée  de  rues  larges  et  I)ien  ))ercées. 

le  reste  plus  aucun  vestige  de  son  ancien 

lleau,  dont  renj|tL-icemenI,  qui  a  conservé 

lom  de  r^stellat,  est  devenu  une  prome- 

le  remarf|iiable  par  sa  situation  et  par  la 

\  pittoresque  dont  on  y  jouit;  elle  est 

fée  fort  au-de&{iis  de  la  ville,  qu'elle  do- 

le,  et   qu'on  découvre  tout  entière;  de 

les  regards  se  promènent  à  Touest  et  au 

sur  des  coteaux  riants,  premiers  plans 
m  amphithéâtre  de  monts  dont  les  cimes 
eées  se  perdent  dans  les  nues  ;  une  plaine 
inense,  dont  Topil  nepeni  mesurer  Félen- 
B,  et  où  Ton  suit  avec  plaisir  le  cours  de 
JÎége,  forme  au  noi-d  un  superbe  tapis 
verdure,  tandis  qu'à  Test  de  riches  vigno- 
ts et  le*  plaint-s  fertiles  de  Mirepoix  et  de 
pures  présentent  un  spectacle  plein  din- 
tt(  et  de  variété. 

Pa  remarque  k  Pamiers  :  le  palais  de 
lice;  révéché;  sept  églises;  le  couvent 


ai 

des  carméUtes;  rhospiee  eÎTÎI»  bAUment 
vaste  et  bien  aéré.  U  cathédrale,  surmo». 
tée  d'un  beau  clocher,  est  un  bel  édiâee 
bAti  sur  les  dessins  de  Mansard. 

Fabriques  de  serges,  burats,  liqueurs  fines, 
clous,  limes.  Filalures  de  laine  et  de  coton. 
Papelerie.Scieries  hydrauliques  de  planches! 
Aciérie.  Moulins  à  farine  et  à  foulon.  — 
Commerce  de  grains,  laines,  crin,  bonnc- 
tene,  etc. 

A  4  I.  de  Foix,  i5 1.  de  Toulouse,  loS  1 
de  Paris.  ^    ^ 

PEYRAT.  Village  situé  à  f  x  1.  de  Pa- 
miers.  Pop.  3oa  hab.  —  Fabriques  d'orne- 
ments en  jayet. 

QUIOTÏN  rSAINT-).  Bou,^  ,itué  à  6l 
de^Pamiers.  Pop.  806  h^,^ Fabriques  de 

SAVERDUIV.  Jolie  petite  ville,  située 
sur  b  rive  gauche  de  TAriége,  à  3  1.  i/a  de 
Pamiere.  El  ^  Pop.  3,327  hab. 

Saverdun  passe  pour  être  une  ville  d'ori 
gine  gauloise,  où  l'on  trouve  fréquemment 
dans  les  fondations  d'anciens  édifices,  des 
médailles  grecques  et  romaines.  Elle  est  gé- 
néralement bien  bâtie,  et  conserve  encore 
quelques  restes  de  ses  anciennes  fortifica- 
tions. Cette  ville  fut  long-temps  dans  le  do- 
maine  des  comtes  de  Toulouse;  pendant  la 
guerre  des  Albigeois,  elle  soutint  un  long 
siège  contre  Simon  de  Moiitfort,  qui  fut 
obligé  de  se  retirer;  elle  a  été  depuis  unie 
au  comté  de  Foix.  On  y  remanpie  un  hôpi- 
tal fondé  le  la  février  1289  par  Arnaud 
Noël,  docteur  en  droit,  d'après  l'autorisa- 
tion  accordée  le  4  février  ia85 ,  par  Rogei 
Bernard,  comte  de  Foix,  qui  dota  cethos- 
pice  de  plusieurs  biens. 

Saverdun  est  la  patrie  du  pape  Benoît 
XIl;  du  lieutenant-général  Sarrul,  et  du 
poêle  Labouîsse-Rochefort.  —  Scieries  hy- 
drauliques de  planches.  Tuilerie. 

VALS.  Village  situé  à  3  I,  x/a  4e  Pa- 
miers. Pop.  141  hab. 

On  voit  près  de  ce  village  ^  sur  la  rive 
droite  du  Lers  et  sur  le  penchant  d'un  co- 
teau élevé,  une  église  fort  ancienne,  taillée 
dans  le  roc,  et  d'une  construcdon  singulière. 


91  DÉPARTEMENT 

Ce  n*eftt,  en  grande  partie,  qu*un  souterrain 
obscur  où  Ton  peut  entrer  par  deux  issues, 
l'une  de  bas  en  baut ,  et  l'autre  en  sens 
contraire  ;  Fonverture  inférieure  est  formée 
par  la  séparation  de  deux  rocbers  :  elle  a 
trois  pieds  de  large  sur  neuf  de  hauteur,  et 
forme  absolument  l'entrée  d'une  grotte; 
l'ouverture  supérieure  est  une  espèce  de 
portail  qui  se  trouve  presque  au-dessus  de 
l'édifice.  Le  sanctuaire  est  éclairé  par  deuK 
lucarnes  qui  ne  laissent  entrer  qu'un  faible 
jour;  il  est  dominé  par  la  nef,  qui  forme 
une  galerie  dans  laquelle  sont  deux  petites 
chapelles;  au-dessous  est  l'escalier  rocailleux 
de  l'entrée  souteiTaine.  Cette  éghse  est  sur- 
montée par  une  tour  d'une  ardiiiecture  élé- 
gante ,  près  de  laquelle  est  une  chapelle 
surmontée  d'une  autre  tour  dout  cette  cha- 
pelle forme  la  base. 

L'église  souterraine  de  Vais  est  sous  l'in- 
vocation de  la  Vierge,  qui,  s'il  ùiut  en 
croire  les  on  dit ,  y  a  fait  jadis  beaucoup 
de  miracles.  Malgré  leur  cxtrôme  dévotion 
à  leur  patronne ,  les  habitants  de  Vais  ont 
tellement  laissé  dégrader  cette  église,  que 
révèque  du  diocèse  s'est  vu  forcé  de  la  met- 
ti-e  en  interdit,  ce  qui  immanquablement 
amènera  l'entière  destruction  de  ce  monu- 
ment remarquable. 

VARILHES.  Petite  ville  située  sur  la 
rive  droite  de  l'Ariége ,  à  a  I.  de  Pamiers. 
Pop.  1,556  hab. 


DE  L'ARIÉGE. 

L'origine  de  cette  ville  parait  être  I 
ancienne,  et  il  est  probable  qu'elle  exîd 
au  VI"  siècle  sous  le  nom  de  Villa-San 
(ville  pierreuse).  Elle  avait  on  diâteaa  i 
quel  les  habitants  mirent  le  feo  en  rai 
pour  Tempécher  de  tomber  en  te  possesn 
de  Simon  de  Montfort ,  qni  parvint  ton 
fois  i  s'en  emparer  et  y  mit  une  garain 
le  comte  de  Foix  le  reprit  en  S228. 

'  On  remarque  aux  environs ,  une  gre( 
assez  ctu-ieuse ,  et  Féglise  soUterraÎDe  \ 
Vais  {vojr.  ce  mot). 

TBARS  (SAINT-).  Petite  ville  sitnci 
5  1.  de  Pamiers.  Pop.  2,474  hab. 

Cette  ville  est  bàlie  dans  une  shoail 
agréable,  sur  une  élévation  qni  domine  loj 
la  vallée  de  Lezat  On  y  voit  une  vieille  H 
dont  la  construction  paraît  lemonter 
temps  des  guerres  de  religion  qni  désoièi 
la  contrée.  La  tradition  rapporte  qoe^ 
Albigeois  s'emparèrent  de  La  viUe,  qui  f 
tait  alors  le  nom  de  Sauveterre,  qu'ils  p 
sèrent  par  les  armes  une  partie  des  bîl 
tants,  et  que  ceux  qui  pnreni  s'échapp 
se  retirèrent,  avec  ce  qu*ib  avaient  de  f 
précieux,  dans  le  cbifeau,  ou  3s  fireot  l 
si  vigoureuse  résistance,  qu^ott  ne  put 
forcer ,  et  qu'ils  obtinrent  une  capiroiÉri 
honorable.  L'anniversaire  de  c«t  évéi 
est  encore  célébré  chaque  année  par  i 
procession  solennelle. 


riN  DU  DSPxanMBirr  ni  i.'Aaxsoa. 


IM PRIS! BRIE    DK    FIRMIR    DIDOT   rRiRll| 


DE  LA  FRANCE 


CARTE 


un. F*  a 


FnTOafifiQOE 

DE  LA  FRANGE. 

-ROUTE  DE  PARIS  A  ALBI, 

X&ATERSANT  LES  DÉPAUTEMEim 

BB  SBINB-BT-OUK,  DU  LOIftST,  HM  Ui  NliY&B,  Dl  l'aLLU  ,  DU  POT- 
M-fi6MI,  BB  LA  HAUTB-KOUB,  DU  CANTAL^  DB  L'ATBIBON»  DU  TABN, 
ET  CÙÊÊMVKiQVANT  AVBC  CBLUI  DB  LA  I.02ÈBB. 

■■OQi^        

DÉPARTEMENT  DU  PUY-DE-DOME. 


3ttitrrair^  it  parte  à  ^ïbi^ 

BAR  MODUir*,  Gusnoar  it  sodmz,  166  uxiiii  i/a. 


i(v.: 

Wry H....W..  7a  i/» 

CUta-nCllfV»  >••.•«••••..•..  «^Qf.  «  6 

Mal*PonsfiiB*  •  •>  • .  ■•■ES. .  «.xr*  •  S' 

Bayefrd'Écate V..  4 

AtBMt a. . .  .xr. .  s  i/a 

Aigwparw Ga....xr..  % 

iMMi. ia....v..  4 

dcmoBt ia....xr..  4 

CMdM ^Of..  6  i/a 

-      -  «./. 


BI....V..  4i/» 

LaBaraqM X^x,  • 

Saintjnoor ia....Xy..  6 

ChaudM-AicoM B....xr..  7  s/4 

LaGniona ia....xy..  7  i/4 

Btfwlioo B-...V..  6  Mf» 

Roda** .••••••■••  .•.•.(Ba«».>ûf*«  7 

UMotlie W..  6 

UtFarfMttot Xlf..  7 

Alu la.*..^..  fr 


C0«muntratbii  be  Bainl-iUiiv  &  Mi»hif  19  L 


IWSunl'FUmràlaltoMUn-ae.Lur.V.' 6  t/a       1       S«irt-Amtfi» ^.    ê 

Samt-CMl7 V.    4  v»       Il      Moada V.    ft 

••■•*•—■■•■•■— ■•—■•^•■•••■•■f  »•••■•■•■•■■■•■•>— •■■«••■•■M«t«t———— 

I         ASPECT  DU  PAYS  QUE  PARCOURT  LE  VOYAGEUR 

I  DB   KOiri.IV8  A  LSKPDS8.  • 

Ev  MrttBit  de  Moulins,  on  passe  rAUier  snr  le  beau  pont  de  celte  TÎUe,  et ,  laissant  en 
(■ce  k  roule  de  Bordeaux  nar  Limo^ ,  on  suit,  à  gaoche,  one  longue  aTonae  de  pen- 
pUen  qui  borde  le  ooors  de  TAllier  et  se  tennine  an  château  de  Bresioles.  Le  pays  est 
agréable,  boisé  et  légèrement  montuem  jus<p*i  ChAtel-Neove,  village  bâti  sur  une  colline 
ablonneuse  cpii  se  termiae  par  une  c6le  qui  descend  dans  les  riches  csmMgnes  de  Saint- 
Pourçaitt.  On  passe  la  Sioule  au-dessous  de  cette  ville,  et  l'on  suit,  pendant  trois  lienas, 
noe  route  droite  et  assez  monotone ,  ^ui  aboutit  à  la  vallée  de  la  Sioole,  au-delà  de  b- 
qoelle  on  aperooii  un  joli  coteau  de  vignes,  parsemé  de  châteaux  et  de  maisons  de  i 


ngne.  La  vallée  s*éltfgit  aux  environs  du  relais  de  Mi^et-d'Éeole,  asscs  beau  vîilaga  411e 
Ton  rencontre  deux  lieues  et  demie  avant  d'arriver  k  G«nnat,  ville  asses  mal  bâtw ,  mais 
entourée  de  charmantes  promenades.  En  sortant  de  cette  ville,  ^  Iravcne  unebaHt 
65*  et  ft6*  livmUona.  (Pdt-di-I)ômb.)  «5 


t  DÉPA&TEMENT  BU  PUT-DEpOQUE. 

plaine  en  kmgeanl,  à  droite,  un  coCeeu  planté  de  vignes;  à  ganche  eti  le  TiUage  de  Foint«: 
et  à  droite,  le  chiieaa  de  Jayet,  ifiù  domine  une  eontrée  agréable  et  fertile;  pea  après, 
on  passe  du  département  de  TAlher  dans  celai  du  Puy-de-Dôme.  Sainl-Geoest  est  un  ^ 
lage  situé  à  un  quart  de  lieue  de  Jajet;  à  gauche ,  on  aperçoit  le  diAtaau  de  Tittemont, 
environné  d^atenues,  et  un  peu  avant  Aigueperse,  oà  Ton  v^t  la  fomaine  empoisonnée, 
iouroe  d*où  s*ezliple  une  asseï  grande  quantité  de  gaz  aeide  carbonique;  elle  est  sitoée 
au  pied  du  monticule  de  Montpeosier,  dont  Tanden  château,  démoli  sous  Louis  Xm,  a  m 
mourir  Louis  YHI^-  Aigueperse  est  une  petite  ville  b&tie  dans  un  territoire  riant  et  fo^ 
tile,  consistant*  principalement  en  une  longue  et  large  rue  que  traverse  ht  grande  roule. 
Aundelé  de  cette  ville,  le  pays  que  Ton  parcourt  est  agréablement  diversifié  jusqu'à  b 
vallée  du  Sardon;  api^  avoir  passé  cette  rivière,  on  gravit  une  cdie  assez  rude,  d'oè 
l'on  descend  dans  les  délieieuses  campagnes  de  Riom ,  où  l'on  arrive  par  un  fimboai 
décoré  d'une  belle  fontaine ,  où  se  développe  une  double  rampe  qui  monte  à  la  vile; 
Bntie  Miom  et  Qennoni,  la  eontrée  que  Ton  traverse  est  une  des  phis  agréaUes  qall 
«oit  possible  de  parcourir  ;  on  voyage  constamment  à  l'ombre  des  noyen ,  an  milieu  des 
vignes,  des  vergers  et  des  prairies.  Sur  la  droite,  on  aperçoit  le  cfaiteau  Gav;  ou 
traverse  ensuite  Montferrand,  ville  ancienne,  qui  n'est  plus  aujourd'hui  qu'un  finmoaif 
de  Oermont ,  avec  lequel  on  communique  par  une  belle  avenue  de  saules  qui  tnmw 
la  plus  belle  partie  de  k  Limagne. 

Au  sortir  de  Clermont,  les  campagnes  les  plus  fertiles,  les  plus  nanlB  paym^  apo^ 
raissent  de  tous  côtés  aui  yêur  du  voyageur,  qui  parcourt  avec  délices  la  partie  la  |ni 
étendue  et  k  plus  variée  de  la  Limagne.  Cette  contrée,  dont  le  seul  nom  rappelle  le  plm 
beau  séjour,  présente  un  bassin  environné  de  hautes  montagnes,  et  parsemé  lni>niéDS 
de  coteaux  élevés.  C'est  k  ces  montagùes  et  a  ces  coUiiies  que  la  Limagne  doit  sa  féooi- 
dité  :  arrosée  par  les  sources  et  les  eaux  pluviales  qui  en  découlent ,  elle  produit  «ai 
interruption,  et  offire  aux  yeux  une  des  vues  les  plus  riantes  et  les  plus  riches  qui  soicat 
peut-être  dans  runivers.  Son  sol,  partout  fertile,  présente  aliemauvement  des  vogen, 
des  prairies,  des  vignobles,  et  tous  les  genres  de  culture  possible;  il  est  CDtrecimpé  de 
nombreux  ruisseaux  dont  lés  eaux ,  divisées  par  l'industrie  des  habitants  en  mille  cauam, 
augmentent  sa  fécondité  et  donnent  a  ses  prairiea  et  i  sa  verdure  une  fraîcheur  et  me 
jeunesse  éternelle.  Tout  décèle  la  fécondité  du  sol  et  la  prospérité  du  pays. 

A  mesure  que  Ton  s'éloigne  de  Clermont,  on  aper^it,  à  droite  et  k  gauche,  une  finals 
de  bourgs  et  de  villages;  on  ne  passe  cependant  une  dans  le  hameau  de  Pérignat,  et 
bissant  à  pucbe,  à  environ  une  lieue  de  distance,  (a  ville  de  Pont-du^Châtean.  On  tra> 
verse  ensuite  Veyre,  bourg  pincé  entre  Martres  et  Mouton;  Coudes,  où  est  établi  leie> 
lais,  et  oui  est  un  village  bâti  dans  une  situation  pittoresque  au  pied  d'une  eoUine  baîgBée 
par  l'Allier,  rivière  que  Ton  côtoie  en  la  remoulant,  pour  ffajgner  une  hauteur  d'où  l'oa 
descend,  par  une  pente  rnsensible,  dans  la  belle  et  fertile  pume  disaoire.  Au  sortir  de 
la  ville  de  ce  nom,  on  passe  la  Couze,  et  l'on  suit  une  route  bien  ombragée,  qui  trafenp 
un  pays  touiours  riche,  pittoresque  et  varié,  qui  se  prolonge  iusqu*à  Salnt-GennsiB- 
Lamoron,  ou  oommence  une  plaine  dépouillée  (Parbres,  k  laquole  succèdent  de  beaux 
eoteanx  couverts  de  vignes.  En  gravissant  la  côte  de  Lempdes,  on  quitte  la  Limi^,  et 
Ton  passe  du  département  du  Puy-de-Dôme  dans  celui  de  la  Haute-LoirCr 


wQQiht 


DÉPARTEMENT  DU  PUT-DE-DOME. 


APERÇU  STATISTIQUE. 

La  département  du  Puy-de-Dôme  est  formé  de  fat  ci-devant  Basse- Auvergne,  et  tire  soa  I 
nom  d'une  haute  montagne  phioée  vers  le  centre  de  la  chaîne  des  Monts-Dômes.  So  J 
bornes  sont  :  au  nord,  le  département  del'Allicr;  à  Test,  cekii  de  la  Loire;  au  soi,  I 
ceux  de  fai  Haute-Loire  et  du  Cantal;  k  l'ouest,  ceux  de  la  Creuse  et  de  U  Corrèse. 

La  surface  de  ee  département  présente  un  immense  bassin  ondideux  d'environ  soixoH  i 
Ueiies  carrées ,  connu  sous  le  nom  de  Limagne,  et  deux  longues  chaînes  de  monta|Bei  | 
qui  le  flanqnent  k  Test  et  à  l'ouest.  Les  montagnes  orientales ,  qui  s'étendent  sur  enwoa  i 
quatre-vingts  lieues  carrées .  sont  couvertes  de  bois  de  sapins  entre  lesquels  appwaisscBl  ; 


ée  mùf^jêitmget  et  q|ueLgaet  terres  peu  fertiles  où  Ton  ne  cultiirBflMn  qo^  i 
▲  fktàuÊL,  les  ttoawpws,  àmà  !a  base  eommuoe  est  d* enviroV  6ob  mSnn  Mi-4^.„_^ 
uvBStt  mojtsk  de  n  tima^y  se  partaient  en  deux  çroapes  {principaux  :  au  ncurî/Ç 
Biy-de-Dème  aère  fimment  sa  cime  conique  an-dessus  des  pajs  qui  fonnent  U  d^j^NB 
des  Bloals-I>6ines,  nenommée  par  ses  beautés  sans  nombre  et  par  ses  points  de  vue 
BiagniBqties;  oette  dudse Véteod  depuis  ToItic  jusqu'à  Monte^aard,  et  lawse  ^j^ercexçkf; 
une  sHÎtè  de  plus  de  soixante  nuys  avec  leurs  cratères  antiques ,  lejiu^  ravins  i  leur^  cqh- 
laftls  de  laves j  leurs  pnsipes  et  leuis  colonnes  de  basalte.  A^  sud«  s'étend  1§  (aaipe  ^â 
Meats-Bores,  q^  doioinè  |^  Pu^-de-Sancy,  k  plus  haute  des  mpl^ti^e^  (^^1)^1^ 
de  la  Ftvnoe. 

Le  Pu  j-de4[)6me  m^ésente  un  cône  mijestueux,  oui  a  pour  cvpe  un  plateau  tf^è^-^t«ndb« 
cl  qoi ,  exact  dans  routes  ses  proportions  ^  offre  ragrément  d*UQf  beAijLté  lîiuite-  DffUiM^ 
sa  base  ja$qi/3i  son  sommet.  Ton  parcourt  un  tapis  de  verdure  où  ps^^sseqt  de  nombrenf 
troupeaux  ;  caTi  malgré  sa  pente  escarpée ,  il  est  couvert  d'herbe  oans  lout^  S|i  >upec(^  » 
eurpté  daiis  deux  on  trois  endroits  où  il  laisse  percer  des  pi^otub^nnces  de  ^ves  Hvk- 
(hes,  qui  semblent  ne  se  montrer  U  que  pour  avertir  qu'Q  a  ^é  volcanisé,  el  qu'il  jmb 
l'a  pas  été  comme  les  antres  montagnes.  On  ne  saurait  croire  combien  ce  jçt  "i|\C"'fi[yiy 
eit  aEréable  sous  sa  robe  veriCj  et  qyél  cbarme  inconcevable  lui  donne  cet  ep^enible  4p 
graofleur  et  de  crace.  —  On  monte  ^u  pic  par  deuj^  chemins  différents  ;  l'up »  ai)  mïdi, 
est  nommé  le  <memin  d*Alagnat  ;  Tauire,  au  nord,  est  appelé  ia  Gravovse.  Xh  Ja  q^ 
de  cette  montagne  se  déploie  un  des  plus  beaux  spectacles  et'  une  des  vues  les  plus  ruifi^ 
da  monde  entier,  âevé  de  958  toises  au-dessus  du  niveau  de  ia  mer,  et  de  690  w-de^pm 
do  sol  inférieur  de  Giermont ,  rien  ne  borne  plus  les  regards  que  dans  un  loiniaiia  im- 
mense. On  a  sous  les  yeux  «{uarante  pujs  avec  leurs  cratères  antiques,  leurs  i^^vins,  leiusi 
courants  de  lave,  et  leurs  lits  de  pouzzolane  noire  ou  rou^.  Plus  loin ,  c*est  la  ^'?q^^ 
endère  avec  ses  villes,  ses  villages  et  ses  monticules  s^ns  nombre;  partout  4e9  ch^niM 
de  tovie  couleur,  des  vignobles,  des  habitations  disséminée»  sur  celte  vaste  suEf^çe*  de* 
chemins  à  perte  de  vue,  des  chaînes  de  montagnes  :  tout  sfi  réunil  poiu*  Sorsxifft  u^i  çpVjf 
d'cefil  enciiAnteur  qui  embrasse  cent  trente  lieues  de  paya. — Quoique  le  Pujf-d^D»ôm§ 
ne  soit  qu'un  rocher  bnUé,  cependant  les  pluiei  et  les  vapeiii's  dont  il  e^  imbibé  sffiw 
cesse,  lut  donnent  une  fécondité  rare,  et  cette  fécondité,  il  I9  commimique  au^  B^fijOir 
ligiies  qoi  l'entourent  :  toutes ,  si  l'on  en  excepte  une  OM  deu|:,  s^nt  couierjtes^  ainsi  4^ 
lui,  d'une  herbe  touffue,  et  toutes  servent  de  paca&es. 

Le  Moni-Dofé,  qui  donne  son  nom  à  toute  la  mine  ieà  l|Ipntf-Dwes  dont  ^  e^  le 
poÎQt  le  pkis  remarquable,  a  1,048  toises  d'élévation  axHiess<,is  d^  niveau  de  ^'i^jipéjp 
\Qo  toises  de  phis  que  le  Puj-de-I>ôme).  On  peut  difficilei^nent  se  faiç^  une  i4éç  4c  r^l^k 
due  cTaspect  qu'olfre  cette  montagne;  de  son  sommet,  on  apençoit  les  4lp|0/  41  ^^ 
même  est  aperçue  de  Nevers  qui  en  est  à  trente  lieijtes,  ^ /de  l^n^i^^ui,  fui  e|i  est 4 
prâ  de~quar|inle.  Au-dessus  an  village  des  Bains  s'ouvre  4iV  au4  a^  ^ofid  w^  b^Vçfl 
ffli^nifique  vallée  qui  a  près  d'une  lieue  et  demie  de  long  sur  un  40^  d^  Ueûe  .4c  Mw^ 
Ttaversee  dans  tout  cet  espace  par  la  Dordogne,  par  quelques  tçfvtii^  cultilWll  4^  (flUt  4f 
riants  pàtuiages,  elle  est  fermée  à  aon  extrémité  supéneune  jpar  4e  tièH^aiil^  moniyMt 
dont  là  masses  s'arrondissent  autour  d'elles  en  demi-«ei;df  :  daus  e^re  «rtnei  mmt 
un  spectacle  di^  de  la  plus  grande  attention  :  l'une  e^  riHpnpèy  de  mvm^  aAMW»; 
l'autre,  placée  vis-à-vis,  présente  une  énçrme  rpche  y«LeaiMque  sur  laq«^  s'^tlèvi^m  4'ilir 
prismes  de  basalte.  Si  ces  deux  m<m^(a|;n#  eo^ril;Mi«Hit  p^r  leuw  foHjMI  k  nnm 


le  tableau  cbiu-mani  de  la  vallée,  d'un  antre  côl^  la  hiputfiur4e  ofiiles  mii  rtjimîif^nt,  «I 
au  flulieu  desquelles  dfunine  le  Mont-Dore,  imprime  à  WmH  eet  eii«eaM>l«  w  «ir  .d«famr 
deur  et  de  majesté.  Ce  mont  célèbue,  couvert  4e  vef4mie  en  |rèa-gp««4«  pirtiç,  m.  vm 
aaèBe  temps  hérissç  de  pics  hideux,  et  déchiré  d'esp««et  ep  esptoei  ftr  d»lN(Mi  rafM^. 
Baai  le  nombce  de  ces  ravins,  il  eu  est  un  immense  qui,  se  rppprocèattt  v«m  ie  hii  pir 
ses  deux  côtés,  et  se  terminant  en  pointe,  ollce  «u  \m  U  figiiôi  4'uA  trÎMiflf.  'M  <iii^ 
porte  im  ba«c  de  lave  duquel  tombe  el  se  préeif^  utw  cascade  4«f t  ks  caitt  vMit  m^ 
maer  ep  partie  la  peitite  nvière  qui  traverse  U  vallée-;  k  load  ron^e  du  ravia  «and  flm 
rrHlmt  eaccre  Tai-^^  briUant  4e  la  caacàide.  Bartoul  «iUeiKS  oitte  rieha  «t  vaaie  deaa* 
valsafi  ferait  adowBÇj  même  isolée  de  tout.oe  qui  l!e«|QNre  :  ici  elle  ravii,  parc» i^'db 
cet  le  dernier  trait  d'un  tableau  magnifique,  parce  q«M,  placée  «a  posât  aealrid  dala 
d»  la  i»U«9>  ette  attire  et  fi»  iiréttitiblanient  ww  im  wguà§, 

«4. 


4  '  DliPAKTEMENT  DU  PUY-DE-DOME. 

'  Les  montagnes  de  la  chaîne  occidentale  renferment  pl«sieurs  lacs,  dont  les  plus  remai^ 
quables  sont  :  le  lac  Pavin,  le  lac  du  Chambon  et  le  lac  Chauvet.  Le  lac  Pavin  est  «lue 
sur  le  sommet  d'une  moniagne  de  la  chaîne  des  Mont-Dores,  dans  le  cralère  d'un  aodea 
volcan,  à  trois  quarts  de  liéue  sud-ouest  de  Besse  ;  son  diamètre  moyen  est  de  700  toijcs  ; 
sa  plus  grande  profondeur  est  de  a88  pieds;  il  ne  nourrit  pas  de  poisson,  à  cause  de  la 
fraîcheur  de  ses  eaux.  Ce  lac  est  environne  d'un  rideau  de  verdure,  qui  s'élève  fur  ses 
bords  jusqu'à  la  hauteur  de  120  pieds,  le  suit  dans  son  contour,  et  le  couronne  agréable- 
ment. Celte  ceinture  est  eu  talus  escarpe,  couverte  d'une  belle  pelouse,  et  en  grande 
partie  de  bois;  le  lac  se  déborde  par  une  échancrure  du  cratère,  d'où  l'eau  ooiUe  sur 
un  lit  de  laves  et  tombe  en  cascade  dans  un  canal  qu'elle  s'est  creusé  sur  le  penchant  de 
la  montagne ,  puis  gagne  le  vallon  que  traverse  le  ruisseau  de  la  Couze.  —  Le  lac  du 
Chambon  est  formé  par  l'interruption  momentanée  du  cours  d'un  ruisseau  qui  descend 
•les  montagnes  du  Mont-Dore ,  et  qui ,  sous  le  nom  de  Couze,  se  jette  dans  l'Allier  |irès 
de  Coudes.  Ce  lac  est  très-poîssonneux  ;  il  offre  quelques  ilôts  couverts  de  grands  arbres, 
et  très-pittoresques. — Le  lac  Chauvet,  arrondi  comme  le  lac  Pa\in,  mais  moins  grand  el 
moins  profond,  est  entouré  de  basaltes  sur  lesquels  croissent  de  belles  forêts  de  hétr», 
qui  rendent  ses  bords  très-pittoresques. 

Le  bassia  de  la  Limàgne,  dont  la  longueur  est  d'environ  vingt-cinq  lieues  sur  une  lar- 
geur de  3  à  5,  offre  une  coutinuité  de  plaines  fertiles,  bien  cultivées,  et  de  belles  prairies 
coupées  par  un  nombre  infini  de  ruisseaux  et  de  canaux  ;  les  coteaux  7  sont  couverts  de 
vergers  et  de  vignes  ;  les  champs ,  plantés  d'une  multitude  de  châtaigniers  dont  le  veri 
feuillage  répand  sur  les  sites  divers  qu'offre  ce  diarmant  pays,  un  agrément  indescriptible. 
Quelque  bon  que  soit  en  général  le  sol  de  la  Limagne ,  cependant  il  ne  faut  pas  le  re- 
garder comme  également  fertile  dans  toutes  ses  parties;  la  vérité  exige  qu'on  le  distingue 
en  sol  de  première  et  de  seconde  qualité  :  la  première  est  celle  formée  par  la  terre  vol- 
canique; la  seconde  est  celle  dont  la  terre  a  reçu  l'action  des  eaux,  comme  l'autre  a  subi 
celle  du  feu  :  les  grandes  plantations  de  noyers  sont  encore  un  caractère  distinctif  de 
cette  premi&e  partie,  et  le  noyer  se  trouve  partout  où  il  y  a  terre  volcanique;  aussi  la 
belle  Limagne  en  est-elle  couverte. — La  terre  volcanique  occupe  toute  la  plaine  et  le  pen- 
chant d'un  grand  nombre  de  coteaux ,  qui  sont  aussi  chargés  de  noyers  que  la  pûine 
elle-même  ;  toute  la  portion  de  la  plaine  d'Auvergne  comprise*  sous  le  nom  de  marais , 
aux  deux  bords  de  l'AUier,  dans  une  étendue  de  dix  lieues  de  long  sur  quatre  de  large, 
est  formée  de  cette  terre  volcanioue  ;  aussi  est-elle  de  la  plus  grande  fertilité.  La  plaine 
de  Clermont ,  qui  vient  ensuite ,  large  de  trois  lieues ,  sur  une  longueur  égale ,  participe 
de  la  même  fertilité  ;  elle  a  peut-être  encore  plus  de  beautés  de  sites  et  de  détails  que  la 
première;  c'est  siWment  la  partie  la  plus  riante  de  la  Limagne.  La  plaine  de  Plouzat 
qui  la  suit,  a  une  longueur  de  deux  lieues  sur  autant  de  large;  c'est  uu  magnifique  et 
riche  pays  :  là  finit  la  belle  Limagne.  Tiennent  après,  la  plaine  d'Issoire  et  les  gorges 
nues  et  resserrées  qui  y  conduisent  ;  celles-ci ,  dont  Tclendue  est  de  deux  lieues,  soot 
bien  arides.  La  plaine  d'Issoire,  longue  aussi  de  deux  lieues,  large  d'une  seule,  est  beau- 
coup moins  bonne  que  celle  de  la  vraie  Limagne. 

Le  département  du  Puy-de-Dôme  compté  trois  zones  de  productions  et  de  climats  abso- 
lument différents.  La  première  admet  toutes' lés  cultures,  les  fruits  et  la  vigne;  b  seconde 
est  bornée  à  la  production  des  grains  sans  la'  vigne  ;  la  troisième,  n'admettant  ni  la  vigne, 
ni  les  fruits,  est  bornée  en  presque  totalité  à  l'herbage,  soit  comme  prairies,  soit  comme 
simple  pAtnrage.  On  doit  donc  distinguer  le  climat  et  le  sol  du  département  en  partie 
tempérée  et  très-abondante,  en  partie  froide  et  médiocre,  ru  partie  glaciale  et  cependant 
très- bonne.  La  première  zone  comprend  le  bassin  de  la  Limagne,  traversé  en  ligne  droite 
par  l'Allier;  chaque  rivière  aflfluente  de  l'Allier  forme  un  vallon  plus  ou  moim  birge,maîs 
toujours  excellent,  partici|iant  à  toutes  les  qualités  du  sol  et  du  climat  de  la  Limagne. 
La  seconde  zone  est  formée  par  les  montagnes  Insses  qui  enveloppent  la  Limagne  ;  le  sol 
est  maigre,  graveleux,  chargé  de  quartz  et  d'autres  parties  infertiles;  le  blé,  le  seigle  et 
l'avoine  en  sont  à  peu  près  îes  seules  productions;  toutefois  la  jMirtie  méridionale  a  quel- 
ques cantons  un  peu  moins  disgraciés  de  la  natu^,  surtout  celui  que  l'on  appelle  Planèze. 
La  troisième  zone  est  la  région  des  hautes  montagnes ,  destinée  uniquement  à  l'herbage 
et  au  bétail.  Ainsi ,  l'on  voit  que  la  première  zone  est  au  pied  des  montagnes,  la  seconde 
à  mi-côte ,  et  la  troisième  à  leur  cime. 
^  Le  blé,  la  vigne,  le  chanvre,  l'huile,  les  prairies  et  les  fruits  sont  les  produits  princi- 


DI^ARTEMENT  DU  PUY-DE-DOME.  S 

paux  de  la  Umagiie.  L'espèce  la  pliu  commune  du  blé  est  le  froment,  qui  nounit  la  plus 
{rende  partie  de  la  population  ei  est  Tobjet  d*une  exportation  assez  considérable.  La  vigne 
couvre  une  grande  partie,  des  coteaux  et  même  des  plaines-;  on  la  subslilue  au  grain 
dans  beaucoup  d'endroits  où  le  sol  est  cependant  plus  propre  à  la  culture  des  céréales 
qu'à  celle  de  la  vigne.  Les  chanvres  sont  une  des  productions  principales  du  pays  ;  il  y 
\ient  très-gros  et  ti*è8-grand,  et  s'élève  en  quelques  cantons  aux  proportions  des  arbris- 
seaux; mais  les  toiles  qui  en  proviennent  sont  dures  et  grossières.  La  seconde  zone  de  la 
LiDiagne  est  couverte  Je  noyers  de  la  plus  belle  venue  :  beaucoup  de  champs  en  sont 
bordés,  et  la  terre  de  cet  heureux  pays  est  si  fertile,  que  les  récoltes  souffrent  a  peine 
de  b  présence  de  ces  arbres  monstrueux ,  qui  fournissent  au  peuple  l'huile  dont  il  aaaai- 
soQDe  tous  ses  repas.  Les  prairies  abondeut  dans  quelques  cantons,  surtout  depuis  Kiom 
jusqu'à  Yeyre;  eUes  sçnt  enfermées  dans  de  vastes  enclos  arrosés  par  les  eaux  qui  dé- 
couieot  des  montagnes,  et,  après  avoir  fourni  deux  ou  trois  coupes  de  foin,  on  y  intro- 
duit le  bétail  qui  y  vit  autant  que  la  prolongation  de  Tautomne  peut  le  permettre.  Les 
prairies  sont  garnies  d'arbres  fniitiers,  notamment  d^abricotiers,  dont  on  fait  des  pâtes 
d'ungoât  exi^uis,  et  de  pommiers  qui  fournissent  à  une  exportation  considérable,  sur- 
tout pour  Paris ,  où  toutes  les  pommes  dites  de  bateau  viennent  d'A.uvergne. 

La  iiopulatiou  de  la  Limagne  est  immense.  Les  villes  et  les  villages  très-populeux  se 
touchent ,  et  couvrent  une  partie  des  coteaux  et  des  mamelons  qui  s*élèvent  du  milieu 
des  plaines,  de  raaoière  *à  répandre  un  air  de  \ie  sur  toute  la  contrée.  La  blancheur  des 
loaiionsp  recouvertes  de  chaux  vive,  donne  de  l'éclat  à  toute  cette  scène,  et  les  villages 
uês-uombreux  offrent  le  plus  charmant  coup  d'œil  :  mais  Tintérieur  ne  répond  pas  à  ce 
que  promet  l'extérieur  :  rien  au  monde  nest  plus  hideux,  plus  misérable,  ni  plus  sale; 
aussi  ces  habiialions,  si  riantes  au  dehors,  ces  villages  qui  Ibnl  la  décoration  du  pays  et 
le  charme  du  voyageur,  sout-ils  des  foyers  d'exhalaisons  pestilentielles  et  de  fièvres  qui 
dévorent  habituellemeut  les  habitants  de  cette  terre  promise. 

le  climat  du  département  du  Puy-de-Dôme  est  très^ variable  ;  les  changements  de  tem- 
pérature y  sont  très-brusques  ;  les  nuits  et  les  matinées  presque  toujours  trcs-fraiches.  En 
niver  le  froid  est  vif;  l'époque  de  sa  plus  grande  intensité  est  de  la  fin  de  décembre  à  la 
iin  de  février;  dans  la  Limagne  il  ne  dure  guère  que  douze  à  quinze  jours,  et  il  est  rare 
que  le  thermomètre  descende  à  —  x5°  cent.  En  été,  la  chaleur  est  très-grande  dans  les 
vallées;  à  l'air  libre  et  à  Tombre,  le  thermomètre  marque  souvent  +  So»  cent.  L'époque 
ordinaire  des  plus  grandes  chaleurs  est  la  iin  de  juillet  et  le  commencement  d'août — Le 
vent  dominant  est  celui  du  sud-ouest,  qui  souffle  avec  une  grande  violence  pendant  sept 
ou  huit  jours,  à  quatre  époques  différentes  de  Tannée  ;  ce  veut  est  humide  et  amène  les 
pluies  :  c'est  lui  qui  précède  les  orages  de  juillet.  Le  vent  de  nord-est  est  froid,  £t  cause  les 
désastreuses  gelées  du  printemps.  Les  montagnes,  surtout  celles  de  l'ouest,  sont  exposées 
à  des  ouragans  terribles  :  on  peut  comparer  ceux  d'été  aux  tempêtes  de  certaines  côtes 
d'Afrique;  pasteurs  et  ti^oupeaiux  les  redoutent  siugulièremeut.  Ces  écirs  ou  tourmentes 
d'hiver  ressemblent  à  celles  des  monts  de  Norvège,  et  sont  surtout  funestes  aux  voya- 
geurs et  aux  routiers.  Ces  orages  durent  souvent  plusieurs  jours ,  et  de  tous  ceux  qui  ont 
la  témérité  de  s'y  exposer,  ou  le  malheur  d'en  être  surpris  trop  loin  des  habitations,  très- 
peu  échappent  à  une  mort  cruelle.  C'est  dans  les  gorges  tortueuses  des  montagnes  que  ces 
y^astes  trombes  terrestt*es  exercent  leur  ravage  :  telle  eat  leur  violence,  que  piétons,  cava- 
liers, voitures  chargées,  sont  en  un  instant  culbutés.  Des  tourbillons  continuels  d'une 
ueige  abondante  enveloppent  et  aveuglent  hommes  et  animaux;  cette  neige  s'accumule; 
les  fonds  se  comblent,  la  route  devient  méconnaissable;  on  s'égare,  on  se  précipite,  on 
pénl  enseveli  sous  vingt  ou  trente  pieds  de  neige.  La  fréquence  des  malheurs  qu'occa- 
sionne Técir  d'hiver,  a  depuis  long-temps  décidé  l'administration  à  élever  dans  ces  défilés 
funestes  de  hautes  colonnes  en  pierre  pour  diriger  les  voyageurs;  et  toutes  les  communes 
qui  en  sont  voisines,  sont  dans  l'usage  de  sonner  leurs  cloches  dès  que  le  soleil  est  couché, 
pour  aider  les  infortunés  qui  seraient  égarés ,  à  se  retrouver. 

Le  département  du  Puy-de-Dôme  a  pour  chef-lieu  Clei*mont.  Il  est  divisé  en  5  arron- 
<^i<semenis  et  en  5o  cantons,  renfermant  443  communes. —Superficie,  4a5  lieues  carrées. 
—Population,  573,106  habitants. 

MisÉKALOGiB.  Le  département  renferme  en  assez  grande  quantité  des  minerais  de  di- 
vers métaux,  nuiis  fort  peu  sont  exploités;  on  ne  peut  guère  citer  que  le  plomb  sulfuré 
dePonl-Gibaud,  et qielques  filons  d'auiimoiue  sulfuré  près  de  Rochefort.  Le  fer  pourrait 


%  OÉMBTEHEIVr  DU  VDT-DHMta. 

éiBnMnBv  é^Skoffi^r  d^Mcmx  «c  r»è»^«  MMia|pft  jà  MM»  m  «ylaiia  ca  ^MMd 

ItVifoH  ••  iRM  6HMnM6.  ftRDt  M  ■DtttBMItt  HncnMi  MDplMRt  MlV  fel 


««  M  4MngM  Im  hiw  é^  Toivic  «l  d»  finéa  ^  k»  Iiwotx  Omelwfcj  du  Mmi- 
■hsidm  db  Cliipi—l  «t  et  tStmanaA;  Im  gnwiM  d»M«i|.Tf«M^  lei  gMfei 
!■  irkotf»  de  GMte  «  deMDiitpa7i%iii;  Iw  foiUMlMm  ée  DwIhI  ^  4e 


»;  Im  bMilfi  HteMm  de  f 
dt  <a  «xwn»  dM  iiiiiMiaj.  iMwr^jâmmmn 
éi  ficMM  M  d«  Goui^ièra. 

«Mm«M  MindiiAU»  fiwdêt  à  8«iM4tfyo»,  mmoBiKSf  venwnv  i 
iMa,  CtelcldMy  GmiifièTO,  Sain^AaMHKl-lloelMinae,  lUartt,  Aillai,  Jten,  0«|riù| 

IHaiUM  d»«T<y»^,  Tio4M>iBl»,  ChitaMMttf,  SêmiMHaaàin,  fliitiB  Mtigutiili,  Il 
BMrbMd»^  tt  MUnt-Dore,  «te,  etc.,  etc.  («nmt.  om  moto). 

Produliiuna.  OÉf^ns  de  lenie  Mpeeè,  châmgMi,  tt^^MvdHMhWi  Avib,  plimps 
iKiBiiéiilii.-<-»i,x6c»  hectareB  de  ^isnes,  proifaiMiit  — mmWlMifcÉHt  StoviMm  S4d,5oe  beciol. 
ds  ▼«,  doHC  à  |tea  ares  i9o,<hm»  sont  oonsoaini<s  aor  iM  ttemi,  et  to  imylm  Kvrt  I  Tn- 
IwatHhMi  :  IM  oriM  tes  plus  estftraés  sont  ceex  de  Ghaatei^pie,  ChttÉléiin,  Ris,  Goteai, 
Chaariat)  Mariai  et  Ladiaax.  ^-  57,^90  hectares  de  feréia  (arbMs  imm*  et  fcaîHai).  — 
Bôa  peitsaB  die  laei  et  de  rii^èra  (très-beOea  milM).  —  Beaaeoap  «te  càe^âaA  de  petite 
Mpece,  actes  a  eoMMS,  sBoatoas. 

IvBvaniik.  Abr^aes  de  toilM  de  chanvre,  caaieletS)^  éwiiiags  4  p^aiMi»  Mlias  nra, 

eoOa-Airtey  < 


aiaoOTSf  deateites,  eartes  à  jouer,  salpctre,  produits  diianipMi, 

mercerie,  quiocaillerie.  coutellerie  »  ehNodroBame  et  oBfWiges  ca  caivre.  FHataresdé 

Mmie  et  Œt  iJotuH.  Exploitation  de  pierres  de  taiHe*  Faaetefna  eoawKraDHs  d^it  ki 

ptaflafio  Min  estnticS}  laieacenes  et  poteries.  Brasseries }  «Baeviesî  aoiaBrsaaes  acisrifei 

aToraunCRies» 

GoMlknisk  9é  iîd»,  ^iHs ,  ë«ax-de-yfe,  liqueurs,  confitarffs  sèdiei,  grattas  de  teab 
aaaee^,  Bafie  de  tioix  fct  de  eheaevis,  bestiaax,  froniagM  dAnneigne,  caaawet  fauMa, 
laites,  cairfr,  pa|kien,  Bois,  j^landies  de  sapin,  cfaarlMMi  da  tciM,  etc. 


VltJJWi    BO^mSBf  vnJbAGBd,   CVATEAITIL   BT    HeiffUlIBim   KBMAB^J 

CVftIO&lTÉS  llAtVAieLtBB  ET  SITES  l^ITrORESQVBS. 


ARRONDISSEMENT  DE  CLERMONT. 

AMA!fT-TALLBllBB(SAIllT-).  PeUte        Un  pen  aa-dete  da  Puf  da  te  Ms,  à 
ville  située  smr  la  Teyre,  à  4  1.  x/a  de  Cler-     gauche  de  la  ttaade  Mate,  on  ^ak  anpeîi- 


mout.  Pop.  1,489  hab.  —  Édacatten  des  van,  grande  niana  giaaitîsue  teutte  dort  h 

chevaux  et  des  abeilles.  partie  bon  de  fma  a  ph»  da  hait  fmâ»  de 

AUMERB.  Bonrg  situé  sur  TArtier,  à  haut, 

r  I.  de  Clermont.  Pop.  3,5 z S  hab.  ATBAT.  TiRage  sitaé  tar  là  Tegfie,  aa 

AVUSAT.  Ttltege  dépendant  de  la  eoui-  bord  dn  lac  de  soa  nota»  à  5 1;  de  demoal 

naae  de  Malintrat,  situé  A  9 1.  de  Cferaiottt.  Pop.  1,649  ^^* 

On  remarque  |irès  de  ee  viHage,  te  Put  Quelques auléars, aaiaauBeafBC.de Mtel- 

de  la  Poix,  moiUiciile  formé  de  tuf  basaHi-  Mer,  pensent  ou' Ajpdat  était  Paaiiea  Jri' 

que ,  offrant ,  au  nord ,  une  sodree  de  bi-  Memn,  dont  Sfdoliie  Aaollinaire  Waait  ma 

tune  qui  danae  Jusqu'à  quatbrz^  kilogfaai-  déliées.  On  voit-  dans  1  église,  à  la  aa  f3 

mes  de  cette  substance  par  jour  :  Teau  qui  pieds  de  baat,  près  de  raUlel,  an  p^  toah 

sort  ea  méinte  tempe  <^ue  te  bitume,  est  sa-  neaa  6é  Sidbintt  ApaMnake,  poiMt  celte 

inscripti<m  :  are  saa«  avo  iMBoteavas,  iT 


êe  d'hydrogène  Ifutfiiré,  et 
sel  taarfai  er  de  la  silice. 


A  JLÀOTMSâEMSTTT  0E  ttïRMÔSrtP. 


tEiCMOKT.  Petite  ville  située  à  3/4 
^  L  de  d^onf.  ^op.  x«S58  hab,  H  y 
anft  aalrefbi^  luie  abbaje  de  fitles  de  Tor- 
Ire  de  saioi  Bcqoîi. 

i&JLtJR£G4RD.  Joli  bourg  sitpé  à  5  I. 
de  Çfenno«t.  ^op,  z>4^7  bab. 

Beamne^ard  esl  un  des  uTus  joUs  bourgs  de 
Vnttoi,  oui  parait  ^voir  clé  coastruii  sur  m 
plui  moaern^:  tl  est  réjgunèrement  bâti,  et 
K  compose  w  rues^  bieo  alignées,  qui  se 
coupent  à  angle  ^oît.  Ce  bourg  occupe  le 
sonioet  d'un  poteau  éfevé  et  fort  uui,  d'où 
Toa  domine  sur  une  vaste  étendue  de  la 
Liiqagne,  et  e*eftl  à  cette  beiu-eûise  situation 
fjfi'i  doit  le  nom  siguincatîf  de  Beatiregard. 
On  doit  Toir  dans  Féglise  le  maître-autel , 
orné  de  bas-reliefs  et  aun  grand  nombre  de 
iffiireB  en  boiserie  d'une  exécution  remar* 

Le  cbàleau  de  Beauregard,  aqcicfme  mai- 
son de  ptanance  des  évè^s  de  Clermont, 
■  été  bâti  dans  le  XY'  siècle»  par  Cbarles 
de  Bourbon;  le  célèbre  Massillon  Tbabitait 
presque  coniinuellement  La  cbapelle  est 
petite,  mais  ornée  de  belles  sculptures.  Les 
appariementi  sont  vastes ,  bien  distribués , 
et  donnent  sur  une  terrasse  d^où  Ton  jouit 
de  points  de  vue  délicieux  :  à  Test,  la 
vue  est  bornée ,  à  une  distance  de  quatre 
ou  cinq  lîeues,  par  la  cbaine  des  montagnes 
graniliqiies  qui  séphrent  TAuv^rgne  du  Fo- 
ra; à  Touest,  s'élèvent  à  peu  près  à  la 
■èôe  distanee  |ea  montagnes  d'Àuve^^e , 
■mque  toute»  wolcanisées,  et  dominées  par 
K  BttjestueuK  Puy-de-Dôme;  au  nord-est , 
la  scène  s'claiigit ,  se  prolonge  et  offre  un 
lointain  immense  :  Tceil  plonge  bien  avant 
JV  le  BourbcHiinais ,  et  peut  parcourir  un 
e^Aoe  de  dix-buit  à  vingt  lieues,  dont  les 
estrémîlés  incertaines  se  confondent  avee 
ks  vapews  de  Fatmospbère.  La  rivière  de 
PA4lier,  que  Ton  voit  distinctement  passer 
«M»  le  pont  du  cbàteau ,  et  qui  s'approcbe 
à  BB  quart  de  Keue  de  Beauregard,. serpente 
«Q  mtliett  du  bMsm  qu'elle  féconde  et  eai- 
-bdiSl,  aioute  un  cbarme  indescriptible  k  ce 
nagaifiqve.  ftibUau;  de  toutes  parts,  appe- 
mnmÉj  urne  infinité  de  fermes,  de  bameaux, 
de  diâteanx  ruinés ,  de  bourgs  et  de  villes^ 
ils  coteav3&eouverts  de  vignes,  d(es  prairies 
pIlBlées  d*aHMri^^A*uitiers,  das  plaines  im^ 
«eafies.d«it  la  diversité  de  la  pidlure  cb^ryne 
ks  yen«  et  «Atiftfant  le  çfsiir  pi^r  leur  fert^ 
iiié.  Enfin. ,.  jit  xette  terrasse  et  des  autres 
^  entourent  le  château,  on  aperçoit  dis- 
tvicleinent  onze  villes  et  quatroyiugt-dix- 
huit  bourgs  ou  villages. 

BILLOM.  Très-ancienne  ville,  située  à 


(5 1.  x/4  de  Ciérmdnt         ^ 

Petit  séminaire.  ^  Pop.  4,74e  %A, 


Billom  passe  pour  une  dés  plb#  ^di^âj 
viHes  de  rAuvergne.  Elle  eut  jadfs  une  \ 
versité  florissante,  àui  datait  ^  i^SS  À 
subsista  jusqu'en  i555  :  k  cet(e  ibôàié',  câ 
établissement  fut  remis  ^ux  jésui^l  qui  f 
gardèrent  jusqu'à  là  suppression  d«  le 
ordre.  Ce  fut  alors  auVà, trôuviT.  ïâdy 
chapelle  du  collège  de  iftîotii  ',  vin  ïmei 
dont  on  fît  p*and  bruit  et  qui  doniian^ii 
des  interprétations  dont  Tordre  deÎÉ  jé^^ 
eut  beaucoup  à  souffrir  :  la  célébrité  que  » 
tableau  obtint  tii'a  Bîltom  de  sonf  ofesçuci!^ 
Celte  ville  fut,  à  une  époque  récûtée,  çmSl 
de  murs  consUruits  aux  aépënâ  dés  c^lffé- 
rents  corps  de  métiers;  ce'  qui  jàroiivé  du^i- 
fors  son  commerce  était  coiisiaératblé.^lls 
renfermait  surtout  beaucoi»  de  laâiièries, 
branche  d'industrie  (^uî  exiffe  un  cours  d'eiJH 
continuel.  Billom  ne  possèdakit  qu^Q  petit 
ruisseau,  souvent  à  sec,,  les  habitants  avaient 
creusé,  au-dessus  de  fa  ville,  deux  étanp 
d'une  grande  étendue,  où  Teau  du  ruîsseatî 
et  des  |;«luies  était  retenue  et  de  la  distribué^ 
en  quantité  convenable  aux  fai>n9ues.  jM 
murs  de  Billom  ont  disparu  ^  se^  etangT^ 
sont  comblés,  et  son  commercé  est  en  partie 
déchu.  C'est  néanmoins  encore  une  villj^ 
fort  industrieuse,  et  favorablement  situ^ 
au  milieu  de  la  partie  là  plus  fertile  de  )ti 
Limagne. 

La  ville  de  Billom  prenait  jadis  U  ,ût^ 
de  capitale  de  la  Limagne  ;  elle  est  l^atîe 
sur  une  colline  élevée ,  entourée  de  baut» 
montagnes;  les  orages  y  sont  fréqu^^/ei 
l'atmosphère  y  est  si  pluvieuse^  qù^eTte  % 
souvent  été  nommée  Végout  <U  la  Sass^- 
Auvergne. 

L'église  deSaint-Ccrncuf  est  très^aiociei^^ 
on  prétend  qu'elle  existait  avant  Cb^irlè- 
magne ,  et  qu'elle  fut  enrichie  des  bienfait* 
de  cet  empereur. 

Falritfues  de  fil  de  Bretagne,  foiles,  ser- 
ges, faïence,  poterie  de  terré,  briques,  ,tuîr 
les,  chaux. — Commerce  très-étendu  de  cban- 
vre ,  iil ,  laine ,  grains ,  be&Uaux ,  Bols»  mé- 
gisserie. Éducation  en  grand  des  abeiltes. — 
iToVe/j  Thomas,  Jallat. 

BOURBOCLfi  (la>  roy.   SivEAT-u- 

BOUB6-IASTIÇ.  Boarç  ^tué  à  xo  t 
(je  Clermont,  lof  Pbp^  2,707  E.  pi|  trouviB 
aux  environs,  a  Côrue,  une  soiuce  d^cM 
minérale. 

(JÎilMAJLIEBïl  Boui^g  très-anciea,  sittié 
daiû  uoe  pfaiue  fertile,,  à  un  quait  de  lieue 
de  Clermont.  Pop.  2,o6'7  liàb,  —  FaBriqùe 


DÉPARTEMENT  DU  PUY-DE-DOME. 


4e  cordes  dlnstniments.  Papeterie.  Mine  de 
bitume  pisasphalie  exploitée. 

Ce  bourg  parait  devoir  son  origine  à  deux 
inonastèrea  fondés  par  saint  Genest.  L'é- 
glise d'un  de  ces  monastères ,  dédiée  à  saint 
Aamezy,  existe  encore,  et  sa  construction 
porte  le  caractère  des  constructions  du  VII* 
et  du  XI^  siècle.  Chamalière  a  long-temps 
appartenu  aux  dauphins  d'Auvergne  ;  l'an- 
cien chAteau  était  construit  près  de  l'endroit 
où  l'on  voit  encore  une  haute  tour  carrée, 
qui  porte  le  nom  de  Tour  des  Sarrasins. 

Près  de  Chamalière ,  est  la  jolie  mabon 
de  camoagne  de  Montjoli ,  dont  les  caves 
pratiquées  sous  la  coulée  de  Gravenoire, 
contiennent  presque  en  tout  temps  du  gaz 
acide  carbonique. 

RoYAT,  lieu  célèbre  dans  la  Lîmagne  par 
Tabondance,  la  pureté  et  Futilité  de  ses 
eaux ,  est  une  dépendance  de  la  commune 
de  Chamalière.  Ce  village  est  bâti  dans  une 
gorge,  entre  deux  montagnes  de  basalte,  sur 
un  ancien  courant  de  laves,  et  entouré  de 
gibbosités  énormes  que  la  coulée  a  faites  en 
6e  boursouflant.  Au  milieu  de  ces  horreurs 
on  rencontre  cependant ,  presque  à  chaque 
pas,  des  points  de  vue  très-agréables  ;  et  les 
sources  nombreuses  qui  jaillissent  ou  qui 
coulent  de  toutes  parts,  ont  fait  naître  sur 
ces  antiques  masses  de  lave,  plusieurs  ver- 
gers et  quelques  prairies  dont  les  nuances 
riantes  rejouissent  la  vue  :  la  fraîcheur  et 
la  solitude  de  ces  retraites  charmantes ,  le 
vaste  ombrage  qu'offrent  les  chétaigniers  et 
les  noyers  qu'elles  noun'issènt ,  y  forment , 
dans  la  belle  saison ,  un  asile  délicieux.  En 
remontant  la  gorge  basaltique,  on  voit  de 
toute  part  découler  et  dégoutter  les  eaux 
qui  descendent  des  hauteurs  voisines  ;  raftis 
à  gauche  sont  des  sources  abondantes ,  qui, 
arrivant  A  travers  la  montagne,  viennent 
sourdre  sous  le  basalte  qui  la  couvre.  Dans 
une  gorge  étroite,  au  bas  de  Royat,  en  des- 
cendant un  sentier  cahotant ,  et  après  avoir 
traversé  une  petite  rivière  appelée  la  Tire- 
taine,  qui  court ,  en  bruissant ,  des  villages 
deFontanat  et  de  la  Font-de-l'Arbre,  on 
trouve  une  ^tte  charmante,  formée  de  ro- 
chers basaltiques,  d'où  s'élancent  sept  jets 
d'une  eau  limpide  et  intarissable,  qui  va  se 
joindre  au  joU  torrent  des  sources  de  Fon- 
tanat.  Cette  grotte  est  véritablement  déli- 
cieuse ;  un  jour  doux  y  pénètre  à  peine ,  et 
le  soleil  n'y  jette  quelques  rayons  que  pour 
faire  briller  les  parois  humides  de  la  ca- 
verne, couvertes  de  lichens,  de  mousse  cou- 
leur d'émeraude,  et  de  verts  capillaires,  at- 
tachés sous  la  voûte  i  des  fragments  de  b^i- 


salte,  comme  les  ornements  pendehtifïs  de  la 
def  d'une  église  gothique.  La  grotte  a  envi- 
ron trente  pieds  de  largeur  sur  autant  de 
Erofondeur,  et  douze  à  quinze  pieds  de 
auteur;  l'aspect  et  le  murmure  de  ses  sour- 
ces enchantent  également  les  yeux  et  les 
oreilles;  le  site  admirable  où  elle  s*ouvTe, 
les  masses  de  rochers  qui  l'entourent,  et  les 
ruines  d'édifices  religieux  qui  existent  dans 
le  voisinage,  concourent  a  rendre  ce  site 
un  des  plus  remarquables  du  départemenf. 
— Le  village  de  Royat  doit  son  origine  à  od 
ancien  monastère  de  filles,  fondé,  à  ce  qu'on 
présume,  par  saint  Projet ,  évéque  de  Cier- 
moni,  qui  vivait  dans  le  YII*  siècle.  Il  est 
aussi  présumable  que  l'église  qui  existe  ao- 
jounTiuii  date  de  Ut  même  époque;  son 
élévation  extérieure  a  un  caractère  partico- 
lier  qui  la  fait  ressembler  à  an  temple  mi- 
litant ;  les  chapiteaux  romans  qui  la  décorent 
à  l'intérieur,  ne  laissent  presque  pas  de 
doute  sur  l'époque  de  sa  fondation. 

Saikt-Marc  est  on  hameau  dépendant 
de  la  commune  de  Chamalière ,  situé  dans 
un  vallon  charmant,  très-renommé  par  ses 
sources  d'eau  minérale.  On  y  voit  une  pe- 
tite église  dans  laquelle  saint  Marc  a  été  en- 
terré; cette  église  est  l'objet  d*un  pèlerinat^ 
très-fréquente  pendant  le  mois  de  mai,  par 
les  habitants  des  environs. 

EAUX  TBimiULES  DK  SAiaT-MAlC  '. 

Une  tradition  populaire ,  qui  plus  tanl  a 
été  confirmée  par  des  lémoigna^es  anthen- 
tiques,  apprend  que  les  Romains  avaient 
établi  à  Saint-Mwc  des  piscines  considéra-  ' 
bles,et  un  établissemeuf  thermal  d* une  grande 
importance  par  son  voisinage  de  la  capitale 
des  Arvernes.  Cet  établissement,  qui  subsis- 
tait à  l'époque  de  l'envahissement  des  Gau- 
les par  les  Barbares ,  fut  probablement  dé- 
truit par  Thierry,  fib  de  Clovis,  lors  de.  la 
dévastation  complète  qu'il  fit  des  envirom 
de  Clermont ,  dont  il  s'empara  peu  après. 
Enfin,  la  destruction  du  chAteau  de  Gaifre, 
en  761 ,  et  les  éboulemeiits  successifs  de  b 
monta^foe  de  Chaté,  A  laquelle  était  adossé 
l'élablissemeut  thermal  des  Romains,  en 
firent  entièrement  dis|)araitre  les  deniicn 
vestiges. 

Après  des  fouilles  profondes  et  des  dé-    | 
biais  considérables,  M.  Gérest,  propriétaire 
actuel  des  sources  minérales  de  Saint-Marc, 
est  parvenu ,  il  y  a  une  quinzaine  d'années, 


I.  Nous  devons  cette  notice  à  M.  le 
Lixet,  médecto  inspectenr  des  eaux  de  Saial- 
Marc. 


I 


e 

S 


•s 


A&RONDISSEMEIiT  DE  CLERMONT. 


à  dêeoirrrir  le  sol  des  anciens  thermes  ro- 
niins,  mais  dans  un  élal  complet  de  ruine. 
Od  recoeillit  des  fragments  de  baignoires , 
destujaux  de  plomb  et  quelques  médailles. 

On  connaissait  autrefois  sous  le  nom 
f eaox  de  Saiot-Marc,  une  petite  source  qui  ' 
a'et  pas  éloignée  de  celle  qui  appartient  à 
U.  Gerest,  ei  qui  est  mentionnée  par  M.  Ali- 
bert.  Mais  ces  eaux  sont  aujourd'hui  aban- 
A>onées;  on  ne  désigne  sous  le  nom  d'eaux 
de  Saiot-Marc  que  la  source  du  sieur  Gé- 
let ,  et  les  malades  n*en  fréquentent  |)as 
d*aiitre. 

L'établissement  (si  toutefois  il  est  permis 
de  se  servir  de  ce  mot)  se  compose  d'un 
petii  appareil  pour  la  douche  et  d'une  demi- 
doiuame  de  cabinets  de  baios,  étroils,  mal- 
aiiés,  formés  de  planches  mal  jointes  entre 
elles,  et  disposés  circulairement  autour  de 
h  source,  sur  un  espace  de  quelques  toises 
orrées,  à  plus  de  trois  pieds  au-dessous  du 
niveau  du  sol.  L'esprit  aciif  et  entreprenant 
da  propriétaire  donnait  lieu  d'espérer  que 
ces  chélives  constructions ,  qui  avaient  été 
ckfées  à  la  hâte  en  x8i5,  ne  laixleraient 
pis  à  disparaître  pour  faire  place  à  un  bâti- 
ment commode  et  régulier ,  où  rien  ne  se- 
rait néglisé  pour  la  distribution  la  plus  avan- 
l^geuse  des  eaux  ;  cet  espoir  ne  s  est  point 
lâliaé.  Malgré  les  réclamations  du  public 
c(  les  instances  mille  fois  réitérées  de  l'in- 
ipectenr,  M.  le  docteur  Lizet ,  tout  est  en- 
core dans  le  même  état. 

Saisoh  dis  eadx.  Les  eaux  se  prennent 
depuis  le  mois  de  mai  jusqu'en  septembre. 
U  nombre  des  malades  qui  les  fréquentent 
ttt  annuellement  de  deux  à  trois  cents. 

On  jouit  à  Saint-Marc  du  voisinage  de  la 
nflede  Clermont.  Les  eaux  sont  d'ailleurs 
«uécs  dans  le  délicieux  vallon  de  Koyat  qui 
bit  l'admiration  des  étrangers ,  et  que  re- 
nerchent  surtout  avec  empressement  les  • 
poêles  et  les  peintres. 

A  Saint-Marc ,  il  serait  difficile  de  trou- 
ler  des  logements  agréables  :  tant  qu'il  n'y 
IBia  point  d'établissement  thermal,  les  ma- 
>des  seront  obligés  d'habiter  Clermont,  qui 
»t  à  un  quart  de  lieue  de  la  source.  Dans 
»tte  ^ille ,  les  logements  sont  à  des  prix 
«xlérés ,  et  les  autres  dépenses  sont  peu 
»»sidérables. 

Prix  des  kaux,  b\iivs  ht  doucbes.  Le 
>*in  coûte  5o  centimes,  la  douche  autant; 
ta  s  aljonne  pour  les  eaux  prises  en  boisson. 

PaOPRlÉTÉS  PHYSIQUES  ET  CHIMIQUES.  LcS 

*a  ont  une  saveur  aigrelette  et  légèrement 
Wringente;  leur  température  est  de  33** 
9nt.  Elles  contiennent  du  gaz  acide  carbo- 


nique, une  petite  ouantité  de  fer ,  de  l'hy- 
drochlorate  de  soucie ,  du  sulfate  de  magné> 
sie,  de  la  magnésie  et  de  la  chaux. 

Proi^riétks  médicinaijls.  De  nombreuses 
observations  ont  constaté  les  bons  effets  de 
Tusage  interne  de  ces  eaux  dans  la  langueur 
des  organes-  digestifs ,  dans  la  chlorose ,  les 
engorgements  abdominaux ,  les  catarrhes 
chroniques.  Sous  forme  de  bains  ou  de  dou- 
ches, elles  sont. très-efficaces  dans  la  roideur 
des  articulations,  les  ankiloses,  les  rhuma- 
tismes chroniques,  les  luxations,  etc.  On  les 
administre  en  boisson,  bains  et  douches. 

CHANONAT.  Bourg  situé  à  a  1.  1/2  de 
Clermont.  Pop.  1,225  hab.  Il  est  bâti  dans 
une  belle  vallée ,  chantée  par  Delille  dans 
son  poëme  de  l'Homme  des  champs. 

Dans  un  riant  vallon,  à  peu  de  dislance 
de  ce  bourg ,  on  trouve  une  source  d'eau 
minérale  froide,  que  l'on  emploie  avec  suc- 
cès dans  diverses  maladies.    « 

CHAS.  Village  situé  à  5  1.  de  Clermont. 
Pop.  611  hab.  On  y  voit  un  vieux  château 
qui  a  ap|>arteou  au  chancelier  Jean  de  Gou- 
ges ,  et  de  belles  sources  recueillies  pour 
l'usage  des  habitants. 

CLERJMONT.  Grande  et  très-ancienne 
ville.  Chef-lieu  du  département.  Tribunaux 
de  première  instance  et  de  commerce.  Aca- 
démie universitaire.  Académie  des  sciences , 
belles-letircs  et  arts.  Collège  royal.  École 
secondaire  de  médecine.  École  départemen- 
tale d'accouchements.  Chambre  consultative 
des  manufactures.  Bourse  de  commerce. 
QS  y^  Population,  y  compris  Moniferraud, 
28,257  hab.  i 

On  a  beaucoup  écrit  sur  l'origine  de  Cler-   . 
mont.  Les  uns  ont  prétendu  que  celte  ville   |- 
était  l'ancien  Gergovia    assiégé   par  Jules   j 
César,  et  qui  était  regardé  comme  une  des  I 
plus  fortes  places  des  Gaules.  D'autres,  avec   1 
plus  de  raison  ,  croient  que  Gergovia  exis-   | 
tait  du  temps  des  Gaulois  sur  la  montagne 
appelée  encore  aujourd'hui  Gergovia,  située 
à  deux  lieues  de  Clermont.  On  ne  sait  à 
quelle  époque  celte  forteresse  fut  détruite  : 
Sidoine  Apollinaire,  qui  habitait  l'Auvergne 
et  qui  écnvait  au  "V* siècle,  n'en  parle  point, 
et  l'on  peut  conjecturer  que  les  Koroains, 
enfin  maîtres  des  Gaules ,  firent  ruiner  une 
ville  où  leur  courage  avait  échoué,  cl  qui 
devenait  un  monument  de  honte  pour  eux 
et  de  gloire  pour  les  Auvergnats.  Sous  la 
domination  d'Auguste,  les  habitants  Je  Ger- 
govia abfindonnèrent  ce  lieu  escarjïé,  peu 
propre  aux  nécessités  de  la  vie,  et  se  trans- 
portèrent à  Nemetum  ou  Nemosus,  lieu  plus 
commode ,  qui  fut  embelli  par  les  bienfaits 


je  cet  cfn^p^mir,  i'onr  eà  conserver  le  sou- 
yenfr,  on  joignît  à  son  nom  cetui  (TÀuguste; 
h^  ville  lui  aDpetée  Augusto-l'i'emetttm  ^  dfe- 
ifiot  ja  capitale  fc  Auvercoafs,  et  reçut, 
aans  la  9iiite ,.  le  nom  du  château  qui  la  do- 
ounaH.  Sous  Ternaire  romain,  cette  cite  de- 
vint célèbre,  et  eut  un  lênat  qni  subsistait  en- 
core av  Tir  Méele:  elle  fut  du  nombre  de 
celle*  qui  Jouirent  du  droit  latin,  droit  qui  fui 
donnait  n^antage  de  se  gouverner  par  ses 


l 


ropres  magistrats ,  cl  en  mtUi  duquel  les 
labitants  pouvaient  prétendre  au  titre  de  ci- 
toyens romainSi  ainsi  qu'aux  premières  char- 
ges de  Teropire. — Il  iMiraft  que  sous  îes  Ro- 
mains cette  capitale  fut  diviséî^  en  deux  par- 
ties :  la  Yibe  et  la  Cité.  la  ville  était  placée 
au  bas  i}t  monticuîe  et  «^étendait  de  I  est  au 
mid*:  nlusieurs  mot^umeuts  historiques  et 
des  déoris  antiques  de  colonnes  de  marbre, 
die  mosaïques  et  de  constructions  romaines, 
qu'on  découvre  tous  Tes  Jours  dans  ctl  em- 
placement, fortliieai.  celte  opinion.  La  cité, 
construite  sur  fe  sommet  de  Féminenee, 
dans  readiroit  où  se  trouve  la  cathédraTe , 
était  entourée  de  murs  et  fortifiée  de  belles 
tours;  ce  tut  pour  le  besoin  de  cette  partie 
eïevée  de  la  vdle  qu^I  fut  construit  un  aque- 
duc de  plus  d*une  lieue  dé  longueur,  qui 
parlait  des  montagnes  situées  à  Poccident 
de  Clcrm.ont,  nom  qui  devint  celui  de  toute 
la  ville  vers  le  IX.*  siècle.^ — Le*  Auvergnats 
Jouirent  de  tous  Tes  avantages  qiie  leur  of- 
frait la  domination  romaine  ;  ils  cultivèrent 
fcs  beaux-arts  »  établirent  des  écoles  publi- 
ques ,  dont  celles  de  Clermout  et  d^Issoire 
étaient  les  plus  fameuses,  et  embellirent 
leur  viOe  capitale  de  plusieurs  monuments 
magniGques  ;  Tun  des  plus  remarquables 
était  le  temple  dédié  à  Mercure  sous  le  nom 
de  fasso-Galate.  Cette  antique  merveille, 
comme  s'exprime  Grégoire  de  Tours,  qui 
n'en  parle  que  d'après  ses  ruines,  était  aussi 
solide  que  magnifique  ;  le  mur  qui  la  for- 
mait était  double,  et  celui  qui  paraissait  en 
dehors,  oITrait  àe  grosses  pien'cs  de  taille 
carrées  et  sculptées.  Pline  parle  d'une  statue 
colossale  de  IVfercure,  regardée  de  son  temps 
comme  une  des  merveilles  du  monde ,  qui 
était  sans  doute  placée  dans  ce  magnifique 
temple;  elle  éiaît  en  bronze,  avait  de  hau- 
teur 366  pieds ,  et  coûta  quatre  cent  mille 
sesterces,  ce  qui  peut  être  évalué  à  cinq 
minions  de  notre  monnaie, 

Glermont ,  célèbre  par  ses  prérogatives , 
par  son  sénat,  par  ses  édifices  magnifiques, 
perdit  dans  peu  de  temps  une  partie  de  son 
Ewen-éire  ;  les  fréq^icnles  iucursions  des  bar- 
bares du  Nord,  qui  dévastèrent  et  se  parta- 


gèrent  l^êmpirè  romaiiH,  causmxil  ceftè  &• 
tàlè  révoIuÇon,  Crocus,  a  fa  iêfé  d'oqif 
th)upe  de  f  andafcs,  entra  rà  Auvergne  el 
4oSi  assiégea  et  pr'rt  Clermont,  renversa  & 
fond  eu  comble  tous  fes  édifices  antiques 
<|iil  décoraient  cette  ville,  notamment  fe 
tempîe  de  Mercure.  Cfermont  fui  eftcore 
saccagé  en  41a  par  les  capitaines  d'Afcao- 
rîus,  qui  y  jjirircht  te  lieutenant  du  twân 
Constantin.  Euric,  roi  des  Yisi^oths,  Tis- 
siégea  sans  succès  en  xî;î  :  celle  vilfe  étaîiE 
alors  défendue  par  les  Bourgiiîgnons  et  pv 
les  habitants,  secondes  par  Tévèque  Sîdoiae 
Apollinaire.   t'Auvergiîé  ayant  été  cédée 


aux  Visiçoths,  en  474,  Euric,  irrité  deù* 
longue  résistance  que  les  habitants  de  Qer- 
mont  lui  avaient  opposée,  ennemi  d^ailtean 
des  peuples  qui  jjrofessaienl  Te  chrUliaoi^c, 
tandis  que  lui  était  de  la  secte  des  ariens , 
tourna  toute  sa  colère  sur  févéque  Sidoine, 
(^'il  fit  renfermer  dans  le  château  de  U- 
viane. — ^Thierry,  fils  natm'el  de  Clovis,  prit 
Clermont  en  507 ,  et  soumit  pour  ta  pre- 
mière fois  toute  l'Auvergne  à  la  dominatioà 
des  rois  de  France,  En  532,  Tliîerry  avant 
appris  que  son  frèi-e  ChildeDert  s'était  em- 
paré de  Clermont ,  vint  assiéger  c»îtte  viljf, 
la  prit,  brûla,  détruisit,  pilla  tout  stir  son 
passage,  et  acmolit  l'aquéduc  romain  qui 
conduisait  des  montajgnes  vofsines  les  eaux 
dans  cette  ville.  Quelques  années  après 
Chramne ,  fils  de  Clotnire ,  fui  envoyé  k 
Clermont  pour  gouverner  la  province,  et  ne 
se  servit  de  son  autorité  que  pour  y  exercer 
des  excès  de  tout  genre  :  entoure  de  jeuoo 
libertins,  ce  prince  se  lîvraît  aux  actions  les 
plus  violentes  et  à  la  débauche  la  plus  hon- 
teuse; il  enlevait  les  filles  des  sénateurs  sous 
lies  yeux  de  leurs  pères ,  et  après  les  avoir 
déshonorées,  il  les  livrait  à  des  brigands. 
En  761,  Pépin  s'empara  du  château  de  CU- 
rùs  Mons,  bâti  sur  le  sommet  du  monticule 
où  s'élevait  jadis  la  cité  romaine ,  y  mit  le 
feu,  fit  égorger  tes  habitants  sans  disfinctioo 
d'âge  ni  de  sexe;  maître  de  celte  forteresse, 
il  prit  facilement  la  ville  et  y  commit  ks 
mêmes  cruautés.  Cette  ville  fut  encore  rava- 
gée et  détruite  eil  853  par  les  Normands , 
et  00916  par  les  Danois,  auxquels  s*étaienl 
joints  ces  mêmes  Normands.  Elle  fut  aussi 
en  proie  aux  guerres  particulières  des  évè- 
ques  de  Clermont  et  des  comtes  d'Auviergoe. 
En  X095,  le  pape  Urbain  II  couToqua  â 
Clermont  un  conçue,  afin  d'y  faire  Toir  les 
dangers  auxquels  étaient  cxpo^s  les  p3e- 
rius  qui  se  rendaient  à  Jérusalem ,  ei  de- 
mander des  secours  contre  les  Turcs.  L'er- 
njite  Picire,  qui  avai^  jiarcouni  la  phipd 


L,'   '     HM— IMM^       ■    1 


ARRONDISSEMENT  DE  CLKRMONT. 


a 


Mn^ûn»  de  rOcddent»  adressait  de  ville 

E'  dÔe  des  prédîcadoiu  aux  grands  et  aux 
ils;  aussi  ce  coDcile  fut-il  très-iM)inbreu.\  : 
s»  arcbevéqHes ,  deux  cent  vingt-cinq 
fti^nes,  un  nombre  presque  égal  d'abbés 
liîlrft,  avec  plosieurs  milliers  de  chevaliers, 
^  uw  Houle  imoiense  d'hommes  et  de  fem- 
9n  de  loale  condition,  se  rassemblèrent  en 
Aaverpe;  et  malgré  la  riguenr  de  la  saison, 
lin  âpre  «pi'aHleHrs,  dans  cette  région  mqn- 
DMtt^  ils  passèrent  sept  jours  sous  la  tente, 
ttteadanl  ce  que  leurs  pères  spirituels  déci- 
icniem  lur  le  sort  de  la  chrétienté.  Un 
pimier  discours  du  pape  Urbain  II ,  fut 
fàmsi  k  la  Aultiludê,  <}iii  attendait  en 
Btk)ue  sorte  Je  signal  de  courir  aux  armes. 
fka%  rÉrraite  parla  ensuite  aux  chevaliers 
penblcs,  avec  des  scutimeuls  vrais ,  avec 
les  e&pressiwis  qui  partaient  d'un  çœ\tr  ar- 
Int  et  attend»;  il  excita  te  plus  vif  en- 
HoBtiaime  parmi  ses  nombreux  auditeurs , 
fl  Urbain  lui-même  n!;-  demeura  pas  étran- 

C;  cetui-ci  pmnanfâ  un  second  discours 
kng,  très'passiunné ,  qui  éveilla  tour  a 
jpvlacompas&iou,  rindiguatioii  ou  le  dé- 
lir  de  veogeance ,  et  fui  interrompu  à  plu- 
|inn  repiisfi  par  les  sanglots  du  peuple  et 
pr  le*  acclamations  :  Dieu  le  veut ,  Dieu 
P*M'/  s'écria^l^oa  de  toutesj>arts.Apeine 
urinia  arait-il  fini  de  parler,  qu'Aymar, 
in^M  de  Puj-en-Velay ,  se  leva ,  et  s'ap- 

ricksQt  dn  pape  avec  un  visage  rayonnant 
joie,  il  mit  un  genou  à  terre,  et  lui  de- 
psada,  avec  m  bénédiction,  son  congé  pour 
icr  en  Terre-Sainie.  Nou  seulement  le 
fife  le  lui  aoeorda ,  mais  il  le  nomma  vi- 
•n  apgBtoliqae  dans  celte  expédition. 
KbM^  l'exemple  d'Aymar  fut  sui\i  par  les 
fcUwadeufs  de  Raimond  de  Saint-Giles, 
VMe  de  Toulouse,  qui  déclarèrent  au  pape 
^  leur  swUre  était  prêt  à  partir  pour  le 
f^d  fMusa^  avec  plusieurs  milliers  de 
HnijÀ.  Hugues,  frère  du  roi  Philippe,  fut 
JVVH  les  premiers  qui  s'engagèrent  à  Tex- 
iidiiionsicrée.  La  foule  des  seigneurs  et  des 
h^iier>|M)ins  illustres  qui  prirent  le  même 
i|*9eaeni,  était  si  grande,  que,  pour  se 
MiagHcrenm  les  autres,  ils  se  marquèrent 
fane  croix  rouge  sur  l'épaule  droite  ;  et  oc 
^^  4ui  leur  ut  donner  le  nom  de  croisés, 
•it  comme  eelui  de  croisade  à  leur  expé- 
■MQi  contribua  bienl^  à  augmenter  leur 
U^^On  sait  que  le  premier  exploit  des 
^  brigMds  Ait  d'assiéger  une  ville  chré- 
■||>ie»  qu'ils  prirent  d'assaut ,  pillèrent ,  et 
"•l  ils  égaigeieoi  les  habitants. 
'  Codant  les  guerres  de  bi  Ligue,  les  habi- 
^ts  de  Cleroiont  montrèrent  pour  le  parti 


du  roi  beaucoup  d'énergie  et  un  dévoue- 
ment  héroïque;  quelques  cbduioines  de  h 
cathédrale ,  qui ,  à  l'exemple  des  curés  de 
Paris ,  coinmen^ieut  à  soulever  le  peuple 
par  des  discours  ou  par  des  sermons  sédi- 
tieux ,  furent  chassés  de  la  ville.  Ou  XH* 
au  XJII*  siècle ,  Clermont  eut  beaucoup  à 
souffrir  de  nos  guerres  intestines  et  des  in- 
cursions des  Anglais;  la  ville  fut  plusieurs 
foiâ  fortifiée  et  démantelée;  ce  n'est  ooe 
dcpiiis  un  siècle  qu'elle  a  pu  s'occuper  a'a- 
meliorations  locales,  et  depuis  trente  années 
seulement  qu'elle  le  lait  avec  activité.  . 

La  ville  de  Clermont  est  bâtie  à  l'entrée 
d'un  vaste  bassin  semi-circulaire,  de  plus  de 
six  lieues  d'étendue  «  sur  un  monticule  de 
forme  conique,  composé  de  différentes  oon- 
cbes  de  sable,  de  scories  ponceuses,  d'utile 
calcaire,  etc. ,  qui  tantôt  sont  horizontales 
cl  tantôt  sont  inclinées. 

Cette  exposition  salubre  et  pittoresque 
permet  à  la  ville  de  jouir  à  souhait  de  k 
vue  du  superlie  panorama  qui  l'entoure  :  du 
nord  à  Test ,  elle  voit  s'étendre  une  plaine 
immense,  vallée  magniUque  qu'arrose  l'Al- 
lier; de  ce  côté,  la  ville  de  Montferrand 
occupe  le  premier  plan;  au-delà,  ^  mon- 
trent une  foule  de  bourg»  et  de  villagies»eiH 
iourés  d'une  épaisse  verdure;  de  l'autre,  se 
déploie  un  demi-cercle  de  ponts,  dont  la 
ville  occupe  le  centre;  le  milieu  de  la  courbf 
est  occupe  par  le  migestueux  Puy-de-Déme , 
divers  étages  de  collines ,  les  unes  nues  et 
stériles ,  1»  autres  couvertes  de  vigacs  ou 
parsemées  de  bois,  s'élèvent  dn  pied  de  k 
vallée  jusqu'au  bord  du  plateau  qnir^iiporlB 
les  puys  supérieurs.  Au  sud»  onr  4narque 
le  vaste  plateau  de  Gergovia,  le  p^r  volca- 
nique de  Gravenoire,  et  le  Mont*  flojoa, 
dont  le  sommet  conique  offre  le:»  mines 
d'une  forteresse  féodale.  A  l'autre  eA^rémilé 
de  la  clialne,  ce  sont  les  puys  de  Chantur^ 
et  de  Tar,  qui  lèvent  leurs  croupes  scorifiees 
et  chargées  de  vignobles  ;  mais  la  ?ue  se  re- 
porte incessamment  sur  le  Poy^e-Déme , 
qu'un  manteau  de  neige  recouvre  pendant 
six  mais  de  l'année,  et  que  conronneat 
presque  toiyours  les  nuage». 

Cette  ville  est  ceinte  de  iioulevards  plan- 
tés d*arbres,  et  environnée,  de  faubourgs  qui 
forment  près  de  moitié  de  sou  étendue.  Les 
rues  sont,  pour  la  plupart,  étroites^  sombres 
et  mal  percées  ;  les  maisons  sont  hautes  e& 
resserrées ,  surtout  daus  k  partie  la  pins 
élevée  de  la  ville;  mais  elles  sont  solidement 
bâties  en  laves  de  Yolvic ,  dont  Taspef t  e|t 
sombre  et  triste.  Les  différents  quartiers 
n'ont  nulle  symétrie  ;  les  places  sont  vastes, 


n 

itiais  irrégulières  ou  mal  entourées  ;  toute- 
fois ,  les  nouvelles  constructions  oftirent  lui 
aspect  agréable,  leurs  façades  sont  blanchies, 
propres  et  fort  jolies. 

Les  principales  places  sont  :  la  place  d'ar- 
mes ou  de  Jaude,  {Kirallélogramme  de  26a 
mètres  de  long  sur  82  de  large,  environnée 
de  maisons  presque  toutes  neuves  et  bien 
bâties;  la  place  Je  la  Poterne,  située  dans 
la  partie  la  plus  élevée  de  la  ville,  et  dont 
le  terrain  est  soutenu  jiar  un  fort  mur  de 
terrasse  ;  elle  est  exposée  au  nord ,  plantée 
d^arbres ,  et  domine  sur  le  faubourg  Sainl- 
Alvre,  ainsi  que  sur  une  prande  étendue 
de  pays ,  et  offre  aux  promeneurs  une  per- 
spective des  plus  riches  et  des  plus  variées; 
presque  en  tace  sont  le  Puy-de-Dôme,  le 
Puy-de-Sarcouy  et  la  cime  du  Quierson , 
trois  sommités  qui  couronnent  agréable- 
ment un  rideau  de  collines  couvertes  de 
vignes ,  de  vergers  et  de  maisons  de  cam- 
pagne ;  l'espace  entre  la  ville  et  ces  vigno- 
bles est  lai  riche  bassin  parsemé  d'une  im- 
mense quantité  d'arbres  de  toute  espèce , 
qui  forment,  au  milieu  des  prairies,  le  ta- 
pis de  verdure  le  plus  frais  et  le  plus  varié. 
—  La  place  d'Kspagne,  située  à  la  suite  de 
celle  de  la  Poterne  avec  laquelle  elle  com- 
munique par  une  rampe  douce  et  ombragée, 
est  ainsi  nommée  parce  que  des  Espagnols , 
prisonniers  en  Auvergne,  furent  employés 
aux  travaux  de  sa  construction  ;  elle  domine 
sur  la  grande  route  et  offre  plusieurs  points 
de  vue  superbes. — La  place  du  Taureau  est 
paifaitement  carrée,  et  remarcpiable  par  une 
belle  fontaine  en  obélisque,  de  35  pieds  de 
haut,  élevée  à  la  mémoire  du  général  Desaix  ; 
on  y  jouit  d'une  vue  magnifique  sur  le  riant 
bassin  de  la  Limagne,  sur  le  plateau  de  Oer- 
govia  et  sur  le  pic  de  Mont-Royon ,  cou- 
ronné par  les  ruines  pittoresques  d'un  chà- 
teau  gothique.  Cette  place  est  due  à  M.  de 
Balainvilliers ,  qui  eut  beaucoup  de  peine  à 
en  préserver  les  plantations  de  la  dépréda- 
tion des  écoliers  ;  à  mesure  qu'up  arbre  était 
planté,  il  était  arraché  par  cette  jeunesse  in- 
docile; au  lieu  de  sévir  rigoui'eusement , 
M.  Balainvilliers  invita  les  professAirs  du 
collège  à  choisir  dans  chaque  classe  les  meil- 
leprs  écoliers,  qu'il  invita  à  venir  planter 
en  cérémonie ,  de  nombreux  arbres  dans 
cette  place;  et  depuis  cette  époque  les  éco- 
liers, loin  de  nuire  aux  arbres,  les  arrosaient 
et  les  soignaient  comme  leur  propre  bien. 
— La  place  Delille,  ou  Champeix,  est  vaste, 
irrégulière,  et  ornée  d'une  superbe  fontaine 
de  style  gothique. 

Clermont  est  une  des  villes  de  France  qui 


DÉPARTEMENT  DU  PUY-DE-DOME. 


jouissent  dés  eaux  les  plus  belles ,  les 
abondantes  et  les  plus  salubres;  cHes  j 
vent  par  des  conduits  souterrains  de  Ho 
jusqu'à  la  partie  la  plus  élevée  de  la  %ilk 
d'où  elles  se  distribuent  dans  tous  le 
tiers ,  où  elles  alimentent  plusieurs  fonb 
nés.  L'une  des  plus-  remarquables  est  le  <  * 
teau  d'eau,  construit  en  i5xi,  et  1 
en  i8o3  à  la  place  où  on  le  voit  aujoiutl'liiii. 
Cette  fontaine  isolée  offre  une  cocstractioa 
ornée  d'une  multitude  de  figures  ,  de  jels» 
de  bassins  et  de  bas-reliefs  disposés  en  fonat, 
pyramidale,  dont  l'ensemble,  quoique  char^ 
et  confus ,  présente  un  aspect  singulier  d 
riche  d'effet  ;  les  détails  sont  surtout  curieH 
par  le  choix  des  dessins  et  la  d^icatcsse  èà 
l'exécution.  .Ce  monument  est  composé  d*ia 
bassin  de  forme  circulaire,  au  milieu  da* 
quel  s'élève  un  massif  octogone;  aux  haîl 
angles  sont  des  candélabres  alternatiTemest 
ronds  et  pentagones,  dont  les  bases  soat 
ioniques ,  les  fûts  ornés  de  feuillages  en  r^'. 
lief,  et  surmontés  de  fleurons;  quatre  dei 
ces  candélabres  produisent  chacun  un  jet 
qui  tombe  dans  le  bassin,  au  milieu  duqacl 
s'élève  ,   à  la  hauteur  d'environ  vingt-deux 

{neds,  une  pile  entourée  de  jels,  de  petitfi 
>assins  et  de  figures.  Quatre  piliers-butaols: 
entourent  et  soutiennent  cette  pile;  ils  sont 
chargés  d'ornements,  de  bas -reliefs,  et  sor- 
montés  chacun  par  la  figure  d%m  génie  re- 
présenté assise  au-dessous  duc^uel  sort  a» 
{'et  d'eau.  Entre  ces  quatre  piliers ,  et  vos! 
a  moitié  de  leur  hauteur,  sont  quatre  bas- 
sins adossés  qui  ont  une  saillie  assez  cob- 
sid érable,  et  dont  la  forme  est  très-gracieuse; 
ces  bassins  sont  en  forme  de  niascaron  j^ 
tant  de  l'eau  dans  le  grand  bassin;  ils  sonlj 
remplis  par  des  jets  que  vomissent  ou  pis-; 
sent  des  figures  de  génies,  suivant  l'idée  sia^i 
gulière  de  l'artiste.  Au-dessus  de  cette  or- 1 
donnance  est  une  lanterne  percée  de  fenè-j 
très  gothiques,  qui  sert  de  réservoir  :  dtej 
est  accompagnée  de  quatre  pilastres  char  : 
gés  de  sculptures  d'un  goût  très-pur  ;  an-  ' 
dessus  de  chacun  de  ces  pilastres  est  sa 
génie  qui  s'appuie  sur  un  écusson.  Au  né- , 
lieu  de  ces  quatre  génies,  s'élève  une  figure 
bien  plus  grande  qui  sert  d'amortissement 
à  toute  la  fontaine. 

La  cathédrale  de  Clermont  fut  bâtie  an 
Y®  siècle,  par  saint  Namatius,  9'  éxéqut 
d'Auvergne.  Suivant  Grégoire  de  Tours, 
l'édifice  av.'iit  i5o  pieds  de  longueur  sur  6a 
de  largeur;  42  fenêtres  réclairaient,  le  toit 
était  soutenu  par  70  colonnes,  et  on  y  car 
trait  par  huit  portes.  Cette  antique  métro- 
pole fut  ruinée  par  les  Barbares ,  pais  réfa- 


1 


•  ^ /,/./<• 


^AAV// 


AhRONDlSSEMENt  DR  CLERMONt. 


1» 


cC  détruite  plusieurs  fois.  L'église  actuelle 
commencée  en  1248,  par  Tévéque  Hu- 
i  de  la  Tour,  et  continuée  par  ses  suc- 
eurs ;  cent  ans  après  sa  fondation ,  elle  ' 
»it  pu  ètx*e  achevée,  et  elle  était  encore 
arfàile  en  x  496  ;  le  portail  latéral  et  les 
s.  tours  étaient  à  construire,  ainsi  que 
ûeurs  chapelles.  Conformément  au  plan, 
lef  devait  se  prolonger  du  côté  de  la  rue 

Gras  et  aboutir  aux  escaliers  de  cette 
se  ;  le  prix  énorme  demandé  par  les  ar- 
lectes  étant  hors  de  proportion  avec  les. 
as  dont  on  pouvait  disposer,  on  se  borna 
Jiéciiter  les  travaux  les  plus  urgents,  et 
ajourna  indéfiniment  les  autres,  notam- 
atla  prolongation  de  la  nef,  qui  csi  ri'stée 
|a'à  présent  inachevée  el  disproportion-' 
;  avec  la  grandeur  du  reste  de  1  édidce. 
annioins,  celte  basilique,  tout  imparfaite 
ék\e.  est  ,  peut  être  comparée  avec  avan- 
t  aux  plus  beaux  monuments  gothiques  ; 
»  a  5oo  pieds  de  longueur,  i3o  pieds  de 
;eur,  et  100  pieds  de  hauteur  du  pavé  à 
loûle  ,  qui  est  en  ogive  et  soutenue  par 
piliers.  Chacun  de  ces  piliers  forme  un 
ioeau  carre  de  colonnes  rondes  extrème- 
Df  déliées;  au-dessus  de  la  corniche,  et 
I  naissance  de  la  voàte,  ces  colonnes  se 
•cheni  et  se  courbent  pour  former  les 
les  des  voûtes  ;  les  piliçrs  du  roud-point 
ift  surtout  remarquables  par  leur  delica- 
fts.  La  pierre  sombre  avec  laquelle  a  été 
istruil  ce  monument,  qui  domine  toute 
ville  ,  lui  donne  un  aspect  sévère  et  im- 
■ni  ;  outre  plusieurs  parties  curieuses  de 
construction,  les  vitraux  et  les  riches  ro- 
es  de  la  «rroisée  méritent  particulière- 
Dt  Tattention  des  artistes  et  des  hommes 
goût  ;  on  remarque  aussi  la  beauté  du 
rur,  qirentourent  de  jolies  chapelles. 
■t  rédifice  est  recouvert  en  plomb ,  et 
dessus  des  bas-côtés  régnent  de  vastes 
rasses  ,   dont  Tune  est  surtout  remarqua- 

par  la  belle  perspective  dont  on  )  jouit  ; 
jérieur  est  loin  d'être  beau,  Téglise  étant 
ilavée  et  bordée  de  chétives  boutiques  ; 
oe  resie  qu*un  cloclier  des  quatre  qui  le 
M>raieni  autrefois. 

L*église  de  Noire -Dame -du -Port,  bâtie 
"S  Van  580  par  saint  A\it,  évèque  de  Cler- 
mt,  fut  pillée  et  brûlée  par  les  Normands 

8a4-  L*évcque  Sigon  la  fit  rétablir  en 
5.  CTest  le^plus  ancien  et  l'un  des  plus 
narquables  édifices  de  Clermont  ;  car  il 
!  évident  que  plusieurs  de  ses  parties  ap- 
rtiennent  à  la  construction  primitive.  Les 
Bements  et  les  bas-reliefs  de  la  porte  nié- 
yonale  sont  extrêmement  curieux  ;  l'exté- 


rieur est  décoré,  en  divers  endroits,  de  mo- 
saïques composées  de  pierres  noires  et  blan- 
ches, du  plus  beau  style  byzantin.  Au-des- 
sous du  chœur  est  uue  crynie,  au  centre  de 
laquelle  se  trouve  un  puits  août  Teau  passait 
autrefois  pour  guérir  plusieurs  maladies;  et 
au-dessus  de  râulel  de  cette  chapelle  sou- 
terraine, on  voit  une  statue  de  la  Vierge, 
en  bois  noirci  par  le  temps,  objet  de  graudc 
dévotion  pour  les  habitants  de  la  ville  et  des 
lieux  circon voisins,  qui  y  viennent  en  pèle- 
rinage le  1 5  mai  et  les  nuit  joui*s  suivants. 
La  bibhothèque  publique  de  Clermonl 
occupe  un  beau  bâtiment  au  sud  de  la  ville, 
et  se  compose  d'environ  i5,ooo  volumes  el 
de  180  manuscrits,  dont  quelques-uns  sont 
précieux  :  on  y  distingue  surtout  une  Bible 
en  16  vol.  petit  in-fol.  vélin  du  XIV  siècle; 
un  beau  bréviaire  sur  vélin  du  XIV*  siècle, 
enrichi  de  vignettes  el  de  miniatures;  le 
missel  du  pape  Clément  Vf;  un  Salluste, 
vélin  du  XIV*  siècle,  de  la  plus  belle  con- 
servation ;  un  Grégoire  de  Tours ,  vélin  du 
Xr  ou  du  XIF  siècle;  un  Sidoine  Apol- 
linaire {E}>istolœ)  du  Xir  siècle ,  etc. ,  etc. 
Oel  établissement ,  orné  de  la  statue  de 
Pascal,  par  Romey,  et  du  buste  de  Delille, 
par  Flatters,  est  ouvert  au  public  trois  fois 
par  semaine  et  très- fréquenté. 

^  On  remarque  encore  à  Clermonl  ;  le  jar- 
din de  botanique;  le  muséum  d'histoire  na- 
turelle; le  cabinet  de  minéralogie,  qui  ren 
ferme  des  échantillons  des  roches  et  de  tçu 
tes  les  substances  volcaniques  de  l'Auvergne; 
le  musée  des  antiques;  le  collège;  la  salle 
de  spectacle;  Thôlel-de- ville;  le  palais-de 
justice;  les  halles;  l'hôtel -Dieu;  l'hôpital' 
général,  etc. ,  etc.  —  Près  de  la  ville  s'élève 
le  Puy-de-Chateix ,  couverl  de  vignes,  d'ar- 
bres a  fruits,  et  couronné  de  roches  basal- 
tic^ues  ;  ses  flancs  offrent  des  terrain»  parse- 
més, jusqu'à  une  certaine  profondeur,  d'une 
grande  quantité  de  grains  de  blé  et  de  sei- 
gle, de  haricots,  de  pois,  et  réduits  en  char- 
bon. Le  vulgaire  voit  là  les  débris  des  gre- 
niers de  César  ;  on  prétend ,  avec  ^)lus  de 
raison,  que,  sur  le  sommet  de  Chateix,  s'é- 
levait l'un  des  châteaux  de  Ga'ifre,  où  ce- 
seigneur  avait  amassé  une  grande  quanti  lé 
d'approvisionnements  de  bouche;  et  que  ce 
château  fut  brûlé  en  761,  comme  tant  d'au- 
tres ,  par  Pépin. 

SADX    MIHBAALES    DE    CLERMOIfT. 

.  Clermonl  possède  plusieurs  sources  d'eaux 
minérales  ferrugineuses  acidulés ,  dont  la 
température  varie  de  16  à  18  degrés  du 
thermomètre  de  Réaumur.  Les  seules  dignes 


H 


DÉPAKTEBIENT  DU  PtlT-DE-DOBIE. 


de  qodfgue  attention  sont  celles  de  la  Jaude 
et  de  Saint- Alyre. 

La  foataine  ie  la  Javde  est  située  à  l'extré- 
mtté  dViné  grande  place,  au  sud-ouest  de  la 
ville  :  elle  est  intermittente  ;  après  avoir 
coulé  uuiformément  quelques  minutes ,  elle 
éprouve  tout  à  coup  des  bouillonnements 
rapides  et  désordonnés.  Elle  reprend  ensuite 
son  cours  naturel  pour  couler  avec  impé-  - 
tuosité  quelques  tninules  après.  L'eau  est 
claire  et  limpide;  sa  saveur  est  agréable, 
vineuse  et  léeèremeat  astringente.  On  rem- 
ploie en  boUson  avec  avantage  dans  les 
fièvres  intermittentes  ou  prinianicres,  et 
.dans  les  maladies  de  Tappareil  digestif. 

La  fontaine  de  Saint-Alyre  est  située  dans 
les  jardins  du  faubourg  dont  elle  porte  le 
nom;  elle  forme  un  petit  ruisseau  c^ui  dé- 
pose au  Ibnd  de  son  canal  des  sédiments 
calcaires  et  ferrugineux ,  que  Ton  est  obligé 
de  détruire  de  temps  eu  temps  pour  éviter 
les  pétrilicalions  qui  en  résultent.  Une  seule 
fois  on  a  laissé  arriver  la  pétrification  à  son 
dernier  degré,  et  il  s'est  lormé  un  mur  de 
240  pieds  de  long,  à  rcxtrémilé  duquel  est 
un  pont  de  stalactites  fort  curieux.  L  vau  de 
Sainl-Alyre  ne  pétriGe  pas ,  mais  elle  dépose 
un  suc  pierreux  qui  se  forme  en  incrusta- 
tions et  couvTe  en  un  court  espace  de  temps 
tout  ce  qu'on  lui  présente.  On  construit 
dans  les  endroits  où  le  ruisseau  forme  des 
chutes,  de  petites  cabanes  fermées  où  Ton 
place  des  fruits,  du  bois,  des  oiseaux  et  di- 
verses autres  choses ,  qui  parviçnncnt  très- 
promptement  à  se  couvrir  d'un  sédiment 
calcaii:^  et  forment  des  objets  de  curiosité. 
.  Les  différentes  sources  gazeuses  qui  se 
voient  dans  le  Êiubourg  de  Saint- AU re, 
offrent  toutes  également  ces  divers  effets , 
parce  qu'ils  appartiennent  à  toutes  les  eaux 
de  ce  genre.  Daus  l'enclos  de  la  Garde,  il  y 
en  a  une  qui  aboutit,  par  quelques  gar- 
gouilles ,  dans  les  rues  d'Athéme  et  de  la  ' 
Moraie.  Là ,  tombant  et  coulant  le  long  des 
murs,  elle  y  a  formé  une  sorte  de  bornes 
factices,  plus  ou  moins  grosses.  La  rue  nom* 
mée  des  Eaux  Va  presc|ue  pour  pavé  que 
des  sédiments  devenus  pierre  ;  une  des  sour- 
ces y  coulait  autrefois,  et  c'est  d'elle,  sans 
doute ,  que  la  rue  a  pris  son  nom. 


Clermont  est  la  patrie  de  Grégoire  de 
Tours  ;  de  J.  Boonefons,  que  ses  poésies  li- 
cencieuses onl  fait  comparer  à  Catulle  ;  de 
B.  Pascal,  l'un  des  çhis  illustres  écii vains 
et  des  dIus  grands  philosophes  que  la  Fraucc 
ait  produits  ;  du  célèbre  jurisconsulte  Domat  ; 


de  P.  Audiger,  auteur  d*uae 
nuscrite  d'Auvergne;  du  fttavé' 
d'Assas  ;  de  Banad-des-I»anb.  «« 
la  Convention  nationale  ;  du  poète  J? 
du  grammairien  Gh^rd,  auteur  <Ûr 
mes  français;, de  J.-A.  Dulaure, 
la  Convention  et  du  Conseil  des 
auteur  célèbre  de  l'Histoire  de  Pani' 
grand  nombre  d'antres  oavrt^  t 
mort  à  Paris  le  xo  aoât  xSS5.  eic,  1 

InousTRiK.   Fabriqua  de  bas'^ 
droguets,  papiers  peiuts,  canes  ^,}m^j 
nisterie,  orseille,  etc.  Filatures  de  oStÊ^i 
de  chanvre;  raffineries  de  saSpèfre;  ^ 
ries  et  corroieries. 

Commerce  coivsidérable  de  toiles  «i 
fabriquent  dans  le  pays,  de  draperies,^ 
vrc,  hl,  laines,  cuii-s,  blé,  vins  estincS|l 
huiles,  fromages,  et  confitures  sèches  iti 
mées. — Entrepôt  de  la  Provence  et  da 
guedoc  pour  Paris,  et  du  comntereede 
deaux  pour  Lyon.  —  Entrepôt 
marcliandises  pour  les  dcpai'temenis 
— Roulage  très-actif. 

A  23  1.  1/2  de  Moulins,  39  L  du 
96  1.  de  Paris.—i^o/tfZf  de  fÉcQ  de  T 
de  la  Poste,  de  l'Europe,  du  Nord. 

COURMOX.  Bourg  situé  à  a  L  xj 
Clermont.  Pop.  2,6x4  h.  —  Fours  I 

CREST  (te).  Bourg  situé  à  3L 
Clermont.  Pop.  1,200  hab. 

DALLJET.  ViHage  situé  sur  la  rive ,^ 
de  l'Allier ,  à  3  1.  de  Clermont.  Pop.  ij 
hab.  —  Patrie  de  l'abbé  Banier  ;  de 
Alyre,  A*  évêque  de  Clermont. 

GENES- CBAMPASiELLB  (Si 
Village  situé  à  3  I.  de  ClermonL  f 
2,120  hab. 

Le  vDlage  de  Teix  ,  qui  (ait 
celte  commune,  est  la  patrie^  de  J 
cien  Cbamfort. 

GLAIXE-MONTAIGCrr.  TiBage s 
6 1.  de  Clermont.  Pop,  i,o751iab.  On t 
sur  son  territoire  les  sources  d'eau  i 
salino-ferrugineuse  de  Cornç^  et  de  I 
Salade.  '  , 

HERMENT.  Petite  ville  située  à  xiL  fp 
de  (ilermont.  Pop.  .^64  hab. 

Celte  ville  était  autrefoii  Cortifiée^ft^ 
soutenu  plusieurs  sièges  dans  le  XTI^^  ' 
Elle  est  bâtie  sur  des  piismes  de  1 
dominée  par  les  ruines  d'un  anrie 
qui  a  fait  p;irtie  du  comté  d^AuverfBC.  ' 

HCUME-L'ÉGUSE.  Village  sitélliaF 
du  puy  de  son  nom,  à  11  1.  de  C 
Pop.  460  hab.  Le  Puy-d'Heuii»e41  _ 
composé  de  boules  basaltiques  que  Tôii  j 
séparer  eu  plaques  assez  épaisses,  et  \ 


▲R&ONIHSSEBIESIT  DE  CLERMOHT. 


q1  doue  pieds  dediaiaèlTe.  Le  milieu 

I  poy,  ou  j^tAt  «ou  point  culminant, 

I  eceapé  per  une  de  ces  boules  très-gro»- 

<IBi  pendt  eUe-mènie  raasemblaèe  de 

n  autres  plus  petites  qui  auraieni 

élé  enveloppées  par  de  nouvelles 

LBMP0SS.  Village  situé  &  &  L  x/a  de 

Ckmaat  Pop.  t,S83  hab. 
,     IIABG  (SAIKT-).  rof.  GHAitAi.aBS. 
[     HAmTftBS-DB-¥EY«B.  Bourg  situé  à 
[s L  x/a  de  Oennont.  Pop.  3,oa6  hab.  — 
[  Mrttjues  de  sucre  de  betteraves.  Filature 
'  de  caoetchouc 

.  Oa  trouve  à  peu  de  distance  de  ce  bourg 

trais  sources  d*eaux  minérales  froides  «ddu- 
'ht,  «usuelles  on  donne  le  nom  de  sources 
Vjje  MarlKs<le-yevre ,  ou  eaux  de  Yiou- 
^Conri.  La  première,  nommée  fontaine  de 
'VÛDle-Maiguerile,  est  sur  la  rive  droite  de 
[f  Aflier  ;  la  deuxième  ,  dite  fontaine  du 
'^îiirier,  est  au  milieu  die  la  rivière  ;  la  troi- 
"iièDtt,  connue  sous  le  nom  de  fontaine  du 
,  Itaiboiir,  se  trouve  sur  la  rive  gauche.  La 
[  JuHuiie  du  Gravier  n'est  connue  que  depuis 
Ni6fi4,  époque  où  rAl&r  s'étant  ouvert  pour 
1  S90  Ik  on  nouvel  embranchement ,  décou- 
I  «rit  Tile  dans  laqnette  sort  la  source.  Ces 
l-tNii  Monxs  ont  porté  pendant  quelc|ue 

tOBu  le  oom  général  de  Sainte-Marguerite. 
Leau  de  ces  sburees  est  claire  et  lunpide; 

Suveur  est  aigrelette  et  astringente.  £Ile 
Btient  de  Tacide  carbonique,  du  carbonal^ 
fer,  de  Thydrochlorate  et  du  sulfate  de 
;  iwde.  On  en  lait  usage  en  boisson ,  à  la 
;  doside  cina  oosix  %etres,  dans  la  chlorose, 
'h  débilité  de  restomac,  Fengorgement  du 
ans  j  etc. 

'     lUCZOll.  Yillage  situé  i  7  1.  de  Cler- 
aoM.  Pop.  340  hab. 

Ce  village  est  bâti  au  pied  d'un  pic  de 
Hnhe  dont  le  sommet  est  couronné  par  les 
niiiMt  msjeitueuses  d'un  antique  château. 
U  niuation  élevée  du  château  de  Mauzun 
CI  n  triple  enceinte  de  murailles  Font  fait 
iCBnrquer  long-teams  comme  iwe  des  plus 
brtes  j)Ib«s  de  lAuvergne  ;  depuis  le 
Xm*  aède  jusqu'au  XTUI',  il  a  appartenu . 
«nx  évéques  de  Clermont ,  qui  l'hsnitaient 
^  grande  partie  de  l'année  ;  Massillon  sol- 
Kiit  et  ebtmt  un  arrêt  du  conseil  pour  le 
we  démolir,  et  il  n'y  conserva  que  quel- 
qwi  chsnd)res  qu'il  convertit  en  prisons , 
^  3  fidsaît  enfermer  les  prêtres  de  son  dio- 
,  y  <pi'il  voulait  punir.  L'enceinte  exté- 
1  ^H^  de  cette  forteresse  était  défendue  par 
J  «x-aeuf  tours ,  et  ce  nombre,  selon  la  Ira- 
«w»i  était  celui  des  villages  qui  en  dépeu- 


15 

daient;  dbaoue  village  avait  aa  tour  â  gar- 
der et  â  défendre.  Du  haut  de  ses  ruines 
imposantes,  on  jouit  d'un  jpanorama  im- 
mense et  de  h  phis  grande  richesse. 

HIBBFLSDBS.  Bourg  situé  â  3  L  x/a 
de  Clermont.  Pop.  1,324  hab. 

HOBfTFERRAHD.  Ville  ancienne, /or- 
mant  aujourd'hui  un  des  faubourgs  de  la 
ville  de  Clermont,  â  laquelle  elle  a  été 
réunie  en  173 1. 

Montfemoid  était  autrefois  une  des  plus 
fortes  nlaces  de  l'Auvergne.  Vers  h  fin  du 
siècle  aernier ,  elle  était  encore  entourée  de 
murs  épais  flanqués  de  hautes  et  solides 
tours,  et  environnée  d'un  large  et  profoud 
fossé  ;  il  ne  reste  plus  que  quelques  parties 
de  murs,  et  le  fossé  a  été  en  partie  comblé, 
ïlbuis  le  Gros  campa  devant  cette  ville  en 
iz3i ,  avec  une  armée  formidable,  ce  qui 
détermina  les  habitants  à  incendier  leurs 
maisons  et  i  se  retirer  dans  la  citadelle, 
d'où  ils  incommodaient  beaucoup  les  troupes 
qui  assiégeaient  CJermont  Le  roi  chargea 
Amauri  .de  Montfort  de  les  surprendre,  et 
quelques^-uns  d'entre  eax  étant  tombés  dans 
une  embuscade,  Louis  le  Gros,  pour  épou- 
vanter les  autres,  leur  fit  couper  à  tous  une 
main,  et  les  renvoya  ainsi  mutilés;  exploit 
sanguinaire ,  qui  fut  â  peu  près  le  seul  de 
cette  armée,  à  Uquelle  se  soumit  le  comte 
d'Auvergne.  Le  x3  février  i388,  Montfer- 
rand  fut  pris  par  les  Anglais.  Froissard  fait, 
dans  ses  chroniques,  une  longue  relation  de 
cette  guerre. 

Une  route  magnifique,  tirée  au  cordeau, 
parfaitement  entretenue ,  bordée  de  saules 
et  de  superbes  noyers ,  joint  Montferrand 
â  Qermont ,  et  forme  pour  l'une  et  l'autre 
ville ,  nne  belle  avenue  qui  traverse  la  plus 
riche  partie  de  la  Umagne.  L'église,  de  con- 
struction gothiqi^,  fut  fondée  dans  le  X*  siè- 
cle, par  un  comte  de  Montferrand. 
MONTON.  P^or^  Vkyre-Mowtoh. 
MURAT -LE-QUAIRE.  Bourg  situé  â 
la  1.  i/a  de  Clermont.  Pop.  z,oa3  hab. 

XAVX  ifiiiéaAi.xs  nx  uk  bourbovib. 

La  Bourboulei  est  un  hameau  dépendant 
de  la  commune  de  Murat-Ie-Quaire,  où  l'on 
arrive  par  la  grande  route  qui'  conduit  au 

r.  Cet  srtâele  est  eitraift,  i^  d*iio  ménnoire 
qui  nous  s  été  adressé  par  M  Choossy-Dubreoil, 
propriétairo  de  l'éUblisseoBeDt  theroul  de  1* 
Boarboale;  a?  des  Anoilei  scieBttfiqacs ,  iodos- 
trielles  et  ststiatiques  de  l'Auvergne,  publiées 
par  M.  Lccocq,  professeur  de  minéralogie  s 
Clerniontf  Fcrrand . 


i^A&TBllENT  DU  POT-INUXMaS. 


10 

Mont-Don,  éoÊA  le  bovi^  àe  Murit^le- 
Qottbre  ii*ett  éloigné  q«e  d*aiie  lieue.  Arrivé 
deni  ee  bourg ,  on  qmtte  le  grende  route , 
et  Ton  prend  on  dmin  assez  rapide,  per 
où  l*on  descend  à  le  Bourboide,  éloignée  de 
Morat  d'un  petit  quart  de  lieue.  Les  aouroes 
et  les  maisons  qui  en  sont  iroisines  et  consti- 
tuent le  hameau ,  se  trouvent  situées  dm» 
me  belle  vaHée,  traversée  pinr  la  Dordogne, 
qui  n*esl  encore  qu'un  Isîrge  ruisseau,  et 
oui  coule  dans  la  direction  de  l'est  a  l'ouest 
Cette  vallée  est  la  même  que  celle  où  est 
situé  le  village  des  Bains  •  du-Mont-Dore; 
mais,  à  la  Boiu^ule,  eHe  s'élargit  beaucoup' 
au  sud,  et  procure  ainsi  à  cette  localité  une 
température  très-douce,  qu'elle  doit  aussi 
aux  montagnes  oui  Fabriteni  de  toute  part. 
La  neige  y  fond  beaucoup  plus  vite  ifut  dans 
les  environs;  et,  malgré  son  élévation,  qui, 
nx  bains  mêmes  est  de  848  mèiresau-deûus 
du  niveau  de  la  mer ,  on  peut ,  dès  le  mois 
d'avril ,  espènr  des  jours  de  printemps ,  on 
qui  arrive  rarement  dans  les  rillages  voisins 
avant  le  milieu  de  mû.  PaHout,  excepté 
au  midi ,  la  Bourboule  est  environnée  de 
montagnes  qui  droooscrivent  le  bassin  de  la 
Dordogne.  La  forme  de  ces  montagnes,  et 
la  belle  végétation  dont  elles  sont  couvertes, 
l'abondance  des  ruisseaux  et  des  cascades  , 
feraient  regarder  la  Bouriionle  comme  un 
site  des  plus  pittoresques,  si  l'on  n'était  ha- 
bitué à  en  trouver  de  semblables  sur  tous 
Itt  points  de  TAuvergne.  Il  existe  cependant 
queloues  endroits  c[ue  l'on  voit  encore  avec 
plaisir  quand  on  a  visiié  tous  les  sites  cnrîeux 
de  cette  contrée.  Dans  ce  nombre ,  on  peut 
citer  la  cascade  de  la  Yemière,  éoonnc  ra- 
vin creusé  dans  une  des  montagnes  voisines, 
et  ombragé  de  rieux  sapins ,  au  miKeu  des- 
quels se  précipite  un  ruisseau  qui  porte  ses 
eaux  à  la  Dordogne  ;  la  Roche-Vendeix , 
célèbre  par  l'asile  qu^elle  offrait  autrefois  à 
des  brigands  qui  dévastaient  l'Auvergne: 
escarpée  de  tous  côtés,  on  ne  pouvait  en 
aborder  le  sommet  que  par  un  escalier  dif- 
ficile, pratiqué  dans  le  rue;  et  actuellement 
encore,  on  y  retrouve  les  traces  d'un  ancien 
château,  que  le  temps  n'a  pas  plus  épargné 
que  les  brigands  auxquels  il  servait  de  re- 
traite. A  ces  sites ,  on  doit  ajouter  le  point 
de  vue  dont  on  jouit,  quand,  après  «voir 
monté  une  des  montagnes  couvertes  de  sa- 
pins qui  se  trouvent  en  face  et  un  peu  à  gau- 
che des  bains,  on  arrive  au  sommet  du  Rarin 
de  l'eau  salée,  dénomination  assea  impropre, 
puisque  l'eau  ne  contient  pas  de  seL  Un  es- 
carpement k  pic,  un  sol  déchiré  par  les 
pluies,  des  arbi*es  abattus  par  la  foudre  ou 


w  l«s  oanifHia,  aonc  ki  cbMto  qn  Mh«l 
de  tontes  parti  «us  yeu  de  robicraleai^ 
qui  peut  les  comenpler  do  aonnaet  dVnt 
petite  peloose  ombragée  par  des  arbres  :  i'c«i 
^i  découle  des  fiasores  do  tenain  se  ras- 
semble bientôt  dans  le  ravin,  et  acthn  en- 
core k  végétation  brillante  qui  oottHasto 
avee  iea  déchirures  du  sot.  De  là,  on  voit 
an-dessoos  de  soi  la  Roche- Yendeia ,  li 
Bovfaoaleet  toutes  les  habitidtioas  vnisintt; 
k  vue  n'est  bornée  qno  mr  «a  rideai  éa 
sapins  dominant  souvent  les  brouiUBnbqv 
se  raasemblent  dans  eetle  vnUée.  Ontie  ee 
différents  sites,  il  en  est  nn  encore  tressai- 
sin  de  k  Bonrboole,  qni  peni  étreoonHdâé 
ooaame  un  panonma  dea  Mon 


Son  produit  est  de  90  litres  par 

pen  plus  bas,  et  toujours  dans  k 

est  k  Petit-Bain,  désigné  sons  k 

Bagnasson.  L'eau  de  k  aoaroe  cet  : 

dans  une  fosse  curée , 

pour  se  perdre.  La 

évaluée  à  10  litres  par 

sources ,  quoique  de  tempéiatuie 

sont  de  même  nature,  et  se  distin^ueal  et 

toutes  les  autres  par  kor  oompoaition  th^ 

miaue. 


rrée,  d'où  dk  s'échappa 
I  quantité  d'ean  peut  are 
I  par  nùnute.  Obs  deai 


Monts-Dore;  c'ert 
kPuy-Gros,dont  kaoauMt  atteiaft  x,488bi. 
d'élévation ,  c'est-à-dire  qvelqnea  omUcs  éc 
plus  que  k  Pvy-de-DéoM.  On  découvre  éa 
k ,  non  seulement  tous  les  lieux  qoe  Toa 
vient  de  citer,  aaû  enoore  ks  enairoas da 
village  des  Bahia,  et  fenaamhk  des  1 
gnes  dont  k  groupa  a  mçn  k  nom  de  J 
Dor  on  Monta-uoreB.  On  suit  dmss 
sa  kngnenr  k  beUe  vallée  de  k  Dordogaa; 
on  aperçoit  les  montagnes  qni  k  bordant, 
couvertes  de  fforilB  de  saïuas,  vers  k  basa 
desqneiks  viennent  se  aaékr  quelquethétrcs; 
et  l'on  y  jouit  souvent  du  speclaok  impo- 
sant que  présentent  ks  nuages,  qonnd,  akas* 
ses  vers  ces  «ftontagnea ,  ik  sesnbleal  sortir 
des  forêts  pour  errer  sur  ks  pelonaca  m- 

Cest  dans  k  fond  de  k  vallée,  an  pili 
de  k  montagne,  et,  oemme  nous  l'avons  dit 
plus  haut ,  à  848  m.  d'élévation,  que  sa»- 
dent  les  eaux  annéraka.  Les unea, et  casant 
ks  plus  élevées,  sortent  immédialcMent^ 
granité,  les  autres  s'échappent  des  tak  pim- 
eeux  qui  lui  sont  adossék  II  parail  < 


du  reste,  que,  par  des  fouilks  hiea  dirigea 
dans  ces  tufs,  on  parviendrait  à  tramer  Mi 
issue  du  granité,  et  que  l'on  gagnerait  prs- 
babkment  plusieurs  degrés  de  températme. 
Les  sources  sont  an  nombre  de  six  :  h 
principale,  ou  k  Grand  Bain ,  est  odk  qa 
fournit  toute  l'eau  à  Féi  '  " 


ARRONDISSEMENT  DE  CLERMONT.  17 

la  troisième  est  celle  que  Ton  désigne  gnoires,  ou  quand  elle  se  trouve  en  grande 

im  le  nom  de  Fontaine  des  Fièvres  :  elle  masse  ;  elle  a  une  légère  odeur  fade ,  une 

flMile  par  un  tuyau  dans  un  bassin  creusé  saveur  d'abord  acide,  et  ensuite  salée;  elle 

èua  k  tuf,  e(  est  enfermée  dans  un  petit  est  onctueuse  au  toucher  ;  sa  température 

lAlimeDt.  Son  produit  est  d'environ  dix  H-  est ,  comme  nous  Tavons  vu ,  de  Sa**  centi- 

tes  par  minute.  Les  quatrième  et  cinquième  grades;  il  s'en  dégage  une  assez  grande  quan- 

looms,  dites  de  la  Rotonde,  à  cause  du  pe-  tité  de  gaz  acide  carbonique  pur  ;  elle  laisse 

lit  bâtiment  qui  les  abrite  en  partie,  sont  déposer  sur  les  parois  des  baignoires  une 

les  plus  élevées ,  et  sortent  immédiatement  assez  forte  proportion  de  carbonate  de  fer, 

dn  granité.  Ces  deux  filets  d'eau  sont  peu  et  se  couvre  à  sa  surface  d'une  pellicule  iri- 

dmadants,  et  de  température  différente,  sée,  due  à  une  matière  grasse  particulière  » 

Enfin ,  la  sixième,  que  l'on  désigne  sous  le  qui  lui  communique  son  onctuosité.  Sa  pe- 

noB  de  Source  du  Jardin,  est  une  des  moins  sauteur  spécifique,  comparée  à  celle  de  l'eau 

ékvées.  Elle  donne  environ  5  litres  par  mi-  .  distillée,  est  de  i,oo8.  . 

mie,  et  se  perd  dès  sa  sortie.  On  voit,  par  .  D'après  les  expériences  faites  sur  5,ooo 

cet  exposé,  que  le  volume  d'eau  serait  assez  grammes  d'eau  du  Grand-Bain,  i,ooo  gr. 

«Muidèrabie  si  des  conduits  la  recevaient  et  donnent  la  composition  suivante  : 

ramenaient  dans  un  seul  bassin  :  on  pour-  .       Acide  carbonique  libre r,44oa 

lait  espérer  de  réunir  5o  litres  par  minute.  Azqte * o,0756 

Uêtikbtissement  1  lier  mal  forme  un  petit         H^drochlorate  de  sonde 3,366a 

Utiment  dont  la  façade  est  au  sud-est  La         Bicarbonate  de  soude 1,9394 

source  du  Grand-Bain  sort  dans  un  coin ,  Sulfate  de  soude o,a656  . 

et  distribue  séparément  son  eau  dans  huit  Uydroçblorate  de  magnésie...  0,1490  . 

bti^ires.  Daus  celle  qui  est  la  plus  voisine  .  Hvdrochlorate  de  tehaux. .....  0,014a 

de  la  source ,  l'eau  est  tellement  chaude         Silice. 0,0667 

qu'on. ne  peut  la  supporter.  Au  moyen  d'une         Alumine i o,o435 

pompe  et  de  conduits  qui  se  trouvent  placés         Bicarbonate  de  fer 

tor  des  baignoires,  cette  eau  .est  élevée,  et  Matière  grasse  ftuinuile,  soluble 

sert  pour -les  douches.  On  a  trouvé,  en  creu-  par  sa  combinaison  avec  la 

ant  les  fondements  de  cet  établissement ,  soude. .  '. ^ 

une  ancienne  fosse,  dont  l'origine  date  de  Matière  âflimale  insoluble... 

Tère  romaine,  et  qui  fait  penser  que  ces  eaux         Hjdrosulfate  de  soude 

iîireQt  usitées  autrefois  en  même  temps  que  Perte • o,oa2o 

«lies  du  Mont-Dore.  D'anciens,  titres  prou-  — 

Teat  aussi  que,  dès  1460,  il  y  avait  un  hos-  7f39a3 

pice  établi  à  ces  sources,  et  qu'il  payait  des  Source  des  Fiivais.  L'eau  de  cette  source 

oroîts  au  seigneur  de  Murât.  est  limpide ,  transparente,  même  en  grande 

Des  documents  irréfragables  attestent  l'an-  masse  :  elle  n'a  pas  sensiblement  d'mleur  ; 

cieone  célébrité  des  eaux  de  la  Bourboule ,  mais  pourtant ,  c|uand  on  entre  dans  le  bà- 

qni  se  distinguent  de  toutes  celles  du  dépar-  timent  <|ui  l'abrite ,  on  sent  distinctement 

IciMDt  du  Puy-de-Dôme  ,•  par  une  plus  une  légère  odeur  d'hydrogène  sulfuré.  Sa 

gnnde  quantité  de  matières  salines ,  et  par  saveur  est  d'une  acidité  bien  prononcée,  en- 

ane  température  plus  élevée  de  10  degrés  suite  salée,  et  parait  plus  forte  que  celle 

ttDtigradcs.  du  Grand-Bain  ;  ce  qui  tient  probablement 

la  température  de  ces  différentes  sources  k  l'absence  de  la  matière  organique.  Elle 

n'est  pas  toujours  la  même,  excepté  cepen-  laisse  dégager  beaucoup  de  gaz  acide  car- 

^t  celle  du  Grand-Bain  et  du  Bagnâsson.  bonique ,   et    les   surfaces    sur   lesquelles 

les  autres  varient  un  peu  selon  les  saisons,  elle  se  répand,  sont  couvertes  die  carbonate 

«  qui  parait  dû  au  plus  ou  moins  d'épais-  de  fer,  dont  elle  se  dépouille  presqu'entiè^ 

^  des  dépôts  ponceux  qu'elles  traversent  rement  peu  de  temps  après  sa  sortie.  Sa  pe- 

H*ès  leur  sortie  du  granité.  La  plus  chaude*  saoteiir  spécifique,  comparée  à  celle  de  l'eau 

^k  Grand-Bain  donne  Sa**  centigrades^  distillée,  est    de   i,oo5;  sa    température 

<lla  plus  froide,  qui  est  une  de  ceUes  qui  moyenne  est  de  3x^  i/a  centigrades;  mais 

^t  enfermées  dans  la  Rotonde,  en  donne  it  parait ,  d'apnès  les  observations  de  M.  le 

'^^'^^BKQt  19.  docteur  Mercier,  qu'elle  varie  un  peu  selon 

tkv  nu  ^aAiTD-BAnr.  Cette  eau  parait  les  saisons  ;  «e  qui  est  vraisemblable,  puis  • 

«lapide  quand  on  la  recueille  dam  un  «ase  ;  qu'elle  parcourt  un  trajet  assez  long  dans  le 

^"^  ^  a  un  asp€£t  louche  dans  les  bai-  tuf  volcanique ,  après  sa  sortie  du  granitt^ 

«•  et  66*  Lmaisons.  (Puy-d6-Dôme.)  «6 


18  DÉPARTEMENT  DU  PUY-DE-DOME» 

D*aprà  l«s  expérieBoes  feilet  sur  4,000  Fées,  et  surtout  les  beltes  allées  qui  Gètoèem 

L d'eau  de  là  eoiirec  des  Fiè?res ,  eette  eatt  la  Dordogaei  tout  auprès  de  rétabl^fiemeat 

i  être  oompoiée  de  la  nanière  •uiviate':  tbennal,  et  qui  Mmutent  des  cbaraniilefi  laii- 

▲dda  caiMÛque  libva a,4S25  léea  eu  berceau. 

Hydnx^kvale  de  aoudd ai79^4  PaiX  bk  la  uÉraiiBa  ^ocaiiA&iiAs.  La» 

Sulfate  de  tonds tyjféê  habitànU  de  la  JEtourbouIe  sout  «iftantiC»  au 

Bioarbouata  da  looda. .  v .  i .. . .  i)356à  soii» que  jiéeetsileBt  \m  maladf»  lU  ka  oui 

Hydioëkloraie  et  magnésie. . .  o/>$^i  piradiguéi»  en  18*7 ,  à  pi«s  de  cânq  ccBt«, 

Hvdrochlorate  de  chanx 0^0179  (pà ,  en  général,  n'ont  eu  qu'a  a<e  louer  da 

Siiiee »  e,iiai  ben  aeeueil  des  bétes.  On  pourrek  ciiir 

Alumine 0,0^78  plusieurs  bôleb  qui  offrent  des  thsaàtn^ 

Carbonate  de  lar ,  des  trams.  .  ootaaaodes,  bien  tenues,  et  pr^f>r«9  à  k^gpr 

Hydresttllitedeio^ , destraoes    .  beaucoup  de  monde.  On  y  trouve  des  tables 

Perte 0,01 8»9  d'Mte  bien  aervies.  Ces  aventegea  ppncroal 

g  ^3^2  attirer  à  la  Bourbonle  des  personfies  aiséei 

'  qui  aiment  la  propreté ,  la  eonsoMMlité,  ci 

Pour  rendre  autant  que  Msnble  rétaUi»*  souvent  une  aorte  à^èkéf^mm^ . 
sèment  thermal  de  la  Aonmak  utile  a  tous         Le  prix  du  logement  et  de  la  Doasniwe 

les  malades  qui  viennent  y  chercher  des  se-  varie  suivant  les  moyens  des  baigneurs  :  de 

cours  ,  le  propriétaire  accad ,  M.  Gfaoussy-  deux  à  cinq  francs,  logement  oempria.  On  vir 

DubrcuH ,  y  a  lait  fiûre  des  améliorations  tœs-bien  à  la  Bourbeule. 

importantes.  Les  baignoiras  ont  été  munies  takiv  dv  fuix  abs  «aux»  baiiis  bt  bqxxbsa. 
de  robineto,  soupapes  et  siphons  ;  elles  n'ont         Le  pnk  de  chaque  bain  est  fr.      c. 

plus  de  oommumcatian  entns  elles,  et  le  ser-  ûxé  i .  .  .  • 7S 

vice  en  est  fait  avec  beaucoup  de  propreté         Geiui  de  cbaipie  doiiohe  .  .  yS 

et  de  régulariié.  Le  plus  ou  moins  d'éloi-         Gehii  des  bains  partiels.  >  •  ^5 

Sèment  où  elles  se  trouvent  de  la  souree ,         Celui  des  beins  de  vapeur  .  1 

t  que  leur  température  varie  depuis  15'*         Les  peieonncs  qui  l'ont  usa? 
Réaumur,  et  même  au  dasaens,  jnsqu'é  40°.  ge  à  l^ntérieur  des  eaux 

Ces  eaux  peuvent^  par  ce  moyen,  convenir  dHmedessaivcesminéinr 

à  la  constitutif  dés  malades,  qui  souvent  ne  les ,  paient  pour  tout  le 

supportent  qu'une  température  asséchasse,  temps  du  séjour 1 

et  qui  d'autres  fois  ont  besoin  de  toute  Pao-  Chaque  titre  diestiué  à  Teai* 
tivité  et  de  toute  la  chaleur  des  eaux  pour  portation,  à  quelque sour- 
certaines  maladies  chroniques  que  les  mé-  ce  minérale  quil  sait 
decins  semblent  abandonner.  rempIL xS 

Les  douches  descendantes  et  ascendantes,         Les  bains  partiels  da  soir  so»L  g;ratniti 

si  utiles  dans  im  grand  nombre  de  raala-  pour  les  personnes  qui  fréquentent  Tétablis- 

dies ,  sont  administrées  avec  beaucoup  de  sèment ,  et  anxqo^les  ils  ont  été  ordonnéB 

facilité  et  avec  autant  de  force  qu'on  le  dé-  eounne  adjuvante  des  antres  moyens, 
sire.  L'<au  qui  les  alimente  est  contenue         PaonisTés,  uimntnàiM.  M.  le  docteur 

dans  un  tuyau  de  plomb  servi  par  une  Mercier,  eK>inspecteur  des  eattx  de  la  Eour- 

pompe  qui  fiermet  de  les  donner  à  k  tenn  boule,  a  remarqué  qu'en  général  Tusa^  &.- 

pérature  la  plus  élevée.  térieur  des  eaux  du  Grand-Bain  et  du  Sa- 

Toutes  les  eaux  qui  peuvent  venir  &  Téta-  gnaiaon ,  imprimait  une  activité  estraundi- 

blissement  vont  être  réunies  dans  un  ou  naire  à  la  eirculalion,  anssait  en  stûnulant 

deux  réservoirs ,  afin  de  fournir  à  un  plus  le  système  capillaire  de  la  surface ,  et ,  par 

grand  nombre  dé  bains  A  des  températures  suite,  tous  les  autres  systèmes,  et  pixiduÎMit 

variables.  un  mode  d'excitation  qui  a  tous  les  mrac- 

Saisoit  i>es  eaux.  La  saison  des  bains  tères  d'une  révubioa,d'autanl  plus  énet^ique 
s'ouvre  le  35  juin  et  finit  le  3o  septembre  :  qu'elle  peut  s'exercer  sur  toute  la  périphé- 
beaucoup  d'étrangers  arrivent  même  vers  la  rie  du  corps.  Aussi  ces  eaux  sont  eômloyéei 
fin  de  mai,  et  prolongent  leur  scjoinr  jus-  avec  sucées  dans  les  ràumalimes  %hreux 
qu'à  la  mi-octobre.  Pendant  ce  temps ,  les  ou  musculaires ,  dans  les  vieux  nloèires,  les 
malades  peuvent  jouir  de  très-belles  prome-  engorgements  articulaires  indolents,  dans  les 
nades.  Outre  la  Roche- Yendeix,  la  Cascade  tumeurs  scrofiileuses ,  et  même  dans  cer- 
de  la  Temière ,  ils  peuvent  encore  visiter  taines  paralysies,  indépcndaniite  de  prédis- 
la  Plaine  Brûlée  ou  Bourlade ,  la  Roche  des  positions  apopleotiqtteB.  Leur  action  av  l» 


&OCH£FORT  . 


ARJlDXDISStMEÎHT  Dt  CUiKAlO^iT. 


id 


'  naladies  cutanées  est  beaucoup  plus  graude 
qu'on  ne  pourrait  le  supposer,  si  Ton  n'altri- 
buait  cette  action  qu  à  ja  petite  quantité 
dliydrosuliate  qu'elles  renferment.  L'eau  de 
la  fontaine  des  Fièvres  est  laxative ,  et  doit 
ta  partie  cette  propriété  au  sulfate  de  soude 
qu'elle  contient 

La  source  tempérée  de  la  Kotonde  a  la 
réputation  de  gnerir  la  chlorose.  Cette  ré- 
puiatioD  est  confînnée  par  les  observations 
de  M.  le  docteur  Mercier;  mais  Tânalyae 
'  Il  y  indique  qu'une  très-petite  quantité  de 
cffbo^nate  de  fer. 

HEBOUZAT.  Bourg  situé  à  5  L  1/4  da 
Clermont.  Pop.  858  hab. 

Ce  bourg  est  entouré  de  murseycUméens, 

ft  possède  une  spurce  d'eau  nduérale  aci- 

'  dule  froide ,  déposant  beaucoup  4'oxide  de 

fer.  On  y  remarque,  jprès  de  là  pande  route, 

Il  bdle  cascade  de  Si^an. 

ORCITAt.  Village  situé  à  6  l  1/4  de 
CUnnont.  Pop.  760  hab.  On  y  voit  une 

rse  remarquable,  renfermant  une  image 
b  Vierge,  qui  y  attire  annueU6ment 
âne  «ffinence  codùdérable  de  pèlerins  le 
jour  de  TAscension. 
,  PE£IG5AT-£S-A]UUBR.  THlage  situé 
piès  de  la  rive  droite  de  rAIHer  ,*  à  3  I.  i/a 
de  aermont.  Pop.  556  hab. 

Ce  village  est  près  des  reste«  de  l'ancienne 
route  romaine  de  Limoges  à  Lyon,  par 
fiiUom,  On  j  voit  «»•  colonne  milUàire 
portant  cette  mscription  romaine  ; 

I  GlES  DIVX  TR  :    XAiri  lÂKTtlCl  ¥L  fiVft  ^  l . 

KVA£  VB  :  a^iAKus  BADRi  :  :  : 

PLAVZAT.  Bourg  situé  i  6  1.  j/4  de 
GbiDoni.  P^p.  j,24Ȏ  tuib. 

PONT-BfJ-tHAtBAtJ  (le).  Petite  ville 
Utie  dans  u^e  sitoation  pittoresque,  sur  la 
rive  gauche  de  TAllier ,  M  !♦  3/4  ^®  ^i*''- 
mont,  vy  Pop.  3,iB9  hgib.    * 

Catt£  ville  était,  au  comn>encement  du 
XH*  siècle,  une  des  plus  fortes  places  de  la 
Limague  :  I^uis  le  Gros  la  prit  en  ii»6. 
C'est  une  des  petites  villes  crAuvergne  les 
plus  avantageusement  situées  ;  la  route  de 
Bordeaux  à  Lyon  qui  la  traverse,  et  le  port 
qu'elle  possède  sur  l'AlliGr,  y  euti'etiennent 
un  commerGe  awez  «tendu.  On  y  remarc^ue 
un  beau  château  bâti  au  bord  de  l'Allier , 
sur  uae  coIUu'j  très-élevée  coupée  presque 
^nicalenenl  ;  il  est  précédé  cTuue  grande 
place  plantée  d'arl)re$ ,  occupée  autrefois 
^  des  fossés  ^t  par,  d'anciennes  fortifica- 
tions. De  cette  jpluce,  qui  donûne  une  grande 
partie  du  bassin  de  l'Allier ,  on  jouit  d'un 
point  de  vue  magnificjue  sur  les  belles  plai- 
ï^  et  les  riches  vallées  de  la  Limagne. 


Commerce  de  vins ,  chanvres ,  nour  ani- 
mal ,  pierres  de  Volvic ,  houille  ,  pommes , 
bois,  tripoli,  grains,  fourrages,  meules  de 
moulin ,  sabots ,  etc.  —  Port  d^embarcation 
pour  tout  le  départemont,  d'où  sortent  an- 
nuellement envu'on  3oo  bateaux  pour  Pa-- 
ris  et  la  Loire. — Hôtel  Armillon. 

BAVEI^-SALMEBANGES.  VîUage  situé - 
à  7  l.  de  Clermont.  Pop.  x,oo3  hab. 

On  voit  dans  ce  vidage  un  ancien  châ- 
laau  Cttt  bien  eobdkrvé ,  qui  a  appartenu  au 
roi  Philippe  le  Bel,  et  de  x6o8  à  i8i3  à  la 
ftmill^  d'PsUô^g.  £e  château ,  IJanqué  de 
tours  rondes ,  est  bâti  sui*  la  croupe  d'une 
montagne ,  et  domine  une  des  plus  belles 
parties  de  la  Ximagne.  —  Manufacture  im- 
portante de  potei'ie  romaine ,  grès^  creusets 
renommés. 

ROCHEFORT.  Petite  \ille  située  dans 
une  profonde  vallée ,  sur  la  Sloule ,  à  S  1. 
i/a  de  Clermont  Pop.  1443  hab.  Elle  est 
bâtie  dans  un  pays  pittoresque,  au  pied  d'une 
montaene  volcanique  couverte  de  scories  et 
dominée  par  les  ruines  d'un  antique  château 
qui  a  appartenu  aux  comtes  d'Auvergne. 
Près  de  là  sont  deux  grottes  curieuses,  for- 
mées dans  la  lave.  Zf^ojr.  la  gravure.) 

RdYAT.  Foy.  Chamolièrk. 

SATURNIN  (SAINT-).  Bourg  situé  sur 
la  rive  droite  de  la  Monne ,  à  4  1.  de  Cler- 
mont. Pop.  1,397  hab. 
'  VERNET  (le).  Village  situé  à  6  1.  i/a 
de  Clermont.  Pop.  x,o53  hab. 

Ce  village  possède  une  fontaine  d'eau  mi- 
nérale. Aux  environs ,  on  trouve  des  filons 
de  quartz  améthiste,  que  les  Espagnols  ont 
exploité  jpendant  quelque  temps ,  et  quel- 
ques filons  de  minerai  de  plomb. 

TERTAIZON.  Bourg  trcs-agréablement 
situé,  à  5  1.  de  Clerraoot.  Pop.  2,753  hab. 
Ou  y  voit  les  ruines  d'un  château  fort  qui 
était  entouré  d'une  triple  enceinte  de  mu- 
railles ,  et  qui  appartenait  anciennement 
aux  comtes  d  Auvergne. 

VETJtE-JllONTON.  Joli  bourg  agréable- 
ment situé ,  au  pied  de  la  colline  de  Mou- 
ton et  du  bourg  qui  la  couronne,  dont 
Veyre  parait  être  le  f^uboure.  A  3  1.  3/4 
de  Clermont.  ^  Pop.  3,a6a  nab.  —  Com- 
merce de  vins. 

VIC-LE-COHTE.  Petite  ville  située  dans 
un  territoire  fertile  en  excellents  vins,  à  5 1. 
de  Germont.  Pop.  3,i53  hab. 

Cette  ville  était  jadis  k  capitale  du  petit 
comté  d'Auvergne.  Elle  fut  entourée  de  murs, 
dont  on  voit  encore  quelques  restes,  ainsi 
que  des  anciennes  porte»  de  ville.  Le  Ûgiieur 
Larochefoucaud  Randan  l'assiégpa  et  la  prit 

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